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  • La semaine de la Francophonie du 12 au 20 mars 2022

    La semaine de la Francophonie du 12 au 20 mars 2022

    Née à l’initiative du ministère de la Culture en 1996, la Semaine de la langue française et de la Francophonie célèbre, cette année encore, le français dans toute la diversité et la richesse de ses expressions. Après une année 2021 perturbée par la pandémie, le thème de cette édition, « Ça (d)étonne !», invite les amoureux de la langue française à en (re)découvrir et en (re)visiter les sonorités mystérieuses, l’orthographe parfois inattendue, ou encore l’étymologie.

    Une francophonie dynamique en 2022

    La Francophonie est un ensemble géopolitique multilingue dont la langue française est le ciment et le socle. Sa contribution à une mondialisation plus harmonieuse et respectueuse de la diversité culturelle et linguistique implique nécessairement une intervention énergique et concertée pour renforcer la place et le rayonnement de la langue française sur la scène internationale, relever le défi politique du multilinguisme, adapter l’action multilatérale aux contextes linguistiques régionaux et nationaux, consolider la langue française comme langue d’accès au savoir pour tous, mettre en valeur l’apport de la langue française au développement économique et, finalement, valoriser l’usage et l’influence de la langue de Molière.

    semaine de la Francophonie
    semaine de la Francophonie

    La Francophonie, qui rassemble aujourd’hui 77 États et gouvernements dans le monde, exerce un magistère d’influence porté par le Secrétariat général afin de favoriser le rapprochement des points de vue, faciliter le dialogue international et peser dans le débat mondial. Elle assure un plaidoyer en faveur du multilatéralisme et d’une gouvernance mondiale plus équitable et plus solidaire et concourt, par son action, au dialogue renforcé entre les cultures, au respect des droits de l’Homme, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la consolidation de la démocratie et à la recherche commune de la paix, comme socles du développement durable. Ce rôle s’appuie également sur et vient renforcer les sections parlementaires réunies au sein de l’APF, les universités et institutions de recherche réunies au sein de l’AUF ainsi que les autorités locales et associations de pouvoirs locaux que rassemble l’AIMF, auxquelles s’ajoutent les réseaux institutionnels agissant pour l’atteinte des objectifs de la Déclaration de Bamako. Les positions de la Francophonie sont, en outre, enrichies par la contribution de la société civile qui dispose d’une expertise reconnue et d’une connaissance des préoccupations des populations.

    Le 20 mars : date clé de cette semaine

    Chaque année, à la date du 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée dans le monde entier, dans les pays francophones mais aussi dans ceux où la langue française est moins répandue. Cette date fait référence à la naissance, le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), de l’Agence de coopération culturelle et technique, qui allait devenir l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Cette année, cette journée s’inscrit sous le thème « La Francophonie de l’avenir », pour souligner le soutien de la Francophonie à la jeunesse et à ses aspirations, notamment dans les domaines de l’entreprenariat, du numérique et du développement durable. Comme toujours les Alliances françaises sont mobilisées. Après 2 ans de pandémie, le développement du réseau a repris. Yves Bigot, le président du bureau des Alliances françaises vous explique, dans la vidéo, le fonctionnement de cet outil majeur du rayonnement français à l’étranger.

    L’exposition universelle de Dubaï en français

    En 2022, le 20 mars est célébré officiellement à Dubaï, dans le cadre de la programmation de l’OIF à l’exposition universelle, qui a débuté en octobre 2021 :

    • Les 15 et 16 mars à 14h30 (Pavillon du développement durable) : une série de conférences en format « Ted Talks » de jeunes francophones inspirants qui viendront présenter leur parcours d’entrepreneurs engagés
    • Les 18 mars à 17h et 19 mars à 15h (Pavillon du développement durable) : projection de deux films francophones soutenus par l’OIF à travers le Fonds Image de la Francophonie :
      • L’homme qui a vendu sa peau de Kaouther Ben Hania (Tunisie)
      • La nuit des rois de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire)
    • Le 20 mars 2022 à 16h30 (Dôme Al Wasl) : cérémonie officielle dans le grand dôme de l’exposition en présence de la Secrétaire générale de la Francophonie et de représentants officiels des EAU et de certains États membres.
    • Le 20 mars 2022 de 20h30 à 22h30 (Scène Jubilee) : un grand concert de la Francophonie

    Et des événements dans le monde entier

    De Québec à Hanoi, le français sera mis à l’honneur dans de nombreux villes du monde. Plus de 200 évènements sont répertoriés sur le site de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les Alliances Françaises comme les Instituts Français et les ambassades et consulats ainsi que les établissements scolaires français se mobilisent pour vous proposer concerts, films, débats, lectures et plein d’autres animations originales et inédites. Pour découvrir celles proches de vous, il suffit de consulter la carte interactive mise à disposition par l’OIF.

    https://20mars.francophonie.org/

    Pas envie de sortir de chez vous ? TV5MONDE et sa plateforme numérique, 100% gratuite, vous propose aussi, tout au long du mois de mars, une sélection pour (re)découvrir la magie de la langue de Molière.

  • Le fonds « Francophonie TV5MONDEplus »

    Le fonds « Francophonie TV5MONDEplus »

    Films de fiction ou d’animation, courts ou longs-métrages, documentaires, œuvres unitaires ou en séries : tous ces types de production sont éligibles au nouveau Fonds Francophonie TV5MONDEplus lancé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et TV5Monde, avec le soutien du Canada et de la France.

    Ce fonds s’adresse aux auteurs et réalisateurs des 37 pays francophones du Sud et aux producteurs de ces pays ainsi que Belgique, Suisse, Canada et France. Il vient s’ajouter au Fonds Image de la Francophonie et les aides des deux fonds sont potentiellement cumulables.

    Les financements ne pourront être accordés qu’à des œuvres pouvant être pré-achetées, co-produites (ou, exceptionnellement, achetées) pour une diffusion sur la plateforme TV5MONDEplus.

    La plateforme TV5MONDEplus

    TV5MONDEplus propose un choix généraliste avec des films, des séries, des documentaires, des magazines, des émissions culturelles… Mais également le meilleur des programmes des chaînes partenaires de TV5MONDE – Radio-Canada, Télé-Québec, TV5 Québec Canada, la RTS, la RTBF, RFI et France Télévisions.

    Vous y trouverez aussi des productions TV5MONDE (magazines d’information, culture, documentaires), des co-productions en Afrique et des podcasts « balados ».

    Tous les programmes sont accessibles gratuitement et sans géo-blocage (à quelques rares exceptions) sur TV5MONDEplus (www.https://www.tv5mondeplus.com/) .

    Un fonds pour la création francophone

    Ce nouveau Fonds d’aide de l’OIF pour les œuvres destinées à la plateforme TV5MONDEplus est administré conjointement par l’OIF et TV5MONDE. Il a été créé à l’initiative du gouvernement du Canada, de TV5MONDE et de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Ainsi le dispostif est financé par les contributions des Etats et gouvernements bailleurs de fonds membres de l’OIF.

    Le Fonds francophonie TV5MONDEplus s’ajoute au Fonds Image de la Francophonie, outil de financement ” historique ” de l’OIF, qui poursuit son activité.

    Les aides accordées par le Fonds Francophonie TV5MONDEplus en 2021 sont désormais connues en totalité. Le délai important entre la sélection effectuée et la publication de la liste des bénéficiaires tient au fait que ces aides ne pouvaient devenir effectives qu’après signature des contrats de cession de droits de diffusion entre les producteurs concernés et TV5 Monde. En sus, pour sa première année de fonctionnement, le Fonds Francophonie TV5MONDEplus a bénéficié, uniquement, de financements du Canada et de la France. A ces deux premiers contributeurs s’est ajoutée la Suisse dont le premier financement portera sur l’année 2022, d’autres Etats francophones contribueront pour cette deuxième édition.

    Les lauréats 2021

    Ci-dessous, la liste des oeuvres sélectionnées.

    Longs métrages de fiction :

    1. « Fès été 55 » d’Abdelhaï LARAKI (Maroc)                                                  
    2.  « Disco Afrika » de Luck RAZANAJAONA (Madagascar)                         
    3. « Mami Wata » d’Askia TRAORÉ (Tchad)                                                
    4. « Sadrack » de Narcisse WANDJI (Cameroun)                                       
    5. « Le coup de grâce » de Steven AF (Togo) – (aide à la finition)                    

    Courts métrages de fiction :

    1. « Voilà combien de jours » de Hedi LADJIMI (Tunisie)          
    2. « L’envoyée de dieu » d’Amina ABDOULAYE MAMANI (Niger)

    Œuvres d’animation (unitaires et séries) :

    1. « Kassa le messager – saison 2 » série de Simon ADAE (C. d’Ivoire)
    2. « Roi Keïta – saison 2 » série d’Abel N’guessan KOUAME (Côte d’Ivoire)
    3.  « Nubu & Yara – saison 2 » série d’Honoré ESSOH (Côte d’Ivoire) 
    4. « Le nuage amoureux » court-métrage de Nacer KHEMIR (Tunisie)

    Séries de fiction :

    1.  « Une Femme à Kosyam » de Carine BADO (Burkina Faso)
    2. « Wara – saison 2 » de Toumani SANGARE & Oumar DIACK (Mali / Sénégal)
    3. « Ici C Babi » (F) de Boris OUE (Côte d’Ivoire) – (aide à la finition)        

    Documentaires (tous longs métrages) :

    1. « Anioto : les hommes léopards, mythe ou réalité» de Jean-Michel KIBUSHI NDJATE WOOTO (RdC)
    2.  « Bernard Dadié, un homme de liberté » d’Ana BALLO & Agnès RIBOUTON (Côte d’Ivoire)
    3. « Tagnaouite dans la peau » de Jamila ANNAB (Maroc)
    4.  « Soute à Bombes » de Nantenaina LOVA (Madagascar)
    5. « A quand l’Afrique » de David-Pierre FILA (Rép. Centrafricaine)

    Appel à candidatures 2022

    L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et TV5MONDE ouvrent leur deuxième appel à projets pour le « Fonds Francophonie TV5MONDEplus » du 10 au 20 mars 2022.

    Le règlement et la notice de l’appel seront quasiment identiques à ceux de 2021, lit-on dans un communiqué de l’Organisation publié sur son le site Images francophones. Ils sont consultables via le lien suivant : https://www.imagesfrancophones.org/soutiens/fonds-francophonie-tv5mondeplus/reglement.

    Les auteurs, réalisateurs et producteurs des 37 pays francophones du Sud peuvent présenter « un projet de création de documentaire, de fiction ou d’animation (court ou long métrage, unitaire ou série) », selon le communiqué. Un ressortissant d’un État ou d’un gouvernement francophone doit avoir participé à son écriture.

    Le fonds, doté de 400 à 500 000 euros, est attribué suite à l’examen des dossiers par la commission de sélection. Elle est composée de 6 membres, 3 permanents et 3 professionnels : un représentant de l’OIF, deux représentants de TV5MONDE, un professionnel désigné par le gouvernement du Canada pour l’année en cours, deux professionnels ressortissants d’un Etat francophone du Sud.

    La réunion de la commission de sélection se tient en juillet sachant qu’un maximum de 50 dossiers sont examinés à chaque session. Les dossiers doivent être déposés exclusivement par voie électronique sur l’espace professionnel du site Images francophones. Il est possible de postuler simultanément au fonds principal de l’OIF : le Fonds Image de la Francophonie.

  • Présidentielle 2022 : patrimoine et intérêts des 12 candidats publiés

    Présidentielle 2022 : patrimoine et intérêts des 12 candidats publiés

    Environ un demi-million d’euros de patrimoine net pour Emmanuel Macron, quelque 1,2 million pour Marine Le Pen, 4,2 pour Éric Zemmour et 9,7 pour Valérie Pécresse : les déclarations des biens et participations des candidats à l’Élysée ont été dévoilées mardi (8 mars) par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

    Outre ces quatre premiers candidats dans les sondages, les suivants ont déclaré près d’1,4 million pour Jean-Luc Mélenchon, 412 000 pour Yannick Jadot, 220 000 pour Fabien Roussel, 575 000 pour Anne Hidalgo, quelque deux millions d’euros pour Nicolas Dupont-Aignan, environ 630 000 euros pour Jean Lassalle, 219 000 pour Nathalie Arthaud et enfin 122 000 euros pour Philippe Poutou.

    Ces déclarations de patrimoine et d’intérêts sont disponibles sur le site de la HATVP.

    Immobilier, biens supérieurs à 10 000 euros, voitures, comptes bancaires, mais aussi participations dans le capital de sociétés, dettes éventuelles, et encore activités professionnelles des cinq dernières années : chacun des 12 candidats a dû remplir ces rubriques et remettre ses déclarations, certifiées sur l’honneur, au Conseil constitutionnel avant vendredi soir dernier. C’était une des conditions, avec les 500 parrainages, pour pouvoir concourir au premier tour le 10 avril.

    Ce n’est pas la première fois que les patrimoines des candidats à la présidentielle sont révélés, le premier exercice remontant à 2017. Mais c’est une première pour le recueil et la publication de leurs déclarations d’intérêts et d’activités, en vertu de la loi de moralisation de la vie publique de 2017.

    Les Sages ont transmis ces déclarations à la HATVP, chargée de les publier (hors adresses personnelles et noms des conjoints) mais pas de les contrôler, pour ne pas « porter atteinte à l’égalité devant le suffrage ».

    Cependant, 10 des 12 candidats ont de fait déjà été soumis au contrôle de la Haute autorité, instance indépendante créée par les lois sur la transparence post-Cahuzac de 2013 et présidée par Didier Migaud.

    Emmanuel Macron a déjà remis une déclaration de situation patrimoniale de fin de mandat et la HATVP a jugé que sa variation depuis son entrée à l’Élysée en 2017 ne présentait « pas de caractère anormal ».

    Yannick Jadot, Valérie Pécresse, Eric Zemmour, Marine Le Pen, quatre des douze candidats à l’élection présidentielle – crédit : HATVP

    En outre, Fabien Roussel, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan ont été contrôlés pour leurs mandats de députés notamment, Yannick Jadot en tant qu’eurodéputé, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo respectivement comme présidente de région et maire de la capitale.

    Les déclarations de patrimoine de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud avaient elles déjà été publiées en 2017 puisqu’ils étaient déjà candidats.

    Après son élection comme députée en 2017, la HATVP « avait estimé que Mme Le Pen avait sous-évalué son patrimoine immobilier ». Dès fin 2015, la Haute autorité avait transmis au parquet national financier les déclarations de patrimoine établies en 2014 par Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen lors de leur élection au Parlement européen car « manifestement sous-évaluées ». Une enquête préliminaire avait été ouverte.

    L’ensemble de ces déclarations des candidats restera en ligne sur le site de la HATVP jusqu’aux résultats du premier tour, puis seules les déclarations des deux finalistes apparaîtront. La déclaration du vainqueur demeurera consultable jusqu’à la fin de son mandat.

    Jusqu’en 2012, les déclarations patrimoniales des candidats étaient déposées sous pli scellé au Conseil constitutionnel, mais seule celle du candidat élu était publiée au Journal officiel.

  • La Chine et le fossé technologique

    La Chine et le fossé technologique

    À la fin du mois de janvier 2022, l’Institut d’études internationales et stratégiques de l’Université de Pékin avait publié une note révélant que la Chine n’avait pas rattrapé son retard en matière de haute technologie vis-à-vis des États-Unis. En particulier en ce qui concerne les semi- conducteurs, les systèmes d’exploitation et l’aérospatiale. Cette note indiquait que la Chine pourrait être la principale perdante en cas de segmentation en plusieurs blocs étanches de l’économie mondiale. La publication qui était accessible sur le site de ce centre de recherche a rapidement été retirée, certainement à la demande des autorités chinoises.

    L’effort de recherche atteint 2,5 % du PIB, légèrement moins que le taux américain qui est de 3 %

    En soulignant la dépendance technologique et commerciale de la Chine, la note soulignait les vulnérabilités du pays qui est censé gagner en indépendance avec l’application du 14e plan quinquennal publié en 2021. Pour atteindre une autonomie globale, les autorités chinoises investissent massivement dans les techniques de pointe et persuadent les entreprises nationales de faire de même. Les dépenses publiques et privées en recherche et développement ont atteint un record de 2 800 milliards de yuans (440 milliards de dollars) en 2021 dans le but de rattraper puis de dépasser les Occidentaux d’ici 2049, pour le centenaire de la République Populaire. L’effort de recherche atteint désormais 2,5 % du PIB, soit légèrement moins que le taux américain qui est de 3 %.

    En matière technologique, le gouvernement chinois compte exploiter au mieux les partenariats avec les entreprises occidentales et multiplier les retours au pays des chercheurs installés à l’étranger. Pour les vaccins ARN messager utilisés dans la lutte contre la covid, la Chine a bénéficié du retour d’un chercheur qui travaillait pour Moderna, Ying Bo. Son retour a été salué par les médias. Il a créé une entreprise, Abogen Biosciences qui a, avec le concours de l’Armée populaire, développé le vaccin à ARNm chinois, bénéficiant d’un budget public de 2,3 milliards de dollars. En un an, la Chine aurait réussi à rattraper les entreprises les plus en pointe en Occident.

    Dans l’agriculture, la Chine réalise également des progrès importants. Si les semences génétiquement modifiées sont interdites en Chine afin d’éviter une dépendance aux entreprises américaines, les chercheurs chinois ont développé des alternatives locales. Des entreprises chinoises ont acheté des brevets et ont réalisé des avancées technologiques en nouant des partenariats notamment avec des entreprises suisses. Néanmoins, pour le moment, ces progrès ne permettent pas à la Chine d’être indépendante sur le plan agricole. Le pays importe pour au moins 400 milliards de yuans du soja, du maïs et du coton, dont une grande partie est génétiquement modifiée.

    L’avion chinois en retard d’une génération, les puces de plusieurs

    Le gouvernement chinois souhaite que dans les prochaines années le pays soit indépendant pour la construction et la réparation des avions. L’entreprise publique Comac devrait commencer prochainement à livrer en 2022 le C919 qui est un concurrent des Boeing 737 et des Airbus A320. Le programme chinois de construction de l’avion chinois, débuté en 2008, a donné lieu à de nombreux retards. Les commandes sont en revanche importantes, les compagnies aériennes chinoises ayant reçu l’ordre d’en acheter par centaines. Cet avion est avant tout une imitation du A320 et intègre de nombreuses pièces étrangères. Il sera équipé de moteurs issus de la coopération de Safran avec General Electric Aviation. L’avion chinois demeure en retard d’une génération par rapport à ceux fabriqués par les États-Unis ou l’Europe.

    La Chine est également confrontée à un retard en matière de microprocesseurs. Ce retard a été révélé lors de la décision en 2018 de Donald Trump de priver Huawei et ZTZ des puces américaines. Pour éviter la réédition de ce problème, le dernier plan quinquennal de la Chine stipule que le pays devra produire 70 % des puces qu’il consomme d’ici 2025, contre moins de 20 % en 2021. La construction de trois nouvelles usines a été lancée en 2022. L’État consacre depuis 2019 des centaines de milliards de yuans par an pour ce secteur. Les chercheurs des entreprises étrangères travaillant en Chine sont appelés à rejoindre des structures nationales. Face à cette pression le centre de recherche à Shanghai de l’entreprise d’électronique américaine, Micron, a été fermé par ce dernier le 26 janvier 2022.

    L’espionnage industriel déjà important tend à devenir intensif. Comme pour les avions de ligne, les microprocesseurs chinois demeurent en retrait par rapport à ceux des États-Unis, de Taïwan, de Corée du Sud ou du Japon. Les Chinois ne maîtrisent pas encore les techniques des puces avec des structures mesurées en dizaines de nanomètres (milliardièmes de mètre). Les puces chinoises ont quelques générations de retard par rapport à celles de TSMC de Taiwan et de Samsung de Corée du Sud, les deux principaux producteurs mondiaux de l’industrie.

    La Chine accuse également un retard dans les systèmes d’exploitation des ordinateurs personnels et des smartphones. Quand l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de travailler avec Huawei en 2019, cette dernière n’avait plus accès aux microprocesseurs américains et systèmes d’exploitation Android de Google. Ces restrictions ont contribué à la baisse d’environ 30 % des revenus de Huawei en 2021. Le système d’exploitation de Microsoft, Windows, dispose pour les ordinateurs personnels d’une avance importante. Les entreprises chinoises ont investi environ 4 milliards de dollars entre 2019 et septembre 2021 afin de développer des systèmes d’exploitation. Certains analystes s’attendent à ce que l’alternative à Android conçue par Huawei, appelée Harmony OS, puisse rapidement être opérationnelle. Ce système d’exploitation devrait être partiellement fondé sur le système open source de Google. Pour le moment, tous les smartphones chinois continuent de fonctionner sur Android et iOS d’Apple et presque tous les ordinateurs de bureau chinois sont alimentés par Mac OS d’Apple ou Microsoft Windows. Les systèmes d’exploitation chinois alternatifs ont du mal à attirer les développeurs faute d’utilisateurs. L’absence d’applications dissuade les consommateurs à les utiliser.

    Le quartier financier de Lujiazui à Shanghai en Chine

    Les opérations financières et commerciales restent à plus de 60 % réalisées en dollars, 2,7% en yuans

    La Chine rencontre également des problèmes pour créer un réseau de paiement mondial. La majeure partie des transferts d’argent mondiaux est traitée via SWIFT, le système de messagerie interbancaire basé en Belgique, et Chips, le système de compensation national américain. Les opérations financières et commerciales restent à plus de 60 % réalisées en dollars. La Chine qui est devenue le premier exportateur mondial est contrainte de recourir à la monnaie des États-Unis.

    Dans l’histoire, la première puissance économique a toujours imposé sa monnaie comme instrument d’échange. Face aux risques des menaces occidentales, la Chine développe depuis 2015 un système de paiement parallèle en yuans connu sous le nom de CIPS. En septembre, le service traitait chaque jour 317 milliards de yuans de transactions dans plus de 100 pays. La diffusion de CIPS demeure néanmoins modeste. 80 établissements financiers y sont connectés contre plus de 11 000 pour SWIFT. En 2021, la devise chinoise a été utilisée à hauteur de 2,7 % dans les échanges internationaux, contre 1,9 % en 2019. Cette hausse est avant tout la conséquence de la présence plus importante de filiales chinoises à l’étranger.

    L’internationalisation de la monnaie chinoise trouve comme limite la montée en puissance du souverainisme économique. Elle pourra néanmoins compter sur l’appui de la Russie dont certains établissements financiers ont été exclus de SWIFT.

    La Chine pénalisée en cas de montée en puissance du protectionnisme

    La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et pourrait même doubler sous peu les États-Unis. Pour autant, elle n’a pas encore rattrapé son retard technologique. Pour le combler, elle a besoin de l’apport des entreprises occidentales. Le pays pourrait être pénalisé en cas de montée en puissance du protectionnisme et de segmentation de l’économie mondiale en plusieurs zones, d’autant plus que sa croissance dépend des exportations vers l’Europe et les États-Unis. Si les autorités chinoises n’ont pas condamné l’invasion ukrainienne de la Russie, le soutien à cette dernière reste, pour le moment, discret. L’Ukraine avait noué des relations économiques étroites avec la Chine, le pays figurant parmi les objectifs de la Route de la Soie. Le gouvernement chinois n’entend pas s’immiscer dans les affaires européennes sachant qu’il a en ligne de mire Taiwan et qu’il est régulièrement confronté à la question des Ouïghours dans la région du Xinjiang.

  • Le 33ème French Film Festival de l’Alliance Française de retour en Australie

    Le 33ème French Film Festival de l’Alliance Française de retour en Australie

    Après une édition record en 2021, le 33ème French Film Festival vient de démarrer en Australie. Du 1er mars jusqu’au 6 avril, c’est dans les salles obscures de Sydney, Brisbane, Melbourne ou encore Adelaide qu’il faudra se rendre pour en profiter ! L’occasion rêvée pour les expatriés ou les amoureux du cinéma français de découvrir ou redécouvrir les films qui ont marqué l’année. Ainsi, on vous en dit plus sur l’histoire de ce festival et la programmation de cette édition. 

    Une programmation riche pour cette nouvelle édition

    Créé en 1990, le French Film Festival est l’un des événements majeurs pour les francophones d’Australie. En effet, cet événement est très attendu chaque année. C’est d’ailleurs l’un des seuls festivals à avoir eu lieu en 2020, année de crise sanitaire mondiale. Un succès garanti et qui devrait être au rendez-vous cette année encore.

    Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont misé sur un programme ambitieux et diversifié. Ainsi, ce sont 42 films de tout genre qui seront mis à l’honneur, dont certains qui feront leur première lors du festival. 

    Salle de cinéma pendant le festival
    Soirée d’ouverture – Crédit Alliance Française French Film Festival

    En film d’ouverture, on retrouve Les Illusions perdues, qui a reçu 7 César lors de la cérémonie de 2022. Comme ce film, la programmation a été pensée comme une photographie de la société actuelle. Selon Karin Mauris, directrice artistique :

    « Dans l’ensemble, la programmation présente une fenêtre sur les défis du monde d’aujourd’hui et de demain. Le cinéma français présente une photographie de notre société, celle que nous voulons construire ensemble dans la générosité et le sens de l’engagement. » 

    Les films du 33ème French Film Festival 

    Parmi les films qui seront diffusés cette année, on retrouve : 

    • A tale of love and desire / Une histoire d’amour et de désir
    • Anaïs in Love / Les amours d’Anaïs
    • Another world / Un autre monde 
    • Between two worlds / Ouistreham 
    • Full time / À plein temps
    • Paris, 13th district / Les olympiades 
    • Petite maman / Petite maman 
    • Purple Noon / Plein soleil 
    • The velvet queen / La panthère des neiges 

    Pour retrouver l’ensemble des films du 33ème French Film Festival de l’Alliance Française, rendez-vous directement sur le site de l’événement. 

  • Le convoi de l’humanité pour les Ukrainiens

    Le convoi de l’humanité pour les Ukrainiens

    Laurent Cécillon est un Français des Pays-Bas. Vétéran de l’armée française, il connaît le prix des guerres et la façon dont elles impactent majoritairement les civils.

    Le 24 février, lorsque la Russie décide d’envahir l’Ukraine, une première vague de réfugiés arrive en Pologne. Un camarade de l’armée polonaise contacte Laurent pour lui faire part de la situation sur place. Tout de suite, le vétéran décide de mettre sur pied un convoi afin d’apporter des produits de première nécessité aux réfugiés ukrainiens installés à Kalisz dans l’ouest du pays. 

    Un appel aux dons

    Afin de pouvoir récolter suffisamment d’argent pour acheter les produits, Laurent Cécillon organise un appel aux dons en postant un message sur les réseaux sociaux. Rapidement, il amasse 10 000€, et de nombreux biens matériels. 

    En amont, il avait demandé à ses contacts de la Croix-Rouge ce dont ils ont besoin sur place et avait établi une liste : produits alimentaires, d’hygiène et des médicaments. Avec des volontaires ils préparent tout en quelques jours et chargent les camions empruntés à l’entreprise pour laquelle il travaille. 

    Le trajet 

    Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mars, les huit camions se mettent en branle direction la Pologne. Ils vont devoir traverser l’Allemagne d’ouest en est. La route est longue et fatigante et les chauffeurs doivent rester concentrés sur le convoi. 

    Grâce à son expérience de militaire, Laurent peut diriger l’équipe et donner des conseils pour bien rester groupés.

    Sur le trajet, de nombreuses voitures les saluent dans une symphonie de klaxons, et ils croisent également d’autres camions dont la mission est la même que la leur. Si l’ambiance est loin d’être à la fête, la solidarité est tout de même bien présente. 

    Déchargement du convoi à la Croix-Rouge à Kalisz en Pologne

    Le centre de la CroixRouge de Kalisz 

    Laurent et le ticket de caisse des produits médicaux achetés – Fb

    Le convoi arrive sur place aux aurores. A Kalisz, ville de 110 000 habitants située dans l’ouest de la Pologne, le centre de la Croix-Rouge polonaise a aménagé une salle des fêtes pour accueillir les premiers réfugiés. Après avoir déchargé les fourgons, les bénévoles ont pu commencer la distribution auprès des Ukrainiens. 

    Une fois cette mission terminée, Laurent souhaite aller plus loin. Avec les dons en argent qui sont en sa possession, il demande au directeur du centre ce dont ils manquent principalement. Sa réponse : du matériel médical. Laurent et ses compagnons s’attèlent donc à cette nouvelle tâche. Seringues, médicaments, cathéters, ils achètent tout ce qu’ils trouvent, avant de les remettre les produits à la Croix-Rouge qui les distribuera elle-même aux réfugiés et à l’armée ukrainienne. 

    Un autre convoi ?

    Depuis son retour aux Pays-Bas, l’ancien militaire ne sait pas s’il va réitérer l’expérience. Il hésite encore entre la possibilité de donner l’argent qu’il reste de la cagnotte à la Croix-Rouge, ou refaire un autre convoi. Il a également la possibilité de partir aider un de ses camarades qui évacue les Ukrainiens ne pouvant pas fuir leur pays par manque de moyen de transport. Pour l’heure, il regarde l’évolution des événements avant de prendre sa décision. 

    Vous pouvez retrouver Laurent sur son compte Facebook

    Écoutez le podcast avec Laurent Cécillon

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes favorites

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  • la Semaine des mathématiques à la Mission laïque française

    la Semaine des mathématiques à la Mission laïque française

    La Semaine des mathématiques a commencé ce lundi 7 mars et se terminera vendredi 11 mars 2022. Les établissements de la Mission laïque française participent activement à cet événement organisé par le Ministère de l’Education nationale français. Ces 5 jours, cette année, permettront aux élèves mais aussi à leurs parents de découvrir les maths sous un autre angle. Le ministère, auquel s’associe la MLF, veut propager une image plus actuelle, vivante et attractive des mathématiques. Animée dans les établissements, la semaine, dont le thème est « Maths en forme(s) », est aussi numérique grâce au Forum pédagogique de la MLF.

    5 jours dédiés aux maths à la Mission laïque française

    Pendant ces 5 jours, 4 thématiques sont au coeur de débats conçus pour découvrir les maths sous toutes leurs formes. Les intervenants sont des chercheurs, pédagogues et praticiens, qui évoquent avec les élèves la méthodologie mais aussi la didactique et leur présentent des projets innovants. L’objectif de cette semaine : servir la réussite de tous les élèves.

    Cette semaine s’attache à sensibiliser le grand public à l’aspect culturel des mathématiques en montrant le rôle essentiel qu’elles jouent dans l’histoire de l’humanité, notamment du point de vue de la compréhension scientifique du monde. Elle entend ainsi valoriser les nombreuses actions mises en œuvre tout au long de l’année en faveur du rayonnement des mathématiques.

    La Semaine des mathématiques 2022 est l’occasion de souligner l’importance qu’ont les mathématiques dans la formation des citoyens.

    Télécharger le guide de la Semaine des mathématiques 2022

  • Fin des accords Covid pour le télétravail

    Fin des accords Covid pour le télétravail

    Au début de la pandémie Covid-19, le télétravail a été mis en place de manière rapide et intensive, aussi bien pour les résidents en France que dans les pays frontaliers. Ces décisions risquaient d’avoir des conséquences lourdes pour les frontaliers vivant dans un autre pays que celui où ils résident. Pour y palier, la France a signé des accord avec l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie et le Luxembourg, permettant de télétravailler sans modifier l’imposition du frontalier. Sauf surprise de dernière minute, c’est la fin de ces accords Covid pour le télétravail ce 31 mars 2022.

    Rappel de la règle générale

    La législation européenne pose une règle simple: une personne travaillant dans plusieurs pays de l’Union Européenne ne peut cotiser que dans un seul pays. Ainsi, une personne travaillant dans un pays frontalier et télétravaillant dans son pays de résidence ne peut dépendre que d’un seul système de sécurité sociale.

    En l’occurence, le travailleur frontalier reste sujet à la sécurité sociale de son pays de travail habituel si le travail dans son pays de résidence dans le cadre du télétravail ne dépasse pas 25% de son temps de travail global / ou de sa rémunération.

    En cas de dépassement de ce seuil, le travailleur doit être affilié à la sécurité sociale de son pays de résidence et y cotiser sur l’ensemble de ses revenus, pour les impôts les règles s’appliquant sont celles des conventions fiscales. Par exemple, pour la Belgique, si vous travaillez en France, vous êtes imposé dans ce pays, mais si vous télétravaillez à plus de 25% de votre temps de travail global, c’est la Belgique qui doit vous imposer…Ce qui change tout !

    Les règles des accords Covid

    Ces accords entre les voisins de la France et l’Etat français prévoient que les journées de télétravail des transfrontaliers sont considérées de la même façon que des journées de travail prestées dans l’État où le travailleur preste habituellement. Ils ont été prolongés à plusieurs reprises afin de suivre les recommandations liées à la pandémie.

    Désormais, le télétravail n’est plus obligatoire dans la plupart des Etats européens, les accords, qui sont en vigueur jusqu’à la fin de ce mois (31 mars 2022), logiquement ne seront pas renouvelés. Cependant, les Etats ont souvent annoncés les prolongations au dernier moment, mais se justifieraient-elles ?

    Le télétravail impossible pour les frontaliers ?

    De nombreux employeurs envisagent désormais de poursuivre le télétravail au-delà de la période de crise, que ce soit sous la forme d’un télétravail régulier et habituel ou sous la forme d’un télétravail occasionnel.

    Bien qu’il présente de nombreux avantages, le recours au télétravail peut néanmoins s’avérer compliqué en raison de la réglementation internationale applicable (conventions fiscales et règlement européen de sécurité sociale). Quelles seraient les solutions ?

    La fiscalité n’étant pas une compétence communautaire, il ne faut pas attendre d’harmonisation imposée par la Commission européenne. C’est donc du côté des Etats qu’il faut se mobiliser.

    En France, la commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale a adopté en janvier la résolution du député Xavier Paluszkiewicz (LREM) pour faciliter le télétravail. Le parlementaire réclamait la création d’un statut européen de frontalier pour permettre davantage de télétravail. 

     «Il s’agirait donc de permettre deux jours de télétravail par semaine, mesurés sur une période hebdomadaire et sans incidence sur la sécurité sociale. Cette solution est simple à matérialiser, facilement contrôlable par les administrations et répond aux attentes des frontaliers»

    indique le député Xavier Paluszkiewicz dans un communiqué.

    Il n’est pas fait mention dans cette résolution des limites fiscales de la proposition. L’élu privilégie une solution commune mais n’écarte pas des discussions bilatérales en cas d’échec d’un accord.

    A quelques semaines des élections législatives, c’est un sujet qui devrait être abordé dans les circonscriptions concernées et dont les candidats doivent s’emparer.

  • Franck Ferrari dresse le bilan des Français en Russie 

    Franck Ferrari dresse le bilan des Français en Russie 

    Le conseiller des Français de l’étranger à Moscou Franck Ferrari, dresse le bilan de la situation des Français de Russie, pour Lesfrancais.press. 

    Dans une interview “coup de gueule”, l’élu consulaire dépeint la semaine de la communauté des Français en Russie. Il évoque les problèmes rencontrés pour partir du pays et avec les cartes bleues Visa et Mastercard, mais aussi la possibilité d’une prochaine fermeture du lycée français de Moscou à laquelle il s’oppose fermement. 

    Un vent de panique chez les Français de Russie

    Le 2 mars, le ministère des Affaires étrangères a conseillé aux Français résidant en Russie que si “[leur] présence et celle de leur famille n’est pas essentielle” de quitter le pays. La déclaration a déclenché une vague de panique et de départs au sein de la communauté française, avoue Franck Ferrari au micro de Lesfrancais.press. 

    D’après lui, si une partie des entreprises a tiré le rideau, une autre s’est seulement mise en pause afin d’évaluer la situation au jour le jour. Effectivement, comme l’affirmait le président de la chambre de commerce franco-russe Emmanuel Quidet, le lundi 7 mars sur le plateau de TF1, les Français s’en étant allés pourront difficilement revenir ensuite. Par conséquent, le conseiller considère que la décision de partir définitivement du pays a été prise dans la hâte. 

    L’état de la communauté des Français de Russie

    A l’heure actuelle, il est impossible d’établir combien de Français sont encore sur place, car la situation évolue quotidiennement. Cependant, l’élu suppute que plus de la moitié est partie du territoire et qu’il reste essentiellement des familles bi-nationales. 

    Aussi, les relations franco-russes “sont toujours bonnes” dans la République fédérale, estime Franck Ferrari. Par ailleurs, il observe des tensions à l’égard des Français de Russie arrivés dans l’hexagone. En effet, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, nous observons un climat hostile envers les restaurants russes, mais aussi contre nos concitoyens revenant d’expatriation. 

    Vers une possible fermeture du lycée français de Moscou ? 

    “On ne touche pas les enfants !” Si la question se pose, aux yeux du professeur, il est hors de question de fermer le lycée français. Pour l’instant du moins, les cours reprendront en distanciel à compter du 15 mars et en présentiel début avril en fonction de la décision prise le 25 mars. Au même titre que les ressortissants français, les enseignants résidents ont été invités à quitter le pays. 

    Actuellement, près de 500 à 600 enfants et 90% des professeurs attendent la rentrée des classes. Ainsi, fermer le lycée reviendrait à trahir toutes les familles qui ont fait le choix de l’enseignement à la française d’après l’élu consulaire. 

    Les difficultés pour quitter la Russie

    De son côté, le consulat est passé en “mode crise” et a mis en place une hotline d’écoute pour la communauté française. Si ses employés sont submergés d’appels téléphoniques concernant la régularisation des familles françaises, Franck Ferrari salue la flexibilité dont ils font preuve en cette période. 

    Des passagers devant le tableau des départs, à l’aéroport de Moscou, le 5 mars 2022. (AFP)

    En plus des convois organisés pour passer les frontières, plusieurs lignes ferroviaires et aériennes sont ouvertes, comme en direction de l’Estonie, du Qatar, du Maroc ou encore d’Erevan en Arménie. En outre, l’élu s’insurge que le train entre Helsinki et Saint-Pétersbourg soit uniquement accessible aux Russes et aux Finlandais. En effet, le gouvernement du pays du nord bloque l’accès aux autres nationalités selon Monsieur Ferrari. 

    Le problème des cartes bleues Visa et Mastercard

    “Ça aussi c’est magnifique, c’est génial, c’est grandiose” ironise le professeur vis-à-vis des problèmes liés aux cartes bleues. Depuis le lundi 7 mars, les géants des cartes bancaires ont imposé des sanctions à l’encontre de la Russie, en bloquant les cartes bancaires russes à l’étranger et inversement. Seulement, les premiers à pâtir des décisions sont les personnes fuyant le plus grand pays du monde. Par exemple, de nombreux Français exilés dans les pays limitrophes n’ont pas accès à leur compte bancaire et se retrouvent bloqués sans un sou.

    Franck Ferrari
    Franck Ferrari

    Le problème est encore plus difficile à gérer pour les réfugiés politiques russes qui sont dans l’obligation de retourner dans leur pays pour avoir accès à leur épargne. Finalement, Franck Ferrari juge que cette décision est une aubaine pour l’administration de Vladimir Poutine, et un problème majeur pour les victimes de sa politique.

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  • La Méditerranée cible d’une guerre mondiale

    La Méditerranée cible d’une guerre mondiale

    Le retour de la guerre en Europe, avec l’invasion de l’Ukraine, fait craindre une troisième guerre mondiale. Le conflit s’étend partout où les Russes ont des implantations militaires et des intérêts politiques, notamment en Méditerranée. La guerre, économique ou non, bouleverse déjà les circuits mondiaux, elle frappe directement la plupart des pays par les prix: gaz, pétrole, blé.

    En Méditerranée, la Russie a développé son emprise, aidée par le désengagement américain et les limites françaises. Les Russes ont interprété le recul d’Obama, en 2013, face à l’emploi des armes chimiques par Bachar El Assad, puis le retrait des troupes d’Irak, de Syrie, enfin d’Afghanistan, comme un encouragement. Les Russes ont renforcé leurs positions aux abords de la Russie, comme en Crimée, au Moyen-Orient, en Afrique.

    En Syrie, la Russie a doublé sa base navale de Tartous par une base aérienne à Lattaquié. Elle a conclu avec la Turquie un accord de contrôle du territoire syrien. Elle a pris pied en Libye, dans un autre face à face avec les Turcs, un même modus vivendi, sous le nez des Occidentaux.

    Les Russes ont une vision d’ensemble de leurs actions politico-militaires. Le théâtre méditerranéen compte. Neuf jours avant l’invasion de l’Ukraine, le ministre de la défense russe était en Syrie. Actuellement, onze navires de combat de plus de 3 000 tonnes (trois croiseurs, deux destroyers, six frégates) seraient concentrés en Mer noire et en Méditerranée, des navires de la flotte de la Baltique ayant rejoint le dispositif, qui rassemble désormais plus de la moitié de la flotte russe. Ils ne sont pas seuls : en février l’OTAN réunissait plusieurs marines dans un exercice naval, avec, entre autres, trois porte- avions : le Charles-de-Gaulle, l’américain USS Harry Truman et l’italien Cavour, chacun avec son groupe naval et aéronaval.

    A l’Assemblée des Nations-Unies, la résolution proposée par l’Ukraine et l’Union Européenne condamnant l’invasion russe a été approuvée par 141 pays sur 193. Cinq pays seulement ont voté contre, dont la Syrie. La Turquie et l’Egypte ont finalement voté pour. Mais le Maroc, étrangement, n’a pas participé au vote. Et l’Algérie fait partie des 35 pays qui se sont abstenus.

    La Russie a des relations fortes avec l’Algérie, premier budget militaire d’Afrique, avec des équipements russes. Les Russes utilisent les ports algériens pour leur marine. L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc. Elle a lui aussi coupé le gaz, à tel point que le Maroc utilise du gaz algérien revendu par l’Espagne. Un conflit entre ces deux pays ne serait pas inutile pour les Russes. Il mettrait les Européens en difficulté, car l’Europe importe le gaz algérien et la Sonatrach, compagnie d’Etat algérienne, qui représente 30% du PIB algérien, a annoncé augmenter ses livraisons pour suppléer au manque de gaz russe en Europe…

    Rendre problématiques ces livraisons feraient le jeu russe. Il n’est pas certain que l’Algérie entre dans ce jeu, puisque la hausse du prix des hydrocarbures est un miracle pour l’Etat algérien en difficulté.

    Les exportations russes depuis la Mer noire sont bloquées : La Russie est le premier utilisateur du canal pour les tankers pétroliers (26% du total) et le deuxième pour les Céréales (21%), derrière … l’Ukraine. Cela montre l’importance stratégique de la Méditerranée pour l’économie russe. Si elle ne peut plus utiliser cette voie commerciale, elle doit en priver les autres. C’est d’ailleurs ce qui inquiète les Chinois. Le commerce en Méditerranée représente 30% du commerce mondial.

    Maghreb et Moyen-Orient importent cinquante millions de tonnes de blé par an, le tiers du commerce mondial de blé. Les principaux producteurs sont, avec la France, l’Ukraine et la Russie. 80% du blé importé égyptien vient de Russie et d’Ukraine, 50% du blé libanais. La moitié du blé tunisien et libyen vient de la seule Ukraine. Comment et par quoi les remplacer ? Quel est l’état des stocks en ces différents pays ? Au Liban, les réserves représentent un mois et demi. A nouveau des émeutes de la faim ? Pour l’instant, le blé est bloqué dans les ports ukrainiens sur la mer Noire. La Russie, si elle s’emparait de l’Ukraine, pourrait contrôler une partie du marché mondial du blé.

    A supposer que les millions de tonnes de blé passent le détroit des Dardanelles, à quel prix ? Du côté de l’Egypte, de la Tunisie, du Maroc, de l’Algérie, du Nigéria et d’autres pays africains, on craint rupture d’approvisionnement et hausse des prix. En 2008, elle avait été un peu partout les préludes aux « Printemps arabes ».

    Cliente et partenaire de la Russie, pour les armes, le blé, l’exploitation du gaz en mer, la construction d’une centrale nucléaire, l’utilisation du canal de Suez, l’Egypte a condamné la Russie. Elle n’est pas la seule à être prise en étau.

    La Turquie coopère avec les Russes en Syrie, abrite une base militaire américaine, avec des bombes nucléaires, achète des missiles sol-air à la Russie, vend des drones à l’Ukraine. Surtout, elle dépend du gaz pour son approvisionnement à 40%. Avec la politique « impérialiste » d’Erdogan, son économie s’est effondrée, et la livre turque a perdu 75% de sa valeur.

    Elle a, finalement, condamné la Russie, d’autant quelle est également proche des Ukrainiens. En application du protocole de Montreux sur la libre circulation dans les détroits, elle a décidé de bloquer les navires de guerre russes, qui ne pourraient plus sortir de la Mer Noire. De fait, elle ne peut se payer le luxe de tourner plus encore le dos aux Occidentaux. Mais peut-elle affronter une crise? Et que ferait un Erdogan face à l’impopularité ?

    L’Europe ne peut compenser le gaz russe que par des importations. Construire des terminaux pour le gaz naturel liquéfié ne se fait pas en un jour. Si l’Algérie peut voir ses ressources grâce au gaz monter, d’autres pays, qui n’ont ni blé ni gaz, vont devoir affronter un choc économique, comme la Grèce, le Maroc, la Tunisie, ou la Turquie.

    Que l’on se tourne vers la Turquie, le Liban, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie, sans parler de pays déjà en guerre civile comme la Libye ou la Syrie, les régimes en place sont fragiles. Quel meilleur exutoire, pour un dirigeant, qu’une aventure extérieure ?

    L’explosion de conflits en Méditerranée n’est pas sûre, elle est possible et probable. Elle ne prendra pas la forme d’un conflit russo-occidental mais d’une multitude de déstabilisations. Faut-il ajouter à ces perspectives la pression migratoire, et l’arme qu’elle représente désormais, comme on a vu récemment la Biélorussie l’utiliser ?

    La guerre « hybride » est déjà en action. L’amirauté de Toulon reconnait craindre les cyberattaques, tandis que tous les Etats-majors s’inquiètent pour les câbles sous-marins. La principale liaison internet Europe- Amérique se fait par des câbles qui arrivent en Irlande. La Méditerranée aussi en est tapissée. Les liaisons téléphoniques entre l’Europe, le Moyen- Orient et l’Asie passent par la Méditerranée, la Mer Rouge et l’Océan indien, elles sont les plus longues liaisons sous-marines du monde. Il existe des petits sous-marins qui les repèrent, ou les abiment.

    Même si ce sont les actions plus discrètes, voire secrètes, qui seront planifiées, un incident comme celui qui avait eu lieu entre les marines française et turque peut se répéter, avec d’autres conséquences. Le Charles-de-Gaulle croise en Méditerranée orientale, de nombreux navires patrouillent dans le canal de Syrie, entre Israël et Chypre, face à la marine russe à Lattaquié. Au dessus, les Israéliens partent bombarder la Syrie ou l’Iran, qui n’a évidemment pas condamné la Russie, pas plus que l’Irak.

    La Mer Noire se déverse déjà en Méditerranée. Le monde bascule vite. Il a basculé en Europe orientale. La guerre est possible, les pirates sont de retour. La seule question n’est finalement pas de savoir ce que va changer la guerre en Ukraine, en Europe ou en Méditerranée, mais ce qu’elle ne changera pas.

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