Depuis la sortie des confinements, la Banque centrale européenne parie sur une inflation transitoire essentiellement issue de l’augmentation du prix des biens importés.
La Réserve Fédérale américaine a une autre vision de l’inflation en lien avec la situation économique locale. Les plans de relance décidés par Donald Trump et Joe Biden ont provoqué une hausse de la demande et mettent sous tension l’offre. Il en a résulté une augmentation des prix sur laquelle s’est greffée la hausse des prix des matières premières et de l’énergie. Depuis plusieurs semaines, la Réserve Fédérale affiche sa volonté de ramener rapidement l’inflation totale des États-Unis à 2%. Elle a clairement indiqué son intention de relever significativement ses taux directeurs. Cette politique s’accompagne d’une politique budgétaire restrictive qui réduira la demande finale. Le déficit public qui avait atteint 14% du PIB en 2021 devrait revenir autour de 4 points de PIB en fin d’année. L’effort de réduction est sans commune mesure avec celui pratiqué au sein de la zone euro.
Une politique beaucoup plus accommodante
La politique budgétaire de la zone euro, à la différence de celle des États-Unis, reste expansionniste en 2022 et 2023 avec un déficit de plus de 5 points de PIB. La BCE affiche une politique beaucoup plus accommodante.
Si les taux directeurs de la FED évoluent entre 2,25 et 2,50 %, ceux de la BCE sont compris dans une fourchette bien plus basse (0,75 à 1,25 %). Un tel écart de politique monétaire s’explique par la nature en partie différente de l’inflation. La BCE estime que celle-ci est avant tout importée et que les salaires augmenteront peu.
Une décrue de l’inflation dès 2023
Si ce scénario s’avère exact, une décrue de l’inflation pourrait intervenir en 2023. En ce début d’automne, le prix du pétrole s’est stabilisé autour de 90 dollars le baril quand ceux des métaux non précieux sont en recul. Seuls le gaz et l’électricité demeurent orientés à la hausse.
Le scénario de la BCE pourrait être mis à mal en cas d’amplification des revendications salariales. Actuellement, la hausse des salaires reste inférieure au taux d’inflation : 4 % contre 9 %. Les tensions au sein des entreprises ont néanmoins tendance à s’accroître. Du fait de l’absence de gains de productivité, les entreprises seront dans l’obligation de répercuter sur les prix de vente une part non négligeable des hausses de salaire, ce qui alimentera l’inflation.
Les hausses salariales pourraient être contenues si les pouvoirs publics maintiennent les boucliers tarifaires et les ristournes. Les déficits budgétaires se substituent ainsi aux hausses des salaires.
Un problème de solvabilité des Etats
Cette politique aboutit à un accroissement de l’endettement public qui, par ailleurs, rend de plus en plus difficile une hausse des taux. Celle-ci pourrait provoquer un grave problème de solvabilité des États et une fragmentation de la zone euro. Or, l’autre objectif de la BCE est d’éviter autant que possible une récession importante et longue aux États de la zone euro qui a déjà été confrontée à quatre grandes crises en quinze ans : la crise des subprimes, celle des dettes publiques, l’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine.
Au fil des mois, le pari de la BCE apparaît de plus en plus hasardeux, la dynamique de l’inflation risquant de mettre sous tension les finances publiques des États membres d’autant plus que la croissance ralentit et que les gains de productivité sont nuls.
Bonjour à tous, on est le 27 septembre, dans votre édition du mardi aujourd’hui on parle du résultat des élections en Italie, d’Olivier Becht de retour de sa tournée dans l’Indo-Pacifique et des premières informations sur le budget 2023 en France.
Les Français sont sur le qui-vive
C’est ainsi que parle Gaëlle Barré, la Présidente du conseil consulaire de Rome, dans une interview à retrouver sur lesFrancais.press ou à écouter à midi et à minuit (CET) sur l’antenne de la radio des Français dans le monde. Avec Gauthier, elle décrypte pour nous le résultat de l’élection italienne tout en relativisant l’impact de la montée de l’extrême droite, l’Italie ayant besoin de l’UE plus que jamais. Cependant les Français comme les autres communautés étrangères s’inquiètent de l’état d’esprit qui se développe en Italie.
Le Ministre des Français de l’étranger de retour d’une tournée en Australie, à Singapour et en Indonésie.
Olivier Becht est aussi ministre du commerce extérieur, c’est dans le cadre de ces fonctions qu’il était donc en mission dans ces 3 pays. Sur place, il a pourtant tenu son engagement de rencontrer les communautés françaises. Il en a profité pour leur rappeler les engagements du gouvernement pour les Français de l’étranger et est revenu en France avec de nouveaux accords et contrats. Une mission réussie pour Olivier Becht.
Le budget 2023 se dévoile en France
Le gouvernement a présenté ce lundi son projet de loi de finances (PLF) pour 2023, un budget qu’il estime « responsable et protecteur », selon l’expression du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Au menu : bouclier tarifaire, transition écologique, croissance à 1%, inflation à 4,5% et plus de fonctionnaires et moins d’impôts, une équation qui semble être trop belle pour être vraie. Les discussions pour son adoption ne font que commencer.
C’est tout pour aujourd’hui, à demain pour une nouvelle édition consacrée à l’actualité des expatriés
Avec Stereochic, on reçoit Gaëlle Barré, présidente du conseil consulaire d’Italie du sud et résidente à Rome depuis 25 ans (elle est aussi une des personnalités à l’origine du baromètre des Français de l’étranger). Ensemble, on revient sur les élections italiennes de ce dimanche 25 septembre qui a vu une vague post-fasciste déferler sur l’Italie. Un vote qui interpelle les Français et plus généralement tous les Européens.
Une admiratrice de Mussolini
« Fratelli d’Italia », mené par Giorgia Meloni, est arrivé en tête des élections législatives italiennes avec près de 44% des voix, dont 25% pour le seul parti de la nouvelle madone italienne. Et pourtant cette dernière s’inscrit dans la mouvance néo-fasciste, alors que la politicienne assure avoir adouci ses positions. Mais à l’âge de 19 ans, Giorgia Meloni n’hésitait pas à dire son admiration pour Mussolini.
La coalition (droite et extrême droite) dont elle devrait prendre la tête est donnée en tête avec environ 43 % des voix puisque La Ligue (mouvement d’extrême droite mené par Matteo Salvini) est créditée de 8 à 12 % tandis que Forza Italia (partie de Silvio Berlusconi) pourrait obtenir de 6 à 8 %. Si ces résultats se confirmaient, FdI et la Ligue remporteraient ensemble « le pourcentage le plus élevé de votes jamais enregistré par des partis d’extrême droite dans l’histoire de l’Europe occidentale de 1945 à aujourd’hui », a relevé le Centre italien d’Etudes électorales (CISE).
Pour l’élue consulaire, Gaëlle Barré, Meloni est plus une souverainiste qu’une populiste. Comme Marine Le Pen, elle est pour des Etats forts au sein de l’Union européenne mais aussi une grande conservatrice qui s’oppose au droit des homosexuels ou à l’avortement.
« Elle n’est pas populiste, c’est une véritable souverainiste. (..) Elle est dangereuse car elle fera tout pour mener son projet à terme »
Gaelle Barré, Présidente du Conseil consulaire de Rome
De droite à gauche Matteo Salvini, Silvio Berlusconi, Giorgia Meloni, le 22 septembre 2022 (AP Photo/Gregorio Borgia)
Une ombre sur le projet européen
Après une poussée du Rassemblement national en France, une bascule en Suède, les cas de la Pologne et en Hongrie, l’Italie rejoint le club, comme les deux derniers pays cités, des pays dirigés par des souverainistes.
Une situation qui inquiète à Bruxelles, à Paris, mais aussi à Rome, Gaëlle Barré, dans le podcast, revient sur les difficultés que rencontre l’Union européenne pour expliquer, transmettre, le projet européen aux peuples.
Pour les expatriés, l’Union européenne a pourtant été un vent de liberté, instaurant un ensemble de droits communs aux citoyens du continent, et en premier lieu la liberté de circuler et de s’installer dans tous les Etats membres de l’espace Schengen. Une inquiétude que partage Gaëlle Barré, tout en la nuançant comme elle l’explique dans le podcast disponible en fin d’article, elle revient ainsi sur l’Europe solidaire.
« J’ai envie de rester positive, depuis la crise de la Covid, l’Italie est bénéficiaire d’un fond européen très consistant. Giorgia Meloni ne remettra pas en cause les bases, l’Italie a besoin de ces fonds »
Gaelle Barré, Présidente du Conseil consulaire de Rome
« Les Français sur le qui-vive «
Enfin, on conclut sur le sentiment que partagent nos compatriotes installés, sur place : l’inquiétude. Alors que le projet européen est clairement attaqué par l’adhésion de 25% du corps électoral italien au parti de Giorgia Meloni, il est naturel que les communautés étrangères installées dans le pays se sentent visées. Et cet état d’esprit est bien celui des Français d’Italie qui sont donc en attente des premières décisions du nouveau gouvernement en gestation ; comme le dit la présidente du conseil consulaire, nos compatriotes sont sur le qui-vive.
Gaëlle Barré
Cependant, comme le rappelle Gaëlle Barré, la dépendance de l’Italie aux financements européens est trop importante pour que le cadre de l’Union soit remis en cause. En sus, comme nous le signale l’élue des Français de Rome, les liens entre la France et l’Italie sont nombreux, déjà les 50 000 Français installés dans le pays (même si le nombre exact est difficile à déterminer), mais aussi les volumes d’échanges entre nos deux pays et les investissements respectifs de chaque côté de la frontière.
La victoire de Giorgia Meloni est un signal fort envoyé à tous, mais pour Gaëlle Barré, la situation de l’Italie ne lui permet pas de se passer de l’UE et la nouvelle femme forte du pays va devoir l’expliquer à ses compatriotes. C’est en tout cas le souhait de l’élue consulaire, et à ne pas en douter, de nos compatriotes sur place.
Olivier Becht, le ministre des Français résidant hors de France, est aussi celui du Commerce extérieur. La semaine dernière, il a visité des pays dans l’Indo-Pacifique où il était venu renforcer le volet économique de la stratégie française. Un premier déplacement qui l’a mené d’Australie à l’Indonésie, sans oublier Singapour. Les observateurs étaient particulièrement attentifs aux relations entre Paris et Canberra après l’affaire des sous-marins.
Réchauffement des relations avec l’Australie
Lors de son séjour à Sydney, Olivier Becht avait la lourde mission de relancer les relations économiques entre nos deux pays. Pour cela, il a vanté les mérites des champions français du transport urbain, tels que Keolis ou Transdev, déjà très bien implantés en Australie, et le rôle qu’ils pourraient jouer pour réduire la dépendance des villes et des Etats australiens à la voiture. Autre entreprise mise en avant, la société Neoen, qui produit déjà plus de 2000 MW d’électricité issus du solaire et de l’éolien et exploite quelques batteries géantes de stockage en Australie.
Olivier Becht a également profité de son séjour pour évoquer la question des matériaux critiques, dont le sous-sol australien regorge, et qui sont essentiels à la construction de batteries rechargeables. Un domaine dans lequel la France ambitionne de devenir un acteur majeur. « C’est un sujet sur lequel on veut travailler avec l’Australie. Nous sommes aussi là pour sécuriser et diversifier nos approvisionnements en terres rares, en nickel, en cobalt, en lithium, et pour voir comment on peut travailler ensemble sur le raffinage de ces produits », précise le ministre.
A la fin de son séjour en Australie, le ministre délégué auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a prononcé un discours à Sydney devant la communauté française, comme il s’était engagé à le faire lors de chaque déplacement. Après la séquence pandémie qui a isolé nos compatriotes de longs mois de la France, Olivier Becht était venu porter un message de solidarité et de « retour à la normale ». Une situation appréciée par les expatriés sur place qui sont de plus en plus nombreux, le pays attirant énormément les moins de 30 ans. Le ministre en a aussi profité pour évoquer le potentiel voyage du Président de la République sur l’île-continent courant novembre.
Olivier Becht devant la communauté française à Sydney
A Singapour, à la recherche de terres rares
A Singapour, deuxième port du monde et quatrième destinataire des flux d’investissements directs étrangers (IDE) français, le ministre Olivier Becht a continué sa quête de terres rares. Il ainsi évoqué avec les autorités de la Cité-Etat et les principaux armateurs les opportunités pour la France de diversifier ses chaînes d’approvisionnement notamment en matière de ces fameux métaux critiques.
S.Iswaran et O.Becht
Mais ce n’est pas tout, Olivier Becht est rentré à Paris avec du concret. Avec le ministre en charge des relations commerciales de Singapour, S. Iswaran, ils ont adopté le plan de travail du Partenariat numérique et vert France-Singapour (DGP), couvrant des domaines tels qu’un programme de co-innovation pour soutenir des projets communs de R&D de Singapour et d’entreprises françaises, des systèmes d’étiquetage de cybersécurité, d’Intelligence Artificielle, et de conservation du patrimoine.
En Indonésie, à la conquête d’un nouveau marché
En Indonésie, la France veut accompagner la reprise économique qui s’opère dans ce pays de plus de 270 millions d’habitants, et proposer en particulier son expertise dans le domaine des énergies renouvelables, du numérique et du développement urbain.
Le ministre délégué au Commerce extérieur a prolongé son séjour sur place pour participer également à la réunion des ministres du commerce du G20 à Bali du 21 au 23 septembre 2022. Il y a réaffirmé l’engagement de la France à promouvoir un commerce libre et équitable, fondé sur les règles du système multilatéral.
Dans la capitale Jakarta, Olivier Becht a aussi organisé une rencontre avec la communauté française sur place. Petite communauté, mais bien organisée et qui sait se faire entendre, c’est d’ailleurs de là-bas que le groupe Facebook « Mécontents de la CFE » est piloté.
Mais le discours d’Olivier Becht était sur le ton de l’enthousiasme et de la mobilisation économique. Ainsi, il a rappelé une fois de plus que « les Français de l’étranger sont les porte-drapeaux et les ambassadeurs de la France ». Il leur a demandé de participer activement aux objectifs français. Notre pays, en effet, voudrait bien exporter plus dans la région et en particulier via les PME. Pour cela, il a déclaré que les acteurs français sont prêts à investir sur le marché indonésien. Pour rappel, ce marché émergent est le 4ème plus peuplé au monde. Inversement, il y a encore peu d’investissements indonésiens en France, Olivier Becht a donc demandé à nos compatriotes de faire la promotion de notre pays et de son économie.
Les acteurs belges font les beaux jours du cinéma français, comme Emilie Dequenne qui illumine « Chez nous », le beau film de Lucas Belvaux avec André Dussolier et Catherine Jacob. A quelques jours de l’ouverture du Festival international du film francophone de Namur, TV5MONDE avec Louis Héliot fait le point sur la place des Belges francophones dans le cinéma français.
La Belgique est peut-être trop petite pour tous les talents qu’elle produit, nous dit avec une pointe d’humour Louis Héliot, chargé du cinéma au Centre Wallonie-Bruxelles. « La plupart des Belges ne sont pas cocardiers, ils ne revendiquent pas leur nationalité. » Il publie « Ces Belges qui font le cinéma français » aux éditions Ces impressions nouvelles.
Louis Héliot, le trait d’union entre Bruxelles et Paris
Conseiller cinéma et responsable de la programmation cinéma du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris depuis 1992, Louis Héliot fait le lien entre les professionnels belges et français pour favoriser la production, la distribution et la diffusion des films belges francophones. Il organise plusieurs festivals annuels dont « Le Court en dit long » — compétition de courts métrages belges ou franco-belges — et la « Quinzaine du cinéma francophone » — sélection de films inédits en provenance des pays de la Francophonie.
Festival international du film francophone de Namur
A la manoeuvre, Louis Héliot est la pierre angulaire du Festival international du film francophone de Namur.
Depuis 1986, ce festival promeut et diffuse des longs métrages et des courts métrages de fiction, d’animation ou documentaires, reflets de la diversité de la Francophonie. Chaque année, plus de 120 films sont présentés au public namurois, avec une place importante consacrée au cinéma belge et à ses artisans. Une trentaine de longs et une dizaine de courts métrages de production française sont proposés chaque année aux 30 000 spectateurs présents.
Les Russes qui quittent leur pays par crainte d’être mobilisés ne remplissent pas les conditions pour se voir accorder un visa humanitaire en République tchèque. C’est ce qu’a déclaré jeudi (22 septembre) le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský.
Cette déclaration, reprise par l’agence de presse tchèque, fait suite à l’annonce par le président russe Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle en Russie, ayant entraîné une augmentation des départs du pays.
La République tchèque et les pays baltes disent non, l’Allemagne dit oui
La République tchèque a été le premier État membre de l’Union européenne à interdire les visas touristiques pour les Russes après le début de la guerre en février, et le visa humanitaire est le seul type de visa encore disponible pour des cas exceptionnels. Les personnes qui luttent contre le régime du Kremlin ou les militants des droits de l’homme en peuvent notamment en bénéficier.
Jeudi, la Commission européenne a déclaré qu’il appartiendrait à chaque État membre de décider d’accepter ou non sur son territoire des personnes en provenance de Russie.
Contrairement à la République tchèque, l’Allemagne accueillera les Russes quittant leur pays, ont confirmé des ministres jeudi.
En revanche, les États baltes affirment qu’ils n’accorderont pas l’asile aux Russes fuyant la mobilisation militaire.
La Finlande, seul Etat européen ouvert à tous les Russes
Le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, a déclaré que la mobilisation annoncée par Vladimir Poutine justifiait un durcissement de la politique européenne en matière de visas russes. La frontière finlandaise reste pour l’instant la seule frontière de l’Union partiellement ouverte aux Russes.
« Nous devrions leur accorder l’asile. En toute sécurité pour eux et pour nous. Et sous réserve d’une déclaration claire condamnant [Vladimir] Poutine et le régime russe actuel », a indiqué Vladimír Votápek, analyste en relations internationales, sur Twitter.
« Personnellement, je ne suis pas favorable à l’idée d’aider activement les Russes à fuir le pays, mais un soldat russe réfugié vaut mieux qu’un soldat russe sur le front. Mais le fait qu’il y aura des milliers de déserteurs est en réalité une véritable révolution », a confié l’eurodéputée tchèque Michaela Šojdrová du PPE à EURACTIV.
Selon elle, les familles des déserteurs comprendront pourquoi leurs pères fuient. « Les citoyens russes doivent comprendre qui est [Vladimir] Poutine et jusqu’où il les a menés. Ils doivent eux-mêmes se rebeller et faire le ménage, rétablir la liberté et la démocratie », estime l’eurodéputée.
Un vote, confirmant l’isolement de la Russie, a donné à Zelensky ce privilège de s’adresser à l’assemblée de l’ONU en visioconférence. Dénonçant « le crime » de l’invasion, il a demandé un « juste châtiment ». Il aurait pu citer Dostoïevski : « Je ne comprends pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder une ville que d’assassiner quelqu’un à coups de hache »
Y aura-t-il un tribunal spécial à Moscou ?
A des milliers de kilomètres de là, Khieu Samphan, le dernier dirigeant des Khmers rouges, ancien chef de l’Etat, était une nouvelle fois condamné à la perpétuité par le tribunal spécial de Phnom Penh pour crimes contre l’humanité : génocide, meurtres, esclavage, viols, violations des conventions de Genève, etc. Deux millions de personnes ont été victimes des Khmers rouges. Le procès avait commencé en 2011. Khieu Samphan, en prison, a 91 ans. Le gouvernement cambodgien, dirigé par Hun Sen, un ancien Khmer rouge, décrit la Cour spéciale, malgré les critiques, comme un « modèle pour poursuivre les crimes graves et les massacres dans le futur au niveau international ». Y aura-t-il un tribunal spécial à Moscou ?
En juin dernier, un ancien sous-officier SS de 101 ans a été condamné à cinq ans de prison par un tribunal allemand. Faut-il condamner des vieillards ? En 897, le Pape Formose fut déterré, jugé et condamné par son successeur. Le jugement, même post mortem, compte.
La Cour Pénale Internationale enquête sur les crimes en Ukraine depuis le 2 mars. Créée en 1998, elle juge les responsables de crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Il existe un droit universel qui s’impose à tout Etat.
Que des chefs d’état puissent être jugés se heurte à deux obstacles. Le premier, est qu’ils représentent des Etats « souverains », que seuls les Etats en question peuvent juger. C’est le cas au Cambodge, comme ce fut le cas en Irak pour Saddam Hussein (ou pour Pétain). Qu’une Cour internationale juge des « souverains » étrangers implique que l’Etat n’est pas la source du droit, qu’il existe un droit universel, qui s’impose au droit des Etats. C’est l’état de droit appliqué aux affaires internationales : l’Etat soumis au droit. Il existe un droit universel qui s’impose à tout Etat.
Le Traité de Versailles prévoyait déjà la comparution de Guillaume II devant un tribunal international, ce qui était justifiée par la « morale internationale ». La Société des Nations en découle, elle imagine un tribunal qui se chargerait des crimes contre la paix. Ce sera Nuremberg, mais Nuremberg n’intervient qu’avec la défaite totale de l’ennemi.
Le second obstacle est celui du réalisme. Comment juger des dirigeants quand on veut la paix ? L’objectif est-il de renverser le « régime » de Poutine ?
L’annonce d’un jusqu’au-boutisme juridique n’oblige-t-il pas l’adversaire à se battre jusqu’à l’intransigeance ? Milosevic aurait-il accepté les accords de Dayton qui mirent fin à la guerre dans l’ex-Yougoslavie s’il avait su qu’il serait jugé ?
La question se repose comme un dilemme entre la paix et la justice. La justice est-elle un obstacle à la paix ? La paix peut-elle s’établir sans la justice ?
La justice est-elle un obstacle à la paix ?
Le tribunal pour l’ex-Yougoslavie a prononcé 90 condamnations, dont une contre l’ex-chef d’Etat Milosevic. Celui pour le Rwanda a prononcé 61 condamnations. Condamnations presque symboliques, par rapport aux drames. Elles permettent d’établir des faits, des vérités incontestables, indispensables pour les victimes. Le crime n’est pas nié. Elle établit surtout une grille de lecture universelle de la notion de crime. Personne ne peut dire qu’il s’agit d’un droit « occidental » : La Cour applique (…) les principes généraux du droit dégagés par la Cour à partir des lois nationales représentant les différents systèmes juridiques du monde. (…) L’application et l’interprétation du droit doivent être compatibles avec les droits de l’homme internationalement reconnus (…) (art. 21). Un crime de guerre est un crime de guerre, un crime contre l’humanité est un crime contre l’humanité, quel que soit le pays, la culture, le droit du pays. Impérialisme ? Justice universelle.
Milosevic en audience au tribunal pour l’ex-Yougoslavie en 2001
Peut-on dialoguer avec Poutine en exigeant un châtiment ?
Ce que montre la dénonciation des crimes et la demande de justice est le retour de la « morale » en politique internationale, exigence désertée depuis les errements du Patriot act.
Peut-on dialoguer avec Poutine tout en exigeant un châtiment juste ? Pendant que de crimes de guerre s’accomplissent, des discussions se poursuivent. L’exportation des céréales, l’échange de prisonniers, l’inspection de la centrale de Zaporijia ont eu lieu, que ce soit par l’intermédiaire de l’ONU, d’Erdogan, ou même de la France.
La recherche du compromis est-elle compromission ? Traite-on avec des assassins ? C’est ce qu’ont fait les Américains avec les Talibans, les Colombiens avec les Farc, les Algériens avec les groupes djihadistes du Sahel, les Israéliens avec le Hamas, et tant d’autres.
Parler avec le diable, « même si cela sent mauvais » dit le Pape, qui sait de quoi il parle. « Avec qui puis-je faire la paix si ce n’est avec mon ennemi ? » m’avait dit Shimon Peres à propos d’Arafat.
Parler avec Human Bomb, le Poutine qui agite la menace nucléaire, est indispensable. Cela se fait dans n’importe quelle prise d’otage. Ce n’est pas seulement la population ukrainienne qui est menacée, ni les Européens : ceux qui sont pris en otage, ce sont d’abord les Russes. Ils fuient par milliers, par la Finlande, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie. Pour annoncer la mobilisation de 300.000 hommes, il en menace 1 million.
Dans l’escalade, un espoir de paix ?
Curieusement, cela peut être un espoir de paix. Non seulement par la révolte, mais parce que cette escalade traduit un désarroi qui sonne aussi comme une demande de paix : j’annexe des territoires au mépris de tout droit et de tout bon sens, je mobilise jusqu’à l’inutile, je menace avec la bombe nucléaire, je dénonce les États-Unis comme belligérants : retenez-moi ou je fais un malheur. Discutez avec moi, vous Américains, car les Ukrainiens sont jusqu’au-boutistes. Maintenant, car après ce sera trop tard (Après, qu’aurais-je à donner ?).
Ne jamais acculer l’adversaire au désespoir. Ne jamais abandonner le dialogue. Depuis longtemps Poutine a perdu sa guerre. La seule question est de savoir comment elle se termine, quand, avec quel poids de malheur et de haine.
Ne jamais rompre complétement l’idée d’une paix possible. Ne jamais non plus lâcher l’idée d’une justice à venir.
Un jour, qui sait, le peuple russe demandera justice.
Ce n’est pas que de l’idéalisme. Que chaque soldat, chaque officier, chaque général, dans un bureau ou sur le front, imagine qu’un jour, il rendra des comptes. Jamais guerre ne fut plus transparente. Les enquêteurs de l’ONU ont déjà récolté des preuves de crimes en Ukraine. L’idéal serait qu’ils les donnent à un tribunal russe. Un jour, qui sait, le peuple russe demandera justice. Cette justice-là assurera la plus sûre des paix.
N’est-ce pas, finalement, ce que signifie la condamnation du dernier Khmer rouge, celle du dernier gardien de Dachau ? Rien ne sera jamais oublié, aucun criminel ne peut être sûr d’échapper au châtiment.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour à tous, bienvenue dans votre flash du 26 septembre. Aujourd’hui on parle de la situation de nos compatriotes à Moscou – de la fin de la quarantaine à Hong-Kong et le gouvernement français qui s’attaque aux arrêts de travail délivrés en visioconsultation
A Moscou, l’ambiance devient anxiogène
Et c’est un euphémisme. Si du côté des autorités françaises, l’Ambassadeur a écrit aux Français installés en Russie afin de leur rappeler les consignes de prudence. En effet pour la section consulaire la sécurité de nos compatriotes n’est pas encore menacée. Sauf pour les binationaux qui peuvent être mobilisables. Depuis l’annonce de mercredi dernier, des filières pour leur permettre de sortir du territoire se sont mises en place. A découvrir dans l’interview du conseil des Français de Moscou Franck Ferrari sur Lesfrancais.press et à 12h et minuit sur votre radio.
Ambassade de France en Russie
Les expatriés soulagés à Hong-Kong
Depuis aujourd’hui, il n’y a plus lors de l’entrée sur le territoire de Hong-Kong de quarantaine à l’hôtel ni de test PCR avant l’embarquement, il est remplacé par un test antigénique négatif à présenter avant de décoller. Cependant, les arrivants devront toujours faire un test PCR à l’aéroport mais ils seront autorisés à rentrer chez eux ou sur leur lieu de résidence pour attendre le résultat. Par contre, si le test est positif, une quarantaine sera mise en place dans le centre spécial ouvert par les autorités à Penny’s Bay. Un centre qui a laissé de mauvais souvenirs à nos compatriotes qui ont été dépistés à la Covid-19.
Attal s’attaque aux arrêts maladie frauduleux
Gabriel Attal – Ministre du Budget
Le gouvernement veut dérembourser les arrêts de travail délivrés en téléconsultation lorsque ceux-ci ne sont pas délivrés par le médecin traitant, a annoncé le ministre de l’Action et des Comptes publics Gabriel Attal dans un entretien au Journal du Dimanche.
Selon l’avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale, dévoilé par l’Agence de presse médicale et consulté par l’AFP, la mesure doit entrer en vigueur au 1er juin 2023.
C’est tout à aujourd’hui ! Prenez soin de vous où que vous soyez
Depuis la déclaration surprise de Vladimir Poutine du mercredi 21 septembre 2022, les relations entre les Occidentaux et la Russie se dégradent d »heure en heure. Comme à chaque fois que l‘actualité le nécessite, la rédaction du site Lesfrancais.press a interrogé sur l’antenne de Stereochic, la radio des expatriés dans le monde, l’élu des Français de Russie, Franck Ferrari.
Départs massifs de Moscou
Franck Ferrari ne fait pas mystère d’une dégradation de l’état d’esprit de la population russe. L’annonce de Vladimir Poutine a entrainé toute une palette de réactions émotionnelles, inhabituelles chez les Moscovites.
Si les rues restent calmes, les accès aux sorties de la ville sont désormais saturés en permanence. Signe de départ massif, les Russes potentiellement mobilisables cherchent à quitter le territoire. Et ce alors que ce dimanche 25 septembre, l’Etat russe a promulgué une loi condamnant tous ceux qui cherchent à fuir leurs obligations militaires à dix ans de prison.
Les binationaux mobilisables
Du côté des autorités françaises, l’Ambassadeur a écrit aux Français installés en Russie afin de leur rappeler les consignes de prudence. La sécurité de nos compatriotes n’est pas encore menacée.
Comme l’indique Franck Ferrari au micro de Stereochic, on est « encore dans l’attention », et il n’est pas prévu de procéder à des évacuations. Cependant, le décret de mobilisation a provoqué un trouble dans la communauté des Français de Russie.
Si les expatriés ne sont pas concernés par cet ordre, sauf à travers leur entourage russe qui pourrait être mobilisé, la situation administrative des binationaux est beaucoup plus inquiétante comme celle des époux russes de Françaises. En effet, ces derniers, citoyens russes, sont évidemment aussi concernés par les catégories classant les hommes entre ceux qui doivent ou peuvent ou non rejoindre le front.
« Sans rentrer dans la panique à bord, il y a des décisions à prendre »
Franck Ferrari, Conseiller des Français de Russie
Logiquement, les familles concernées s’interrogent sur un éventuel engagement auprès de la Russie alors que la France serait dans un camps adverse, ou tout simplement ne se sentent pas concernés par ce conflit. Ainsi, depuis mercredi dernier, les consulats comme les élus français du pays sont questionnés sur les modalités de départ vers la France.
« Désormais cela touche le réel comme les enfants franco-russes tout juste majeurs »
Franck Ferrari, Conseiller des Français de Russie
Franck Ferrari est aussi professeur à l’école française de Moscou et ne cache pas que les parents, prêts à partir, se multiplient.
Comment quitter la Russie ?
Mais si on veut quitter la Russie, il faut le pouvoir. Avec les sanctions occidentales, Moscou comme les autres villes sont coupées d’une grande partie du monde. Cependant, les Français (et non les binationaux mobilisables, on y reviendra plus tard) peuvent utiliser la « filière normale » comme la désigne, non sans ironie, Franck Ferrari, soit un voyage vers la France via la Turquie ou la Serbie ou la Finlande.
Etudiants français sur le départ à Moscou (AFP -2022)
Par contre, alors que les prix étaient déjà élevés, du fait de la complexité du voyage, de l’inflation, qui touche aussi la Russie, avec l’explosion de la demande de vols au départ de la Russie vers l’international, le tarif des billets d’avion a suivi une courbe exponentielle avec un tarif Moscou-Ankara autour de 2500 euros en aller simple. Cependant, il existe des astuces, combinant le train, le taxi et l’avion, pour quitter le territoire russe à coûts raisonnables, Franck Ferrari en partage quelques-unes avec nous dans le podcast.
Des astuces qui ne concernent pas que les moyens de quitter le territoire russe, à l’image des expatriés en Chine nos compatriotes en Russie sont devenus des accros au VPN et ont développé des réseaux pour recevoir des produits d’occident.
Une situation qui évolue
Avec Franck Ferrari, on fait donc le point sur une situation qui a évolué, en se dégradant, mais qui pour l’instant, ne remet pas en cause la présence des Français en Russie. Si le cas des binationaux potentiellement combattants reste épineux et pourrait entrainer des tensions diplomatiques avec les services russes, l’ambassade, les services consulaires et les élus ne veulent pas céder à la panique.
La semaine dernière, nous avons vu dans notre article « Quand acheter son billet d’avion ? », quels étaient les créneaux horaires et les jours idéaux pour procéder à sa réservation. Ce dimanche, pour les Français de l’étranger, on va se pencher sur l’IP-Tracking, ce dispositif qui permet de garder en mémoire vos recherches précédentes et ainsi adapter le tarif à vos choix. Alors comment payer son billet d’avion pas cher ?
Clairement, si vous avez déjà fait des recherches, comme de nombreux expatriés, pour un vol à destination de Paris sur un moteur de recherche de vols, il y a de fortes chances que pendant les semaines qui suivront cette première recherche que les tarifs qui vous seront proposés soient plus élevés. Mais on peut y échapper !
Qu’est-ce que l’IP-Tracking ?
Quand vous consultez le prix d’un billet de train ou d’avion, le site internet repère votre adresse IP (qui est le numéro d’identification provisoire ou permanent de tout appareil connecté à internet).
Généralement, vous allez ensuite voir d’autres tarifs (sur le même site ou sur d’autres) pour comparer. Or, quand vous revenez sur la page du premier site (ou l’actualisez), le prix du billet a augmenté. Rien de plus rageant. Mais comment se fait-ce ?
Le site internet du transporteur reconnaît toujours votre adresse IP. Il veut vous faire croire qu’il y a de moins en moins de places disponibles et que donc les prix montent.
Cela vous incite ainsi à acheter au plus vite, car à chaque nouvelle connexion, le prix risque de s’élever un petit peu plus.
À vouloir comparer ou patienter, vous allez donc payer plus cher votre billet.
Mais il existe des solutions pour échapper à ce piège commercial surtout que pour rappel, cette pratique est illégale au sein de l’Union européenne. Dans cet espace économique, il y a tout un arsenal juridique protégeant les consommateurs contre cette technique qui serait considérée à la fois comme une pratique commerciale déloyale et une atteinte à la protection des données personnelles.
Des techniques simples pour y échapper ?
Des méthodes permettent de contourner ce stratagème machiavélique et toutes vont dans le même sens : modifier son adresse IP pour brouiller le lien entre votre recherche et le « trackeur ».
La première relève du bon sens. Finalisez votre achat chez un proche ou à votre bureau. L’IP étant différente de celle où vous avez fait la recherche, la majoration n’a pas lieu d’être. Attention, il ne sert à rien de changer d’ordinateur chez vous, vu que tous sont liés à la même box internet.
Sinon utilisez votre téléphone portable ou votre tablette en 4G. Cela vous permettra d’employer une adresse IP différente que celle de votre WiFi.
Utilisez un réseau WiFi public ou « hotspot » comme Free WiFi ou SFR WiFi dont les adresses IP varient de la vôtre. La tâche la plus ardue reste de dénicher les codes pour y avoir accès mais une recherche sur le site de votre opérateur devrait faire l’affaire.
Certains d’entre vous disposent d’une box sans adresse IP fixe qui à chaque redémarrage en charge une nouvelle. Dans ce cas réinitialisez votre box ! On appelle cela les abonnements à IP dynamique. Même si cette clause n’est pas forcément mentionnée dans votre contrat, tentez le coup, on ne sait jamais.
Une méthode se répand de plus en plus : le téléchargement d’un logiciel VPN qui permet de changer d’adresse IP en quelques clics et de payer ses billets moins chers.
Mais votre adresse IP n’est pas toujours la cause de vos ennuis. Lors de la consultation de certains sites web, des petits fichiers s’insèrent – souvent à votre insu – sur le disque dur de votre ordinateur. Appelés « cookies », ils ont pour but de conserver des informations spécifiques sur vous en vue d’une connexion ultérieure. Pour les supprimer, allez dans l’onglet « historique » puis « supprimer les données de navigation » et cochez « cookies et autres données ».