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  • Euthanasie : le débat

    Euthanasie : le débat

    En France, une convention citoyenne, consacrée à la fin de vie, souhaitée par le président de la République, a été mise en place en décembre 2022 et rendra ses travaux en mars 2023. Ce nouveau mode de participation à la vie citoyenne permet à des citoyens tirés au sort de participer à la préparation du travail législatif qui suivra. Malheureusement, c’est la loi du hasard, aucun Français de l’étranger n’a été sélectionné. Cependant le député des Français d’Allemagne, d’Europe Centrale et des Balkans, Frédéric Petit, entend associer les Français de sa circonscription au débat national autour des enjeux relatifs à la fin de vie (aide médicale à mourir, soins palliatifs…).

    Frédéric Petit
    Frédéric Petit

    Aide active à mourir

    A Paris, les 184 citoyens tirés au sort pour participer à la Convention sur la fin de vie ont abordé, au cours de leur cinquième session de travail, la délicate question d’une éventuelle légalisation de l’aide active à mourir.

    Depuis de nombreuses années, la question de la fin de vie fait débat, ravivée par la situation de Vincent Lambert. De la loi du 9 juin 1999, visant à garantir le droit d’accès pour tous au soulagement de la douleur et à des soins palliatifs en fin de vie, à celle du 2 février 2016, la loi Claeys-Leonetti, conférant des droits aux malades et personnes en fin de vie, la législation a évolué, mais pas au même rythme que les mentalités. En effet, d’après un sondage Ipsos publié en avril 2019les Français sont 96 % à être favorables à une légalisation de l’euthanasie.

    Un glissement dans la mentalité française et même dans le corps médical. En effe, le le 6 février dernier, 500 professionnels de la santé ont publié dans Le Monde une tribune intitulée Fin de vie : « Nous, professionnels de santé, disons haut et fort que l’aide médicale à mourir est un soin ».

    Les expériences dans les autres pays

    Si dans la communauté des Français de l’étranger, nous sommes nombreux à regretter qu’aucun d’entre nous ne fassions partie du panel, c’est tout simplement car hors de France de nombreux pays autorisent l’euthanasie. Et loin des passions, l’expérience de nos compatriotes qui ont été confrontés au choix douloureux d’un proche mériterait d’être partagée.

    En effet, l’euthanasie est légalisée dans plusieurs pays comme la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas alors qu’en France elle est considérée comme un crime, punissable de peines allant de trente ans de réclusion criminelle à la perpétuité. De ce fait, des Français font le choix d’aller mourrir dans ces pays.

    Et ce alors que 80 % des personnes meurent dans une institution de santé et qu’environ 60 % des personnes qui meurent dans un service de réanimation le font après des « décisions de fin de vie », cette aide médicale à mourir ne se fait pas toujours dans les meilleures conditions et soulève de nombreuses questions.

    Participer au débat à côté de chez vous

    C’est dans l’optique du travail parlementaire qui s’annonce que Frédéric Petit invite ses compatriotes issus de sa circonscription à venir échanger avec lui et une spécialiste de ce soin, particulier, mais qui reste un acte bienveillant envers la personne qui a pris cette décision.

    Ainsi, 6 rendez-vous sont prévus dans les prochaines semaines :

    • Berlin le 27 février 2023,
    • Francfort le 28 février,
    • Munich le 1er mars,
    • Varsovie le 6 mars,
    • Vienne le 7 mars,
    • Prague le 8 mars.

    Pour y participer, direction le site du député, dans la section « débattons« , vous y trouverez toutes les informations nécessaires. N’hésitez pas via l’onglet « contact » à rejoindre son équipe.

    Pour ceux qui ne résident pas dans cette partie du monde, vous pouvez retrouver ci-dessous une conférence en ligne tenue en ce début d’année.

  • Migrations, un durcissement progressif et mondial

    Migrations, un durcissement progressif et mondial

    Le dernier sommet de l’UE a été consacré en partie aux migrations. Les divergences ont souvent divisé les pays, les uns seraient trop ouverts, les autres trop fermés, les quotas et les critères de Schengen peu respectés. La dernière crise entre l’Italie et la France a montré que les invectives venaient vite, sur un sujet souvent manipulé à des fins intérieurs, et très difficile à traiter puisqu’il s’agit aussi de pauvreté, d’exil, de misère et de morts. 

    L’UE, la Commission et Frontex

    Récemment encore, la Commission avait eu beaucoup de mal à faire accepter son plan en « 20 points » pour encadrer l’action des ONG, coordonner les sauvetages en mer et désigner les ports de débarquement. 12 pays (dont la France, l’Italie et l’Allemagne) ont accepté le principe de « 8000 relocalisations »  proposé par la France il y a quelques mois.

    Cela paraît limité quand l’agence Frontex estime qu’il y aurait eu 330 000 entrées illégales dans l’Union européenne en 2022. Une augmentation de 64% par rapport à 2021, le chiffre le plus élevé depuis 2016. 924 000 demandes d’asile ont été déposées dans un des pays de l’UE. Au cours de l’année 2021, 340 500 ressortissants de pays non-membres ont reçu l’ordre de quitter l’UE mais seulement 21 % des déboutés ont été effectivement expulsés.

    Certains pays de l’est souhaitent pouvoir ériger des murs à leurs frontières, ce qu’ont déjà fait l’Autriche ou la Hongrie. La Pologne a dû faire face à une manœuvre de la Biélorussie qui faisait venir des migrants pour leur faire franchir la frontière. La Pologne a utilisé des fonds européens pour dresser une barrière, les autres pays aimeraient donc que l’UE finance leurs murs.

    Le Conseil européen, lors de sa dernière réunion, n’a pas donné son aval, mais a validé le principe de renforcer les moyens de surveillance des frontières et leur équipement. « Aucun mur ne sera construit avec les deniers européens » a déclaré la Présidente de la commission. Pourtant c’est déjà le cas en Pologne.

    L’aide au développement

    Autre sujet : les retours. L’aide au développement, la coordination des politiques d’attribution des visas, les accords portant explicitement sur le contrôle des migrations par les pays de transit, comme la Turquie, le Maroc, ou la Lybie, paraissent consensuels.

    Cependant, quelles que soient les mesures prises Etat par Etat, tant qu’une définition commune du droit d’asile ne sera pas adoptée par l’ensemble des 27, on constatera des divergences dans le traitement des demandes, le taux de refus et l’exécution des reconductions. 

    La Commission a proposé d’accélérer le filtrage aux frontières et les procédures de demande d’asile. Elle souhaite renforcer l’Agence de l’UE pour l’Asile et Frontex qui devrait être composé de près de 10.000 garde-frontières en 2030. 

    Schengen II

    Le contrôle des entrées devrait être mieux coordonné avec le système « Schengen II », une communication automatique du traitement des dossiers qui impliquera qu’un rejet dans un pays s’appliquera dans tous les autres. Les demandes d’asile continueront d’être traitées par le pays de première entrée, les demandeurs pourraient être placés en rétention pendant trois mois, temps dévolu au traitement de leur dossier.

    Dans les Balkans, l’UE a augmenté son aide financière et signé des protocoles d’accord avec la Macédoine du nord, l’Albanie, le Monténégro et la Serbie. 

    La réunion des ministres s’oriente vers un durcissement progressif de la politique migratoire de l’UE, l’Allemagne, pays qui voit dans l’immigration une réponse à son déclin démographique et un moyen de stabiliser sa population active, semble de plus en plus isolé. De fait, la patron allemand du PPE, Manfred Weber, aujourd’hui dans l’opposition au chancelier Scholz, a déclaré récemment que le mot « mur » n’était plus un tabou. 

    C’est un mouvement que l’on constate mondialement. Le Danemark, gouverné par une coalition de gauche, a repris la mécanique du Royaume-Uni visant à faire traiter les demandes d’asile dans un pays étranger. Par une série de mesures restrictives, le Danemark a diminué le flux de demandeurs d’asile ( -82%) et d’immigrés ( -24% d’entrées). 

    Le traitement des demandes délégué à un pays tiers, comme le font le Danemark et le Royaume-Uni ne fait que suivre un mouvement déjà amorcé, notamment dans les pays méditerranéens. Chacun tente de faire refouler les migrants par les autres. C’est la cas des Etats-Unis avec le Mexique, le cas de l’Europe avec la Turquie et d’autres.  

    Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, plus d’un tiers des personnes qui ont tenté de traverser la Méditerranée ont été interceptées et ramenées en Libye par les gardes-côtes libyens. Entre juin 2019 et 2020, 2600 décès ont été enregistrés. 3231 en 2021 selon le HCR. 

    Les Européens sont écartelés entre le devoir de porter secours et le refus d’accueillir des flux d’immigrés clandestins. D’où la pratique de faire appel aux pays de transit pour les contrôler. Le nouveau gouvernement italien accuse les ONG (financées par des associations allemandes) d’aller chercher les migrants et de devenir de fait complice des réseaux criminels de passeurs. Les réseaux sont mondiaux. Ces derniers mois, un des principaux passeurs, turc, ayant fait venir 1800 migrants au Royaume-Uni a été arrêté. Un autre, d’Érythrée, a été arrêté aux Emirats arabes unis. La traite humaine revient avec les réseaux criminels.

    Hausse du nombre de migrants internationaux

    Au Niger, 700 migrants du Mali, du Sénégal, de Gambie, sont revenus d’Algérie après trois jours de marche dans le désert au mois de novembre. Les Algériens repoussent systématiquement les migrants traversant la frontière au Sahara. Plusieurs milliers selon les Nations Unies. 2000 par mois selon MSF. Au Maroc, les migrants subsahariens sont bloqués par les autorités marocaines. Tandis que des milliers de Marocains tentent la traversée vers l’Espagne. En Asie, en Birmanie ou en Corée, les portes restent fermées. En Amérique centrale, les refoulements s’accentuent. Partout, les migrants sont victimes de bandes criminelles. 

    Le nombre de migrants internationaux a augmenté ces cinquante dernières années. Selon les estimations, 281 millions de personnes vivaient dans un pays autre que leur pays de naissance en 2020, soit 128 millions de plus qu’en 1990 et plus de trois fois plus qu’en 1970. Cela représente 3% de la population mondiale. En Europe, c’est 5% de la population de l’UE, soit 24 millions. L’Allemagne accueille le plus de réfugiés sur le continent, 2 234 900 exilés. Elle a reçu 190 000 demandes d’asile ; la France 120.000. 40% des demandeurs d’asile viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak. Les Italiens sont le premier pays pour les naturalisations : 131.000 en 2021, la France 74 000.

    En France, le gouvernement a déposé un projet de loi sur l’immigration qui, parmi les mesures principales, prévoit une carte de séjour destinée aux « métiers en tension » (notamment le personnel médical), et des mesures législatives pour faciliter les expulsions. Le débat sera, comme d’habitude, houleux.

    La question des migrations est nationale, européenne, internationale, et mondiale. Plus il y a de migrants et tout porte à croire qu’il y en aura de plus en plus, pour des raisons de démographie et de différences de niveau de vie, plus il y a aura de lois pour les limiter. Mais la réussite de ces politiques ne se mesurera pas à la hauteur des murs ou au nombre de migrants, plutôt à la capacité d’intégration dans les sociétés d’accueil. 

  • L’affaire des SMS entre Ursula von der Leyen et le patron de Pfizer

    L’affaire des SMS entre Ursula von der Leyen et le patron de Pfizer

    C’est une affaire qui crée des remous à Bruxelles. Que contiennent les SMS échangés entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le patron de Pfizer Albert Bourla ? Le New York Times a saisi la justice pour obliger la Commission à dévoiler ces échanges… Une bonne chose pour l’eurodéputée verte Michèle Rivasi.

    Michèle Rivasi interviewée par TV5MONDE

    Des SMS non surveillés ?

    Pour sa défense, l’institution européenne avait indiqué aux journalistes du New York Times n’avoir aucune trace de ces messages, affirmant que les textos n’ont pas vocation à être conservés et ne sont pas soumis aux règles sur la transparence des institutions européennes, datant de 2001. Une justification qui avait défrayé la chronique et déclenché une enquête de la médiatrice de l’Union européenne auprès du cabinet d’Ursula von der Leyen en janvier 2022.

    Action en justice enclenchée

    L’action en justice auprès de la Cour européenne de justice a été déposée le 25 janvier, selon Politico. Le média en ligne rappelle que le quotidien allemand Bild a précédemment intenté une série de poursuites contre la Commission européenne afin d’obtenir la divulgation de documents relatifs aux négociations d’achat des vaccins Covid-19 fabriqués par Pfizer/BioNTech et AstraZeneca. Pour rappel, plus de la moitié des 4,2 milliards de doses contre le coronavirus achetées ou réservées par l’UE – d’après le dernier comptage en 2022 – sont fournies par le duo américano-allemand Pfizer-BioNTech.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • « Buy European Act » : une réponse efficace face à l’IRA américain ?

    « Buy European Act » : une réponse efficace face à l’IRA américain ?

    Alors que le principe d’un Plan industriel vert européen (« Green Deal Industrial Plan ») a été acté lors du Conseil européen la semaine dernière, un débat s’ouvre autour d’une préférence européenne dans les marchés publics. Le « Buy European Act« , une nouvelle forme de protectionnisme vert qui est loin de faire l’unanimité.

    « C’est un levier de transformation déterminant », le début d’un « protectionnisme vert européen » : les mots du sénateur Jacques Fernique à la tribune du Sénat mercredi (8 février) ne manquent pas de panache pour parler d’un « Buy European Act ».

    Sa prise de parole s’inscrit dans un débat en séance publique, intitulé « quelle réponse européenne aux récentes mesures protectionnistes américaines ? » et qui ancre dans le débat français la question de la défense industrielle européenne.

    Fait assez rare pour être noté, M. Fernique, écologiste, emboîtait le pas au président français Emmanuel Macron et son ministre de l’Économie Bruno Le Maire, tous deux en faveur d’une telle mesure.

    « L’Europe ne peut pas être le seul endroit où il n’y a pas de ‘Buy European Act’ »estimait M. Macron en novembre 2022.

    Pourtant, bien malin celui qui saura définir les contours de cette législation. Pour certains, il est avant tout question de revoir les règles relatives aux marchés publics européens pour créer une « préférence européenne ».

    Pour d’autres, il faut copier les États-Unis en imposant, comme nos rivaux outre-Atlantique le font dans l’Inflation Reduction Act (IRA), des clauses de « contenu local » (« local content rules »), qui conditionnerait tout octroi d’aides d’Etats et de crédits d’impôts à une obligation de rapatrier une partie de la production sur le sol européen – au risque de déroger aux principes de l’Organisme mondial du commerce (OMC).

    L’impératif de la « préférence européenne »

    Assouplissement et simplification des aides d’État, fonds de souveraineté européenne, politique commerciale offensive… Dès le 1er février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lançait un Plan industriel vert européen pour répondre aux effets les plus pervers de l’IRA – un plan d’investissement américain de 430 milliards de dollars prévoyant de distribuer des subventions aux industries vertes telles que les fabricants de batteries pour voitures électriques et de panneaux solaires.

    Mme von der Leyen a un plan : celui de « faire de l’Europe le foyer des technologies propres et de l’innovation industrielle sur la voie de la neutralité carbone », arguait-elle lors d’un discours au Forum économique de Davos, le 17 janvier.

    Si ce Plan vert industriel a été largement approuvé par les chefs d’États lors du Conseil européen des 9-10 février, certains estiment que la Commission ne va pas assez loin, et une révision des règles relatives aux marchés publics s’impose.

    Selon M. Fernique, un « Buy European Act » serait plus adéquat pour favoriser les produits européens. « Les critères qualitatifs et environnementaux européens doivent être pris en compte dans le cahier des charges » explique-t-il à EURACTIV.

    Stéphanie Yon-Courtin, députée européenne Renew (centre) en pointe sur ces sujets, est claire dans sa réponse aux questions d’EURACTIV : « Lorsqu’il y a des fonds européens investis, nous devrions acheter européen en priorité ».

    Une proposition de résolution au Parlement européen, dont doivent débattre les députés européens mercredi (15 février), soutient quant à elle une stratégie « Made in Europe », dont bénéficieraient tous les pays membres équitablement : « la réaction de l’Union aux régimes de soutien à l’innovation mis en place par les pays tiers devrait être efficace, proportionnée, ciblée […] et protéger les fondements du marché intérieur de l’Union », lit-on dans la résolution.

    Du côté du monde de l’entreprise, quinze associations de start-ups, France Digitale en tête de file, publiaient la semaine dernière une note pour appeler à une révision des règles européennes relatives aux marchés publics. Créer un terrain fertile pour l’innovation technologique et écologique dans la commande publique est impératif : « l’innovation doit être analysée par le prisme de la valeur ajoutée à l’économie européenne » et les règles existantes ne vont pas assez loin en la matière, selon France Digitale.

    « Contre toute la génétique de la Commission »

    Mais cette « préférence européenne » n’est pas du goût de tous.

    « C’est contre toute la génétique de la Commission » affirme Michel Petite, associé chez Clifford Chance et ancien directeur général du service juridique de la Commission européenne, pour EURACTIV. Selon lui, des outils existent déjà dans l’arsenal juridique européen pour faire face aux distorsions de concurrence avec les États-Unis et la Chine.

    Il en est ainsi de l’Instrument relatif aux marchés publics internationaux (IPI), qui vise à restreindre l’accès aux marchés publics européens d’entreprises étrangères lorsque les entreprises européennes ne bénéficient pas du même niveau d’accès dans les pays tiers. Une clause de réciprocité, en quelque sorte, dont l’adoption en 2022 avait été vue du meilleur œil par la France.

    Un nouveau règlement relatif aux subventions étrangères (« RSE ») a aussi vu le jour le 12 janvier. Il crée une obligation pour les entreprises de notifier toute contribution financière d’un pays tiers dont elles pourraient bénéficier, dès lors que la contribution est d’un minimum de 50 millions d’euros, ou que le chiffre d’affaires de la compagnie est de 500 millions d’euros.

    Adopter un protectionnisme plus exacerbé, soit par les marchés publics, soit par des clauses de contenu local, enverrait donc un « signal allant à l’encontre des équilibres recherchés par la Commission et du rejet des replis régionaux », explique M. Petite.

    Même son de cloche de la part de Sébastien Jean, professeur d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), pour qui la question des marchés publics et des clauses « contenu local » est hors sujet : « la Commission n’en viendra pas là, car c’est en infraction manifeste avec ses engagements auprès de l’OMC ».

    Lui préfère évoquer l’utilisation plus forte des outils existants, comme les « mesures compensatoires », qui s’appliquent à tout produit provenant d’un pays tiers qui aurait fait l’objet d’une subvention déloyale. Le droit compensateur vise à corriger les effets de ce déséquilibre artificiel.

    Même la secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone, ne veut pas entendre parler de protectionnisme, mais plutôt d’une « stratégie ‘Made in Europe’ » et de « clauses miroir » pour « protéger la santé et l’environnement » des Européens.

    Le débat est donc bien ouvert, et les dirigeants européens ont déjà prévu d’en reparler lors d’un Conseil européen en mars. L’objectif est de taille : renforcer l’autonomie stratégique européenne et atteindre la neutralité carbone en 2050, sans tomber dans une distorsion de concurrence entre pays membres.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.02.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.02.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash des expatriés de ce mercredi 15 février. Jour de carnaval dans de nombreuses écoles que ce soit dans l’hémisphère nord ou sud, profitez bien si vous le pouvez ! En attendant, nous on revient sur le soutien promis par Olivier Becht aux entrepreneurs français expatriés, sur les élections à Berlin qui ont divisé les allemands sur la place de la voiture en ville, tandis qu’en France on se passionne pour l’accident de l’humoriste Pierre Palmade. 

    Olivier Becht compte sur les expatriés

    Cette démarche s’inscrit dans un plan d’action général après l’annonce la semaine dernière du deuxième déficit record d’affilé de notre balance commerciale. Aucune mesure concrète ne sera annoncée avant plusieurs semaines et elles seront axées en priorité sur les entreprises exportatrices. Les Chambres de commerce hors de France seront parties prenantes des dispositifs selon la déclaration du ministre au Sénat suite à une question d’Evelyne Renaud-Garabedian.

    Les Berlinois se déchirent sur la place de la voiture en ville 

    Signe des temps, d’un changement de génération, dans les grandes villes, la voiture ne trouve plus sa place. Les moins de cinquante ans militent pour une réduction plus forte de la circulation automobile au profit d’une mobilité douce et respectueuse de l’environnement. Ainsi 47% des berlinois sont pour tandis que 49% sont contre. Pour autant, les partis qui prônaient un retour plein de la voiture dans la ville ont été sanctionnés en perdant tous leurs sièges au conseil régional de Berlin. Une situation et une fracture générationnelle qu’on retrouve dans de nombreuses villes dans le monde . 

    L’accident de Pierre Palmade déchaîne les passions en France 

    Le week-end dernier, sous l’emprise de la cocaïne et avec deux jeunes prostitués, Pierre Palmade a provoqué un accident qui a coûté la vie à un foetus et plongé dans le coma la future mère, son fils de 6 ans et son beau-frère. Un horrible fait divers qui prend des proportions folles alors que les anti-avortement profitent de l’émotion pour exiger que l’humoriste, à la carrière désormais finie, soit poursuivi pour homicide involontaire. Problème : un foetus en France n’a pas de statut juridique tant qu’il ne respire pas, d’après une décision de la cour de cassation de plus de 20 ans, la remettre en cause c’est mettre en danger le droit à l’avortement à moyen terme. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin dédié aux Français de l’étranger. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Expatriés et entrepreneurs : Olivier Becht compte sur vous

    Expatriés et entrepreneurs : Olivier Becht compte sur vous

    Le ministre des Français de l’étranger et du commerce extérieur Olivier Becht a annoncé, jeudi 9 février 2023, la préparation de nouveaux dispositifs d’aides visant à renforcer l’offre des entreprises françaises à l’étranger. Cette annonce est faite alors que la France a atteint un déficit commercial record l’an dernier. Olivier Becht compte sur les expatriés et entrepreneurs pour participer au rebond national et pour cela il s’engage auprès de vous !

    Les entreprises françaises exportatrices en plein boom

    Pour l’heure, après un déficit commercial record en 2021, la balance des échanges de biens de la France a enregistré un nouveau plongeon historique en 2022 à 164 milliards d’euros, particulièrement plombée par la facture énergétique. Un motif d’espoir toutefois : le nombre d’entreprises exportatrices a atteint le niveau historique de 144 400.

    Elles sont de plus en plus nombreuses à tenter l’aventure hors de France et à aller conquérir des marchés aux 4 coins du monde comme on a pu le constater lors des divers déplacements du ministre VRP Olivier Becht.

    Olivier Becht en Thaïlande ©Ambassade de France à Bangkok

    Aider les entrepreneurs français expatriés à plus importer

    Parmi les pistes identifiées pour réduire le déficit commercial, le soutien aux entrepreneurs français installés hors de France. On le sait, même si il est difficile de quantifier leur action, qu’ils sont des moteurs dans leur pays de résidence pour le savoir-faire français.

    En effet, ils sont souvent les relais des productions françaises dans leur nouvel environnement économique. C’est pour les soutenir et par ricochet donner de nouvelles opportunités aux entreprises en France, qu’Olivier Becht a rappelé au Sénat son engagement auprès des Chambres de Commerce hors de France. Celles-ci seront inclues dans la Team France Export.

    Ainsi des annonces détaillées pourraient avoir lieu « dans les prochaines semaines, les prochains mois », a précisé le ministre au cours d’une conférence au ministère des Finances sans donner de détails sur leur nature. Les parlementaires comme les Français de l’étranger s’impatientent et souhaitent les découvrir au plus tôt alors que des promesses ont été faites depuis 6 ans sans concrétisation.

  • TV5MONDEplus : « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs »

    TV5MONDEplus : « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs »

    Sur TV5MONDEplus, la seule plateforme de AVOD francophone mondiale, en février, c’est un programme éclectique et unique qui vous est proposé. Comme le dit François Mazure, le journaliste belge de l’émission « Un monde à part » produite par la RTBF, « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs ». Tour d’horizon des programmes du mois qui viennent compléter les 3500 heures de cinéma, séries, documentaires et émissions déjà disponibles gratuitement quasiment partout dans le monde !

    2 films et 1 série entre histoire et passion

    Zwingli, le réformateur

    XVle siècle. Huldrych Zwingli, prêtre catholique, dénonce les abus de l’Église. Il ne craint
    pas de tenir tête aux gens de pouvoir. Principal artisan de la Réforme protestante à
    Zurich, l’influence de ce contemporain de Luther s’étendra à toute la Suisse alémanique.

    ©RTS

    Un film suisse produit par la RTS en 2019 et réalisé par Stefan Haupt

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Mont Foster

    Afin de se retrouver et de se remettre d’une dure épreuve, Mathieu et Chloé se rendent
    dans leur maison de campagne, située en pleine forêt. Mais leur retraite paisible est vite
    perturbée par de curieux incidents qui vont ébranler le fragile équilibre de Chloé…

    ©K-Films Amérique

    Un film produit au Canada et réalisé par Louis Godbout

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    La maison bleue – Saison 2

    Le président Hamelin n’a plus la cote. Pour les prochaines élections, il ne peut compter
    que sur Boudreau, chouchou des Québécois, dans une campagne accompagnée d’une
    crise inédite : les érables ne coulent plus. Privée de sirop, la population est mécontente.

    ©Radio Canada

    Une série réalisée et produite au Canada par Ricardo Trogi en 10 épisodes (tous disponibles dès à présent comme la saison 1 sur TV5MONDEplus).

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    2 documentaires pour mieux comprendre le monde

    Le fleuve n’est pas une frontière

    En 1989, un accrochage entre bergers et paysans a provoqué une guerre raciste entre
    Mauritaniens et Sénégalais sur le fleuve Sénégal, occasionnant des milliers de morts et des dizaines de milliers de réfugiés. Aujourd’hui, les plaies ne sont pas refermées…

    ©Locarno Films

    Une coproduction entre le Sénégal, la France et l’Allemagne de 2022 réalisée par Alassane Diago.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Un monde à part

    Rencontres humaines surprenantes, lieux inattendus, situations improbables : les aven-
    tures du journaliste baroudeur François Mazure aux quatre coins de la planète.

    ©RTBF

    Une production phare de la chaîne publique francophone RTBF ! 9 épisodes de 30 minutes.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Hommage à un maitre des mots et de l’humour pour se détendre

    Le 9 novembre 2022, Raymond Devos aurait eu 100 ans. Les Frères Taloche proposent
    de célébrer son anniversaire et de lui rendre hommage à l’Opéra royal de Wallonie. Des
    artistes et amis de Raymond Devos y interprètent ses textes, mettant en valeur sa car-
    rière et son imaginaire fantastique, fait de musique, de cirque et de théâtre.

    ©RTBF

    Diffusé sur la RTBF selon une mise en scène d’ Alain Sachs avec Michel Boujenah, François Morel, Anne Roumanoff, Olivier de Benoist…

    https://www.tv5mondeplus.com/login
  • Environnement et protectionnisme, un mauvais compagnonnage 

    Environnement et protectionnisme, un mauvais compagnonnage 

    Le Royaume-Uni a assis sa suprématie économique sur le charbon au XIXe siècle. Au XXe siècle, les États-Unis ont bâti leur hégémonie sur le pétrole. L’ancien Président, Donald Trump avait entendu protéger le secteur pétrolier américain en sortant son pays de l’Accord de Paris sur le climat. Dès les premiers jours de son mandat, son successeur, Joe Biden, a décidé de ratifier à nouveau ce traité dédié à l’environnement. 

    La lutte contre le réchauffement climatique, un instrument de politique intérieure 

    Si la lutte contre le réchauffement est devenue outre-Atlantique une cause nationale, elle permet de légitimer le retour du protectionnisme. L’administration démocrate met en avant le fait que la transition énergétique donnera du travail aux ouvriers, aux employés et aux cadres moyens, qu’elle réduira le poids de la Chine et des autres concurrents des Etats-Unis. Si à l’inverse de Donald Trump, les Démocrates ne sont pas climatosceptiques, ils reprennent une partie des éléments de langage de « l’American First ». Le changement de mix énergétique doit s’effectuer dans l’intérêt des États-Unis et de ses habitants. L’objectif est que les batteries comme les véhicules électriques soient fabriquées aux États-Unis, tout comme les semi-conducteurs qui sont indispensables au bon fonctionnement des voitures. 

    L’administration américaine a décidé par ailleurs de développer de nouvelles centrales nucléaires, de créer des usines de production d’hydrogène vert et de réaliser des champs solaires. Au cours des deux dernières années, le Congrès a adopté trois projets de loi sur les infrastructures, les puces semi-conductrices et l’environnement avec, à la clef, 2000 milliards de dollars d’aides publiques. Le projet de loi sur l’infrastructure met à disposition 1 200 milliard de dollars sur dix ans pour les routes, les ponts et les câbles d’un nouveau réseau vert. 

    Le chips Act, qui promeut la fabrication de semi-conducteurs en Amérique, contient 280 milliards de dollars de dépenses. Le projet de loi sur la réduction de l’inflation contient 400 milliards de dollars de subventions pour les technologies vertes sur dix ans. Pour certains experts, le montant des aides atteindrait plus de 800 milliards de dollars.

    Sentiments anti-chinois, pro-environnement et nationalistes

    Les projets du gouvernement prévoient la mise en place de normes visant à obliger des productions locales et à restreindre les importations ou les exportations de technologies pour des raisons de sécurité nationale. 

    L’Amérique veut, tout comme l’Europe, se réindustrialiser et être moins dépendante de la Chine en opérant rapidement sa transition énergétique. Depuis le New Deal, aucun gouvernement n’avait pris de telles dispositions afin de refaçonner, de manière dirigiste, le pays. 

    Pour obtenir le vote du Congrès, Joe Biden joue tout à la fois sur les sentiments anti-chinois, pro-environnement et nationalistes qui parcourent les travées. 

    Le protectionnisme des mesures proposées a provoqué des réactions assez vives de la part d’une partie des alliés traditionnels des États-Unis. Ce plan, d’une ampleur inconnue, poursuivant des objectifs disparates, peut-il réussir ? Obéira-t-il à la règle économique en vertu de laquelle une politique ayant plusieurs objectifs n’en atteint aucun ?

    La réalisation des plans américains en faveur de la transition énergétique sera freinée, souligne The Economist, par les contraintes administratives qui ont tendance à se multiplier aux États-Unis tout comme en Europe. Une décennie a été nécessaire pour obtenir les autorisations de connexion au réseau californien des installations d’énergie renouvelable dans le Wyoming. Les entreprises doivent gérer plusieurs niveaux de réglementation, niveau local, fédéré et fédéral. Elles sont contraintes de dépenser des milliards de dollars en lobbying pour obtenir des permis de construire, ce sont autant de milliards de dollars en moins pour les investissements. 

    Mauvaise allocation des ressources, dette, inflation, rétorsions… 

    Ces plans risquent de provoquer une mauvaise allocation des ressources avec à la clef un endettement accru de l’État fédéral. La priorité donnée aux productions d’origine américaine sera inflationniste en limitant la concurrence. Les consommateurs américains seraient ainsi pénalisés. 

    Les plans protectionnistes des États-Unis pourraient entraîner des mesures de rétorsion de la part de leurs alliés. L’esprit qui prévaut en matière de commerce international depuis 1945 pourrait être ainsi remis en cause. L’économie américaine n’avait pas réellement besoin des milliers de milliards de dollars d’argent public pour opérer sa transition énergétique. Elle attire les capitaux de l’ensemble de la planète et ses entreprises réalisent des résultats leur permettant sans problème d’investir. Les États-Unis disposent des meilleures écoles d’ingénieurs du monde. Sa recherche est l’une des plus dynamiques. 

    En Europe, les gouvernements sont également tentés d’opter pour des solutions de financements spécifiques pour les investissements en lien avec la transition énergétique. Le gouvernement français étudie ainsi la possibilité d’utiliser les ressources du Livret A pour financer la construction des centrales nucléaires. 

    La tentation protectionniste et nationaliste est d’autant plus incompréhensible au sein des pays occidentaux qu’ils sont tous confrontés au risque de pénurie de main-d’œuvre. Les besoins de rationaliser les productions, de partager les solutions et de réduire les coûts devraient s’imposer en lieu et place d’une repli des États sur eux-mêmes. 

    Les plans américains par leurs montants pourraient générer des effets de rente pour certaines entreprises et ne pas favoriser les emplois pour les Américains les plus modestes. En ne centrant l’aide que sur les États-Unis, le gouvernement fédéral néglige le caractère mondial du problème. II ne comporte pas de volet en faveur de l’aide à la transition énergétique au sein des pays en voie de développement.

    Des réponses nationales à des questions mondiales

    Face à ces critiques, l’administration américaine répond que ces plans permettront de développer de nouvelles technologies, de construire des chaînes d’approvisionnement moins dépendantes de la Chine et de réduire le coût des sources d’énergie propres. Les autorités américaines estiment que tous les pays profiteront de ces gains. 

    Le problème de la réduction des gaz à effet de serre est par nature mondial. Il ne connaît pas les frontières. La mise en place d’une taxe carbone à l’échelle mondiale, sous l’égide de l’OCDE par exemple, serait bien plus efficace. Cette taxe pourrait s’accompagner pour les pays en voie de développement d’aides. Au niveau national, les subventions pourraient se concentrer sur les nouvelles technologies qui ne sont pas encore commercialement viables. Elles pourraient par exemple être affectées aux recherches concernant les nouveaux réacteurs nucléaires, le captage du CO2, etc.

  • Séisme – Syrie : du drame à la normalisation diplomatique ?

    Séisme – Syrie : du drame à la normalisation diplomatique ?

    Le président syrien Bachar al-Assad a remercié dimanche 12 février 2023 les Émirats arabes unis pour leur énorme aide humanitaire ​fournie à son pays après le séisme dévastateur qui a frappé le Syrie et la Turquie voisine, lundi 6 février, alors qu’il recevait le chef de la diplomatie émiratie, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane.

    Bachar al-Assad tente de profiter du drame lié aux séismes ressentis dans la région pour reprendre la main sur le plan géopolitique. Depuis la semaine dernière, il multiplie les critiques sur l’Occident et en appelle à ses frères « arabes ». Ces derniers semblent aussi prêts à le réintégrer dans la communauté des nations arabo-musulmanes.

    « C’est un moment clé pour le régime syrien, et certains gouvernements arabes sont prêts à aller au-delà de l’aide humanitaire vers une normalisation politique »

    L’universitaire Ziad Majed, au sujet des opportunités politiques issues du séisme meurtrier pour le régime Assad

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La ville de Berlin divisée sur la question des voitures

    La ville de Berlin divisée sur la question des voitures

    À Berlin, les élections régionales ont abouti à une victoire écrasante du parti conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU), membre du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen. La CDU a fait campagne pour une ville fonctionnelle et s’est opposée à l’interdiction des voitures.

    La CDU a remporté les élections régionales à Berlin, mais pourrait ne pas être en mesure de former un gouvernement en raison de désaccords avec la plupart des autres partis, notamment sur la politique des transports.

    La CDU a obtenu de très bons résultats dans la périphérie de Berlin, tandis que les Verts sont arrivés en tête dans le centre-ville, ce qui indique un clivage important entre le centre et la banlieue.

    Des campagnes ont également été menées sur la politique des transports, notamment sur le rôle futur des voitures dans le centre-ville, les Verts souhaitant faire de la place pour de nouvelles pistes cyclables plus larges.

    Les conservateurs ont reproché aux Verts leur politique anti-voiture après que le leader du groupe, Werner Graf, a annoncé lors d’un entretien qu’il souhaite réduire les places de stationnement de moitié dans les dix prochaines années.

    « Berlin est pour tout le monde, même pour les automobilistes », lisait-on sur une affiche électorale de la CDU.

    Les conservateurs ont reproché aux Verts leur politique anti-voiture après que le leader du groupe, Werner Graf, a annoncé lors d’un entretien qu’il souhaite réduire les places de stationnement de moitié dans les dix prochaines années. [SHUTTERSTOCK/VanderWolf Images]

    Les transports, principal élément de désaccord

    Selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote par la chaîne de télévision allemande ARD, 45 % des électeurs seraient favorables à une « expansion des pistes cyclables au détriment de la circulation automobile » et 49 % seraient opposés à cette idée.

    Dans le même temps, une faible majorité des électeurs (53 %) est favorable à une nouvelle extension de l’autoroute urbaine A100, une mesure soutenue par la CDU alors que 36 % s’y opposent. La CDU a fait valoir que le projet de route dans l’est de Berlin pourrait être réalisé sous la forme d’une « autoroute climatique » couverte de panneaux solaires qui réduirait la circulation automobile dans certaines zones résidentielles.

    Mais de nombreux membres du parti écologiste considèrent que l’expansion des autoroutes est incompatible avec les objectifs climatiques et veulent donc stopper le projet, une question qui est à l’origine d’un différend qui dure depuis longtemps.

    Sur les affiches électorales de la CDU, on pouvait également lire : « Berlin, ne les laissez pas vous interdire la voiture », faisant allusion à un différend concernant la chaussée de la Friedrichstraße, que Bettina Jarasch (Verts), la maire adjointe et sénatrice pour l’environnement, la mobilité, a transformée en zone piétonne quelques semaines seulement avant les élections. Les détracteurs de ce projet ont affirmé qu’il avait été réalisé sans consulter correctement les habitants.

    Le SPD a perdu mais pourrait rester au pouvoir

    Ces élections ont eu lieu après que les élections régionales de 2021 ont dû être réorganisées en raison d’erreurs d’organisation qui ont entraîné un nombre insuffisant de bulletins de vote et de longues heures d’attente dans de nombreux bureaux de vote.

    Le Parti social-démocrate (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), qui est au pouvoir, est tenu pour responsable du désastre par la plupart des électeurs et a de ce fait perdu leur soutien et a obtenu le pire résultat de son histoire.

    Le parti a tenté de séduire les électeurs automobilistes de la périphérie et ceux du centre-ville, en promettant un abonnement mensuel à 29 euros pour les transports publics, introduit temporairement à Berlin en réponse à la crise du coût de la vie.

    Au niveau fédéral, un abonnement similaire, à 49 euros, sera introduit en mai, et contrairement à son homologue berlinois, il sera valable pour les transports publics régionaux et locaux dans toute l’Allemagne.

    Bien qu’elle n’a pas convaincu autant d’électeurs qu’avant, la maire de Berlin, Franziska Giffey (SPD), pourrait poursuivre sa coalition de gauche avec les Verts et le parti Die Linke (La Gauche), qui a atteint une majorité au parlement régional.

    Le SPD n’a obtenu que 105 voix de plus que les Verts, selon le résultat final préliminaire, ce qui pourrait changer avec le recomptage des districts.

    Interrogé sur une éventuelle coalition avec les Verts avant les élections, le candidat de la CDU à la mairie, Kai Wegner, a déclaré : « Ce que Mme Jarasch et les Verts ont dit au cours des dernières semaines et des derniers mois, je ne le ferai pas ». Il a ajouté ne pas vouloir « de cette politique de transport pour Berlin » qui ne conviendrait selon lui pas à Berlin.

    La position pro-voitures ne garantit pas d’être élu

    Entre-temps, le Parti libéral-démocrate (Freie Demokratische Partei, FDP) a perdu ses sièges au parlement régional car il n’a pas atteint le seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges à la Chambre.

    Le parti, qui détient également le ministère allemand des Transports au niveau fédéral, a fait campagne contre les Verts, affirmant qu’il ne peut y avoir de « politique de transport contre les voitures ».

    Il pourrait maintenant durcir sa position dans le conflit en cours au niveau fédéral sur les objectifs d’émissions de carbone pour le secteur des transports, car il ressent le besoin de gagner en visibilité face à ses partenaires de coalition de centre-gauche à ce niveau.

    Un partenaire de coalition potentiel pour la CDU dans la région de Berlin pourrait être le SPD, mais cela est peu probable si Mme Giffey reste maire à la tête d’une coalition de gauche.

    En ce qui concerne la politique des transports, le SPD a tenté de trouver un terrain d’entente, Mme Giffey affirmant qu’« il ne peut y avoir une situation dans laquelle tous les groupes obtiennent 100 % de ce qu’ils veulent ».

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