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  • Le Directeur-Général de la Mission laïque française répond aux francais.press en 3 podcasts : #3 l’avenir du réseau

    Le Directeur-Général de la Mission laïque française répond aux francais.press en 3 podcasts : #3 l’avenir du réseau

    La question de l’enseignement français à l’étranger est essentielle, et ce en particulier pendant cette période de confinement. Réductions sur les coûts de scolarisation en question, situations particulières dans certains pays, vision à long-terme. Jean-Christophe Deberre, Directeur Général de la Mission laïque française a répondu aux francais.press. La Mission laïque française (MLF) est une association à but non lucratif française, créée par Pierre Deschamps en 1902 et reconnue d’utilité publique en 1907, qui a pour objet la diffusion de la langue et de la culture françaises dans le monde, par un enseignement laïque, plurilingue et interculturel. Elle anime un réseau de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger scolarisant plus de 60 000 élèves dans 38 pays. Jean-Christophe Deberre est un ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégé de Lettres modernes et inspecteur d’académie, Il a été professeur en France et à l’étranger, chargé de la coopération éducative au ministère de la Coopération, puis conseiller culturel en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Depuis le 1 septembre 2009, il est le directeur général de la Mission laïque française depuis et de l’Office scolaire et universitaire international.

    Nous finissons cette longue interview par la question de l’avenir du réseau et la vision gouvernementale en la matière.

    Le podcast de cette partie de l’interview avec M. Jean-Christophe Deberre:

    Lesfrancais.press: M. le Directeur-Général, vous parlez de la rentrée prochaine qui sera peut-être plus adaptée ou adaptable, de manière plus générale, est-ce que vous pensez qu’à un moment ou un autre nous pourrons revenir à un système comme avant et pensez-vous que c’est souhaitable ?

    M.Deberre : C’est d’abord du jamais vu et il faut se préparer à plusieurs versions d’écoles, nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait et il faut avoir à notre main plusieurs formules scolaires.

    Jean-Christophe Deberre, Directeur-Général de la Mission laïque française a répondu aux questions des francais.press

    La rentrée est difficile, les distances sociales impose des distances dans les groupes d’élèves, et dans l’avenir cela pourrait devenir la règle et nous y sommes préparés.

    Par ailleurs, l’école est un tissu de relations sociales et nous ne pouvons pas nous satisfaire du distanciel, c’est très compliqué par exemple pour l’art et le sport, et ce même si nos professeurs ont fait un travail à distance absolument magnifique

    L’interaction sociale est limitée. L’école est une affaire humaine, les gens ont besoin de cela.

    En revanche, certaines choses vont rester : l’accompagnement personnalisé à l’élève a sans doute été renforcé dans les meilleures configurations par l’enseignement à distance. Notamment tout ce qui tourne autour de la progression de l’élève et d’un tête à tête beaucoup plus facile qu’en temps normaux.

    Il y aura quelque chose à trouver dans l’école reconfiguré pour garder cela. Cela passera par de nouvelles organisations de la classe. Les premiers à le demander seront les élèves eux-mêmes, j’en suis persuadé.

    Autre question M. Deberre, le Président de la République avait annoncé au moment de son investiture son ambition de doubler le réseau français à l’étranger. Est-ce que pour vous la situation actuelle chamboule tout ? Ou est-ce que cela reste réalisable ?

    Le Président Macron annonce son ambition de doubler le réseau

    M. Deberre : Nous avons toujours pensé que les ambitions du Président de la République étaient à la mesure de l’histoire de l’enseignement français à l’étranger. La question n’est pas celle du doublement mais de la dynamique. Dire de doubler en 10 ans, c’est une manière de dire « allez-y ! ».

    Le doublement est naturellement remis en question, il faut déjà que les établissements passent cette étape, mais nous sommes résolument optimistes, il ne faudra rien céder sur la qualité de l’enseignement et sur un point crucial : la relation de confiance entre les familles et les écoles.

    La valeur de l’enseignement français passe avant tout, si la France sait garder ceci en valeur, notre enseignement à l’international continuera de fonctionner.

    ECOUTEZ LE PREMIER PODCAST AVEC M. DEBERRE (LIBAN, USA, MAROC)

    ECOUTEZ LE SECOND PODCATS AVEC M. DEBERRE (LES MESURES PRISES CONTRE LA COVID-19)

  • Violences aux USA: ces Français au coeur du chaos

    Violences aux USA: ces Français au coeur du chaos

    Malgré des couvre-feux instaurés dans plusieurs grandes villes, ces derniers jours ont à nouveau été marqués par des violences aux Etats-Unis. Minneapolis est particulièrement touchée par cette flambée de violence dont l’origine est la mort de Georges Floyd, afro-américain décédé entre les mains de la police de la grande ville du midwest.

    Menotté et plaqué au sol, Georges Floyd, récemment installé à Minneapolis, était soupçonné d’avoir utilisé un faux billet de vingt dollars dans un commerce. Contactés par le commerçant, 4 policiers ont procédé à l’interpellation du suspect. Celui-ci fut maintenu au sol pendant 9 minutes, filmées, par l’agent Derek Chauvin. Il a à plusieurs reprises indiqué qu’il ne pouvait pas respirer sans réaction de la part de l’officier qui le maintenait au sol. Après de longues minutes au cours desquelles M. Floyd, peu à peu, s’est immobilisé, les policiers ont appelé les secours. Georges Floyd a été déclaré mort lors de son transfert à l’hôpital.

    Atlanta, Los-Angeles, Miami, New-York, Philadelphie font également partie des villes touchées. Des unités anti-émeutes ont été mobilisées et le Président Trump a été particulièrement virulent sur son réseau social préféré.

    Le député Lescure a partagé le #BlackLivesMatter

    200 personnes ont été arrêtées à New-York et les commerces de Los Angeles, en particulier ceux de luxe de Beverly Hills, ont été touchés. 158 000 Français étaient inscrits sur les listes consulaires dans le pays. Si la majorité ne sont pas pour le moment inquiets, ils suivent cependant très attentivement la situation, notamment via twitter et le hastag #BlackLivesMatter que même le député des Français de la circonscription Roland Lescure a partagé.

    Où vivent les Français des USA? Le nord-est, d’abord, avec New York, Washington et Boston. Les trois villes concentrent à seules plus de 51 000 Français. La côte Ouest, avec Los Angeles et San Francisco, attire aussi les Français. Ils étaient plus de 37 000 à être installés en Californie déjà en 2013, nombre en forte hausse depuis. Pour le reste principalement dans les grands centres comme Chicago, Miami, et Houston.

    Des violences comme celles de 1992 ?

    « Les violences sont regrettables mais franchement la façon dont ce malheureux est mort est tout de même terrible. Et ce n’est pas nouveau, ce n’est pas lié uniquement à Trump, ici à LA des circonstances similaires avaient amené à de terribles émeutes en 92 » nous a indiqué Jeanine, française installée dans la cité des anges depuis 32 ans.

    L’armée américaine dans les rues lors des émeutes de Los Angeles de 1992

    Les émeutes de 1992 à Los Angeles ont débuté le à Los Angeles après qu’un jury, composé de dix Blancs, un Asiatique et un Latino-Américain, a acquitté quatre officiers de police blancs accusés d’avoir passé à tabac un automobiliste noir américain, Rodney King, après une course-poursuite pour excès de vitesse. Elles impliquent des centaines d’habitants de Los Angeles.

    Marc, jeune français métis installé à l’autre bout du pays à Brooklyn dans le quartier de Williamsburg ou il est serveur dans un déli tout en étudiant au Brooklyn College nous confirme une certaine forme de racisme:

     « il y a un profond racisme aux USA, même dans des villes dites progressistes comme New York. Moi je le ressens, j’ai beaucoup eu de mal à trouver un logement par exemple, je ne suis pas vraiment surpris ».

    Les violences ne sont cependant pas généralisées. Si il y a eu par exemple à Washington D.C. des manifestations jusque devant la Maison Blanche, forçant le Donald Trump à se réfugier dans le bunker présidentiel, ce ne fut pas le cas partout. Eve Chauchard, du Comité Tricolore, un groupe d’associations ou organisations franco-américaines de la région de Washington D.C. qui partagent un intérêt commun pour la culture française, qui prônent le renforcement des relations entre la France et les États-Unis et qui sont au service de notre communauté, nous a indiqué que dans son quartier, la situation est restée jusque présent très calme.

    Le policier impliqué mis en examen

    Si le policier impliqué a été depuis licencié et est poursuivit pour homicide involontaire, cela ne convainc pas Marc : « vous avez vu les images ? C’est d’une violence folle et les autres policiers n’ont pour le moment pas été mis en examens, c’est un scandale ».

    Jean Calvignac, qui réside en Caroline du Nord et qui est bien connu des Français de l’étranger pour son engagement pour défendre les non-résidents contribuables en France, n’est pas plus surpris que Marc.

    « le racisme existe sous divers formes dans tout le pays, pas seulement ici en Caroline du Nord et dans les autres Etats du vieux Sud. L’agglomération St-Paul/Minneapolis est tout au nord du pays, ne croyez pas cependant qu’elle échappe à ce phénomène » Jean Calvignac, Français résident aux Etats-Unis

    Une situation observée ailleurs sur le continent

    « La question des violences policières aux Etats-Unis ne saurait passer sous silence une foule d’autres problèmes. Il y a bien entendu le racisme systémique qui conduit les populations non-blanches américaines à être surreprésentées dans le système carcéral et à être davantage victimes du chômage et de la pauvreté. S’ajoute à cela un système politique qui permet des découpages électoraux fantasmagoriques, exemples parfait de gerrymandering, qui aboutissent à la mise sous tutelle de populations non blanches ainsi divisées et sous représentées dans le paysage politique. » Marc-Albert Cormier, conseiller consulaire à Toronto

    Marc-Albert Cormier, conseiller consulaire au Canada estime que le problème du racisme aux USA va bien au delà de la seule violence policière

    Ailleurs sur le continent, beaucoup suivent la situation avec attention comme le conseiller consulaire français au Canada Marc-Albert Cormier qui a témoigné sur ce point dans lesfrancais.press. Pour M. Cormier, les problèmes vont bien au delà de cette triste affaire: « La question des violences policières aux Etats-Unis ne saurait passer sous silence une foule d’autres problèmes. Il y a bien entendu le racisme systémique qui conduit les populations non-blanches américaines à être surreprésentées dans le système carcéral et à être davantage victimes du chômage et de la pauvreté. S’ajoute à cela un système politique qui permet des découpages électoraux fantasmagoriques, exemples parfait de gerrymandering, qui aboutissent à la mise sous tutelle de populations non blanches ainsi divisées et sous représentées dans le paysage politique. »

    Le mouvement de colère ne semble pas diminuer. Cela risque de ne pas apaiser une société aux antagonismes exacerbés et ce à quelques mois de l’élection présidentielle.

    Les consulats et l’ambassade de France suivent tout ceci de très près. Certains pensent à un retour en France, nous rappelons qu’en la matière, un tel retour est soumis à des règles strictes.

  • Mort de George Floyd : Une indignation internationale – Reportage TV5 Monde

    Mort de George Floyd : Une indignation internationale – Reportage TV5 Monde

    Les manifestations après la mort de George Floyd s’internationalisent. Le slogan Black Lives Matter résonne à Tokyo, Auckland, Berlin, Vancouver, Dublin ou Paris.

    Faites le tour du monde en 2 minutes avec TV5 Monde grâce au site Lesfrancais.press

  • Reprise, tempo moderato en France

    Reprise, tempo moderato en France

    Après deux mois de confinement et deux semaines de déconfinement, l’économie française est entrée dans une phase de redémarrage à vitesse modérée.

    À fin mai, selon l’INSEE, elle fonctionnerait à environ quatre cinquièmes de son niveau d’avant crise, contre seulement deux tiers durant le confinement. Le choc provoqué par la crise sanitaire n’en demeure pas moins important.

    La France reste un des pays les plus touchés par la récession.

    Si l’activité économique revenait intégralement à son niveau d’avant crise dès le mois de juillet, le PIB français diminuerait de 8 % sur l’année 2020. Les économistes de l’INSEE doutent de ce retour à la normale, préjugeant d’une récession encore plus forte. Dans tous les cas, la France enregistrera la plus sévère diminution du PIB depuis la mise en place du suivi de la croissance en 1948.

    Avec la réouverture des commerces, les ménages français ont repris le chemin de la consommation, plus rapidement que leurs collègues italiens ou espagnoles. Le niveau de la consommation sur les deux dernières semaines de mai n’est plus inférieur que de 6 % à celui d’avant crise, contre -32% début mai. La consommation en produits manufacturés aurait dépassé de 6% son niveau en situation normale d’activité, contribuant à redresser la consommation totale.

    Avec le déconfinement, redémarrage de la consommation

    Les transactions par carte bancaire sur l’habillement-chaussure atteignent par exemple un niveau nettement plus proche de celui de 2019 que pendant le confinement, tandis que les transactions portant sur l’équipement du foyer auraient même fortement dépassé leur niveau de 2019. Les dépenses de carburant progressent faiblement en raison du maintien des restrictions de circulation et de l’encouragement au télétravail.

    Par ailleurs, la sortie du confinement n’aurait pas altéré le dynamisme des dépenses des ménages en produits agro-alimentaires. La consommation en produits agricoles aurait été de 8 % supérieure à son niveau normal, parallèlement à celle des produits agro-alimentaires.

    Le rebond résulterait notamment de la consommation de services personnels aux ménages (blanchisserie, coiffure, etc.) ou de services de réparation. Fort logiquement, les services associés à des activités encore soumises à des restrictions seraient restés à des niveaux de consommation particulièrement faibles, comme le transport aérien, les activités d’art et spectacle, ou encore l’hôtellerie et restauration. Les services principalement non marchands auraient vu leur consommation rebondir également, à travers la reprise des soins de ville et de l’enseignement marchand, sans retrouver encore le niveau d’une situation normale d’activité. Leur activité serait de 81 % par rapport au niveau d’avant crise.

    Avec la reprise également des travaux de rénovation, la consommation des ménages dans la branche de la construction aurait augmenté par rapport à la période de confinement, mais de façon progressive (-39 % de perte de consommation, contre -75 % de perte en période de confinement).

    Lent déconfinement de la production

    Une relative reprise de l’activité économique s’observe dans l’ensemble des branches dont l’activité est autorisée.

    La production industrielle française atteindrait 75 % de son niveau d’avant crise fin mai contre 62% mi-mai. Si la reprise du travail a pu se poursuivre, l’activité resterait affectée, entre autres, par une demande en berne et des stocks importants à écouler, en particulier dans le secteur automobile.

    L’industrie a commencé à être touchée dès le mois de mars comme le prouve les statistiques de l’INSEE. Pour le seul secteur automobile, la contraction est de -41%. Il diminue également fortement dans les biens d’équipement. Le chiffre d’affaires diminue moins fortement dans les industries agricoles et alimentaires et l’énergie.

    Dans les services, la perte d’activité économique serait de 25 %. Pour l’hébergement et la restauration, la perte atteint 90 %.

    Les dangers de l’hystérisation de la crise

    Les Français ont réalisé des achats indispensables après le confinement, habillement, coiffure, etc. Les craintes de baisse du pouvoir d’achat devraient peser néanmoins sur la consommation des prochains mois. Les informations inquiétantes sur la situation économique devraient favoriser l’attentisme et autoalimenter la crise.

    Plusieurs enquêtes suggèrent que les Français demeurent très inquiets sur la situation sanitaire et exigent le maintien de mesures de protection. Ils restent méfiants vis-à-vis des statistiques officielles. Cette peur pèse sur l’activité tant au niveau de la consommation que la production.

    La crise, un révélateur de la situation économique

    Depuis 2008, l’économie française est à la peine. Les pertes de parts de marché industriel, la persistance d’un important déficit commercial, la lente amélioration de l’emploi sur fond de déficits publics élevés en étaient les marqueurs. La crise du covid19 a accentué les traits des faiblesses françaises d’autant plus qu’elle a directement touché des secteurs porteurs comme le tourisme et les transports.

    La crise sanitaire signe le grand retour de l’interventionnisme étatique dans l’économie. Après plusieurs décennies de désengagement, les Etats redeviennent les grands horlogers de l’économie. Cette tentation est naturellement forte en France, pays où la tradition colbertiste se perpétue depuis plus de trois siècles. L’Allemagne n’est pas de reste avec l’annonce de la renationalisation partielle de la Lufthansa.

  • La poudrière américaine vue du Canada par un élu des Français de l’étranger !

    La poudrière américaine vue du Canada par un élu des Français de l’étranger !

    Comme vous, j’ai regardé avec effroi les images qui nous viennent des Etats-Unis : manifestations monstres, débordements, émeutes insurrectionnelles dans tous les grands centres urbains américains.

    Vu du Canada

    Comprenez qu’au Canada, tout particulièrement dans les provinces anglophones, nous sommes en permanence sous l’influence culturelle, économique et intellectuelle de notre pays voisin. Tout ce qui se passe aux Etats-Unis est immédiatement ressenti par les canadiens. Force est de constater que vous soyez à Vancouver, Halifax ou Toronto, à quelques exceptions près, nous consommons en permanence des séries américaines, nous regardons leurs émissions de télévision, nous suivons leur actualité autant, sinon plus que celle qui nous est propre. Nos amis anglo-canadiens on beau jeu d’insister sur les trois ou quatre mots qu’ils prononcent différemment des américains, cela fait longtemps qu’ils ont été colonisés intellectuellement par leurs voisins de palier.

    La perméabilité culturelle est si grande que depuis des décennies, certains compatriotes canadiens s’imaginent pouvoir invoquer le 5e amendement dans le contexte judiciaire, que leur liberté d’expression est garantie par un 1e amendement ou que l’on peut commencer un impeachment contre n’importe quel élu du pays. Malgré de profondes différences historiques entre les deux pays, la question des conflits raciaux, du racisme systémique est tout aussi prégnante au Canada, surtout à l’égard des autochtones dites Premières Nations. En revanche, les villes canadiennes n’ont jamais été en prises aux émeutes raciales comme aux Etats-Unis.

    L’étincelle

    Après quatre années d’une présidence chaotique et profondément clivante, le désastre économique conséquent aux mesures prises pour enrayer la pandémie, un taux de chômage battant tous les records historiques, la maigreur du filet social et l’effet amplificateur des réseaux sociaux, deux affaires graves se sont télescopées au cours de ces derniers mois : Ahmaud Arbery abattu par deux apprentis justiciers, et les images terribles de l’assassinat de George Floyd par le policier Derek Chauvin.

    L’événement de Milwaukee a rappelé aux américains le niveau de violence ordinaire avec lequel fonctionne depuis trop longtemps la police américaine : en 2019, ce sont 1099 américains qui sont morts aux mains des forces de l’ordre. Les Afro-Américains forment 25 % de ces décès alors qu’ils ne représentent que 13 % de la population. Ces statistiques confirment le ressenti de la population qui a en mémoire les noms d’Oscar Grant, Eric Garner, Walter Scott, Bettie Jones, Botham Jean, Eric Reason, Tamir Rice et d’autres encore.

    Le problème policier

    Outre les éléments déclencheurs cités plus haut, quels sont les racines du problème policier américain ? Selon certains anciens policiers, comme Norm Stamper de Seattle, il y a un manque de standards fédéraux : chaque police municipale agit en vase clos avec ses propres règles. Stamper appuie là où ça fait mal et remet en cause la course à l’armement des forces de police, l’obsession des chiffres qui pousse aux résultats comme le nombre d’amendes, le nombre d’arrestations. Stamper remet aussi en question l’omerta qui existe entre collègues et conduit à la tolérance d’abus. Parmi les solutions proposées : davantage de formations, une meilleure compréhension des maladies mentales, plus de femmes, une police de proximité et la dépénalisation et légalisation des drogues douces.

    De l’autre côté du spectre, les commentateurs de la droite dure américaine, comme Heather Mac Donald, sont convaincus qu’il y a une guerre contre la police aux Etats-Unis et que le contexte actuel est directement imputable au comportement des Afro-Américains, principaux responsables de leur sort …

    Comme l’explique bien le journaliste Carlos Lozada, l’ancien policier Norm Stamper avec son approche réfléchie, avec ses idées réformatrices, sera l’invité permanent des médias du centre et de la gauche américaine comme NPR et Heather Mac Donald fera le tour des plateaux conservateurs américains de Limbaugh à National Review.

    C’est là une des clefs du problème ! Aucun dialogue politique n’existe aux Etats-Unis, nous sommes loin de l’époque où s’écharpaient Gore Vidal et William F. Buckley Jr. autour des grandes questions de société. De surcroit, l’abolition du fairness doctrine en 1987, qui assurait l’obligation d’un équilibre idéologique, a permis la naissance de médias hyper orientés comme la Fox News. Deux Amériques se côtoient sans se parler, sans se connaître, jusqu’au conflit.

    Un problème social et politique

    La question des violences policières aux Etats-Unis ne saurait passer sous silence une foule d’autres problèmes. Il y a bien entendu le racisme systémique qui conduit les populations non-blanches américaines à être surreprésentées dans le système carcéral et à être davantage victimes du chômage et de la pauvreté. S’ajoute à cela un système politique qui permet des découpages électoraux fantasmagoriques, exemples parfait de  gerrymandering, qui aboutissent à la mise sous tutelle de populations non blanches ainsi divisées et sous représentées dans le paysage politique.

    La question Trump

    À moins de cinq mois des élections, le président des Etats-Unis, Donald Trump, très affaibli par sa gestion catastrophique de la pandémie, a réagi avec fureur lors des nuits d’émeutes : la situation est profondément embarrassante pour celui qui veut projeter une image d’homme fort sur la scène internationale. C’est dans cet état d’esprit qu’il a sommé les gouverneurs des états, menaçant de déployer l’armée américaine dans les rues des villes.

    Que faire ? Comment suivre l’actu ?

    Tout d’abord, de grâce, ne calquez pas votre grille de lecture franco-française sur ce problème américain. N’imaginez pas un seul instant tirer des parallèles ou des conclusions hâtives et gardez-vous de donner de leçons sur les réseaux sociaux. Si le sujet vous tient à cœur, commencez par écouter attentivement, lisez, documentez-vous sur l’histoire de ce grand pays. Je vous conseille en particulier, de l’incontournable Howard Zinn et son A People’s History of the United States. Rien ne vaut un avis éclairé !

    Informez-vous avec une multitude de sources, n’écoutez pas un seul média américain. Balayez le spectre de NPR et PBS à Fox News en passant par CNN, CBS, ABC et NBC. On ne peut le répéter assez : consultez les grands journaux américains comme le New York Times, Washington Post, Wall Street Journal, Los Angeles Times et au moins un quotidien d’une ville comme le Chicago Tribune, le San Jose Mercury News ou le Star Tribune de Minneapolis-Saint Paul.

    Marc-Albert Cormier est conseiller consulaire pour la circonscription de Toronto au Canada.

  • Impôts français pour les non-résidents, attention à la date limite !Profitez du mode d’emploi !

    Impôts français pour les non-résidents, attention à la date limite !Profitez du mode d’emploi !

    En tant que non-résident, vous avez l’obligation de déclarer vos revenus de l’année 2019 pour ceux issus de France. Nouveauté de l’année, c’est la création d’un deuxième taux forfaitaire de 30% au dessus de 27 000 euros de revenus au lieu d’un maintien à 20 %. Le modèle initié par la réforme de la fiscalité des Français de l’Etranger en 2019 et sous moratoire jusqu’à l’année prochaine, se met en place avec le calcul d’un taux basé sur vos revenus mondiaux.

    Vous devez télécharger ou faire acheminer votre déclaration avant ce Jeudi 4 juin 2020 à minuit. l’accès est ouvert depuis Avril.

    Cette année, c’est donc la dernière année avant l’application de la réforme fiscale. L’objectif du gouvernement est d’aligner la fiscalité des non-résidents sur celle des Français résidant sur le territoire national. Les retraités, les chefs d’entreprises, les détenteurs de parcs immobiliers, les bénéficiaires de dividendes, les artistes, sont clairement visés par cette modification profonde du code fiscal.

    Face au tollé, et à la mobilisation des citoyens au sein de groupes sur Facebook comme le DINRF ou d’associations comme la FdEif (retrouvez l’interview de son fondateur), un moratoire a été mis en place en catimini en octobre 2019.

    Et c’est ainsi que cette année, l’administration prépare la réforme en demandant les revenus mondiaux, pourtant quelque soit la méthode que vous choisissez cette année, il n’y aucune obligation à les fournir. C’est année c’est donc comme les autres années avec les fameux deux taux, Le taux classique forfaitaire ou désormais la  possibilité de bénéficier de l’application du taux moyen pour l’imposition de vos revenus lorsqu’il est plus favorable que le taux minimum. Mais pour en bénéficier vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus dans le monde. Les revenus déjà fiscalisés ne le seront pas une seconde fois, mais le montant total permettra de définir la tranche fiscale qui s’appliquera pour définir le fameux taux moyen.

    MODE D’EMPLOI

    En 2020, pour la déclaration de vos revenus perçus en 2019, le calcul du revenu mondial est automatisé et une estimation de votre impôt avec application du taux moyen vous est communiquée.

    Cela suppose que vous fournissiez le détail de vos revenus de sources française et étrangère, car ce taux est déterminé à partir du barème progressif portant sur l’ensemble des revenus mondiaux (de source française et étrangère). Pour autant, seuls vos revenus de source française sont imposés au taux moyen.

    Important :

    Si le système ne vous permet pas de prendre connaissance du montant de votre impôt calculé avec le taux moyen, sachez que les services sont néanmoins informés de votre option.

    Ils appliqueront dans tous les cas le taux d’imposition qui vous est le plus favorable et votre déclaration fera alors l’objet d’un traitement à cet effet. Il est donc inutile de contacter les services de la Direction des Impôts des Non Résidents ou d’adresser un message depuis votre espace particulier. Dans cette situation, vous recevrez votre avis d’imposition plus tard, avec une date de paiement du solde éventuel adaptée.

    Précisions:

    – Il n’est pas nécessaire de disposer de revenus de source étrangère pour demander le bénéfice du taux moyen

    – Ce taux ne s’applique que s’il est plus favorable au contribuable et permet d’écarter le taux minimum.

    – L’option pour le taux moyen permet, pour le calcul de ce taux, de déduire les pensions alimentaires versées, sous réserve que ces pensions soient imposables en France entre les mains du bénéficiaire et qu’elles n’aient pas déjà donné lieu, pour le contribuable qui les verse, à un avantage fiscal dans son Etat de résidence.

    Comment opter pour le taux moyen?

    Optez pour le taux moyen d’imposition dés la déclaration en ligne

    Il vous suffit de vous rendre dans la rubrique « Non-résidents » du impot.gouv.fr et de cocher « Bénéficier du taux moyen d’imposition (s’il est plus favorable) ».

    Attention : Dans le cas où certains de vos revenus ont été soumis à la retenue à la source des non-résidents (traitements et salaires, pensions, rentes,…), il convient également de cocher dans cette même rubrique « Retenue à la source des non-résidents ».

    Dans tous les cas, vous avez tout intérêt à cocher la case pour bénéficier du taux moyen d’imposition puisque l’administration n’applique ce taux que dans la mesure où il vous est plus favorable.

    Si vous ne disposez pas d’une connexion internet et que vous déposez une déclaration papier

    Dans ce cas, pour bénéficier du taux moyen, vous devez compléter la case 8TM de la déclaration 2042 C après avoir reporté le montant des revenus mondiaux de votre foyer fiscal dans le formulaire 2041 TM pour déterminer vos revenus mondiaux en précisant la nature et le montant de chaque catégories de revenus.

    Vous pouvez justifier du montant de votre revenu mondial (revenus français et étrangers) en joignant à votre déclaration de revenus le formulaire 2041-TM , ainsi que les justificatifs nécessaires:

    – double de la déclaration de revenus souscrite dans votre État de résidence ;

    – copie certifiée conforme de l’avis d’imposition émis par l’administration fiscale de cet État.

    Ces documents doivent être traduits en français.

    Si votre domicile fiscal se trouve dans un État de l’Union européenne ou dans un État qui a signé avec la France une convention d’assistance administrative de lutte contre la fraude et l’évasions fiscales ou une convention d’assistance mutuelle en matière de recouvrement d’impôt vous pouvez annexer à votre déclaration de revenus une attestation sur l’honneur certifiant de l’exactitude des informations fournies ou effectuer cette déclaration sur l’honneur sur le formulaire 2041 TM.

    Dans tous les cas, vous devez tenir les justificatifs à la disposition de l’administration et les produire si elle vous les demande.

    Si vous ne l’avez fait au moment de la déclaration de vos revenus, vous pouvez adresser une demande contentieuse afin de bénéficier du taux moyen

    Cette demande pourra être faite via la messagerie sécurisée de votre espace particulier ou par courrier adressé au Service des Impôts des Particuliers Non- Résidents (SIPNR) de la Direction des Impôts des non-résidents (DINR).

    Vous devrez alors joindre l’ensemble des justificatifs nécessaires (cf. ci-dessus).

    Dans tous les cas, une demande par messagerie sécurisée vous assurera de sa bonne réception par le service compétent. Il est inutile de recontacter la DINR.

    Sachez néanmoins que, malgré la mise en place d’une organisation adaptée, le traitement d’un volume de réclamations très important peut engendrer des délais de traitement.

    Vous avez donc tout intérêt, au moment de la déclaration de vos revenus, à cocher la case pour bénéficier du taux moyen d’imposition puisque l’administration n’applique ce taux que dans la mesure où il vous est plus favorable au taux minimum.

  • Angela Merkel se prépare à prendre la tête de l’Union européenne

    Angela Merkel se prépare à prendre la tête de l’Union européenne

    L’Allemagne prendra le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Angela Merkel a largement dû revoir ses plans pour s’adapter à la crise sanitaire.

    Un article de notre partenaire Euractiv.

    Lors de la dernière présidence allemande de l’Union européenne, en 2007, l’ambiance était euphorique à Berlin. Après une Coupe du monde de football réussie, une capitale en plein boom, une chancelière qui se positionnait comme pionnière du climat et un nouvel élargissement de l’UE à la Roumanie et la Bulgarie, l’Europe et l’Allemagne semblaient en pleine forme. Treize ans, quelques crises majeures, dont celle provoquée par l’épidémie de Covid-19, plus tard, l’ambiance est tout autre. Angela Merkel termine avec peine un quatrième mandat à la tête du pays.

    La chancelière et plusieurs de ses ministres se sont entretenus mercredi 27 mai par visioconférence avec le président du Parlement européen, David Sassoli, et les représentants des groupes parlementaires. L’urgence de la situation sanitaire fait que l’Allemagne a dû revoir ses plans. Sa présidence de l’UE, à compter du 1er juillet, s’attellera « prioritairement à la résolution de la crise et de ses conséquences ». Angela Merkel a brisé un tabou en Allemagne en proposant, avec Emmanuel Macron, un plan de relance européen de 500 milliards d’euros. Elle souhaite que l’Europe se renforce de l’intérieur afin de pouvoir se présenter vers l’extérieur comme un pilier stable et solidaire ».

    Les Verts ne lâchent pas

    La Chancelière, qui voulait redorer son blason « vert » en faisant de la protection du climat le cœur du prochain semestre, doit donc ranger cet objectif au second rang, même si des négociations importantes restent à l’agenda sur les objectifs climatiques à l’horizon 2030. Les Verts ne veulent cependant pas relâcher la pression : « Le premier objectif d’Angela Merkel est de trouver une majorité au parlement pour le plan de relance. La protection du climat doit en être le cœur », selon la députée écologiste Franziska Brantner.

    Les relations avec la Grande-Bretagne, la numérisation et les questions d’asile restent cependant sur la table. Martin Schulz (SPD), ancien président du Parlement, plaide pour une clause sur l’État de droit lors de la prochaine réforme des traités. Il ne doit y avoir de l’argent européen que quand les principes de l’État de droit sont respectés. Avec cette présidence, l’Allemagne a la possibilité de s’employer à ce que ce soit le cas.

    Angela Merkel se prépare à prendre la tête de l’Union européenne
  • Le Directeur-Général de la Mission laïque française répond aux francais.press en 3 podcasts : #2  les mesures prises pendant le confinement et leurs impacts

    Le Directeur-Général de la Mission laïque française répond aux francais.press en 3 podcasts : #2 les mesures prises pendant le confinement et leurs impacts

    La question de l’enseignement français à l’étranger est essentielle, et ce en particulier pendant cette période de confinement. Réductions sur les coûts de scolarisation en question, situations particulières dans certains pays, vision à long-terme. Jean-Christophe Deberre, Directeur Général de la Mission laïque française a répondu aux francais.press. La Mission laïque française (MLF) est une association à but non lucratif française, créée par Pierre Deschamps en 1902 et reconnue d’utilité publique en 1907, qui a pour objet la diffusion de la langue et de la culture françaises dans le monde, par un enseignement laïque, plurilingue et interculturel. Elle anime un réseau de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger scolarisant plus de 60 000 élèves dans 38 pays. Jean-Christophe Deberre est un ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégé de Lettres modernes et inspecteur d’académie, Il a été professeur en France et à l’étranger, chargé de la coopération éducative au ministère de la Coopération, puis conseiller culturel en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Depuis le 1 septembre 2009, il est le directeur général de la Mission laïque française depuis et de l’Office scolaire et universitaire international.

    Nous continuons cette longue interview par la situation dans les établissements et les mécanismes mis en place pour passer cette période, notamment en matière de coûts de scolarité.

    Le podcast de l’interview avec M. Jean-Christophe Deberre:

    Lesfrancais.press: M. le Directeur-Général, il y a des inquiétudes et des craintes chez certains parents d’élèves concernant les coûts de scolarité, pourriez-vous nous indiquer certaines précisions de la politique de la Mission laïque française?

    Jean-Christophe Deberre, Directeur-Général de la Mission laïque française

    M. Deberre: La critique de l’éducation à distance de la part de certains parents vient de leur volonté de discuter les droits de scolarité des deuxième et troisième trimestres et le travail porte sur le prévisionnel de l’année prochaine. Ce phénomène est à la fois compréhensible, pas anormal dans un débat sur la dépense mais prend une considération considérable.

    Face à cette situation, nous avons eu un engagement AEFE / Mlf devant l’Etat : ne ruinons pas la construction scolaire en la découpant en morceaux. Une des critiques était que l’enseignement maternel n’était pas délivré. C’était la partie la plus problématique et fragile du cursus mais une construction s’est faite sur ce point.

    Cela va servir pour la suite. Attaquer l’école en disant on paye en fonction du service rendu et donc on veut bien pour le collège / lycée mais pas la maternelle c’est attaquer l’édifice dans son ensemble.

    Par ailleurs nous avons maintenu l’emploi et c’est 75/80% des coûts.

    Lesfrancais.press: et quelles sont les propositions de la Mission laïque pour les familles?

    M. Deberre: Nous avons monté des déclinaisons locales, avec 3 propositions : faciliter le paiement du troisième trimestre en décalant et permettant des échéanciers, en réactivant les mécanismes de solidarité interne des établissements, et ce car si il y avait une remise pour tous elle serait insignifiante par rapport aux besoins des familles, et aujourd’hui par contre par exemple en Espagne des centaines de familles ont été soulagées. C’est une mesure établissement par établissement mais pensé globalement.
    Troisièmement, quand c’est légal dans les Etats, nous avons prévu un gel des droits de scolarité à la rentrée 2020. Nous pensons que l’effet crise ne se verra quand dans quelques mois, pas immédiatement. Le stress est fort et est compréhensible, mais le vrai sujet sera à la rentrée et nous verrons que la réalité de l’emploi sera plus perceptible.

    Si il est possible, en concertation avec l’Etat, de faire plus, nous le ferons.

    ECOUTEZ LE PREMIER PODCAST AVEC M. DEBERRE (Liban, USA, Maroc)

    ECOUTEZ LE TROISIEME PODCAST AVEC M. DEBERRE (Projection et avenir du Réseau)

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