Bonjour à tous, bienvenue dans le flash des Français de l’étranger du mercredi 14 décembre, aujourd’hui on parle des conséquences de l’élection d’Eric Ciotti à la tête des LR, des fonctionnaires franco-belges qui voient peut-être le bout du tunnel et d’un couple de Français agressés au Maroc.
Virage à droite pour les LR ?
C’est la question qu’on a posée à Ronan Le Gleut, président de la fédération des Français de l’étranger pour Les Républicains. On l’écoute.
Ronan Le Gleut
Bercy se saisit du dossier des fonctionnaires doublement imposés
A la requête de la sénatrice Samantha Cazebonne et du député Pieyre-Alexandre Anglande, une réunion s’est tenue le 08 décembre dernier pour évoquer le cas des Franco-Belges travaillant pour la France en Belgique et qui sont depuis 2 ans imposés une fois par la France puis par la Belgique ! Une injustice qui est désormais dans les mains des ministres des deux pays ! A suivre…
Au Maroc, une Française décède
Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 décembre, un couple de touristes a été agressé par un «déséquilibré» au Maroc. La femme, âgée de 82 ans, est décédée. Son mari a quant à lui été hospitalisé dans un état stable et ses jours ne sont pas comptés. Selon les autorités locales, le couple avait été grièvement blessé après avoir été attaqué à coups de pierre par un «déséquilibré» lundi à Moulay Bousselham, dans la province de Kénitra, près de Rabat.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition dédiée aux expatriés.
Depuis près de 2 ans, comme nous l’évoquions dans un précédent article, les fonctionnaires français vivants en Belgique et qui ont fait le choix de prendre, aussi, la nationalité belge, sont confrontés à une nouvelle interprétation de la convention fiscale liant les deux pays par la cour de cassation du Royaume. Ainsi, les fonctionnaires franco-belges se retrouveront doublement imposés, une fois par la France à la source, une fois par l’administration fiscale belge qui réclame le paiement des impôts. Un imbroglio que les autorités ont, enfin, décidé de prendre en main.
La convention fiscale franco-belge
La convention fiscale qui est actuellement appliquée prévoit que le fonctionnaire d’un pays détaché dans un des deux Etats signataires est imposé par l’Etat qui l’emploie à la condition d’en avoir la nationalité. Pour les nationaux qui travailleraient pour la France, c’est donc celle-ci qui les impose.
Mais au fil des années, les fonctionnaires français ont construit leur vie en Belgique et certains ont fait le choix de demander la nationalité. Ils sont franco-belges sauf qu’en parallèle, les services fiscaux ont saisi les tribunaux, jusqu’à la Cour de Cassation belge, sur ces cas. En effet, si la Belgique, comme la France, accepte la double nationalité, c’est la nationalité du pays où se situe le citoyen qui prime lors des relations avec la justice locale, l’administration, etc. Pour être clair, un Franco-Belge est belge en Belgique et français en France. Ainsi, selon la convention fiscale, ce n’est donc plus la France qui doit imposer mais bien la Belgique.
Une situation que ne reconnait pas l’administration fiscale française, car pour elle, dans la même logique, le citoyen concerné est avant tout français.
C’est ainsi que chaque Etat se retrouve, selon lui, légitime pour imposer le fonctionnaire ayant la double nationalité.
Saisine de Bercy
Depuis 2 ans, malgré les signaux d’alerte envoyés par les élus consulaires à Bercy, au député Pieyre-Alexandre Anglade, la situation n’avait pas évolué. Pire, pendant la négociation de la nouvelle convention fiscale qui doit rentrer en application en 2024, le cas n’a même pas été évoqué.
Il aura fallu attendre que la sénatrice Samantha Cazebonne (Renaissance) réagisse, alertée par les élus du conseil consulaire représentant les Francais de Belgique et présidé par Jérémy Michel (Horizons), pour que le dossier soit réellement pris en main.
Ainsi le 08 décembre, le député Pieyre-Alexandre Anglade, la sénatrice Samantha Cazebonne et plusieurs députés frontaliers, se sont réunis à Bercy avec les membres des différents cabinets concernés. Le compte-rendu de la réunion fait apparaitre que l’employeur des fonctionnaires, soit l’Etat, n’était pas réellement informé de la situation rencontrée par ses salariés.
La sénatrice a donc demandé, par courrier, aux élus consulaires de préparer des documents de synthèse qu’elle-même et le député Pieyre-Alexandre Anglade remettraient à Bercy. Concrètement, on part de zéro alors que les acteurs associatifs comme le groupe des Non-résidents contribuables en France sur Facebook ou l’élue consulaire en Belgique Isabelle Wandelst alertent depuis près d’un an leur député.
Ce que n’a pas manqué de faire remarquer l’élue socialiste à Bruxelles, Cécilia Gondard, aussi présidente de la fédération PS des Français de l’étranger, qui a proposé de reprendre l’amendement déposé par le sénateur, de sa famille politique, Jean-Yves Leconte. Texte précisons-le qui a été rejeté par le gouvernement !
Cependant tous les acteurs se félicitent du réveil des autorités et sont prêtes à collaborer et ce le plus rapidement possible. En effet, depuis quelques semaines, tous les recours qui étaient envisageables auprès de l’administration fiscale belge ont été déboutés par celle-ci. L’heure des huissiers et des contraintes est donc arrivée pour les fonctionnaires confrontés à cette injustice.
« C’est plutôt une nouvelle positive , et nous allons faire le nécessaire pour les personnes impactées, n’oublions pas qu’il faut espérer stopper le fisc belge avant qu’il ne fasse la chasse aux autres binationaux qui n’ont pas encore été visés »
Bruno Looten, administrateur du groupe des Non-résidents contribuables en France
Tous en tous cas sont mobilisés, comme l’a rappelé le président du conseil consulaire, Jérémy Michel, en commentaire du post sur Facebook de Pieyre-Alexandre Anglade dédié à ce thème.
Télécharger l’avis du conseil consulaire du 30 septembre 2022
Désormais la balle est dans le camps des autorités françaises qui doivent prendre attache avec leurs homologues et ensemble trouver une solution rapide pour ces personnes confrontées à ce dysfonctionnement aux lourdes conséquences. Faut-il aussi que la Belgique soit prête à faire un pas en direction de ces fonctionnaires franco-belges…
Malheureusement, le parcours semble encore long, des mois voire des années seront nécessaires à résoudre ce conflit, mais quid des concernés ? Vont-ils devoir payer deux fois l’impôt en attendant un éventuel remboursement ? Voire quitter la Belgique ?
Il nous parle ce pays qui ressemble à une question posée sur le tableau noir d’une école française. L’Ukraine nous parle, elle crie et nous l’entendons : qu’est-ce qu’une Nation ? La Nation est toujours un appel. Ernest Renan l’écrivain français a tenté de nous le rappeler : qu’est-ce au juste qu’une Nation ? Pas seulement une langue mais une histoire aussi, une communauté humaine qui sait qu’elle peut disparaître.
« Une grande maison pour tout un peuple »
À l’école on a essayé de nous l’apprendre. Mais souvent nous l’oublions : ça s’abime, ça se dissout, ça se ferme, ça s’abandonne. Parfois même nous perdons pied. Car c’est compliqué. Pas seulement un territoire que l’on défend, qui s’est construit au fil des ans, comme une grande maison pour tout un peuple. C’est aussi des malheurs partagés, des bonheurs, des églises, des paysages, des villages, des places publiques et des querelles, une mémoire, des guerres… Et tout naturellement, comme dans la nature la plus sauvage des prédateurs… Pour nous, ce fut souvent l’Angleterre, devenue une alliée, puis une Allemagne devenue notre amie. Cela s’est fait lentement car nous n’avons jamais voulu mourir. Il y eut des poètes, des chanteurs, des récits et des légendes, des instituteurs, des guerres, des famines et de beaux alexandrins ; Victor Hugo : « l’illustre acharnement à n’être pas vaincu ».
L’Ukraine nous rassemble
Alors vient cette évidence : c’est fou comme l’Ukraine nous ressemble et nous rassemble ! Ses blessures sont les nôtres, ces femmes et ces enfants, ces balluchons, ces pleurs, ça ne vous rappelle rien ? « Si j’avance je meurs, si je recule je meurs… Pourquoi reculer ? » On pense à un vieux texte français : « Frère humain qui après nous vivez n’ayez pas trop le cœur contre nous endurci car si pitié de nous avez, Dieu en aura de vous merci »… On pense à Jean Moulin et à René Char, le capitaine Alexandre, à Gavroche, à tous nos malheurs : Azincourt, Verdun, le siège de Paris par les Prussiens et Hitler place de la Concorde. L’Ukraine c’est nous…
Alors prenons l’adversaire à l’envers, revenons à ce qui fut si longtemps ce sang transfusé entre la France et la Russie : la danse, la musique, l’art, l’écriture et Kant à Königsberg que l’on dit aujourd’hui se nommer Kaliningrad.
Nous avons fait ce travail avec l’Allemagne et notre seul « ennemi héréditaire » aujourd’hui, c’est la peur… Plus que les blindés, les missiles, la sauvagerie, les meurtres et la haine, la grandeur d’une nation c’est de s’opposer par la culture à la pulsion de mort.
Burkina Faso : pour les 62 ans de l’indépendance, le capitaine Traoré s’est exprimé à la Nation. Dans un bref message, il a annoncé vouloir poursuivre le combat pour “l’indépendance totale”.
Lutter contre les terroristes
Le président de la Transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a déclaré samedi dans la soirée que l’indépendance de son pays « n’est pas acquise » du fait de l’occupation d’une partie du pays par les groupes armés « terroristes » et que le combat pour « l’indépendance totale » a commencé, il y a quelques semaines de cela.
Traoré s’est adressé samedi dans la soirée à la télévision nationale, à ses concitoyens à l’occasion du 62ème anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, célébré sobrement ce dimanche dans le pays du fait des attaques terroristes.
« Notre indépendance n’est pas acquise, parce que nos terres sont occupées. Notre économie est balbutiante et nos mains sont liées », a déclaré le capitaine Traoré arrivé au pouvoir le 30 septembre dernier après avoir renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba arrivé à son tour à la tête du pays, suite à un putsch huit mois plus tôt, contre le président Roch Marc Christian Kaboré.
Selon Traoré le destin du Burkina Faso a changé depuis le 30 septembre 2022. « Nous disions que nous sommes révoltés, et aujourd’hui date anniversaire de la fête de l’indépendance, nous sommes encore plus révoltés », a-t-il dit.
La vice-présidente grecque du Parlement européen Eva Kaili a été inculpée pour « corruption » dimanche 11 décembre à Bruxelles, et écrouée, dans l’enquête d’un juge belge portant sur de gros versements qu’aurait effectué le Qatar pour influencer des décisions au sein de cette grande institution de l’UE.
Une source judiciaire a indiqué à l’AFP que Mme Kaili et trois autres personnes avaient été écrouées par un juge bruxellois, deux jours après leur interpellation dans une enquête ciblant les agissements du pays organisateur du Mondial 2022.
Mme Kaili n’a pas pu bénéficier de son immunité parlementaire car l’infraction qui lui est reprochée a été constatée « en flagrant délit », a expliqué la même source judiciaire. Cette source a confirmé des informations de presse selon lesquelles des « sacs de billets » ont été découverts dans l’appartement de l’élue socialiste grecque.
Ce domicile dans la capitale belge a été perquisitionné vendredi soir (9 décembre). Et celui d’un autre eurodéputé socialiste, le Belge Marc Tarabella, l’a été samedi soir, a ajouté la source judiciaire. Ce dernier n’a pas été interpellé.
Pour assister la police fédérale dans cette seconde perquisition, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola est revenue de Malte à Bruxelles dans la soirée, a indiqué un de ses porte-parole. La présence de la présidente est requise pour un tel acte d’enquête visant un eurodéputé élu en Belgique « comme le veut la Constitution belge », a-t-on expliqué.
« Intolérable »
Cette affaire est « honteuse et intolérable » et elle porte atteinte de manière « très grave » à la réputation du Parlement, a réagi dimanche le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni.
Selon la presse belge, l’ancien eurodéputé italien Pier-Antonio Panzeri, désormais à la tête de l’ONG Fight Impunity, a lui aussi été écroué dimanche.
Il comptait comme Mme Kaili parmi les six personnes interpellées vendredi à Bruxelles, au terme d’au moins seize perquisitions.
Deux de ces suspects ont été remis en liberté et les quatre autres placés en détention provisoire après leur inculpation pour « appartenance à une organisation criminelle, blanchiment d’argent et corruption ».
Le propre père de Mme Kaili a lui même été inquiété dans l’enquête, surpris en train de transporter une grosse somme en liquide « dans une valise », d’après le journal belge L’Echo.
Dans cette affaire, « est suspecté le versement d’importantes sommes d’argent ou l’offre de cadeaux significatifs à des tiers ayant une position politique et/ou stratégique permettant, au sein du Parlement européen, d’influencer les décisions » de cette institution, a rappelé dimanche le parquet.
« Transformation historique »
L’affaire éclate en plein Mondial-2022 de football, alors que le pays organisateur doit déployer des efforts pour défendre sa réputation décriée en matière de respect des droits humains, notamment ceux des travailleurs.
Elle survient aussi à la veille d’une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, où la relation entre l’UE et le Qatar devrait inévitablement resurgir dans les débats.
Eva Kaili, ex-présentatrice télé de 44 ans, élue en janvier 2022 à l’une des vice-présidences du Parlement européen, s’était rendue début novembre au Qatar où elle avait salué en présence du ministre qatari du Travail les réformes de l’émirat dans ce secteur.
L’ambassadeur de l’UE à Doha Cristian Tudor avait alors assuré sur Twitter la publicité de cette rencontre jugée positive.
L’organisation du Mondial par le Qatar témoigne de la « transformation historique d’un pays dont les réformes ont inspiré le monde arabe », avait aussi affirmé Mme Kaili le 22 novembre à la tribune du Parlement européen.
Ces propos, qui avaient alors suscité des remous dans les rangs de la gauche et des libéraux, sont revenus à l’esprit de nombreux eurodéputés ce week-end après l’annonce de son arrestation.
« Je crains maintenant de comprendre… », a commenté samedi sur Twitter le Français Pierre Karleskind (Renew, libéraux).
Lundi à Strasbourg, la présidente du Parlement Roberta Metsola a convoqué une réunion des présidents de groupes pour évoquer l’enquête judiciaire belge, ont indiqué dimanche à l’AFP deux sources au sein de l’institution.
Les eurodéputés Verts et socio-démocrates s’opposeront par ailleurs au démarrage de négociations sur une libéralisation des visas pour les Qataris dans l’UE.
Samedi soir, Mme Metsola a décidé d’une première sanction contre Eva Kaili. La vice-présidente grecque s’est vue retirer toutes les tâches déléguées par la présidente dont celle de la représenter dans la région Moyen-Orient.
Des eurodéputés de gauche, dont l’écologiste Philippe Lamberts au nom du groupe des Verts, ont demandé la démission de Mme Kaili. Elle a été exclue dès vendredi soir du parti socialiste grec (Pasok-Kinal) dont elle était une figure déjà controversée.
Bonjour à tous, dans le bulletin des Français de l’étranger, on revient sur les résultats des élections professionnelles à l’AEFE, on va à la rencontre de Français du Maroc et on découvre le report de la réforme des retraites en France !
FSU en tête
Le syndicat issu du SNES, l’organe historique des professeurs du second degré en France, a remporté les élections professionnelles à l’AEFE. Petit bémol, le personnel administratif comme celui de direction lui ont préféré l’UNSA, un syndicat plus progressiste que ses concurrents comme la CFDT. Au comité principal ou CSA, il y a donc 6 élus FSU, 2 UNSA et 2 CFDT. Derrière ces scrutins se cache un autre enjeu majeur, chaque siège au CSA remportant l’équivalent de 10 temps-plein par an !
Elections professionnelles
Les Français du Maroc soutiendront le gagnant
Pour les binationaux comme pour les expatriés, le match de demi-finale de la coupe du monde s’annonce particulier. Les liens entre les deux pays, la forte présence des Français dans le royaume, font que c’est la discrétion qui prévaudra mercredi soir. Et au final, quel que soit le gagnant, les Français sur place seront heureux comme nous l’explique Nicolas Arnulf, conseiller des Français de Rabat et élu à l’AFE. On l’écoute !
Emmanuel Macron reporte la réforme des retraites
Alors qu’elle devait être dévoilée jeudi, le président de la République a fait l’annonce surprise de décaler le lancement de cette séquence, riche en embuches, au 10 janvier 2023. Il laisse ainsi passer la Coupe du monde et les fêtes de fin d’année.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !
La semaine dernière,du 1er au 8 décembre 2022, toutes les instances consultatives de la fonction publique ont été renouvelées lors des élections professionnelles. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux résultats pour l’AEFE.
Ils étaient plus de 11 000 appelés à participer à ces élections professionnelles qui avaient pour finalité de désigner les représentants du personnel au sein du comité social d’administration (CSA), consulté sur toutes les questions intéressant collectivement les personnels de l’Agence, et, au sein des commissions consultatives paritaires centrales (CCPC) et locales (CCPL), consultées sur les questions d’ordre individuel concernant les personnels de l’Agence. Parmi les électeurs, du personnel détaché mais aussi celui engagé sous contrats locaux.
Voie électronique
Pour la première fois, les agents du siège et du réseau de l’AEFE ont voté par voie électronique pour les 121 scrutins qui ont été dépouillés par le bureau de vote électronique centralisateur le 8 décembre 2022, en public à Nantes.
Ces élections professionnelles se sont déroulées :
au scrutin de liste pour déterminer les dix représentants des personnels siégeant au comité social d’administration (CSA)
et au scrutin de sigle en vue de déterminer les organisations syndicales appelées à désigner les représentants des personnels siégeant dans chacune des commissions consultatives paritaires centrales (4 CCPC) et locales (116 CCPL).
Le taux global de participation, sur les 121 scrutins confondus a été de 57 % soit 6573 votants. Cependant la FSU tient à souligner qu’il est regrettable que ce soit le seul moyen de participer, privant 1500 de salariés de la possibilité de participer, n’ayant pas accès à internet facilement ou ne maîtrisant pas l’outil.
Une victoire par le terrain
Le syndicat qui a remporté la majorité des voix pour le comité social d’administration (CSA) c’est la FSU. Elle obtient 56,5% des voix pour le CSA et donc 6 élus sur 10. En pourcentage de voix pour la FSU, c’est 2,5 points de plus qu’en 2018, qui avait déjà été un résultat exceptionnel. Derrière on retrouve l’UNSA qui obtient 2 sièges avec 20,8% des voix comme la CFDT.
La FSU, émanation du SNES, le syndicat historique des professeurs du second degré, s’explique par un maillage fort, une présence accrue sur le terrain et plus de 100 représentants à travers les continents.
« Nous allons continuer à défendre tous les personnels de droit local ou détaché comme nous le ferons pour l’opérateur public »
Alessandra Diakhate – professeure détachée à Dakar – élue au CSA pour la FSU
Pour les responsables de la FSU, le service public doit être maintenu. Ses membres s’opposent donc à toute tentative de privatisation comme celle qu’a tenté de mettre en place Frédéric Petit avec son amendement créant un comité de gestion pour les établissements managés directement par l’AEFE.
En parallèle, un autre syndicat a tenté de faire une percée avec une proposition forte, celle de réunir personnel détaché et personnel embauché localement sous un même statut. Une idée qu’ont dénoncé leurs concurrents, FSU et UNSA en tête ! En effet, les dispositions prises par le gouvernement, comme l’état du budget national, imposent une maîtrise des coûts et en conséquence, s’il doit y avoir un statut unique, celui-ci sera, logiquement, aligné sur celui des « locaux ». Un nivellement par le bas que craint Adrien Guinemer, Chargé de mission « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAE pour l’UNSA.
« Nous refuserons un nivellement par le bas du statut des agents des réseaux homologués AEFE »
Adrien Guinemer, Chargé de mission « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAE pour l’UNSA
Les commissions paritaires et locales
En sus du comité social d’administration, les employés du réseau des écoles et Lycées français à l’étranger ont renouvelé les commissions paritaires. Dans ces dernières, la FSU voit son poids se réduire. Si la FSU est toujours dominante pour les professeurs du second degré, l’UNSA remporte de nombreux sièges pour les enseignants du premier degré (comme pour celle réunissant le personnel administratif ou celle dédiée à la direction des établissements scolaires (100% UNSA), mais précisons que le SNUipp à la CPPC 1 fut de 55% et donc que la FSU reste majoritaires avec 3 sièges sur 5. Ainsi globalement, la FSU reste largement majoritaireet la principale force de proposition.
Les commissions consultatives paritaires centrales sont consultées sur : • le recrutement des personnels expatriés ; • la fin de contrat anticipée des personnels détachés à l’AEFE. Elles sont aussi saisies pour avis de toutes questions d’ordre individuel concernant les agents relevant de leur compétence : contestation de la notation administrative, refus de temps partiel…
Elles sont donc, au quotidien, les vraies interlocuteurs du personnel dans les établissements comme celles élues au niveau local. Là aussi la FSU s’impose ainsi dans certains pays comme l’Espagne ou l’Italie, elle est même le seul syndicat.
Des élections qui rapportent gros !
Au-delà du poids des différents acteurs syndicaux au sein de l’AEFE, ces élections déterminent aussi pour les prochaines années les moyens dont vont disposer les syndicats pour mener à bien leur mission.
En effet, comme pour les partis politiques, chaque voix, chaque siège, vont générer un financement pour ledit syndicat. Pour exemple, un siège au CSA rapporte le budget équivalent à 5 emplois plein-temps par an. C’est donc un enjeu majeur pour les différentes centrales syndicales. Les prochaines élections auront lieu en 2026 !
Télécharger tous les résultats des élections professionnelles à l’AEFE
L’ivresse de la victoire a encore gagné, samedi dernier, le Maroc après le coup de sifflet final face au Portugal en quarts de finale. Les Lions de l’Atlas venaient de se qualifier pour les demi-finales de la Coupe du Monde, une première pour une nation africaine. A Casablanca, Rabat, Kenitra ou encore Marrakech, l’ambiance est indescriptible. Les Marocains vont donc affronter ce mercredi à 20h les Bleus de France ! Une situation inédite pour les Français du Maroc !
« Des scènes de liesse incroyables«
Nicolas Arnulf – conseiller des Français de Rabat
On a rencontré Nicolas Arnulf, conseiller des Français de Rabat et qui représente la zone, avec d’autres élus, à l’Assemblée des Français de l’étranger. Le député de la circonscription, Karim Ben Cheïkh (Nupes – GénérationS) n’a pas pu intervenir, retenu à l’Assemblée nationale pour étudier les derniers 1000 amendements de la loi de Finances 2023.
La communauté française est la plus importante au Maroc, devant les expatriés espagnols. Plus de 50.000 Français sont installés dans le pays, la plupart résidant à Casablanca, Rabat et Marrakech. Cette population grandissante a créé un grand nombre d’entreprises, près d’un millier au total.
Ce tissu de sociétés emploie 80 000 personnes, qui sont autant des entreprises du CAC 40 que des PME. Les entrepreneurs sont souvent ici agents immobilier, architectes, hôteliers, restaurateurs, commerçants… Il n’est pas rare de croiser, aussi, de jeunes actifs venus tenter leur chance au Maroc, où tout semble davantage possible qu’en France. Ils sont au cœur de l’industrie touristique, en particulier pour tenir des maisons d’hôtes ou encore des hôtels par exemple. Ils travaillent également dans les activités liées à la mobilité, aux services, à l’immobilier, l’architecture d’intérieur, les centres d’appels…
Nicolas Arnulf
Mais pour le match, la consigne c’est le respect de l’opportunité historique que donnent les Lions d’Atlas au Maroc. Face à la ferveur populaire, les Français vont regarder le match à la maison ou dans les lieux qui vont s’ouvrir aux Français comme les hôtels Sofitel.
« Les relations franco-marocaines sont extrêmement particulières… Il va y avoir une foule immense dans les rues… Il faut plutôt rester au calme »
Nicolas Arnulf – conseiller des Français de Rabat
Les binationaux
Parmi les Marocains, il y a de nombreux supporters qui ont gagné deux fois : avec le Maroc, qui a battu le Portugal en quart de finale de la Coupe du monde (1-0), et avec la France, qui a décroché sa qualification en demi face à l’Angleterre (2-1), samedi 10 décembre.
Mais désormais, les voilà bien dans l’embarras que résume avec humour, Jamel Debbouze.
« C’est comme si ma mère jouait contre mon père »
Jamel Debbouze dans un entretien accordé à BeIN Sports France
Alors qu’ils représentent 70% des Français à Rabat, à l’instar du champion marocain Sofiane Boufal, qui vont-ils soutenir ? Bottant en touche, nos compatriotes ayant aussi la nationalité marocaine répondent « la meilleur équipe sur le terrain » ! Un sentiment que partagent aussi les résidents français.
« Nous comme résidents, on sera de toute façon contents si le Maroc passe en demi-finale »
Après une année noire de grippe aviaire, la filière du foie gras accuse le coup à l’approche des fêtes. Malgré la réquisition des canards femelles, le célèbre mets de Noël risque de manquer cette année.
Les canards manquent à l’appel. Entre novembre 2021 et juin 2022, 16 millions de volailles, dont 3,8 millions de palmipèdes dans la filière Foie Gras, ont été abattues, alors que circulait le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (H5N1), responsable de la grippe aviaire.
« La grippe aviaire a touché l’ouest de la France, tout particulièrement les Pays de la Loire, qui fournissent 70 % des canetons qui seront ensuite élevés pour leur foie gras. C’est un séisme pour toute la filière », rapporte à EURACTIV, Marie-Pierre Pé, Directrice du Cifog (Comité interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras) et animatrice d’Euro Foie Gras.
Foie de cane
La pénurie de canetons – mâles, privilégiés pour la production de foie gras – a donc des conséquences sur la quasi-totalité des éleveurs de la filière, y compris ceux qui n’ont pas été directement touchés par l’épidémie.
Ainsi, pour pallier ces carences, les producteurs se sont reportés sur les femelles, habituellement éliminées à leur naissance.
Un pis-aller. En effet, « le foie de la cane présente un réseau de veines qui impose un travail supplémentaire et exclut les produits haut de gamme comme le foie gras entier », souligne Marie-Pierre Pé. Malgré tout, selon le Cifog, cette « adaptation » a permis de baisser les pertes de 50 à 30 %.
Conséquence directe de cette chute de la production : une tension sur les prix. Le foie gras coûtera en moyenne 20% de plus cette année, soit 0,50 euro pour une portion de 40 grammes – avec des variations selon les points de vente.
Pas de quoi affaiblir la demande de ce produit de fête, qui reste forte selon les professionnels, alors que s’ouvrent de nouveaux marchés principalement en Asie du Sud Est.
La filière française exporte environ 20 % de sa production, en particulier en Espagne et en Belgique.
Les autres pays européens également à la peine
La crise sanitaire va-t-elle encourager l’importation de foie gras étranger ? Avec la France, l’Espagne, la Belgique, la Bulgarie et la Hongrie produisent environ 90 % du foie gras au niveau mondial. Les autres principaux producteurs sont la Chine, les Etats-Unis et le Canada.
La Hongrie est aujourd’hui le premier producteur de foie gras d’oie – La France n’en produit presque plus – et le deuxième producteur de foie gras de canard au monde.
« Tous les pays de l’UE subissent des hausses des coûts de production, et les conséquences de la grippe aviaire. Penser que la crise va provoquer une déférente de produits étrangers en France est un fantasme », explique à EURACTIV Xavier Dubois, PDG de Foie Gras Partner, société qui commercialise du foie gras hongrois et bulgare en France.
Selon lui, ces produits ne représentent pas plus de 10-15 % du marché français, et cet équilibre n’a pas de raison de changer.
Pour Marie-Pierre Pé, les pertes des autres pays producteurs seront équivalentes cette année à celles de la France, d’un tiers environ.
Le vaccin, une « lueur d’espoir »
À la veille des fêtes de Noël, la crainte des éleveurs est de voir le virus faire son grand retour cet hiver, période de migration des oiseaux sauvages, particulièrement propice à la transmission. La filière a pris les devants en renforçant comme jamais les mesures de biosécurité, telles que la diminution de la concentration des animaux dans les communes les plus densément peuplées.
Le Cifog demande également aux pouvoirs publics de prendre en compte cette « conjoncture inédite », en aidant les producteurs, parfois non-éligibles aux dispositifs d’indemnisation accordés cet été par le gouvernement.
Mais à plus long terme, la filière mise surtout sur la vaccination, « seule lueur d’espoir » pour le sénateur de centre-droit Pierre Médevielle, qui a interpellé le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire à ce sujet au Sénat mercredi 7 décembre.
« Nous travaillons déjà à un plan de vaccination pour redonner de la perspective aux agriculteurs » a rassuré Marc Fesneau. S’il n’existe pour le moment aucun vaccin pour le canard, le Conseil de l’Union européenne a autorisé, au mois de mai dernier, le développement de deux vaccins expérimentaux.
La filière espère une homologation et une mise sur le marché dès 2023.
La France s’engage dans sa cinquième grande réforme des retraites en 30 ans (1993, 2003, 2010, 2014), mise à part celle qui a été abandonnée en 2020. A chacune de ces réformes, les gouvernements ont commis l’erreur d’affirmer haut et fort qu’il s’agirait de la « der des der » pour mieux obtenir le consentement de la population. Au fil des années, il n’est donc pas surprenant que celle-ci soit de plus en plus défiante à l’égard de la parole publique et rétive à accepter de nouveaux efforts.
Après trois ans de « quoi qu’il en coûte », le rétablissement des comptes publics est devenu un argument inaudible pour une grande partie de la population. Imposer le report de l’âge légal de 62 à 65 ans, pour effacer les déficits d’une dizaine de milliards d’euros à venir des régimes de retraite, apparaît d’autant plus incompréhensible que ces derniers sont, pour le moment, à l’équilibre et que le déficit budgétaire de l’État s’élève à plus de 150 milliards d’euros.
Un manque d’emplois en France
L’équilibre des régimes de retraite est une question subalterne à un problème bien plus large. L’économie française souffre d’un cruel manque d’emplois. Selon l’OCDE, 68 % de la population en âge de travailler en France, a un emploi contre 77 % en Allemagne. Cet écart substantiel est lié à la faible participation à l’emploi des jeunes et des seniors. L’énergie des premiers et l’expérience des seconds sont ainsi gâchées.
Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est trois fois plus élevé en France qu’en Allemagne, 16 % contre 5 %. La proportion de jeunes déscolarisés et sans emploi ayant entre 15 et 29 ans est de 15 % en France, contre 10 % en Allemagne. Si le taux d’emploi des 55/64 ans en France a progressé depuis 2010, passant au-dessus de 50 %, il demeure faible pour la tranche d’âge 60/64 ans, 35 % contre 62 % pour l’Allemagne.
Ce déficit d’emplois pèse sur le volume des cotisations sociales et des impôts. Il conduit les pouvoirs publics à verser plus qu’ailleurs des prestations sociales pour compenser le manque de revenus issus du travail. Il entrave ainsi la croissance. Si la France avait proportionnellement le même nombre d’emplois productifs que l’Allemagne, elle n’aurait plus de déficits publics. Le financement des retraites, de la dépendance, de la santé et de l’éducation en serait grandement facilité. Le problème risque malheureusement de s’aggraver si rien n’est entrepris pour augmenter le taux d’emploi.
Et des problèmes de recrutement
En 2022, de nombreuses entreprises sont entravées dans leurs activités en raison des problèmes de recrutement. Ces difficultés s’amplifieront, ces prochaines années, avec les départs massifs à la retraite à venir, soit 800 000 par an jusqu’en 2040. Sans apport extérieur, la population active est appelée à stagner puis à diminuer.
L’augmentation du nombre d’emplois est donc une condition sine qua non pour atteindre un niveau de croissance suffisant pour financer non seulement les retraites mais aussi garantir le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français, en particulier celui des retraités.
En France, ces derniers peuvent se réjouir de bénéficier aujourd’hui d’un niveau de vie supérieur à celui de l’ensemble de la population, ce que très peu de pays connaissent. Mais cette situation n’est pas amenée à perdurer. Toutes choses égales par ailleurs, selon le dernier rapport du Conseil d’Orientation des Retraites, le niveau de vie relatif des retraités devrait diminuer de 5 à 10 % d’ici 2040 du fait de l’application des réformes engagées ces trente dernières années. La revalorisation des pensions, qui s’élèvent actuellement à 1 400 euros net par mois en moyenne, sera un sujet majeur dans les années à venir.
Pour redresser l’économie française et pour relever les défis de la transition énergétique et du vieillissement de la population, la création d’emplois productifs est une ardente nécessité. Il faut tout à la fois favoriser l’emploi des jeunes et des seniors, ce qui suppose un important effort de formation pour les uns comme pour les autres. Il faut également adapter le travail aux capacités et aux attentes des seniors.
Vers une retraite progressive
Les dernières années de travail n’ont pas vocation à être un chemin de croix. À cette fin, la retraite progressive devrait être encouragée, voire devenir le mode de sortie normal. Le principe d’une retraite à la carte intégrant la pénibilité des carrières et les envies des uns et des autres devrait s’imposer afin de mettre un terme aux débats d’une autre époque sur l’âge légal de départ à la retraite.