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  • Les occidentaux constatent la victoire des talibans

    Les occidentaux constatent la victoire des talibans

    Le président américain s’est entretenu mardi 17 août par téléphone de la victoire des talibans en Afghanistan avec le Premier ministre britannique. Les deux dirigeants ont convenu d’organiser, la semaine prochaine, une réunion virtuelle du G7 pour discuter d’une stratégie et d’une approche communes. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Sommet virtuel

    Le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont convenu lors d’un entretien téléphonique mardi 17 août de participer la semaine prochaine à un sommet virtuel du G7 sur l’Afghanistan, ont fait savoir la Maison Blanche et Downing Street dans deux communiqués.

    Les deux hommes « se sont mis d’accord pour tenir un sommet virtuel des chefs d’État et de gouvernement du G7 la semaine prochaine afin de discuter d’une approche et d’une stratégie commune »

    Communiqué de la présidence américaine.

    Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du « groupe des 7 » (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), avait appelé lundi à la tenue d’un tel sommet, alors que la communauté internationale réagit pour l’heure en ordre dispersé.

    Premier entretien de Joe Biden avec un chef d’État depuis la chute de Kaboul

    Dans leur conversation, le Premier ministre britannique et le président américain ont« salué la coopération des États-Unis et du Royaume-Uni »dans les opérations d’évacuation, selon Downing Street.

    Ils ont également évoqué « le besoin de poursuivre une étroite coopération entre alliés et partenaires démocratiques » au sujet de l’Afghanistan, a indiqué de son côté la présidence américaine.

    Il s’agit du premier entretien de Joe Biden avec un chef d’État ou de gouvernement depuis la chute de Kaboul, après vingt années d’intervention militaire d’une coalition internationale emmenée par les États-Unis, et dans laquelle le Royaume-Uni a joué un rôle important.

    La décision de Joe Biden de retirer les derniers soldats américains d’Afghanistan au plus tard le 31 août, et la gestion de cette opération par Washington ont été ouvertement critiqués au Royaume-Uni.

    L’UE et les talibans

    L’UE « devra parler » aux talibans « aussi vite que nécessaire », car ces derniers « ont gagné la guerre » en Afghanistan, mais sans que cela implique de reconnaître formellement le nouveau régime dans l’immédiat, a déclaré mardi (17 août) Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

    « Les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux, afin d’engager un dialogue aussi vite que nécessaire pour éviter une catastrophe humanitaire et potentiellement migratoire. Ce dialogue devra aussi se concentrer sur les moyens d’empêcher le retour d’une présence terroriste étrangère en Afghanistan » 

    Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

    Il a néanmoins précisé que de telles discussions n’impliquaient pas pour autant une prompte reconnaissance officielle du régime taliban par Bruxelles.

    Pas encore de reconnaissance

    M. Borrell s’exprimait devant la presse à l’issue d’une réunion en visioconférence des ministres européens des Affaires étrangères, à l’heure plusieurs États membres de l’UE renforcent leurs efforts pour accélérer l’évacuation de ressortissants occidentaux et de personnels afghans depuis l’aéroport Kaboul.

    « Il ne s’agit pas de reconnaissance officielle (des talibans), il s’agit d’être en contact. Si je veux que 400 personnes, des Afghans qui travaillaient pour l’UE et leurs familles, puissent rejoindre l’aéroport (pour être évacués), alors je dois parler aux autorités des talibans. Dans le cas contraire, ce sera extrêmement difficile pour eux d’atteindre l’aéroport. C’est une opération logistique assez compliquée, donc on doit communiquer avec les talibans« 

    Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

    Les talibans seront jugés « selon leurs actions », a abondé après la réunion le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. « Ce qui importe avant tout, c’est que la transition se fasse de façon pacifique », a-t-il martelé.

    Les ministres européens se sont également penchés mardi sur les circonstances de l’effondrement soudain des forces afghanes face à l’offensive éclair des talibans.

    « Nous devons reconnaître les erreurs que nous avons commises, particulièrement sur l’évaluation des capacités militaires » locales, alors que « l’apport de ressources sans précédent n’a eu que de médiocres résultats en termes de capacité de résistance de l’armée et de l’État afghans », a observé Josep Borrell.

    Le premier objectif de l’intervention occidentale, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, « était de détruire Al-Qaïda », mais « notre mission a graduellement évolué vers la construction d’un État moderne », a-t-il souligné.

     « Aujourd’hui, on peut dire que nous avons réussi pour le premier objectif. Pas pour le second ».

    Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
  • Côte d’Ivoire : la fièvre Ebola menace le pays

    Côte d’Ivoire : la fièvre Ebola menace le pays

    Après la Covid-19, c’est maintenant le virus Ebola qui menace la Côte d’Ivoire. Un cas de la fièvre hémorragique a été détecté dans le pays pour la première fois depuis 1994. Une campagne de vaccination vient de débuter.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Quand  l’or  a  cessé  d’être  un  étalon

    Quand l’or a cessé d’être un étalon

    Les  Accords  de  Bretton  Woods  du  mois  de  juillet  1944  fixaient  les  nouvelles  règles financières  et monétaires  de  l’économie  mondiale,  du  moins  pour  les  Etats  qui acceptaient  de  s’y  plier.  Après  la  crise  de  1929  et  ses  conséquences,  les  quarante-quatre Etats  signataires  avaient  comme  objectifs  le  rétablissement  de  la  liberté  des  paiements internationaux  pour  relancer  le  commerce  international  et  la    stabilité  des  taux  de  change.   Ce  nouveau  système  reposait  sur  le  dollar  qui  était  la  seule  monnaie convertible directement  en  or.  Ce  choix  entérinait  la  position  dominante  des  Etats-Unis.  Le  système monétaire  n’a  pas  réellement  fonctionné  comme  escompté.  

    Le  retour  de  la  convertibilité des  devises  fut  long  à  se  dessiner  ;  pour  le  Franc  il  fallut  attendre  1958.  Après  la    pénurie de dollars  des  années  1945/1955,  le  monde  doit  faire  face  au  phénomène  inverse en lien  avec  les  déficits  croissants  de  la  balance  des  paiements  courants  américaine  et l’essor  des  eurodollars  dont  le  marché  est  progressivement  devenu  supérieur  à  celui  des Etats-Unis.  La  guerre  du  Vietnam  avec  les  besoins  financiers  qu’elle  générait,  les problèmes  politiques,  la  faible  croissance  en  comparaison  à  celle  qu’enregistraient l’Europe  ou  le  Japon  créaient  un  climat  de  défiance  à  l’encontre  des  Etats-Unis.  

    Dès 1964,  sous  l’impulsion  du  Général  de  Gaulle,  la  France  demande  la  conversion  des excédents  de dollars  en  or.  Elle  fut  suivie  un  peu  plus  tard  par  d’autres  pays  dont l’Allemagne.  La  parité  de  35  dollars  l’once  était  intenable  du  fait  de  l’augmentation  du  prix du  métal  précieux  sur  le  marché  libre.  Dans  ces conditions,  afin  de  ne  pas  voir  disparaître le  stock  d’or  de  la  Réserve  Fédérale,  Richard  Nixon  pouvait  soit  procéder  à  une importante  dévaluation  au  risque  de  provoquer  une  vague  inflationniste,  soit  suspendre la  convertibilité.

     Au  mois  de  mars  1973,  les  Etats  membres  du  FMI  optent  pour  les changes  flottants  ;  le  cours  des  devises  sont  fixés  par  le  marché.  Le  8  janvier  1976,  les accords  de  la  Jamaïque  entérinent  l’abandon  du  rôle  légal  de  l’or.   Le  métal  jaune  s’était  imposé  comme  étalon  en  raison  de  sa  rareté,  sa  durabilité,  sa densité,  sa  ductilité  et  sa  facile  identification.  Le  recours  à  l’or  constituait  une  garantie pour  les  échanges  et  pour  les  placements. 

    La  valeur  d’une  devise  dépend  de  la  situation comparée  des  économies  

    Ce  système  a  toujours  été  fragile  car dépendant  de  la  production  d’or.  L’arrivée  de  l’or  des  Amériques  a ainsi  déstabilisé l’Espagne  et  le  Portugal  au  XVIe  siècle.  Dans  une  économie  complexe  et  mondialisée,  la référence  à  un  bien  physique  pour  déterminer  la  valeur  des  monnaies  devenait  de  plus en  plus  difficile  à  tenir  d’autant  plus  que  l’or  est  également  une  matière  première  utilisée dans  de  nombreux  secteurs  économiques.  Au  vu  des  crises  encaissées  depuis  1971  par l’économie  mondiale,  il  apparaît  difficile  d’imaginer  aujourd’hui  un  système  monétaire reposant  sur  l’or  dont  l’once  vaut  au  mois  d’août  2021  autour  de  1800  dollars,  soit  51  fois le  cours  légal  d’il  y  a  cinquante  ans.  La  valeur  d’une  devise  dépend  de  la  situation comparée  des  économies  et  des  politiques  monétaires  mises  en  place.  Si  le  pouvoir d’influence  des  Etats  est  moindre  que  dans  le  passé,  il  en  est  de  même  pour  la spéculation  qui  trouvait  un  terrain favorable  avec  les  dévaluations  et  les  réévaluations. 

    La  fin  de  la  convertibilité  est  la  cause  et  la  conséquence  du  développement  des  marchés financiers  dont le  poids  au  sein  des  économies  a  fortement  augmenté  dans  les  années 1990/2000.  Les  besoins  de  financement  croissant  des  Etats,  les  importants  excédents commerciaux  des  pays  pétroliers,  de l’Allemagne,  du  Japon  ou  de  la  Chine  le  rôle  de  plus en  plus  important  des  multinationales  nourrissent  la sphère  financière  qui  a,  en  outre, bénéficié  des  nombreux  progrès  technologiques  avec  la  digitalisation  de ses  activités.

    Concurrence entre les monnaies 

    L’abandon  de  la  convertibilité  en  1971  a,  par  ailleurs,  conduit  vingt  ans  plus  tard  à l’adoption  par  les Etats  membres  de  l’Union  européenne  du  Traité  de  Maastricht  instituant l’euro.  Pour  sécuriser  le  marché unique  ainsi  que  la  politique  agricole  commune,  les Européens  ont,  en  effet,  décidé  d’abandonner  leurs  monnaies  soumises  à  d’incessantes fluctuations.   

    Cinquante  ans  plus  tard,  la  fin  de  la  convertibilité  du  dollar  en  or  apparaît  comme  une évidence.  Avec  la  crise  sanitaire  qui  a  abouti  à  une  augmentation  sans  précédent  des bases  monétaires  grâce  aux  rachats  d’obligations  effectués  par  les  banques  centrales, certains  s’interrogent  sur  la  valeur  à  terme  des  devises.  Celle-ci  dépend  avant  tout  des avantages  comparés.  Le  dollar  demeure  la  monnaie  première  et  de  loin  au  niveau mondial  en  raison  de  la  surface  économique  et  financière  et  du  poids  militaire  du  pays qui  l’émet. Les  Etats-Unis  sont  jugés  sûrs  et  offrent  encore  un  potentiel  de  croissance pour  les  prochaines  années.  Néanmoins,  face  à  l’accumulation  de  dettes,  un  nombre croissant  de  personnes  imaginent  que  l’avenir  monétaire  passe  par  les  cryptomonnaies. 

    Après  la  fin  de  l’étalon  or  en  1971,  les  prochaines  années  pourraient  être  celles  de  la concurrence  monétaire  à  l’intérieur  des  pays  avec  la  cohabitation  de  plusieurs cryptomonnaies  avec  les  devises  officielles  à  moins  que  les  banques  centrales l’interdisent… 

  • Afghanistan : la situation au Jour 2

    Afghanistan : la situation au Jour 2

    Les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles ce mardi 17 aout. Ils n’étaient pas les seules, dans la capitale belge, où sont installés le siège des institutions européennes et le QG de l’OTAN, les sirènes des convois diplomatiques ont résonné toute la journée dans les rues désertes en cette mi-d’aout. Sous la drache bruxelloise, l’avenir de milliers d’Afghanistan s’est donc décidé alors que Kaboul vit sa deuxième journée comme capitale de l’Emirat islamique d’Afghanistan.

    Entre amnistie et représailles

    Aujourd’hui, les afghans qui ont de l’électricité se sont réveillés avec une télévision d’État qui diffuse essentiellement des programmes islamiques, pré-enregistrés. Maulvi Ishaq Nizami a repris ses fonctions de directeur des media afghans qu’il occupait vingt ans auparavant.

    Tolo TV, première chaîne privée du pays qui a connu un grand succès au cours des deux dernières décennies avec ses jeux télévisés, ses feuilletons et ses concours de jeunes talents, a cessé d’émettre ses programmes habituels, laissant place à des rediffusions d’une série turque sur l’Empire ottoman. Elle a toutefois diffusé un journal télévisé dans lequel une présentatrice interviewe un responsable taliban.

    Tolérance contre reconnaissance

    Cette ouverture des talibans est en accord avec les déclarations des nouveaux dirigeants du pays. Ce mardi après-midi, ils ont ainsi promulgué une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d’État, les appelant à retourner au travail dès demain.

    Mais quelles seront leurs réactions une fois la reconnaissance internationale acquise ? une fois que leurs engagements auprès des Russes et des Chinois de ramener l’ordre et le calme dans le pays seront réalisés ? Déjà des femmes ont osé manifester dans les rues de Kaboul..Ou seront-elles demain ?

    Visas pour les collaborateurs

    Conscients des risques pour tous ceux qui ont collaboré avec les occidentaux, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé, ce mardi 17 aout, de prendre en charge ces derniers et leurs familles. Pour cela les différents pays ont accordé leurs politiques de visas. En parallèle, le calme étant revenu à l’aéroport, les vols ont pu reprendre.

    De la Belgique à la Pologne, tous les pays européens ont listé ainsi les prestataires et salariés afghans de ces vingt dernière années. l’Allemagne et à la France ont ainsi reçu une liste de près de 1000 personnes. Ces deux pays sont les seuls à avoir mis des moyens en oeuvre pour assurer l’évacuation des européens.

    La France, dont l’ambassade à l’aéroport poursuit son travail, doit de son côté encore rapatrier un peu plus d’une centaine de ses collaborateurs et les quelques expatriés restant sur place. Ce mardi après-midi, elle a enfin pu jeter les bases de son pont aérien entre Kaboul et sa base aux Emirats arabes unis. Les partenaires européens pourront ainsi en profiter pour rapatrier ressortissants et protégés.

    Un premier avion évacuant des Français et certains Afghans de Kaboul y est arrivé tôt ce mardi matin.

    la France a «posé les bases d’un pont aérien entre Kaboul et les Émirats arabes unis».  «Cette opération ne pourrait pas avoir lieu sans un puissant soutien des Émirats arabes unis»

    la ministre des Armées Florence Parly sur RTL

    Dès l’après-mid un Airbus A310 à destination de Paris CDG a décollé d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. A son bord 45 ressortissants français et de pays partenaires exfiltrés de Kaboul par les autorités françaises, a indiqué à l’AFP le ministère des Armées.

    D’autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir pour évacuer tous les ressortissants français, et les Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises.

    Armée français embarquant à Orleans pour sécuriser le rapatriement des européens ©REUTERS

    l’OTAN face au fait accompli

    Car oui, le pays est définitivement revenu à ceux que l’organisation avait chassés il y a 20 ans suite aux attentats du 11 septembre 2001. L’OTAN n’a d’autre choix, comme tous, d’acter la nouvelle situation. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fustigé mardi «l’échec des autorités afghanes» à s’opposer aux talibans et à empêcher leur prise du pouvoir à Kaboul, tout en défendant l’engagement des troupes de l’Alliance dans le pays.

    Les forces de l’OTAN «ont combattu bravement» en Afghanistan «mais n’ont pas réussi à sécuriser le pays», car «en fin de compte, les autorités politiques afghanes ont échoué à s’opposer aux talibans et à parvenir à une solution pacifique (…) C’est l’échec des autorités afghanes qui a conduit à ce que nous voyons aujourd’hui»

    Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN en conférence de presse
    Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

    Et les Alliés devront serrer les rangs. La Russie comme la Chine ne se privent pas d’enfoncer le clou devant l’échec de la campagne menée par les Américains. Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a durement critiqué le bilan humain de deux décennies d’intervention américaine.

    «En Irak, en Syrie et en Afghanistan, ce qu’on a vu c’est une armée américaine qui laisse en partant des troubles, des divisions, des familles dévastées et décimées. Ils ont laissé une terrible pagaille, ont laissé ces endroits dans un état désastreux. La puissance et la fonction des États-Unis, c’est de détruire, pas de bâtir»

    Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.

    Un sentiment de gâchis

    Chez tous les participants à la grande coalition contre les talibans en 2001, un sentiment de gâchis s’est répandu. Lundi soir, lors de l’allocution télévisée, Emmanuel Macron s’est adressé directement « à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés » en Afghanistan.

    « Nous n’oublierons pas nos soldats, nous n’oublierons pas nos morts, 90 au total », après avoir affirmé que dans ce pays « notre combat était juste et c’est l’honneur de la France de s’y être engagée. »

    Emmanuel Macron, Président de la République française, le 16 aout 2021

    Pourtant, des voix se sont élevées pour dénoncer ces « morts pour rien ». Comme celle du père de Damien, militaire français, qui est mort dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan, le 18 août 2008. Treize ans plus tard, Jean-François Buil est désemparé, devant les images des talibans qui s’emparent à nouveau du pouvoir en Afghanistan.

    « Je ne comprends pas du tout, je suis complètement écoeuré par ce qui se passe, quand je pense à tout ces soldats. Ce sont 3500 soldats de l’Otan et américains qui sont décédés là-bas, et à toutes ces familles endeuillées, je pense que ça n’a servi à rien »

    Jean-François Buil sur BFMTV ce mardi 17 aout 2021

    L’onde de choc continue de se propager, personne n’avait imaginé un tel retour des talibans. Surtout aussi rapidement, avant même le départ des dernières troupes américaines soit officiel. L’Occident, choqué, finira, peut-être, par s’interroger sur l’universalité de son modèle? Les femmes et les démocrates Afghans, loin des caméras, vivront, eux, et cela est sûr, de nouveau sous la tyrannie de leurs bourreaux

  • Le Passe sanitaire ? Qu’en pensent les expatriés ?

    Le Passe sanitaire ? Qu’en pensent les expatriés ?

    Du 01 au 07 aout, nous vous avons consulté sur le Passe sanitaire, sa mise en place et ses conséquences. Vous avez été 3509 à répondre à notre questionnaire.

    consultation sur le Passe sanitaire des expatriés
    ©SIG

    90% des expatriés vaccinés…

    La première leçon de cette consultation, c’est la prise de conscience des expatriés. Ils ont bien intégré que leur capacité de voyage dépendra de leur situation vaccinale ainsi 90% des consultés ont répondu être vaccinés.

    consultation sur le Passe sanitaire des expatriés

    Par contre, faire reconnaitre sa vaccination en France semble être toujours un parcours du combattant. Seulement 48% des vaccinés ont réussi à obtenir leur QR code européen/français. La grande majorité c’est tout simplement car ils ont été vaccinés au sein de l’Union européenne. Par contre, 1/3 des expatriés vaccinés hors de l’UE ayant participé à la consultation n’ont pas eu de retour après avoir écrit aux adresses emails censées transcrire la vaccination réalisée hors UE en QR code européen.

    … mais souvent sans Passe sanitaire

    Si les problèmes de compatibilité de lecture des QR codes émis dans les autres pays européens ont été résolus au cours de la deuxième partie de l’été, ils ont entravé les vacances de nos compatriotes pendant de longues semaines. En effet, jusqu’au 20 juillet, l’application TousAntiCovid grand public ne lisait pas les QR codes des autres pays et ne pouvait donc pas activer le Passe sanitaire pour les vaccinés en Europe. Les autres ? Ils sont, eux, en attente du QR code émis par la cellule du Ministère des Affaires étrangères. Ce dernier validera leur vaccination en France et dans les autres pays participant au programme européen. L’opération étant manuelle, les retards s’accumulent. Au final, ils sont près de de 78% à déclarer ne pas avoir pu activer leur Passe sanitaire.

    consultation sur le Passe sanitaire des expatriés

    Gratuité des tests PCR, l’info ne passe pas

    Sans vaccination reconnue, seule solution pour espérer pouvoir profiter des activités en France au cours de ce mois d’aout, c’est de procéder à un test PCR ou antigénique en France, toutes les 72h. Facile d’accès, des tentes de dépistage en 10/15 minutes se sont multipliés sur tout le territoire, c’est la solution qu’on retenu de nombreux expatriés.

    Tente de dépistage à Paris ©Scienceetavenir
    Tente de dépistage à Paris ©Scienceetavenir

    Et là un autre problème surgit ! Alors que Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a mis en place la gratuité des tests de dépistages pour les expatriés comme pour tous les Français jusqu’au 15 octobre 2021, l’information n’est pas ou peu connue des professionnels. Ils réclament souvent la carte vitale ou une attestation de droit. Dans les secteurs touristiques comme Paris ou la Côte d’Azur, les retours d’expérience démontrent que les pharmaciens et autres praticiens sont mieux informés. Cependant, 73% des expatriés ayant répondus à cette question (2117) ont déclaré ne pas avoir pu réaliser de tests gratuitement (Retrouvez les infos sur la gratuité des tests).

    consultation sur le Passe sanitaire des expatriés

    Le séjour estival en France ? C’est sacré

    On le voit le séjour en France n’est pas de tout repos entre la rareté des vols, les risques de mise en quarantaine lors de son retour dans son pays de résidence, les procédures administratives et sanitaires, etc.

    Et pourtant ? Les Français établis hors de France dans leur grande majorité ont relevé le défi ! Hors de question de louper ce rendez-vous annuel avec la famille, les amis en France. 62% des expatries ayant répondu à cette question (3398) ont donc déclaré être venus ou venir en France au cours de cet été 2021. Seulement 19% des Français de l’étranger ont renoncé à visiter l’hexagone pour ces vacances du fait de la Covid-19.

    consultation sur le Passe sanitaire des expatriés
  • Le combat du Français Philippe Delpal continue en Russie

    Le combat du Français Philippe Delpal continue en Russie

    Une saga politico-judiciaire a secoué le climat d’investissement à Moscou ces dernières années. Une nouvelle étape a été franchie le 06 aout avec le verdict du premier procès. Sans surprise, le Français Philippe Delpal a été condamné à de la prison avec sursis… Si cela peut paraitre une bonne nouvelle, ce ne l’est pas ! Pendant les 5 ans où l’emprisonnement serait possible en cas de récidive, le banquier français ne peut pas quitter le territoire russe.

    Cette situation crée une tension franco-russe supplémentaire. La juge du tribunal Mechcthanski a repris les conclusions de l’enquêtrice puis du procureur : selon elle, la culpabilité de Philippe Delpal, celle du fondateur américain du fonds Michael Calvey et de leurs cinq collègues russes a été « entièrement prouvée ». Ils ont été condamnés à de la prison avec sursis : quatre ans et demi pour le Français, cinq ans et demi pour l’Américain, de trois ans et demi à cinq ans pour les Russes.

    L’enjeu ? la banque Vostotchny

    Depuis le début de l’enquête, des voix influentes dans les milieux économiques russes et étrangers ont publiquement défendu la cause de ces hommes d’affaires, des investisseurs respectés en Russie depuis de nombreuses années.

    Assigné à résidence depuis août 2019 – une assignation légèrement assouplie en novembre 2020 -, Philippe Delpal avait plaidé non coupable comme l’ensemble de ses collègues. Pour chacun d’entre eux, pas de doute : cette procédure était une tentative de pression d’Artiom Avetissian, désireux de mettre la main sur la banque Vostotchny.

    Prochaine étape : la cour d’appel

    Déçu par le verdit, Philippe Delpal avait déjà interjeté appel avant même sa sortie du tribunal.

    « Même si c’est avec du sursis et même si certains de mes collègues russes me disent un sursis en Russie c’est une victoire, je suis désolé moi je ne suis pas du tout sur cette approche : une condamnation, ce n’est pas une victoire. »

    Philippe Delpal

    Conforté par la présence, durant les audiences, des responsables du milieu des affaires européens et français et par des représentants de l’ambassade de France, Philippe Delpal continue de croire en la justice.

  • Haïti : l’aide s’organise dans la région

    Haïti : l’aide s’organise dans la région

    Après le séisme qui a frappé samedi la moitié sud-ouest d’Haïti, les opérations de secours sont confrontées au problème des groupes armés. Le temps presse avec l’arrivée de la tempête tropicale Grace. Les autorités comptent sur l’aide des pays de la région.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Industrie et  lutte  contre  le  réchauffement  climatique

    Industrie et lutte contre le réchauffement climatique

    Depuis  plus  de 20 ans, l’économie  mondiale  se  tertiarise  au  détriment  de  l’industrie.  Cette déformation  de  la  production  avait  comme  vertu  de  ralentir  les  émissions  de  gaz  à  effet de  serre  en  réduisant  la  consommation  de  matières  premières  et  de  d’énergie.

    Les  plans  de  relance  contribuent  à  l’augmentation  de  la  demande  en  produits industriels    

    Depuis  le début  de  la  crise  du  Covid,  la  structure  de  la  demande  évolue  fortement en  faveur  des biens.  Les  ménages  tendent  à  acheter  davantage  de  matériel  informatique  et électronique  ainsi  que  des  biens  d’équipements  pour  leur  logement quand,  les entreprises,  de  leur  côté,  investissent  dans  des  matériels  nécessaires  à  la digitalisation, au  télétravail  et  à  la  transition  énergétique. 

    Les  plans  de  relance, comme celui de l’UE,   contribuent  également à  l’augmentation  de  la  demande  en produits  industriels  et  en  produits  destinés  au bâtiment  ainsi  qu’aux  travaux  publics.  Cette  évolution  constitue  donc  une  rupture  par rapport  à  un  cycle  engagé  dans  les  années  1990  et  qui  s’était  accéléré  avec  la  crise  des subprimes.   

    Si  jusqu’en  2002,  la  production  industrielle  pour  les  pays  de  l’OCDE  progressait  au  même rythme  que  le  PIB,  un  premier  décrochage  est  intervenu  entre  2002  et  2007. De  2010  à 2019,  la  production  industrielle  progresse  faiblement  en  volume  quand  le  PIB  s’accroît de  plus  de  16 %.  

    Ce  phénomène  est  encore  plus  net  pour  l’ensemble  de  l’économie mondiale.  Plusieurs facteurs  ont  contribué  à  la  forte  croissance  du  secteur  tertiaire.  Plus le  niveau  de  vie  des  ménages  augmente,  plus  la  part  du  budget  consacrée  aux  services progresse.  Ces  vingt  dernières  années,  les  populations  des  pays  émergents  ont  connu une  forte  progression  de  leur  pouvoir  d’achat,  conduisant  à  une  expansion  du  secteur tertiaire.  Les  loisirs,  les  services  à  la  personne  et  la  santé  connaissent  une  progression plus  rapide  que  celle  du  PIB  avec  l’accroissement  des  classes  moyennes.

    Un  vif  mouvement  de désindustrialisation    

    Au  sein  des pays  occidentaux,  le  vieillissement  de  la  population  contribue  au développement  des services.  La  saturation  des  besoins  en  produits  industriels  a  pu  également  jouer.  Cette transformation  de  la  demande  a  conduit à  la  création  d’emplois  dans  les  services,  emplois moins  sophistiqués  et  moins  payés.

    Le  ratio  pétrole/PIB  a  diminué  de  40%.    

    Les  pays  de  l’OCDE  ont  connu  un  vif  mouvement  de désindustrialisation,  accentué  par le  développement  industriel  des  pays  d’Asie  du  SudEst.  Cette  mutation  a  pour conséquence  une  moindre  progression  des  émissions  des  gaz à  effet  de  serre.  Pour  l’OCDE,  le  volume  des  émissions  ont,  en  vingt  ans,  pour  un  point de  croissance,  baissé  de  60 %.  Pour  l’ensemble  de  l’économie  mondiale,  la  diminution est  de  40 %.  Depuis  2009,  la  consommation  de  métaux  au  sein  de  l’OCDE  a  diminué  de 30 % ; pour l’ensemble  de  l’économie  mondiale,  la  hausse  a  été  de  5 %.  De  1990  à  2019, le ratio  consommation  de  pétrole  sur  PIB  a  diminué  de  40 %.  La  croissance  est  moins consommatrice  de  produits  pétroliers.  Cette  évolution  est  la  conséquence  d’une  plus grande  efficience  dans  l’utilisation  des  matières  premières  et  de  l’énergie  et  de  la moindre dépendance  de  la  croissance  à  la  production  industrielle.   

    Cette  évolution  favorable  au  climat  est-elle  durable ?  La  crise  sanitaire  semble  prouver le  contraire.  L’épidémie  a  provoqué  une  hausse  rapide  et  forte  de  la  demande  en  produits industriels.  En  raison  des  confinements  et  de  l’essor  du  télétravail,  les ménages  ont augmenté  leurs  dépenses  en  produits  informatiques  et  électroménagers  ainsi  que  celles liées  à  l’équipement  des  logements.

    La  transition  énergétique  pourrait  provoquer  dans  un  premier  temps  une  augmentation des  émissions  des  gaz  à  effet  de  serre.  Les  investissements  nécessaires  pour  la décarbonation  de  la  production  sont  sources  d’émissions  de  CO2.  La  fabrication d’éoliennes,  de  panneaux  solaires,  le  remplacement  des  véhicules,  l’isolation  des logements,  etc.  donnent  lieu  dans  le  cadre  des  circuits  de  production  à  de  fortes émissions  de  gaz  à  effet  de  serre.  Faute  de  pouvoir  circuler  facilement  ou  librement, les ménages pourraient  à nouveau privilégier l’équipement  de  leurs  logements.  Il  en résultera une  augmentation  de  la  consommation  de  matières  premières  et  des  émissions  de  CO2. 

    Pour  respecter  les  objectifs  climatiques,  les  États  ne  pourront  plus  compter  sur  le  déclin de  l’industrie,  d’autant  plus  qu’au  sein  de  l’OCDE,  la  tendance  est  à  la relocalisation. Afin  de  contenir  l’augmentation  de  la  température  à  l’échelle  mondiale  à  1,5  degré,  ce dont  doutent  de  plus  en  plus  les  scientifiques  du  GIEC,  les  États-Unis,  l’Europe,  le  Japon et  la  Chine  sont  censés  faire  disparaître  les  émissions  nettes  de  CO2  entre  2050  et  2060. Cet  objectif  ambitieux  peut-il  être  réalisé  en  maintenant  un taux  de  croissance  de l’économie  mondiale  autour  de  3%  nécessaire  pour  améliorer  la situation  des  pays  en développement  et  émergents?  Faut-il  que  les  pays  dits  avancés acceptent  une décroissance?

    Une  plus  grande  efficience  dans  les  processus  de production    

    De  1990  à  2019,  les  émissions  de  CO2  ont  progressé  de  60% ;  depuis 2009,  la hausse  est  plus  contenue,  +12,5 %  sur  ces  dix  dernières  années  en  lien,  par ailleurs,  avec  un  affadissement  de  la  croissance.

    La  nécessité  d’une  décorrélation  entre croissance  et  émission  de  gaz  à  effet  de  serre  s’impose.  Cela  suppose  de  réelles avancées  technologiques  en  matière  d’énergie  décarbonée,  dans  le  domaine  de  la construction  de  bâtiments  (l’acier,  le  béton  et  le ciment  sont  des  importants  émetteurs) ou  de  l’agriculture.  La  recherche  d’une  plus  grande  efficience  dans  les  processus  de production  industrielle  sera  donc  indispensable;  l’autre  voie,  difficilement  acceptable, étant  la  décroissance.

  • Kaboul : évacuation dans le chaos

    Kaboul : évacuation dans le chaos

    En Afghanistan l’évacuation des occidentaux se déroule dans un chaos. Dans la journée et la soirée du dimanche 15 aout , les Talibans se sont emparés de la capitale Kaboul et du palais présidentiel. Depuis de nombreux ressortissants étrangers, principalement des employés diplomatiques et d’institutions privées, cherchent à quitter le pays par les voies aériennes. De leur côté, des milliers de citoyens afghans se rendent également à l’aéroport de la ville pour tenter de fuir.

    Si l’aéroport de Kaboul est bondé, les rues de la ville sont désertes, rapporte des journalistes sur place, selon la BBC. De nombreux magasins ont fermé leurs portes, tout comme les cafés. Face à la prise de pouvoir imminente des talibans, certaines activités risquent de disparaître.

    Members of Taliban forces gesture as they check a vehicle on a street in Kabul, Afghanistan, August 16, 2021. REUTERS/Stringer

    L’Ambassade française en Afghanistan poursuit son travail

    Délocalisée dimanche de la zone verte de Kaboul jusqu’à l’aéroport internationale comme nous l’annoncions hier, l’Ambassade française en Afghanistan est toujours au travail. 

    L’ambassadeur David Martinon et toute l’équipe mobilisée à Kaboul travaillent à s’assurer de l’évacuation de tous les Français et de leurs alliés encore sur place. Ils préparent visas et autres documents pour les vols spéciaux prévus par la France.

    En effet, deux avions ont quitté le sol français ces dernières heures et devraient débuter leurs opérations d’ici la fin de journée dans le cadre de l’opération Apagan. Cependant, les 60 Français et leurs entourages encore présents sur place ont le plus grand mal à rejoindre l’aéroport pris d’assaut par la population locale.

    Anne Genetet
    Anne Genetet

    « Aujourd’hui, il reste quelques dizaines de Français, peut-être un peu plus si on compte ce qu’on appelle ‘les familles’, c’est-à-dire les personnes sous protection rapprochée, des personnes qui ne sont pas forcément de nationalité française mais font partie de leur famille »

    Anne Genetet – députée des Français d’Asie et d’Europe orientale

    Une fois évacués, Florence Parly, la ministre des Armées, a précisé les conditions d’accueil pour les Français qui auront pu quitter l’Afghanistan.

    « Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Emirats arabes unis les conditions d’accueil des premiers évacués (…) ». La base française aux Emirats « va servir de hub militaire pour assurer des norias entre Abou Dhabi et Kaboul et ensuite le rapatriement jusqu’en France »

    Florence Parly, la ministre des Armées.

    Rappelons que les Français présents en Afghanistan avaient été invités dès le mois d’avril à quitter le pays et un vol spécial (gratuit) avait été affrété par les autorités françaises le 16 juillet.

    L’aéroport sous haute tension

    A l’aéroport international de Kaboul, que l’armée américaine a assuré avoir sécurisé ce lundi matin, les scènes de chaos se succèdent depuis dimanche soir. À tel point que les services de l’aéroport ont annoncé la suspension des vols commerciaux dans la matinée.

    Car des milliers d’Afghans, fuyant les talibans et la précarité de leur situation, ont envahi les pistes. Afin de tenter de remettre un semblant d’ordre, les troupes américaines – dont le contingent doit encore grossir de 1000 soldats, pour atteindre 6000 militaires – ont tiré en l’air. Le Wall Street Journal rapporte qu’au moins trois personnes sont mortes par balles, ce lundi, à l’aéroport de la capitale afghane, sans préciser de quel côté provenaient les tirs.

    https://twitter.com/BANDIT_XRAY/status/1427102376603922432

    La France, fidèle à ses engagements

    Selon les communiqués officiels, la France met actuellement « tout en oeuvre pour assurer la sécurité des Français » encore en Afghanistan, sa « priorité absolue ». En parallèle, Emmanuel Macron « suit heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation » . Dans une allocution ce lundi 16 aout à 20h, Emmanuel Macron a indiqué que le « devoir et la dignité » de la France était de « protéger » les Afghans qui l’ont aidée et qui sont menacés par l’arrivée des talibans au pouvoir. Le président a par ailleurs indiqué au cours de son allocution vouloir porter une initiative européenne visant à « anticiper » et « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » qui « nourrissent les trafics de toute nature ».

    « C’est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les Etats-Unis et l’Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes »,

    Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 aout

    Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale, vice présidente du groupe d’amitié France-Afghanistan, s’est aussi exprimée sur différents médias nationaux et assure le relais entre les autorités et les expatriés sur place quand elle le peut.

  • Les  cryptoactifs  à  la  conquête  du  monde ?

    Les cryptoactifs à la conquête du monde ?

    Les  cryptomonnaies  ou  plutôt  les  cryptoactifs  pour  reprendre  le  terme  de  la  Banque Centrale  Européenne  sont  des  actifs  virtuels  stockés  sur  un  support  électronique permettant  à  une  communauté  d’utilisateurs  l’acceptant  en  paiement  de  réaliser  des transactions  sans  avoir  à  recourir  à  la  monnaie  légale.

    Messi payé en token du PSG ?  

    Le  plus  connu  des  cryptoactifs  est le  Bitcoin  représentant  50  %  de  l’encours  de  cette catégorie  d’actifs.  En  2019,  6  000 cryptoactifs  étaient  répertoriées.  Ce  nombre dépassait  à  la  mi  2021  les  11  150.  Leur capitalisation  boursière  est  passée  en  deux  ans  de  330  milliards  de  dollars  à 1  600  milliards  de  dollars,  soit  l’équivalent  du  PIB  du  Canada.  Plus  de  100  millions  de personnes  détiendraient  des  cryptoactifs  en  2021,  soit  trois  fois  plus  qu’en  2018.  Des clubs  de  football  ont  créé  des  cryptoactifs  ;  celui  du  PSG  a  gagné  43  %  avec  l’annonce de  la  venue  de  Lionel  Messi.  Il  a  été  indiqué qu’une  partie  de  sa  rémunération  sera acquittée  en  Token  du  PSG.   

    Les  cryptoactifs  ne  sont  pas  des  monnaies  car  ils  ne  remplissent  pas  ou  que  très partiellement  les  trois  fonctions  dévolues  à  ces  dernières.  Leur  forte  fluctuation  ne  leur permet  pas  d’en  faire  des  unités  de  compte.  Leur  forte  volatilité  rend  complexe  la réalisation  des  échanges.  Ils  induisent  des  frais  de  transactions  importants  pour  de simples  opérations  de  détail.  Leur  absence  de  valeur  intrinsèque  ne  permet  pas  non  plus d’en  faire  des  réserves  de  valeur,  inspirant  confiance.  Les  cryptoactifs  ne s’appuient  sur aucun  sous-jacent  réel.  Leur  émission  repose  sur  un  algorithme  informatique,  sans considération  des  besoins  de  l’économie  et  de  ses  échanges,  ce  qui ne  permet  pas  de leur  attacher  une  valeur  intrinsèque.  

    Au  plan  juridique,  les  cryptoactifs  ne  sont  pas reconnus  comme  monnaie  ayant  cours  légal,  ni  comme  moyen  de  paiement  Selon l’article  L111-1  du  Code  monétaire  et  financier,  la  monnaie  de  la  France  est  l’Euro  qui  est donc  la  seule  monnaie  ayant  cours  légal  en  France.  Ils  n’offrent  aucune  garantie  de remboursement  en  cas  de fraude.  Ils  ne  sont  pas  émis  contre  remise  de  fonds.  De  ce  fait, et  contrairement  à la  monnaie  électronique,  les  cryptoactifs  ne  sont  pas  assortis,  dans l’Union  européenne,  d’une  garantie  légale  de  remboursement  à  tout  moment  et  à  la valeur  nominale  en  cas  de  paiement  non  autorisé.  Ils  ne  sont  donc  pas  considérés comme  des  moyens  de  paiement  par  la  Banque  de  France.

    Les  acteurs  institutionnels responsables  de  63 %  des  échanges  

    Malgré  tout  depuis  la  crise financière,  le  marché  des  cryptoactifs  est  en  plein  essor.  Il  tend  à  accueillir  un  nombre croissant  de  professionnels.  En  2020,  les  acteurs institutionnels  (banques,  assureurs, fonds)  étaient  responsables  de  63  %  des  échanges, contre  10  %  en  2017.  Si  l’essor  des cryptoactifs  est  indéniable,  leur  marché  demeure  très  volatil.  Le  bitcoin  est  ainsi  passé de  64 000 dollars en avril  à  29  000  dollars  fin  juillet  pour  remonter au  début  du  mois  d’août autour  de  45  000  dollars. 

    Avec  leur  diffusion  croissante,  de  plus  en  plus  d’experts estiment  que  le  marché  ne  peut  plus  s’effondrer  durablement.  Les  robots  algorithmiques ont  été  programmés  afin  de  passer  des  ordres  d’achat  automatiques  quand  le  bitcoin passe  en  dessous  de  certains  seuils.  Néanmoins,  ce  marché  est  soumis  à  de  nombreux aléas.  Plusieurs risques  demeurent.  Une  défaillance  technique,  un  piratage  ou  une intervention  des régulateurs  pouvant  aller  jusqu’à  l’interdiction  ou  l’émission  de cryptomonnaies  officielles,  pourraient  mettre  un  terme  à  l’envolée  des  cours.  Une remontée  des  taux  d’intérêt  pourrait  également  réduire  l’attractivité  des  actifs numériques.   Sur  le  marché  des  cryptos,  trois  catégories  d’investisseurs  cohabitent  : 1. les  «fondamentalistes »  qui  parient  sur  la  chute  des  devises  et  l’avènement  du bitcoin  comme  monnaie  internationale  en  raison  du  surendettement  des  États; 2. les  «tacticiens»  qui  estiment  que  sa  valeur  augmentera  avec  son  adoption  par un  nombre  croissant  d’épargnants; 3.  les  «spéculateurs»  qui  veulent  gagner  rapidement  de  l’argent.   

    Les  spéculateurs  sont  de  passage  sur  le  marché  des  cryptos  quand  les  tacticiens  sont sensibles  aux  évolutions  de  leur  cours.  Les  fondamentalistes  sont  peu  nombreux  mais plus  fidèles.  En  cas  de  krach  sur  les  cryptoactifs,  de  nombreux  acteurs  seraient concernés.  Des  associations,  des  fondations,  des  entreprises  ont  placé  une  partie  de leurs  liquidités  en  cryptomonnaies  ces  derniers  mois.  Les  sociétés  qui  se  sont spécialisées  dans  leur  gestion  seraient  également  menacées.  La  capitalisation  des sociétés  cotées  de  cryptographie  est  évaluée  à  90  milliards  de  dollars.  Les  sociétés  de paiement  comme  PayPal,  Revolut  et  Visa  perdraient  une  partie  de  leurs  activités  en croissance.

    En cas de krach  

    Des  acteurs  de  l’électronique  et  de  l’informatique  comme  Nvidia,  un  fabricant de microprocesseurs,  seraient  touchés  du  fait  de  leurs  ventes  aux  «  mineurs  »  de cryptoactifs.  Compte  tenu  de  leur  essor,  les  marchés  «  actions  »,  avant  tout  aux  États-Unis,  pourraient  être  impactés  par  ricochet  en  cas  de  krach.  Des  banques  ont prêté  des dollars  à  des  investisseurs  qui  ont  ensuite  acheté  des  bitcoins.  Certains  ont  prêté  des dollars  contre  des  garanties  cryptographiques.  Dans  les  deux  cas,  les  emprunteurs proches  du  défaut  pourraient  chercher  à  liquider  d’autres  actifs  en  cas  de  chute  brutale et  durable.  

    Le  marché  des  dérivés  en  cryptoactifs  est  passé  de  1,6  à  plus  de  24  milliards de  dollars  de  mars  2020  à  juin  2021.  Lors  de  la  chute  de  33 %  du  cours  du  bitcoin  le  18 mai  dernier,  les  liquidations  forcées  de  position  ont  atteint  près  de  10  milliards  de  dollars.   Étant  donné  que  le  changement  de  dollars  contre  des  bitcoins  est  lent  et  coûteux,  les traders  souhaitant  réaliser  des  gains  et  réinvestir  les  produits  effectuent  souvent  des transactions  en  Stables  Coins,  comme  le  Tether,  indexés  sur  le  dollar  ou  l’euro.  L’encours de  ces  Stables  Coins  dépasse  les  100  milliards  de  dollars.  Pour  garantir  l’indexation,  les émetteurs  de  Stable  Coins  acquièrent  des  actifs  (prêts,  obligations,  parts  de  fonds).  En cas  de  «  cryptocrash  »,  les  émetteurs  pourraient  être contraints  de  se  délester  de  leurs actifs. 

    En  juillet,  l’agence  de  notation  Fitch  a  souligné  que  les  cryptoactifs  en  cas  de  crise pourraient  «  affecter  la  stabilité  des  marchés  du  crédit  à  court  terme  ».  Aux  États-Unis, les  responsables  de  la  Securities  and  Exchange  Commission  et  de  la  Réserve  fédérale accordent  une  plus  grande  attention  aux  risques  liés  aux  crypto-monnaies,  et aux  Stables Coins.  Pour  éviter  un  effet  de  contagion,  le  club  de  Bâle  des  superviseurs  a  récemment proposé  que  les  banques  financent  leurs  avoirs  en  bitcoins  avec  uniquement  du  capital, pas  de  la  dette.

    Plus  les  bitcoins  se  diffusent,  plus  la nécessité  d’une  régulation  s’imposera    

    La  crainte  des  régulateurs  est  une  sortie  brutale  des  acteurs institutionnels  et notamment  des  hedge  funds  des  cryptoactifs.  Un  précédent  a  marqué les  esprits.  La chute  de  l’indice  boursier  américain  S&P  500,  de  2,5 %  en  une  journée après  l’engouement  d’actionnaires  individuels  pour  GameStop,  une  entreprise spécialisée  dans les  jeux  vidéo  qui  a  pris  à  contre-pied  quelques  hedge  funds.

    Pour  le  moment,  les  acteurs  institutionnels  n’envisagent  pas  de  krach.  Goldman  Sachs prévoit  de  lancer  un  fonds  crypto  en  bourse,  Visa  propose  désormais  une  carte  de  débit qui  paie  les  récompenses  des  clients  en  bitcoins.  Plus  les  bitcoins  se  diffusent, plus  la nécessité  d’une  régulation  s’imposera  afin  d’éviter  une  déstabilisation  de  la  sphère financière.  Les  banques  centrales  sont  en  train  de  tester  l’émission  de monnaies  digitales qui  pourraient  concurrencer  les  cryptoactifs.  La  circulation  parallèle de  devises accessibles  à  un  grand  nombre  d’acteurs  pourrait  devenir  la  règle  dans  les  prochaines années.  

    Jusqu’à  maintenant,  au  sein  des  pays  avancés,  la  devise  nationale  –  ou plurinationale  pour  l’euro  –  était  la  seule  à  avoir  cours  légal.  La  possibilité  de  payer  en bitcoins,  en  monnaie  digitale  de  banque  centrale,  etc.,  changerait  bien  des  repères  avec des  risques  de  transferts  spéculatifs  à  la  clef.  Aujourd’hui,  il  n’est  pas  interdit  de  détenir des  dollars  ou  du  yen  mais  les  coûts  de  change  sont  dissuasifs.  Si  demain,  il  est  possible de  demander  la  conversion  de  son  salaire  payé  en  euros  en  bitcoins  puis  de  payer  avec ce  dernier  sa  baguette,  sans  avoir  de  commissions  à  acquitter,  la  situation  sera  tout  autre.

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