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  • France : la mort d’Adama Traoré continue de résonner – Vidéo TV5 Monde

    France : la mort d’Adama Traoré continue de résonner – Vidéo TV5 Monde

    Un rassemblement, pourtant interdit, a eu lieu mardi à Paris, à l’appel du « Comité Vérité et Justice pour Adama ». Adama Traoré est mort il y a 4 ans, asphyxié après son interpellation par la police, dans des circonstances qui rappellent celles de la mort de George Floyd.

     

  • Jean-Jacques Dandrieux, un français dans le Top 100 de la finance

    Jean-Jacques Dandrieux, un français dans le Top 100 de la finance

    Jadis les Corses partaient pour gagner leur vie. Jean-Jacques Dandrieux a choisi New York et la finance pour donner du rythme à la sienne.

    Please allow me to introduce myself, I’m a man of wealth and taste… Les petits « ouh ouh » qui affolent les sens et la voix sublime de Mick Jagger ont électrisé les milliers de fans qui, comme Jean-Jacques Dandrieux ont « vécu » le concert des Rolling Stones ce 5 mai 2013 à l’Oracle Arena à Oakland (il a commencé comme tous les autres par Sympathy for the devil). « Tom Waits en guest ! » se souviendra Jean-Jacques. Il dîne au Waterfront Restaurant, 7 the Embarcadero, adresse de San Francisco réputée pour ses fruits de mer, « son crab », avec les Kepplan, Peter et Anne, des amis norvégiens, et Reisa Jiang, une amie chinoise de la fac. A table il est évidemment question de la guitare rythmique de Keith Richards, du jeu de jambe et de hanches de Jagger. Entre riffs et rythmes on boit du Chardonnet de Sonoma, « le meilleur des US », on parle de tout et de rien, ou plutôt de rien et de tout, il faut bien refaire le monde ! mais parler de tout ne sert pas forcément à rien : le principe de créer « une boîte » jaillit dans la nuit. « J’ai une idée qui pourrait être intéressante » reprendra Jean-Jacques le lendemain. Comme quoi un bon principe n’est jamais perdu.

    Une idée dans les pas de PayPal

    Alors ? Son idée n’est pas «originale » consent-il, mais « vaut le coup ». En 1999, Peter Thiel, cocréateur de Paypal avec Mellon Musk, a fondé à Palo Alto, dans la Silicon Valley, Palantir, une entreprise de services et d’édition logicielles spécialisée dans l’analyse et la science des données, communément appelée « Big data » ou « mégadonnées » qui agrège les données du gouvernement et les rend utilisables, autrement dit les sécurise. Ces données concernent donc tous les services régaliens : défense, police, contrôle des frontières, etc. L’opération est financée par In-Q-Tel (IQT), à l’origine appelé Peleus, fonds de capital-financement à but non lucratif créé et géré par la CentraI Intelligence Agency (CIA).

    Jean-Jacques Dandrieux veut tout simplement copier IQT pour se tourner vers des pays qui ne souhaitent pas que les Américains aient la main mise sur leurs données. (L’art naît de l’art, n’est-ce pas ?). Les réunions de travail se déroulent au siège de DLA Piper, le plus grand cabinet d’avocats international au monde, à Palo Alto. « DLA finira par investir dans notre boîte » précise Jean-Jacques Dandrieux. Écrire la mission, définir qui fera quoi dans la boîte. Peter dit : « On trouve des sous pour financer l’expansion financière du bizness, on trouve un angle commercial vers des clients dans des pays satellites, on commence par l’Amérique-du-Sud, on ira ensuite dans le Golfe ». Ainsi tout va aller très vite, c’est aussi la clé de la réussite de ce type d’opération. « Conf Calls avec les facs pour racheter les labos», tractations avec des Fonds de la Silicon Valley et des Fonds privés pour une levée finale de 15 millions de dollars (qui connaîtront une valorisation de 40 millions). Il faudra « faire un saut en Colombie » pour le rachat d’une boîte à Bogota, Dersis. Retour dans les bureaux de DLA pour légaliser la fusion avec Senseta, laboratoire de recherche adossée à Carnegie Mellon University et financé par DARPA (bras de financement de la recherche militaire) et NASA AIMS (département drones et robotique de la NASA basé à San José dans la Silicon Valley). Précisons ici que Raj Rheady (indien, précurseur du natural language processing) et Rallid Khalid Al Ali, qatari, prof à Berkeley, un ami de Peter, sont les patrons du labo. Fourdice ventures est opérationnel en 2014.

    Un ancrage en Colombie

    Trois bureaux sont ouverts en Colombie : à Bogota, à Medellin et à Carthagène. Avec une mise de fonds de 300 000 dollars « pour un rapport de 10 millions de dollars en un an ». L’entreprise compte notamment la marine colombienne parmi ses clients. Après la Colombie et quelques tentatives en Équateur ou au Brésil, Fourdice ventures prospecte au Qatar, à Dubaï et en Arabie saoudite. « J’étais le patron de la stratégie, je suis toujours membre du conseil d’administration. » En 2019, la boîte a mué en société conseil, Fourdice ventures devenant Fourdice consulting. « Son objet est l’investissement dans des sociétés à fort potentiel de croissance. Nous cherchons des startups dans des secteurs similaires à la DEP technology. »

    Des côtes de la Méditerranée à Oakland !

    Revenons en 2006. Après une prépa scientifique à Sophia Antipolis, sa première étape a été de s’inscrire à la BI Norwegian Business School à Oslo où il va décrocher un baccalauréat ès arts. Ses diplômes en poche, Jean-Jacques Dandrieux travaille dans un fond de « private equity » en Norvège. Le private equity désigne l’opération par laquelle un investisseur achète des titres d’une société qui recherche des fonds propres. Ce type d’investissements est réalisé au profit de sociétés non cotées. Rien à voir avec le trading de matières premières auquel il s’initie, à New York. Il découvre alors les « cow-boys de Wall Street », ces traders à l’ancienne, dont le profil se situe à l’antipode des polytechniciens de la BNP, des « boys » du New Jersey, incapables de situer la France sur une carte. « Leur façon de bosser est très proche de celle qui prévaut dans les films qui mettent en scène Wall Street, et qui nous semble pourtant relever de la caricature. J’ai vécu là une expérience inattendue, désopilante pour un jeune de 24 ans ».

    Jean-Jacques Dandrieux
    Jean-Jacques Dandrieux

    Jean-Jacques Dandrieux s’étonnera davantage encore de constater que si en France la majorité de ces jobs est confiée à des ingénieurs de gros calibre, aux US ceux qui vont les décrocher ont à peine le bac… Lui s’était installé aux États Unis pour assister à la Stern School of Business de l’université de New-York en collaboration avec l’université des sciences et technologies de Hong Kong ainsi qu’à un séminaire d’été en sciences politiques à l’université d’Harvard.

    Sa carrière dans la finance a officiellement commencé sitôt obtenu son diplôme de la NYU avec une maîtrise en finance mondiale dans l’une des plus grandes banques d’investissement en Europe. Il s’emploie ainsi à développer le financement structuré, chez Calyon, la banque d’affaire du Crédit Agricole. Le financement structuré désigne l’ensemble des activités et produits mis en place pour apporter des financements aux acteurs économiques tout en réduisant le risque grâce à l’utilisation de structures complexes. On y inclut la subordination des créances pour créer une dette senior (la dette senior est une dette privilégiée. Elle bénéficie de garanties spécifiques permettant son remboursement prioritaire par rapport aux autres dettes – appelées dettes « subordonnées»- ; plus sûre, la dette senior est aussi moins rémunératrice que la dette subordonnée), mezzanine  (la dette la plus risquée, dont le remboursement est subordonné à celui de la dette dite senior. Elle est par conséquent davantage rémunérée) et equity (on recourt à une dette mezzanine, pour limiter les capitaux investis tout en maximisant le taux de rentabilité. Il convient de préalablement préciser qu’il s’agit d’une dette conditionnée au remboursement de la dette senior – c’est une dette subordonnée. En d’autres termes, les banques sont prioritaires par rapport aux mezzaneurs), et mieux relier le risque effectif de la créance à sa rémunération.

     

    La titrisation participe également des financements structurés, en permettant de transformer un actif non liquide en un titre liquide et donc en apportant des financements nouveaux à l’entreprise. Voilà ce que l’on peut en dire.

     

    Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable : le langage de la finance est inaudible pour le commun des mortels. Il a 26 ans. Trouve l’ambiance plutôt bon enfant. « Rien de comparable avec mon expérience précédente mais très française. Un Français ne parlant pas anglais, ne connaissant rien au marché local, sera toujours meilleur qu’un local ayant officié des années dans le domaine. » Lui deviendra très proche de son patron, Mischa Zabotin, un « américain de New York qui possède une maison en Balagne depuis longtemps », notamment coauteur avec Peter Schulman de Le dernier livre du siècle chez Romillat.

     

    Aujourd’hui, Jean-Jacques Dandrieux, 34 ans,  est directeur exécutif de Kontur, une société de logiciels de données spécialisée dans la prévision et la gestion des catastrophes naturelles. « Nous sommes essentiellement une plateforme de décision et de surveillance basée sur les événements. A l’aide de modèles de calcul basés sur les connaissances, la plateforme traduit des informations complexes dans un environnement d’analyse unifié, qui offre des outils de modélisation et d’analyse prédictive qui peuvent manipuler et aider à interpréter visuellement les données générant des informations exploitables pour le client. »

     

    JJD est aussi partenaire de capital-risque chez Differential Ventures, un Fonds de capital-risque en phase de démarrage axé sur les SAAS. Le Fonds investit dans des entreprises qui disposent d’un avantage unique en matière de données ou d’Intelligence Artificielle. Un temps, il a envisagé de devenir ingénieur aérospatial et… d’obtenir un diplôme de pilote professionnel. Sans doute parce qu’il est le fils de son père, Philippe Dandrieux, grande figure d’Air Corsica.

     

    A ce jour JJD a bâti des sociétés à New York, dans la Silicon Valley, en Amérique latine, en Asie de l’Est, au Moyen-Orient et en Europe. Il vient d’entrer dans le Top 100 Magazine (Top 100 People in Finance) by Redwood Media Group Inc.

     

    Ce 5 mai 2013, à l’Oracle Arena, à Oakland, il faisait bon danser sur les accents très disco de Miss You. Pourtant la Corse, la Méditerranée, ses parents, ses amis lui manquent, lui ont toujours manqué. Ce 5 mai 2013, à l’Oracle Arena, à Oakland, il faisait bon danser sur les accents très disco de Miss You.

     

     

  • Les Britanniques entrent dans la guerre froide

    Les Britanniques entrent dans la guerre froide

    Boris a frappé fort.

    En proposant aux 3.5 millions de Hongkongais (sur 7.5M d’habitants) détenteurs d’un passeport de British National Overseas (document attribué à ceux qui vivaient à Hong Kong avant la rétrocession de 1997) de les reconnaitre comme citoyens britanniques, le Premier ministre britannique a apporté une réponse musclée aux autorités chinoises et une protection réelle aux Hongkongais.

    Le Royaume-Uni rétrocéda Hong Kong à la Chine en 1997, l’accord prévoyait que pendant 50 ans, Hong Kong bénéficierait d’un régime particulier, selon le principe : « un pays, deux système ». Ce régime garantit la liberté d’expression, l’indépendance de la justice, un gouvernement autonome, un système démocratique, la garantie des droits de propriété, etc…

    Tensions chinoises

    Après les tensions d’il y a quelques mois, dues aux velléités de Pékin de mieux contrôler Hong Kong, le gouvernement chinois a fait passer une loi dite de « sécurité nationale »  qui l’autorise à intervenir militairement dans l’île. Ce faisant, La Chine rompt, selon les Britanniques, l’accord de rétrocession.

    « Il est temps pour la Chine de réfléchir, de s’éloigner du précipice et de respecter l’autonomie de Hong Kong, et ses obligations internationales », a déclaré Dominic Raab, Ministre des Affaires étrangères et n°2 du Gouvernement britannique. Auquel le ministère des Affaires étrangères chinois a aussitôt répliqué : « Nous conseillons à la partie britannique de cesser toute ingérence dans les affaires hongkongaises et les affaires intérieures de la Chine (…) d’abandonner sa mentalité de guerre froide, son état d’esprit colonial (…) Sinon elle ne fera rien d’autre que se tirer une balle dans le pied ».

    Sauf que c’est apparemment la Chine qui se tire une balle dans le pied. D’une part, parce que toute menace sur Hong Kong affaiblit cette place financière qui est essentielle pour l’économie chinoise. Surtout en ce moment.  Le centre financier de Hong Kong est le meilleur allié du Parti communiste chinois. Mais aussi le meilleur défenseur des libertés… D’autre part, parce que les Britanniques sont soutenus par les Etats-Unis, voire sont les soutiens des Etats-Unis dans ce défi. On peut même ajouter, si l’on en croit les dernières déclarations d’Angela Merkel, que Hong Kong peut être le point de ralliement des démocratises occidentales face à ce qui peut être décrit comme la première offensive antidémocratique d’un régime qui ne cache pas ses ambitions internationales.

    Commercialement, la Chine reste aussi dépendante de ses clients que ses clients dépendent d’elle. Les menaces de Donald Trump sur les échanges entre la Chine et les Etats-Unis remettent en cause les accords passés il ya peu, avant la coronacrise, qui a considérablement envenimé les relations entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi d’autres pays, comme la France. Le ralentissement de l’économie mondiale frappe aussi la Chine. Cette année, la croissance chinoise sera la plus faible jamais observée depuis 20 ans.

    Les rivalités technologiques sont devenus stratégiques. Ainsi les Etats-Unis ont fait pression sur les Européens et le  Royaume-Uni pour les dissuader d’accepter que l’opérateur Huaweï participe à la mise en place des réseaux de communication de 5ème Génération. Les Etats-Unis considèrent que Huaweï, lié au gouvernement et à l’armée chinoises, est un danger pour les intérêts de la sécurité nationale. Les Américains, sont allés jusqu’à menacer les Britanniques de retirer leurs forces armées du Royaume-Uni si les Britanniques acceptaient Huaweï comme opérateur Les Américains ont expliqué qu’ils ne pourraient maintenir leurs F35, entre autres, sur le sol britannique.

    Londres recherche désormais une autre solution technologique que celle proposée par Huaweï, en mettant sur pied sur pied une coalition de pays, avec la Corée, l’Australie, le Japon, les Etats-Unis, le Canada.

    La prise de position britannique sur Hong Kong est donc une prise de distance globale. En choisissant d’affronter la Chine aux cotés des Etats-Unis, Le Royaume-Uni confirme l’alliance américaine et la « relation spéciale » entre Londres et Washington.

    Il met aussi en demeure les Européens de prendre position. Car Boris Johnson négocie aussi avec l’UE le fameux accord de sortie du Brexit. Une façon de faire comprendre, ou de faire croire, que le Royaume-Uni a déjà en poche un accord commercial avec les Etats-Unis. Une alliance stratégique est aussi commerciale, espère Londres.

     

     

     

  • Tribune de 26 élus français et allemands : Trois leviers de la BCE pour sauver l’économie et le climat

    Tribune de 26 élus français et allemands : Trois leviers de la BCE pour sauver l’économie et le climat

    Selon des eurodéputés et des parlementaires français et allemands, la BCE devrait s’engager davantage pour le climat. Elle qui dispose des leviers pour le faire doit inciter les institutions financières à intégrer le risque climatique dans leurs choix d’investissement.

    Initiée par le député français socialiste Dominique Potier et l’eurodéputé vert Sven Giegold, cette tribune réclamant une intervention accrue de la Banque centrale européenne à propos du défi écologique a été co-signée par 26 élus français et allemands (voir en bas de page).

    En vue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne le 4 juin, nous demandons à la BCE d’intégrer au plus vite la lutte contre les dérèglements climatiques dans sa stratégie et ses opérations. Le défi écologique concerne toutes nos institutions publiques nationales et européennes, y compris les banques centrales, et un engagement fort est indispensable si nous voulons tenir nos objectifs climatiques.

    Les crises environnementales et économiques sont imbriquées et s’alimentent. Il faut le rappeler aujourd’hui au vue des mesures exceptionnelles prises par la BCE ces derniers mois : déjà 1100 milliards de rachats d’actifs et plus de 3000 milliards de liquidités bancaires prévus pour les années 2020-2021, sans la moindre tentative d’utiliser ces mesures pour promouvoir les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

    Empêcher les futures crises

    Confrontés à une crise sanitaire d’ampleur inédite, l’UE, les Etats-membres et les banques centrales se sont naturellement focalisés sur des mesures d’urgence. Mais pour se protéger durablement, la meilleure réponse est d’accélérer nos efforts pour atténuer le changement climatique et arrêter la dégradation environnementale. Ceci présuppose de poursuivre l’adaptation de notre modèle économique. Les grandes lignes en sont bien connues, l’UE s’est dotée d’objectifs clairs et possède désormais une feuille de route sous la forme du Green Deal.

    En inscrivant la « soutenabilité environnementale » à l’agenda de la révision de sa stratégie monétaire annoncée au début de l’année, la BCE a donc envoyé un signal très positif. Cependant, la crise actuelle pourrait retarder – ou même remettre en cause – cette ambition, alors qu’elle devrait nous inciter à aller plus vite et plus loin. Le fait que les décisions prises n’intègrent pas les enjeux climatiques n’est pas rassurant et semble contredire le souhait des décideurs européens d’aller vers une sortie de crise “verte”.

    La BCE est indépendante, il lui appartient de définir sa propre stratégie. Mais nous pensons qu’il est urgent d’agir. Rappelons que les traités européens disposent que – sans préjudice pour la stabilité des prix – la BCE « soutient les objectifs généraux de l’Union », qu’elle contribue à l’émergence d’une croissance durable. Par ailleurs, comme toute institution de l’Union européenne, la BCE est tenue au respect de l’Accord de Paris. Au-delà des conséquences pour la stabilité financière, qui en font un sujet de préoccupation incontournable pour toute banque centrale, la lutte contre la crise écologique fait donc partie des objectifs clefs de l’Union et doit être soutenue en priorité.

    Éviter un statu quo dangereux

    Pour le moment, nous observons plutôt des contradictions entre les objectifs climatiques de l’Union européenne et l’action de la BCE. Là où la première propose des politiques volontaristes pour décarboner l’économie européenne, la seconde se contente de la reproduire son état actuel, même dans ses aspects les plus polluants, au motif que ses actions monétaires doivent rester « neutres » par rapport aux choix d’investissement des acteurs de marché. Pourtant, ne pas tenir compte de l’impact climatique ou environnemental de nos actions est tout sauf neutre ! Cette vision tronquée pousse la BCE à aggraver encore la crise climatique, par exemple en achetant les obligations d’entreprises des secteurs les plus émetteurs d’émissions de gaz à effet de serre, ou en refinançant les banques de façon indiscriminée, sans tenir compte de leurs politiques d’investissement.

    Force est de constater que les banques et les institutions financières peinent à intégrer le risque climatique dans leurs choix d’investissement et leurs stratégies. D’un côté elles n’investissent pas assez dans la transition écologique, de l’autre elles continuent de financer les secteurs les plus carbonés et le développement des énergies fossiles. Les investisseurs de long terme sont trop peu nombreux et les régulations financières pas assez incitatives pour aligner les flux financiers sur les objectifs de l’Accord de Paris et une trajectoire de réchauffement de 1.5°C.

    La BCE dispose des leviers d’action 

    La BCE doit agir et possède des outils pour le faire tout en restant fidèle à son mandat. Elle pourrait par exemple exclure les actifs financiers liés aux secteurs les plus polluants de ses opérations de refinancement, c’est-à-dire refuser de fournir de l’argent comptant aux banques qui voudraient déposer ces actifs comme garanties.

    La BCE pourrait également exclure les actifs écologiquement toxiques de ses programmes d’achats d’actifs. Au contraire, ses programmes devraient financer en priorité les secteurs et activités en lien avec les objectifs climatiques de l’UE.

    Enfin, la BCE et les régulateurs nationaux pourraient intégrer le climat dans les règles prudentielles qu’ils imposent aux banques commerciales. Les banques les plus exposées aux investissements carbonés seraient par exemple obligées de détenir un coussin supplémentaire de fonds propres.

    Toutes ces mesures visent à limiter le financement des activités polluantes, et particulièrement à réduire les financements accordés aux énergies fossiles et à stopper le soutien à leur développement. En les mettant en œuvre, la BCE contribuerait à la sortie des énergies fossiles nécessaire pour atteindre les objectifs de réduction de 55% des émissions en 2030 et de neutralité carbone 2050.

    Nous appelons les membres du Conseil des gouverneurs à prendre position dès la réunion du 4 juin pour l’intégration du climat aux actions de la BCE.

    Signataires

    Dominique Potier (Groupe Socialistes) Sven Giegold (Greens/European Free Alliance) ; Eric Alauzet (La République en Marche), Delphine Bagarry (Écologie démocratie solidarité), Marie-Noëlle Battistel (Groupe Socialistes), Boris Vallaud (Groupe Socialistes), Christophe Bouillon (Groupe Socialistes) Fabrice Brun (Les Républicains), Annie  Chapelier (Écologie démocratie solidarité), Yves  Daniel (La République en Marche), Jennifer de Temmerman (Écologie démocratie solidarité), Frédérique Dumas (Liberté & Territoires), Albane Gaillot (Écologie démocratie solidarité), Guillaume Garot (Groupe Socialistes), Claude Gruffat (Greens/European Free Alliance), Danièle Hérin (La République en Marche), Régis Juanico (Groupe Socialistes), Hubert Julien Laferriere (La République en Marche), Aurore Lalucq (Socialistes et démocrates), (SiFrançois-Michel Lambert (Liberté Écologie Fraternité), Klaus Mindrup (SPD), Paul Molac (Liberté & Territoires), Matthieu Orphelin (Écologie démocratie solidarité), Bertrand Pancher (Liberté & Territoires), Richard Ramos (Mouvement démocrate), Claudia Rouaux (Groupe Socialistes), Marie Toussaint (Greens/European Free Alliance), Frédérique Tuffnell (Écologie démocratie solidarité), Stéphane Viry (Les Républicains).

  • Frontières dans le monde ! Où en est-t-on ?

    Frontières dans le monde ! Où en est-t-on ?

    Où les Français de l’Etranger pourront-ils voyager en Europe et en Méditerranée cet été ?

    l’Union européenne promet  une décision commune dévoilée avant le 15 juin prochain. Cependant l’ambiance est lourde, ainsi des pays prennent la décision de restreindre les accès à leur territoire ou d’imposer des mesures de quatorzaine, la France en fera de même pour leurs ressortissants, a déjà prévenu le Premier ministre, Edouard Philippe.

    Plusieurs pays ont d’ores et déjà annoncé la réouverture de leurs frontières dans les semaines à venir.

    Espagne

    Durement touchée par le coronavirus et sortant progressivement du confinement, l’Espagne a annoncé qu’elle rouvrira ses frontières aux touristes cet été. Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, a ainsi affirmé à ce sujet :

    « Je vous annonce qu’à partir du mois de juillet, l’entrée de touristes étrangers en Espagne reprendra en toute sécurité. Les touristes étrangers peuvent donc planifier dès maintenant leurs vacances dans notre pays. Nous garantirons que les touristes ne courent aucun risque et qu’ils n’apportent pas non plus de risques à notre pays ».

    Bonne nouvelle puisque l’Espagne est depuis plusieurs années la destination préférée des Français pour les vacances. Selon le quotidien EL PAÍS, des négociations seraient en cours pour établir des couloirs sûrs entre pays. La péninsule ibérique pousse d’ailleurs à une reprise coordonnée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le « D-Day » du tourisme.

    Italie

    Pour relancer le tourisme, le gouvernement italien va rouvrir ses frontières aux citoyens européens dès le 3 juin prochain. Il annule également la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers dans la péninsule, d’après des sources officielles. Ces mesures s’appliquent « dans le respect des liens dérivant de l’ordre juridique de l’Union européenne », précise le communiqué.

    Allemagne et Autriche

    L’Autriche et l’Allemagne prévoient déjà de rétablir à partir du 15 juin la libre circulation à leur frontière commune. Cet assouplissement permettra notamment les voyages d’affaire et les visites familiales.

    Royaume Uni

    Le Royaume-Uni a annoncé ce week-end la mise en place d’une quatorzaine obligatoire pour les voyageurs arrivant de l’étranger à partir du 8 juin. Cette mesure, qui sera réexaminée  » toutes les trois semaines » , doit accompagner le déconfinement progressif du Royaume-uni. Les voyageurs en quarantaine, à leur domicile ou à l’hôtel, feront l’objet de contrôles aléatoires et les contrevenants s’exposeront à une amende de 1 000 livres selon la presse britannique.

    Danemark

    Fermés depuis le 13 mars, les frontières du Danemark vont rouvrir le 15 juin aux ressortissants allemands, norvégiens et islandais, repoussant à la fin de l’été l’entrée sur son territoire des ressortissants des autres pays de l’UE et du Royaume-Uni.

    République Tchèque

    Réouverture des frontières pour les voyageurs testés négatifs au coronavirus. Le pays avaient décidé de fermer ses frontières tant aux étrangers voulant entrer dans le pays qu’aux Tchèques voulant partir à l’étranger depuis le lundi 16 mars.

    Suisse

    Le 18 mars, la Confédération a opté pour une restrition du trafic aérien provenant des pays frontaliers : Italie, Allemagne, France et Autriche, et a suspendu les visas aux ressortissants d’Etats tiers. Depuis le 25 mars, les restrictions ont été étendues à tous les Etats Schengen. Les frontières suisses, terrestres et aériennes, sont depuis fermées, sauf pour les ressortissants suisses et liechtensteinois, les résidents, les travailleurs et les personnes en situation de nécessité absolue.  Aucune quarantaine n’est imposée aux personnes entrant sur le territoire.

    Grèce

    En Grèce, le tourisme reprendra dès le 15 juin avec des vols autorisés en provenance de plusieurs pays de l’UE dont la France. Les voyageurs décollant de l’Union européenne ne seront pas soumis à des mesures strictes de quarantaine, à l’exception des passagers en provenance des régions les plus touchées par le coronavirus : l’Ile-de-France, quatre régions italiennes, quatre autres en Espagne… « Cela dépendra maintenant de l’aéroport d’origine, non du pays (d’origine) », a expliqué un responsable du gouvernement à l’AFP.

    De son côté, l’Office national hellénique du tourisme a publié un communiqué dans lequel il donne plus d’indications sur la reprise des vols vers la Grèce. Jusqu’au 15 juin, les vols internationaux sont autorisés vers le seul aéroport international d’Athènes.  » Tous les visiteurs sont soumis à un test à leur arrivée et doivent passer une nuit dans un hôtel désigné dans l’attente de leur résultat ». Du 15 au 30 juin, les vols internationaux sont autorisés vers les aéroports d’Athènes et de Thessalonique. Le passager qui décolle d’un aéroport se trouvant dans la liste EASA des zones affectées par le coronavirus, comme l’Île-de-France, devra accepter un isolement de 7 ou 14 jours. A partir du 1er juillet, les vols internationaux seront autorisés vers tous les aéroports de Grèce. Les visiteurs seront éventuellement tenus de passer  » un test d’échantillonnage aléatoire à l’arrivée « , affirme l’office de tourisme.

    Tunisie

    Dans un communiqué, les autorités tunisiennes ont annoncé la réouverture des frontières maritimes, terrestres et aériennes de la Tunisie pour le 27 juin.

    Maroc

    Alors que le Maroc n’a pas encore fixé de date pour la réouverture de ses frontières, les professionnels du tourisme s’impatientent et alertent sur la perte de leur part du marché mondial en 2021.

    USA et Canada

    La frontière entre les Etats-Unis et le Canada devrait rester fermée jusqu’au 21 juin, sauf déplacement impératif, en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, rapporte mercredi le journal Globe and Mail. Sauf à être résident ou pour raison impérieuse, aucun voyageur n’est admis aux USA ou au Canada.

    Thailande

    La frontière est fermé à tous les étrangers jusqu’au 30 juin. Peu d’informations sur une éventuelle reprise des vols commerciaux.

    Chine

    Aucun étranger ne peut se rendre en Chine à part les détenteurs de visa diplomatique, de service, de courtoisie, ou de type C. Les détenteurs d’autres visas valides y-compris de travail, ne peuvent rejoindre leur poste ou leur domicile en Chine. Les services de visa restent fermés pour toutes nouvelles demandes.

    Australie et Nouvelle Zélande

    Les deux pays ont mis en place un assouplissement de la circulation en eux. La Première ministre neozélandaise Jacinda Ardern a annoncé le 11 mai la création d’un espace commun entre les deux pays, une « bulle » au sein de laquelle seraient levées les restrictions aux voyages décidées contre le coronavirus.

    France

    La position française énoncée ce 28 mai lors de la présentation du plan de déconfinement est un pas important par rapport aux déclarations de début mai. Plus tôt dans le mois, Jean-Yves Le Drian avait en effet confirmé les propos d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe en affirmant que les Français ne pourraient pas partir en vacances à l’international cet été et devraient ainsi rester dans l’Hexagone ou entre Européens en fonction de la réouverture progressive des frontières. Aujourd’hui, les frontières de Schengen sont fermées aux non-Européens et l’accès au territoire français est soumis à des restrictions. « Celles-ci sont fermées et resterons fermées. […] Un étranger hors Europe ne peut pas rentrer ». La position pourrait donc changer très prochainement.

    Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a également annoncé que la France a mis en place une quatorzaine sur une « base volontaire » depuis le 20 mai pour les voyageurs arrivant de l’étranger hors UE. Cette mesure concerne les Français toujours à l’étranger qui souhaiteraient rentrer chez eux et est mise en place « pour se protéger eux-même et leurs proches ». Concernant la réouverture progressive des frontières en Europe, il a expliqué :

    « Ce qu’il faut maintenant, c’est avoir une bonne coordination entre l’ensemble des pays européens pour que progressivement l’on puisse aboutir à la suppression des contrôles, même s’il restera des contrôles en profondeur à poursuivre dans la durée ».

  • Financer à crédit l’absence de croissance

    Financer à crédit l’absence de croissance

    Full crédit

    Nous sommes entrés dans une nouvelle dimension, celle du « full credit » ou de « l’open bar. » Les barrières comptables semblent s’être évanouies. Tout est possible. Les critères de Maastricht ont été jetés avec l’eau du bain. Jour après jour, les gouvernements égrènent des plans de soutien de plusieurs milliards d’euros afin de sauver telle entreprise ou tel secteur. Les effets d’annonce sont impressionnants et masquent parfois un jeu de bonneteau avec les dépenses engagées.

    Dans ce monde nouveau, la règle de conduite à tenir est de profiter au plus vite des largesses publiques avant la fermeture du bar dont l’heure n’a pas été encore fixée. Cet argent facile est censé résoudre la crise née du Covid-19 mais aussi tous les problèmes en suspens : la transition énergétique, la dépendance, la modernisation du système de santé, etc.

    Cette inflation de besoins réprimés durant des années, faute de moyens, n’est pas un gage d’efficacité. En économie, il reste peut-être encore quelques règles dont celle de l’économiste de Tinbergen en vertu de laquelle un État doit posséder autant d’instruments que d’objectifs déclarés.

    Crise et solutions d’urgence

    En ces temps d’urgence, les pouvoirs publics semblent oublier que l’efficience devrait être le fil conducteur de leur action. L’argent facile est souvent mal utilisé car il n’est pas le produit d’un dur labeur. Il génère des effets d’aubaine et des effets de rente. Les bénéficiaires ne sont pas toujours ceux qui en ont le plus besoin. C’est la loi du genre. Quoi qu’il en soit, après l’inondation, le fleuve devra retrouver son lit.

    Le retour de l’argent rare sera une source d’étonnement, d’incompréhension et peut-être de colère. L’open bar ne sera pas éternel. La monétisation des dettes publiques a ses limites. Elles s’appellent inflation, dépréciation monétaire ou encore banqueroute. Certains estiment que l’annulation par les banques centrales des dettes qu’elles détiennent sur les États est la voie logique à suivre. De manière plus prosaïque, cette méthode est une banqueroute déguisée.

    En Europe, l’Allemagne et les États du Nord ne sacrifieront pas la monnaie pour sauver indéfiniment le Sud. Certes, le retour de la croissance et de l’inflation serait bienvenu et permettrait, comme après la Seconde Guerre Mondiale, de dégonfler de manière indolore la dette accumulée depuis une quarantaine d’années. A défaut, la voie choisie est de gagner du temps, de pousser le rocher de dettes un peu plus loin. Le problème est que malgré des faibles taux d’intérêt, ce dernier tend à grossir de plus en plus vite, chargeant de son poids croissant les futures générations.

    Avec la réduction des gains de productivité, nous achetons la croissance à crédit ; avec la crise sanitaire, nous sommes même arrivés à acheter l’absence de croissance. Devant les montagnes à financer que sont notamment la dépendance et les retraites, la question des déficits et de leur financement semble être ouverte pour quelques temps.

    La seule solution serait un bon de croissance qui, à preuve du contraire, ne peut se réaliser que sous la forme d’un cocktail associant travail, capital et progrès technique.

  • Le décollage historique de SpaceX fait réfléchir l’Europe

    Le décollage historique de SpaceX fait réfléchir l’Europe

    Le lancement historique de la fusée SpaceX a poussé le directeur d’Arianespace, l’équivalent européen de la société d’Elon Musk, à affirmer dimanche 31 mai que son entreprise pouvait réaliser le même exploit.

    Samedi 30 mai, la fusée Falcon-9 de l’entreprise américaine SpaceX a réussi à mettre en orbite deux astronautes de la NASA depuis le Kennedy Space Center en Floride, avant d’atterrir à la Station spatiale internationale dimanche.

    C’est la première fois que la NASA parvient à envoyer des astronautes en orbite au départ des États-Unis depuis l’arrêt du programme spatial en 2011. Depuis neuf ans, l’agence américaine dépendait des fusées russes.

    Il s’agit également de la première mission habitée menée à bien par une entreprise privée, ce qui marque sans doute le début d’un long partenariat entre SpaceX et la NASA pour réduire petit à petit la dépendance vis-à-vis de la Russie.

    Stéphane Israël, le PDG de la société française de lancement de fusées Arianespace, a déclaré lors d’une interview pour France Info que l’Europe serait capable de faire de même avant 2030.

    « Rien n’est impossible. Le programme spatial habité américain est reparti en 2012. Huit ans après, il y a eu ce vol habité SpaceX. Si l’Europe faisait le même choix, d’ici la fin de la décennie, ce serait possible », affirme-t-il.

    Arianespace dépend du groupe Ariane, une filiale d’Airbus, et est à ce titre une société semi-publique. Elle cible principalement les firmes privées, qui se chargent par exemple d’envoyer des satellites de télécommunication dans l’espace.

    Le privé à l’assaut de l’Espace

    En revanche, SpaceX est une entreprise privée qui convoite les contrats publics lucratifs proposés par la NASA. Stéphane Israël reconnait que la société d’Elon Musk lui fait concurrence, et qu’Arianespace devra se montrer très compétitive sur le marché parce qu’elle « ne [peut] s’appuyer sur la même manne institutionnelle ».

    L’Agence spatiale européenne (ESA), qui dicte le programme de travail d’Arianespace, s’est abstenue d’effectuer des missions habitées en raison des coûts liés au développement d’engins spatiaux de pointe.

    En 1992, l’ESA annule le projet Hermès, un avion spatial réutilisable qui devait être lancé à partir d’une fusée Ariane 5. L’agence choisit alors de s’associer à la Russie pour mettre ses astronautes en orbite.

    Stéphane Israël soutient fermement le lancement d’une fusée au départ de l’Europe. En octobre, il a déclaré qu’il profiterait d’une réunion ministérielle de l’ESA en 2022 pour faire pression en faveur d’un tel programme.

    Après le décollage de SpaceX, le directeur d’Arianespace a reconnu que le jour où l’astronaute de l’ESA, Thomas Pesquet, pourrait décoller de la base spatiale française en Guyane à bord d’une fusée Ariane 6,  « il se passera [it] quelque chose en Europe ».

    Ariane 6

    Le premier lancement d’Ariane 6 a été repoussé au début de l’année 2021 en raison du COVID-19. Par ailleurs, la navette n’est pas spécialement conçue pour transporter des astronautes.

    Mais l’ESA pourrait changer sa politique si les missions habitées deviennent prioritaires. À la fin de l’année dernière, les 22 États membres de l’agence ont montré qu’ils souhaitaient investir davantage dans les missions spatiales en adoptant un plus gros budget que celui initialement prévu.

    L’ESA, qui siège à Paris, n’est cependant pas en voie d’obtenir plus de fonds du côté de l’Union européenne. La semaine dernière, la Commission a prélevé près de 3 milliards d’euros de son budget, dans le cadre de la nouvelle proposition de budget à long terme.

    Pourtant, la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a élevé la politique spatiale au rang des priorités après avoir accepté de créer un nouveau département dédié uniquement à la défense et à l’espace. Mais il semblerait que la nouvelle proposition de budget fasse une croix sur ce secteur, au profit d’autres .

    Néanmoins, le commissaire européen Thierry Breton, qui supervise les politiques spatiales, se montre catégorique. « Sans accès autonome à l’espace, il ne peut y avoir de politique spatiale européenne. Au-delà d’Ariane 6, nous devons nous tourner vers l’avenir afin de nous préparer aux prochains bouleversements technologiques », soutient-il.

    Le fonctionnaire français a déclaré sur Twitter que l’Europe était la deuxième puissance spatiale au monde, mais qu’elle ne pouvait se reposer sur ses succès passés. Et d’ajouter que l’UE doit faire preuve d’une « véritable ambition dans le domaine spatial ». « Nous y travaillons », affirme-t-il.

    Vue du ciel

    L’Europe concentre largement ses efforts spatiaux dans le marché des satellites commerciaux. Elle mise notamment beaucoup sur Copernicus, son programme d’observation de la Terre, et sur Galileo, le système européen de navigation par satellite. L’UE investit de plus dans le lancement d’orbiteurs privés dans l’espace.

  • La France exporte 8 milliards d’armes

    La France exporte 8 milliards d’armes

    Les dépenses militaires mondiales continuent à augmenter dans le monde.

    Dans cette concurrence, les groupes français s’en sortent bien. En 2019, les prises de commande de matériel militaire français se sont élevés  à 8.3 milliards d’euros. Moins que l’année passée (9.1M), gonflée par les contrats du Rafale, mais plus que les moyennes habituelles de 20% (6 à 7 milliards d’€).

    Signe important, désormais presque la moitié des exportations d’armes françaises concernent les pays européens. 47%, dont 42% pour les pays membres de l’U.E. Cela est illustrée par la commande de la Belgique, concernant les blindés Griffon, et les navires chasseurs de mine, avec les Pays-Bas. L’Espagne avec l’achat de satellites, la Hongrie pour l’achat d’Hélicoptères. Le montant des prises de commande des pays de l’UE augmente ainsi de plus d’un milliard. Cela étant, la France a manqué des contrats importants au sein de ces pays, qui sont revenus aux fournisseurs américains. L’échec de la coopération en matière aéronautique avec la Belgique reste en mémoire.

    Un fonds européen

    La création d’un fonds européen de défense devrait permettre de favoriser l’industrie européenne par rapport à ses concurrents, et  de diminuer la dépendance extérieure de l’Europe.

    Le Moyen-Orient ne représente plus que 26% des commandes Pour la France, régressant de 4 à 2.2 milliards d’euros. Les commandes saoudiennes ont considérablement chuté, reflétant la brouille entre Ryad et Paris. Les Emirats arabes unis ont commandé  deux corvettes à Naval group.

    Naval groupe a également été retenue par l’Australie pour son programme de sous marins. L’Indonésie et Singapour ont été aussi parmi les principaux clients de l’année 2018. Enfin le Brésil est redevenu le premier client de la France en Amérique du sud pour l’achat de missiles. En revanche, le partenariat stratégique est au point mort. Les avancées projetées entre Lula et Sarkozy n’ont été réalisées que pour les sous-marins.

    Les exportations françaises sont cette année essentiellement tirées par le secteur naval qui représente aujourd’hui la moitié des prises de commande, (dont 40% pour le contrat avec la Belgique et les Pays-Bas). Tout nouveau contrat entraine ensuite son lot de contrats d’entretien, de modernisation et de suivi. Ils permettent aussi des coopérations de formation militaires.

    La progression de la part des pays européens était attendue depuis longtemps. Il était temps.

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