3 grands principes pour la vaccination des Français de l’étranger

3 grands principes pour la vaccination des Français de l’étranger

Au cours de la dernière quinzaine de l’année 2020, la commission des affaires sociales de l’Assemblée des Français de l’étranger a mené un recensement des stratégies déployées dans dans chaque pays. Pour cela, en plus du retour des postes consulaires demandé par le ministère, les membres de la commission ont demandé aux 443 conseillers consulaires de remplir un questionnaire. Des réponses émanant de plus de 150 circonscriptions consulaires leur sont parvenues.

Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat, a réuni ce vendredi 15 janvier 2021, par visioconférence les parlementaires pour leur exposer les conclusions du rapport, écrit sur base des retours des élus. 3 grands principes pour la vaccination des Français hors de France émergent.

70% des expatriés vaccinés dans leurs pays de résidence

Le premier constat fait c’est que 70% des expatriés résident dans des pays où la vaccination devrait être possible au moyen de vaccins internationalement reconnus (type Pfizer, Moderna, Astra).

Pour la grande majorité des Français c’est donc leurs pays d’accueil qui les prendre en charge. C’est le cas dans tous les pays de l’Union européenne.

30% n’ont pas accès aux vaccins reconnus

Il reste donc 30% de nos compatriotes sans solution locale pour être vaccinés selon les normes internationales.

Premiers touchés par l’épidémie, les Chinois étaient aussi les premiers à se lancer dans la recherche d’un vaccin, avec une technique qui a fait ses preuves, rapide et peu coûteuse : inactiver le virus. Concrètement, il s’agit de prendre le Sras-CoV-2, le coronavirus à l’origine de l’épidémie, et de le rendre inoffensif en le faisant « cuire » ou par traitement chimique. Le virus inactivé est alors injecté, et l’organisme déclenche une réaction immunitaire. C’est le même principe qui est utilisé lors de la vaccination contre la grippe. Cependant, il n’a pas été validé par des études reconnues internationalement. Les russes ont appliqué la même approche.

CoronaVac, mis au point par la société Sinovac, et les deux vaccins de Sinopharm qui utilisent cette méthode sont déjà déployés à très grande échelle, en Chine, mais aussi au Brésil, en Turquie, au Pérou, au Maroc et en Indonésie. Par ailleurs, Sinopharm a annoncé que plus d’un million de Chinois avaient été vaccinés dans le cadre d’un programme « d’urgence » réservé aux travailleurs essentiels, aux étudiants et aux voyageurs. La version russe est, elle, présente, évidemment en Russie, mais aussi à Cuba et en Biélorussie.

Pour tous les Français résidents dans ces pays, une solution est en cours de conception. La solution, la plus simple, selon le ministère, serait une vaccination réalisée en France.

Se faire vacciner en France ?

Amélia LAKRAFI, Députée des Français de l’Afrique de l’Est, fait remonter les chiffres d’un questionnaire qu’elle a diffusé, sur un échantillon de 700 personnes du monde entier, 82% veulent se faire vacciner et 80% de ces 82% veulent se faire vacciner dans leur pays de résidence.

82 % des Français expatriés veulent se faire vacciner / 18% des Français expatriés refusent de se faire vacciner. Etude réalisée sur 700 personnes

Et pourtant, alors que Jean-Baptiste Lemoyne, au cours du mois de décembre, avait laissé envisager, qu’une campagne serait lancée dans les réseaux consulaires, la solution d’une vaccination en France, semble s’imposer.

Dès jeudi 07 janvier, Olivier Veran, dans une émission sur BFMTV, avait déclaré que les « Français de l’étranger devrait venir en France se faire vacciner ».

Mais est-ce si simple ?

Pour la vaccination des Français de l’étranger en France comme l’a indiqué, lors de la visioconférence, Axel CRUAU,  responsable de la task force Covid au Quai d’Orsay , les choses ne sont pas encore calées techniquement (comment faire entrer dans le système ceux qui n’ont pas des numéros de sécu). Le chargé de mission suggère d’autoriser la création de numéros « fictifs ». Il précise que « ce n’est pas encore fait » et pour cause, cela a des incidences sur plusieurs services de plusieurs ministères. En plus, les expatriés devraient se rendre en France selon le propre calendrier national de vaccination, aucune exception n’est pour l’instant prévue.

En sus nos compatriotes, vaccinés ou non, devront prendre en compte les nouvelles mesures aux frontières françaises, soit l’obligation de réaliser un test avant d’embarquer, de subir 6 jours de quarantaine et de nouveau réaliser un test. Ces mesures ne s’appliquent, à ce jour, le dimanche 17 janvier 2021, qu’aux pays hors de l’espace Schengen. Cependant, la France devrait demander à l’Union européenne la mise en place des mesures aux frontières internes, dès ce 18 janvier pour une mise en place le 20 janvier 2021. Ces mesures s’ajoutent à celles qui attendront, les Français résidents hors de France, à leurs retours dans leurs pays de résidence.

Quelles sont les étapes à venir ?

Concrètement, pour l’instant, Jean-Baptiste Lemoyne, se limitera à demander une réunion des conseils consulaires pour que l’information circule vers tous les élus locaux.

Quid de la suite ? Personne ne le sait ! Aucun budget pour communiquer n’est évoqué, aucune assistance pour les élus ou les services consulaires afin de répondre aux futures questions, qui s’annoncent nombreuses. La population vaccinable des Français de l’étranger compterait 1,4 million de personnes (les mineurs comme les étudiants n’étant pas comptabilisés) selon M. Lemoyne, ils méritent des moyens pour assurer leur santé et leur capacité à voyager dans le monde… Sans vaccin, les expatriés semblent, petit à petit, être condamnés à l’isolement avec la mise en place, progressive, d’un passeport sanitaire. Il est urgent d’établir un planning et un cadre budgétaire.

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