AstraZeneca : le vaccin de la discorde en Europe

AstraZeneca : le vaccin de la discorde en Europe

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a appelé les États membres de l’UE à « parler d’une seule voix » sur AstraZeneca afin de ne pas nourrir la défiance à l’égard du vaccin.

Un vaccin, plusieurs modalités d’utilisations. Alors que ce mercredi l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est prononcé en faveur de l’ajout des caillots sanguins aux effets secondaires – rares – du vaccin AstraZeneca, tout en vantant une balance bénéfice/risque qui reste positive, plusieurs pays européens limitent désormais les injections du sérum suédo-britannique à un public spécifique.

Différences entre pays

Dernier en date, l’Espagne, qui a annoncé réserver ce sérum anti-Covid aux plus de 60 ans. « Nous continuerons à administrer le vaccin d’AstraZeneca, mais à partir de 60 ans », a annoncé la ministre espagnole de la Santé Caroline Darias, tout en assurant que le pays allait « étudier » son élargissement « pour les personnes entre 65 et 80 ans. »

Le critère d’âge est d’ailleurs fluctuant d’un pays à l’autre. Si la France réserve le vaccin aux personnes de 55 ans et plus, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas ont choisi de l’administrer aux plus de 60 ans. De son côté, la Belgique a également fixé ce mercredi l’âge minimum à 55 ans.

En France, la décision avait été prise à la suite de recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS) qui avait souligné un « possible surrisque de thrombose veineuse cérébrale ou de coagulation intravasculaire disséminée chez les personnes de moins de 55 ans. » Courant mars, l’administration du sérum avait été suspendue pour plusieurs heures dans l’attente d’un avis des autorités sanitaires européennes.

Toujours suspendu au Danemark et en Norvège

Dans d’autres pays de la zone européenne, des restrictions bien plus drastiques ont été prises concernant AstraZeneca. Au Danemark, la décision de suspendre le vaccin durant trois semaines supplémentaires avait été prise fin mars, afin d’obtenir « plus de temps » pour étudier l’éventuel lien entre les quelques cas connus de caillots sanguins rares mais graves et la vaccination. La Norvège a fait le même choix.

Au Royaume-Uni, nation qui a très largement utilisé ce sérum pour sa massive campagne de vaccination, le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination (JCVI) a recommandé mercredi d’en limiter l’usage aux plus de 30 ans quand c’est possible, après le signalement de 79 cas rares de caillots sanguins, dont 19 décès – sur plus de 20 millions de doses administrées. Toutefois, ce dernier a souligné qu’il ne recommandait pas l’arrêt de la vaccination dans aucun groupe d’âge.

« Les adultes âgés de 18 à 29 ans, qui n’ont pas de comorbidité leur faisant encourir un risque plus élevé d’une forme grave de la maladie Covid-19, devraient se voir proposer un autre vaccin Covid-19 plutôt que le vaccin AstraZeneca, quand une telle alternative est disponible »

Professeur Wei Shen Lim, du JCVI, lors d’une conférence de presse.

« Parler d’une seule voix »

En ce qui concerne spécifiquement l’Union européenne, la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a appelé mercredi ses membres à se coordonner et à « parler d’une seule voix » sur le vaccin afin de ne pas nourrir la défiance.

Ces derniers étaient réunis en fin de journée mercredi pour examiner les conclusions de l’Agence européenne des médicaments (EMA) confirmant le lien entre le vaccin AstraZeneca et de rares cas de caillots sanguins. Le régulateur européen a cependant affirmé que les bénéfices du vaccin l’emportent sur les risques, et qu’aucun facteur de risque spécifique, comme par exemple l’âge, n’avait été identifié.

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