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  • Les taxes sur le marché du carbone rembourseront-elles le prêt européen ?

    Les taxes sur le marché du carbone rembourseront-elles le prêt européen ?

    La Commission européenne a annoncé, mercredi (22 décembre), son intention d’utiliser les recettes du marché du carbone de l’UE, le futur mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE ainsi que les taxes sur les multinationales pour rembourser les 750 milliards d’euros empruntés dans le cadre du fonds européen pour la relance mis en place suite à la crise du coronavirus.

    L’exécutif européen a expliqué que ces trois nouvelles « ressources propres », qui devraient générer 17 milliards d’euros par an entre 2026 et 2030, permettront d’augmenter le budget de l’UE sans que les États membres aient à mettre la main à la poche pour dégager des fonds supplémentaires.

    Elles contribueront à rembourser les sommes empruntées pour le fonds pour la relance de 750 milliards d’euros, appelé « Next Generation EU », et fourniront environ 8 milliards d’euros pour le fonds social pour le climat proposé par l’Union.

    Les nouvelles ressources « seront non seulement une source de revenu régulier pour le remboursement du fonds “Next Generation EU”, mais elles permettront également d’aligner les recettes du budget de l’UE sur les objectifs politiques communautaires, à savoir la transition écologique et numérique », a indiqué Johannes Hahn, commissaire au Budget et à l’Administration, lors de la présentation du plan.

    Il a ajouté qu’il existait un lien étroit entre ces nouvelles ressources propres et les ambitions climatiques de l’UE, notamment parce qu’elles contribueront au fonds social pour le climat qui a été proposé récemment. L’objectif de ce dernier est de protéger les ménages les plus défavorisés des conséquences négatives de la transition énergétique et d’investir dans les technologies écologiques.

    Les recettes de la tarification du carbone et de l’impôt sur les sociétés

    Des trois nouvelles sources de revenus, c’est le système communautaire d’échange de quotas d’émissions (SEQE), via lequel des permis autorisant certaines industries à émettre du dioxyde de carbone sont mis aux enchères, qui rapportera le plus au budget de l’UE.

    Aujourd’hui, la plupart de ces recettes reviennent aux budgets nationaux, mais l’exécutif européen souhaite désormais que 25 % soient versés dans les caisses de l’UE. Selon la Commisson, cela représenterait environ de 9 milliards d’euros par an entre 2023 et 2030 (selon les prix de 2018).

    La deuxième source de revenus liée au climat que la Commission souhaiterait faire entrer dans le budget de l’UE est le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF), qui fixera un prix pour certains produits à forte intensité de carbone entrant dans l’UE.

    Une fois que ce mécanisme sera entré en vigueur, la Commission européenne prélèvera 75 % de ses recettes, qui devraient s’élever à environ 1 milliard d’euros par an entre 2026 et 2030.

    Parallèlement, la Commission a proposé que 15 % des recettes supplémentaires provenant de l’impôt sur les sociétés que les États membres de l’UE percevront suite à l’accord fiscal conclu en octobre par l’OCDE viennent également alimenter les ressources propres de l’UE. Cela permettra de dégager entre 2,5 et 4 milliards d’euros par an, sous réserve que  l’accord soit finalisé.

    Certains craignent que le fait de faire du MACF une ressource propre le rende incompatible avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais M. Hahn affirme que les juristes de la Commission estiment que ce ne sera pas le cas.

    Tant que les secteurs couverts par la taxe sont progressivement privés de leurs exonérations fiscales dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission au même rythme qu’ils sont intégrés dans le MACF, il n’y aurait pas de problème, a-t-il expliqué.

    L’OMC rejoint M. Hahn sur cette idée. En effet, plus tôt cette année, son directeur général adjoint, Alan Wolff, a déclaré que, « si ces droits sont reversés dans les recettes générales pour soutenir l’UE dans son ensemble, il n’y a évidemment aucun problème ».

    Il a toutefois mis en garde contre l’utilisation de cet argent pour subventionner les industries couvertes par le MACF, affirmant que cela « changerait le rapport de concurrence » et créerait « un certain nombre de conflits » à l’OMC.

    Acceptez ou remboursez vous-mêmes

    La proposition de la Commission doit maintenant être formellement approuvée par les États membres de l’UE ainsi que par le Parlement européen.

    La proposition de nouvelles ressources propres nécessitera l’unanimité parmi les États membres de l’UE, tandis que le Parlement européen sera consulté sur la proposition.

    La Pologne a déjà prévenu qu’elle opposerait son « veto sur toutes les questions qui requièrent l’unanimité au sein de l’UE » tant que la Commission européenne ne débloquerait pas les paiements à Varsovie qui ne sont pas accordés en raison d’un différend sur l’indépendance des juges dans le pays.

    Selon la feuille de route juridiquement contraignante pour les nouvelles ressources propres, les États membres de l’UE doivent voter sur la proposition de la Commission d’ici juillet 2022.

    Une modification ciblée du budget septennal de l’UE pour la période 2021-2027, adopté il y a seulement un an, serait également nécessaire afin de permettre à la Commission de rembourser les fonds empruntés par l’UE et d’autoriser des dépenses supplémentaires pour le fonds social pour le climat.

    Cette modification nécessitera également l’unanimité des États membres de l’UE après avoir obtenu le feu vert du Parlement européen.

    Cependant, certains États membres sont sceptiques quant à la réouverture du budget convenu pour les sept prochaines années, le cadre financier pluriannuel (CFP). Lors d’une réunion des ministres de l’Environnement, plusieurs États membres fiscalement conservateurs se sont prononcés contre cette idée.

    « Nous sommes préoccupés par la dimension [du fonds social pour le climat] et par la réouverture de l’accord sur le CFP », a ainsi déclaré le ministre finlandais Terhi Lehtonen.

    Une source diplomatique finlandaise a confié à EURACTIV que l’accord sur le budget septennal de l’UE était délicat et savamment équilibré, et que la Finlande préférerait ne pas rouvrir ce dossier.

    Toutefois, la Commission européenne a un argument de poids pour inciter les États membres à signer l’accord : s’ils ne le font pas, ils devront rembourser eux-mêmes cette somme.

    Selon M. Hahn, les États membres savaient qu’ils devraient se mettre d’accord sur de nouvelles ressources propres pour rembourser les sommes empruntées pour la relance et « s’ils ne le font pas, les États membres devront bien entendu financer ce remboursement par leurs contributions nationales ».

    Les deux parlementaires qui ont rédigé la position du Parlement européen sur la proposition — José Manuel Fernandes (PPE), et Valérie Hayer (Renew Europe) — partagent eux aussi ce point de vue.

    « Les risques sont clairs : il y aura des contributions nationales beaucoup plus élevées au budget de l’UE ou bien des coupes dans le cadre financier pluriannuel à moyen terme », ont-ils averti. « Cela n’est clairement pas dans l’intérêt des citoyens », ont-ils ajouté.

    Des sommes insuffisantes

    Si M. Fernandes et Mme Hayer ont salué l’annonce de la Commission, ils ont critiqué le fait que les ressources propres proposées ne couvriront que deux tiers de la somme nécessaire.

    « Il est regrettable que nous n’atteignions pas encore 15 milliards d’euros par an pour le remboursement des dettes contractées dans le cadre du plan pour la relance “NextGenerationEU”. En tant que co-rapporteurs pour les ressources propres, nous demandons qu’une part plus importante de ces sources de revenus soit définie comme des ressources propres revenant au budget de l’UE », ont-ils déclaré.

    Pour remédier à cette situation, la Commission européenne prévoit d’introduire de nouvelles ressources propres en 2023. Avec le temps, il faudra également trouver davantage de ressources propres pour remplacer les recettes liées à l’aspect climatique, car celles-ci sont susceptibles de diminuer à mesure que l’Europe réduit ses émissions de CO2.

    « Idéalement, les recettes provenant de ces taxes liées au climat devraient diminuer car nous souhaitons la réduction des émissions de carbone », a déclaré M. Hahn.

  • Au gui, l’an neuf

    Au gui, l’an neuf

    Depuis des millénaires, au moment du changement d’année, l’échange de vœux est de mise, permettant d’oublier, un temps, les malheurs du passé et d’espérer des jours meilleurs. Sous César, qui avait placé le nouvel an le 1er janvier, 45 ans avant notre ère, les Romains s’échangeaient des présents et honoraient leurs dieux afin d’avoir leur clémence. Les Gaulois, de leur côté, s’embrassaient sous le gui pour conjurer le mauvais sort. Cette tradition des vœux et des bonnes résolutions rompt avec le goût marqué pour le catastrophisme qui nous guette tout au long de l’année.

    Trop fréquemment, nous nous délectons du malheur des autres et préférons les oiseaux de mauvais augure aux conteurs de bonnes aventures. Avec l’épidémie sans fin de Covid et le réchauffement climatique, les pessimistes s’en donnent à cœur joie pour pronostiquer le déclin irrémédiable de notre civilisation sinon la fin du monde. Avec les réseaux sociaux qui suppriment le filtre de l’analyse, le sensationnel, l’émotionnel l’emportent sur la raison. Les informations vivent le temps d’un clic avec une rémanence réduite. Pour accrocher l’attention des internautes, elles se doivent de mettre en avant la face sombre de l’univers.

    Les nombreuses prévisions les plus sombres ne se sont pas concrétisées 

    Les inégalités sociales, l’insécurité, les travers des femmes et des hommes publiques, etc., feront toujours plus de lignes que les succès économiques ou culturels du pays. Ce phénomène est loin d’être nouveau. Sous la Révolution française, le journal « le Père Duchesne » de Jacques-René Hébert jouait l’outrance pour attirer les lecteurs. 

    Force est pourtant de constater que de nombreuses prévisions les plus sombres ne se sont pas concrétisées. Après près de deux ans de pandémie, la plus importante depuis plus de cent ans, les sociétés et les économies font preuves d’une véritable résilience. La mobilisation des scientifiques a permis l’élaboration en un temps record de vaccins réduisant les effets des différentes vagues de Covid. Les systèmes de santé se sont adaptés pour teste et vacciner des milliards de personnes, et pour gérer des afflux permanents de malades. Les faillites d’entreprises et l’envolée du chômage, notamment en France, ne se sont pas produites. Si l’endettement des Etats a progressé, la sphère financière tient le choc. L’euro, si souvent critiqué, est désormais perçu comme un atout pour les Etats membres. 

    Pour 2022, avant même la formulation des vœux, la croissance serait remise en cause pour certains en raison du variant Omicron et, pour d’autres, du fait de l’inflation. Ce pessimisme s’applique également aux marchés financiers qui après une brillante hausse en 2021 ne peuvent que connaître un repli. Espérons que ces prévisions connaîtront le même sort que les précédentes.

    Difficile d’avoir des certitudes sur l’évolution de l’économie 

    Dans un environnement instable, sauf à vouloir jouer le rôle de la pythie, il est difficile d’avoir des certitudes sur l’évolution de l’économie, du moins à court terme. En revanche, la crise sanitaire révèle que nous avons tout à gagner à nous appuyer sur la science tant sur le plan de la santé que sur le sujet ô combien complexe de la décarbonation de l’économie. 

    Face à un réchauffement climatique dont les effets sur la vie humaine pourraient être bien plus dangereux que la Covid, le recours à des solutions technologiques s’impose, la décroissance n’étant qu’une vue de l’esprit. Nul ne pourra demander aux populations des pays émergents ou en développement de renoncer aux plaisirs de la société de consommation, nul ne pourra accepter une moindre protection sociale au nom de la lutte du réchauffement climatique. 

    Sans croissance, les Etats seront bien à la peine pour faire face au vieillissement de leur population. Entre un pessimisme d’humeur et un optimisme de volonté, à vous de choisir !

  • Derrière les chiffres, des hommes et des fous.

    Derrière les chiffres, des hommes et des fous.

    A chaque nouvel an, des chiffres, bilans et prévisions s’accumulent et prétendent dire le monde. « Je ne crois pas aux statistiques, sinon à celles que je corrige moi-même» fait-on dire à Winston Churchill. Tout chiffre est code et mensonge. Mais rien ne cloue le bec comme un chiffre, rien de plus parlant qu’un chiffre, s’il pouvait parler. Or les chiffres parlent, hélas : c’est ce que font les algorithmes qui nous détaillent, nous tiennent la main, nous dirigent.

    Quelques chiffres, matière à réflexion, qui rendent fou:

    Virus

    La pandémie a arrêté le monde. Mais pas tout le monde. Selon Allianz, le patrimoine mondial des ménages se monterait à  200.000 Mds de dollars : +9.7% en 2020, en pleine crise. L’incroyable fortune des hommes les plus riches du monde ne pèse pas si lourd : les dix premières fortunes mondiales ne représentent « que » 1100 milliards de $. Mais elle a augmenté de +30% avec la crise. Les Français, avec un patrimoine net moyen de 66.000 € sont à la 15ème place mondiale.

    Ecologie: la part des énergies fossiles dans la production énergétique mondiale était de 86%, en 1995 ; elle est de 84% en 2020.  En 1995, la part du charbon était de 26% ; 27% en 2020. Vingt-six COP et des milliers de manifestants plus loin, est-ce le bon chemin ? Hormis les riches et les saints, personne ne veut avoir faim. Electrifier l’Afrique a plus de sens, y compris écologique, que d’y interdire la production de pétrole. 

    Dette

    Le PIB mondial devrait dépasser les 100.000 milliards de dollars en 2022 selon le FMI. Et la dette (publique et privée) mondiale atteindrait les 280.000 milliards de $. Personne ne comprend ce que cela signifie, surtout pas les banquiers.

    Investissements d’avenir

    Pour «France 2030», 30 milliards d’investissement, sur cinq ans. Le précédent « plan d’avenir », en 2017,  prévoyait 57 milliards entre 2018 et 2022. Ils se sont évaporés dans le quotidien, l’avenir est toujours devant nous. Par comparaison, le budget annuel des Gafam en recherche et développement est de 70 milliards. Bientôt, ils auront leur propre monnaie, Meta (Facebook) investit le Metaverse, l’univers parallèle dans lequel chacun vivra une autre vie. Un dédoublement universel de la personnalité. 

    Santé mentale

    Un Français sur cinq souffrirait de troubles psychiques et nécessiterait des soins. Dans le onze tricolore, cela fait deux joueurs. Qui n’est pas givré n’est pas français, sautilleront les supporters du prochain mondial. Quelle est la probabilité pour les 4/5 restant de se considérer comme sain ? Derrière chaque chiffre, des individus uniques, rabotés par la statistique. « Les fous sont sages, les sages sont fous », tous codés et décodés dans un monde de dingues. 

    Qui travaille ?

    Si l’on retire de la population les enfants, les retraités, les malades, les chômeurs, les dépressifs, les planqués, les vacanciers, les soignants, les bureaucrates, qui reste-il au bureau ? A part vous et moi, je ne vois personne. Et moi je suis en télétravail. D’où, au chaud, plus attentifs aux voix qu’au chiffres, je surveille: 

    1. Le Congrès du parti communiste chinois qui ne verra qu’une tête, celle de Xi Jinping. En contrepoint, la pagaille bienfaisante des élections américaines, brésiliennes, françaises, coréennes… Une seule tête pense-t-elle mieux que plusieurs ?

    2. Les nouvelles monnaies digitales que vont sortir les banques centrales face aux crypto monnaies et aux dettes, avec de nouvelles règles, de nouveaux effets richesse. L’inflation n’est plus ce qu’elle était, les vieilles monnaies non plus. L’e-dollar, l’e-euro seront-elles des mines plus riches que l’or ?

    3. Le travail change d’habits. Fini les heures, fini les bureaux. La Covid a précipité le monde dans un nouveau mode de vie. Le télétravail tue les bureaux, mais, pour certains, les loisirs aussi. Les indépendants ne comptent pas leur temps. Productivité, créativité ? 

    4. Les progrès médicaux sont à venir, avec la digitalisation, les biotechnologies, les nanotechnologies. La rapidité de réaction à la pandémie a été stupéfiante. Les découvertes deviennent « normales ». La science a-t-elle gagné en prestige face à l’épidémie ? Question de savoir ou question de com.

    5. Les crises écologiques mettent en jeu l’eau et l’énergie. Personne ne renoncera à l’énergie, personne ne peut vivre sans eau. Les batailles seront de vraies batailles, avec de vrais perdants, pas forcément en phase avec les discours sur la planète.

    6. La clé des batailles, ce seront encore, toujours et partout, les transferts de données dans l’univers digital, les cyberattaques, les communications dans l’espace, sous les mers. Qui contrôle l’espace contrôle la terre. Faut-il plus de virus, de lasers, de drones ou de porte-avions ?

    7. Les vieux ennemis se redressent : le retour de la faim, des bombes, des attentats, des méthodes expéditives des tyrannies, des cartels surpuissants du crime organisé. Le retour des frontières ne leur coupe pas la tête. Il n’y a plus de gendarme dans le monde.

    Un monde à inventer

    Le monde est moins misérable qu’il y a dix, vingt, cinquante ou cent ans, bien au contraire. Il parait plus dangereux parce qu’il va plus vite. C’est pourquoi il faut le suivre attentivement. 

    Si le monde actuel ne vous plait pas, bonne nouvelle, il changera. Bon an mal an, c’est ce qu’il fait tout le temps. Et comme l’année 2022 sera celle du Metaverse, changez d’univers est à la portée de n’importe quel amateur.  

    Un dernier chiffre, rassurant : la terre continue de tourner sur elle même en 365 jours, mais sa vitesse de rotation change de 2 millisecondes par siècle, environ. Ça change, mais lentement.

    Bonne année.

  • Monde : Le nouvel an à l’ombre du coronavirus – reportage vidéo

    Monde : Le nouvel an à l’ombre du coronavirus – reportage vidéo

    Avec TV5MONDE, on fait le tour du monde des festivités de la Saint-Sylvestre dans l’ombre de la Covid19 et du variant Omicron.

    Alors qu’en France, le décompte sur les Champs-Elysées n’a pas eu lieu comme les feux d’artifices des 33 000 communes françaises, certaines métropoles ont décidé de maintenir les cérémonies.

    Regardez le reportage de la chaine francophone TV5MONDE

  • L’euro souffle ses 20 bougies

    L’euro souffle ses 20 bougies

    Le 1er janvier 2002, les Français disaient adieu au franc au profit de l’euro. En 20 ans, comment a évolué la perception de la monnaie européenne ? L’euro a-t-il fait grimper le prix de la baguette de pain ? Quels Etats européens ne l’utilisent pas ?  Alors que la monnaie unique souffle ses 20 bougies en 2022, on répond aux grandes questions sur l’un des principaux symboles de l’intégration européenne.

    En 1999, onze Etats membres de l’Union européenne lançaient une monnaie commune sous la houlette de la Banque centrale européenne (BCE). D’abord utilisé sur les marchés financiers, l’euro s’est incarné dans les pièces et billets trois ans plus tard, en 2002.

    Une protection contre la hausse des prix

    Depuis l’apparition de l’euro dans le portefeuille des Français en janvier 2002, les prix se seraient envolés. L’affirmation est en tout cas souvent reprise, utilisant par exemple l’image de la baguette de pain.

    En réponse à une étude – dont la méthodologie a sérieusement été remise en cause – affirmant que les Français avaient été plus perdants que leurs voisins avec le passage à l’euro, la Banque de France déclarait en mars 2019 : “N’attribuons pas à l’euro les bénéfices qu’il n’a pas créés, et ne l’affublons pas des maux dont il n’est pas responsable”. Si la baguette et d’autres produits du quotidien ont bien vu leurs prix augmenter depuis 2002, ces hausses ne sont pas particulièrement dues au passage à la monnaie unique.

    Dans une autre étude menée par l’Insee entre 2002 et 2016, le constat est similaire : l’inflation “n’a pas été atypique” depuis 2002. En d’autres termes, la “hausse depuis quinze ans n’est pas plus prononcée qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro”, précise l’institut. En effet, entre 1986 et 2001, le prix de la baguette a augmenté de 2,1 % par an, alors qu’il n’a augmenté “que” de 1,4 % de 2002 à 2016.

    Plus récemment, l’inflation dans la zone euro a atteint 4,9 % au mois de novembre 2021. Son plus haut niveau depuis trente ans. Mais là encore, pas grand-chose à voir avec l’euro. Au contraire, la monnaie unique a plutôt joué un rôle de stabilisateur durant les récentes crises. De plus, le phénomène actuel d’inflation touche l’ensemble de la planète, en raison notamment de la forte hausse des prix de l’énergie et des moyens engagés dans les plans de relance pour lutter contre les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Sur la même période, les Etats-Unis affichaient par exemple une inflation de 6,8 %, du jamais-vu depuis 1982.

    L’euro sur toute l’Europe ?

    A ce jour, 8 Etats membres de l’UE ne sont pas membres de la zone euro : le Danemark, la Suède, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Croatie, la Roumanie et la Bulgarie. Leurs raisons sont cependant différentes. 

    Le Danemark utilise ainsi toujours la couronne comme monnaie nationale. En 1992, un referendum organisé dans le pays balaie le traité de Maastricht d’une courte majorité, alors même que cet acte pose les fondements d’une monnaie commune. Les accords d’Edimbourg permettent ensuite à Copenhague d’obtenir plusieurs options de retrait (opt-out), dont une concernant l’Union économique et monétaire (UEM).

    En 2003, c’est également un referendum qui rejette l’adoption de l’euro dans un Etat européen. Avec plus de 56 % des suffrages exprimés, les citoyens suédois refusent clairement l’entrée de leur pays dans l’Union économique et monétaire. Avec une économie prospère, “les Suédois hésitent à remettre en cause leur mode de fonctionnement et à perdre le contrôle de leur politique monétaire”, écrit l’Observatoire des élections en Europe. Contrairement au Danemark, le pays reste toutefois lié à l’obligation d’intégrer la zone euro lorsqu’il remplira les conditions économiques prévues par le traité de Maastricht… qu’il s’efforce donc de ne pas respecter. 

    Car selon la législation européenne, l’ensemble des Etats membres de l’UE a vocation à rejoindre la zone euro. Le traité de Maastricht de 1992 avait institué une série de critères de convergence afin de rapprocher les économies européennes, dans l’optique de partager une seule et même monnaie. Or les six autres pays dépourvus de l’euro au sein de l’UE l’ont rejointe à partir de 2004, c’est-à-dire après la mise en circulation de la monnaie unique. Et ces nouveaux entrants ne sont pas tout à fait dans les clous.

    Enfin, certains Etats utilisent l’euro sans pour autant faire partie de l’Union européenne. Le Kosovo et le Monténégro ont ainsi adopté la monnaie unique de façon unilatérale. Cela signifie qu’ils ne participent pas à la définition de la politique monétaire européenne et n’ont pas l’autorisation de frapper de monnaie.

    Une monnaie internationale ?

    L’euro est-elle une monnaie de rang international, à l’image du fameux billet vert américain ? Elle se place aujourd’hui comme la deuxième monnaie la plus importante du système monétaire international. Une position qui se vérifie à travers trois grands critères.

    D’abord, l’euro constitue un moyen de paiement entre les entreprises ou les particuliers qui résident dans des Etats différents. En 2020, 60 % des exports de marchandises issues de la zone euro sont libellés dans cette monnaie. Ensuite, il est utilisé comme unité de compte sur le marché mondial, pour déterminer la valeur de certains biens, de services ou d’actifs financiers échangés hors de la zone euro, ce qui en fait une monnaie “internationale”. Référence en la matière, le dollar américain est largement dominant dans cette catégorie.

    Pour acquérir une dimension mondiale, une monnaie “doit enfin faire office de réserve de valeur”, explique l’économiste Michel Dévoluy (1). En d’autres termes, il faut que les particuliers aient suffisamment confiance en elle pour détenir une épargne ou des titres en euro, ou des réserves de change – les stocks en monnaie étrangère détenus par une banque centrale – concernant les acteurs publics. En 2020, plus de 21 % des réserves de change mondiales sont libellées en euros, contre 59 % pour le dollar.

    Plus largement, “la part de l’euro s’élève à environ 20 %, quel que soit l’indicateur choisi : […] 22 % du stock international de titres de dette, 15 % des prêts transfrontaliers et 18 % des dépôts”, résume Sylvie Goulard dans un article de juin 2020 pour la Banque de France.

    La monnaie commune tient son rang mondial non seulement grâce à la puissance économique des pays qui l’ont adoptée, mais aussi parce que ces derniers entretiennent des liens économiques forts avec les Etats membres de l’UE qui utilisent d’autres monnaies (Danemark, Suède, République tchèque…), tout comme il existe des relations d’interdépendance avec son voisinage proche (Norvège, Suisse, Balkans…). Tous ces Etats ont une certaine confiance en l’euro et s’en servent notamment pour leurs réserves de change : en 2020, près de l’intégralité des réserves bulgares et 87 % de celles en Croatie étaient par exemple des euros. A l’échelon régional, la monnaie européenne est enfin dominante dans certaines parties de l’Afrique, notamment dans la zone franc CFA liée à la France.

  • Les voeux d’Emmanuel Macron pour 2022

    Les voeux d’Emmanuel Macron pour 2022

    Emmanuel Macron a adressé ses voeux aux Français pour la nouvelle année en ce vendredi de la Saint-Sylvestre. L’allocution, la dernière de son quinquennat, fut essentiellement consacrée à la situation sanitaire du pays.

    Vers la fin de la crise sanitaire en 2022 ?

    Macron « veut croire » à la « sortie de l’épidémie » pour 2022. Pour « 2022 » et les « années à venir ».

    « 2022 sera peut-être l’ année de sortie de l’épidémie, je veux le croire avec vous ».

    Emmanuel Macron lors de son allocution du 31 décembre 2021

    Le Président de la République a dressé le bilan actuel de la vaccination en France dont il a souligné qu’elle divisait « par dix » les formes graves du virus. Il a évoqué « 53 millions » de Français vaccinés et 24 millions de doses de rappel injectées. Des niveaux plaçant la France dans le « peloton de tête mondial ». Il maintient donc sa confiance à la stratégie du 100% vaccinés.

    Cependant, Emmanuel Macron a admis en ouverture de son discours que les prochains mois seront encore durs.

    « Les semaines à venir seront difficiles, nous le savons, le virus circule et circulera davantage ».

    Emmanuel Macron lors de son allocution du 31 décembre 2021

    ll l’a reconnu après avoir rendu hommage « aux soignants » et à l’ensemble des fonctionnaires engagés dans la lutte contre le virus.

    Le bilan du quinquennat

    Emmanuel Macron a aussi dressé le bilan de son quinquennat. Massivement soutenue par l’État, la croissance doit atteindre 6,7 % en 2021 puis 3,6 % pour 2022, selon la Banque de France. Le chômage reste au plus bas depuis 2008, à 8,1 %. C’est bien évidemment le point fort qu’il désire mettre en avant.

    Mais le bilan ne fut pas qu’économique. La sénatrice des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne, dont le travail sur la protection animale est salué par tous, a dû rougir lorsque le Président de la République marqua la loi pour nos compagnons comme un héritage du quinquennat.

    L’Europe, le destin français ?

    Alors que le 1er janvier donnera le coup d’envoi de la présidence française de l’UE, Emmanuel Macron rappella ses grandes ambitions pour ce semestre qui lui permettra de pousser quelques dossiers. Même si le court délai de cette présidence tournante, largement formelle, n’y suffira pas.

    Parmi ses priorités figurent la création d’un budget d’investissement en Europe, avec modification des critères de Maastricht, la protection des frontières contre les migrants illégaux ainsi que l’instauration d’une taxe carbone pour les importations hors UE.

    Et l’élection présidentielle ?

    Emmanuel Macron n’a pas dévoilé ses intentions pour la présidentielle à venir. Jurant seulement de « travailler jusqu’au dernier jour » de son mandat, il s’est projeté sur le printemps prochain, assurant qu’il « continuerait à servir les Français quelle que soit (sa) place, quelles que soient les circonstances ».

  • L’ambassade de France à Rome, le Palais Farnèse, ouvert aux artistes

    L’ambassade de France à Rome, le Palais Farnèse, ouvert aux artistes

    Le palais Farnèse de Rome est un lieu de représentation plus que d’habitation dans une ville ou la fête est une obligation. Les cérémonies s’y affichent, du XVIe au XICe siècle, et apposent une présence identitaire dans l’espace urbain. Les Farnèse utilisent ce lieu pour y recevoir les hôtes étrangers, Christine de Suède, les Bourbon de Naples, héritiers des Farnèse, s’y imposent dans le concert international.

    Depuis, les ambassadeurs de France y montrent leur pouvoir. Les hôtes du palais s’acquittent de l’obligation festive en donnant des spectacles sur la place et en accueillant les plus beaux évènements à l’intérieur, faisant dialoguer ainsi la sphère privée et celle publique.

    Un Palais en restauration

    L’Ambassade de France en Italie, l’École française de Rome et la Surintendance spéciale pour l’archéologie, les beaux-arts et le paysage de Rome, ont lancé une nouvelle restauration des façades et des toitures du palais Farnèse, siège de l’ambassade de France en Italie et de l’École française de Rome, depuis le 1er mars 2021. Ce projet permettra de retrouver la beauté originelle des matériaux utilisés par quatre immenses architectes : Sangallo, Michel-Ange, Vignole et Della Porta.

    Les travaux s’appliqueront au nettoyage des enduits, à la consolidation des pierres, et à la révision de la couverture en tuiles anciennes.
    Un travail important sera également conduit sur les menuiseries, qui seront remplacées pour retrouver, comme cela a déjà été fait sur les deux façades de la Piazza Farnese et de la via Giulia, les dessins originaux des menuiseries du XVIe siècle. La restauration du travertin et des parements en briques se fera en parallèle de la reprise des couvertures en tuiles « à la romaine ». Quant à la couleur des façades, elle sera retrouvée avec une patine d’harmonisation qui permettra d’éliminer les déséquilibres excessifs entre la façade restaurée sur la Piazza Farnese et les façades latérales. Des sondages et des prélèvements seront réalisés pour déterminer scientifiquement la composition des mortiers et enduits originaux, ceci afin de s’approcher au mieux de la création originelle.

    La restauration des façades et des toitures du Palais Farnèse se fera en quatre tranches successives qui devraient s’étaler sur quatre ans :

    • La 1e tranche commencera au mois de mars 2021, et s’attachera à la restauration de la façade de la via dei Farnesi, des menuiseries ainsi que des couvertures sur les versants de cette face.
    • La 2e tranche s’attachera à la restauration des façades, des menuiseries ainsi que des couvertures sur les versants de la via del Mascherone. 
    • La 3e tranche sera consacrée à l’entretien de la façade principale donnant sur la Piazza Farnese, sur la révision de ses menuiseries, ainsi que la restauration des couvertures.
    • Enfin, la 4e tranche sera celle de la restauration des toitures de la via Giulia et du mur de clôture du jardin, ainsi que des couvertures sur les versants de la via Giulia.

    La totalité des travaux s’élève à un montant de 5,6 millions d’euros, financés conjointement par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. 

    Mais ouvert aux arts et au public

    Dans le cadre du chantier de restauration du Palais Farnèse, l’ambassade de France en Italie offre ses murs et ouvre ses portes à des artistes urbains contemporains : Olivier Grossetête, JR, et aujourd’hui, le grapheur et peintre JonOne intervient sur les palissades du Palais. L’œuvre de JonOne, Cippo 2.0 s’inspire du cippe, borne sur laquelle sont gravées des inscriptions datant de 55 avant Jésus-Christ et qui se trouve dans les sous-sols de l’ambassade.

    Vous pouvez aider à la restauration du patrimoine français hors de France en visitant le lieu, en étant ou non accompagné d’un guide français, et ce dès 12€. Si vous visitez la cité éternelle, n’oubliez pas de réserver vos entrées sur le site officiel (https://visite-palazzofarnese.it).

  • « Sur les murs » : la série évènement de Richard Orlinski sur TV5MONDEplus

    « Sur les murs » : la série évènement de Richard Orlinski sur TV5MONDEplus

    Le sculpteur Richard Orlinsky incarne la nouvelle série-documentaire sur les street-artistes « Sur Les Murs« . Ce programme inédit est disponible gratuitement sur la plateforme TV5MONDEplus.

    L’artiste français le plus vendu au monde

    Richard Orlinski figure en tête de liste des artistes français, depuis 2010, les plus vendus au monde selon le site Art Price. C’est un sculpteur dont les œuvres sont conçues autour du concept « Born Wild© » dans lequel l’artiste cherche à transformer les impulsions négatives en émotions positives. Orlinski étudie à l’École nationale des beaux-arts de Paris où il décide de devenir sculpteur. Inspiré par les conventions du Pop art et du Nouveau réalisme, il travaille en grande partie avec des matériaux industriels comme la résine et l’aluminium, le marbre, la pierre et le bronze. Ses sujets de prédilection sont des animaux décoratifs monumentaux, à l’instar de Jeff Koons et de Robert Indiana. En plus de la série, il expose actuellement sur l‘avenue Georges V à quelques pas des Champs-Elysées à Paris.

    Le street art au coeur de son process créatif

    Le street art, ou art urbain, est un mouvement artistique contemporain. Il s’agit de toutes formes d’art réalisées dans la rue ou dans des endroits publics et qui englobe diverses méthodes telles que le graffiti, le graffiti au pochoir, les stickers, les posters, la projection vidéo, les installations de lumière, la céramique, etc.

    Bien que le street-art ne soit pas toujours légal, sa valeur artistique est incontestable et de plus en plus en demande. Les motivations conduisant ces « street-artistes » à perpétrer leur art sont tout autant variées que le nombre d’artistes lui-même.

    Le désir d’être subversif, de provoquer, de représenter ce que tout le monde pense tout bas serait à l’origine de ce courant, la rue étant la plateforme la plus large et la plus puissante dans un but de visibilité.

    C’est donc tout naturellement que TV5MONDE a demandé à Richard Orlinski de jouer le guide pour les francophones dans cet univers créatif si spécifique.

    « Sur les murs », la série documentaire évènement

    Le projet de cette série-documentaire, de 20 épisodes de 26 minutes part d’un constat simple : post-covid, la crise sanitaire est devenue culturelle. Le monde de la culture, celui des artistes et plus particulièrement des street-artistes vit une crise sans précédent. La fermeture des musées, des lieux d’expositions, salles de cinéma, musique, danse, empêche l’accès à la culture.

    ©TV5MONDE/Orlinski

    Dans ce contexte, Richard Orlinski, artiste contemporain français de renommée mondiale nous accompagne à la découverte des street-artistes francophones habitant aux quatre coins du monde. Une manière de rendre hommage à leur travail, trop souvent méconnu du grand public. Pour faire rayonner leurs œuvres, Richard Orlinski part à leur rencontre. C’est sur le chemin de la culture qu’il prend la route, son périple le mène entre autres en Europe et aux USA. Une expérience axée sur la découverte et le partage.

    Chaque épisode est rythmé par des rencontres authentiques et se termine par la création d’une œuvre commune avec chacun des artistes rencontrés. Richard Orlinski met en avant la culture urbaine sous toutes ses formes au rythme des destinations qu’il traverse.

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    Ecoutez le Podcast avec Richard Orlinski

    Disponible sur toutes les plateformes

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  • Une rétrospective culturelle pour célébrer une année d’épidémie, oui c’est possible !

    Une rétrospective culturelle pour célébrer une année d’épidémie, oui c’est possible !

    On ne compte plus le nombre de spectacles reportés, d’artistes déprimés, de troupes empêchées qui ont attendu la fin du confinement de printemps pour relancer leurs activités. Un répit de courte durée puisque nombre d’artistes tremblent désormais en cette fin d’année 2021 face aux variants qui pourraient annuler nombre d’événements culturels à venir. Année de douleur pour la culture ou année en apesanteur où chacun retient son souffle et profite du plaisir de lire, d’aller au cinéma ou au théâtre en espérant que l’épidémie se tasse enfin. 

    Une sélection 2021 populaire et exigeante

    Avec la rédaction de Français.press nous avons décidé de vous offrir un panorama du meilleur de la culture 2021, en optant pour des artistes qui vivent ou travaillent à l’étranger ou qui y sont célébrés par les institutions culturelles françaises ou étrangères. Des artistes très populaires ou dont la réputation est plus confidentielle et que nous vous offrons de découvrir.

    Un coup de chapeau à notre réseau culturel français dans le monde

    Cette sélection se veut également un hommage à toutes les formes de culture et à notre réseau culturel français qui, à travers les Instituts français ou les Alliances, promeut la diversité des artistes et créations hexagonales ou francophones dans le monde entier. Les véritables héros et héroïnes de la culture ce sont nos diplomates et coopérants, ce sont les personnels de ces structures qui ont résisté à la crise et à qui nous tirons notre chapeau. Car ils font vivre la culture au quotidien, tout simplement. 

    Un français de Los Angeles à l’honneur : Omar Sy dans Lupin

    Il vit à Los Angeles depuis 2012. Depuis le succès incroyable de « Intouchables », ce film à succès qui le fit passer de la catégorie de trublion de la télé à acteur de cinéma à la réputation internationale. En cette année 2021 il s’est imposé auprès des plus jeunes grâce à Lupin, la mise à jour télévisuelle de la série littéraire créee par Maurice Leblanc. Tous les parents qui ont vu leurs enfants réclamer l’achat d’un des livres policiers mettant en scène le célèbre gentleman cambrioleur lui en sont reconnaissants. Tout comme la commune d’Etretat qui abrite la scène du final de la deuxième saison et qui voit les touristes français et étrangers affluer grâce à l’acteur qui fournit un Lupin très convaincant. La série s’est imposée dans le top 10 des séries les plus vues dans le monde, preuve qu’un héros typiquement français peut aussi toucher un public plus universel. Omar Sy a réuni dans l’hexagone plus de 76 millions de spectateurs pour la première saison diffusée en janvier. La deuxième a réuni un public aussi large et on attend la troisième saison bientôt on l’espère. L’occasion de savoir enfin qui a tué le père d’Assane Diop et provoqué son désir de vengeance ? Le suspense reste entier. 

    Omar Sy sur le plateau de la série Lupin

    Un grand Goncourt francophone : « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr

    L’écrivain sénégalais de 31 ans qui a fait ses études en France à l’EHESS méritait pleinement de figurer dans ce classement. On peut parfois gloser sur les raisons commerciales qui justifient l’attribution d’un prix. Mais « La plus secrète mémoire des hommes » mérite pleinement l’hommage rendu par le jury de chez Drouant. C’est son 4ème roman que l’académie Goncourt célèbre ainsi et c’est le premier écrivain d’Afrique subsaharienne qui reçoit cet honneur. 

    L’écriture tout d’abord retient l’attention par son mélange de préciosité dans le choix du vocabulaire et de passages franchement rabelaisiens et drolatiques. Un mariage heureux d’érudition et d’esprit leste. L’intrigue se situe dans le milieu de la diaspora littéraire africaine, le narrateur étant fasciné par « Le labyrinthe de l’inhumain » un livre fascinant de T.C. Elimane, un auteur africain assimilé à un véritable « Rimbaud nègre » et dont tout le monde a perdu trace. C’est donc à une quête littéraire que le narrateur se livre pendant plus de 400 pages avec des rebondissements savoureux. On ne s’ennuie jamais, on jubile devant les expressions choisies par l’auteur et devant les rencontres qui émaillent le récit et le fait rebondir. Un jeune auteur francophone à suivre plus que jamais !

    Coup de projecteur sur le festival du film français de Hong Kong

    53 films à l’affiche pour fêter 50 ans de cinéma français à Hong-Kong en octobre ! Voilà la belle surprise faire par l’équipe de l’Alliance française locale au public francophone du Port Parfumé. Si le festival existe depuis 1972 sous cette forme, c’est depuis 1953 que date la toute première édition avec, à l’époque, une projection des Vacances de Monsieur Hulot montrant le visage d’un cinéma français fantaisiste et amusant. Pour l’édition 2021 qui a réussi à se tenir en salle malgré les fortes contraintes sanitaires, deux films étaient en particulier à l’honneur en ouverture : Titane, la dernière palme d’or controversée de Julia Ducournau, et Aline de Valérie Lemercier, charmant biopic consacré à la vie de Céline Dion.

    Si le festival a été l’occasion de revoir des grands classiques du cinéma populaire, comme la Boum et les allures mutines de Sophie Marceau adolescente, le mariage entre films élitistes ou relevant de la catégorie Arts et essais et d’opus destinés à un plus large public aura permis d’offrir une rétrospective intelligente de ce qui peut faire la force de frappe française en matière de cinéma : une recherche esthétique doublée de modes de narrations originaux, une quête de divertissement alliée à une ambition plus réflexive. Que vive le cinéma français en temps de crise

    Une biennale contre vents et marées

    La 17e Exposition internationale d’Art et d’Architecture de Venise, annulée l’an dernier à cause de la crise sanitaire, a pu se tenir cette année pour le plus grand bonheur des amateurs d’art contemporain. Le pavillon français interrogeait la notion de vivre-ensemble, sujet capital en ces temps de repli sur soi et de doute collectif. Le pavillon avait été réalisé par l’architecte Christophe Hutin pour y présenter « Les communautés à l’œuvre” à travers plusieurs films réalisés sur place dans un Township sud-africain, un immeuble sud-américain, notamment. Les captations vidéos sont toutes disponibles en ligne pour mettre en valeur l’échange entre  des artistes et des habitants qui indiquent comment l’art et la création leurs permettent de tisser du lien social malgré la pauvreté locale ou la période épidémique qui distend les relations humaines. Les vidéos qui ont été tournées sur quatre continents disent l’universalité des défis propres aux communautés filmées (rénover l’habitat, animer les espaces, cultiver même en milieu urbain, s’approvisionner) et la singularité des sujets (cette jeune femme qui dit son bonheur d’avoir pris l’avion pour la première fois mais aussi le retour aux réalités du township après la fin du projet). 

    L’art au service de l’humain et comme trait d’union, voilà un message que nous voulions célébrer à travers notre rétrospective culturelle. 

    https://communautes-biennale.fr

    « La jeune femme et la mer », une Française au Japon

    La saison croisée France-Japon n’a pas eu lieu cette année. L’événement qui devait se tenir dans les deux pays a été annulé à cause de l’épidémie. On mesure là les dégâts et les frustrations que peuvent générer la Covid qui a frappé de plein fouet un secteur culturel lourdement éprouvé dans le monde par les annulations et les reports.

    Mais comme un symbole d’une culture de résistance nous avons voulu mettre en lumière le travail de Catherine Meurisse en matière de BD. « La jeune femme et la mer » est le fruit de plusieurs séjours au Japon de l’artiste qui a trouvé dans la culture locale et en particulier dans l’observation de la nature une source de renouvellement de son art. L’artiste  a pu résider plusieurs mois à la Villa Kujoyama, une résidence d’artistes gérée par la France et située à Kyoto, ville considérée comme la capitale culturelle du pays. La dessinatrice possédait en arrivant au Japon une œuvre déjà solide, avait travaillé pour Charlie Hebdo et avait à son actif plusieurs dizaines d’albums marqués par un style fait de références culturelles et d’humour. « La jeune femme et la mer » est une véritable ode à la nature qui met en scène un double de l’artiste dans ses premiers pas au Japon face à une culture très codifiée. Catherine Meurisse a connu la consécration récente d’être introduite à l’académie des beaux-arts en tant que première femme dessinatrice de BD. Une BD raffinée et drôle à découvrir ou offrir pour les fêtes. 

    https://www.institutfrancais.com/fr/oeuvre/la-jeune-femme-et-la-mer-une-bande-dessinee-de-catherine-meurisse

    Un essai coup de poing : David Di Nota et la contre-enquête sur l’assassinat de Samuel Paty

    Pour finir cette rétrospective nous souhaitions évoquer un Français de Londres installé dans la capitale britannique depuis trois ans. Ce romancier et traducteur est à l’image de nombre de nos compatriotes vivant dans la mégapole londonienne : un esprit cosmopolite et polyglotte.

    L’auteur a récemment commis un ouvrage consacré au professeur assassiné par un fanatique islamiste voilà déjà un an. Cette contre-enquête apporte un point de vue engagé et montre les étapes qui ont conduit au drame. 

    Avec cet essai intitulé « J’ai exécuté un chien de l’enfer », nous avons voulu mettre en lumière les Français qui dans le monde s’engagent au service de la liberté d’expression en prenant la plume ou en tournant caméra au poing.

    Car la culture permet de divertir les femmes et les hommes mais donne aussi matière à stimuler leur réflexion.  

    Bonnes et joyeuses fêtes à tous et que l’année 2022 soit riche au plan culturel et au plan humain. 

  • En France, la révolution ferroviaire commence

    En France, la révolution ferroviaire commence

    Une révolution dans le monde du rail : en décembre, les premiers trains de Trenitalia ont fait leur entrée en gare de Lyon, à Paris. La « FrecciaRossa » (« Flèche Rouge »), le service voyageur de l’opérateur italien, assure jusqu’à deux allers-retours par jour entre Paris et Milan. Et une première sur le marché de la grande vitesse, dit « open-access », dont le marché a été ouvert l’année dernière. Si les TER et les Intercités avancent timidement sur le dossier de l’ouverture à la concurrence – à quelques exceptions près, comme la liaison Nice-Marseille – la transition s’accélère donc avec en première étape la ligne Paris-Lyon, la plus rentable d’Europe, où circulent 240 trains par jour.

    Lignes grande vitesse

    Sur les trains à grande vitesse, où la concurrence se fait en « open access », en accès libre, comme dans l’aérien, avec plusieurs compagnies desservant les mêmes destinations, il est peu probable qu’on voit d’autres compagnies arriver avant au moins 2023.

    La compagnie espagnole Renfé est intéressée mais a déjà dénoncé les conditions d’entrée sur le marché français : prix des péages ferroviaires jugés trop élevés, contraintes d’adaptation du matériel, etc. Elle a toutefois décidé d’ouvrir une succursale à Paris, preuve de ses intentions à terme.

    Et elle a engagé fin octobre des « contacts préliminaires » pour pouvoir concurrencer l’Eurostar entre Paris et Londres, en passant par le tunnel sous la Manche malgré le contexte sanitaire et les conséquences du Brexit.

    Mais il n’y a pas que les grandes lignes qui sont désormais ouvertes à la concurrence, ainsi les régions partent en rébellion contre la SNCF.

    Lignes transfrontalières

    Lors de sa séance plénière du 20 décembre, le Conseil régional du Grand Est a voté l’ouverture à la concurrence de sept lignes ferroviaires, pour une prise d’effet dans trois ans. Il s’agit de lignes à destination de l’Allemagne représentant un total de 525 kilomètres au départ de Metz, Strasbourg et Mulhouse vers les villes de Trèves, Sarrebruck, Neustadt, Karlsruhe, Offenbourg et Müllheim.

    Des lignes qui représentent aujourd’hui « un potentiel sous-utilisé par la SNCF » selon la collectivité. L’avis d’appel à la concurrence doit être publié « d’ici la fin du mois », en commun avec les trois Länder concernés, pour une désignation des lauréats mi-2023. Le marché, d’une durée de 15 ans et qui inclut la reprise du personnel, sera ouvert à « tout opérateur, français, allemand ou autre », a ajouté David Valence, vice-président aux Transports, lors d’un point presse préalable. Cette ouverture devrait, selon lui, « multiplier l’offre par deux à quatre selon les tronçons, en réponse à une  » forte demande  »  et même la créer sur les lignes Metz-Trèves et Strasbourg-Karlsruhe» qui ne comptent actuellement aucun train en semaine.

    Lignes régionales

    Le 28 octobre 2021 fera date pour la SNCF et le Conseil Régional PACA. C’est une première en France, un transporteur privé, la société Transdev, assurera la circulation des trains sur la ligne TER Marseille-Nice à partir de juillet 2025. Cette décision, votée pendant l’assemblée plénière du Conseil Régional PACA, prévoit de doubler le nombre de trains en circulation avec 14 allers-retours par jour entre Marseille, Toulon et Nice.

    Mais ce n’est pas la seule région à se préparer au grand bond. En effet, Xavier Bertrand est lui aussi parti en guerre contre la SNCF. Le conseil régional des Hauts-de-France, qu’il préside, estime que la compagnie est responsable des « dysfonctionnements, retards et suppressions de trains sur le réseau TER ». En conséquence, la région, qui paie la SNCF pour l’exploitation de ses lignes de TER, a tout simplement décidé mercredi de suspendre les paiements. À l’issue d’une réunion jugée constructive avec des représentants de la compagnie ferroviaire, ce vendredi, Franck Dhersin, vice-président de la région, a précisé que la région ne reprendrait ses paiements à la SCNF que lorsque le service des TER se sera amélioré. Logiquement, la région Hauts-de-France a lancé un appel d’offres sur trois lignes de TER : l’étoile de Saint-Pol-sur-Ternoise, la liaison Paris-Beauvais et l’étoile d’Amiens, résultat en 2022.

    Encore de nombreux obstacles

    La concurrence s’organise donc pour récupérer une partie du monopole exercé par la SNCF pendant plus de trente ans. Mais le virage demandera un bon chef de bord ! Car il faudra, pour ces concurrents, rattraper l’expérience de l’opérateur historique et entrer dans l’administration d’un réseau qui pourrait réserver quelques chausse-trappes. Cahier des charges ubuesque, normes impossibles à tenir, pénurie de matériel de sécurité… Le chemin peut être long, et décourageant, avant de réussir à faire rouler un train sur le réseau français.