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  • Frappe, mais parle !

    Frappe, mais parle !

    Joe Biden rencontrera Xi Jinping à Bali. Le Premier ministre chinois Li Quekiang était au sommet de l’ASEAN et a appelé à renforcer les liens avec le Japon et la Corée. Paroles apaisantes, bienvenues après la mise en garde de Xi Jinping : « La Chine ne renoncera jamais à l’usage de la force ».  Emmanuel Macron s’envole pour Bali, où il rencontrera lui aussi Xi Jinping, et bien d’autres chefs d’Etat et de gouvernement. Pour calmer les alarmes de l’amiral Richard, un des chefs du Pentagone, qui explique que « l’Ukraine n’est qu’un échauffement », que le « grand conflit est à venir », il faut s’armer, sans doute, mais surtout parler.

    S’il n’y avait eu des discussions, Kherson serait-elle intacte ? 

    C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les Ukrainiens et les Russes à Kherson. S’il n’y avait eu des discussions, l’armée russe aurait-elle pu se retirer sans pertes ? Kherson serait-elle intacte ? Beaucoup se demandent depuis des mois s’il faut ou non négocier. Heureusement, Russes et Américains (et Français, et Turcs) n’ont jamais lâché le fil. Négocier n’est pas un aveu de faiblesse. En même temps, frapper et négocier. Plus on négocie, plus on frappe. Américains et Européens augmentent les aides à l’Ukraine tout en discutant avec les Russes. 

    Tant que les Ukrainiens auront l’espoir de reprendre tout le territoire, la guerre continuera, mais cet espoir ne peut s’entretenir qu’avec les munitions américaines et le soutien européen, des milliards de dollars et d’euros. Les Ukrainiens vont donc poursuivre leurs campagnes de communication dans les opinions occidentales pour qu’elles, à l’arrière, tiennent. Poutine espère l’inverse, il a été lâché par la Chine sur ses menaces nucléaires, il a moins de munitions, il lui faut tenir et montrer – avec l’hiver – que la contre-offensive ukrainienne n’avance plus. 

    Kherson n’est pas la fin de la guerre, peut-être le début de la fin

    Mais son inquiétude est à Moscou : elle est la ville où les critiques, en sourdine, sont les plus fortes. Il ne va pas à Bali car il n’y ferait pas le beau, et qu’il ne serait peut-être pas sûr de retrouver le Kremlin en l’état où il l’aurait laissé. Kherson n’est pas la fin de la guerre, elle peut être le début de la fin, soit parce que les Ukrainiens peuvent espérer une victoire totale, soit parce que le Kremlin aura dans l’hiver qui vient un urgent besoin de paix.

    Scène de liesse à Kherson ©AFP

    Au G20, les appels à la paix ne vont manquer. Sur quelles bases ? Rappelleront-ils l’intangibilité des frontières internationales ? Que diront, cette fois, l’Inde, l’Indonésie, l’Afrique du sud, le Président du Sénégal, au nom de l’Afrique ? Emmanuel Macron avait demandé à l’Onu que les neutres s’engagent. La défaite russe de Kherson les délivrera-t-ils de leur timidité ?

    L’agressivité de la Chine soude avec les Occidentaux plus de pays qu’elle n’en éloigne 

    L’accord russo-ukrainien sur les exportations de céréales a été maintenu, signe, une fois encore, qu’il faut parler, même sous le feu. Les Occidentaux, toujours capables de se quereller, par exemple sur les subventions nationales américaines dénoncées avec force cette semaine par les Européens, paraissent plus unis que jamais. Et l’agressivité de la Chine soude autour d’eux plus de pays qu’elle n’en éloigne. Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Corée , Japon, Malaisie, l’Asie craint l’expansionnisme chinois, qu’il soit militaire ou financier. 

    Après Bali, après Narendra Modri (Inde), Xi Jinping (Chine), Joko Widodo (Indonésie), soit les chefs d’Etat qui représentent un tiers de la population mondiale à eux trois, Emmanuel Macron ira à Bangkok, à l’Apec (Forum de coopération économique Asie Pacifique, 21 pays, de la Chine au Chili, de la Malaisie au Canada) : la France sera le premier pays à y être invité. N’est-elle pas aussi un pays du Pacifique ? Ensuite il sera à Djerba, pour le sommet de la Francophonie, puis à Washington, le 1er décembre où il rencontrera un Biden conforté par la conservation du Sénat. Combien de temps un pays de 67 millions d’habitants gardera-t-il une influence sur les affaires du monde ? Tant qu’il a quelque poids, et quelque chose d’utile à dire pour les autres.

    Il a raison, Zelensky, de dire que la victoire de Kherson est une victoire des pays occidentaux, dans lesquels l’Ukraine se compte désormais, non par sa puissance économique (elle est ruinée) mais par le modèle démocratique. L’échec de Poutine a renforcé l’alliance des démocraties, elle a aussi marqué l’échec de la guerre comme moyen de résolution des conflits.

    Une victoire russe en Ukraine aurait libéré tous ceux qui estiment que les problèmes se règlent avec des chars

    Une victoire russe en Ukraine aurait libéré tous ceux qui estiment qu’un char règle mieux les problèmes qu’un accord. Qu’il vaut mieux bombarder qu’échanger. 

    En Méditerranée, les Turcs auraient été encouragés à prendre les îles grecques, au vu des côtes turques, et déchirer le traité de Lausanne : « Votre occupation des îles ne nous lie en rien. Nous pouvons arriver subitement la nuit », menace Erdogan. En Afrique, sur le modèle Wagner, de nouveaux groupes mercenaires auraient vu le jour. Des dizaines de petits Prigogine auraient tenté leur chance ici et là. N’est-ce pas déjà le modèle de seigneurs de guerre qui pullulent en Afrique ? En Algérie, le régime aurait été tenté de se refaire une légitimité contre le Maroc, au nom du peuple sahraoui. Sagement, avec les déboires de Poutine, l’Algérie remballe son matériel russe et vend son gaz à l’Europe. 

    Bref, la défaite russe est une défaite de la guerre. Tout cela n’est pas fini, mais tout le monde a compris le sens de l’Histoire. 

    Il est normal que les militaires, en France ou aux États-Unis, alertent sur l’état des stocks, la faiblesse des ressources, la montée en puissance de la Chine. Mais se reposer sur les armes n’a pas plus de sens que de se reposer sur le seul doux commerce. La « nouvelle revue stratégique », présentée à Toulon, qui fixe le cadre de la prochaine loi de programmation militaire, fait la part belle aux nouveaux domaines de la guerre : espace, cyber, etc. Cela est nécessaire, évident, sans être nouveau. Encore fallait-il le faire.

    Ce n’est pas à une « guerre de haute intensité », qu’il faut se préparer, mais plutôt à la guerre hybride, guerre totale

    En fait, ce n’est pas forcément à une « guerre de haute intensité », qu’il faut se préparer, comme le réclame l’ancien chef d’état-major de Villiers : avant que des chars ennemis ne soient sur le Rhin, il y aura quelques bouleversements antérieurs. C’est plutôt dans la guerre hybride, autre forme de guerre totale en temps de paix, qu’il faut investir.  

    Ce qui est nouveau, même si cela ne fait que quelques lignes dans la nouvelle stratégie, c’est l’attention accordée par les militaires à « l’influence ». Voilà un nouveau pilier de la défense. L’échec de l’opération Barkhane n’est pas dû aux militaires, ni au manque de moyens militaires, mais à la perte d’« influence », au discours.

    S’armer, frapper, négocier, parler. A tout le monde. Tout le temps. Par tout moyen. Si tu veux gagner, frappe, peut-être, mais parle. A tes amis, à tes ennemis, aux neutres, aux durs, aux colombes et aux faucons. Encore faut-il savoir parler et avoir quelque chose à dire. Mais cela, c’est une autre histoire.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du lundi 14 novembre. Aujourd’hui, on revient sur la modification de la gestion des établissements scolaires en direct par l’AEFE qui divise les Français de l’étranger, sur la situation des 7 Français emprisonnés en Iran et sur les tensions entre l’Italie et la France suite à l’affaire du bateau Ocean Viking.

    L’amendement de Frédéric Petit retoqué au Sénat 

    A peine adoptée à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de Finances 2023, la proposition de créer un comité de gestion des établissements managés en direct par l’AEFE a été rétoquée au Sénat. Ce projet prévoit donc de scinder en deux non l’AEFE, mais la gestion et la comptabilité de ses deux missions, d’un côté celle nationale et internationale, soit le développement du réseau scolaire français à l’international et le renforcement du « soft power » français, et de l’autre la gestion du quotidien de 68 écoles, collèges et lycées. Une idée simple mais qui rencontre une opposition forte des professeurs inquiets du renforcement du poids des parents dans ce comité ad hoc. Mais Frédéric Petit n’a pas dit son dernier mot, il a déjà annoncé le représenter à l’Assemblée nationale en décembre, une nouvelle adoption du texte par ses collègues primerait sur l’avis du Sénat. Affaire à suivre…

    Frederic Petit
    Frédéric Petit

    Catherine Colonna a annoncé que 2 Français étaient aussi en prison en Iran 

    Depuis 2 ans, Téhéran utilise ses prisons pour mettre en scène sa politique des otages qu’a dénoncée ce week-end la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna. En tout, 7 Français sont détenus à ce jour dans les prisons iraniennes, une chercheuse et son époux, une syndicaliste de l’AEFE et son mari, mais aussi un simple touriste accusé d’espionnage. Les profils des 2 autres Français, qui seraient détenus depuis plusieurs mois, n’ont pas été rendus publics. 

    Français incarcérés en Iran

    Ocean Viking tend les relations franco-italiennes 

    Et c’est un euphémisme, il n’aura pas fallu longtemps pour que le ton monte entre l’Italie gouvernée par l’extrême droite et notre pays. La cause : l’accueil des naufragés en Méditerranée, qui sont souvent des migrants illégaux. En opposition au droit maritime, Giorgia Meloni a refusé d’accueillir le bateau danois Ocean Viking qui avait récupéré des enfants, femmes et hommes en perdition. C’est donc la France qui a ouvert le port de Toulon à ces 240 migrants. Dans un entretien au Parisien, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, dénonce le « manque d’humanité » de l’Italie. Catherine Colonna affirme « qu’il y aura des conséquences si l’Italie persiste dans cette attitude (…) L’Italie ne respecte ni le droit international, ni le droit de la mer. La règle est celle du port sûr le plus proche: le navire était près des côtes italiennes ». De son côté, Rome rejette les critiques de Paris et plaide pour une « solution européenne ».

    Ocean Viking arrivant à Toulon le 11/11 © AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition du flash des Français de l’étranger.

    Ecouter le flash des Français de l’étranger

  • La gestion des établissements scolaires divise les Français de l’étranger

    La gestion des établissements scolaires divise les Français de l’étranger

    L’amendement du député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans, créant un comité de gestion des établissements scolaires sous le contrôle direct de l’AEFE au sein de l’agence, divise la communauté des Français de l’étranger. Celui-ci a été déposé à l’Assemblée nationale et adopté en première lecture avant d’être retoqué au Sénat, mais Frédéric Petit (MODEM) n’a pas dit son dernier mot.

    Une gestion plus transparente des établissements scolaires

    L’amendement propose donc de diviser les outils de contrôle des différentes missions réunies au sein de l’AEFE. Frédéric Petit assure préserver la cohésion de la politique globale de l’agence, tout en permettant de créer une comptabilité propre à la gestion des EGD et à séparer, ainsi, la gestion des missions nationales et internationales de l’AEFE de celle de ses établissements.

    Frederic Petit
    Frédéric Petit

    Comme nous le rappelle Boris Faure, qui représente le syndicat UNSA au conseil d’administration de l’AEGE et qui est aussi journaliste pour Lesfrancais.press, « aujourd’hui le dialogue de gestion est en triangle : l’ordonnateur ou son délégué, c’est à dire le Proviseur ou le Secrétaire général, l’agent comptable à Nantes qui contrôle la régularité des dépenses, et enfin la Direction Administrative et Financière de l’AEFE qui pour les EGD exerce un rôle de contrôle plus pénétrant. »

    C’est ce dispositif qui reste opaque pour les parents mais aussi pour la Cour des comptes, qui a alerté les autorités publiques, que Frédéric Petit veut remettre à plat, par souci de transparence, mais aussi pour inclure les parents d’élèves, qui rappelons-le supportent de lourds frais de scolarité tout en n’ayant que 2 sièges au Conseil d’administration de l’AEFE.

    Rejet des syndicats

    Du coté des syndicats des professeurs et du personnel administratif, c’est une levée de boucliers qui s’est déclenchée depuis la semaine dernière. Pour eux et en particulier l’UNSA, qui a répondu à nos questions via son délégué, Adrien Guinemer, « les parents d’élèves sont déjà représentés dans les conseils d’établissements sur le terrain ainsi qu’au conseil d’administration de l’agence, entre autres. » Ainsi, ils seraient déjà suffisamment représentés dans les organes de contrôle du réseau scolaire homologué hors de France.

    Adrien Guinemer

    Renforcer leur présence serait donc perçu comme la mise en place généralisée du principe des « parents payeurs » donc décideurs. Alors que pour les syndicats, les parents ne sont ni des spécialistes de la pédagogie ni a fortiori des spécialistes budgétaires, l’amendement Petit serait donc purement idéologique selon eux.

    « C’est une position idéologique qui traduit l’obsession du député Petit à affaiblir le système actuel malgré l’opposition de tous les acteurs de terrain : l’éducation et la gestion d’établissements doivent être gérées par des personnes dont c’est le métier. M Petit aurait tout intérêt à mieux se  renseigner sans a priori sur le fonctionnement du service public d’éducation. »

    Adrien Guinemer, Chargé de mission « Hors de France » AEFE, MLF, MEAE – trésorerie, numérique, communication.

    Concernant la gestion de l’agence, l’UNSA nous rappelle qu’elle « fait l’objet d’un contrôle strict puisque son budget et ses comptes de l’année sont arrêtés en conseil d’administration, de même des budgets des EGD présentés en conseil d’établissement et qui sont agrégés à la comptabilité unique de l’agence. La transparence est donc la règle. »

    Les parents s’interrogent

    Alors qu’on s’attendait à un soutien massif de la part des parents d’élèves, ces derniers restent circonspects. Non consultées par le député Frédéric Petit, les associations de parents d’élèves, dont le nouveau mouvement UNAPE, s’interrogent sur « la véritable origine de cet amendement » et sur l’impact réel sur le mode de fonctionnement des établissements en gestion directe (EGD).

    La répartition des postes au sein de ce nouveau comité de gestion interroge aussi les parents d’élèves. Dans le texte du député Petit, il est prévu que 60% des « droits de vote » aillent à l’AEFE et aux syndicats de professeurs et du personnel administratif, tandis que 25% seraient réservés aux associations de parents d’élèves. Mais « qu’en est-il des 15% restants ? Qui sont-ils et sur quelle base seront-ils sélectionnés et financés? », se questionne Sabri Khelif, le président de l’UNAPE.

    Autre inquiétude des parents, en tout cas ceux qui ont fait le choix de mettre leurs enfants dans un établissement en gestion directe de l’AEFE, comme on peut comparer aux établissements publics en France, sauf qu’ils sont payants, serait la privatisation du réseau. Mais n’est-elle pas déjà faite ? Avec 68 EGD sur plus de 500 établissements dans le monde entier, la gestion par le service public est déjà ultra minoritaire. La séparation du management des EGD de la gestion de la politique d’homologation et d’animation du réseau par l’AEFE permettrait plutôt d’établir une égalité de traitement entre les établissements.

    La formation des professeurs touchée par cette réforme

    L’autre conséquence dénoncée par les syndicats du corps enseignant, c’est la main-mise sur la formation des futurs professeurs recrutés localement. On le sait, le budget de l’AEFE n’est pas extensible à l’infini et pour répondre aux objectifs fixés par le gouvernement d’ici 2030, soit le doublement du nombre d’élèves versus 2017, la sénatrice Samantha Cazebonne a fait adopter en 2021 un amendement créant les Instituts de Formation Régionaux (IFR).

    Ces derniers, dont le déploiement est en cours, malgré un sous-financement, auront la lourde tâche de former des Français de l’étranger mais aussi d’autres francophones aux méthodes et aux programmes qu’on retrouve sur le territoire français. Ca c’est la théorie ! Car le texte prévoit que ces IFR soient placés sous le contrôle des EGD et financés par ces derniers. L’inquiétude du corps enseignant c’est qu’à travers le comité de gestion, les parents puissent influencer les formations donc in fine les programmes scolaires mais aussi les valeurs transmises par ces nouveaux professeurs.

    Boris Faure

    « Je suis parent d’élève. quelle serait ma valeur ajoutée pour décider de la formation des professeurs de maths ? Parce que je paye pour que mes enfants soient scolarisés ? »

    S’interroge Boris Faure, représentant de l’UNSA au Conseil d’Administration de l’AEGE, et journaliste pour Lesfrancais.press et SUD Radio.

    Une situation qui met dans l’embarras une partie des alliés de M. Petit, ainsi la sénatrice Cazebonne a indiqué dans un groupe Telegram dédié aux élus « Ensemble ! » soit Renaissance, MODEM et AGIR, qu’elle s’abstiendrait en cas de vote solennelle au Sénat.

    Quel avenir pour cet amendement ?

    Si l’amendement irrite les professeurs, ne satisfait pas complètement les parents d’élèves, il répond tout de même à des impératifs de modernité comme le réclame la Cour des comptes.

    Il a aussi le mérité d’isoler le budget des établissements, financés en grande partie par les parents et les autorités locales, du reste de l’enveloppe budgétaire de l’AEFE. Actuellement, les fonds versés par l’Etat français, les subventions des Etats ou collectivités locales des pays où sont implantés les EGD, comme les frais d’écolage, sont versés directement sur les comptes parisiens de l’AEFE. Et comme le prévoit la comptabilité publique à laquelle est soumise l’agence actuellement, les actifs disponibles servent à l’ensemble des missions de l’AEFE.

    Des missions donc liées aux EGD, mais aussi des missions de prospection, de communication, d’homologation de nouveaux établissements, qui dépassent largement le cadre des établissements scolaires et sont souvent à l’origine de déficit. Avec l’amendement Petit, les deux fonctions de l’AEFE seraient isolées comptablement et préserveraient ainsi les fonds versés par les parents d’élèves et les autres puissances publiques.

    C’est sur ce principe que la conviction du député Frédéric Petit sur la pertinence de son amendement se base. Et comme il nous l’a précisé, malgré le rejet par la commission du Sénat, le parcours législatif de l’amendement n’est pas fini. Ainsi, Frédéric Petit a décidé de représenter l’amendement en relecture à l’Assemblée nationale comme le prévoit le système de « navette parlementaire » propre à notre constitution. Vraisemblablement, c’est en décembre que le texte repassera devant les députés. En cas d’adoption, il serait définitif, l’Assemblée nationale primant sur le Sénat, et l’AEFE comme les EGD auraient une année pour se préparer à ce bouleversement prévu par l’amendement au 1er janvier 2024.

  • Quelle place pour les femmes dans la diplomatie ?

    Quelle place pour les femmes dans la diplomatie ?

    A l’heure de la guerre en Ukraine, la paix est-elle encore d’actualité ? Le Forum de Paris sur la Paix se tient sur deux jours. Parmi les nombreux thèmes abordés lors de cette édition : la place des femmes dans la diplomatie.

    Le Forum de Paris sur la Paix

    Prévenir plutôt que guérir. S’attaquer aux racines des conflits pour réinventer « la coopération internationale » : voilà l’objectif défendu par le président du Forum de Paris sur la Paix, Pascal Lamy, qui se tient les 11 et 12 novembre. 

    « C’est le Forum sur la paix parce que la paix, c’est le produit de circonstances ; la guerre ou la non paix (…) vient de tensions sur le social, le développement, la religion, le climat maintenant« , a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP.

    « Quand on voit l’impact du changement climatique sur les populations, c’est évident« , souligne-t-il. « L’idée est de remonter aux sources de la non paix« . Le Forum s’appuie sur des projets concrets qui doivent s’attaquer aux racines des conflits, selon Pascal Lamy, ancien Commissaire européen et directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

    Aider les acteurs de la société civile à monter des projets 

    ONG, grandes entreprises, villes, grandes institutions, quelque 4000 personnes sont présentes cette année. Le Forum accueille une grande majorité de représentants de la société civile, face à « l’incapacité (…) des acteurs classiques, des États, des diplomates à trouver parfois des solutions« , rappelle son président.

    Inclusion des femmes arabes dans les processus de paix au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, création d’un indice d’impunité environnementale en Amérique Latine, 60 projets sont soutenus par le Forum cette année. 

    Ils s’additionnent aux 400 projets déjà sélectionnés depuis 2018, quand le Forum de la Paix a été créé par Emmanuel Macron lui-même. Dans un contexte diplomatique difficile avec l’Amérique de Donald Trump, le président français souhaitait renouer avec le multilatéralisme et renforcer l’influence française. La rencontre est aussi un enjeu diplomatique pour le chef de l’Etat.

    La diplomatie au féminin

    La place et le rôle des femmes dans la politique étrangère de la France n’ont jusqu’à maintenant pas été étudiés. Pourtant, on peut penser qu’au moins deux champs de la recherche historique devraient s’y intéresser : l’histoire des relations internationales et l’histoire des femmes. Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle insistent sur l’importance des « forces profondes » dans l’histoire des relations internationales et sur le rôle de « l’homme d’État » face à ces forces, mais ils ne parlent des femmes que lorsqu’ils évoquent le rôle que les épouses et les maîtresses peuvent jouer auprès des décideurs.

    Catherine Colonna – Ministre des Affaires étrangères en France

    Il est vrai que lorsqu’ils écrivent leur Introduction à l’histoire des relations internationales, en 1964, bien peu de femmes occupent de par le monde des postes à responsabilité politiques et diplomatiques de premier plan. Par la suite, de nombreux travaux ont été entrepris et ont permis de mieux connaître toutes les composantes des forces profondes et toutes les facettes des hommes d’État. Cependant, les femmes sont demeurées dans l’oubli, même si l’on doit signaler le récent numéro de Guerres Mondiales et Conflits Contemporains, intitulé « Les femmes et la guerre ». Pourtant, les années passant, elles accédaient, certes lentement, mais indéniablement, à des responsabilités politiques et diplomatiques qui leur ouvraient modestement le domaine des relations internationales.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • 7 Français incarcérés en Iran

    7 Français incarcérés en Iran

    La ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a révélé ce samedi 12 novembre que sept Français ou Franco-Iraniens étaient détenus en Iran à ce jour. L’information était déjà confirmée pour cinq d’entre eux, dont une syndicaliste de l’AEFE. Mais la cheffe de la diplomatie française a expliqué avoir « des inquiétudes » au sujet de deux ressortissants supplémentaires, dans un entretien accordé au Parisien.

    « Nous avons des inquiétudes sur deux ressortissants supplémentaires. Nous sommes en train de vérifier les informations, contradictoires, à leur sujet »

    Catherine Colonna au Parisien
    Catherine Colonna

    Détenus depuis plusieurs mois

    Une source iranienne proche du dossier avait confié au Figaro que les sixième et septième Français emprisonnés en Iran étaient détenus depuis plusieurs mois, avant les manifestations qui secouent le pays depuis le 16 septembre. Catherine Colonna dénonce ainsi la « diplomatie des otages » menée par Téhéran.

    « Il est plus important que jamais de rappeler à l’Iran ses obligations internationales. Si son objectif était de faire du chantage, ça ne doit pas fonctionner. C’est la mauvaise façon de s’y prendre avec la France »

    Catherine Colonna au Parisien

    Pour rappel, parmi les sept otages, figurent la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, arrêtée en juin 2019 puis condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, Benjamin Brière, arrêté en mai 2020 et condamné à huit ans et huit mois d’emprisonnement pour espionnage, et deux syndicalistes, Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai dernier.

    « Nous demandons leur libération immédiate »

    Evidemment les services consulaires et surtout diplomatiques sont mobilisés, hier comme aujourd’hui, pour libérer les Français détenus en Iran :

    « Nous demandons leur libération immédiate, l’accès à la protection consulaire, c’est-à-dire le droit de visite consulaire à nos ressortissants »

    Catherine Colonna au Parisien

    Elle assure par ailleurs en avoir discuté avec le ministre iranien des Affaires étrangères.

    « Mon homologue iranien, avec qui j’ai eu une conversation longue et difficile, a pris l’engagement de respecter ce droit d’accès. J’attends qu’il soit concrétisé. »

    Catherine Colonna au Parisien

  • StereoChic devient «La radio des Français dans le monde» !

    StereoChic devient «La radio des Français dans le monde» !

    Créée en 2006 par Alexandre Korsonsky et Gauthier Seys, la radio proposait une playlist musicale jusqu’au jour où le monde a connu la pandémie de COVID 19.

    Chaque Français, surtout ceux qui vivent l’expatriation au bout du monde, s’est retrouvé isolé et confiné : la radio, le média qui nous relie facilement à travers ses ondes, s’est alors tournée vers une offre de service d’entraide et d’informations pratiques pour qu’ensemble nous puissions traverser cette période difficile.

    En septembre 2020, le slogan de la radio évolue et nous décidons de nous tourner exclusivement vers les 3 millions de Français de l’étranger pour les réunir, les écouter, les informer mais aussi pour les divertir. StereoChic devient ainsi «La radio des Français dans le monde».

    Gauthier Seys

    30 000 auditeurs cumulés chaque jour

    Avec une audience qui progresse chaque mois notamment grâce à des partenaires qui nous permettent de partir à la rencontre d’invités passionnants, la radio a trouvé sa place en devenant «un petit bout de France» dans le quotidien des expatriés qui se connectent (30 000 auditeurs cumulés chaque jour en moyenne).

    Pour cette fin d’année, nous avons décidé de simplifier notre marque en faisant progressivement disparaître le nom «StereoChic», et nous avons également mis en place un nouveau site Internet qui rassemblera l’intégralité de nos 1600 podcasts et toutes nos infos pratiques pour les expatriés aux 4 coins du monde.

    Nouveau site dès maintenant : rendez-vous sur «Francaisdanslemonde.fr». Sur les moteurs de recherche et sur les annuaires, habituez-vous maintenant à rechercher «LA RADIO DES FRANÇAIS DANS LE MONDE» !

  • Dette publique : la nouvelle proposition de la Commission sur les règles budgétaires européennes

    Dette publique : la nouvelle proposition de la Commission sur les règles budgétaires européennes

    La Commission européenne a présenté mercredi 9 novembre ses propositions de réforme sur les règles budgétaires européennes. La dette et les dépenses des gouvernements nationaux seront désormais gérées sous la forme de plans individuels pour chaque pays de l’UE, négociés entre les gouvernements nationaux et la Commission.

    Les règles budgétaires de l’UE, qui déterminent la marge de manœuvre dont disposent les gouvernements nationaux en matière de dépenses publiques, ont fait l’objet de critiques ces dernières années. Si certains les décrivent comme inefficaces en raison d’un manque d’application, d’autres estiment qu’elles contraignent trop les États membres, notamment en ce qui concerne les investissements dans la transition écologique et numérique.

    La Commission a maintenant présenté une proposition qui vise à répondre à ces deux préoccupations en donnant aux États membres plus de flexibilité dans la manière dont ils choisissent de réduire leur dette publique conformément aux objectifs fixés dans les traités de l’UE, tout en renforçant la mise en œuvre des trajectoires convenues.

    « Avant tout, nous voulons assurer la viabilité de la dette publique. Cela nécessitera un ajustement budgétaire ainsi que des réformes et des investissements favorisant la croissance »

    Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne chargé du Commerce

    Au cœur de la proposition se trouve l’idée d’introduire des plans spécifiques à chaque pays, qui seraient négociés individuellement entre chaque gouvernement national et la Commission européenne.

    Ceux-ci comprendront une trajectoire sur les « dépenses primaires nettes », c’est-à-dire les dépenses publiques sans les paiements d’intérêts ou les allocations de chômage. Ces dépenses prendront toutefois en compte les augmentations d’impôts discrétionnaires dans le cas où un gouvernement décide de financer des dépenses supplémentaires en augmentant les impôts.

    « En fait, les pays s’approprieront leurs plans en étant directement impliqués dans leur conception, ce qui constitue un véritable changement par rapport à la situation actuelle », a indiqué M. Dombrovskis. Les États membres devraient ainsi combiner les efforts de réduction des niveaux d’endettement avec des investissements visant à renforcer la croissance économique, en fonction des situations nationales, a-t-il précisé.

    Le vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis (à gauche), et le commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni (à droite), lors d’une conférence de presse sur l’examen de la gouvernance économique. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

    La règle des 1/20ème passe à la trappe

    Si la Commission ne souhaite pas modifier les principaux objectifs en matière de finances publiques inscrits dans le droit communautaire, elle entend en revanche supprimer l’une des règles déterminant la manière d’atteindre ces objectifs — jugée dysfonctionnelle en raison d’énormes dépassements de la dette publique globale.

    Comme par le passé, les États membres doivent s’efforcer d’atteindre un niveau d’endettement ne dépassant pas 60 % du PIB et un déficit annuel ne dépassant pas 3 % du PIB.

    La règle qui invitait les États membres dépassant le seuil de 60 % à réduire chaque année leur dette publique de 1/20ème de la différence par rapport à l’objectif serait toutefois abandonnée au profit des nouveaux plans individuels, selon la communication de la Commission.

    « Il ne s’agit pas de savoir s’il faut mettre la dette sur la voie de réduction vers 60 % du PIB. Il s’agit plutôt de savoir comment chaque pays y parvient, et surtout à quelle vitesse les États membres définissent leur trajectoire d’une manière plus réaliste que ne l’exige la règle actuelle des 1/20ème »

    Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne chargé du Commerce

    La proposition établit ainsi trois catégories de pays, essentiellement en fonction de leur ratio dette/PIB, mais aussi en tenant compte d’autres facteurs, tels que l’évolution prévue de la dette publique au cours des dix prochaines années.

    Les plans seront négociés pour une période de quatre ans. Les pays très endettés devront montrer qu’ils peuvent commencer à réduire leur dette publique à partir de la fin de la période de quatre ans. Les pays de la catégorie moyenne disposeront en revanche de trois ans de plus pour y parvenir.

    Les États membres doivent également démontrer qu’ils sont en mesure de réduire continuellement leur niveau d’endettement dans un délai de 10 ans, mais aucune date générale n’est fixée pour atteindre l’objectif de 60 %.

    « Les pays confrontés à d’importants problèmes de dette publique devront toujours réduire leur dette plus rapidement que ceux dont la situation est moins préoccupante »

    Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne chargé du Commerce

    Toutefois, les États membres peuvent demander un délai supplémentaire et une « trajectoire d’ajustement plus progressive » que celle proposée par la Commission.

    « Cela se ferait en échange de réformes structurelles et d’investissements supplémentaires pour stimuler la viabilité budgétaire et la croissance durable ». La prolongation serait subordonnée à l’approbation de la Commission européenne et du Conseil des États membres de l’UE, a précisé M. Dombrovskis.

    Une application plus rigoureuse des règles

    « Une fois l’accord conclu, chaque État membre doit se conformer à son plan pendant toute sa durée. Cela signifie une mise en œuvre complète », a-t-il ajouté, soulignant que le contrôle de l’application des règles sera renforcé par des mesures supplémentaires.

    « Si nous constatons que le pays ne respecte pas ses engagements, nous pourrons demander un plan révisé avec des trajectoires budgétaires plus strictes et également imposer des sanctions financières », a-t-il poursuivi.

    La Commission aura ainsi recours à des sanctions moins lourdes que par le passé, ce qui devrait lui permettre d’être plus réaliste lorsqu’elle les imposera effectivement. Les sanctions financières élevées ont l’inconvénient d’aggraver encore la situation financière des États membres auxquels elles sont appliquées.

    « Si ces sanctions sont plus applicables, elles peuvent être plus clémentes. C’est un peu comme passer des armes nucléaires aux armes conventionnelles »

    Paolo Gentiloni, le commissaire à l’Économie

    Il a également déclaré qu’il espérait que les États membres seraient plus disposés à mettre en œuvre la trajectoire de réduction de la dette comme convenu, en raison de leur « plus grande appropriation » du processus.

    La Commission, après avoir présenté ses projets de révision des règles, va maintenant discuter de ses idées avec les États membres et vise à présenter une proposition législative d’ici le premier trimestre de l’année prochaine, a déclaré M. Gentiloni.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 11.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 11.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition des Français de l »étranger du 11 novembre. En ce jour de commémoration de l’armistice de la première guerre mondiale, on vous parle des Bleuets de France, des cérémonies dans le monde et de l’accueil du bateau Ocean Viking à Toulon.

    Ocean Viking à Toulon

    La décision est prise « à titre exceptionnel ». Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a annoncé que les quelque 230 migrants toujours à bord du bateau humanitaire Ocean Viking (trois autres ont été évacués vers l’hôpital de Bastia ce jeudi matin) seraient accueillis à Toulon.

    Un choix qui clôt le bras-de-fer dont ces migrants, secourus entre la Libye et Malte, faisaient l’objet entre la France et l’Italie. Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs condamné la position italienne, ouvrant la voie à des représailles politiques et diplomatiques. Première action : le rétablissement du contrôle aux frontières avec l’Italie, ralentissant l’approvisionnement de la péninsule ! 

    Les Bleuets de France pour se souvenir 

    C’est en 1925 que l’appellation devient un insigne, à l’initiative de deux infirmières : Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt qui créent le « Bleuet de France », visant à recueillir des fonds pour venir en aide aux mutilés de la Grande Guerre. Les pensionnaires des Invalides confectionnent eux-même les bleuets en tissu vendus ensuite à leur profit. Si la tradition s’est lentement perdue, elle a fait son retour en 2012, après que Nicolas Sarkozy a fait adopter une loi fixant au 11 novembre « la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la première guerre mondiale.

    Des commémorations à travers le monde

    L’armistice de la première guerre mondiale est bien évidemment célébré dans de nombreux pays. Mais en plus des cérémonies officielles, les consulats de France vous donnent rendez-vous pour rendre hommage aux morts pour la France et pour la liberté dans le monde. Dans les pays où la présence est forte comme en Belgique, au Luxembourg, mais aussi en Angleterre ou aux USA, les autorités consulaires réunissent les élus, fonctionnaires et les expatriés au pied des monuments dédiés aux Français victimes des guerres. Dans les autres pays, des cérémonies sont organisés dans les consulats ou dans des lieux symboliques. Vous désirez y participer : direction le site de votre consulat.

    C’est tout pour aujourd’hui, toute l’équipe vous souhaite un bon week-end prolongé, on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Solidaires et indépendants à l’AFE : rencontre avec Annie Rea, la présidente du groupe

    Solidaires et indépendants à l’AFE : rencontre avec Annie Rea, la présidente du groupe

    Un nouveau groupe a émergé depuis le renouvellement de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) en 2021, il se nomme Solidaires et indépendants. Constitué d’indépendants et d’élus issus du mouvement politico-associatif ASFE dirigé par Jean-Pierre Bansard, le groupe bouscule les habitudes de l’AFE. Nous avons voulu vous faire découvrir ces hommes et ces femmes à travers la présidente du groupe Annie Rea, élue en Italie, que nous avons rencontrée.

    Annie Rea (en rouge) avec Olivier Becht et des élus du groupe Solidaires et indépendants

    Ecoutez le podcast avec Annie Rea

    L’Alliance Solidaire des Français de l’étranger

    Ce mouvement a été créé en 2009 par Jean-Pierre Bansard, dirigeant et fondateur du groupe Cible. Comme dans le business, Evelyne Renaud-Garabedian, sa collaboratrice historique, le seconde. Tous les deux ont été élus sénateurs, Evelyne Renaud-Garabedian remettra, d’ailleurs, son siège en jeu lors des sénatoriales de l’automne 2023.

    Mais ce qui a séduit Annie Rea et les autres élus ou militants de l’ASFE, c’est le côté exclusif de ce mouvement. Alors que les autres courants politiques de la communauté des Français de l’étranger sont tous attachés à des partis nationaux, l’ASFE se dédie totalement aux Français de l’étranger.

    « Pour caractériser l’équipe de l’ASFE, je dirais intelligence et bienveillance… le souci permanent d’aider »

    Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants

    Interrogée sur le rattachement au groupe LR des deux sénateurs ASFE, Evelyne Renaud-Garabedian et Jean-Pierre Bansard, Annie Rea précise que cette disposition a été prise pour permettre à ces élus de pouvoir s’exprimer, ce qui n’est possible que dans le cadre d’un groupe au sénat. Une situation qui se retrouve à l’AFE et qui explique le regroupement des élus indépendants et ceux de l’ASFE afin de constituer un groupe à l’AFE pour pouvoir peser dans le débat.

    Un groupe qui fait parler de lui

    12 élus constituent donc le plus petit groupe de l’Assemblée des Français de l’étranger, Solidaires et indépendants, la moitié provient de l’ASFE tandis que les autres sont indépendants.

    Une technique réglementaire qui permet à ces conseillers de l’AFE de pouvoir agir et faire entendre une voix différente. Ce qu’ils n’ont pas manqué de faire ! En effet, ce 27 septembre, la représentante du groupe Solidaires et indépendants a fait entendre une petite voix dissonante. Alors que le bureau se réunissait pour désigner le représentant des conseillers des Français de l’étranger au conseil d’administration de l’AEFE, le groupe a bloqué le processus. Annie Réa nous explique que cette décision n’est pas motivée par une opposition mais par l’attachement à des valeurs démocratiques.

    « Nous avons appris qu’il y avait un accord entre le groupe de gauche et le groupe LR… Il nous a semblé juste et transparent que cela passe par un vote »

    Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants

    Ainsi, le groupe Solidaires et indépendants a obtenu que la désignation ne soit plus le mode par défaut de l’AFE. Ca sera donc une élection par les 90 membres de l’AFE qui permettra de connaitre celui ou celle qui représentera les élus locaux à l’AEFE. 46 personnes sont candidates et suivront une procédure normalisée.

    L’autonomie budgétaire de l’AFE

    On évoque aussi avec Annie Rea le rôle de l’Assemblée des Français de l’étranger, et ce alors que des voix s’élèvent contre le gouvernement ou l’administration qui ne prend pas en compte les avis et conseils de l’AFE.

    « Aucune des résolutions de mars 2022 n’ont été suivies d’effets« 

    Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants interpellant Olivier Becht

    Pour Annie Réa, le bien-fondé de cette assemblée n’est pas à remettre en cause. Par contre, elle se joint au travail du groupe créé au sein de l’AFE afin de préparer une réforme de l’institution.

    « Pour donner la reconnaissance que l’AFE mérite, il faut continuer à travailler »

    Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants

    Et pour Annie Rea, la première mesure à prendre est de donner une autonomie budgétaire. Un terme qui va nécessiter des précisions et dont le périmètre doit être défini. C’est d’ailleurs l’objet du groupe de réflexion commune qui a été mis en place par les conseillers de l’AFE.

    Olivier Becht

    On a voulu aussi revenir sur l’entrée en fonction du nouveau ministre Olivier Becht, dont le style et l’organisation des rapports avec les élus tranchent par rapport à son prédécesseur.

    « Nous avons bien reçu tout ce qu’il a pu nous dire. Il y a une véritable volonté de travailler avec tous les élus »

    Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants
    Annie Rea et Olivier Becht lors de la dernière session plénière de l’AFE – Octobre 2022

    La situation italienne

    Annie Rea étant résidente en Italie et possédant la nationalité italienne, nous ne pouvions pas évoquer le choc électoral qu’a connu le pays le 25 septembre 2022 avec la victoire de Giorgia Meloni.

    Une personnalité politique qui n’avait pas caché un certain « sentiment anti-français » mais Annie Rea reste confiante, les premiers actes de la nouvelle Présidente du Conseil sont plutôt ancrés dans la « realpolitik ». L’élue française tient aussi à rassurer sur la place de la démocratie qui reste garantie par un Président de la République italienne.

    Retrouvez le podcast sur toutes vos plateformes

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  • 11 novembre : les bleuets de France

    11 novembre : les bleuets de France

    Chaque 8 mai et 11 novembre, le bleuet est arboré comme symbole de solidarité envers les anciens combattants, les veufs et veuves de guerre, les pupilles de la nation, les victimes de guerre et de terrorisme, les familles de militaires ou de policiers tués en service…

    Un symbole de vie

    Outre le symbole de vie qui se poursuit malgré les obus, « bleuets » était le surnom que les poilus donnaient aux nouveaux soldats, arrivant avec leur uniforme d’un bleu horizon encore immaculé. C’est en 1925 que l’appelation devient un insigne, à l’initiative de deux infirmières : Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt créent le « Bleuet de France », qui vise à recueillir des fonds pour venir en aide aux mutilés de la Grande Guerre. Les pensionnaires des Invalides confectionnent eux-même les bleuets en tissus vendus ensuite à leur profit.

    A compter de 1934, les fleurs réalisées par les anciens combattants sont vendues dans les rues, et l’année suivante, l’Etat officialise la vente du bleuet le jour de l’Armistice. Et la fleur devient aussi le symbole de l’insertion par le travail, chose toujours d’actualité, car désormais, les bleuets sont fabriqués par des établissements réservés aux personnes en situation de handicap. Si la tradition s’est lentement perdue, elle a fait son retour en 2012, après que Nicolas Sarkozy a fait adopter une loi fixant au 11 novembre « la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la première guerre mondiale.

    L’oeuvre nationale du Bleuet de France

    Le bleuet est ainsi vendu tous les 8 mai et 11 novembre sur la voie publique par des bénévoles de l’Œuvre nationale du Bleuet de France. Depuis 1991, l’Œuvre nationale du Bleuet de France est placée sous l’autorité de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG).

    Les fonds récoltés servent au financement d’œuvres sociales. L’Œuvre soutient ainsi au quotidien les veuves et veufs de guerre, les pupilles de la Nation, les victimes de guerre et d’actes de terrorisme. Elle aide également les anciens combattants et finance des projets d’accompagnement et de reconstruction psychique et physique des blessés de guerre. Une boutique en ligne a ouvert en octobre 2020. 

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