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  • Mais qui paiera ?

    Mais qui paiera ?

    Qui paiera les déficits qui s’accumulent depuis six mois, en réalité depuis 40 ans : les banques centrales, l’État, les entreprises, les riches, ou les simples épargnants ? 

    A moins que ce soit tout bonnement l’ensemble des citoyens. 

    Le financement monétaire est une facilité temporaire aux effets multiples qui aboutit à des transferts de richesses entre les nations et entre les citoyens. A terme, une dépréciation monétaire, une inflation des biens courants ou durables est probable. En parallèle à l’augmentation de l’offre de monnaie, l’État a desserré sans limite sa bourse. Or, l’oublierait-on, l’État est financé par la communauté des contribuables.

    L’ensemble des citoyens 

    A travers la TVA, le principal impôt pour l’État, la CSG et les cotisations sociales, tous les ménages sont mis à contribution pour financer les dépenses publiques qui absorbent plus de la moitié de la création de richesses du pays. Les riches, c’est bien connu, pourront payer comme autrefois les aristocrates ou les 200 familles. Les Français surestiment la capacité des dits riches à pouvoir éponger les déficits. Ils confondent bien souvent le capital et ses revenus. 

    Avec un taux de prélèvements record, 45 % du PIB, la France s’est dotée d’un système unique de protection sociale financé par les classes moyennes et les catégories sociales supérieures. A défaut de taxer les particuliers, les entreprises supposées riches peuvent payer. Elles offrent l’avantage de ne pas voter aux élections.

    Les entreprises répercutent les impôts 

    Quand les impôts des entreprises augmentent, ces dernières peuvent l’imputer sur le prix de vente si les conditions de marché le permettent, sur les salaires ou sur la rémunération des actionnaires. Ainsi, dans les faits, les charges supportées par celles-ci sont automatiquement retransmises aux salariés, aux actionnaires ou aux consommateurs. La distinction entre cotisations sociales salariales et patronales est une fiction. Elles sont simplement et uniquement liées à la rémunération des salariés. 

    L’augmentation des prix des produits dans un monde concurrentiel est de plus en plus difficile comme le souligne la modicité de l’inflation. L’autre voie est évidemment la réduction de la rémunération des actionnaires. La taxation des entreprises répondrait alors à une certaine morale, redistribuer une partie des bénéfices supposées indues réalisées par les entreprises. 

    Certains estiment que les prélèvements devraient contribuer à rétablir un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux salariés. Depuis les années 1980, ce partage aurait été réalisé au détriment des salariés et au profit des actionnaires. Ce constat vaut pour certains pays anglosaxons mais ne concerne pas la France ou l’Italie.

    Salariés et actionnaires 

    L’augmentation des bénéfices, ces dernières années, a concerné certains secteurs d’activité dont les entreprises sont bien souvent en situation d’oligopoles. Les bénéfices élevés peuvent être également liés à des nécessités d’augmentation des fonds propres pour des raisons réglementaires. Ils peuvent être, par ailleurs, imputables à la nécessité de fidéliser des actionnaires tentés de délaisser des entreprises peu porteuses en termes d’image. 

    La taxation des contribuables, des citoyens arrivera sous une forme ou une autre, brutale ou étalée sur la durée. La seule échappatoire est l’augmentation des gains de productivité associés au travail générant un surcroît de richesses, surcroit qui permettra d’effacer en partie quarante années de dérives dépensières. 

  • Les obligations qui financeront le fonds de l’UE pour lutter contre le chômage sont lancées

    Les obligations qui financeront le fonds de l’UE pour lutter contre le chômage sont lancées

    L’UE a mandaté cinq banques pour qu’elles émettent les premières obligations communautaires qui financeront le programme SURE destiné à soutenir l’emploi au sein de l’Union. La demande pour ces titres dépasse largement les attentes.

    Un succès pour ces premières obligations européennes

    Le mandat pour émettre les premières obligations qui financeront le fonds européen de soutien à l’emploi SURE (soutien temporaire visant à atténuer les risques de chômage en cas d’urgence) a été confié aux banques Barclays, Bnp Paribas, Deutsche Bank, Nomura et Unicredit dans le rôle de chef de file. La notation de l’émetteur est AAA par Fitch, Aaa par Moody’s et AA par S&P.

    La première émission avec échéance à 10 ans a déjà suscité une demande de 95 milliards d’euros. Pour l’émission d’obligations assorties d’une échéance à 20 ans, la demande atteint 55 milliards d’euros. Au total, la demande pour les deux premières émissions atteint donc 150 milliards d’euros. Selon les prévisions, elle aurait dû avoisiner les 15 milliards.

    La Commission européenne avait annoncé que les obligations seraient émises après que le Conseil aurait approuvé l’octroi du soutien financier demandé par les 16 États membres qui ont choisi de prendre part au programme SURE.

    Pour l’heure, 87 milliards d’euros d’aide ont été demandés dans le cadre de ce fonds qui peut mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros. L’Italie en est le premier bénéficiaire avec 27,5 milliards d’euros, suivie de l’Espagne avec 21,3 milliards et de la Pologne avec 11,2 milliards. La Commission européenne utilisera les recettes générées par l’émission des obligations sociales pour transférer les ressources aux États membres en plusieurs tranches.

    Comment fonctionnent les prêts

    L’argent, qui commencera à affluer dès cette année, sera crédité sur des comptes spéciaux auprès des banques centrales nationales. Ces comptes seront également utilisés pour le remboursement. Les prêts auront une durée de 15 ans.

    L’Union européenne bénéficie d’une évaluation très solide sur les marchés, ce qui lui permet de lever des fonds à des taux d’intérêt très bas. Les pays comme l’Italie, dont les taux d’intérêt sur les obligations d’État sont supérieurs à la moyenne de l’UE, vont donc tirer bénéfice de ces prêts. Le ministère de l’Économie estime que sur les 15 ans de durée du prêt, l’épargne pour les caisses italiennes peut être estimée à plus de 5,5 milliards d’euros.

    Afin de garantir que les fonds soient dévolus à la réalisation d’objectifs sociaux, le cadre sur les obligations sociales adopté par Bruxelles exige que les États membres rendent des comptes sur la manière dont les fonds empruntés ont été dépensés et sur l’impact social des obligations.

    Sur la base des informations contenues dans ces rapports, la Commission européenne sera en mesure de démontrer aux investisseurs que les obligations SURE ont été utilisées pour financer des programmes ayant un impact social positif.

    Un article d’Euractiv Italie.

  • Liberté, libertés, plus de liberté

    Liberté, libertés, plus de liberté

    Le billet d’humeur d’une responsable d’associations sociale et française en Belgique.

    Depuis le 16 octobre, nos vies ont de nouveau changé. 

    D’abord un enseignant, parce qu’il avait l’amour d’enseigner, est mort d’avoir écrit, décliné, voulu transmettre la liberté d’expression ! Que nous soyons en France républicaine ou en Belgique royale, nous vivons, avant tout, en démocratie, où la laïcité, la liberté d’expression, la liberté de penser sont essentielles à notre quotidien. Il ne faut plus faire de concessions. Repenser le vivre ensemble dans le respect et la joie, mais les dictateurs, porteurs de la pensée unique, n’ont rien à faire dans notre univers. A l’instar de Karl Popper, nous affirmons haut et fort que « pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l’intolérance ».

    Confinement en vue en Belgique

    Et puis, il y a eu aussi un pas de plus vers un confinement qui pour l’instant prend des allures de pointillés. La liberté de notre vie sociale en a pris un sacré coup ! Finis les sorties gourmandes, les cafés où on se retrouve pour un petit expresso, les bars où on prend un verre en sortant du travail, fermés les restos, transformés, dans le meilleur des cas, en take away. Comme on dit dans Schreck, far far away, très très lointain. Déjà qu’on était un peu démoralisés, nous voilà tout à fait tristes, souillés du sang de Monsieur l’instituteur et condamnés à des échanges sur les réseaux sociaux, faute de tables d’hôtes, pour partager larmes et rires.

    Il paraît que ce n’est pas fini, que d’autres mesures vont venir et c’est le citoyen qui est pointé du doigt. Il n’a pas obéi, pas respecté les règles, il n’a pas été civique. Mais au fait quelles sont les règles ? La bulle passe de quatre à un, mais si on vit à trois, faut-il que nous abandonnions nos enfants, voire le chien ou le chat ? On ne peut plus aller au resto, mais on peut continuer, pour l’instant, à errer jusqu’à minuit dans les rues belges, moment du couvre-feu. En France, par contre, ils peuvent continuer de manger dehors, mais ils doivent dîner à la hollandaise, pour être rentrés à 21 heures ! Quelle injustice ! 

    Un citoyen au lourd tribut

    Donc le citoyen paie un lourd tribut, suite à l’incapacité des politiques à gérer une crise qui les dépasse, qu’ils n’avaient pas anticipée et qu’ils continuent à piloter en dépit du bon sens. Certes, ce n’est pas facile, mais la lisibilité des mesures, la cohérence de celles-ci font cruellement défaut. Et comme il faut bien un coupable, ce sont les citoyens qui passent à la caisse. Lors de la première vague, on pouvait avoir un certain sentiment d’indulgence, mais alors là, l’amateurisme n’a d’égal que l’incurie des différents ministres de la santé, élevée au cube et divisée par le PGCD !

    « Il y a des jours… et des lunes », comme disait Claude Lelouch. Espérons que nous allions vers plus de sérénité, sous l’œil bienveillant de Monsieur Samuel Paty, mort pour une démocratie qui n’a pas su le protéger, lui qui a porté si haut les valeurs universelles des droits de l’homme.

    « …  Sur l’absence sans désir

    Sur la solitude nue

    Sur les marches de la mort

    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue

    Sur le risque disparu

    Sur l’espoir sans souvenir

    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot

    Je recommence ma vie

    Je suis né pour te connaître 

    Pour te nommer

    Liberté
    (Paul Eluard 1942)
    lederman
    Veronique lederman

    Veronique léderman est Conseillère communale d’opposition sur une liste citoyenne pour la commune d’Uccle en Belgique. Elle est dans la vie professionnelle Directrice générale du centre social SSJ ASBL en région bruxelloise. Après 18 ans d’expérience en Management, dans le marchand et le non-marchand et 11 ans d’expérience d’enseignement et responsabilités universitaires, elle dédié son temps aux autres et aussi aux Français de Belgique au sein de l’Union des Français de Belgique

  • Meyer Habib : « Ce qui doit primer, ce sont les valeurs de la République »

    Meyer Habib : « Ce qui doit primer, ce sont les valeurs de la République »

    Né en 1961, diplômé du Technion de Haïfa, dirigeant d’entreprise et ancien vice-président du CRIF, Meyer Habib est, depuis 2014, député de la 8ème circonscription des Français de l’étranger (Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, Saint-Marin, Turquie et Vatican).

    Un député engagé

    A l’Assemblée nationale, il est membre de la commission des affaires étrangères, ancien vice-président de la commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes, secrétaire du groupe d’études sur les Chrétiens d’Orient et vice-président du groupe d’études sur l’antisémitisme. Il fut également vice-président de la commission spéciale pour l’examen du projet de loi relatif à la simplification de la vie des entreprises.

    Un député républicain

    On entame le podcast avec sa réaction à l’attentat qui a couté la vie au professeur d’Histoire-géographie ce vendredi 16 octobre 2020. Meyer Habib se dit triste et en colère et appelle à une réaction forte. Elu sur une circonscription riche en symbole, religieux comme historiques, celle de la Méditerranée de l’Ouest, il exhorte les Français à se réunir sur les valeurs de la République.

    Un député inquiet

    Nous abordons, ensuite, les problèmes liés à la pandémie avec le député des Français d’Italie et d’Israël. Ces deux pays ont été durement touchés par la Covid-19. C’est avec émotion que Meyer Habib revient sur ce printemps meurtrier. Au cours de ces terribles semaines, il dût aider au rapatriement de centaines de corps. Il envoi, donc, un message, clair, de prudence aux résidents en Israël, alors que commence leur deuxième déconfinement.

    Un député circonspect

    Le député avait été le premier à proposer la solution à la réforme fiscale. Entamée par l’élue à l’Assemblée nationale, Anne Genetet (LREM) en 2018, elle s’achève cet automne par un amendement. Et en effet, Meyer Habib avait déjà déposé un texte annulant la réforme en septembre 2019. A l’époque, il ne fût pas suivi, à son grand étonnement, par ses 10 collègues de la majorité présidentielle. Pas rancunier, il se satisfait du premier pas fait. Même s’il rappelle que l’inégalité face à l’impôt frappe toujours nos compatriotes. Il alerte sur les problématiques comme la CSG. Elle divise les expatriés entre résidents dans ou en dehors de l’Union européenne.

    Un député démocrate

    Enfin, on conclut l’interview sur les élections consulaires. Alors que gonfle la rumeur d’un nouveau report en 2022 de ces dernières, nous interrogeons le député Meyer Habib sur la représentation des Français de l’étranger.

    Podcast vidéo avec Meyer Habib
  • Cour de La Sorbonne, l’hommage de la Nation

    Cour de La Sorbonne, l’hommage de la Nation

    L’hommage à Samuel Paty, le professeur exécuté ce vendredi 16 octobre en pleine rue, aura lieu dans la cour de la Sorbonne, en accord avec la famille du défunt, a annoncé l’Élysée.

    En choisissant la cour de la Sorbonne pour rendre un hommage national à Samuel Paty, plutôt que celle des Invalides, traditionnellement choisie pour ce genre de cérémonie, l’Élysée et la famille du défunt ont voulu un symbole fort: celui d’un lieu historique, emblème de la connaissance et du rayonnement culturel français, mais également du débat d’idées.

    La cérémonie se tiendra ce mercredi à 19h30, comme l’a annoncé l’Elysée sur Twitter à la mi-journée, en présence de la famille de l’enseignant assassiné vendredi soir à Conflans-Sainte-Honorine et des corps constitués de l’État.

    Ceux-ci sont traditionnellement invités aux cérémonies civiles et militaires selon un décret datant de 1989, à l’instar, outre le président de la République, des membres du gouvernement et présidents des chambres parlementaires et anciens chefs de l’État comme François Hollande.

    Le Conseil français du culture musulman (CFCM) a par ailleurs confirmé sa présence.

    Restrictions liées au contexte sanitaire

    Cet hommage national se veut populaire, mais s’inscrit dans le cadre d’un contexte sanitaire compliqué, et il devrait donc il y avoir une jauge afin de limiter le nombre de personnes présentes: elle se situe entre 300 et 500 invités du fait de la dimension des lieux. Deux écrans géants seront disposés devant la Sorbonne afin que le public puisse suivre la cérémonie à distance.

    La cérémonie devrait être solennelle et courte et prendre fin à 20h30, notamment en raison du fait que le couvre-feu auquel est soumis Paris et sa région commence à 21 heures.

    Concertation très rapprochée avec la famille

    Le déroulé de la cérémonie, en concertation très rapprochée avec la famille, n’est pas encore arrêté. Les proches de Samuel Paty ont été reçus lundi matin par le chef de l’État à l’Élysée.

    À cette heure, les arbitrages concernant les prises de parole éventuelles n’ont pas été rendus. Si prises de parole il y a, elles devraient se tenir avant celle d’Emmanuel Macron qui en tant que président de la République parle en dernier.

    Ceux-ci sont traditionnellement invités aux cérémonies civiles et militaires selon un décret datant de 1989, à l’instar, outre le président de la République, des membres du gouvernement et présidents des chambres parlementaires et anciens chefs de l’État. François Hollande a confirmé lundi à BFMTV qu’il serait présent.

    Le Conseil français du culture musulman (CFCM) a par ailleurs confirmé sa présence.

    Restrictions liées au contexte sanitaire

    Cet hommage national se veut populaire, mais s’inscrit dans le cadre d’un contexte sanitaire compliqué, et il devrait donc il y avoir une jauge afin de limiter le nombre de personnes présentes: elle se situe entre 300 et 500 invités du fait de la dimension des lieux. Deux écrans géants seront disposés devant la Sorbonne afin que le public puisse suivre la cérémonie à distance.

    La cérémonie devrait être solennelle et courte et prendre fin à 20h30, notamment en raison du fait que le couvre-feu auquel est soumis Paris et sa région commence à 21 heures.

    Concertation très rapprochée avec la famille

    Le déroulé de la cérémonie, en concertation très rapprochée avec la famille, n’est pas encore arrêté. Les proches de Samuel Paty ont été reçus lundi matin par le chef de l’État à l’Élysée.

    À cette heure, les arbitrages concernant les prises de parole éventuelles n’ont pas été rendus. Si prises de parole il y a, elles devraient se tenir avant celle d’Emmanuel Macron qui en tant que président de la République parle en dernier.

    Il sera notamment question lors de cette cérémonie de laïcité et de liberté d’expression, en écho aux paroles prononcées par Emmanuel Macron au soir de l’attentat à Conflans-Sainte-Honorine, qui avait évoqué un enseignant assassiné « parce qu’il enseignait, parce qu’il a prôné à des élèves la liberté d’expression, la liberté de croire et de ne pas croire ».

    Le chef de l’Etat adressera quant à lui un message de soutien au corps enseignant. Si le contenu exact du discours est encore en cours de discussion, il apparaît qu’Emmanuel Macron exhortera les professeurs à ne pas avoir peur et à ne pas s’auto-censurer.

  • Covid-19 : l’Argentine dépasse le million de cas

    Covid-19 : l’Argentine dépasse le million de cas

    Avec seulement 45 millions d’habitants, l’Argentine a franchi le million de cas de Covid-19. Une crise sanitaire doublée d’une grave crise économique.

    Regardez le podcast vidéo de notre partenaire TV5 MONDE

  • La guerre de la Covid-19 ne fait que commencer

    La guerre de la Covid-19 ne fait que commencer

    Les pays européens sont confrontés à une deuxième vague. Le président Emmanuel Macron a décidé d’instituer un couvre-feu au sein des principales métropoles françaises et a indiqué que les Français devraient vivre avec le virus au moins jusqu’à l’été 2021. 

    La guerre contre la covid-19 comportera donc plusieurs batailles. Tous les pays espèrent que les scientifiques trouveront rapidement un traitement ou un vaccin. Pour le moment, en raison d’une communication contradictoire et approximative, le doute s’insinue dans les esprits au point de ne plus croire les informations délivrées par les pouvoirs publics. Les annonces sur la commercialisation imminente d’un vaccin que ce soit en Russie, en Chine voire aux États-Unis laissent perplexe. 

    Dans le passé, la mise au point de médicaments a toujours nécessité du temps. Ainsi, entre la découverte de la pénicilline, en 1928, par le scientifique écossais, Alexander Fleming, et son utilisation comme antibiotique par Ernst Boris Chain et Howard Walter Florey, une dizaine d’années furent nécessaire. Ce n’est qu’à partir des années 1940 que la pénicilline a été utilisée un peu partout pour soigner diverses infections bactériennes graves, telles que la pneumonie. Les trois savants sont reçus le Prix Nobel de médecine en 1945. Pasteur dut lui-même faire plusieurs expérimentations et convaincre la communauté scientifique avant d’imposer son vaccin antirabique.

    200 vaccins candidats 

    Par rapport à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, les moyens techniques et financiers sont sans comparaison afin de combattre une maladie qui à fin septembre avait touché plus de 30 millions de personnes et en avait tué plus d’un million. Mi-octobre, 200 vaccins candidats sont en effet à l’étude. Si certains ont été abandonnés, d’autres sont en phase trois, c’est-à-dire en expérimentation sur des femmes et des hommes. Les procédures d’expérimentation et de validation des vaccins sont complexes. Ils doivent être efficaces et bien supportés avec peu d’effets secondaires.

    Sur le premier point, les premiers retours sont variables avec des taux d’efficacité variant de 30 à 60 %. Les pouvoirs publics devront décider s’ils utilisent ou pas un vaccin à faible efficacité sachant qu’un autre pouvant avoir un meilleur rendement est susceptible de sortir quelques semaines après. Sur les effets secondaires, le silence est pour l’instant de rigueur.

    La qualification d’un vaccin ne signifie pas la fin du problème. Il faudra alors engager la production, la commercialisation et la vaccination. Ce schéma n’est pas simple. Il suffit pour s’en convaincre d’apprécier les difficultés générées par l’actuelle vaccination contre la grippe. De nombreuses officines de pharmacie seraient déjà en rupture de stocks. Pour la vaccination, il faudra également s’approvisionner en quantités tout aussi grandes en dispositifs d’inoculation, seringues ou aérosols nasals, par exemple, ce qui ne sera pas une mince affaire, eu égard aux récentes pénuries de masques lors de la première vague de l’épidémie. Il faudra former du personnel et régler d’importants problèmes logistiques, en particulier au sein des pays en développement.

    Indispensable et incertaine coopération internationale 

    Plusieurs États ont décidé de souscrire des contrats de préférences nationaux pour la vaccination de leur population. Cette pratique pourrait aller à l’encontre des intérêts de santé publique. Ainsi, si au moment de la mise en place des vaccins, certains pays sont plus frappés par l’épidémie, pourront-ils avoir accès à un stock plus important même s’ils ne sont pas prioritaires pour le laboratoire. 

    Un minimum de coopération internationale apparaît nécessaire. Elle le sera d’autant plus pour gérer le coût de la vaccination en particulier pour les pays pauvres. Il faudrait au moins parvenir à un accord sur la gestion des droits de propriété intellectuelle. Au niveau de la recherche, la concurrence a été de mise. Les entreprises dont certaines se sont regroupées mènent de front leurs recherches. Les instances internationales comme l’OMS tentent de réguler mais en vain. 

    Le monde de la santé apparaît éclaté, les États-Unis, ayant décidé de ne pas occuper le rôle de gendarme du monde. Il n’y pas une alliance des pays libres face au covid. En cas de découverte d’un vaccin fiable, le débat sur les droits, sur le prix devrait être au cœur du débat public. Les laboratoires pharmaceutiques souhaiteront être rémunérés à la hauteur de leurs investissements quand les pouvoirs publics mettront en avant les concepts d’intérêt général et de santé publique.

  • Boris Johnson ne semblent pas inquiéter l’UE

    Boris Johnson ne semblent pas inquiéter l’UE

    Le Royaume-Uni s’apprête à torpiller les négociations avec l’UE au sujet de l’accord commercial, le Premier ministre Boris Johnson ayant déclaré ce 16 octobre que le bloc avait « abandonné l’idée de conclure un accord de libre-échange ».

    Si l’UE n’ « opère pas de changement fondamental dans son approche », les échanges entre Bruxelles et Londres seront régis selon les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), a indiqué Boris Johnson, ajoutant que le pays devait se préparer à un Brexit dur.

    Brexit dur comme seule issue

    Dans son communiqué, publié à la suite de discussions tenues jeudi (15 octobre) avec les dirigeants européens concernant les négociations post-Brexit, le Premier ministre britannique a accusé l’UE d’avoir « refusé de négocier pendant une grande partie des derniers mois ».

    « Étant donné que ce sommet semble explicitement exclure un accord à la canadienne, j’ai conclu que nous devrions nous préparer pour le 1er janvier avec des arrangements ressemblant davantage à ceux australiens, basés sur les principes simples du libre-échange mondial »

    « L’UE veut pouvoir continuer à contrôler notre liberté législative, nos pêcheries, et ce, d’une manière totalement inacceptable pour un pays indépendant »

    Boris Johnson

    Le Royaume-Uni s’est officiellement retiré du bloc en janvier 2020 et la phase de transition post-Brexit, durant laquelle le pays reste intégré au marché unique européen, se termine à la fin de cette l’année.

    Fortement touchée par la pandémie du nouveau coronavirus, l’économie britannique devrait chuter de 10 % en 2020, avant de connaître un rebond de 7,6 % en 2021. Plus tôt cette semaine, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a averti Londres qu’une sortie « désordonnée » de l’UE à la fin de la période transitoire « aurait de graves répercussions sur les activités commerciales et le marché du travail ».

    L’UE veut un accord mais pas à tous prix

    Néanmoins, les dirigeants européens ne paraissaient pas étonnés des envolées lyriques de Boris Johnson, et les négociations devraient continuer la semaine prochaine.

    En réponse au communiqué du Premier ministre, la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’« UE [continuait] à œuvrer pour conclure un accord, mais pas à n’importe quel prix ».

    « Notre équipe de négociateurs se rendra à Londres la semaine prochaine pour stimuler ces pourparlers »

    Ursula von der Leyen

    Des propos qui semblent résumer l’opinion générale des leaders européens lors du sommet, appelant le Royaume-Uni aux compromis afin de conclure un accord.

    Michel Barnier conforté

    Dans leur communiqué, les 27 de l’UE ont demandé à leur négociateur en chef, Michel Barnier, de « maintenir les négociations au cours des prochaines semaines », tout en s’inquiétant que « les progrès accomplis sur les principaux points d’intérêts de l’UE n’étaient toujours pas suffisants pour ferrer un accord ».

    Parallèlement, ceux-ci ont souligné qu’ils s’alignaient bien sur l’approche de M. Barnier, le président français Emmanuel Macron notant que « les pêcheurs ne sauraient être les sacrifiés du Brexit ».

    Les quotas de pêche, et particulièrement l’accès des navires européens aux eaux britanniques, demeurent un point de discorde, tandis que les discussions semblent fructueuses sur l’aide publique et l’égalité des chances.

    Les représentants du Royaume-Uni ont exprimé leur mécontentement face à la lenteur des progrès effectués ces dernières semaines et à la faible probabilité d’un accord commercial, qui ne serait guère plus qu’un simple pacte sans droits de douane ni quotas sur le commerce de marchandises.

    Boris Johnson déplore « qu’après 45 ans d’appartenance à l’UE, celle-ci ne souhaite pas nous donner l’accord que nous demandons et qu’elle a accordé au Canada [le CETA] ».

    Un article de notre partenaire

  • Associations, besoin d’un financement ? Retirez le dossier STAFE

    Associations, besoin d’un financement ? Retirez le dossier STAFE

    Rappelons que le STAFE remplace la fameuse réserve parlementaire, supprimée en 2017 dans le cadre de la moralisation de la vie publique. Cependant, ce mécanisme permettait à chaque parlementaire (12 sénateurs et 11 députés pour les Français de l’étranger) d’attribuer librement en tout plus de 3 millions d’Euros aux structures françaises diverses à travers le monde.

    Le STAFE 2020 phagocyté par la pandémie

    En mars 2018, Jean-Baptiste Lemoyne (Secrétaire d’Etat en charge des Français hors de France) a donc créé le dispositif de Soutien au Tissu Associatif des Français à l’Etranger. Ce « STAFE » était doté d’un budget de 2 millions (soit 1/3 de moins que la réserve), et depuis est en constante chute. Sauf en cette année 2020, où il fut carrément annulé au profit du Fonds de Solidarité. Certains diront que ce fût une mauvaise décision. En effet, ce fonds a été sous-utilisé, certains élus se mobilisent comme ceux d’Amérique du sud. Les Conseillers consulaires et responsables politiques locaux ont écrits au Secrétaire d’Etat pour lui demander de reporter ces fonds sur le budget 2021.

    Une campagne 2021 avancée

    Depuis 2018, les dossiers devaient être remis au printemps pour une délibération au cours de l’été et une mise en chantier pendant l’automne. Avec l’annulation de la campagne 2020, l’administration a donc décidé de caler le planning du dispositif au calendrier civil.

    C’est donc avant le 6 novembre qu’il faudra que les dirigeants d’associations déposent leurs dossiers. Attention, les documents sont à retirer avant le 30 octobre auprès du consulat de son lieu de résidence. Les fonds seront alloués normalement dès le début de l’année.

    Une subvention pour qui ? pour quoi faire ?

    Toutes les associations locales, portant des projets de nature caritative, culturelle, éducative ou socio-économique contribuant au rayonnement de la France et au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones, peuvent concourir. Les associations de droit français (Loi 1901) peuvent également présenter des projets, si celles-ci ou leur représentation locale n’exercent aucune activité en France et si le consulat peut en attester.
    L’association doit avoir plus d’une année d’existence pour pouvoir présenter un projet.

    Pour obtenir une subvention, il faut donc être sélectionné au niveau de son consulat par les élus puis par le comité à Paris qui va retenir les projets au niveau mondial. Pour participer, les projets des associations ne doivent pas être la seule source de financement du projet. Le maximum est fixé à 50% d’un budget compris entre 10 000 et 20 000 euros. De manière exceptionnelle, ce taux est plafonné à 80% pour les petites associations dont le budget global n’excède pas 10 000 euros et qui sollicitent une subvention inférieure à 2 000 € au titre du projet.

    Le projet soumis doit être de nature caritative, culturelle, éducative ou socio-économique et contribuer au rayonnement de la France et au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones, en complément des programmes existants d’aide aux Français gérés par nos ambassades et consulats. Les actions directes vers les Français de l’Etranger, aux effets concrets, seront donc privilégiées.

  • Trump a perdu les élections américaines

    Trump a perdu les élections américaines

    Tout comme il a perdu celles de 2016

    Les pronostics

    En 2016, le célèbre site FiveThirtyEight (ce nombre représente la somme des grands électeurs) pronostiquait une large victoire d’Hillary Clinton avec une probabilité de 88,7 %. Donald Trump quant à lui n’avait que 11.3 % de chances de remporter, d’ailleurs lui-même n’y croyait pas vraiment. Une certaine arrogance côté démocrate, la complaisance de l’électorat, une ingérence étrangère savamment ciblée ont eu raison des sondeurs. 

    À quelques jours de l’élection américaine, nous voilà devant des données semblables, mais dans un contexte politique bien différent. Si le site FiveThirtyEight prévoit 87 scénarios sur 100 en faveur du candidat Joe Biden, l’équipe de Nate Silver propose désormais un grand nombre de modèles analytics, des infographies originales et une série de données exhaustives. Selon eux, Trump a 4% de chances d’obtenir la majorité aux urnes, ce qu’il n’avait pas réussi à faire en 2016, soit dit en passant. 

    Il n’y a pas d’élection présidentielle 

    De fait, aux États-Unis, les élections sont gérées localement. Chaque État, et dans certains cas, chaque comté gère sa propre élection. Ainsi, un citoyen de l’Alabama ne peut voter qu’en inscrivant son choix à la main sur un bulletin imprimé. En revanche, un  électeur du New Jersey pourra voter à l’avance par courrier postal, en personne avec un bulletin de vote sur lequel il inscrira son choix, une machine à voter électronique. Avec une telle pléthore de standards, force est de constater que l’élection n’est en fait que la tenue simultanée d’un peu plus de trois mille élections sur six fuseaux horaires. 

    Précisons que les électeurs ne votent pas que pour la présidentielle. En fonction du comté, certains voteront aussi pour un représentant au Congrès, un sénateur, un sénateur d’État, un membre de l’assemblée de l’État, un gouverneur … 

    L’élection ne se joue que dans quelques États

    Conséquence du collège électoral, le résultat dans un État comme le Wyoming, l’Oklahoma, la Californie ou le Maryland est quasiment écrit d’avance tant ces États sont connus pour leur penchant électoral fort. L’élection en revanche, se décidera dans des États comme la Pennsylvanie, la Floride, l’Arizona, le Nevada, la Caroline du Nord et la Géorgie où les sondages sont plus serrés qu’ailleurs. 

    Une carte électorale des scrutins électoraux américains précédents est révélatrice de courants très profonds dans l’opinion américaine : la Nouvelle-Angleterre et la Californie n’ont pas été dans le camp Républicain depuis trente-deux ans, c’est-à-dire l’élection de Georges H.W. Bush. Autre particularité électorale : la grande majorité des anciens États confédérés ont toujours voté Républicain depuis Nixon, sauf quand le candidat démocrate en était originaire : Jimmy Carter en 1976 et William Clinton en 1992 et 1996. Lors d’élections précédentes, deux candidats ont obtenu 49 sur 50 États : Reagan en 1984, Nixon en 1972. Aucun des deux candidats actuels n’est en position pour remporter un tel succès électoral. 

    Quels autres candidats? 

    On pourrait s’imaginer qu’aucun autre prétendant n’est en lice pour ces élections tant les deux partis principaux dominent le paysage électoral. En réalité, le fameux Parti libertarien a sa candidate en la personne de Jo Jorgensen, le Parti vert quant à lui est représenté par Howie Hawkins. Les candidats de ces deux partis ne totalisent pas plus de 3 % des sondés, de nombreux électeurs démocrates et indépendants ayant été échaudés par l’effet Ralph Nader, souvent désigné principal coupable de la défaite de Gore en 2000, ne se tournent plus vers les petits partis.  

    La chute 

    Face à une déroute quasi certaine, la garde rapprochée de la campagne Trump commence déjà à laisser fuiter les immenses frustrations internes. Les anciens conseillers du président sont tout aussi virulents à son encontre et le laissent savoir par des petites phrases assassines. Ne faisant qu’à sa tête, Donald Trump est le seul et unique directeur de sa propre campagne. Ses saillies sont de plus en plus virulentes : il menace désormais de faire emprisonner la famille Biden, un refrain qui n’est pas sans rappeler son « lock her up » – « mettez-la en taule » contre Hillary Clinton en 2016. N’écoutant que ses intuitions, refusant tout conseil, son propre parti commence déjà à prendre ses distances. 

    L’opposition républicaine

    Si les sénateurs républicains et le membres du Congrès du parti présidentiels ont semblé être maraboutés depuis trois ans et demi par le président Trump, la campagne publicitaire la plus offensive à l’encontre du présent actuel est le fait d’un groupe de dissidents dénommés The Lincoln Project. Ces anciens cadres politiques du parti de droite n’ont absolument rien ménagé lors de la réalisation de leurs vidéos qui constituent de véritables bijoux de propagande. Très largement diffusés sur les médias sociaux, ce groupe a appelé à voter Biden dès avril dernier pour barrer la route à Donald Trump. 

    Exemple de vidéo des dissidents du Parti Républicain

    Le sénat 

    2020 verra-t-il la fin de la relation saprophyte entre Mitch McConnell et Donald Trump ? Mitch McConnell, le chef de file des Républicains au Sénat, a été la caution politique de Trump, profitant de ce statut pour faire avancer son propre agenda ultra conservateur. Face à la déroute annoncée, Mitch McConnell a pris conscience que cette déroute pourrait aussi être la sienne, il se vante désormais de n’avoir pas été à la Maison-Blanche « depuis des semaines ». 

    Les démocrates pourraient remporter la Chambre, la présidentielle et le Sénat : c’est à dire le Grand Chelem. 

    Même le milliardaire Robert Murdoch, propriétaire du New York Post et de Fox News, ne croit plus à une victoire de Trump, c’est dire ! 

    Marc-Albert Cormier

    Marc-Albert est né à St Pierre et Miquelon, expatrié au Canada, il est élu Conseiller des Français de l’Etranger à Toronto

    Les sources

    Pronostics électoraux

    FiveThirtyEight : https://fivethirtyeight.com/

    The Economist : https://projects.economist.com/us-2020-forecast/president

    270toWin : https://www.270towin.com

    Combien d’américains ont déjà voté ? 

    Plus de 28 millions ont déjà voté en date du 19 octobre 2020. 

    2020 General Election Early Vote Statistics

    https://electproject.github.io/Early-Vote-2020G/index.html