Alors que le Président turc Erdogan a pris la tête de la campagne pour le boycott des produits français (liée aux caricatures), les pays européens ne sont pas les seuls à se montrer solidaires de la France. En Arabie saoudite, en Egypte et aux Emirats, une contre campagne s’organise.
Le Conseil des Oulémas du royaume saoudien a publié un communiqué pour constater que « diffamer les prophètes et les messagers ne leur fera jamais de mal, mais ne servira que les extrémistes qui veulent répandre des appels à la haine parmi les communautés ». Une position modérée quand on se rappelle les termes de la condamnation du Danemark.
Modération en Arabie
Elle rejoint celle exprimée par le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al Issa, ancien ministre de la justice saoudien, qui a déclaré à la chaine de télévision Al Arabiya : « les caricatures sont juste des bulles sans valeur ». « La place de la religion ne sera pas affectée par la folie et les guerres menées contre elle par la satire ignorante » a ajouté ce proche du Prince Ben Salman.
Mohamed Al Issa expliquait, après l’assassinat du Professeur Paty: «Des musulmans -ou ceux qui prétendent l’être- ont donné une mauvaise image de notre religion par leur extrémisme, leur fanatisme ou la violence du terrorisme. Ils ne sont en rien des représentants de l’islam et si nous leur trouvions des excuses, nous serions comme eux».
En septembre 2019, à Paris il avait déclaré : «Tous les musulmans d’Europe doivent respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays dans lesquels ils vivent. Ils ne doivent pas accepter l’importation de fatwas et d’idées étrangères».
Ne pas jeter d’huile sur le feu
Aux Emirats arabes unis, le conseiller du Prince Mohamed Ben Zayed, Abdelkhalek Abdellah, n’a pas hésité à accuser les Frères musulmans et la Turquie d’être derrière la campagne contre l’économie française.
En Egypte, des chaines de télévision rappellent l’importance des entreprises et des investissements français et ont repris l’intervention d’Al Issa.
Cette modération s’explique d’une part par la volonté de ne pas jeter de l’huile sur le feu, mais aussi par la volonté de faire barrage à la Turquie. Egypte, Arabie, Emirats, sont en lutte avec l’alliance formée par les Frères musulmans sunnites, la Turquie et l’Iran.
Ambigüité marocaine
La position du Maroc est ambiguë. Le gouvernement marocain est proche de la Confrérie, mais proche aussi de la France. Le Royaume a évité de s’en prendre directement au Président français et à la France mais a condamné « vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’Islam et au prophète » dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Le Royaume du Maroc dénonce ces actes qui reflètent l’immaturité de leurs auteurs (…) La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane ».
Maisle gouvernement marocain rappelle sa « condamnation de toutes les violences obscurantistes et barbares prétendument perpétrées au nom de l’Islam ». Il appelle enfin à « cesser d’attiser le ressentiment et à faire preuve de discernement et de respect de l’altérité ». Rien, en tout cas, qui légitime un boycott des produits français ou de la France.
Fragilités turques
Quant à la Turquie, elle peut craindre un boycott en retour de la part de l’Union Européenne, car, normalement, toute mesure prise contre un des membres de l’Union entraine la réaction de l’ensemble de l’Union. L’économie turque ne supporterait pas des sanctions européennes. La Livre turque continue de s’effondrer. L’économie turque est au bord du gouffre, ce qui explique d’ailleurs la tentative d’Erdogan d’utiliser la religion pour rassembler autour de lui et trouver des boucs émissaires.
La Quai d’Orsay a lui aussi publié un communiqué dénonçant les appels au boycott qui « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine».
À la suite d’une réunion avec les ministres européens à la Concurrence, le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier s’est prononcé en faveur de l’ouverture des frontières à travers le navire européen. Un article d’Euractiv Allemagne.
La fermeture des frontières n’était pas la bonne réaction à adopter face au nombre grandissant des cas d’infections par le nouveau coronavirus, a déclaré Peter Altmaier lors d’une réunion informelle des ministres européens à la Concurrence qui s’est tenue vendredi 23 octobre et dont il était le président. Des propos appuyés par le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, selon qui une nouvelle fermeture des frontières ne devrait avoir lieu « sous aucun prétexte », car le marché intérieur de l’UE ne peut pas être démembré.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement allemand met en garde contre la fermeture des frontières. La chancelière allemande Angela Merkel a d’ailleurs admis que la fermeture des frontières allemandes plus tôt dans l’année en réaction à la pandémie était « un réflexe national » et « surtout déraisonnable ».
Toutefois, la Bavière n’exclut pas de réinstaurer des contrôles à ses frontières, comme l’a annoncé le ministre bavarois de l’Intérieur Joachim Herrmann (CSU) la semaine dernière. « Les discussions sur les contrôles aux frontières pourraient reprendre si la situation échappe à tout contrôle dans les pays voisins », avait-il indiqué dans un entretien avec Funke Mediengruppe.
Tandis que le taux d’infection augmente fortement dans toute l’Europe, la situation devient également particulièrement préoccupante dans le Land allemand. La circonscription de Berchtesgaden a d’ailleurs imposé un confinement de deux semaines à ses 105 000 habitants, ordonnant la fermeture des commerces, restaurants et écoles. Le ministre de la Santé Jens Spahn (CDU) a salué les mesures prises, tout en admettant, lors d’un entretien avec ZDF, que les prochaines semaines seraient difficiles pour la population.
Exclusion en demi-teinte ?
En outre, lors de la réunion, les ministres se sont accordés sur l’importance de la souveraineté technologique du bloc, notamment dans le cadre du développement de la 5G. « Nous disposons de bons fournisseurs, nous sommes bien préparés », a souligné M. Breton. Parallèlement, celui-ci a déclaré ne pas vouloir exclure les prestataires de pays tiers d’emblée, avançant que « nous accueillons tout le monde, mais ils doivent connaître nos règles », également en matière de sécurité.
Le commissaire européen fait ici référence aux débats actuels concernant les fournisseurs de 5G chinois, en particulier Huawei. Plusieurs acteurs européens craignent que le matériel de ces firmes soit utilisé par Pékin à des fins d’espionnage ou de sabotage.
Les discussions à cet effet sont toujours en cours en Allemagne : Berlin joue les funambules. Tandis qu’Angela Merkel ne veut exclure personne – contrairement à Boris Johnson -, les sociaux-démocrates partenaires de la coalition au pouvoir appellent à la mise en place de mesures de sécurité strictes.
Les constats préliminaires de ces entretiens devraient aboutir sur une réforme de la loi concernant la sécurité informatique, selon laquelle les fournisseurs 5G seront non seulement soumis à un examen d’ordre technique, mais également d’ordre politique. En cas de risque d’ingérence de la part du prestataire, le gouvernement peut décider de l’exclure. Le projet devrait bientôt être débattu par le cabinet ministériel, reste à voir si et quel ministère opposerait son veto. Par ailleurs, il incombe aux autres États membres d’emboîter le pas, ou non.
Nouveaux projets communs
L’année prochaine, la Commission européenne devrait également présenter une nouvelle stratégie industrielle afin de garantir la concurrence du bloc à l’avenir. De plus, Peter Altmaier souhaite renforcer les projets importants d’intérêt européen commun – des projets soutenus financièrement par les 27 afin de faire avancer la recherche dans le domaine des sciences et du développement.
Dernièrement, le ministre allemand de l’Économie a notamment utilisé cet instrument dans le cadre du projet « Gaia-X », visant à mettre en place une infrastructure de « cloud » à l’échelle européenne. La France y avait d’ailleurs largement pris part. Désormais, M. Altmaier entend utiliser les projets susmentionnés afin de stimuler la production d’énergie à partir de l’hydrogène. À l’issue de la réunion, cette initiative a été saluée par Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’ère numérique.
« Voir la bêtise élevée aux plus hautes situations »[1] disait l’Ecclésiaste. Nous n’en sommes pas loin.
Ainsi, sur une chaîne de télévision, un journaliste populaire, Eric Zemmour, pousse à la fin de sa diatribe : « L’humanisme tue ». Si l’humanisme tue, qu’est ce qui sauve : l’inhumain ? A l’autre extrême du spectre politico médiatique, Mediapart explique qu’une « justice policière expéditive », en abattant le terroriste, a fait preuve de « barbarie »[2]. La Barbarie ne serait-elle pas de laisser les terroristes couper des têtes ?
De la bêtise à la défaite
Après l’odieux massacre du professeur Paty, les uns voudraient montrer des caricatures de Mahomet dans toutes les classes, les autres suspendre les Droits de l’homme, qui gêneraient notre combat. Les premiers oublient que le respect des enfants suppose de ne pas chercher à les heurter, les autres que parmi les «valeurs» de la France, les Droits de l’homme occupent cette place de choix qui fait son honneur, sa grandeur, son unité aussi. S’en affranchir à chaque fois qu’une horreur se produit revient à donner victoire à ceux qui la haïssent.
Un franc-tireur, Dupont-Moretti, qui se demande parfois ce qui l’a amené au ministère de la justice, a le bon sens de rappeler :
« Ce qui distingue la civilisation de la barbarie, c’est l’Etat de droit […]. S’en affranchir, sous le coup de l’émotion, signifierait que les terroristes ont gagné ».
Dupont-Moretti – Garde des sceaux
La facilité avec laquelle la colère engendre la haine est banale et stupéfiante. Ici comme dans les pays musulmans.
Respect de l’autre, primauté de la raison
Notre civilisation se distingue de celles par cette conjugaison de primauté de la raison et du respect d’autrui. Le respect de l’autre s’affirme par les règles de droit, l’affirmation de la personne, de sa dignité, de sa liberté. La primauté de la raison rayonne par la confiance en la science, l’étude, la valorisation des connaissances, l’esprit critique. Conjuguer les deux est un exercice permanent, délicat, difficile, qui fait honneur à ceux qui l’exercent, et à ceux qui le transmettent, en première ligne : les enseignants.
Les enseignants à l’étranger en première ligne
Et ceux qui l’enseignent à l’étranger sont dans une situation plus difficile et plus délicate que les autres. (C’est pourquoi le gouvernement devrait écouter les multiples alertes sur la ruine qui menace notre réseau d’enseignement à l’étranger).
Aujourd’hui, dans beaucoup de pays musulmans, suite aux propos du Président de la République, les produits français sont boycottés. Beaucoup de Français ont peur.
Les enseignants expliqueront que si la liberté d’expression est la loi fondamentale, elle n’autorise pas l’insulte. L’injure est condamnable (in-juria signifie ce qui n’est pas dans le droit). « Ne pas renoncer aux caricatures », comme l’a dit Emmanuel Macron, ne veut pas dire que l’on en fait la promotion. Dire « je suis Charlie » ne signifie pas qu’on apprécie Charlie-hebdo. On peut même détester tel journal ou tel journaliste et défendre son droit à exister. La liberté d’expression suppose de laisser s’exprimer ce que l’on désapprouve.
De même, la laïcité n’est pas une lutte contre les religions. Elle installe un principe de neutralité, affirme la suprématie des règles de droit par rapport aux règles religieuses : c’est vrai pour le mariage, l’avortement, l’héritage, l’égalité entre les hommes et les femmes… elle différencie la censure et le blasphème.
Il n’y a pas d’affrontement entre la France et le monde musulman
La laïcité respecte toutes les convictions religieuses. Ce serait une tragédie stupide que de souhaiter l’affrontement de la République et de l’Islam, de la France et du monde arabe. Ce serait la victoire du terrorisme.
Et cela n’aura pas lieu.
Qu’un Erdogan profite de cet état de crise pour insulter la France et se rêver en leader des islamistes révèle sa cause, son objectif et sa faiblesse. Il déteste la laïcité parce que la Turquie moderne a été bâtie sur elle. Les laïcs turcs sont ses adversaires. Les Frères musulmans agitent le monde arabe, mais la majorité du monde arabe ne veut ni des Frères, encore moins de la Turquie. Les déclarations des dirigeants de la ligue arabe de l’Egypte, d’Arabie saoudite, de Tunisie, après l’assassinat de Samuel Paty, le montrent clairement.
Aujourd’hui la vindicte place les Français en première ligne, du Maroc à l’Indonésie. Les provocations, les conflits et les haines alimentent les extrémistes. La France gagnera avec ses armes : la confiance, celle qu’inspire l’humanisme, la liberté, l’ouverture d’esprit, la culture, une modernité qui apaise, renforce, enrichit.
La tâche de ceux qui enseignent à l’étranger est donc d’autant plus belle qu’elle est devenue de plus en plus difficile.
Enseigner l’humanisme
Beaucoup ont cité l’émouvante lettre d’Albert Camus remerciant son instituteur quand il reçut le prix Nobel. Il faut aussi rappeler la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry[3], qui a créé l’enseignement républicain pour « assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves ».
Ferry reste un bon guide: « Parlez (…) avec la plus grande réserve dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge ». « Ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. » Ce sont ces principes là qui abaisseront le fanatisme, l’injure et la bêtise.
Laurent Dominati
Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris.
[1] « Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, Comme une méprise échappée au souverain : La sottise élevée aux plus hautes situations. » Qohelet, X, 5
[2]« Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie c’est encourager la spirale mortifère des violences policières. », Mediapart,
[3] Lettre du 17 novembre 1883 adressée aux instituteurs par M. Jules Ferry sur l’application de la loi du 28 mars 1882.
L’épidémie de Covid-19 a fait plus d’1,1 million de morts dans le monde et environ 40 millions de personnes ont été officiellement contaminées, selon l’OMS.
Les États-Unis déplorent 221 000 victimes du coronavirus. Suivent le Brésil avec 155 000 morts, l’Inde (115 000), le Mexique (86 000), et le Royaume-Uni (44 000). Le Pérou et la Belgique sont les deux pays les plus touchés au monde pour le nombre de morts en proportion de leur population.
Lesfrancais.press fait le tour du monde à travers plus de 30 pays sur les mesures en place contre la Covid-19. Alors que l’Asie retrouve une vie normale, comme l’Océanie, l’Europe et l’Amérique du Nord s’enfoncent dans une deuxième vague qui s’annonce meurtrière.
Pour les expatriés, le retour a une situation normale s’éloigne toujours un peu plus.
En Europe, la seconde vague s’abat avec force sur le continent
Carte des cas en Union Européenne mise à jour le 25 octobre 2020
Royaume-Uni
Les rassemblements de plus de six personnes sont interdits sur l’ensemble du territoire. Les mesures sont encore plus restrictives dans le nord-est de l’Angleterre puisque sont désormais interdites les rencontres entre personnes de différents foyers. Dans la région de Liverpool, le Premier ministre a conclu un accord pour fermer les bars et pubs face à la hausse du nombre de nouvelles contaminations.
Autre annonce ? La mise en place d’un test de dépistage une heure avant de prendre l’avion, destiné aux voyageurs quittant le Royaume-Uni depuis l’aéroport londonien d’Heathrow. Objectif ? Favoriser la reprise des liaisons aériennes internationales.
Irlande
Un reconfinement a été décrété dans tout le pays. Il est entré en vigueur le 21 octobre au soir pour une durée de six semaines. Aussi, tous les commerces non essentiels devront fermer. Quant aux bars et aux restaurants, ils seront uniquement autorisés à servir de la nourriture à emporter. En revanche, les écoles resteront ouvertes. Enfin, les Irlandais pourront sortir de chez eux pour faire du sport, mais dans un rayon de cinq kilomètres autour de leur lieu de résidence.
Italie
De nouvelles mesures restrictives ont aussi été prises, comme l’interdiction, pour les 30 prochains jours, des fêtes privées. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, va encore plus loin en recommandant très fortement de ne pas organiser de dîner de plus de 6 personnes à domicile. Concernant les cérémonies de baptêmes, de mariages ainsi que les enterrements, le gouvernement a limité le nombre d’invités à 30.
Autres annonces conséquentes ? La fermeture des bars et des restaurants à 18h, mais aussi l’interdiction de se rassembler en groupe debout devant les bars et restaurants, les parcs ou dans les rues. Par ailleurs, les cinémas, les théâtres, les salles de sport et les piscines vont fermer leurs portes jusqu’au 24 novembre prochain.
Face à la hausse des nouvelles contaminations dans le pays (plus de 5 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour), le gouvernement italien a également décidé de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 janvier 2021. Des couvre-feux sont désormais en vigueur à Naples, dans le Latium (la région de Rome) et en Lombardie (la région de Milan).
Pays-Bas
La situation se complique également. Le 13 octobre, le gouvernement néerlandais a annoncé un reconfinement partiel du pays. Concrètement, depuis le 14 octobre au soir, les restaurants et cafés sont fermés pour une durée de deux semaines minimum. Concernant les magasins de détail, ils doivent baisser le rideau à 20h. La vente d’alcool et de drogues douces est interdite entre 20h et 7h du matin.
Espagne
le Premier ministre Pedro Sanchez a annoncé dimanche 25 octobre l’instauration d’un état d’urgence sanitaire jusqu’au début du mois de mai, qui s’accompagne d’un couvre-feu dans tout le pays, à l’exception des îles Canaries. Le couvre-feu sera en place de 23h à 6h du matin, avec la possibilité pour les régions d’avancer ou de retarder localement d’une heure son début.
Belgique
Le gouvernement fédéral a imposé un cadre commun aux 3 régions soit un couvre-feu de 23h à 05h du matin ainsi que la fermeture des bars et restaurants. En Wallonie et à Bruxelles, face à l’urgence de la situation, le couvre-feu est en vigueur dès 22h et jusqu’à 6h. Les salles de sport y sont aussi fermées et le télétravail y est obligatoire. Les visites dans les commerces dans les deux régions sont limitées à 2 personnes et même 1 personne dans la région capitale. Les vacances ont été prolongées dans les 3 régions d’une semaine.
Portugal
Afin de limiter les nouvelles contaminations au Coronavirus, le gouvernement a pris de nouvelles mesures depuis le 15 septembre dernier, comme l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes et la fermeture des commerces entre 20h et 23h. Autre mesure ? La généralisation à l’ensemble du pays de l’interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans les supermarchés et les stations-services. Le pays a décidé de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 14 octobre.
Grèce
les deux principales villes du pays, Athènes et Thessalonique, sont désormais soumises, depuis le 24 octobre, à un couvre-feu nocturne, et le masque y est obligatoire à l’intérieur comme à l’extérieur.
Allemagne
Certains s’inquiètent de la situation sanitaire dans la Bavière. Ainsi, à Munich, le port du masque est désormais obligatoire dans une partie du centre-ville. Autre mesure ? Limiter, dans tout le pays, le nombre de participants à des fêtes dans l’espace public et privé. Concernant les réunions privées, il est « urgemment conseillé » de ne pas dépasser 25 personnes, a expliqué Angela Merkel lors d’une conférence de presse. En revanche, lorsque le plafond atteint 50 cas sur 100 000 habitants, alors le nombre de participants devra passer sous la barre des 25 dans l’espace public, et si possible à 10 à la maison.
Islande
Ce pays, pourtant isolé, aaussi décidé de durcir les mesures sanitaires face à la hausse importante des nouvelles contaminations au Covid-19 dans le pays. Depuis le 5 octobre, les salles de sport, bars et discothèques sont ainsi fermés. Autre annonce ? L’interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes pour « deux à trois semaines ».
République tchèque
Le gouvernement a pris la décision de fermer, depuis le 14 octobre, les restaurants et bars dans tout le pays. Est également annoncée l’interdiction de la consommation d’alcool dans les lieux publics, et un confinement partiel jusqu’au 3 novembre.
Pologne
Face à la hausse des contaminations, l’ensemble du territoire est passé samedi 24 octobre en « zone rouge », entrainant des restrictions : télé-travail encouragé, écoles primaires partiellement fermées, piscines et clubs de sport fermés. Les rassemblements sont, quant à eux, limités à 5 personnes ; les restaurants, cafés et bars ne peuvent servir que de la nourriture à emporter ; les mariages sont interdits, et le nombre de clients ou d’usagers est désormais restreint dans les commerces, les transports et les églises.
Slovénie
Il a été mis en place un couvre-feu depuis le 20 octobre jusqu’au 1er novembre prochain.
Asie, les pays résistent au confinement et maitrisent la propagation
TOKYO, JAPAN
Japon
Depuis le 1er octobre, Tokyo a assoupli les mesures qui empêchaient les visiteurs étrangers d’entrer sur le territoire japonais. Une bonne nouvelle pour les entreprises, même si les séjours dans le pays restent soumis à des conditions strictes. Il existe encore quelques districts sous mesures spécifiques.
Taïwan
On aurait initialement pu croire Taïwan voué au pire face à l’émergence du nouveau coronavirus chez le voisin chinois, son premier partenaire commercial. Mais trois mois plus tard, le bilan de l’île s’établit à 376 cas confirmés et cinq décès. Ses restaurants, bars, écoles, commerces et bureaux sont toujours ouverts. Cet Etat dont le vice-président est épidémiologiste a pris des mesures décisives au tout début de la crise pour en éviter à sa population d’autres, bien plus douloureuses, quelques semaines plus tard.
D’emblée, les autorités ont contrôlé les arrivées, multiplié les tests et enquêté sur les personnes entrées en contact avec les malades. Très tôt, l’île a pris la décision lourde d’interdire l’entrée des voyageurs de Chine, alors même que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déconseillait de telles mesures. L’ironie est d’ailleurs que Taïwan, l’un des meilleurs élèves au monde dans la lutte contre le Covid-19, n’est pas membre de l’OMS, en raison des pressions chinoises.
Corée du Sud
Si la Corée du Sud est exemplaire également, c’est parce qu’elle a su «aplatir» la courbe des nouveaux cas. C’est fin février que l’épidémie a explosé dans la ville de Daegu, à partir d’un foyer au sein d’une organisation considérée par certains comme une secte. Au pire de la crise, 909 nouvelles infections furent enregistrées en une seule journée. Le total dépasse aujourd’hui les 10.000 cas, et 192 personnes ont succombé à la maladie.
Dans tout le pays, la vie suit un cours à peu près normal. Les consignes de distanciation sociale sont largement suivies, sans résulter d’un ordre du gouvernement.
Hongkong et Singapour
Les deux territoires sont désormais aux prises avec une deuxième vague due aux nombreux retours d’Europe et des Etats-Unis. Ces deux mégalopoles avaient été promptes à contrôler étroitement les arrivées de Chine et à réaliser des investigations poussées sur les personnes ayant été en contact avec les malades. Et les deux villes ont évité les mesures de confinement généralisé décidé ailleurs dans le monde.
Mais la hausse des cas ces dernières semaines a poussé Hongkong (935 cas et quatre décès) et Singapour (1375 cas et six décès) a durcir leur politique. Singapour vient d’annoncer la fermeture de ses écoles et lieux de travail, et placé près de 20.000 travailleurs migrants en quarantaine.
A Hongkong, depuis fin janvier les écoles sont fermées et la plupart des fonctionnaires travaillent de chez eux. Les habitants ne sont pas tenus de rester confinés, mais le gouvernement vient de fermer bars, karaokés ou encore salles de mahjong. Il est interdit de se réunir en public à plus de quatre.
Thailande
Les autorités thaïlandaises imposent aux étrangers voyageant vers la Thaïlande de présenter un test Covid-19 négatif avant l’embarquement. Les mesures liées à la Covid-19 entrainent de nombreux mouvements de foules. La population reproche au gouvernement d’avoir profité de la pandémie pour instaurer une surveillance massive de la population.
Vietnam
Le Vietnam a rapidement pris des mesures de lutte contre le coronavirus. Actuellement, 1 094 cas de contaminations y ont été recensés ainsi que 35 décès (au 30 septembre 2020). Bien que le Vietnam compte également des décès liés à la COVID-19, il reste l’un des pays qui ont su le mieux maîtriser l’épidémie de coronavirus. Les mesures prises par le gouvernement visent non seulement à stopper l’épidémie actuelle à l’intérieur des frontières du Vietnam, mais aussi à empêcher l’entrée des personnes infectées sur le territoire.
De manière générale et jusqu’à nouvel ordre, aucun étranger ne peut se rendre au Vietnam. Cette mesure s’applique également aux voyageurs qui ont reçu un visa du service de l’Immigration indiquant qu’ils sont autorisés à entrer dans le pays. Les personnes de nationalité vietnamienne sont, quant à elles, toujours admises. Des exceptions peuvent également être faites pour les personnes qui souhaitent entrer dans le pays pour fournir une assistance médicale ou toute autre assistance spécialisée.
Chine
Les Chinois ne craignent plus le coronavirus. Il ne circule quasiment plus dans le pays. Avec seulement une dizaine de contaminations officiellement répertoriées par jour sur l’ensemble du territoire lors des derniers mois, a Chine dit en avoir terminé avec le virus. Et la vie y a repris « normalement », expriment les Chinois: on fait la fête, on part en vacances, on ne porte plus le masque partout.
Pour arriver à ce résultat, les autorités chinoises n’ont pas lésiné sur les moyens et ont instauré des mesures draconiennes. Les nouvelles contaminations au Covid étant souvent détectées chez des voyageurs ayant séjourné à l’étranger, toute personne qui entre sur le territoire chinois est placée en quarantaine directement, dans un hôtel désigné par le gouvernement. Le tout aux frais du voyageur, explique l’homme d’affaires flamand Dirk Van Laer au Laatste Nieuws: « Personne n’y échappe. Quiconque arrive à l’aéroport est pris en charge et emmené à l’hôtel. La nourriture est déposée devant la porte de la chambre et, via une application, la personne doit signaler sa température une fois par jour ».
Inde
En Inde, le deuxième pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, 100.842 décès ont été enregistrés, selon le ministère de la Santé, ce qui la fait figurer à la troisième place pour le nombre des morts derrière les Etats-Unis et le Brésil.
Et, avec ses 6,47 millions de personnes contaminées, elle devrait dans les prochaines semaines dépasser les Etats-Unis (plus de 7,3 millions de cas).
Toutefois, le fait qu’il y ait quatre fois plus d’Indiens que d’Américains, mais que les Etats-Unis aient recensé deux fois plus de morts (208.731) que l’Inde, suscite des doutes sur l’exactitude des chiffres indiens. »Nous ne savons pas quelle est la fiabilité des taux de mortalité en Inde », a déclaré à l’AFP le virologue T. Jacob John. Le million de tests par jour annoncé reste, en pourcentage de la population, cinq fois moins élevé qu’aux Etats-Unis, selon le site internet de statistiques mondiales Worldometer.
L’accès est au territoire est limité et les provinces ont mis en place des confinements localisés.
Océanie, une pandémie maîtrisée grâce à l’isolement
Distance physique à Melbourne
Australie
Les 5 millions d’habitants de Melbourne étaient soumis depuis plus de 100 jours à des restrictions drastiques, destinées à lutter contre une vague incontrôlée de cas de Covid-19.
Les autorités australiennes ont annoncé dimanche un assouplissement des mesures de restriction en vigueur à Melbourne, la deuxième plus grande ville du pays, après une baisse régulière du nombre des nouvelles contaminations. Le gouvernement a notamment levé la mesure qui limitait à deux heures le temps que pouvaient passer les gens hors de leur domicile afin de se livrer à des activités autorisées.
Les autorités ont également étendu à 25 kilomètres la distance pouvant être parcouru pour pratiquer des exercices physiques, acheter des produits de première nécessité et exercer les professions jugées essentielles à la société.
Nouvelle-Zelande
La Nouvelle-Zélande – cinq millions d’habitants – a enregistré 25 décès dus au coronavirus et la stratégie du gouvernement a été saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La première vague de coronavirus avait vraisemblablement été complètement endiguée fin mai à la faveur d’un strict confinement national. Et l’archipel a enregistré dans la foulée une remarquable série de 102 jours sans contamination locale.
Mais un nouveau foyer épidémique a été découvert en août dans la plus grande ville du pays, ce qui a poussé les autorités à ordonner un nouveau confinement à Auckland, un million et demi d’habitant, qui a duré trois semaines, jusque début septembre. Aucune mesure n’est actuellement en cours sauf l’interdiction de voyage à destination de l’île.
Amérique du Nord, déjà au coeur d’une troisième vague
Centre de dépistage aux Etats Unis d’Amérique
USA
Alors que la France fait face à une seconde vague, les États-Unis ont bien du mal à lutter contre l’épidémie. Ils comptent 88 973 nouveaux cas en 24 heures, selon les données de l’université Johns Hopkin, et le virus a fait 224 751 morts. Les hôpitaux n’ont plus de places pour accueillir les nouveaux malades et 90% des lits en soins intensifs dans le Wisconsin sont occupés par des patients atteints du Covid-19, explique L’Express. L’épidémiologiste Eleanor Murray parle donc d’une « third wave » (troisième vague) avec des taux de contaminations « beaucoup plus haut » que les précédents, rapporte le média.
L’accès au territoire américain est strictement controlé. Les voyages sont limités aux impératifs et sous condition de test négatif.
Canada
Chaque province et territoire a adopté un système d’alerte de couleurs, de niveaux ou de paliers pour indiquer l’état de la pandémie et les mesures sanitaires qui y sont associées. Des mesures ont été prises jusqu’au 28 octobre et devraient être prolongées.
Trois régions du Québec, dont les villes de Montréal et Québec, sont présentement au palier rouge. Parmi les restrictions en zone rouge :
Interdiction aux particuliers de recevoir des convives chez eux, à la maison comme au chalet (des exceptions sont prévues pour les proches aidants)
Fermeture des bars, restaurants (à l’exception des commandes à emporter ou à livrer), des musées, des bibliothèques, des cinémas, des salles de spectacle et casinos
Télétravail fortement conseillé
Amériques du sud, progressif retour à la normale
Magasin en Argentine
Argentine
Le président Alberto Fernandez a décrété l’isolement préventif, social et obligatoire depuis le vendredi 20 mars.
Après une phase de “ flexibilisation ” qui avait été initiée dans une grande partie du pays, le vendredi 9 octobre le président a annoncé la onzième prolongation de la quarantaine qui se poursuit, actuellement, suite à une augmentation du nombre de cas dans les dernières semaines. Cette quarantaine sera appliquée dans 18 provinces du pays (sur 24 au total).
Bolivie
Le 1er octobre, le gouvernement a adopté un décret qui assouplit les mesures de confinement. La circulation des piétons est plus souple et les horaires de fonctionnement du transport public sont élargies. Cependant le pouvoir exécutif a indiqué qu’il laissait aux régions le choix d’ajuster le décret selon la situation sanitaire de la région. Les frontières et l’espace aérien restent fermés.
Brésil
Le Brésil est le seul pays de la zone dont le gouvernement n’a pas de positionnement clair. À noter qu’en plus de la crise sanitaire et économique, le Brésil doit également faire face à une crise politique liée aux agissements et déclarations de son président Jair Bolsonaro (limogeage du ministre de la santé le 16 avril, démission du ministre de la justice le 24 avril, démission du nouveau ministre de la santé le 15 mai, 1 mois après sa prise de fonction).
Le Brésil a recensé 30.914 nouveaux cas confirmés de contamination au coronavirus au cours des vingt-quatre dernières heures, a indiqué vendredi 16 octobre, Eduardo Pazuello, le ministère de la Santé. Par ailleurs, le pays a franchi le cap des 150 000 morts.
Chili
Le lundi 19 octobre, le ministère de la santé a annoncé, dans un communiqué officiel, une série de modifications concernant les mesures de prévention de la COVID-19 dans le pays. Dorénavant, toute personne souhaitant se rendre sur le territoire chilien sera exempté de quarantaine, si elle a réalisé un test PCR qui s’est révélé négatif et datant de moins de 72 heures. Les théâtres et cinémas sont de nouveaux ouverts, mais l’accueil du public est limité à 50% de leur capacité. La consommation de boissons et de nourriture est interdite.
Aujourd’hui, le Chili fait état de 493 305cas confirmés et 13 635 morts.
Colombie
e 1er octobre, le gouvernement national a entamé la deuxième phase de réactivation de l’opération internationale pour les vols commerciaux, qui comprendra le fonctionnement des aéroports suivants : l’aéroport Ernesto Cortissoz à Barranquilla, l’aéroport El Edén en Arménie, l’aéroport Palonegro à Bucaramanga et l’aéroport Matecaña à Pereira. Les aéroports de Bogota, Cali, Rio Negro et Cartagena sont réouverts depuis le 21 septembre 2020.
Les autorités colombiennes ont décidé de prolonger la fermeture des frontières terrestres et maritimes jusqu’au 1er novembre.
En raison de l’augmentation soutenue du taux d’occupation des lits de soins intensifs, qui dépasse les 80 % de disponibilité, la mairie de Rionegro (dans le département d’Antioquia) a déclaré une alerte rouge pour l’hôpital. La totalité du département pourrait passer en “alerte rouge hospitalière” dans les heures qui viennent.
Actuellement, le pays compte 959 572 cas confirmés et 28 970 morts.
Équateur
Depuis la fin de l’État d’urgence, annoncé le 13 septembre par le président Lenín Moreno, l’Equateur a levé la majorité des restrictions. Le 9 octobre, à l’occasion de la fête coloniale de la fête de l’indépendance dans la ville portuaire de Guayaquil, l’Association des municipalités de l’Équateur (AME) a suspendu les restrictions à la circulation des véhicules afin de soutenir la relance économique et touristique du pays.
La ministre du tourisme, Rosi Prado, a souligné, lors d’une conférence de presse virtuelle, l’opportunité que représente pour le secteur la suspension des mesures de restriction du trafic, tout en appelant à la « coresponsabilité » de la population.
À ce jour, le pays fait état de 153 289 cas confirmés et 12 387 morts. Toutefois, les statistiques officielles ne tiennent pas compte des personnes qui meurent sans avoir été testées (nombreuses dans le pays).
Paraguay
Le 16 octobre, le président de la République du Paraguay, Mario Abdo, a affirmé que le pays était sur la bonne voie et que les chiffres de la covid étaient “bons” en comparaison à d’autres pays de la région. Il a également incité les citoyens à ne pas baisser la garde concernant les mesures sanitaires contre le virus.
Une évaluation de la situation est prévue le 13 novembre. Le Paraguay compte 54 729 cas de personnes contaminées et 1 188 morts.
Pérou
La “quarantaine localisée” dans les provinces d’Abancay (dans la région d’Apurímac), de Huamanga (Ayacucho) et de Huánuco (Huánuco) a pris fin le 5 octobre. Il n’existe donc plus de “régime de quarantaine” dans le pays cependant une quarantaine sera maintenue les dimanches pour les régions de Cusco, Puno, Moquegua et Tacna et les trois provinces citées ci-dessus.
Les vols internationaux ont repris depuis le 5 octobre. Des vols directs entre Lima et Paris étaient programmés les 9, 16 et 23 octobre. Un autre vol devrait avoir lieu le 30 octobre.
À ce jour, le Pérou compte 33 702 morts et 865 549 cas confirmés. C’est le deuxième pays le plus touché en Amérique du Sud (après le Brésil), et ce malgré des mesures strictes prises très tôt. En termes de nombre de morts par millions d’habitant le Pérou est le premier pays au monde (devant la Belgique).
Uruguay
Le vendredi 2 octobre, le ministre de la santé uruguayen, Daniel Salinas, a annoncé que la situation sanitaire du pays était “sous contrôle”.
À ce jour, il y a eu 51 morts et 2 531 cas confirmés positifs au coronavirus dans le pays. Plus aucune mesure n’est en vigueur.
Venezuela
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré, ce dimanche 11 octobre, qu’un vaccin chinois arrivera dans le pays « dans les prochains jours » pour la phase 3 des essais, à laquelle participeront « des milliers de volontaires ».Le vaccin sera “accessible à toute la population” et “totalement gratuit” a assuré Maduro.
Le gouvernement vénézuélien et l’autorité aéronautique ont décidé de prolonger jusqu’au 12 novembre l’interdiction des vols commerciaux sur l’ensemble du territoire en raison de la pandémie.
À ce jour, le pays compte 86 636 contaminées et 731 morts. Les chiffres officiels sont cependant mis en doute par l’ONG Human Rights Watch et l’Université John Hopkins qui ont rendu un document expliquant que le président Nicolas Maduro n’était pas transparent concernant l’impact de la pandémie (tout comme la Corée du Nord et le Brésil).
Afrique, le continent épargné
Communication vers la population en Afrique francophone
De nombreux pays africains ont été félicités pour avoir mené une campagne efficace de lutte contre la propagation du coronavirus, malgré la réputation de fragilité de leurs systèmes de santé publique.
Le continent, qui compte plus d’un milliard d’habitants, a enregistré environ 1,5 million de cas, selon les données compilées par l’université John Hopkins.
Ces chiffres sont bien inférieurs à ceux de l’Europe, de l’Asie ou des Amériques, et les cas signalés continuent de diminuer.
L’Afrique a enregistré environ 37 000 décès, contre environ 580 000 dans les Amériques, 230 000 en Europe et 205 000 en Asie.
L’âge de la population dans la plupart des pays africains a probablement aussi joué un rôle dans la limitation de la propagation de Covid-19.
L’économie européenne est de plus en plus soumise à un régime de douche écossaise au gré des va et vient de l’épidémie. Après l’arrêt sur image du début de l’année, la crainte d’un monde vivant au ralenti pour de nombreux mois se fait prégnante. La nécessité de réduire la voilure, le temps nécessaire à l’épidémie de passer ou de trouver un remède ou un vaccin, s’impose progressivement dans les esprits. Entre la peur de contracter la maladie et celle de la perte de revenus, les démocraties semblent désarmées, impuissantes à juguler le virus tout en maintenant l’activité économique à un niveau acceptable.
Le pouvoir politique n’est plus maître des horloges. Devant la nécessité de s’adapter en permanence en fonction des informations communiquées quotidiennement, le temps se raccourcit. L’urgence prend le pas sur le long terme mais, les confinements, les couvre-feux, les contraintes de circulation l’allongent. Les projets d’investissement sont retardés ou reportés.
Tout décideur est contraint de faire acte de contrition
Cette crise sanitaire impromptue révèle certaines caractéristiques des pays avancés. Au fil des décennies, les démocraties ont conçu des systèmes complexes de pouvoirs et de contrepouvoirs. La conciliation des principes de liberté, d’égalité réelle, de protection des minorités et de précaution, combinée à l’affirmation de droits individuels et collectifs multiples et variés ne facilite pas la prise rapide de décisions. Celles-ci sont suspectes par nature. Tout décideur est tenu de s’auto-analyser, de faire acte de contrition ou de repentance y compris pour les erreurs qu’il n’a pas commises.
La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise sanitaire avant que celle-ci ne soit achevée symbolise cette évolution. Autrefois, la confession suffisait pour obtenir l’absolution, aujourd’hui, elle est permanente devant les chaines d’information et sur les réseaux sociaux. Le déballage psychanalytique s’accompagne d’une défiance sans précédent envers les gouvernements au sein des pays occidentaux.
La machine à consensus en panne
En Chine, pays du contrôle social et à l’origine de l’épidémie, le pouvoir bénéficie d’un soutien très large de l’opinion publique. L’Occident est malade de sa fragmentation, la machine à consensus étant tombée en panne. La juxtaposition des communautés souligne avec acuité que la somme des intérêts particuliers ne débouche pas toujours sur l’intérêt général.
Promettre un monde plus dur
Ce manque de consensus vaut à l’intérieur comme à l’extérieur. L’Europe orpheline de son allié américain, enfermé dans ses contradictions, peine à surmonter ses divisions et à prendre les rênes de la lutte contre l’épidémie. En 1918 et en 1945, les pays occidentaux étaient mus d’idéaux. Ils voulaient ne pas revivre les horreurs de la guerre. Ils aspiraient à un monde plus juste, plus harmonieux, plus libre. Face à l’épidémie de coronavirus, les gouvernements semblent promettre « du sang et des larmes » avec comme ligne d’horizon un monde plus dur, soumis au problème du réchauffement climatique et à la violence des extrémismes en tout genre.
La décadence commence souvent par la démission intellectuelle et par la soumission. Les défis qu’ils soient sanitaires, économiques ou politique supposent un esprit critique, un esprit d’innovation voire un esprit de révolte.
Le Printemps arabe est né il y a dix ans, en Tunisie. Un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, de désespoir. Sa mort avait déclenché un soulèvement populaire d’abord en Tunisie, puis dans la plupart des pays arabes. Le premier effet de cette révolte fut la chute de Ben Ali et une effervescence politique qui n’a quasiment pas cessé depuis. La Tunisie est sans doute le seul pays « arabe » où la révolution politique a été suivie d’effets démocratiques.
Pour autant, une certaine nostalgie de l’ancien régime se fait entendre, d’une part à cause d’une situation économique qui n’en finit pas d’empirer, d’autre part à cause du rejet grandissant de la principale force politique tunisienne, le parti islamiste Ennahda. Dans un premier temps, ce parti islamiste avait profité de l’effondrement du régime autoritaire. S’il n’a pas réussi à prendre le pouvoir, il a empêché ce la Tunisie d’évoluer vers une société moderne.
L’impasse économique
Depuis le printemps arabe tunisien, le revenu moyen a baissé et le chômage n’est jamais descendu en dessous de 15%. L’émigration, représente l’espérance de la moitié de la jeunesse tunisienne, notamment des plus diplômés qui ne trouvent pas de travail à la mesure de leurs capacités.
Si la Tunisie était déjà en crise économique avant le Coronavirus, celui-ci a empiré la situation. L’émigration a été stoppée. Le gouvernement a décidé du confinement du pays de mars à mai dernier. Le tourisme, qui commençait à reprendre des couleurs, s’est effondré. L’économie devrait se contracter de 6.5% et le déficit budgétaire plonger à 7% du PIB.
Rien ne permet aux Tunisiens de fêter les dix ans du déclenchement de la révolution, et rien d’ailleurs n’est prévu pour cela.
Le Président Saïed aimerait de nouvelles élections en 2020
Pourtant la démocratie fonctionne. Ennhada qui avait gagné les premières élections et qui a placé son chef historique Rachid Ghanouchi à la Présidence du Parlement, n’a pas pu prendre le contrôle du pays. Aujourd’hui le Président Kaïs Saïed, élu triomphalement sur un discours d’austérité de morale et de justice, a constitué un gouvernement de technocrates sans vraie majorité à l’Assemblée, mais sans qu’Ennadha ne cherche à le renverser, craignant que de nouvelles élections ne diminue son influence.
La démocratie fonctionne, avec des élections régulières, et a évité guerre civile et répression. C’est un cas assez rare pour être souligné. Pourtant la situation économique de la Tunisie reste désespérante. C’est pourquoi personne ne cite la Tunisie en exemple.
La visite de Le Drian
La France suit ce qui s’y passe de près. Jean Yves Le Drian s’est rendu à Tunis le 22 octobre. A cette occasion, un prêt de l’AFD de 350 millions d’euros a été confirmé. Il fait suite à l’engagement d’Emmanuel Macron lors de la réception à Paris du Président tunisien. 100 M seront disponibles dés cette année, le reste échelonné en fonction des besoins et des réformes entreprises jusqu’en 2022. Un autre prêt de 38 M a été signé pour financer l’approvisionnement en eau du grand Tunis.
Jean Yves Le Drian a aussi débloqué une aide médicale d’urgence de 500.000 € pour aider la Tunisie à faire face à l’épidémie de Coronavirus. La France serait disposée aussi à financer un hôpital à Gafsa.
Les discussions avec le Président Saïed ont porté évidemment sur la lutte contre le terrorisme, sur la prochaine rencontre du dialogue inter-libyen, au début du mois de novembre à Tunis, enfin sur le prochain sommet de la francophonie qui aura lieu à Djerba en novembre 2021.
L’appui de la France et des Européens est stratégique, non seulement pour le terrorisme, l’immigration ou la Libye, mais pour la réussite de la démocratie en Tunisie. Le printemps s’y fait toujours attendre. Si la démocratie réussit à s’implanter -déjà dix ans- et que l’économie se relève, alors la Tunisie sera un exemple pour l’Afrique et le Moyen-Orient. C’est pourquoi la France entraine avec elle la Banque Mondiale, le FMI, la coopération allemande et européenne. C’est un enjeu aussi important que l’était l’aide européenne aux ex-pays de l’est devenus des démocraties après l’implosion du bloc soviétique. Une Tunisie démocratique et florissante changerait la donne en Méditerranée.
« Chaque jour compte », a déclaré Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, tandis que les discussions en face à face reprennent avec son homologue britannique, David Frost.
Londres a accepté de reprendre les discussions à la suite de la déclaration prononcée par Michel Barnier aux députés européens mercredi (21 octobre) selon laquelle « des compromis de la part des deux parties » étaient nécessaires pour conclure les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE.
Retrouver le chemin du dialogue
S’adressant aux journalistes, M. Barnier a indiqué qu’« il était très important de se retrouver de nouveau autour de la table des négociations », car les deux parties à l’accord partagent une « responsabilité commune immense ».
Plus tôt cette semaine, le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a également reconnu que la date butoir se rapprochait à vitesse grand V.
Les négociations se dérouleront au Royaume-Uni jusque dimanche (25 octobre), avant de reprendre à Bruxelles et Londres, et ce en présentiel.
« Les pourparlers se poursuivront simultanément autour de toutes les tables de négociations »
10 Downing Street.
Malgré la percée et la reprise des discussions, organisées désormais sur la base de textes juridiques, il ne reste que quelques semaines aux deux parties pour parvenir à un accord et pour que celui-ci soit ratifié d’ici à la fin de l’année, dernière limite. En cas d’échec, les relations commerciales UE-GB tomberont sous l’égide de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).
Le sommet européen de la semaine dernière avait longtemps été perçu comme la date butoir pour la conclusion de l’accord. Toutefois, à présent, les représentants concernés semblent l’avoir reportée à mi-novembre, ce qui donnerait aux 27 États membres et au Parlement européen assez de temps pour finaliser la procédure de ratification.
« Nous avons expliqué à maintes reprises que tout accord devait être trouvé avant la fin de la période transitoire », a rappelé le porte-parole de Boris Johnson, ajoutant qu’« il incombait au bloc de définir la durée nécessaire pour la ratification ».
le porte-parole de Boris Johnson
Boris Jonhson prépare le no-deal
Entre-temps, le gouvernement Johnson a dévoilé un train de mesures jeudi (22 octobre) en cas de « no-deal » à la fin de la période de transition dans le but de minimiser l’imbroglio possible à la frontière britannique.
D’ailleurs, des lois visant à mettre en œuvre l’Opération Brock – un plan de gestion de trafic à Kent – ont été présentées lors de la campagne « time is running out » (le temps presse), lancée plus tôt cette semaine afin d’encourager le secteur commercial à « agir maintenant » pour que des changements soient garantis d’ici à la fin de l’année.
Avec ces nouvelles règles les poids lourds empruntant les routes commerciales de la Manche devront obtenir un permis d’accès électronique spécifique à Kent : une stratégie pour faire face aux perturbations et retards occasionnés aux ports de la région.
Insulter notre président, c’est insulter la France
La Conférence des Imams de France condamne fermement les propos injurieux du Président turc Erdogan, envers la France et notre Président de la République Emmanuel Macron.
Les Français musulmans n’ont jamais mandaté le président turc pour qu’il s’exprime en leurs noms La majorité des Français musulmans sont patriotes.
Ils pratiquent leur religion librement et en toute dignité dans leur pays qui est la France. La France est un pays démocratique et laïc qui protège les droits fondamentaux de tous ses citoyens sans aucune distinction religieuse, de race ou d’ethnie.
Les propos du Président turc sont inadmissibles, ils visent à nuire à l’unité nationale ainsi qu’à la place des musulmans en France. La Conférence des Imams de France appelle de son côté, le Président turc à reconnaître les droits des minorités au sein de son propre pays et de s’abstenir de donner des leçons de démocratie à la terre entière. Il devrait d’ailleurs s’inspirer de l’expérience française très riche et exemplaire dans le domaine des droits de l’homme et de la reconnaissance des droits des minorités religieuses et ethniques vivant sur notre sol.
Le Président Emmanuel Macron n’est pas l’ennemi de l’Islam.
La majorité des Français musulmans ont voté pour lui lors des dernières élections présidentielles et il reste très populaire au sein des français musulmans. Les Français musulmans souhaitent que le Président turc cesse d’intervenir sur le sujet de la place de l’islam en France et dans le monde et du traitement réservé à cette foi que partagent certains français en toute liberté. Nous sommes tout à fait conscients que l’instrumentalisation de l’Islam et des musulmans français de la part d’Erdogan est une vielle ficelle politique dont il est coutumier. Sa situation politique dans son pays est fragilisée et pour régler ses problèmes intérieurs, il se cherche des ennemis et le sujet délicat, fédérateur et majeur du monde musulman, est le traitement qui est réservé aux communautés musulmanes dans les pays non-musulmans dont la France fait partie.
Les citoyens Français musulmans ne sont pas dupes de ses manœuvres et ne se laisseront pas influencer par ce dictateur d’opérette.
Dr Hocine Drouiche
Dr Hocine Drouiche – Vice president de la Conference des Imams de France.
Les prises de position de certains médias et gouvernements du Proche-Orient contre la France se multiplient. L’émoi suscité par les propos du président Emmanuel Macron au sujet des caricatures du Prophète Mahomet ne faiblit pas.
« Nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous continuerons ce combat pour la liberté et pour la raison […] »
Emmanuel Macron, Président de la République
S’ajoute la sortie de Gérard Darmanin sur les produits Halal lors de l’émission sur BFM. Elle a été interprétée comme une attaque directe contre le mode de vie des musulmans.
« Ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir qu’il y avait un rayon de telle cuisine communautaire et de telle autre à côté […] C’est comme ça que ça commence le communautarisme »
Gérald Darmanin, Ministre de l’intérieur
La Turquie à la manœuvre
En conséquence, sur les réseaux sociaux, les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis vendredi, à travers des hashtags en arabe. Certains pays, comme le Qatar, ont même décidé de retirer les produits français de leurs magasins.
La Turquie, l’Iran, la Jordanie ou encore le Koweït ont dénoncé la publication des caricatures du Prophète. Erdogan, le chef d’Etat turc est à la manoeuvre.
« Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est: allez d’abord faire des examens de santé mentale »
Recep Tayyip Erdogan, Président de la république turque
La France a réagi immédiatement par le rappel de l’Ambassadeur de France à Ankara. C’est la première fois de la longue histoire des relations diplomatiques franco-turques qui se sont ouvertes sous François Ier. L’acte, dit l’entourage d’Emmanuel Macron, se veut “un signal très fort”.
Ces tensions s’ajoutent au conflit en Méditerranée pour le pétrole découvert au large de la Grèce, et aux renvois de centaines de professeurs turcs dans leurs pays pour soupçon d’embrigadement islamiste, en classe, des jeunes Français.
Un boycott relayé et suivi
Sous l’impulsion, donc des Turcs, c’est petit à petit tout le Proche-orient qui s’embrase contre la France. Al-jazeera, mais aussi ses web-tv à destination des jeunes, relayent ces appels aux quatre coins du monde musulman.
Au Qatar, comme dit plus haut, les chaînes de distribution Al-Meera et Souq al-Baladi ont annoncé qu’elles « retireraient » les produits français des magasins jusqu’à nouvel ordre. Dans l’un des magasins d’Al-Meera, un correspondant de l’AFP a vu des employés retirer des étagères des confitures de la marque St. Dalfour. l’Université du pays a annoncé vendredi sur Twitter le report de la semaine culturelle française à la suite de « l’atteinte délibérée à l’islam et ses symboles ».
Au Koweit, une soixantaine de sociétés coopératives, qui sont de grands distributeurs dans l’émirat, ont annoncé un boycott des produits français, a précisé à l’AFP le vice-président de la Fédération des coopératives, Khaled al-Otaibi. « Nous avons retiré tous les produits français, à savoir les fromages, crèmes et cosmétiques des rayons et les avons restitués aux agents agréés de ces marques au Koweït », a-t-il expliqué. Tandis que quelque 430 agences de voyages ont par ailleurs suspendu les réservations de vols vers la France, a indiqué à l’AFP le chef de la Fédération des agences de voyages koweïtiennes, Mohammad al-Motairi.
— Adil Charkaoui-عادل الشرقاوي (@Adil_Charkaoui) October 23, 2020
Le mouvement s’étend
Au delà de la Turquie et des pays du Golf, le mouvement prend de l’ampleur. Des milliers d’internautes ont réagi, depuis le Maroc, l’Algérie, la Tunisie en retweetant des séquences qui demandent à répondre aux attaques lancées contre les symboles religieux de l’islam en France.
L’Organisation de coopération islamique, qui réunit les pays musulmans, a déploré « les propos de certains responsables français […] susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes ». A Tel-Aviv, cette déclaration a été suivie d’une manifestation réunissant 200 personnes Arabes israéliens devant l’Ambassade de France.
Y-a-t-il un risque pour les Français dans ces pays ?
Mountassir Hamada, du centre marocain des études et recherches sur le Maghreb (CMEM), indique dans l’Hespress (site marocain) que les campagnes de boycott « s’inscrivent dans un cadre de réaction émotionnelle, naturellement suscitée dans des situations pareilles». Pour lui, ce mouvement devrait s’estompé au fil des semaines. Mais en Algérie, les journaux reviennent sur une France qui en déclarant la guerre à l’islamisme politique sur son territoire s’en prendrait finalement au Prophète de l’Islam et à donc à la religion dans sa globalité. Les vidéos virales qui circulent dans les différents pays sont extrêmement virulentes contre la France et les Français.
Une publication partagée par TRT عربي (@trtarabi) le
L’amalgame que dénoncent tous ces pays, ne risque-t-il pas aussi de s’appliquer à nos compatriotes ? C’est la question qui se murmure dans tous les postes diplomatiques. Mais aussi dans les communautés françaises installées dans les pays à forte proportion de musulmans. Pour l’instant, elles se murent dans le silence.
Comme les autorités consulaires qui font profil bas de peur de rajouter de l’huile sur le feu. Aucune consigne n’a été donnée lorsque nous publions ces lignes, le dimanche 25 octobre à 07h45 (UTC). Les élus consulaires restent, eux aussi, silencieux sur leurs réseaux sociaux. L’inquiétude est de voir les pays basculer de la chasse aux produits français à la stigmatisation de nos compatriotes sur place, avec les risques pour la sécurité que cela entrainerait.
L’autre risque c’est l’embrasement des banlieues françaises. Hier soir, dans un quartier périphérique d’Annecy, le couvre-feu a été accueilli par des tirs de mortier et des chants coraniques. Il est donc important que les campagnes à l’internationale soient endiguées.
Et les expatriés peuvent être un relais pour expliquer la laïcité et transmettre un message de paix. Car si la France est attachée à la laïcité, elle est aussi attachée à la liberté de culte, elle n’est l’ennemie d’aucune religion et ne le sera jamais tant qu’elle sera, justement, laïque.
Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, a plaidé pour trouver une solution « d’ici la fin de l’année » afin d’imposer aux plate-formes numériques de retirer rapidement les contenus terroristes en ligne.
Ce sujet sera porté par Jean Castex qui se rend ce vendredi 23 octobre à Bruxelles pour rencontrer pour la première fois la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à qui il présentera également le plan de relance français.
Euractiv: Après la décapitation d’un enseignant en banlieue parisienne, le sujet de la haine en ligne et de la diffusion des contenus terroristes est revenu sur le devant de la scène. Or, l’UE semble peiner à réguler les plate-formes numériques. Que peut porter la France ?
Clément Beaune : « Deux choses. A court terme, il y a un règlement européen qui est sur la table, qui est bon car il permet de demander en cas d’attaque terroriste le retrait des contenus dans un délai d’une heure. Mais cela est bloqué entre le Parlement européen et les Etats membres, avec des questions légitimes sur la liberté d’expression, sur les moyens donnés aux plate-formes. Mais lutter contre le terrorisme en ligne, c’est la meilleure arme pour préserver la liberté d’expression. Donc, on appelle à se remobiliser pour débloquer le sujet, sachant que cela fait déjà deux ans que ce règlement a été proposé. Il faudrait que d’ici la fin de l’année, on ait trouvé un accord.
Et il y a une proposition que fera la Commission début décembre, sur la question de la régulation du monde numérique en général, mais qui doit aussi comporter un renforcement des règles de lutte contre les contenus terroristes ou violents. Aujourd’hui les plate-formes ne sont pas responsables de leurs contenus et c’est quelque chose qu’il faut changer. »
Euractiv: Quarante milliards d’euros sur les 100 du plan de relance français doivent être apportés par l’Union européenne. Où en est-on du processus pour que ces fonds soient débloqués, alors que les discussions achoppent avec le Parlement européen sur le budget et le plan de relance européen?
Clément Beaune: « On a été le premier pays à dévoiler notre plan de relance. Chaque pays pouvait envoyer à partir du 15 octobre son plan à la Commission pour le présenter et on voulait marquer cet engagement rapide par cette rencontre entre le Premier ministre et la présidente de la Commission.
On essaye d’avoir un accord avec le Parlement européen. Ça met quelques semaines, un peu plus que ce qu’on aurait aimé. J’espère que dans les 2-3 semaines qui viennent, on pourra avoir un accord qui permettra d’avoir un budget pour 2021-2027 et un plan de relance en place début 2021. C’est un objectif atteignable.
Ensuite, il y aura une coordination de ces plans de relance lors d’une discussion qui aura lieu tout début 2021 entre la Commission et les Etats membres. »
Euractiv: Il existe aussi des désaccords au sein des Etats membres, certains voulant conditionner les aides versées au respect de l’état de droit, ce que la Pologne et la Hongrie refusent. A force de débats, y a-t-il un risque que ces fonds n’arrivent pas ou trop tard ?
Clément Beaune: « J’espère que l’on trouvera un compromis d’ensemble d’ici la mi-novembre. On est engagé avec les Allemands là-dessus et c’est notre objectif pour ne pas ralentir l’ensemble du budget et le plan de relance au niveau européen. Il y a un intérêt commun de démontrer l’efficacité de l’Union européenne. On a été très rapide pour trouver un accord en juillet entre Etats membres, il ne faut pas perdre cet élan. Puis beaucoup de pays qui ont des débats ou qui bloquent ont un intérêt majeur à avoir des fonds rapidement. Il y a un épisode de tension normal car on est dans une négociation, il y a des montants jamais vus. Que tout cela mette quelques semaines à atterrir n’est pas une aberration démocratique et politique. »