Mais qui paiera ?

Mais qui paiera ?

Qui paiera les déficits qui s’accumulent depuis six mois, en réalité depuis 40 ans : les banques centrales, l’État, les entreprises, les riches, ou les simples épargnants ? 

A moins que ce soit tout bonnement l’ensemble des citoyens. 

Le financement monétaire est une facilité temporaire aux effets multiples qui aboutit à des transferts de richesses entre les nations et entre les citoyens. A terme, une dépréciation monétaire, une inflation des biens courants ou durables est probable. En parallèle à l’augmentation de l’offre de monnaie, l’État a desserré sans limite sa bourse. Or, l’oublierait-on, l’État est financé par la communauté des contribuables.

L’ensemble des citoyens 

A travers la TVA, le principal impôt pour l’État, la CSG et les cotisations sociales, tous les ménages sont mis à contribution pour financer les dépenses publiques qui absorbent plus de la moitié de la création de richesses du pays. Les riches, c’est bien connu, pourront payer comme autrefois les aristocrates ou les 200 familles. Les Français surestiment la capacité des dits riches à pouvoir éponger les déficits. Ils confondent bien souvent le capital et ses revenus. 

Avec un taux de prélèvements record, 45 % du PIB, la France s’est dotée d’un système unique de protection sociale financé par les classes moyennes et les catégories sociales supérieures. A défaut de taxer les particuliers, les entreprises supposées riches peuvent payer. Elles offrent l’avantage de ne pas voter aux élections.

Les entreprises répercutent les impôts 

Quand les impôts des entreprises augmentent, ces dernières peuvent l’imputer sur le prix de vente si les conditions de marché le permettent, sur les salaires ou sur la rémunération des actionnaires. Ainsi, dans les faits, les charges supportées par celles-ci sont automatiquement retransmises aux salariés, aux actionnaires ou aux consommateurs. La distinction entre cotisations sociales salariales et patronales est une fiction. Elles sont simplement et uniquement liées à la rémunération des salariés. 

L’augmentation des prix des produits dans un monde concurrentiel est de plus en plus difficile comme le souligne la modicité de l’inflation. L’autre voie est évidemment la réduction de la rémunération des actionnaires. La taxation des entreprises répondrait alors à une certaine morale, redistribuer une partie des bénéfices supposées indues réalisées par les entreprises. 

Certains estiment que les prélèvements devraient contribuer à rétablir un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux salariés. Depuis les années 1980, ce partage aurait été réalisé au détriment des salariés et au profit des actionnaires. Ce constat vaut pour certains pays anglosaxons mais ne concerne pas la France ou l’Italie.

Salariés et actionnaires 

L’augmentation des bénéfices, ces dernières années, a concerné certains secteurs d’activité dont les entreprises sont bien souvent en situation d’oligopoles. Les bénéfices élevés peuvent être également liés à des nécessités d’augmentation des fonds propres pour des raisons réglementaires. Ils peuvent être, par ailleurs, imputables à la nécessité de fidéliser des actionnaires tentés de délaisser des entreprises peu porteuses en termes d’image. 

La taxation des contribuables, des citoyens arrivera sous une forme ou une autre, brutale ou étalée sur la durée. La seule échappatoire est l’augmentation des gains de productivité associés au travail générant un surcroît de richesses, surcroit qui permettra d’effacer en partie quarante années de dérives dépensières. 

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