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  • Accord Israël-Liban : le gaz fait la paix

    Accord Israël-Liban : le gaz fait la paix

    C’était dans les tuyaux. On en parlait depuis l’explosion du port de Beyrouth et des voyages du Président de la République au Liban. Une des portes de sortie de la crise libanaise était un accord avec Israël, qui passerait d’abord par le gaz. 

    Il n’y a aucun conflit de fond entre le Liban et Israël, depuis que ce dernier s’est retiré de la bande qu’il occupait au sud Liban jusqu’en 2000. Une mémoire douloureuse. Mais une paix officielle avec Israël était impossible : aucun gouvernement ne pouvait l’assumer, si tant est qu’il y eut des gouvernements. Surtout, le Hezbollah s’y opposait. 

    © Euronews

    Le premier pas devait être un accord sur la délimitation des champs gaziers sous-marins au large des deux pays. Mais la discussion était bloquée depuis deux ans pour la même raison : Nasrallah, le chef du Hezbollah, avait publiquement prévenu qu’il s’y opposerait.

    La guerre d’Ukraine change la donne 

    Israël avait alors décidé de commencer à exploiter seul sa partie, le champ de Karish. Le Hezbollah menaçait alors de lancer des opérations. Pas d’exploitation israélienne en mer sans que le Liban puisse faire pareil. L’armée israélienne a des capacités de rétorsion, mais rares sont les compagnies qui ont envie de prospecter sous la menace d’attentats. 

    Aussi les discussions trainaient-elles. Ce qui a changé la donne, c’est bien évidemment la guerre en Ukraine. Et cette fois, elle a conduit à faire un pas vers la paix.

    Bien sûr, il y a l’augmentation du prix du gaz, ce qui accroit l’intérêt d’un accord et pousse à l’exploitation le plus rapidement possible des champs gaziers. Il y a aussi la ruine accentuée du Liban, qui trouverait dans la concession des champs une ressource financière immédiate, même s’il faut attendre quelques années avant l’exploitation. Mais les intérêts n’auraient pas suffi à outrepasser le veto du Hezbollah, c’est-à-dire le veto iranien.

    Un accord israélo-syrien a coupé la route de l’approvisionnement iranien 

    C’est le retrait progressif russe de Syrie qui a changé la donne. Avec l’Ukraine, les positions russes en Syrie ont été réduites. Israël et la Syrie ont donc conclu un accord : les Israéliens cessent d’attaquer les aéroports syriens et les bases de l’armée syrienne, à condition que la Syrie ne reçoive plus d’armes des Gardiens de la Révolution à destination du Hezbollah. 

    Israël a tout loisir de bombarder ailleurs, y compris l’Iran. L’accord est respecté. Alors qu’Israël menait des opérations chaque semaine depuis deux ans, plus aucun aéroport n’a été visé. Aucune arme ne vient plus d’Iran. Ce qui signifie que le Hezbollah se retrouve isolé, et n’avait plus vraiment les moyens de s’opposer à un accord de délimitation des champs gaziers.

    Le Hezbollah isolé a accepté l’accord

    D’autant que les États-Unis, mais aussi la France, qui a joué un rôle actif dans le dossier, poussaient. Le Président français a été sollicité jusqu’au dernier moment. Aussi bien par les Israéliens que par les Libanais. Le médiateur américain, Amos Hochstein, qui est aussi l’interlocuteur des Saoudiens sur le volet énergétique, a demandé un dernier effort au gouvernement israélien, qu’a accepté Yaïr Lapid. La ligne de partage correspond à celle demandée par le Liban en 2011 auprès de l’ONU. 

    Mais ce dernier a aussi ses problèmes : son principal opposant, Benyamin Netanyahou, s’est dit opposé à l’accord. Lapid aurait trop cédé. D’autant que Netanyahu est un soutien de Trump, pas d’Obama ni de Biden. Surtout, les élections israéliennes ont lieu le 1er novembre. Aussi la Cour suprême s’interroge pour savoir si le gouvernement intérimaire, chargé des affaires courantes, a le droit de conclure un accord avant l’élection. 

    Côté libanais, c’est l’ancien ministre de la Défense Elias Bou Saab, vice-président du Parlement (et époux de la chanteuse Julia Boutros), fidèle de Michel Aoun, qui a négocié l’accord.

    Au-delà de l’accord gazier, le plus marquant est l’accord lui-même. Il reconnait des droits de propriété et une quasi frontière, ce qui est une forme de reconnaissance.

    Israël mène déjà une coopération gazière avec l’Egypte et la Jordanie. Il s’est associé à la Grèce et à la France pour défendre les champs de gaz de Chypre face à la Turquie. Il a signé un accord avec la Commission européenne pour fournir du gaz à l’Europe. Il milite pour la construction de l’EastMed, un gazoduc de 5000km et de 7milliards de $ qui lierait l’Egypte, Israël, Chypre et l’Europe. 

    Total et ENI exploiteront le champ de Cana, dévolu aux deux tiers au Liban, et versera une quote-part à Israël. Mais l’exploitation ne pourra pas commencer avant six ans. 

    Le Liban ne peut compter sur cette future manne pour régler ses problèmes. C’est l’inverse qui est en train de se passer : régler le problème des frontières peut permettre au Liban d’amorcer un pas avec Israël. Ce serait la meilleure option pour un pays ruiné, exsangue, avec une population qualifiée, où le niveau de vie moyen (2670$) est désormais inférieur à celui des Palestiniens de Cisjordanie et Gaza (3660$). 

    Ce n’est pas le gaz qui sauvera le Liban, la paix peut-être.

  • Hôpital : qui paie quoi en Europe ?

    Hôpital : qui paie quoi en Europe ?

    La crise de la Covid a fait apparaitre à la fois la fragilité des systèmes de santé en Europe et dans le monde, et leur résistance. Personne n’a oublié les confinements, interdictions et autres contraintes. L’arrêt presque total des activités, à un point difficilement imaginable avant la crise, avait pour objectif de relâcher la pression sur les hôpitaux, saturés sous l’afflux de malades. Du côté des Français de l’étranger, chacun a pu constater les différences entre les politiques menées à l’hôpital.  

    Après la crise, en France, le système des urgences, l’hôpital public dans son ensemble, la fermeture des lits, les contraintes administratives et bureaucratiques, le financement… tout semble remis en cause, à juste titre, encore que le diagnostic ne soit pas si simple, et les remèdes encore moins simplistes. 

    Pour y voir clair, une comparaison des dépenses publiques concernant l’hôpital -public et privé- dans les différents pays d’Europe est utile. A partir des chiffres de l’OCDE, l’organisme d’étude des dépenses publiques Fipeco a publié une note résumant la situation. 

    La France dépense plus que les autres pour ses hôpitaux

    En France, les budgets de hôpitaux représentent 4.6% du PIB. Comparer par rapport au PIB est une bonne mesure de l’effort relatif à la richesse nationale. C’est, relativement, le deuxième plus important en Europe, derrière le Royaume-Uni (4.7%), le premier de l’Union Européenne, avec le Danemark, devant l’Espagne et la Suède (4%). En Allemagne, le montant n’est que de 3.6%.

    La bonne nouvelle c’est que les expatriés ont pu bénéficier de la solidarité européenne et aucun n’a eu, en Europe, à souffrir d’une mauvaise prise en charge. Ce qui ne fut pas le cas en dehors où les Français de l’étranger ont parfois dû attendre le déploiement de la campagne française de vaccination voire pour les cas les plus graves se faire rapatrier si cela était possible. 

    Pour revenir aux volumes de dépenses, on ne s’attendait pas à voir le Royaume-Uni dépenser un tel montant dans le système de santé. Et si peu l’Allemagne, qui a mieux géré l’encombrement dans les hôpitaux que ce ne le fut en France.

    L’emploi hospitalier y est le plus important  

    Reste à savoir comment cet argent est dépensé, notamment en ce qui concerne l’emploi hospitalier. Ramener l’emploi hospitalier à l’ensemble de l’emploi est un bon indicateur global. En France, il représente 5% de l’emploi total, ce qui met la France en tête des 19 pays étudiés par l’OCDE, devant la Suisse (4.9%), et le Royaume-Uni (4.8%), loin devant l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. On notera que parmi les expatriés, il y a un grand nombre de professionnels de santé attirés par les meilleurs salaires chez nos voisins. 

    Il faut donc que la France fournisse un effort important par rapport aux pays européens qui lui sont comparables. Un effort qui lui permet, contrairement aux idées reçues, d’avoir un nombre de lits par habitant plus élevé que tous les autres pays, à l’exception de l’Allemagne. En France, le nombre de lits pour 1000 habitants dans les hôpitaux publics et privés est de 5,7, comme en Belgique, mais bien devant les autres pays : entre 2 et 3 lits pour 1000 habitants.  L’Allemagne fait exception avec 7,8 lits pour 1000 habitants.

    Emploi administratif record, personnel soignant mal payé

    Point négatif pour la France : la part des emplois administratifs, c’est à dire du personnel non soignant, est nettement plus élevée (36%) que dans la plupart des autres pays, hormis la Belgique (36%) : Allemagne 22%, Royaume-Uni 20%, Italie 25%, Espagne 23%.

    Personnel plus nombreux, avec une forte proportion administrative, et surtout, moins bien payé. L’OCDE a comparé le salaire moyen des infirmiers au salaire moyen de l’ensemble des salariés pays par pays. La France et la Suisse sont les deux pays où le salaire moyen est nettement inférieur au salaire moyen national : – 9% en France, -15% en Suisse. Il est 10% plus élevé dans les autres grands pays européens, sauf en Italie. Il en est de même pour les médecins : les médecins spécialistes hospitaliers gagnent 2,15 fois le salaire moyen en France ; 3,4 fois en Allemagne. Des chiffres qui expliquent bien le phénomène de surreprésentation du corps médical parmi nos compatriotes expatriés dans certains pays. 

    En somme, les moyens sont là. Ce sont les règles, la bureaucratie, l’organisation, qu’il faut changer. S’appuyer sur les exemples étrangers est le meilleur moyen d’éviter les erreurs, souvent inspirées par les idées reçues, l’idéologie ou les corporatismes.

  • Haïti : opposition au déploiement d’une force armée internationale

    Haïti : opposition au déploiement d’une force armée internationale

    Opposés à l’ingérence étrangère, des Haïtiens manifestent pour dire non au déploiement d’une force armée internationale dans le pays, une proposition de l’ONU après l’appel à l’aide de leur gouvernement face à la violence. Frédéric Thomas (CETRI) est spécialiste d’Haïti, il partage son analyse avec nous.

    Une force armée internationale

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a réclamé dimanche le déploiement d’une force armée internationale en Haïti, pays pauvre des Caraïbes « paralysé » par une crise sécuritaire « dramatique » sous l’emprise de bandes criminelles et sous la menace du choléra.

    « Le secrétaire général exhorte la communauté internationale, y compris les membres du Conseil de sécurité, à examiner en urgence la demande du gouvernement haïtien de déployer sans délai une force armée spécialisée internationale pour faire face à la crise humanitaire », a demandé Antonio Guterres dans un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric.

    Le prochain Conseil de sécurité prévu pour débattre de la crise en Haïti est prévu le 21 octobre mais le secrétaire général de l’ONU a d’ores et déjà envoyé dimanche au Conseil « une lettre présentant des options pour un soutien renforcé à la sécurité », conformément à la résolution 2645 adoptée le 15 juillet, a indiqué la même source.

    La communauté française en attente

    Du côté des Français installés sur l’île, la situation est difficile. Consulat au ralenti, Lycée et autres antennes culturelles fermées, les expatriés se sentent abandonnés.

    La communauté française en Haïti est composée d’environ 1500 Français inscrits sur le site de l’ambassade. Les deux-tiers d’entre eux y habitent depuis de longues années, voire plusieurs générations. Ces personnes comprennent donc bien la mentalité locale et les modes de vie. Par contre, le tiers restant, étant composé de travailleurs en déplacement sur l’île caribéenne pour une durée de six mois à trois ans, rencontre plus de difficultés pour s’acclimater.

    Regardez l’interview de Frédéric Thomas

  • Au procès du crash du Rio-Paris, l’enquête sur un avion disparu

    Au procès du crash du Rio-Paris, l’enquête sur un avion disparu

    « Il a fallu utiliser d’autres méthodes de travail ». Le directeur de l’enquête menée sur le crash du Rio-Paris a détaillé mardi (11 octobre) à la barre les investigations menées en l’absence de l’épave, retrouvée deux ans seulement après la catastrophe.

    Ancien colonel de gendarmerie, alors commandant de la section de recherches du transport aérien (GTA), Xavier Mulot a déposé au deuxième jour du procès à Paris d’Airbus et d’Air France pour homicides involontaires.

    Le gendarme a expliqué comment la cellule d’enquête « dédiée », baptisée « AF447 », avait d’abord travaillé sur un avion fantôme.

    Si des débris ont été retrouvés dans les jours qui ont suivi l’accident du 1er juin 2009, qui a tué 228 personnes, l’épave et les boîtes noires n’ont en effet été repêchées qu’au printemps 2011, après de longues recherches dans une zone très profonde et accidentée de l’Atlantique.

    La cellule d’enquête était divisée en six groupes, dont le premier a notamment participé à l’identification des corps, a expliqué M. Mulot.

    Cinquante corps ayant été repêchés peu après le crash et 103 autres deux ans plus tard, avec l’épave, dans des « conditions très difficiles », a rappelé l’ancien gendarme qui, très ému, a marqué un long silence.

    « D’abord, parce qu’il a fallu faire des choix. Nous étions contraints aussi par la volonté de certaines familles de ne pas remonter les corps de leurs défunts (…) et nous n’avons pu remonter que les corps attachés à leurs sièges », a-t-il poursuivi.

    crash du Rio-Paris
    Opération pour repêcher des pièces de l’avion en 2011 ©AFP/SYGMA

    « Rôle déterminant » des sondes

    En l’absence des boîtes noires, d’autres enquêteurs ont travaillé sur les messages ACARS (Aircraft communication addressing and reporting system), des informations transmises automatiquement par l’avion à Air France avant l’accident, a expliqué le gendarme.

    « Très rapidement », il est apparu que les sondes de vitesse Pitot avaient eu « un rôle déterminant dans l’accident ».

    Obstruées par des cristaux de glace, ces sondes ont cessé de fonctionner, désorientant les pilotes. L’avion a décroché et s’est abîmé 4 minutes 30 plus tard.

    L’A330 était équipé depuis sa mise en service en 2005 des mêmes sondes « AA » du fabriquant français Thalès – deux autres modèles existaient, a souligné l’enquêteur retraité.

    Les gendarmes ont relevé qu’au total, 17 incidents concernant ces sondes avaient été enregistrés « entre janvier 2007 et juin 2009 ».

    Des pannes dont avaient connaissance Airbus et Air France, qui ont organisé des réunions sur le sujet en 2008, menant à une « campagne d’information », avec des « bulletins » placés « dans les casiers des équipages »« Mais nous n’avons pas eu la garantie que tous les pilotes en avaient eu connaissance », selon le témoin.

    Air France avait par ailleurs décidé de changer de modèle de sondes pour un autre baptisé « BA » à partir de 2007, mais « uniquement en cas de pannes ».

    « Ce que nous avons observé, c’est que Air Caraïbes (…) n’a pas attendu de consigne (de l’Agence européenne de sécurité aérienne) pour changer les sondes », cette seconde compagnie considérant que l’autre modèle était plus résistant au givre, a précisé M. Mulot.

    Pistes « farfelues »

    Un autre groupe d’enquêteurs a analysé puis écarté les pistes d’un « acte de malveillance », dont « certaines un peu plus farfelues que d’autres », a également précisé M. Mulot, citant « la présence d’extraterrestres »« la cible terroriste visant un passager » ou encore « un attentat fomenté par un groupuscule extrémiste brésilien ».

    Les profils des trois pilotes, dont les « observations » étaient « très satisfaisantes », ont aussi été creusés et les gendarmes ont constaté que « tous les avions qui ont précédé ou suivi l’AF447 ce soir-là ont procédé à un évitement » du Front inter tropical (FIT), zone météo particulièrement dangereuse dans laquelle l’avion a décroché.

    Estimant qu’Airbus et Air France avaient fait preuve de « transparence », celui qui a aussi dirigé les investigations sur l’accident du Concorde en 2000 a jugé qu’il s’agissait du « plus difficile » dossier qu’il ait « eu à traiter, d’abord parce que faute de découverte de l’avion dès les premiers instants, il a fallu utiliser d’autres méthodes de travail ».

    « Il a fallu attendre la découverte des enregistreurs de vol pour valider chacune des hypothèses que nous avions émises », a-t-il ajouté.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.10.22

    Bonjour à tous, aujourd’hui une édition spéciale suite à la prise de parole du Président de la République. On vous annonce aussi une bonne nouvelle pour la prise de rendez-vous au consulat.

    Le consulat va vous notifier ses disponibilités 

    Depuis la pandémie, les Français de l’étranger, comme ceux en France, courent après les rendez-vous pour effectuer leurs démarches administratives comme le renouvellement des papiers d’identité. Jusqu’à présent, une seule possibilité, revenir tous les jours en espérant que des créneaux libres soient affichés. Désormais, une nouvelle option de l’application web du Ministère des Affaires étrangères vous permet de solliciter un rappel dès que des rendez-vous libres sont disponibles. Seul bémol, le consulat doit l’activer… Les équipes locales sont libres de le faire ou non ! 

    Notification de disponibilité
    Notification de disponibilité

    Emmanuel Macron et le Monde en crise

    Hier soir dans l’émission de France 2, Emmanuel Macron est revenu sur les attaques du début de semaine qui ont suivi la destruction du pont de Kertch. Inquiet, le chef de l’Etat a précisé que « nous ne voulons pas de guerre mondiale », appelant le président russe à revenir à la table des négociations.

    Le Président de la République a confirmé la poursuite des livraisons d’armes à l’Ukraine. Plusieurs radars et systèmes anti-missiles et anti-drones ainsi que six canons Caesar vont être livrés prochainement. Le chef des armées a également précisé la nécessité de conserver la capacité de la France à se défendre en l’occurrence « son flanc est ». C’est pour cette raison qu’il a ordonné le déploiement supplémentaire de troupes et de chars français en Roumanie.

    Concernant la crise iranienne, le chef de l’Etat a condamné les répressions menées par le régime iranien : « nous sommes aux côtés de ces femmes, c’est un peuple souverain qui se bat pour sa liberté ». Il a aussi rappelé que quatre de nos compatriotes y sont accusés d’espionnage après des aveux forcés.

    Le président a terminé en appelant les français à ne pas choisir le repli mais à s’appuyer sur nos forces, nos valeurs et notre Histoire.

    Emmanuel Macron

    C’est tout pour aujourd’hui ! A demain.

    Ecoutez le flash des expatriés

  • Emmanuel Macron : « Nous ne sommes pas en guerre »

    Emmanuel Macron : « Nous ne sommes pas en guerre »

    Ce mercredi 12 octobre, France 2 lançait une nouvelle émission politique dénommée simplement « l’Événement ». Premier invité, et cela fait l’événement, le Président de la République. Deux émissions lui seront consacrées, la première était dédiée à la politique étrangère tandis que la seconde diffusée le 26 octobre 2022 traitera de la politique intérieure. Pour les Français de l’étranger, la politique menée par notre pays hors de nos frontières est souvent suivie de conséquences, bénéfiques mais aussi négatives. En effet, chaque expatrié peut être pris à parti comme « ambassadeur de la France », les événements des derniers jours au Burkina Faso l’ont encore démontré.

    L’Ukraine

    Dès le début de l’émission, Emmanuel Macron est revenu sur les attaques du début de semaine qui ont suivi la destruction du pont de Kertch. L’attitude de Vladimir Poutine inquiète énormément le chef de l’Etat.

    « Le choix de la Russie, c’est une mobilisation des jeunes pour aller combattre, c’est d’annexer les territoires dans le Donbass, et ces nouvelles attaques. Nous ne voulons pas de guerre mondiale »

    Emmanuel Macron le 12 octobre 2022

    Gardant la ligne diplomatique que notre pays applique depuis le début du conflit russo-ukrainien, Emmanuel Macron exhorte le président russe à revenir à la table des négociations. Cependant, il est aussi conscient que la guerre rentre dans « une phase inédite depuis le début du conflit par des bombardements contre des infrastructures essentielles et des civils ».

    Une guerre hybride

    En réaction, le chef de l’Etat a confirmé le renforcement des livraisons d’armes à l’Ukraine comme des canons Caesar tout en accentuant notre présence en Roumanie en continuant à déployer soldats et militaires. Emmanuel Macron essaie ainsi de préserver l’Europe d’un dérapage de cette « guerre hybride » aux portes de l’Union européenne. L’enjeu principal étant d’éviter une extension du conflit, Emmanuel Macron a saisi l’occasion de rappeler que « nous ne sommes pas en guerre », cependant il faudra encore de longs mois pour que puisse advenir une solution diplomatique.

    Pour cela, Emmanuel Macron compte sur la pression économique qui est encore alourdie par un nouveau paquet de sanctions mis en place par les 27 ! La journaliste de France 2 lui rétorquant que pour l’instant, nous sommes les victimes avec la flambée des prix de l’énergie, le Président de la République lui répondit par un renforcement de l’Union européenne, à travers des achats groupés, une solidarité plus forte.

    La transition écologique

    Après un aparté sur les raffineries en France qui sont bloquées par des grévistes entraînant des pénuries dans les stations-service, l’entretien ouvrit le thème de la transition écologique.

    Pour réussir ce défi qui s’impose à l’humanité, le chef de l’État veut gagner cette «bataille du climat et de l’indépendance», en mettant un terme aux usines à charbon en Europe. Il prône le nucléaire et le renouvelable qui sont les seules méthodes qui peuvent nous permettre de tenir nos objectifs et engagements auprès de la communauté européenne.

    Cohérent avec son discours, Emmanuel Macron a annoncé que la France ne soutiendra pas le forage de Total en Ouganda. Selon le Président de la République, «la priorité des priorités pour lutter contre le réchauffement climatique», c’est la lutte contre le charbon. 

    L’Arménie

    Sans transition, la journaliste a révélé une lettre qui sera publiée ce week-end dans le Figaro sur la situation en Arménie. Un pays, une culture, qui sont très proches de la France depuis de longs siècles. Plus de 5 000 Français vivent sur place et près de 200 000 arméniens sont francophones.

    Dans son conflit avec l’Azerbaïdjan, le petit pays fait appel naturellement à la France. Le contentieux porte sur le sort du Haut-Karabakh, aussi appelé Artsakh, une enclave peuplée d’Arméniens en Azerbaïdjan, mais aussi sur la délimitation des frontières entre les deux pays. Cet été déjà, des tensions avaient refait surface dans la région. Les forces azerbaïdjanaises avaient mené une opération nommée « Vengeance ». L’Arménie avait alors accusé l’Azerbaïdjan de tenter de prendre le contrôle unilatéral d’une zone qui lie l’Arménie au Haut-Karabakh. Les deux pays se sont ensuite accusés mutuellement lors de bombardements. 

    Dans ce conflit, Emmanuel Macron y voit la main de la Russie qui cherche à déstabiliser cet allié de la France.

    « Nous ne lâcherons pas l’Arménie« 

    Emmanuel Macron le 12 octobre 2022

    L’Iran

    Dernier sujet de l’interview, la crise en Iran et les relations entre ce pays et la France alors que 4 de nos compatriotes y sont accusés d’espionnage. Parmi eux, une syndicaliste à l’AEFE qui fut forcée à avouer un statut d’espion à la télévision la semaine dernière.

    Alors que le régime d’Iran n’hésite pas à employer la manière forte contre la révolte de son peuple, le président de la République a exprimé son «admiration pour ces femmes, pour ces jeunes, parce que ce sont les femmes qui ont commencé avec courage à tomber le voile et à aller devant les armes». Et d’ajouter : «Aujourd’hui, ce sont aussi beaucoup de jeunes, et d’hommes, qui se battent pour le droit des femmes, pour ce combat universel. La France condamne les répressions menées par le régime iranien. (…). Nous sommes aux côtés de ces femmes, c’est un peuple souverain qui se bat pour sa liberté.»

    Un cap pour la France et l’Europe

    Crise climatique, énergétique, guerre… «Il y a deux manières de faire face à ces crises : se replier sur soi et aller vers les extrêmes, ou bâtir un cap et le tenir», assure Emmanuel Macron. «La France est un grand pays, par ses valeurs, son Histoire, notre indépendance en matière de recherche, d’industrie. Nous devons être plus fort, nous résistons mieux que nos voisins face à la crise. On a des forces qui sont les nôtres. Quel est le cap ? Celui de l’indépendance, celui de bâtir un pays plus fort et plus indépendant pour être plus juste.»

    Prochain rendez-vous le 26 octobre !

  • Lycée Condorcet : inauguration des nouveaux bâtiments le 13 octobre

    Lycée Condorcet : inauguration des nouveaux bâtiments le 13 octobre

    Après de longs mois de travaux, le Lycée Condorcet, situé à Sydney, fera l’inauguration de ses nouveaux bâtiments le jeudi 13 octobre. La journée permettra de dévoiler de nouveaux espaces dans une démarche environnementale et durable. Ces nouveaux locaux viennent ajouter une nouvelle pierre à l’édifice, qui rassemble les communautés française et internationale de Sydney, depuis son ouverture en 1965. 

    Au programme de l’inauguration des nouveaux locaux

    Cette journée se déroulera ainsi le 13 octobre. Afin d’inaugurer et de célébrer les parties prenantes de ce nouveau projet, de nombreuses institutions seront présentes :

    • Les délégués de l’AEFE
    • Le Ministère de l’Éducation et de la Formation du gouvernement fédéral australien
    • Le Ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance du NWS
    • L’Ambassade de France en Australie
    • Le Consulat général de France à Sydney
    • Le Maire de Randwick

    La communauté française de l’école est également conviée à l’inauguration des bâtiments du Lycée Condorcet.

    Le lycée compte aujourd’hui plus de 1164 élèves, avec 55 nationalités représentées. Après 20 longs mois de travaux de modernisation et un investissement de 13.5 M$, subventionné à hauteur de 20% par l’AEFE et le Ministère de l’Éducation et de la Formation du gouvernement fédéral australien, ce sont 20 nouveaux espaces qui s’ajoutent à la structure actuelle.

    Les nouveaux bâtiments s’inscrivent dans une démarche responsable

    Lors cette journée, vous pourrez découvrir une véritable démarche green. En effet, au lycée Condorcet les bâtiments ont été pensés pour répondre aux questions environnementales. Ainsi, la construction s’ouvre sur un patio à ciel ouvert, afin de s’inscrire dans la continuité de l’architecture australienne existante. Elle reprend ainsi les caractéristiques des premiers bâtiments en brique de l’école.

    Afin d’optimiser la consommation énergétique des bâtiments, des panneaux solaires ont été installés, permettant d’atteindre une production de 53% d’électricité « propre » produite à l’extérieur. Cela fait ainsi du Lycée Condorcet un établissement « 100% green ».

    Un jardin pédagogique vient également s’ajouter aux nouveaux bâtiments, afin de sensibiliser les plus jeunes. Tout a été pensé dans une véritable démarche responsable.

    Un (e)co-travail pluridisciplinaire franco-australien

    C’est une équipe d’architectes français et australiens qui a collaboré sur ce projet. Ainsi, les équipes modernisent les dispositifs pédagogiques de l’école. Dans ces nouveaux bâtiments, il y aura 9 salles de classe supplémentaires, une salle de sieste, une salle de motricité, une cuisine, un jardin pédagogique et un gymnase.

    Les architectes SEGOND-GUYON, en collaboration avec Luigi ROSSELLI ont imaginé un édifice qui s’intègre non seulement dans un contexte pédagogique, mais aussi dans son environnement. Le projet a été suivi et coordonné par FigTree, exécuté par TDK et sa construction réalisée par Lloyd Australia.

    ❝ Dans tous les projets que nous suivons, nous attachons une forte importance aux lieux dans lesquels ils doivent s’inscrire, au climat, aux usages existants, également aux techniques et savoir-faire locaux ❞  

    Guillaume SEGOND, Architecte

    Des espaces éducatifs, culturels, artistiques et sportifs

    Sous la direction du Proviseur, Nicolas L’HOTELLIER, et du Directeur Administratif et Financier, Thibault DELOR, du Lycée Condorcet, les infrastructures, tant nouvelles que rénovées comptent désormais :

    • une entrée dotée d’un Coffee cart appelé « Café de Flore » faisant référence à une institution parisienne, haut-lieu historique de Paris
    • des classes de maternelle et d’enseignement élémentaire, toutes ouvertes sur une cour de récréation agrandie
    • une nouvelle salle de motricité pour les enfants de maternelle
    • un gymnase supplémentaire
    • une cuisine pédagogique pour l’éducation culinaire des élèves 
    • un dortoir pour la sieste des plus petits
    • des bureaux administratifs et des espaces pour la maintenance
    • un parking souterrain pour le personnel

    Ces nouveaux espaces viennent également compléter ceux des bâtiments existants.

    salle pédagogique Condorcet

    De plus, l’école a reçu cette année le label EFE3D au niveau 2 qui récompense les nombreuses actions entreprises par le Lycée Condorcet depuis quatre ans en faveur de l’éducation au développement durable. L’école présentera lors de l’événement ses engagements vis-à-vis de l’environnement ainsi que son nouveau dispositif pédagogique innovant mis à la disposition des élèves.

    Ainsi, l’inauguration des nouveaux bâtiments du Lycée Condorcet est l’occasion de rappeler que ce lycée fait partie du paysage éducatif australien. Pour l’établissement, qui fêtera ses 60 ans en 2025, cette journée sera l’occasion de recevoir une délégation de l’AEFE, qui compte le plus grand réseau scolaire international, auquel le Lycée Condorcet est fier d’appartenir.

  • Notification de disponibilité au consulat

    Notification de disponibilité au consulat

    Depuis plusieurs années et la pandémie les Français de l’étranger éprouvent de grandes difficultés à effectuer leurs démarches dans les administrations consulaires. Le système de prise de rendez-vous était particulièrement critiqué. Depuis quelques semaines, une nouvelle interface a été mise en place, une application web qui vient d’être dotée d’une nouvelle option la notification de disponibilité d’un rendez-vous au consulat.

    Modernisation indispensable

    Jusqu’à présent, même dans la nouvelle interface, il était obligatoire de revenir régulièrement sur le site de son consulat pour trouver des créneaux disponibles. En effet, ces derniers sont mis à disposition du public à un rythme propre à chaque pays, selon la décision des services consulaires locaux, si ceux accessibles étaient déjà pris, il n’y avait qu’une option, celle de revenir se connecter, encore et encore, jusqu’à trouver un rendez-vous disponible.

    Une organisation bien fastidieuse et chronophage devait donc être mise en place par l’expatrié(e) afin de pouvoir mener ses démarches légales à terme. Mais c’était sans compter sur l’ingéniosité des Français de l’étranger. En effet, on a vu apparaitre des sites qui ont mis en place des robots qui effectuaient la tâche de contrôle de disponibilité des créneaux horaires au consulat voulu. Le plus connu était https://rdv-consulat.fr/ créé par un jeune Français de Boston, Julien Descamps, que nous avions interviewé.

    Mais s’étaient aussi développés des sites plus frauduleux qui demandaient un paiement pour effectuer cette veille, via un robot mais aussi parfois tout simplement manuellement. Ces dernières semaines, un trafic s’était même développé dans certains pays où aux abords des consulats de France des rabatteurs promettaient un rendez-vous moyennant espèces.

    Déploiement incertain

    C’est donc dans ce contexte qu’Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, a annoncé, en inauguration de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), le déploiement d’une solution gouvernementale assurant ce service, soit l’envoi d’une notification lorsque des rendez-vous dans les consulats sont disponibles.

    Ce dispositif a été officiellement lancé le lundi 10 octobre. Plusieurs consulats ont commencé à s’en servir. Pas tous, car l’option n’est pas activée par défaut, ce sont les services consulaires locaux qui doivent l’activer. Si votre consulat l’a activé, une page indiquant la possibilité de recevoir une notification de disponibilité sera visible à la place de l’écran d’indisponibilité, page bien connue de tous puisqu’elle indique que tous les rendez-vous sont pris. Si elle n’apparait pas, n’hésitez pas à écrire à votre consulat et/ou aux élus consulaires pour que l’option, bien pratique, soit mise à disposition du public sur l’interface de rendez-vous du service consulaire dont vous avez besoin.

  • La taxe inflationniste, un prélèvement qui ne dit pas son nom

    La taxe inflationniste, un prélèvement qui ne dit pas son nom

    Depuis 2015, les épargnants qui ont investi leurs liquidités essentiellement en produits de taux subissent une taxation indirecte du fait de taux d’intérêt faibles. Avec l’inflation, leur situation ne s’améliore pas. Ils sont rejoints par tous ceux qui détiennent des liquidités. Le rendement réel une fois prise en compte l’inflation est négatif d’au minimum quatre points, ce qui est sans précédent depuis le début des années 1980.

    Répression financière 

    Les épargnants et les détenteurs de liquidités sont ainsi confrontés à un processus qualifié de « répression financière ». Les Européens depuis la fin de l’année 2021 subissent la taxe inflationniste qui est un prélèvement sur la valeur réelle des encaisses monétaires. 

    Cette inflation atteint plus de 9 % du PIB, ce qui est sans précédent depuis le début du siècle. Elle se situait entre 2002 et 2019 entre 0 et 2 points de PIB. Les porteurs d’obligations supportent également un prélèvement par le fait que les taux d’intérêt à long terme sont inférieurs à l’inflation qui atteint 8 % du PIB.

    La taxation cachée se monte à 15% 

    Au total, la taxation cachée se monte à 15,7 % du PIB de la zone euro. Elle taxe essentiellement les épargnants modestes, qui n’ont pas accès aux actifs financiers (actions, parts d’entreprise, immobilier) qui protègent contre l’inflation. 

    Les États européens sont dans les fait assez complaisants vis-à-vis de cette inflation qui réduit en valeur relative l’endettement public. 

    La taxe inflationniste vient en lieu et place des prélèvements obligatoires dont le niveau relatif est orienté à la baisse. Il représente 40 % du PIB, contre 42 % en 2020. Ces prélèvements avaient fortement augmenté au sein de la zone euro de 2010 à 2019 en passant de 38 à 41 % du PIB.

    Les gouvernements préfèrent la taxe masquée de l’inflation 

    Face à l’hostilité des opinions, les gouvernements préfèrent la taxe masquée de l’inflation qui permet d’accroître le montant des recettes publiques et le montant du PIB en nominal. Sur le plan macro-économique, les pouvoirs publics espèrent également que cette taxe aura un effet moindre sur la consommation qu’un relèvement des prélèvements. Ce raisonnement a pour limite les comportements d’épargne des ménages. 

    Ces derniers peuvent être incités à épargner davantage pour reconstituer la valeur réelle de leur patrimoine. Ils peuvent également maintenir un effort élevé d’épargne par crainte de l’avenir. Pour faire face à des dépenses qui coûteront de plus en plus chères demain, il faut se constituer des réserves plus importantes.

    Les ménages plus que les entreprises 

    Le taux d’épargne en zone euro n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant crise sanitaire. L’épargne de précaution, notamment en France, reste élevée. 

    La taxe inflationniste porte essentiellement sur les ménages, les entreprises détenant peu d’obligations. Ces dernières sont moins pénalisées que les premiers surtout si elles ont la capacité de répercuter les hausses de prix. 

    L’inflation serait une remise à niveau du niveau de revenus des ménages par rapport aux capacités de création de richesses du pays.

  • Budget 2023 et « 49.3 » : gouvernement et oppositions à couteaux tirés

    Budget 2023 et « 49.3 » : gouvernement et oppositions à couteaux tirés

    Le coup d’envoi de l’examen du projet de loi de finances pour 2023 à l’Assemblée nationale fut mouvementé lundi (10 octobre), majorité et oppositions se renvoyant la responsabilité sur le court-circuitage du débat.

    Le débat s’est ouvert dans l’après-midi lundi par les prises de parole des ministres de l’Économie Bruno Le Maire et des Comptes publics Gabriel Attal, qui suivaient un mot d’ordre : mettre les oppositions face à leurs responsabilités.

    « Je comprends parfaitement que les groupes parlementaires indifférents au niveau de la dette publique ne votent pas cette loi [de programmation des finances publiques 2023-2027] », a d’abord lancé Bruno Le Maire aux députés de gauche (NUPES) et d’extrême droite.

    Il s’est dit « surpris de l’incohérence des parlementaires qui refusent de voter un texte qui va dans cette direction », en visant implicitement les députés de droite (Les Républicains). Le ministre leur a alors conseillé de « rester fidèles à leurs convictions, plutôt que de faire bloc avec la NUPES ou avec le Rassemblement national ».

    Le ministre de l’Économie a défendu un budget qui, a-t-il avancé, protège les ménages face à l’inflation, avec le prolongement du bouclier tarifaire des prix de l’énergie en 2023, dont le coût est estimé à 46 milliards d’euros par le gouvernement.

    Avec la poursuite de la baisse des impôts de production, cette mesure est censée aider une industrie française déjà fragilisée, a expliqué M. Le Maire. Le gouvernement entend aussi augmenter les traitements des enseignants et recruter 3 000 forces de police supplémentaires sur l’année qui vient.

    Bruno Le Maire a aussi reproché aux oppositions l’adoption en commission d’amendements dont le coût total dépasserait les 7 milliards d’euros, preuve s’il en fallait une, a-t-il détaillé, de leur manque de sérieux.

    Gabriel Attal a, quant à lui, mis en garde contre la tentative de l’obstruction parlementaire, craignant que les « 3 500 amendements déposés » ne fassent peser un risque d’ « embolie » sur la vie parlementaire.

    Il a aussi appelé à la responsabilité collective, notamment celle de ne pas livrer un « spectacle de l’enlisement au moment où [les Français] ont besoin que notre pays soit à la hauteur des enjeux ».

    Members of parliament and French Prime Minister Elisabeth Borne during the weekly session of questions to the government at the French National Assembly. Paris, FRANCE-04/10/2022 //01JACQUESWITT_CHOIX0120/2210041719/Credit:Jacques Witt/SIPA/2210041731

    Le risque du passage en force

    Une manière pour M. Attal de mettre en garde les groupes d’opposition contre l’utilisation du « 49.3 », et même de les en rendre responsables. L’activation de cet outil constitutionnel permettant d’adopter un projet de loi sans vote – à condition qu’aucune motion de censure ne soit adoptée – semble inéluctable.

    Autrement, faute de ralliement d’un groupe d’opposition, le budget pour l’année 2023 serait rejeté.

    En effet, le PLF [projet de loi de finances] pour 2023 ne satisfait personne en dehors de la majorité relative. La droite le juge trop coûteux, tandis que l’extrême droite y voit une soumission à l’UE et que la gauche s’émeut du retour de l’austérité et alerte contre l’injustice sociale qu’il engendrerait.

    Le président de la commission des finances Éric Coquerel (La France insoumise) a par ailleurs mis en doute la sincérité du budget présenté par le gouvernement. Selon lui, le projet de loi de finances se fonde sur des « prévisions de croissance objectivement surévaluées et d’inflation objectivement sous-évaluées ».

    Ainsi, puisque « le débat doit avoir lieu », l’Insoumis a exhorté « solennellement » le gouvernement à « ne pas mettre en œuvre le 49.3 ».

    Gabriel Attal a tenté de contrer les accusations selon lesquelles le gouvernement voudrait éviter le débat, en renvoyant la balle aux Insoumis, signataires de deux motions de rejet préalable, sur le projet de loi de programmation 2023-2027 et sur le projet de loi de finances pour 2023.

    « Vous ne savez pas comment expliquer comment vous feriez pour les protéger […], comment vous financeriez vos mesures »a-t-il asséné vers les bancs de la gauche. « Quand est-ce qu’une manifestation a rempli le frigo des Français ? », s’est-il interrogé, en référence à la « Marche contre la vie chère » organisée par la NUPES dimanche prochain (16 octobre).

    Dans la passe d’armes qui oppose surtout la gauche et la majorité, Marine Le Pen assure que son groupe « tenter[a] d’améliorer ce texte », qu’elle juge injuste et coûteux, en plaidant pour une attitude d’ « opposition constructive » de la part du Rassemblement national.

    Aucune des deux motions de LFI n’a été approuvée et le débat se poursuit donc ces prochains jours – du moins tant que le gouvernement ne dégaine pas le 49.3.

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