La Cour de discipline budgétaire et financière a remis, le jeudi 19 novembre 2020, son arrêt suite une action directe de l’instance contre l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE).
Une mauvaise gestion des appels d’offres ?
Dans cette décision, la Cour condamne deux anciennes directrices de l’AEFE pour des irrégularités relatives à la mise en œuvre des règles du code des marchés publics, commises à l’occasion d’achats de fournitures et prestations de services et de la reconduction de deux marchés informatiques.
Les deux personnalités concernées sont deux diplomates nommées à la tête de l’Agence de 2008 à 2013 et de 2013 à 2016. Les deux furent, pourtant, récompensées pour leur service en obtenant des postes prestigieux alors que la Cour des Comptes alertait publiquement sur la mauvaise gestion effective de l’AEFE sous ces mandats.
Mauvaise gestion ou simple erreur ?
A leur décharge, la gestion d’une institution comme l’AEFE, présente sur 5 continents avec plus de 500 établissements, n’est pas une sinécure. On leur reproche d’avoir « saucissonné » les marchés afin de faciliter leur attribution. Comme toujours, sous un certain seuil, les démarches sont simplifiées. L’administration de l’enseignement à l’étranger a pu ainsi se passer d’appels d’offres sur les marchés incriminés.
Pour les condamnées, comme elles l’indiquent dans leurs mémoires de défense, elles ne sont pas responsables. Ce sont leurs subalternes, qui détenaient une délégation de signature, qui se seraient trompés.
Un peu facile, diront certains et c’est le cas de Pierre Ciric, ancien Président de l’association des parents d’élèves du Lycée français de New-York et avocat dans la grosse pomme.
20 ans de combats pour le respect de l’Etat de droit par l’AEFE
L’avocat est en effet à l’origine de 20 actions contre l’Agence en 19 ans. Au fil des années, il a soulevé de nombreux lièvres.. L’inégalité de traitement lors de l’attribution des bourses, les hausses des frais de scolarité liées à une mauvaise gestion des établissements, la gestion du parc immobilier, etc..
S’il n’est pas à l’initiateur de l’action de la Cour des Comptes (c’est une procédure interne à l’administration qui a conduit à ces condamnations), il agite tout de même les tribunaux. En effet, l’AEFE et les personnes concernées sont poursuivies au pénal par Pierre Ciric. Mais il n’y a pas que ces dossiers.
On vous invite à écouter le podcast audio que nous avons réalisé le vendredi 20 novembre 2020 avec Pierre Ciric. Nous revenons sur l’ensemble des actions menées et on décortique l’avenir juridique de l’AEFE.
Crise juridique mais évidemnent aussi sanitaire, confiance érodée entre les établissements et la direction parisienne, diminution des effectifs, les nuages s’accumulent sur l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger.
Emmanuel Macron agite la presse internationale. Après avoir donné une interview à Al Jazzeera, corrigé le Financial Times, reproché à la presse américaine de s’enfermer dans un communautarisme suspect, il a affiché son désaccord avec la ministre de la défense allemande sur l’OTAN, puis, dans « Jeune Afrique », dénoncé les manœuvres de la Turquie et de la Russie, en Afrique. Chacun en prend pour son grade, avant de conclure par un entretien de haut vol donné à « Le Grand Continent », une revue fondée par l’Ecole Normale Supérieure, pour rappeler qu’en France, on pense. Le Président aussi. (Lesfrancais.press reportent l’entretien tel qu’il a été publié sur le site de l’Elysée)
Difficile de contester les principes rappelés par Emmanuel Macron : coopération internationale, autonomie stratégique européenne, partenariat Europe Afrique, importance des valeurs, au premier rang desquelles le combat pour la liberté : Tout cela est bel et bon.
La vision française est-elle la bonne?
Et pourtant. Outre l’art de se fâcher avec tout le monde (Américains, Britanniques, Russes, Allemands, Turcs, Chinois…), la vision française donnée au monde est-elle la bonne ?
Quand Emmanuel Macron appelle propose de « Faire de l’Europe la première puissance éducative, sanitaire, digitale et verte. », il souligne les manques ou les illusions, et le doute, au delà des mots, s’installe. N’y aurait-il pas trop de mots, justement ? N’est-on pas à coté de la plaque ?
Le « nouveau capitalisme » dont parle Emmanuel Macron ferait du commerce une variable seconde, après celle du réchauffement climatique et de la lutte contre les inégalités. Ce serait le « Consensus de Paris ». Le contraire de ce que vient de faire la Chine et quinze pays d’Asie qui viennent de signer le plus grand accord de libre échange de la planète. Ils croient -sont-ils naïfs !- que la mondialisation a fait sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes, et réduit les inégalités, en rattrapant le niveau de vie occidental.
Penser l’Europe en puissance « digitale, éducative, sanitaire et verte » parait novateur, mais traduit déjà une vision dictée par l’actualité, déjà dépassée par le monde tel qu’il va.
Comme si rien ne s’était passé depuis un an.
La réponse à la crise, c’est la financiarisation de l’économie.
Quelle est la réalité ? En cette année 2020, la dette mondiale s’est accrue de 15.000 milliards de dollars. La réponse à la crise, c’est la dette : de 320% du PIB mondial elle est passée à 365%, 3.6 fois la richesse mondiale : 277.000 milliards de dollars. La financiarisation est la politique choisie par les Etats.
Inutile de disserter sur la « financiarisation » de l’économie quand la moitié des dépenses publiques en France est financée par la dette. On peut toujours rêver de l’annuler, cela s’appellerait une banqueroute et présenterait un inconvénient hors de prix : on ne pourrait plus emprunter.
Lutter contre les inégalités ? Les pays riches bénéficient de taux bas, notamment les Européens et les Américains. Les pays pauvres voient déjà leurs taux s’envoler et poindre la banqueroute. Il en sera de même des entreprises et des ménages. Ceux qui ont des réserves, des capitaux, un emploi stable, auront des crédits faciles, les autres… Nous ne sommes pas tous égaux devant la dette.
Le K : les uns montent, les autres chutent
La sortie de crise dessine un K : une barre monte, l’autre chute. La Chine a retrouvé son niveau d’avant crise, et entraine l’Asie. Les Gafas, américains, enregistrent des croissances insolentes. Le petit commerce meurt. En Europe, l’Allemagne et les pays du nord enregistre un déficit de croissance moitié moindre que ceux du sud. Comment renforcer l’Europe quand les écarts s’accroissent ?
La France, elle, cumule les pires indicateurs. Championne du confinement, avec 725 morts du Covid par million d’habitants, elle dépasse la Suède, (620) l’anti modèle, se rapproche de l’Italie (815), des États-Unis (782). L’Allemagne est à 137. Le budget du système de santé français, centré sur l’hôpital public, est un des plus élevé au monde. Modèle sanitaire, dites-vous ?
L’économie est à l’image de la santé. Pour 2020, avec une baisse du PIB de 11%, la France est très loin de la Chine : +1,8%, des États-Unis : -4,3%, de la Suède -4,3%, de l’Allemagne -5.8%.
La Ministre de l’écologie annonce des coupures d’électricité cet hiver, tandis que des centrales au charbon rouvrent pour compenser la fermeture de Fessenheim. La France sauve ses industries automobiles et aéronautiques à coups de milliards. Sont-elles l’avenir de la croissance verte et de l’économie digitale ?
Peut-on prétendre faire partager sa vision au monde avec ces feuilles de route ?
Déjà, la Commission européenne s’inquiète des mesures prises par la France. Ce qui signifie que l’Allemagne commence à s’inquiéter des finances françaises. Pologne et Hongrie refusent de lier budget et état de droit. Et l’on tordra le nez aux Américains, Chinois, Indiens, Russes et Brésiliens pour imposer des contraintes « vertes et solidaires » ? Simples prétextes pour refuser un monde qui va trop vite pour la vieille Europe, pensent-ils avec raison.
Maintenir la solidarité avec un décrochage économique
La question de fond est de savoir comment nous pourrons maintenir un tel cadre de solidarité et financer une transition écologique avec un tel décrochage économique.
« Le monde d’après », rêvé lors du premier confinement, devait être plus égalitaire, plus sain, plus zen. Le deuxième confinement le montre plus conflictuel, nationaliste, âpre, compétitif, autoritaire.
Les pays d’Asie qui ont signé l’accord de libre échange représentent plus de 2 milliards d’individus, veulent sortir de la pauvreté et s’en donnent les moyens. Ils produisaient en 1950 25% du Pib mondial, en 2050 ce sera 60%. Nombre d’entre eux sont des pays « illibéraux », qui mettent en avant un système autoritaire, antidémocratique, indifférent au droit tel qu’on le conçoit. En 2000, la part des pays démocratiques dans le Pib mondial était de 86%. En 2050, si rien ne change, ce sera 60% (selon Blomberg Freedom House).
Absurdistan
Tel se dessine le vrai monde. Le Président a raison sur ce point : une lutte s’engage à nouveau entre ceux qui placent la liberté comme principe premier et les autres, qui relativisent les valeurs démocratiques.
Est-ce alors le moment de vanter notre modèle ? Aujourd’hui, dans un pays confiné, arrêté par décret, que le Zeit décrit comme l’Absurdistan, c’est plutôt un exercice hors sol, qui fait sourire les Chinois et leurs admirateurs.
Le Président serait plus écouté si la France était enviée par ses réussites, Ce qui supposerait remettre en cause notre fonctionnement : institutions, ministères, tribunaux, écoles, hôpitaux, administration, police, perceptions, sans parler d’un corpus normatif que nul n’envie. Changer tout cela serait la première réponse, urgente, à la crise.
Avant de se faire plaisir en projetant un monde sain, propre, cultivé, juste, commençons par cultiver notre jardin. L’idée nouvelle serait de s’inspirer des recettes des autres. L’interview du Président est brillante: par ce qu’il dit, et, hélas, par ce qu’il ne dit pas. Le monde d’après est là. Il y a urgence.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
Editeur de lesfrancais.press.
Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris.
Contestations, tentatives de fuite… L’aéroport de Pudong, le plus grand de Shanghai, a connu dimanche des scènes dignes d’un film catastrophe. Après la découverte de 6 cas positifs au Covid-19 depuis vendredi parmi les employés du fret aérien, les autorités ont en effet décidé de bloquer les milliers de personnes travaillant sur le site, manutentionnaires et autres employés, pour les tester, provoquant un mouvement de panique chez les personnes présentes, certaines tentant de briser le cordon sécuritaire.
Panique sur l’aéroport
Plusieurs personnes ont essayé de fuir l’enceinte de l’aéroport par toutes les issues, craignant pour certaines que cela dure une bonne partie de la nuit. D’autres avaient probablement peur de devoir être placées en quarantaine. Pendant ce temps, les vols à destination de Shanghai ont été en grande partie annulés. À 23 heures, 277 vols l’avaient été, selon les chiffres compilés par l’application de suivi des données de la compagnie aérienne VariFlight.
Ce lundi matin, la situation est revenue à la normale alors que les opérations de dépistage se poursuivent parmi les employés. Des prélèvements avaient déjà été effectués sur plus de 17.700 personnes, a indiqué l’agence de presse officielle Chine nouvelle, laquelle a précisé que sur les 11.500 résultats obtenus jusqu’à présent, tous sont négatifs.
4634 décès en Chine
Officiellement la Chine Continentale, d’où est partie la pandémie, recense seulement 86442 contaminations et 4634 décès liés au nouveau coronavirus.
Selon le cabinet d’audit KPMG, le PIB du Royaume-Uni ne croîtrait que de 4,4 % en 2021 en cas de sortie de l’Union sans accord. Sans le Brexit, la croissance aurait dû atteindre 10,1 % d’après les prévisions. Un article d’Euractiv Italie.
La dernière semaine de négociations sur le Brexit touche à sa fin. Vendredi 20 novembre, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, fera son rapport aux dirigeants des 27 États membres et leur dira si les progrès espérés au cours des dernières semaines se sont concrétisés.
Si ce n’est pas le cas, les deux parties devront se préparer aux conséquences du retour des tarifs et des contrôles douaniers. C’est cependant le Royaume-Uni qui paiera le prix le plus élevé, comme le confirment les prévisions du cabinet d’audit financier et de conseil KPMG.
Selon ces dernières, le PIB du Royaume-Uni ne croîtrait que de 4,4 % en 2021 si aucun accord n’était conclu, alors qu’il aurait augmenté de 10,1 % si Londres et Bruxelles avaient maintenu leurs relations actuelles. KPMG prédit en outre un effondrement de 11,2 % de l’économie britannique cette année, en raison des restrictions liées à la pandémie, auxquelles s’ajoutent les effets du Brexit.
Les entreprises n’étant pas encore prêtes pour le retour des douanes et une reprise des activités commerciales régie par les dispositions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’économie britannique ne devrait pas retrouver avant 2024 le niveau de croissance qu’elle affichait avant la pandémie, soit deux ans plus tard que si le Royaume-Uni n’avait pas décidé de quitter l’UE.
Les entreprises d’Irlande du Nord demandent plus de temps
Les entreprises d’Irlande du Nord ne sont pas prêtes non plus pour le retour des contrôles aux frontières. Elles ont donc demandé une prolongation de la période de transition dans la région. Si le protocole était appliqué à la lettre, déplorent-elles, un simple sandwich au jambon et au fromage produit en Grande-Bretagne et vendu à Belfast aurait besoin de deux certificats sanitaires pour passer les contrôles.
« Ces problèmes auraient dû être résolus par le comité mixte bilatéral présidé par Michael Gove et Maroš Šefčovič, mais les commerçants d’Irlande du Nord n’ont eu aucune discussion avec qui que ce soit », a déclaré Stephen Kelly, le PDG de Manufacturing NI, au journal britannique TheGuardian. Une préoccupation partagée par le consortium des détaillants d’Irlande du Nord, qui souligne que les opérateurs du secteur ont été contraints de s’adapter en six semaines à des « changements structurels qui prendraient normalement deux ans ».
Que va-t-il se passer ?
Si aucun accord n’est conclu avant le 31 décembre, le Royaume-Uni quittera le marché unique et l’union douanière et fera du commerce avec l’UE en suivant les règles de l’OMC. Cela impliquera la mise en place de contrôles aux frontières et de nouveaux droits de douane sur les biens échangés, ce qui fera grimper les coûts pour les consommateurs. Les contrôles aux frontières pourraient également engendrer d’importants retards dans les ports.
À l’inverse, si le but est de parvenir à un accord dans les délais impartis, il est indispensable de clore au plus vite les dossiers restés en suspens – la pêche, les aides d’État et les modalités de règlement des futurs différends. L’accord devra être transformé en un texte juridique, traduit puis ratifié par les parlements des deux parties. Tout cela d’ici au 31 décembre.
Accord ou pas, ce qui est certain, c’est que les relations entre l’UE et le Royaume-Uni seront très différentes à partir du 1er janvier. La libre circulation prendra fin, ce qui aura des conséquences sur la vie des citoyens européens qui travaillent et vivent en Grande-Bretagne et vice versa. Les entreprises devront en outre faire face à une bureaucratie beaucoup plus lourde pour pouvoir continuer à opérer des deux côtés de la Manche.
A mi-novembre, face à la crise de la covid, les États-Unis semblaient mieux s’en sortir sur le plan économique que l’Union européenne. Cette situation pourrait être remise en cause dans les prochaines semaines compte-tenu de la progression exponentielle du nombre de personnes contaminées outre-Atlantique et de la difficile transition à la Maison-Blanche. En une semaine, plus d’un million d’Américains ont été déclarés positifs.
Y a-t-il des raisons autres que sanitaires qui expliquent que l’économie américaine résiste mieux que l’économie européenne à la pandémie ? Les États-Unis bénéficient d’un effet taille indéniable. Même si le nombre de cas de Covid est très élevé, l’épidémie n’a pas touché toutes les régions en même temps. La faible densité au cœur des États-Unis ralentit la diffusion du virus et permet un étalement des vagues.
En Europe, les deux vagues sont très marquées quand les variations sont moins fortes aux États-Unis. Dans les faits, ce pays enregistre sa troisième vague, la première étant intervenue en mars/avril, la deuxième en juillet et la troisième en novembre. En Europe, pour le moment, deux vagues ont été enregistrées en mars/avril et en octobre/novembre.
Le rapport à l’épidémie est différent de part et d’autre de l’Atlantique. Les Européens mettent davantage en avant le principe de précaution quand les Américains sont plutôt enclins à adopter une ligne « plus cowboy », plus favorable à l’économie, en jouant sur l’immunité collective. Sur ce point, les États-Unis ne sont pas homogènes, les habitants des grandes villes côtières et des grands lacs ont des positions assez proches de celles des Européens.
Les États-Unis n’ont pas connu de confinement global comme en Europe dans la mesure où la politique sanitaire est de la compétence des États fédérés.
La résilience de l’économie américaine s’explique également par ses caractéristiques et par la politique mise en œuvre par les pouvoirs publics.
La puissance du secteur technologique américain
Les États-Unis peuvent compter sur la force de leur secteur technologique. Les GAFAM sont les grands gagnants de la crise sanitaire en cours. La valeur ajoutée des services d’information et de communication représente plus de 5,7 points de PIB aux États-Unis, contre 4,8 % au sein de la Zone euro.
Le poids du secteur pharmaceutique est également légèrement plus important avec notamment un réal avantage pour les dépenses de recherche et développement. Les laboratoires pharmaceutiques américains avec en tête Pfizer sont en pointe pour l’élaboration des vaccins contre la covid-19 même si l’Europe dispose également d’entreprises performantes sur ce secteur à l’exemple de Biontec, Gsk et Sanofi, même si cette dernière est aujourd’hui plus une entreprise américaine que française. Parmi les dix premières entreprises pharmaceutiques dans le monde, six sont américaines. En 2019, le marché mondial du médicament a atteint 1106 milliards de dollars de chiffre d’affaires (environ 977 milliards d’euros). Le marché américain (ÉtatsUnis) reste le plus important, avec 47,5% du marché mondial, loin devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie). La France demeure le deuxième marché européen derrière l’Allemagne. Toutefois, elle voit sa part de marché reculer de 2,2 points en dix ans.
L’Europe victime du tourisme
L’Europe est la principale destination des touristes internationaux avec, en tête de prou, la France, l’Italie et l’Espagne. A cette liste, il faut également ajouter la Grèce ainsi que l’Allemagne qui accueille un très grand nombre de congrès et foires industrielles. La chute du tourisme est un manque à gagner pour l’économie européenne.
Les pertes sont certes partagées en ce qui concerne le marché aéronautique dominé par Boeing et Airbus.
L’automobile, un secteur en indélicatesse en Europe
La métamorphose du marché automobile est très rapide en Europe. Le durcissement des normes environnementales pèse sur le marché. La densité de la population est bien plus importante en Europe qu’aux États-Unis, le recours à la voiture y est moins nécessaire d’autant plus que le réseau de transports publics est important.
Un soutien plus important des pouvoirs publics
La réponse des pouvoirs publics a été plus forte aux États-Unis qu’en Europe avec, en particulier, des transferts aux ménages plus importants. Le déficit public américain est ainsi passé de 5 à 20 % du PIB quand celui de la zone euro est passé de 0,3 à 9 % du PIB. Lors de la première vague, le gouvernement fédéral a décidé de bonifier les allocations-chômage pour un montant de 600 dollars par semaine pendant quatre mois – prolongé de 300 dollars pendant six semaines par un décret présidentiel et un envoi direct de chèques de 1 200 dollars aux personnes dont les revenus sont inférieurs à 75 000 dollars par an. A la fin août, les revenus de l’année 2020 étaient plus élevés de 4 % que ceux de 2019.
La FED s’est engagée dès le mois d’avril à soutenir l’économie américaine jusqu’à hauteur de 2300 milliards de dollars soit près de deux fois plus que la BCE.
Les États-Unis pourraient néanmoins pâtir de l’absence d’accord au Congrès pour un deuxième plan de soutien à l’économie au moment où une troisième vague touche le pays.
Les États-Unis peuvent compter sur le rôle du dollar comme devise du commerce international et comme devise de réserve. Le pouvoir monétaire leur permet de s’affranchir de certaines contraintes économiques. La banque centrale américaine est par ailleurs plus encline à jouer la croissance et l’emploi que celle de la zone euro qui est plus attachée à la lutte contre l’inflation.
Une confiance plus élevée dans l’avenir
Les entreprises et les ménages ont moins réduit leurs dépenses d’investissement qu’en Europe sur fond d’une confiance moins érodée. L’investissement est en recul de près de 40 % au sein de la zone euro depuis le mois de mars, contre une baisse de 10 % outre Atlantique. S’il a fléchi entre avril et juin, l’investissement des ménages aux États-Unis a rebondi depuis pour retrouver son niveau d’avant crise. Pour la zone euro, il a baissé de 10 % sans réellement connaitre de rebond.
L’Europe paie également un sous investissement marqué depuis une génération. En effet, l’investissement des ménages en logement est étal en Europe depuis 2003 quand il a progressé de 60 % aux États-Unis.
De leur côté, l’investissement des entreprises a augmenté de 60 % aux États-Unis de 2003 à 2019, contre 40 % pour la Zone euro.
Les États-Unis, moins dépendants du commerce extérieur que la Zone euro
L’économie des États-Unis étant moins ouverte que celle de la zone euro, ils souffrent moins du recul du commerce mondial. Les exportations représentent 12 % du PIB aux États-Unis contre 27 % pour la zone euro. Elles sont en baisse de 12 % pour cette dernière depuis le mois de mars quand pour les premiers, le recul n’est que de 5 %.
La flexibilité du marché du travail américain
La flexibilité américaine est également un atout en période de crise. L’ajustement du marché du travail est brutal à la baisse et à la hausse aux États-Unis quand en Europe, les politiques de soutien des pouvoirs publics ont lissé les effets de la crise. Le taux de chômage est passé de février à mai de 3,5 à 14,7 % aux États-Unis avant de redescendre à 6,9 % en octobre. Celui de l’Europe est en hausse lente depuis la première vague de 7,2 à 8,3 de février à septembre.
Les autorités américaines ont privilégié le soutien à la personne quand, en Europe, la priorité a été donnée au maintien de l’emploi avec le recours au chômage partiel.
Avantage aux États-Unis, mais le match n’est pas terminé
Sur les six premiers mois de la crise sanitaire, l’économie américaine sort relativement gagnante par rapport à l’Europe. Le match est néanmoins loin d’être terminé. Au moment où les États-Unis sont englués dans une transition politique délicate, l’Europe pourrait bénéficier de la mise en place du plan de relance décidé au cours de l’été. Pour emporter les prochaines batailles, la zone euro a tout intérêt à jouer les secteurs d’avenir en lien avec la transition énergétique et le digital.
La sénatrice Jacky Deromedi mène, depuis plusieurs semaines, une mission sur les difficultés rencontrées par les petits entrepreneurs français à l’étranger. Mme la sénatrice organisait ce jeudi 19 novembre une table ronde sur le thème de la Délégation aux entreprises au Palais du Luxembourg à Paris.
Les entrepreneurs à l’étranger, les oubliés du gouvernement ?
Les sénateurs, Mme Jacky Deromedi en particulier, s’inquiètent des nombreux entrepreneurs qui ont déjà fait faillite. installée à Singapour depuis 1989, cette Française de l’Etranger a fait toute sa carrière dans le secteur privé avant d’être élue en mai 2014, conseillère consulaire des Français établis dans la cité-état. Elle rejoint en octobre 2014, la liste LR de Christophe André Frassa pour les élections sénatoriales comme numéro 2. Elle est aussi Consul de Monaco depuis 2005 dans la même ville.
Alain Bentéjac
Sensibilisée aux problématiques de nos compatriotes entrepreneurs, elle prend naturellement ce dossier en main. Avec le président du comité national des Conseillers du commerce extérieur de la France, Alain Bentéjac, ils firent un constat alarmant sur la situation de l’influence et du rayonnement économique de la France dont les expatriés sont les premiers acteurs.
En effet, de nombreuses PME et TPE anticipent un recul de leur chiffre d’affaires en 2020, ce qui démontre un impact économique important. Pourtant, elles sont nombreuses à utiliser et promouvoir une marque française, et à embaucher des Français. Dans la plupart des cas, elles ne bénéficient ni d’aide locale, ni de chômage partiel, et ont donc besoin d’une trésorerie en ces temps de crise économique.
La BPI appelait à la rescousse
La Banque publique d’investissement (Bpifrance) est une banque publique d’investissement, un organisme français de financement et de développement des entreprises. Elle est le fruit du regroupement d’Oséo, de CDC Entreprises, du FSI et du FSI Régions. Elle est en particulier chargée de soutenir les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire et les entreprises innovantes en appui des politiques publiques de l’État et des régions.
Les entrepreneurs présents lors de la table ronde ont réclamé l’intervention de la Bpifrance, sur le modèle de ce qui est fait en France. Le but serait d’offrir une couverture globale et une garantie rassurante pour les banques locales, qui reviendrait, donc, à établir une sorte de Prêt Garanti par l’État (PGE).
Cependant lors de la dernière session de l’Assemblée des Français de l’étranger Marie-Albane Prieur, directrice de la BPI, a rappelé que sa banque avait pour mandat d’aider et d’accompagner les seules entreprises de droit français, celles qui jouissent d’une immatriculation en France. Les huit bureaux de la BPI à l’étranger (Abidjan, Nairobi, Dakar, Dubaï, Singapour, New York et Mexico) qui ont été largement sollicités par les entrepreneurs français depuis le début de la crise, n’ont pas pu répondre aux attentes. En effet, les entreprises de droit local, même dirigées par des Français, ne peuvent prétendre à obtenir un financement ou une garantie de cet organisme public.
Le crédit d’export, une solution palliative ?
Marc Villard
Pour Marc Villard, le président de l’Assemblée des Français de l’étranger, la solution de la BPI au chevet des entreprises non-française n’est pas réaliste. Il veut éviter de créer de faux espoirs. Pour lui, seules les entreprises qui ont des courants d’affaires réguliers avec la France pourront être aidées.
« On ne pourra pas aider tous les entrepreneurs français à l’étranger »
Marc Villard, le président de l’Assemblée des Français de l’étranger
Pour lui, la Bpifrance, par exemple, pourrait mettre en place en France des crédits relais auprès des entreprises exportatrices, de façon à ce quelles puissent passer des « 60 jours qu’elles accordent avec parcimonie aujourd’hui » à « 180 jours voire plus » pour aider les entrepreneurs qui présentent des difficultés de trésorerie à redémarrer.
Ce dispositif a été mis en place par le ministre au commerce extérieur Franck Riester . Il consiste en un crédit acheteur qui est un crédit directement octroyé par Bpifrance au client étranger (cela peut être la société dirigée par un Français expatrié) ou à entreprise française exportatrice afin qu’elles puissent étaler les paiements de ses clients.
Serge Babary, président de la Délégation aux entreprises, se félicite de son existence qui permet de contourner les lourdeurs de l’administration. Cependant cette aide est réservée à des cas spécifiques et nécessite un partenaire de droit français. Il reste donc à inventer une vraie solution pour soutenir nos compatriotes entrepreneurs à l’étranger.
Regardez la vidéo issue de la table ronde avec Jacky Deromedi
Lesfrancais.press ont publié, jeudi 19 novembre, à la demande de la Fédération des Français à l’étranger imposables en France (FdEif), la tribune de Jean Calvignac, le président-fondateur de cette association.
M. Calvignac réagissait aux différentes dispositions mises en place pour clôturer la longue séquence de la réforme de la fiscalité des Français de l’étranger mais aussi aux différents commentaires des élus et en particulier de Mme Genetet (LREM) et de M. Petit (Modem), tous deux députés des Français de l’étranger, siégeant au sein de la majorité présidentielle.
M. Petit nous a demandé ce vendredi 20 novembre de publier un droit de réponse. Vous le trouverez ci-dessous
Droit de réponse de M. Petit
Dans un article sans nuance, paru le 20 novembre dans Lesfrancais.press, le président de l’association FDEIF me met en cause tant sur les obligations de la fonction que j’ai l’honneur de remplir, que sur ma personne. Ce texte tient lieu de réponse aux accusations graves et infondées qu’il porte à mon encontre et de manière plus insidieuse au travail de la représentation nationale.
Une démocratie transparente
En tant que député, mon action est transparente et mes avis sont connus de tous. Mes explications de vote, quant à elles, sont publiques. De plus, je respecte tous les citoyens qui s’adressent à moi. M. Calvignac est bien placé pour le savoir, puisque nous avons été en contact à plusieurs reprises ; je lui ai répondu personnellement, comme je le fais avec l’ensemble des citoyens qui m’interpellent régulièrement.
Concernant la fiscalité des non résidents, de nombreuses personnes m’ont écrit à ce sujet, depuis le début de mon mandat. Toutes ont reçu non seulement l’expression de mon respect, quel que soit le ton de leur missive ou leur opinion ; ils ont surtout obtenu les explications et les clarifications sur mes travaux et positions.
Aucune manipulation
En dépit des affirmations erronées de M. Calvignac, le parlement ne « manipule » pas la retraite de qui que ce soit : il vote le budget de l’Etat, dans l’intérêt de la nation. J’essaie de mon côté que ce budget soit le plus juste et solidaire possible. Les insinuations du président de la FDEIF sont d’autant plus odieuses qu’elles sont brouillonnes, contradictoires, et contraires aux évidences : je tiens à disposition les avis publics, même d’opposants notoires, qui reconnaissent ma grande disponibilité et la priorité que j’accorde à l’expression et à la confrontation citoyenne. La famille politique dont je suis membre depuis plus de quinze ans, le Modem, est d’ailleurs également reconnue dans ce domaine. Et c’est bien cette transparence qui a permis, bien que très maladroitement, d’accumuler et de citer des faits que certains travestissent à loisir.
Une imposition complexe
Pour en revenir au fond du sujet, la fiscalité des Français établis à l’étranger, je maintiens que le système d’imposition des non résidents était problématique non pas parce qu’il était libératoire, mais parce qu’il était systématique et forfaitaire (en échange de son caractère libératoire). Dans ce système, un citoyen vivant dans les Balkans n’ayant que les seuls revenus locatifs d’un petit appartement en France (900 euros), se voyait imposé au même taux que le propriétaire d’une dizaine d’immeubles vivant de ses rentes. Certes, il était « libéré » mais à quel prix !
La réforme était nécessaire, elle est d’ailleurs aujourd’hui largement acceptée. Le retour du seul caractère libératoire a constitué une bonne solution technique aux effets de bord de la version précédente.Je tiens d’ailleurs à disposition de toute personne intéressée à ce sujet, l’ensemble du travail que j’ai effectué, les analyses précises relatives à tous les cas particuliers, dont certains ne sont pas perçus par M. Calvignac, d’ailleurs.
La résidence de replis, mal comprise
Ce dernier fait une erreur manifeste au sujet de mon idée de résidence de repli. Tout d’abord, je n’ai jamais dit que c’était une « quatrième solution », ce sont les termes employés par le journal qui est libre de son titre. Une lecture attentive de mon propos lui aurait évité cette méprise fâcheuse. Effectivement, cette résidence de repli n’a rien à voir avec le sujet de l’impôt sur le revenu. Mais c’est un sujet très important pour de nombreux citoyens français résidant à l’étranger que M. Calvignac semble méconnaître ou ignorer. Cette idée a d’ailleurs reçu un accueil favorable de très nombreuses parties intéressées, y compris dans les milieux spécialisés.
M. Calvignac semble ignorer également que la mise en place d’un groupe de travail impliquant les représentants associatifs des Français à l’étranger a été rendu possible parce que les parlementaires que nous sommes, l’avons exigé. Le rapport du gouvernement a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs rappels de ma part, puisqu’il nous était déjà dû l’année précédente, et ne nous a été transmis qu’avec retard.
Contrairement aux insinuations au mieux ignorantes, au pire malveillantes instillées dans la tribune incriminée, le rôle des parlementaires est bien de contrôler le gouvernement. Ce contrôle s’opère par l’intermédiaire de multiples rapports et réunions de travail, dans le domaine de la fiscalité comme dans tous les autres domaines des politiques publiques. Ces travaux et rapports, je le rappelle, sont publics et transparents.
Une réforme indispensable
Enfin, afin de ne pas laisser la question de M. Calvignac (« Monsieur le député, pouvez vous nous expliquer pourquoi lors de la présentation de votre amendement demandant le moratoire vous avez soutenu ce changement de loi par un faux prétexte à l’inverse de la réalité ? ») sans réponse, j’ajouterais que je n’ai pas eu besoin de faux prétexte pour soutenir la loi car je suis convaincu que la réforme de la fiscalité des Français à l’étranger devait être maintenue, une fois corrigée de ses effets de bord. Le moratoire était donc nécessaire en raison notamment du retard dans les informations communiquées par le gouvernement.
Je renvoie donc M. Calvignac à ses propres responsabilités d’élu associatif. Son engagement est au cœur de la citoyenneté que je défends et qui a constitué les quinze premières années de ma vie professionnelle, et plus de quarante années d’engagement personnel. Son adresse au représentant de la nation que je suis et les accusations infondées qu’il formule à mon endroit par voie de presse sont en effet de nature à mettre en péril cette citoyenneté du quotidien, qui doit être portée avec responsabilité, honnêteté et rigueur : nul ne peut accuser sans preuves, alléguer sans citer ces sources, offenser gratuitement. En agissant ainsi, c’est la démocratie qu’il affaiblit.
La crise sanitaire mondiale que nous vivons est sans précédent. Les conséquences sont diverses, aussi bien sur la santé physique que morale des individus. Au-delà des chiffres tragiques, la Covid a modifié les relations sociales et les échanges interpersonnels à de nombreux égards. Les interactions sociales sont mises à mal et les différentes mesures gouvernementales imposées modifient notre façon d’appréhender autrui. Comment la Covid-19 a modifié les relations sociales et quelles sont les conséquences de cette crise ?
La peur de l’autre
La première conséquence du Coronavirus est une peur exacerbée de l’autre qui conduit à un repli sur soi. Plusieurs raisons expliquent cette peur d’autrui et ce repli.
Tout d’abord, tant que la pandémie durera, les individus vont être méfiants envers les uns et les autres. La peur peut se manifester pour soi (peur de contracter le virus et ses conséquences sur la santé) mais également pour son entourage. En effet, on ne souhaite pas être porteur du virus et contaminer ses proches, surtout les plus faibles et les personnes à risque. Ainsi, la peur de l’autre engendre une modification des relations sociales. Il y a un risque que certains restent définitivement méfiants dans leur approche sociale. Ils vont plus facilement décliner les offres pour aller manger ou restaurant ou se retrouver chez des amis par exemple.
Cette peur de l’autre modifie les relations sociales, car les échanges interpersonnels ne sont plus les mêmes, les codes changent et les individus se replient sur eux-mêmes.
Le port du masque et les gestes barrières
Le port du masque intervient également directement dans les relations sociales et modifie nos échanges pour plusieurs raisons.
Cicéron disait « Le visage est le miroir de l’âme » et il ne croyait pas si bien dire. Le visage laisse transparaître les expressions et les émotions et il joue un rôle important dans les relations sociales. Sabine, institutrice en première section de maternelle, nous raconte « Enseigner les premières bases aux enfants avec un masque, c’est difficile. Pour eux, nous sommes les premiers adultes qu’ils côtoient en dehors de leur cercle familial. Ils n’arrivent pas encore à distinguer les expressions du visage, quand on sourit ou quand on est en colère. Caché derrière un masque, ils peuvent parfois avoir peur de nous. »
En effet, le visage et les expressions jouent un rôle important dans les relations sociales. Comme l’explique David Le Breton, sociologue et anthropologue, créer du lien avec un masque est plus difficile. Cela déshumanise le discours et « si on supprime son visage, on supprime son individualité ».
Un autre élément à prendre en compte est la mise en place des gestes barrières. Le fait de ne plus pouvoir se faire la bise, que les rassemblements soient restreints, ou encore de devoir limiter les contacts physiques, tous ces gestes modifient nos relations sociales. En effet, le manque de contact humain et la solitude peuvent être néfastes pour la santé. Les rapports sociaux sont un bon moyen d’apaiser l’anxiété et la déprime et nous aident à gérer nos émotions. La Covid-19 a modifié les relations sociales en limitant les interactions que l’on peut avoir avec autrui.
Les relations amoureuses
Un autre pan des relations sociales est mis à mal avec la crise du Covid-19. En effet, concernant les relations amoureuses, qu’elles soient naissantes ou existantes, des adaptations sont nécessaires.
Pour les couples, qui n’ont pas encore passé l’étape de l’emménagement ensemble, il y a la question du confinement à deux ou non. En effet, les couples peuvent se retrouver au pied du mur et décider de franchir cette étape. Pour les couples déjà ensemble, le stress lié au confinement peut impacter la relation. Ainsi, selon une étude complète de l’Ifop réalisée à la suite du premier confinement en France, 11% des personnes confinées avec leur conjoint souhaitent prendre des distances avec lui après le confinement. Cependant, 88% des personnes qui ont été confinés sous le même toit repartiraient avec le/la même partenaire en cas de renouvellement de la période de confinement.
Concernant les relations naissantes ou l’envie de rencontrer un nouveau partenaire, la question est plus délicate. Avec le confinement, il devient alors difficile de rencontrer la personne « en vrai ». Les applications de rencontre permettent un premier échange mais cela devient plus compliqué lorsqu’il faut passer une autre étape. Corentin nous raconte :
« J’ai matché avec une nana et on avait bien discuté en amont, donc on s’est dit qu’il était temps qu’on se rencontre en vrai. On a fait tous les deux une attestation avec le prétexte de la sortie sportive pour pouvoir se voir. Je sais que c’est contraire aux règles, mais, à un moment donné, on a envie de rencontrer l’autre, tout simplement. On a gardé nos distances quand on s’est vu et ça a confirmé notre attirance mutuelle. On s’est dit qu’on allait peut-être se revoir pendant le confinement, mais en attendant, on continue de discuter par messages. »
Corentin
Les relations sociales sont ainsi bousculées et les conséquences à long terme de cette crise ne sont pas encore connues. Malgré un repli sur soi, on constate également une nouvelle solidarité. L’envie d’aider son prochain ou de soutenir les acteurs locaux est plus présente que jamais. Il faut maintenant attendre les prochaines semaines et les prochains mois afin de pouvoir évaluer comment la Covid-19 a modifié les relations sociales et quelles sont les conséquences à long terme.
Selon le rapport réalisé par l’hebdomadaire britannique The Economist sur le coût de la vie, Paris est considérée pour la deuxième année consécutive comme la ville la plus chère du monde, à égalité avec les villes de Hong Kong et Zurich. En mars 2019, la capitale française partageait ce statut peu enviable avec Hong Kong and Singapour.
The cost of living index from @TheEIU compares the prices of nearly 140 items in 133 cities around the world https://t.co/4gvgf8zAhR
Comme à son habitude, la cellule de recherche du magazine britannique a passé à la loupe 133 villes à travers le monde afin d’y évaluer le prix de la vie, en se basant sur les tarifs de 140 produits et services. Restauration, immobilier, commerce ou encore prix des vêtements, tout a été inspecté au peigne fin pour délivrer ce classement. Le verdict est tombé et, à Paris, seuls quelques secteurs restent néanmoins abordables en comparaison avec les autres grandes villes. Parmi ces derniers, on retrouve les transports, mais également l’alcool.
La hausse de l’euro explique ce classement
Ce classement reste néanmoins à prendre avec des pincettes puisqu’il est réalisé en dollars et est donc fortement lié aux fluctuations des monnaies : l’impact de la pandémie sur le dollar est le principal facteur de variation du coût de la vie dans de nombreux pays, souligne d’ailleurs le rapport. “La pandémie de Covid-19 a fait perdre en valeur le dollar américain tandis que les monnaies d’Europe de l’ouest ou du nord de l’Asie se sont renforcées, ce qui a eu des conséquences sur le prix des biens et services“, remarque ainsi l’un des responsables de l’étude.
Ainsi, Paris et Zurich se retrouvent en haut du classement notamment à cause de la hausse de l’euro et du franc suisse par rapport au dollar, tandis que la livre sterling – qui ne cesse de chuter – permet à Londres, pourtant connue comme l’une des villes les plus chères au monde, de ne s’établir qu’à la 20e place. Une chose est néanmoins certaine : si vivre dans la Ville Lumière devient de plus en plus compliqué, s’y installer s’apparente désormais au calvaire, le prix de l’immobilier ayant été multiplié par 5 en 25 ans.
La disparition de Denis François intervient un peu plus de deux mois après sa nomination, par décret, à la tête du consulat de Tanger, le 15 septembre, succédant ainsi à Thierry Vallat qui était resté en poste durant trois années. Denis François était auparavant passé par différents postes d’administration et de conseiller pour le ministère des Affaires étrangères français, à Paris.
Suicide ou assassinat ?
Le Consul général de France a été retrouvé mort ce jeudi 19 novembre. D’après Le360, à l’origine de l’information, le corps de Denis François a été retrouvé aux alentours de 7 heures du matin. Le pure-player précise que “le diplomate se serait pendu dans sa chambre”.
Cependant, une enquête a été ouverte sur les circonstances de sa mort dans la résidence du consulat. Une source proche nous a indiqué que, pour l’heure, “les circonstances ne semblent pas porter vers un suicide, comme cela a pu être relayé”. Les circonstances de sa mort n’ont, pour l’heure, pas fait l’objet d’une quelconque communication par l’ambassade de France au Maroc ni par le Quai d’Orsay.
Vendredi dernier, Denis François s’était déplacé à Rabat pour une rencontre avec Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc. La dernière fois où il a été vu vivant remonte à hier, mercredi 18 novembre 2020, à 21 heures, au moment où il revenait chez lui après une promenade dans Tanger.
Les hommages de la communauté des Français de l’étranger
La petite communauté des Français de l’étranger a appris la nouvelle, hier soir (heure de Paris). Les hommages ont afflué comme le sénateur Olivier Cadic qui rappelait son engagement auprès de l’Assemblée des Français de l’étranger dont il avait été le secrétaire. Les Conseillers consulaires soulignent eux ses qualités humaines et son implication permanente au service des Français de l’étranger.