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  • Présidence française de l’UE : « Relance, Puissance, Appartenance »

    Présidence française de l’UE : « Relance, Puissance, Appartenance »

    Alors que la France doit prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne au premier semestre de 2022, le secrétaire d’État chargé des affaires européennes Clément Beaune a lancé la semaine dernière deux comités : un comité de suivi transpartisan et un comité de réflexion.

    Comité de suivi transpartisan

    Entre janvier et juin 2022, la France devra présider le Conseil de l’UE ; l’occasion pour l’exécutif français de mettre plusieurs questions et enjeux sur la table.

    D’ores et déjà, le gouvernement a annoncé que son mandant sera sous le signe d’une devise : « relance, puissance, appartenance ». « Pour bien conduire cette présidence, il est essentiel de bien s’y préparer dès maintenant et de mettre en place une organisation précise et rigoureuse », a déclaré le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en novembre dernier en Conseil des ministres.

    Et c’est justement par le biais du comité de suivi transpartisan, qui réunit députés et sénateurs français ainsi que des eurodéputés, que la représentation nationale compte avoir son mot à dire.

    La mission première de ce comité est de « recueillir l’avis de tout le monde sur les priorités qui devraient être portées », explique la député (La République en marche) et présidente de la commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale Sabine Thillaye à Euractiv France.

    Elle se réjouit néanmoins d’avoir obtenu la possibilité que la troïka – dans le jargon européen, le mot russe désigne un groupe composé d’un représentant de l’État qui préside, de l’État prédécesseur et de l’État successeur – soit représentée au comité exécutif en qualité d’observateurs. « Il s’agit maintenant de savoir quelles seront les prérogatives de ces observateurs », nuance Mme Thillaye.

    Des priorités à préciser

    Même si beaucoup d’axes concrets sont encore à préciser, plusieurs se dégagent déjà, comme la révision des « règles budgétaires » – dont le débat a été ravivé par le contexte sanitaire -, la « transition numérique », les « enjeux climatiques » ainsi que les « droits sociaux ».

    Volonté française ou pas, la députée d’Indre-et-Loire souligne que de nombreux sujets devraient quoiqu’il arrive aboutir sous la présidence française avec l’arrivée de plusieurs grands textes à l’échéance 2022 qui portent notamment sur le Green Deal, le Digital Markets Act (DMA) et la Digital Services Act (DSA).

    « Vivre l’Europe partout en France »

    « Je crois qu’il faut qu’on fasse beaucoup plus le lien entre l’échelon national, européen et local », plaide la parlementaire qui appelle, plus largement, à « accélérer l’européanisation des politiques » et à « faire vivre le débat ».

    C’est dans ce sens qu’un comité culturel devrait bientôt voir le jour, autour de la ministre de la Culture et du secrétaire d’État chargé des affaires européennes, a annoncé l’exécutif en nombre dernier. Il aura pour mission d’encourager et superviser la création théâtrale, audiovisuelle et le débat d’idées pour faire « vivre l’Europe partout en France ».

    Alors que le mot « appartenance » devrait occuper la feuille de route de la présidence française, Sabine Thillaye remarque qu’il s’agit d’un « serpent de mer »« On se pose depuis longtemps la question de commencer à susciter cette appartenance », elle note, soulignant qu’il est « très important (…) de faire la promotion de la citoyenneté européenne ».

    Enfin, hasard du calendrier, la première moitié de l’année 2022 en France sera aussi marquée par les élections présidentielles. « Je pense que c’est une chance de mettre les questions européennes sur la devant de la scène », anticipe Sabine Thillaye qui exclut d’éventuelles tentations électoralistes sur la base de la « neutralité » exigée de la présidence de l’UE.

  • Ouverture de l’AFE : frontières, élections, vaccination et réforme

    Ouverture de l’AFE : frontières, élections, vaccination et réforme

    L’Assemblée des Français de l’étranger s’est ouverte ce lundi 8 mars 2021 en visioconférence. La dernière pour les élus de 2014 !

    Les 90 élus ne pouvant se rendre à Paris du fait des restrictions en France et dans leurs pays de résidence, l’administration, consulaire et des Français hors de France, a décidé d’organiser cette 34 ème session 100% en ligne. Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne et le Président de l’Assemblée des Français de l’étranger, Marc Villard, se sont pliés pendant plus 6 heures à l’exercice et avec brio.

    Elections consulaires : 29 et 30 mai 2021

    Lemoyne

    Jean-Baptiste Lemoyne a rapidement mis fin au suspens. Alors que certains élus poussaient à un énième report des élections, le ministre a rappelé que les décrets avaient été publiés et que d’autres Etats avaient organisé des élections pendant la pandémie.

    Les élections se dérouleront bien donc le 29 mai sur le continent américain et le 30 mai ailleurs. Le vote sur internet, lui, sera accessible du 21 au 26 mai 2021.

    « 3/4 à 80 % des bureaux de vote seront maintenus« 

    Jean-Baptiste Lemoyne lors de la session inaugurale de la 34 ème session de l’AFE

    Le président du groupe « CIEL » (centre) à l’AFE, Richard Ortoli (élu aux USA) a exprimé son doute sur la légitimité de cette élection. Pour lui le taux de participation, déjà faible, 16% en 2014, devrait encore chuter. Il s’interroge sur les raisons qui ont empêché d’inclure le vote par correspondance dans la loi organisant ce scrutin.

    Medhi Benlahcen, Président du Groupe « Français du Monde – Ecologie et Solidarité », s’inquiète aussi de la tenue des élections. Sans remettre en cause cette respiration démocratique, l’élu du Portugal souligne les risques de tout miser sur la voie électronique. Il rappelle qu’aucun test grandeur nature n’a été réalisé avec le le nouvel opérateur (le précédent a fait faillite en juin 2020) mais surtout que jusqu’à un tiers des Français pourraient ne pas accéder au « vote électronique ». Pourquoi ? Car leurs données (adresse emails et numéro de téléphone) ne sont pas à jour dans le registre consulaire. Une adresse email étant indispensable afin de recevoir les codes obligatoires pour se connecter à la plateforme de vote.

    Une solidarité en devenir ?

    Tandis qu’Alain Pierre Mignon, le président du groupe Alliance de la droite, du centre et des indépendants (Droite), est lui revenu sur les moyens mis à la disposition des Français de l’étranger en tant que citoyens et entrepreneurs pour surmonter cette pandémie. Il a voulu dénoncer l’inégalité qui frappe les Français de l’étranger surtout sur le plan professionnel. Les sociétés fondées par les entrepreneurs expatriés ont été exclues par le gouvernement des dispositifs mis en place en France.

    Jean-Baptiste Lemoyne a, lui, indiqué que plus d’un million d’euros ont été dépensés depuis le début de l’année sur le budget exceptionnel du fonds de solidarité dédié aux Français hors de France, soulignant ainsi que les conséquences de la crise se font désormais concrètes pour nos compatriotes.

    Certains élus en ont profité pour indiquer que les besoins sur le terrain restaient immenses et que les fonds ne sont pas débloqués assez vite (4,5 millions en 12 mois sur 50 millions d’euros budgétés). Pour les entreprises, le Secrétaire d’Etat a renvoyé les élus à l’audition du Ministre au Commerce extérieur, Franck Rester, prévue cette semaine.

    Une vaccination qui se fait attendre

    Le Secrétaire d’Etat a aussi détaillé ses travaux sur la campagne de vaccination. Comme il l’avait indiqué la semaine dernière lors d’une réunion avec les parlementaires, les expatriés sont classés selon 3 situations. La première c’est celle qui concerne 88% des Français de l’étranger, c’est la prise en charge par les pays de résidence.

    Mais pour les autres, la situation est plus complexe. Pour certains, leur pays de résidence ayant décidé de ne vacciner que ses nationaux, des solutions seront mises en place à travers une campagne de vaccination consulaire sur place soit dans les consulats soit dans des pharmacies et offices médicales partenaires. Pour une petite minorité, le gouvernement français reste en attente du retour des postes diplomatiques sur la situation vaccinale.

    Une réforme à tiroirs ?

    Hélène Conway-Mouret

    Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français hors de France (PS), était présente à la réunion. L’occasion de revenir sur la réforme qui va s’appliquer avec l’élection des nouveaux Conseillers des Français de l’étranger en mai 2021. Une réforme qui fait l’unanimité, Jean-Baptiste Lemoyne a une nouvelle fois apporté le soutien du gouvernement à ces nouvelles dispositions. Pour lui, la communication entre les Français des circonscriptions consulaires et Paris en sera fluidifiée et accélérée.

    Espérons qu’il soit entendu, car les élus actuels ont, pour la plupart, au cours des dernières semaines, eu des propos incriminant les blocages de l’administration centrale à Paris. Mais l’ambiance n’était pas aux reproches plutôt à la construction ce lundi 8 mars 2021 !

    Certains élus ont même osé parler d’une réforme qui devrait s’imposer au calendrier, celle de l’AFE. La visioconférence ouvre-t-elle la voie à une participation de tous les élus consulaires aux prochaines sessions de l’Assemblée des Français de l’étranger ? Ça sera aux prochains conseillers des Francais de l’étranger de se pencher sur cette reforme.

  • Restrictions aux frontières : Le Conseil d’Etat va trancher

    Restrictions aux frontières : Le Conseil d’Etat va trancher

    6 recours en référé-suspension ont été déposés devant le Conseil d’Etat français à Paris, depuis la publication du décret du 30 janvier 2021. Des collectifs d’élus et de citoyens ainsi qu’un un avocat français et new-yorkais, habitué de la cause des expatriés, Pierre Ciric, sont à l’origine de ces actions contre les restrictions aux frontières.

    3 référés auditionnés

    3 d’entre eux ont fait l’objet d’une audience au Conseil d’Etat la semaine du premier mars. Fait remarquable et rare (démontrant l’attention des juges à nos libertés fondamentales? ), chacune a duré près de 2 heures. 

    Pour ces 3 affaires entendues par deux juges des référés différents, l’instruction des dossiers a été repoussée à ce lundi 8 mars 2021 à 20h, heure de Paris, avec un échange de mémoires supplémentaires prévu avant cette date. 

    Des premières décisions sur l’ensemble de ces 3 affaires pourraient donc intervenir d’ici la fin de semaine ou en début de semaine prochaine selon les services de la juridiction.

    Une questions inédite

    Depuis la ratification, par le décret n° 74-360 du 3 mai 1974, du Protocole n° 4 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, jamais, le sujet des libertés de circulation vers ou à partir de la France n’avaient été porté devant le Conseil d’Etat.

    Il est vrai que c’est la première fois que le caractère absolu du droit au retour sur le territoire national par un ressortissant français est remis en cause par un gouvernement national. La dernière fois qu’un Français ne pouvait pas se rendre librement sur un territoire français, c’était sous l’occupation de 1940 à 1944.

    Une inégalité devant la loi

    En plus de l’atteinte au droit au retour sur le sol national, les Français hors de France ne sont pas égaux face à la loi.

    En effet, le traitement est différent, selon son lieu de résidence, dans l’Union européenne ou non, l’expatrié ne se voit pas appliquer les mêmes dispositions. En effet, alors que ceux qui sont résidents au sein de l’espace Schengen n’ont qu’un test PCR négatif à produire, ceux hors de cette zone juridique, doivent justifier d’un motif impérieux.

    Des réactions à l’AFE

    Cette situation provoque, évidemment, des tensions dans les milieux consulaires et au sein des communautés françaises dans le monde. L’Assemblée des Français de l’étranger qui se tient, en visioconférence toute la semaine du 8 mars, n’éludera pas la question.

    Les chefs de groupe comme Mehdi Benlahcen (Français du monde – Solidarité et écologie) ou Alain-Pierre Mignon (Alliance de la droite, du centre et des indépendants) devraient aborder ce sujet lors de leur intervention face à Jean-Baptiste Lemoyne, le Secrétaire d’Etat aux Français de l’Etranger.

    Soutenues par les citoyens

    Que ce soit par la politique ou par la justice, les Français de l’étranger veulent voir la situation évoluée, le plus rapidement possible. Ils se sont rapidement mobilisés autour du hashtag « #jeveuxrentrerchezmoi » et en signant des pétitions, plusieurs dizaines de milliers de participants.

    Dans notre consultation sur notre site internet, 64% des 3600 personnes qui se sont exprimées au cours de la semaine du premier mars se sont déclarées hostiles aux restrictions aux frontières. Cependant, les Français hors de France restent dans leur grande majorité (80%) persuadés qu’une solution sera trouvée au cours de l’année.

    Si la Politique ou la Justice ne le aident pas, le salut viendra peut-être de la médecine ? En France, 1/2 million de Français ont été vaccinés en 48h ce samedi 6 et dimanche 7 mars. Est ce l’espoir de voir se lancer une campagne de vaccination pour les expatriés, non pris en charge dans leurs pays de résidence ? Ainsi ils pourront retrouver le chemin de la France grâce au fameux certificat de vaccination international qu’il reste à définir.

    Un autre dossier qui inquiète, et à raison, les Français de l’étranger et leurs élus, que ce soit en Europe ou non, la mise en place du « Pass Sanitaire » en France dont la détention conditionnerait l’accès au territoire et aux activités récréatives. Quel cadre juridique ? Quel fonctionnement ? Quelles limites ?

    Le Conseil d’Etat n’en a pas fini avec les recours des expatriés… Les élus consulaires en parleront aussi, à ne pas en douter, lors de cette 34 ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

  • L’Union, un atout pour l’Europe

    L’Union, un atout pour l’Europe

    Chaque année, le 9 mai est la journée de l’Europe, en référence au discours historique de Robert Schuman prononcé en 1950 en faveur de la coopération européenne. Ce discours avait débouché sur la signature, le 18 avril 1951, il y a soixante-dix ans, du traité instituant la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, signé par la France, la République Fédérale d’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Ce traité traduisait la volonté des Européens de l’Ouest de tourner la page sanglante des conflits mondiaux et de reconstruire ensemble leur économie. Il prolongeait le plan Marshall et l’Union européenne de paiement qui lui était associée. 

    Le succès de ce marché de l’acier et du charbon incita les États concernés, à signer, le 25 mars 1957, le Traité de Rome créant la Communauté Économique Européenne qui se transforma en Union européenne, le 1er janvier 1993. 

    Six ans plus tard, la monnaie unique remplaça les monnaies de onze États membres devenues depuis dix-sept. Cette coopération européenne unique a atteint les nombreux objectifs qui lui étaient assignés. 

    La paix et la prospérité 

    L’Europe vit depuis les années 1950 la plus longue période de paix de son histoire. Elle a permis au continent d’être la première zone commerciale mondiale se caractérisant par un niveau de vie élevé associé à des systèmes de protection sociale sans comparaison à l’échelle mondiale. 

    Les échecs comme l’abandon du projet de Communauté Européenne de Défense ou le départ du Royaume-Uni, en passant par le rejet par la France et les Pays-Bas du Traité Constitutionnelle de 2005, ne remettent pas en cause le bilan de plusieurs décennies d’avancées.

    L’Europe accusée 

    En pleine crise sanitaire, l’Europe est critiquée voire vouée aux gémonies. Elle est accusée de ne pas avoir réussi à mettre en place une stratégie pour lutter contre la pandémie ou d’être trop lente en matière de vaccination. Ces accusations sont exagérées car la santé reste avant tout de la responsabilité des États membres. Bien souvent, d’ailleurs, ce sont les mêmes qui demandent plus et moins d’Europe au gré des évènements. Si sur la santé, l’Europe a pu sembler être prise en défaut, tel n’est pas le cas sur le plan monétaire. 

    Sans l’euro qui est la deuxième monnaie mondiale, derrière le dollar, le «quoi qu’il en coûte » n’aurait pas été possible ; les États n’auraient pas eu la capacité de s’endetter à faibles coûts.

    L’euro protecteur 

    Avec un déficit public de 10 % du PIB, avec un déficit commercial de 65 milliards d’euros, la France aurait été confrontée à un évident problème de réserve des changes. Elle aurait été contrainte comme au début des années 1980, de demander à des États étrangers de lui prêter des sommes conséquentes pour s’acquitter de ses importations. Sa monnaie se serait fortement dépréciée. Certes, certains estiment qu’une dévaluation améliore la compétitivité d’un pays, mais ce serait oublier qu’il s’agit avant tout d’un appauvrissement, d’une contraction de la valeur d’une économie. 

    Dans le passé, pour être efficaces, les dévaluations s’accompagnaient d’un plan de rigueur et de mesures visant à réduire les sorties de capitaux. La forte progression de l’endettement public en 2020, environ 20 points de PIB, n’a pas affecté l’euro, preuve que l’union fait la force. 

    L’union suppose néanmoins que chacun des États membres ait un comportement responsable, la monnaie unique étant un bien commun. La maîtrise des déficits, de la dette publique voire le rééquilibrage des comptes extérieurs visent à la préserver et garantir sa pérennité. Des politiques économiques divergentes au sein de la zone euro seraient suicidaires pour tous ses membres.

    Soixante-dix ans après la Communauté du Charbon et de l’Acier, l’Europe aurait besoin d’un nouvel élan, d’un nouveau défi. Dans le cadre du plan de relance, elle aurait tout avantage à s’investir avec force dans les technologies de l’information et de la communication, dans l’intelligence artificielle ainsi que sur les techniques de décarbonisation. 

  • Pas la femme expatriée mais « La femme d’expatrié » ?

    Pas la femme expatriée mais « La femme d’expatrié » ?

    Femme d’expatrié au lieu de femme expatriée ! Une nomination bien étrange qui vient pointer une appartenance plutôt qu’une individualité !

    Cette nomination m’était méconnue dans ce qu’elle tente de ne pas révéler à la pensé commune. La femme d’expatrié est souvent, disons-le, le conjoint « suiveur » dans le couple.  Le mari, de par sa fonction, doit mener une mission à l’étranger sur un temps plus ou moins défini et ce, parfois dans l’urgence.  

    La femme au second plan ?

    Il s’agit alors de se décider rapidement, avant tout pour l’intéressé sans qui cela ne serait rendu possible. Puis vient la conjointe qui, si elle en a l’opportunité, devra répondre de sa capacité à se lancer pour suivre celui qu’elle aime. 

    Mes rencontres avec « La femme d’expatrié » m’ont questionnées sur le rapport contenant/ contenu dans le lien ou le manque de lien qu’ils entretiennent.
    La fonction de contenance ou d’enveloppe psychique nécessaire à la survie et le sentiment de sécurité, peut être mis à mal chez ces femmes qui présentent des fragilités et une symptomatologie liées à leur statut, ou manque de statut dirai-je.  

    Différents psychanalystes tels que Bion, Winnicott, D.Anzieu ont montré que l’expérience première provient d’un vécu corporel en relation avec un environnement. Tout comme au contact de la face interne de l’utérus de sa mère, le nouveau-né va devoir être porté et tenu, afin qu’il puisse être contenu et sécurisé. La dimension relationnelle au travers de la parole, du regard, va venir l’aider à lier les sensations corporelles contenantes à la sensation de sécurité psychique. 

    Un environnement à se réapproprier.

    Il y a une corrélation entre le dedans et le dehors, le corps et l’environnement mais surtout l’enveloppe psychique et l’enveloppe corporelle. Ces notions ne sont absolument pas à opposer mais à lier car si chacune d’elles possède ses propriétés, elles interagissent et constituent la cohérence du sujet dans son environnement. Si cette cohérence est menacée, l’enveloppe psychique peut être troublée, et la fonction contenante entaillée. 
    La fonction contenante en chacun de nous plus ou moins développée, peut être fragilisée au cours d’événements et il est alors nécessaire de la restaurer ! 

    Les femmes d’expatriés présentent souvent des similitudes quant à leur rapport à l’environnement. Quelques exemples : 

    Diplômée ou non, elles sont souvent sans emploi dans un pays qui ne pourrait reconnaitre administrativement leurs qualifications ou dans lequel il serait indispensable de parler la langue. 
    Elles sont peu à pouvoir proposer leurs compétences et la dépendance financière au conjoint s’installe. Un trait est à tirer sur l’épanouissement et l’évolution professionnelle, ce qui vient clore un première porte sur l’extérieur et la vie sociale de l’individu. 

    L’expatriation une prison mentale ?

    Le sentiment de solitude lié à l’indisponibilité du mari dans le quotidien, les plongent dans une implication totale et focalisée autour des enfants, souvent nombreux. 
    La scolarité, les activités extra-scolaires, les goûters peuvent être un moyen de pallier certaines carences affectives liées au couple.

    Les enfants grandissants, elles se retrouvent souvent exclues d’une dynamique dans laquelle elles n’ont aucune opportunité d’évolution . 

    La vie sociale leur est limitée. Si elles trouvent du réconfort auprès d’expatriés et d’associations, le tour est vite fait. Ne pouvant tisser de lien ailleurs que dans ce micro-cosmos, elles se rendent vite compte de l’adaptation forcée qu’elles devront accepter car seulement de passage. 
    On fréquente souvent qui on peut et non qui on veut dans ce contexte.

    Une accumulation des expatriations fragilise le mode relationnel. 

    Quant au couple, il est difficile de trouver un équilibre et du temps ensemble. 
    Un fossé peut se creuser de par la vie sociale active du mari et le manque d’espace intime de la femme. S’il y a une fatigue à s’occuper de la vie familiale, celle-ci n’est pas toujours reconnue par les pairs.

    Ces différents points constituent un exemple de la symptomatologie de « La femme d’expatrié ». 
    Concernant la cohérence du sujet, ces femmes me sollicitent car il y a un effondrement narcissique chez elles, souvent après quelques années d’expatriation ou au départ d’un des enfants. 

    Elles ont le sentiment « de ne servir à rien »« que ça n’a pas de sens … ça n’en a jamais eu», et sont prises « d’une angoisse sans explication et de pleurs ». Il y a une difficulté pour elles de questionner leur fonction et identité au sein d’un système qui les a dépassé et dans lequel la question de leur désir s’est bien trop souvent annulée. 

    On peut faire le parallèle de cet état avec une atteinte de leur enveloppe psychique. Cela entraine une perte de repères et une confusion entre leur monde interne et leur monde externe. 
    Elle peuvent verbaliser une perte de leur capacité à penser et à se représenter. Prise physiquement d’une fatigue, d’une lourdeur mentale, de maux de tête, d’une forte émotivité, la dimension corporelle est en jeu et le poids varie… 

    Fragilités psychiques

    L’environnement est menaçant, elles courent et semblent ne plus pouvoir suivre le rythme effréné dans lequel elles se sont plongées. Parfois elles demandent à leur entourage de s’y plonger sans avoir le recul nécessaire pour se rendre compte qu’elles ne peuvent porter à elles seules le poids de chacun. La dimension corporelle est en jeu, et le poids varie… encore.

    Il leur est difficile de s’exprimer verbalement, d’accepter qu’elles peuvent penser autrement et ne pas apprécier ce que la pensée commune envi. Alors sans un mot, elles se vident et se sentent envahies par cet extérieur qui vient ébranler leur système interne. 

    Parfois la limite du dedans/dehors n’est même plus bordée et il y a fusion/confusion. 
    Des états instables et des fragilités psychiques apparaissent. Des états de crises menacent l’identité, le maintient et la sécurité familiale, l’entente du couple… ça déborde!

    Il faut retrouver du sens, une signification à ce qui entoure et qui vient border. 

    Calmer la souffrance psychique et désangoisser pour retrouver un état corporel soutenant et sécurisant. Le corps et l’esprit sont interdépendants et ne doivent pas être opposés. Ils sont en lien et assurent la cohérence du sujet. 

    Quel travail thérapeutique ?

    Le travail thérapeutique aura pour objectif au-delà de calmer les angoisses et de stabiliser un état parfois critique, de permettre au sujet de retrouver une cohérence. Re-sécuriser et border ses enveloppes et y réinjecter du sens. Mettre du lien… tou cela peut être soutenu au cours du travail clinique avec un psychologue. 
    Il y a une réalité de terrain pour ces femmes qui trop souvent, demandent de l’aide tardivement. 

    https://seancedepsy.com/

    karine Miquelis
    Psychologue clinicienne – psychothérapeute
    www.seancedepsy.com

  • Vacciner le monde

    Vacciner le monde

    Une prouesse technologique : En un an, plus de six vaccins sont déjà à l’œuvre, 172 sont en cours de développement. Déjà, les querelles s’animent. Lesquels sont les plus efficaces ? Sont-ils dangereux ?  A-t-on le droit de les rendre obligatoire ? Y aura-t-il un passeport vaccinal ? Quels sont les pays champions de la vaccination ?

    Il est difficile d’évaluer les systèmes de santé ou les réponses publiques en fonction du nombre de victimes. D’une part parce qu’il peut y avoir de nouvelles vagues, qui touchent des pays plus ou moins épargnés jusqu’alors. Ainsi, les pays d’Europe centrale et les Balkans avaient été peu touchés par la première vague. Aujourd’hui, la République tchèque dépasse les 2000 morts pour 100.000 habitants, un record mondial, pire que la Belgique. Slovénie, Hongrie, Monténégro, Bosnie, Macédoine sont parmi les pays les plus touchés du monde par rapport à la population.

    « Une troisième vague pourrait changer le classement des pays les plus meurtris« 

    Une troisième vague, un nouveau variant, pourrait changer le classement des pays les plus meurtris. De même, les politiques de confinement, couvre-feu et autres n’ont pas forcément démontré leur pertinence : L’Argentine, qui a le record pour la durée de confinement, n’a pas vraiment de meilleur résultat que le Brésil par rapport à la population. La France ne fait pas mieux que la Suède. Les Pays-Bas, bien plus libéraux que la Belgique voisine, sont moins touchés. Et la Grèce fait mieux que l’Allemagne, bon élève vue comme un modèle. 

    Il faut avouer avec humilité que l’on ne comprend pas vraiment cette maladie et que la pandémie n’est pas finie. Les médecins commencent à peine à entrevoir des traitements efficaces, n’utilisant désormais l’intubation qu’en extrême nécessité. Déjà les chercheurs essaient de lier d’autres critères que l’âge à la létalité, comme les groupes sanguins, ou de façon plus classique, l’obésité. 40% des victimes auraient été en surpoids, ce qui expliquerait l’hécatombe aux Etats-Unis et au Mexique. La carte de la contamination n’est donc pas la bonne pour juger des systèmes de santé, ni même celle des décés.

    « La carte des vaccinations permet de juger l’efficacité des politiques publiques « 

    Si les chiffres de la contamination, ou du nombre de morts ne permettent pas de tirer de conclusions, ceux du nombre de personnes vaccinées traduit bien la capacité des systèmes de soins.

    En l’absence de traitement fiable et efficace, le vaccin apparait comme la seule possibilité de retrouver une vie normale. Plus vite la population sera vaccinée, plus vite les mesures restrictives (couvre feu, confinement, fermetures des frontières, etc…) seront levées. Et plus vite l’économie pourra repartir. On estime que chaque dollar investi dans la vaccination de permet d’en retrouver quatre. 

    Les pays qui ont une bonne stratégie vaccinale verront leur économie repartir plus vite. Comme la campagne de vaccination est rapide aux Etats-Unis, les observateurs anticipent la reprise : le dollar remonte, le pétrole aussi. 

    C’est moins vrai pour l’Europe. Les Européens auraient tout faux. Ils  se divisent pour se fournir en vaccins. La Russie promet ses vaccins à qui veut, la Chine traite avec une quarantaine de pays. Pourtant, quand on compare les chiffres de vaccination, la réalité est très différente.

    Israël, Emirats, Royaume-Uni 

    Israël caracole en tête de tous les pays. Un remarquable succès : avec plus de 93 doses pour 100 habitants, 55% de la population aurait déjà été vaccinée (il faut deux doses). Le risque de contamination aurait diminué de 95%. Un modèle. 

    Les Emirats Arabes Unis sont sur la même voie avec 62 doses administrées pour 100 habitants, devant le Royaume-Uni, 33, puis les Etats-Unis 25.  Ces deux pays, dont la gestion a été sévèrement critiquée, et qui connaissent de nombreuses victimes, ont donc réagi fortement pour les campagnes de vaccination. 

    Le Chili, en Amérique latine, se distingue avec 22 doses pour 100 habitants, tout comme le Maroc, qui, avec 10 doses, premier en Afrique, vaccine mieux que l’Union européenne, dont la moyenne n’est qu’à 8. 

    Dans l’UE, le Danemark et la Pologne sont en tête, avec plus de 10 doses pour 100 habitants, l’Espagne à 9.5, l’Italie et l’Allemagne à 8.5. La France à 7.6, essaie de rattraper son retard initial.

    Russie, Chine et Inde à la traîne 

    La moyenne mondiale est à 3.6 doses pour 100 habitants. La Chine est à 3.65 ; la Russie à 4.1,l’Inde n’est qu’à 1.3. 

    C’est pourquoi il est curieux d’entendre Russes et Chinois promettre leurs vaccins au monde entier, alors qu’ils semblent en manquer. Serait-ce qu’ils les réservent à l’exportation plutôt qu’à leur population? 

    Sans doute le danger n’est-il pas perçu de la même façon en Chine et en Russie, soit parce que l’on considère la pandémie comme maitrisée, soit parce que l’on n’y accorde peu d’importance. En tout cas, il est difficile de faire croire que les campagnes de vaccination sont mieux organisées en Russie et en Chine qu’en Europe. 

    Les épidémiologistes estiment qu’il faut que 30% de la population soit vaccinée pour qu’on en ressente les effets sur les courbes de contamination. L’immunité « collective » ne serait atteinte qu’avec 90%. A condition que les mutations du virus ne déjouent pas la stratégie vaccinale, puisque sur cette maladie, les inconnues sont plus nombreuses que les certitudes.

    La dernière étape, le passeport santé

    L’efficacité est évaluée selon les vaccins entre 90% et 94.5%, plus que la grippe (de 20 à 60%), moins que la rougeole : 97%. Mais on ne sait pas encore combien de temps les vaccinés sont protégés, ni s’ils empêchent toute contamination.

    Après la lutte pour les masques, la course au vaccin, les campagnes de vaccination, l’étape suivante sera celle du passeport-santé. A vrai dire, il sera difficile de l’éviter. Dans 50% des pays démocratiques les libertés fondamentales ont été gravement suspendues, de façon disproportionnée selon l’IDEA, l’Institut pour la Démocratie de Stokholm. Il y a donc peu de chance qu’une Cour suprême interdise à un gouvernement d’exiger une vaccination pour le personnel médical (ce qui est déjà le cas pour l’hépatite B), voire pour tous les citoyens (comme c’est le cas pour le DTpolio). 

    Les gouvernements attendent simplement que chacun ait la possibilité de se faire vacciner. S’il apparait que les vaccins sont efficaces face aux variants, le passeport vaccinal sera adopté avant l’été. 

    Est-ce que c’en sera fini de la coronacrise ? Sans doute pas. A la pandémie s’est ajoutée une crise économique et une catastrophe sanitaire dont on mesure mal les effets : Troubles psychologiques graves et dépressions font des ravages, pas seulement chez les personnes âgées ou les jeunes. La hausse des violences conjugales est impressionnante, le « baby crash » (chute brutale de la natalité) stupéfiant.    

    Contre cette catastrophe sanitaire et sociale, il n’y a pas de vaccin. Il y a la capacité, pour les pays comme pour les personnes, à affronter les crises. A chaque chute son rebond. Plus encore : sans rebond la chute continue. Ce ne sont pas les plus forts qui rebondissent le mieux, mais les plus agiles, les plus souples, les plus rapides. 

  • 64% des expatriés contre les restrictions aux frontières

    64% des expatriés contre les restrictions aux frontières

    Cette semaine, lesfrancais.press publie le résultat de sa consultation sur les restrictions aux frontières. Vous avez été plus de 3250 à répondre à nos 3 questions entre le 28 février et le 06 mars 2021 sur notre site internet ou via les newsletters.

    Des restrictions non comprises

    Ces mesures ont été soumises à votre notation. Globalement, les Français de l’étranger n’ont pas accepté la décision du gouvernement. Les participants ont donné la note de 2,2 aux mesures gouvernementales liées aux frontières.

    64% des consultés ont donc donné une note inférieur à 3/5, à l’opposé 15% sont totalement solidaires. En donnant une note de 5/5, ces expatriés ont voulu souligner leur pleine adhésion au verrouillage des frontières.

    Des voyages annulés ou décalés

    Pour plus de 70% des consultés, la pandémie et sa cohorte de restrictions ont entrainé l’annulation d’un séjour en France. C’est donc une très grande majorité d’entre vous qui voit leurs plans modifiés par la Covid-19

    Mais la confiance est là

    Cependant, les Français de l’étranger restent confiant. Pour plus de 80% des consultés, la France leur sera accessible dès cette année. Espérons qu’ils ont raison….

  • Irak : le pape au chevet des églises chrétiennes

    Irak : le pape au chevet des églises chrétiennes

    Le pape entame son 3ème et dernier jour de visite en Irak, dans le Nord où l’organisation Etat islamique avait décrété son califat en 2014, là aussi, où vivent la quasi totalité des chrétiens du pays.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Quand les gestes barrières font le buzz sur Youtube

    Quand les gestes barrières font le buzz sur Youtube

    Pari réussi pour le duo McFly et Carlito ! Le 19 février dernier, les youtubeurs avait annoncé sur la célèbre plateforme de vidéos qu’Emmanuel Macron leur a lancé un défi complètement fou : réaliser une vidéo dans laquelle ils rappellent les gestes barrières. Si cette vidéo arrivait à atteindre les 10 millions de vues, le chef de l’Etat s’engageait à les faire tourner à l’Elysée. Une proposition qui a évidemment emballé le fils de Guy Carlier et son acolyte, qui ont même poussé le bouchon un peu plus loin : faire un concours d’anecdotes avec Emmanuel Macron.

    Après avoir proposé l’idée à Joé Naturel, responsable du service de communication numérique du palais de l’Elysée, McFly et Carlito ont obtenu l’accord du président de la République. Le dimanche 21 février a donc été publié le clip “Je me souviens”, dans lequel ils chantent l’importance du respect des gestes barrières. Trois jours seulement après la diffusion de ce clip, la vidéo avait dépassé les 11 millions de vues et à l’heure où nous écrivons ces lignes elle frôle les 14 millions. 

    Une jolie victoire pour les stars de YouTube, qui vont donc pouvoir organiser leur concours d’anecdotes avec Emmanuel Macron.

    “Bravo, défi relevé. Je tiendrai mon engagement. Rendez-vous à l’Elysée”,

    Emmanuel Macron
  • Droits des passagers aériens pendant la pandémie : une enquête lancée en Europe

    Droits des passagers aériens pendant la pandémie : une enquête lancée en Europe

    La Cour des comptes européenne (CCE), qui contrôle les dépenses et la gestion de l’Union européenne, a annoncé mercredi (3 mars) qu’elle lançait un audit pour évaluer si la Commission européenne a pris des mesures suffisantes pour garantir le respect des droits des passagers aériens pendant la pandémie COVID-19.

    La Cour des comptes européenne évaluera également si l’aide d’urgence accordée au secteur des transports par les gouvernements nationaux a pris en compte les passagers de manière appropriée, et si le cadre juridique actuel est adapté pour préserver les droits des passagers aériens en temps de crise.

    La compagnie irlandaise à bas prix Ryanair estime à plus de 30 milliards d’euros le total des aides d’État aux compagnies aériennes approuvées par Bruxelles depuis le début de la pandémie.

    « En période de COVID-19, l’UE et les États membres ont dû trouver un équilibre entre la préservation des droits des passagers aériens et le soutien aux compagnies aériennes en difficulté »….« Notre audit permettra de vérifier que les droits de millions de voyageurs aériens dans l’UE n’ont pas été des dommages collatéraux dans la lutte pour sauver les compagnies aériennes en difficulté ».

    Annemie Turtelboom, membre de la Cour des comptes européenne, qui dirige l’audit.

    Le rapport des commissaires aux comptes de l’UE devrait être publié cet été. Son objectif est notamment de contribuer à « rétablir la confiance dans l’aviation », selon une déclaration de la Cour des comptes européenne.

    Remboursement des bons

    La Cour des comptes européenne examinera plus particulièrement la décision des gouvernements nationaux d’accorder aux compagnies aériennes une certaine souplesse quant à l’offre de bons d’échange plutôt que de remboursements aux passagers. Plusieurs gouvernements nationaux ont renoncé à exiger un remboursement intégral à la suite de plaintes du secteur concernant les conséquences financières d’une telle mesure.

    La Commission européenne a publié, à l’époque, des lignes directrices et des recommandations, indiquant que l’offre de bons n’affecte pas le droit des passagers à un remboursement en espèces, mais la Cour des comptes européenne affirme que les compagnies aériennes ont souvent fait pression sur les passagers pour qu’ils acceptent des bons au lieu d’espèces.

    « Dans d’autres cas, les compagnies aériennes n’ont pas remboursé les passagers à temps ou pas du tout »

    la Cour des comptes européenne

    Le règlement de la Commission européenne sur les droits des passagers aériens, adopté en 2004, donne aux voyageurs aériens le droit à un remboursement en espèces et à un réacheminement si leur vol est annulé, s’il subit un retard important ou si l’embarquement leur est refusé.

    Les passagers bloqués dans les aéroports en raison de vols annulés ont droit à une indemnisation, telle que des repas et un hébergement gratuits, en vertu du règlement.

    Les tentatives de mise à jour du règlement sont au point mort, le Conseil européen n’ayant pas pu se mettre d’accord sur une position commune.

    Sauvetage

    Les compagnies aériennes ont été prises de court par l’éruption du COVID-19 en Europe fin février 2020. Environ 70 % des vols ont été annulés en raison de mesures sanitaires gouvernementales strictes qui décourageaient les voyages afin d’endiguer la propagation de la pandémie.

    Le chaos des voyages a été aggravé par les mesures d’urgence souvent non coordonnées des pays de l’UE, telles que les interdictions de vol, les fermetures de frontières de dernière minute et les exigences de quarantaine.

    Les compagnies aériennes ont vu leurs recettes chuter, ce qui a conduit nombre d’entre elles à demander l’aide des gouvernements pour consolider leur bilan.

    Le montant total des aides d’État accordées par les gouvernements européens aux compagnies aériennes depuis le début de la pandémie est estimé à plus de 30 milliards d’euros, dont 11 milliards à la Lufthansa, 10,6 milliards à Air France-KLM, 3,5 milliards à Alitalia et 1,3 milliard à SAS.

    La compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair a lancé un recours en justice contre la Commission européenne pour des raisons de concurrence, arguant que le fait d’autoriser les États membres à soutenir financièrement les compagnies aériennes en difficulté constituait un favoritisme à l’égard des transporteurs historiques.

    La Cour générale de l’UE a rejeté la plainte, estimant que l’aide d’État « ne constitue pas une discrimination ».

    En plus de renflouer les compagnies aériennes, 12 pays de l’UE ont notifié à l’exécutif européen des mesures d’aides d’État visant à soutenir leurs voyagistes et agences de voyage à hauteur de quelque 2,6 milliards d’euros.

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