Après le G7, l’OTAN, Joe Biden rencontre les dirigeants de l’UE. Un rendez-vous sur le mode de la réconciliation après des années Donald Trump qui avait malmené les Européens.


Après le G7, l’OTAN, Joe Biden rencontre les dirigeants de l’UE. Un rendez-vous sur le mode de la réconciliation après des années Donald Trump qui avait malmené les Européens.


En juin 2001, le cours de l’action d’une startup, Amazon, dirigée par Jeff Bezos enregistrait une perte de 70 % sur un an, victime de l’éclatement de la bulle Internet. Nul ne misait sur l’avenir d’une librairie en ligne qui accumulait perte sur perte. Toujours en 2001, la bourse américaine était frappée de plein fouet par la manipulation financière de plus de 14 milliards de dollars chez Enron entraînant la faillite de cette société qui fut un temps la septième capitalisation des États-Unis. Ce scandale a provoqué le démantèlement d’un des premiers cabinets d’audit mondiaux, Arthur Andersen. Le 11 septembre 2001, l’effondrement des deux tours du World Trade Center créa un onde choc qui est encore ressentie vingt ans plus tard. Le cœur financier des États-Unis avait été frappé, prouvant qu’aucun pays n’était désormais à l’abri d’attaques terroristes et meurtrières. Le 11 septembre renvoie immanquablement à Pearl Harbor par son caractère imprévisible ou presque et par sa violence.
En 2001, la Chine commençait à peine son envolée vers les sommets, l’image du pays était entachée par les chars sur la place Tien Amen. Son PIB pesait moins de 5 % du PIB mondial. Ses entreprises publiques étaient peu rentables et n’inquiétaient personne. Dix ans après la chute de l’URSS, la monnaie unique s’était substituée avec aisance aux monnaies nationales déjouant toutes les craintes. Les taux d’intérêt convergeaient sur le Vieux Continent, l’Europe du Sud connaissait alors une expansion rapide. Une nouvelle ère européenne semblait s’ouvrir.
Vingt ans après, le temps d’une génération, le panorama est tout autre. L’économie s’est mondialisée à un rythme inconnu depuis la fin du XIXe siècle. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et pourrait devenir la première d’ici 2027. Après avoir mené deux guerres extérieures, les États-Unis ont réussi à maintenir leur supériorité militaire et technologique. Ils ont été ébranlés par la crise des subprimes qui est née sur leur territoire mais dont les effets ont été bien plus élevés pour l’Europe.
De son côté, la zone euro a survécu à la crise de 2008/2009 mais a failli succomber à celle des dettes souveraines de 2012. Les pays d’Europe qui, depuis 1951, malgré de nombreux obstacles, poursuivaient un processus d’intégration sont en proie à des divisions croissantes. Le Traité constitutionnel de 2005, après l’échec des référendums français et néerlandais et le Brexit, adopté par référendum au mois de juin 2016, ont semblé sonner le glas de toute ambition européenne.
Sur le plan économique, les entreprises technologiques ont pris la place des compagnies pétrolières et des firmes automobiles parmi les plus grandes capitalisations. Elles représentent désormais plus du quart du marché boursier mondial. La répartition géographique est devenue déséquilibrée avec une prédominance des États-Unis et de la Chine. 76 des 100 entreprises les plus valorisées au monde proviennent de ces deux pays. Les entreprises européennes au sein de ce classement sont passées de 41 en 2000 à 15 aujourd’hui. L’Europe n’est pas la seule à avoir reculé. Le Japon qui à la fin des années 1980 menaçait la suprématie américaine, est en retrait depuis.
Au-delà de la capitalisation boursière, pour mesurer les rapports de force, il n’est pas inutile de prendre en compte l’activité commerciale du pays qui intègre le chiffre d’affaires et les activités de financement des entreprises. En la matière, les États-Unis sont dominants. Selon l’hebdomadaire « The Economist », avec 24 % du PIB mondial, ils sont à l’origine de 48 % de l’activité commerciale mondiale, la Chine en assurant 20 % pour un PIB de 18 %. Les autres pays qui représentent 77 % de la population mondiale se partagent 32 % de l’activité commerciale mondiale.
L’Europe semble avoir manqué une marche. Focalisée sur la création de la monnaie commune puis enlisée dans l’affaire des dettes souveraines, elle n’a pas réussi à faciliter l’émergence de grandes entreprises technologiques. L’élargissement à l’Est a également accaparé de nombreuses énergies tant publiques que privées.
L’absence d’un vaste marché de financement des start-ups et la mise en œuvre de politiques orthodoxes au niveau tant budgétaire que monétaire ont joué en défaveur de l’Europe.
D’autres pays ont également échoué sur le terrain de la haute technologie. Le Brésil, le Mexique et l’Inde ont failli connaître un essor rapide entre 2000 et 2010 avant de retomber dans leur travers. Certains annonçaient que le Brésil pouvait intégrer le trio de tête des grandes puissances économiques mondiales.
La domination économique sino-américaine est impressionnante et a peu de précédents. Depuis vingt ans, sur les 19 entreprises créées de plus de 100 milliards de dollars, neuf se trouvent aux États-Unis et huit en Chine. L’Europe n’en a pas. La crise sanitaire ne fait que renforcer les positions des entreprises de ces deux pays. La bataille fait désormais rage sur le terrain des paiements, de la mobilité et de la vidéo. La formule gagnante en matière de haute technologie comprend de nombreux ingrédients : un vaste marché intérieur, une aide publique ciblée et efficiente, un marché de capitaux profonds, des réseaux de capital-risqueurs développés et la présence d’établissement d’enseignement supérieur ainsi que de centres de recherche en lien avec le secteur privé. Une culture entrepreneuriale et favorable à l’innovation est indispensable.

Les pays performants exaltent la valeur travail. En moyenne, la durée de celui-ci dans les entreprises de haute technologie peut atteindre 9 heures six jours sur sept… la Chine comme les États-Unis appliquent la théorie de la destruction créatrice. Entre 2000 et 2020, des millions d’emplois ont été supprimés dans les deux pays remplacés par des nouveaux au sein des secteurs de pointe ou dans les services domestiques. En Chine, les entreprises publiques d’État ont licencié au début des années 2000 plus de 8 millions de salariés. La Chine, comme les États-Unis, semble avoir mené une bataille économique à distance mais dont les effets commencent à être durement ressentis par les populations.
Aux États-Unis, que ce soit à travers le vote en faveur de Donald Trump ou celui en faveur de Joe Biden, les électeurs s’inquiètent du déclin national, ainsi que des bas salaires et des monopoles (environ un quart de l’indice S&P 500 serait susceptible de mériter un examen antitrust). Des demandes de revalorisation des salaires se font jour.
En Chine, le président Xi Jinping considère les grandes entreprises privées comme une menace pour le pouvoir et la stabilité sociale du Parti communiste. Les autorités tentent de reprendre le contrôle de ces entreprises dont celle de Jack Ma, Alibaba. L’ingérence des autorités chinoises est un sujet d’inquiétude pour les États-Unis comme pour l’Europe.
L’économie mondialisée de ces vingt dernières années cherche sa direction. Les moyens technologiques offrent aux entreprises et aux États qui les utilisent des moyens de surveillance, d’orientation, de domination sans précédent. L’Europe qui a privilégié la création d’un espace économique régulé est démunie face à cette mutation. Elle dépend des multinationales américaines ou chinoises. La tentation serait d’instituer des barrières protectionnistes comme le font l’Inde ou le Brésil, au risque d’être marginalisée.
L’autre solution serait d’accélérer le processus d’intégration et l’engagement de programmes européens sur la haute technologie comme cela vient d’être réalisé, non sans difficulté, pour les batteries. Les États européens ont réussi dans le passé à s’unir avec succès dans l’aéronautique civil et dans le spatial. Le futur projet d’avion militaire européen, traduit cette nouvelle volonté de s’unir, étant rappelé que, dans les années 1980, les États membres ont développé trois avions concurrents : Le Rafale français, l’Eurofighter d’Airbus et le Saab Gripen suédois.
Que ce soit dans les énergies, hydrogène, nucléaire, solaire, dans les moyens de transports (flotte autonome de véhicules, avions et trains à grande vitesse, etc.) ou dans les biotechnologies, l’Europe dispose des moyens pour redevenir attractive. Elle dispose d’un nombre important d’universités, de centres de recherche et d’entreprises reconnues.

Décidément, la non tenue des élections en Inde et à Madagascar aura eu des conséquences en cascade. Pas prévues avant fin septembre, il est donc impossible de procéder à l’élection des membres de l’Assemblée des Français de l’étranger avant novembre ou décembre. Peu de gens le savent mais c’est parmi ces édiles que les administrateurs de la Caisse des Français de l’étranger (CFE – voir le site) sont désignés, là aussi par leurs pairs (3 sur 21 membres du conseil d’administration). Il parait normal, comme le gouvernement l’a fait en 2020 pour les Conseillers des Français établis hors de France et des Sénateurs de prolonger leur mandat jusqu’à ce que les élections puissent être tenues, mais…
Profitant du flou qui entoure le décret d’application de la loi sur la sortie de la crise sanitaire qui prévoit le report des élections des Conseillers à l’AFE mais pas des organismes qui en dépendent. Le Conseiller réélu des Français d’Indonésie, actuel président de la CFE, Alain-Pierre Mignon a, donc, décidé de procéder au renouvellement des gestionnaires de la CFE, comme prévu à la fin de son mandat en octobre 2021.

Problème ! Les électeurs seraient les Conseillers AFE élus en 2014 !!! Exit EELV, LREM, ils n’auraient pas leur mot à dire avant… 2027 soit après les prochaines élections consulaires de 2026. Les nouveaux Conseillers des Français de l’étranger de 2021 n’auraient donc aucun moyen d’agir sur la gestion de la CFE.
S’appuyant sur une disposition prise en 2014 qui avait déjà prolongé le mandat des précédents administrateurs d’une année, le sénateur Jean-Yves Leconte a donc écrit au ministre de la Santé, Olivier Veran pour lui demander d’agir au plus vite pour maintenir la chaine démocratique indispensable à une gestion transparente de cette caisse privée mais sous tutelle de l’Etat.
Pour lui, il est urgent d’agir, le nouveau conseil d’administration devant valider les comptes et établir les barèmes de cotisations pour les années à venir en Décembre 2021.
Cela nous amène à nous interroger sur le fonctionnement de cette caisse mi-privée, mi-publique.
En effet, la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) est un organisme privé chargé de la gestion d’un service public. Les cotisations de ses assurés lui permettent d’être financièrement autonome. Cependant, la CFE est placée sous tutelle des ministères chargés de la Sécurité sociale et du Budget.
Elle a donc l’obligation d’équilibrer ses comptes et ne reçoit aucune aide financière ni aucune subvention publique. Mais en cas de défaillance, elle serait couverte par le budget de l’Etat. Il est donc impératif que la gestion soit transparente et un exemple de gestion démocratique.

Alors que l’été va commencer dans quelques jours et que les expatriés, profitant d’une ouverture (filtrée) des frontières vont rejoindre la France pour leurs vacances quelles tendances pour les trois prochains mois . MétéoFrance nous annonce une saison plus chaude et plus sèche que la normale.
Avec une température moyenne inférieure de 0,6°C à la normale, ce printemps météorologique (du 1er mars au 31 mai) a été plutôt frais avec des gelées tardives parfois sévères et de rares pics de douceur, le plus marqué s’étant produit du 29 mars au 1er avril avec à la clé d’ailleurs, de nombreux records. Place désormais à l’été météorologique (il commence lui dès le premier juin) qui débute avec un temps chaud et parfois orageux. Cette tendance pourrait d’ailleurs dominer durant tout le mois de juin avant une suite d’été sèche et surtout plus chaude que la normale…
Les premiers jours de ce mois de juin ont bien donné le ton à ce premier mois de l’été… En effet, avec un anticyclone dominant et la circulation par moments de petites gouttes froides, ces dépressions d’altitude avec de l’air froid en altitude, les conditions météo alterneront tout le mois entre périodes ensoleillées assez chaudes et passages orageux faisant baisser légèrement les températures.
Sur sa globalité, ce mois de juin affichera une moyenne supérieure d’environ 1°C à la normale avec un ensoleillement excédentaire sur tout le pays et des précipitations plus hétérogènes. Elles seront proches des normales entre le sud-ouest et les régions de l’est, souvent sur la trajectoire des orages tandis qu’elles seront déficitaires dans le nord-ouest où l’instabilité sera plus discrète.
Le mois de juillet, donnant le coup d’envoi aux congés d’été, devrait être à l’image des mois de juillet des années précédentes : chaud et ensoleillé ! Les hautes pressions s’annonce ultra-dominantes des régions méditerranées à l’Europe centrale, dirigeant alors un flux de sud à sud-ouest sur le pays. Dans ces conditions, les températures afficheront un niveau assez largement supérieur à la normale (proche de 2°C sur tout le mois) avec un risque d’épisode(s) de canicule non négligeable. Ainsi, les précipitations seront logiquement déficitaires, d’autant que les orages seront rares. Les étés se succèdent et se ressemblent..

Peu d’évolution à attendre pour la suite de l’été selon les derniers scénarios avec un anticyclone qui devrait camper sur ses positions et donc sur l’Europe de l’ouest. Ainsi, le mois d’août s’annonce dans la continuité de juillet avec un temps généreusement ensoleillé et plus sec que la normale. Néanmoins, les orages pourront à nouveau se montrer plus présents que lors des semaines passées, assurant un arrosage mais de manière très hétérogène. À l’échelle nationale, les précipitations devraient rester déficitaires alors qu’elles pourraient être excédentaires là où les orages éclateront le plus. Côté températures, les valeurs devraient être situées environ 1°C au-dessus de la normale.
Sur la totalité de l’été, l’excédent de température affichera en moyenne +1 à +1,5°C par rapport à la normale tandis que les précipitations seront déficitaires. On se dirige donc vers un nouvel été chaud et sec, dans la ligné des précédents. Pour rappel, la dernière saison estivale avec des températures fraîches et des précipitations fréquentes remonte à 2014. Depuis, les trimestres juin-juillet-août sont, en moyenne, plus chauds et plus ensoleillés que la normale. Certains comme 2019 se sont même illustrés par des périodes de canicules remarquables voire historiques…

Un haut responsable de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a estimé, dans une interview publiée dimanche, qu’il serait préférable d’arrêter le vaccin d’AstraZeneca contre la Covid-19 pour toutes les tranches d’âge quand des alternatives sont disponibles.
Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale à l’EMA, a également déclaré au journal italien La Stampa que le vaccin de Johnson & Johnson devrait être utilisé de préférence pour les plus de 60 ans.

Ces deux vaccins à vecteur viral ont été approuvés par le régulateur européen pour les plus de 18 ans, mais ont fait l’objet de rapports faisant état de rares caillots sanguins. L’UE a également autorisé deux vaccins à ARN messager, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.
L’Italie a restreint samedi l’utilisation du vaccin AstraZeneca aux personnes âgées de 60 ans et plus, en raison des risques accrus pour la santé des plus jeunes.
Interrogé pour savoir s’il ne serait pas préférable d’interdire AstraZeneca, y compris pour les plus de 60 ans, M. Cavaleri a répondu :
«Oui, et c’est une option que de nombreux pays, comme la France et l’Allemagne, envisagent à la lumière de la disponibilité accrue des vaccins à ARN messager. Cependant, les incidents ont été très rares et sont intervenus après la première dose. Il est vrai qu’il y a moins de données sur la deuxième dose, mais au Royaume-Uni, ça (le programme de vaccination) se passe bien. Chez les jeunes, le risque d’être malade diminue, et le message à leur intention pourrait être d’utiliser de préférence les vaccins à ARN messager, mais le choix est laissé à chaque État»
Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale européenne
Il a estimé que le vaccin à dose unique de Johnson & Johnson présentait « moins de problèmes que l’AstraZeneca », tout en précisant qu’il avait été moins largement utilisé. « Avec une seule dose, il est utile pour certaines catégories difficiles à toucher, mais il reste un (vaccin) à adénovirus, et il est préférable de le réserver aux plus de 60 ans », a-t-il jugé.
Dans un bref commentaire diffusé ensuite sur Twitter, l’EMA a déploré « la désinformation (qui) circule aujourd’hui ».
« Voilà la situation : le rapport bénéfice/risques du vaccin d’AstraZeneca #COVID19 est positif et il demeure authorisé pour toutes les populations »
Tweet de L’Agence des médicaments de l’Union européenne
La technologie de l’ARN messager consiste à injecter dans nos cellules des brins d’instructions génétiques pour leur faire fabriquer des protéines ou « antigènes » spécifiques du coronavirus. Ces protéines vont être livrées au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps.
Les vaccins à « vecteur viral », comme ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson, utilisent comme support un autre virus, qu’on modifie afin qu’il transporte dans l’organisme des informations génétiques permettant de combattre le Covid. Tous deux utilisent comme support un type de virus très courant appelé adénovirus.

A Londres, une française est restée sept jours dans un camp de rétention, sans pouvoir communiquer, avant d’être refoulée en France. 3000 Européens n’ont pu entrer au Royaume-Uni. L’Australie, fermée depuis mars 2020 envisage de le rester jusqu’en juin 2022. Au passeport s’ajoute le passeport vaccinal. Le monde s’installe dans la fin de la libre circulation.
Comme si, tandis que le digital abolissait les frontières, le monde physique les renforçait. Encore que certains pays (Chine, Russie, Iran) mettent en place les moyens pour contrôler, le plus possible, leur internet. Les groupes mondiaux maitres de l’économie numérique ont bien une nationalité, mais celle-ci les embarrasse si peu, que les grands Etats, à l’initiative des Etats-Unis, souhaitent une taxation mondiale. Et le G7 signale en parallèle le retour d’une coordination mondiale, sous l’égide des Etats-Unis, pour « un plan mondial pour financer des infrastructures ».

Les Etats sont de retour, beaucoup s’en réjouissent. Le crime organisé d’abord. Certes, les polices nationales se coordonnent : 380 personnes ont été arrêtées dans des dizaines de pays. Belle opération, qui traduit à quel point les réseaux criminels se sont développés. Quand les frontières se durcissent, les contrebandiers s’enrichissent. Quand la pénurie guette, la contrefaçon explose. D’autant que le crime excelle dans le monde digital, le dark web, la monnaie universelle, les faux médicaments, le financement des entreprises à l’arrêt. Plus il y a de barrières et de règles, plus il y a de passe droits, pirates, passeurs et cartels. Difficile de comprendre les guerres du djihad en Afrique ou ailleurs sans regarder les réseaux de trafics d’armes, de drogue ou de migrants. En Amérique latine, comme en Birmanie. Et qui veut croire les pays riches exempts ?
Il y a un double mouvement : renforcement des moyens des Etats et des contrôles, renforcement de ceux qui peuvent échapper aux contrôles. Double mouvement dans le double mouvement : durcissement des frontières physiques, abolition des frontières immatérielles.
Le G7 a brillamment illustré le retour des frontières, des taxes et de la dépense publique. Nul n’a parlé de restaurer la liberté de circulation d’avant la pandémie. En revanche, la taxation des géants du numérique fait consensus : L’impôt redevient national parce qu’international.
En regard, les dépenses publiques se mondialisent. La relance passe par la dépense, pas seulement pour l’Europe et les Etats-Unis. Car la dette est interdite aux pays qui n’ont pas de système financier solide, de banque centrale respectée. Les pays pauvres, avec le retour des frontières se trouvent face à un mur. La pandémie a montré que le blocage des circuits économique provoquait l’anémie : la famine et la malnutrition, qui baissaient régulièrement remontent, comme le travail des enfants (160 millions selon l’ONU). La mondialisation profite aux pays pauvres, d’où les réticences dans les classes moyennes des pays riches. Mais les états préfèrent revenir aux frontières, pour le contrôle des populations, comme pour celui de l’économie.
Les pays riches préfèrent ouvrir les cordons de la bourse que les frontières, ils proposent donc un « plan mondial d’investissement dans les infrastructures pour les pays pauvres », conscients de ce que « Toutes les nations sont associées au même héritage »[1]. Ce n’est peut-être pas vrai, mais dans la petite planète d’aujourd’hui, le risque est grand de voir un feu se propager.
Plus de 170.000 migrants ont été arrêtés à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis cette année. Kamala Harris est allé dire au Guatémaltèques : « Ne venez pas, les États-Unis continueront à appliquer leurs lois et à sécuriser leurs frontières… Si vous venez à notre frontière, vous serez refoulés». Le mur de Trump devrait donc être maintenu par Biden. Le Danemark, lui, envisage de faire traiter les demandes d’asile dans des pays tiers. En représailles vis-à-vis de l’Espagne, le Maroc bloque le retour par le détroit de Gibraltar… des Marocains. Un million de Biélorusses ont quitté leur pays pour la Russie. 300.000 Libanais ont quitté le Liban. Comment éviter l’explosion en Afrique, en Méditerranée ?

Renforcement, franchissement des frontières, même le Royaume-Uni, en plein G7, menace de restaurer celle avec l’Eire, tandis que les Ecossais rêvent d’en installer une avec l’Angleterre. Le plus probable est que les pays riches restaurent une libre circulation entre eux, articulée sur une surveillance facilitée par le recours aux numérique, et amplifiée aux frontières externes.
L’écart avec les pays pauvres, ceux des migrants, des conflits, et des cartels plus ou moins présentables, – seigneurs de guerre ou régimes militaires, par exemple- va croitre. Se posera la question de savoir qui profitera des garanties ou des investissements décidés par la nouvelle « Alliance des démocraties » dans le plan mondial de développement : On connait cette logique, c’est le monde des années cinquante. A priori, c’est bel et bon. Mais il y a de grandes chances pour que cela ne se passe pas comme prévu.
La vraie frontière à dépasser est interne, dans chaque économie, dans chaque pays. Les politiques veulent reprendre la main, il n’est pas sûr qu’ils aient saisi les caractéristiques du nouveau monde. Le défi est plus vaste que la rivalité avec la Chine ou les taxations fiscales : il est dans les structures, des mentalités, des systèmes éducatifs dépassés, inadaptés pour le nouveau monde. C’est cette distorsion qui provoque les conflits et les crises. C’est cela qu’il faut prévenir par plus … d’ouverture, au moins d’esprit.

Laurent Dominati
A.Ambassadeur de France
A.Député de Paris
Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »
[1] Saint Paul, Ephésiens, 3,1.

Les dirigeants du G7, qui étaient réunis dans les Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre) du 11 au 13 juin 2021 ont promis un milliard de doses du vaccin contre le Covid aux pays pauvres. Ils répondent ainsi aux appels à la solidarité qui se sont multipliés ces derniers mois. Pour le Premier ministre britannique, Boris Johnson, c’est « un grand pas vers la vaccination du monde.
Leur objectif : vacciner 60% de la population contre le Covid au printemps 2022 dans l’espoir d’éradiquer la pandémie. C’est pourquoi les membres du G7 ont pris plusieurs engagements afin d’atteindre ce but, a annoncé dimanche le Président français, Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse.
« Dans ce cadre, la France double ses engagements, et passe de 30 à 60 millions de doses partagées d’ici la fin de l’année », a déclaré le président, qui estime que « ce G7 va faire en sorte qu’il y ait plus de vaccins, plus rapidement, sur le terrain ».
Emmanuel Macron à la conférence
Le communiqué final publié par le sommet s’engage à « mettre fin à la pandémie et à préparer l’avenir en menant un effort international intensifié. En commençant immédiatement, par vacciner le monde en fournissant un plus grand nombre de vaccins sûrs et le plus rapidement possible ».
Concernant les voyages aux États-Unis, Emmanuel Macron espère « des clarifications » du président des États-Unis, Joe Biden, d’ici la fin juin.
En attendant, les dirigeants des grandes puissances du G7 ont affirmé, dimanche, leur volonté de mettre fin à la pandémie de Covid-19 par la distribution de vaccins et d’agir pour le climat, lors d’un sommet marqué par une nouvelle dynamique en faveur du multilatéralisme occidental, États-Unis en tête.
Ce sommet de trois jours qui était le premier depuis deux ans marquait le retour des contacts directs après des mois de visioconférences pour le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et le Canada.
Pendant le sommet du G7 nous avons assisté à une conférence de presse entre Joe Biden et Emmanuel Macron. Le président des États-Unis et le Président français ont démontré leur envie de travailler ensemble. En effet, les deux hommes se sont positionnés «sur la même ligne» concernant les grands dossiers internationaux, même si des divergences existent. C’était aussi le premier sommet post-Trump .

C’est pourquoi Joe Biden est venu reconquérir des alliés échaudés sous Donald Trump, et a salué un sommet « extraordinairement collaboratif et productif ». Un motif de satisfaction pour la première étape de la tournée européenne du dirigeant américain
Boris Johnson a martelé à plusieurs reprises qu’il souhaitait voir se développer une « Global Britain ». Pour cela, il a menacé l’Europe, plusieurs fois lors de ce sommet, en particulier se disant prêt à ne pas respecter le « deal » avec l’UE sur l’Irlande du Nord. Même le Canada a évoqué le problème de cette province britannique sur l’île irlandaise en rappelant que l’unité territoriale du Royaume-Uni était l’architecture du protocole du Vendredi Saint. En effet, une frontière douanière a été imposée entre l’Irlande du Nord (britannique) et le reste du Royaume-Uni, afin de préserver la libre circulation entre les deux Irlande.
Et, pour le repas vendredi soir les dirigeants ont dégusté un turbot rôti grillé et qui a été pêché par un pêcheur des Cornouailles. C’était l’occasion de faire découvrir les spécialités locales.
À l’issu de ce sommet, les dirigeants du G7 ont également défini un plan de bataille pour que le monde soit prêt en moins de cent jours si une nouvelle pandémie devrait émergée. Pour cela, ils ont demandé une enquête plus approfondie de l’OMS sur l’origine du virus en Chine. Cette dernière s’est retrouvée particulièrement visée lors du sommet, comme la Russie. Dans son communiqué final, le G7 a appelé Pékin à « respecter les droits humains »
L’autre grand dossier, ce fût le climat. Le G7 s’est mis d’accord sur un nouveau plan d’action pour tenter de limiter le réchauffement. Il sera présenté lors de la grande conférence de l’ONU sur le clima . C’est un enjeu crucial pour le Royaume-Uni qui l’accueillera en novembre à Glasgow (Écosse). Pour financer ces plans, ils ont aussi validé la perspective d’un taux d’imposition mondial sur les bénéfices d’entreprises.

Bennett tiendra-t-il à la tête d’une coalition aussi hétéroclite ? Netanyahu peut-il revenir ?
Israël a ouvert une nouvelle page de son histoire avec un vote attendu du Parlement pour entériner une « coalition du changement » devant mettre un terme au règne de Benjamin Netanyahu, le plus long de l’histoire du pays. C’est Naftali Bennett le nouveau Premier ministre qui succède à Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 12 ans.

Le Likoud de Benjamin Netanyahu avait terminé en première place au scrutin de mars dernier, sans toutefois rallier une majorité de 61 députés pour former un gouvernement. Devant l’impasse, le président Reuven Rivlin avait demandé au chef alors de l’opposition Yaïr Lapid, de tenter sa chance.
Et ce dernier a réussi in extremis début juin à réunir une majorité en formant une coalition réunissant deux partis de gauche, deux de centre, trois de droite et – fait rarissime dans l’histoire israélienne – un parti arabe, la formation Raam de l’islamiste modéré Mansour Abbas.

La plateforme de réservation en ligne Booking.com est soupçonnée d’avoir commis une fraude fiscale de plus de 153 millions d’euros, a annoncé jeudi (10 juin) la police financière italienne à Gênes.
Selon l’enquête, qui a débuté en 2018, la société a émis des factures sans TVA, en appliquant le mécanisme dit d’« autoliquidation », même dans les cas où l’établissement d’hébergement n’avait pas de numéro de TVA. Il en résultait que la TVA n’était ni déclarée ni payée en Italie.
Grâce à ce « système », Booking aurait gagné environ 700 millions d’euros sur près de 900 000 transactions, pour lesquelles elle n’a pas payé 153 millions d’euros de TVA.
La société n’avait pas de représentant fiscal en Italie et n’avait donc pas déclaré les recettes aux autorités fiscales de ce pays, « réalisant ainsi une évasion fiscale totale, qui n’a été payée ni en Italie ni aux Pays-Bas », ont déclaré des sources de la police financière.

« Conformément à la législation européenne sur la TVA, nous estimons que toutes nos structures partenaires dans l’Union européenne, y compris les structures italiennes, sont responsables de l’évaluation du paiement de la TVA locale et du paiement aux gouvernements respectifs (….) Nous confirmons que nous avons reçu le récent rapport d’évaluation des autorités italiennes, qui va maintenant être examiné par l’Agence du revenu, et que nous avons l’intention d’enquêter en pleine coopération avec cette dernière »
Communiqué de presse de Booking.com
Cette affaire pourrait devenir l’un des premiers cas d’évasion fiscale du tout nouveau Parquet européen, qui a déjà contacté ses collègues italiens pour voir comment il devait procéder.

Depuis de nombreuses années, les entreprises et les États avaient eu tendance à diminuer leurs investissements. Au Royaume-Uni, en 2019, le niveau d’investissement des entreprises était inférieur de 15% à celui des années 1990.
Même si les bénéfices des entreprises avaient fortement augmenté depuis les années 1980, ces dernières consacraient une plus petite part de leurs flux de trésorerie aux dépenses d’investissement et à la recherche et développement, et davantage aux rachats d’actions et aux dividendes.
L’attrition des dépenses en capital a contribué à la baisse de la productivité et donc à la stagnation de la croissance. Les États avaient également diminué depuis une vingtaine d’années les dépenses d’équipement.
Avec la pandémie, un changement de cap pourrait s’opérer. Ainsi, depuis un an, l’investissement des entreprises américaines augmente à un taux annuel de 15 %. Les grandes entreprises lancent des programmes de recherche et d’équipement. Le processus de digitalisation s’accélère. L’entreprise américaine de télécommunication ATT a décidé de dépenser 24 milliards de dollars pour moderniser ses réseaux quand Sony prévoit un accroissement de son budget d’investissement de 18 milliards de dollars.
Les entreprises de microprocesseurs se sont engagées dans des dépenses de création de nouvelles usines afin de répondre à une demande croissante. Leurs dépenses en capital atteignent des niveaux jusqu’alors inconnus. L’accumulation des plans de relance laisse entrevoir une augmentation sans précédent depuis les années 1970 de la demande intérieure des États.
Les ménages ont accumulé depuis un an des sommes considérables, plus de 3 000 milliards de dollars pour l’ensemble des pays de l’OCDE. Grâce aux mesures de soutien des États, leur niveau de vie n’a pas baissé, voire a augmenté comme cela a été constaté aux États-Unis ou en France.
Après quinze mois d’épidémie, une soif de dépenses se fait jour sous forme d’achats plaisir. Les réservations pour la période estivale se situent à un très haut niveau malgré l’absence de la clientèle internationale. Les entreprises, face aux prévisions de croissance de la demande, investissent afin d’accroître leurs capacités de production, ce qui constitue un changement d’état d’esprit par rapport aux années précédentes.
La pandémie a également souligné l’essor de nouveaux modes de consommation avec le développement du e-commerce qui entre de plus en plus en concurrence avec les magasins traditionnels.
Les détaillants de grande distribution investissent massivement dans les offres en ligne pour concurrencer Amazon, Cdiscount et les autres plateformes. Les restaurants continuent d’améliorer leur service de restauration à domicile même après leur réouverture. La digitalisation des activités sort renforcée des confinements. Elle a permis de maintenir l’activité dans de nombreux secteurs. L’essor du télétravail suppose de nouveaux équipements informatiques et des capacités supplémentaires en matière de réseaux.

Les entreprises technologiques qui ont enregistré des résultats en forte augmentation en 2020 consacrent une part croissante de leur chiffre d’affaires à la recherche & développement pour répondre aux nouveaux besoins de leurs clients dans un marché concurrentiel. La hausse de l’investissement dans ce secteur d’activité devrait dépasser 30 % en 2021. La transition énergétique avec l’augmentation du prix de la tonne de carbone conduit également à une progression des investissements. Les entreprises s’engagent dans des programmes d’électrification de leur flotte de véhicules ou l’adaptation de leur parc immobilier.
Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, les gouvernements ont décidé d’augmenter les dépenses d’investissement afin de lutter contre le réchauffement climatique et pour améliorer la compétitivité de leur pays. Le plan de 1 900 milliards de dollars aux États-Unis présenté par Joe Biden vise à mettre à niveau les grandes infrastructures américaines. Il en est de même pour le plan européen de 750 milliards d’euros, complété par les plans des différents États membres de l’Union en vue de relancer massivement l’investissement public dans les trois prochaines années.
Cette augmentation de l’investissement est censée permettre d’importants gains de productivité et une élévation de la croissance potentielle. Celle-ci avait tendance à être inférieure à 1 % en Europe avant le déclenchement de l’épidémie et de se rapprocher de 1,5 % aux États-Unis.
Afin de financer les dépenses sociales, notamment celles liées à la santé, la retraite et la dépendance, un taux de croissance potentielle de 2 % serait souhaitable. La progression rapide de l’investissement suppose également celle du taux d’emploi. Les pays avancés risquent d’être confrontés à des pénuries d’emplois dans les prochains mois.
Certains secteurs sont déjà à la peine pour recruter faute de candidats disponibles ou formés. L’amélioration du taux d’emploi est incontournable pour pérenniser le retour de la croissance. Le recours à la robotisation et à la digitalisation pourra pallier le manque de personnel mais ne sera pas suffisant au regard des besoins, tant dans les services, que dans l’industrie en cas de relocalisation de certaines activités.