Les Français de l’étranger, nés hors de France, résidant dans leur pays d’accueil, dont ils détiennent souvent aussi la nationalité, peuvent parfois laisser passer des décennies avant d’avoir besoin de papiers d’identité français ou tout simplement de faire valoir leur citoyenneté. Pour démontrer qu’ils sont Français, ils ont donc besoin d’un Certificat de nationalité française. Depuis le 01 septembre 2022, une réforme du traitement des demandes de certificat de nationalité française est entrée en vigueur. On fait le point pour vous.
A quoi sert le Certificat de nationalité française ?
Le certificat de nationalité française (CNF) est un document délivré par les tribunaux judiciaires. Il prouve la nationalité française et peut notamment être utilisé pour une 1ère demande de carte d’identité et de passeport, ou pour se présenter à certains concours de la fonction publique. Il se présente sous la forme d’un document officiel, gratuit et sans limite de validité attestant de la nationalité française d’un citoyen. Il mentionne les textes applicables ainsi que les faits (naissance, résidence, etc.) ou actes juridiques (mariage, naturalisation, etc.) déterminant le rattachement à la France.
Jusqu’alors, le traitement des demandes de CNF n’avait jamais fait l’objet d’une réglementation précise et de pratiques harmonisées. Aucun délai n’était établi, que ce soit pour l’instruction des demandes, la possibilité de former un recours ou la réponse donnée à ce recours. La nouvelle procédure met de l’ordre dans toutes ces démarches.
Ce qui a changé au 1er septembre 2022
La demande de CNF est désormais harmonisée grâce à la mise en place d’un formulaire Cerfa n°16237 et d’une notice explicative n°52373, accessibles sur Justice.fr. La demande doit être accompagnée de pièces justificatives, répondant à certaines exigences. Pour faciliter le suivi de la demande, les communications et notifications du greffe au demandeur se feront par courrier électronique. Pour les Français nés hors de France, c’est le service de la nationalité des Français nés et établis hors de France qui est compétent. Vous pouvez lui écrire au 30 rue du Château des Rentiers, 75647 Paris Cedex 13, ou les appeler au 0033144329262, ou bien encore leur écrire à l’adresse suivante : [email protected].
Un délai maximum de 6 mois
La durée d’instruction des demandes de CNF est désormais encadrée. Le délai est fixé à six mois à compter de la date du récépissé constatant la remise de l’ensemble des pièces nécessaires.
En cas de refus de délivrance du CNF, le demandeur peut exercer un recours qui s’effectue désormais directement auprès du tribunal judiciaire. Ce recours contentieux pour obtenir la délivrance du certificat doit être engagé dans un délai de six mois. Indépendamment du recours, le demandeur a toujours la possibilité d’engager une action pour voir juger qu’il est de nationalité française. Cette action n’est soumise à aucun délai. Dans les deux cas, la représentation par un avocat est obligatoire.
Marc Abensour vient de quitter ses fonctions d’ambassadeur de France dans la cité-Etat de Singapour. Un départ en musique, salué par tous, à l’image de l’action de ce diplomate qui occupa ce poste pendant 6 ans, une exception dans le monde feutré du Quai d’Orsay alors que la durée d’un mandat usuel d’un ambassadeur est normalement de 3 à 4 ans maximum.
Un diplomate de carrière
A l’heure où le gouvernement veut réformer le corps diplomatique pour permettre à l’exécutif de nommer des ambassadeurs ou autres responsables de la diplomatie française des personnalités en dehors des fonctionnaires ayant réussi le concours, Marc Abensour est un diplomate de carrière, pur produit de la méritocratie française. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, il a été étudiant d’échange dans le département des études sur l’Asie orientale à l’Université d’Harvard en 1993/1994.
Comme chaque nouveau diplomate, Marc Abensour a commencé par une immersion sur le terrain en étant successivement en poste en tant que premier secrétaire à l’ambassade de France en Chine de 1996 à 2000 et à l’ambassade de France aux Etats-Unis de 2000 à 2002. L’Asie, il en fit son dada, en choisissant en 2003 de postuler au poste de sous-directeur d’Extrême-Orient qu’il occupa jusqu’en 2005. Puis il s’occupa au ministère des Affaires étrangères des questions industrielles et des exportations sensibles de 2005 à 2008, là aussi, comme sous-directeur.
Puis de 2008 à 2012, il a été Représentant permanent adjoint de la France au Conseil de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), où il a notamment contribué au processus par lequel la France a repris toute sa place au sein de l’organisation. Pour cela, il bénéficia de la confiance de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République.
Et pourtant, lors de l’arrivée de François Hollande, son talent continua d’être reconnu. En effet, il fut nommé directeur pour les affaires internationales, stratégiques et technologiques du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité Nationale (service du Premier ministre) en 2012 et 2013 avant de conseiller le ministre de la Défense en 2014.
Fort de son expérience professionnelle qui couvre principalement les affaires asiatiques et les questions politico-militaires, il fut nommé en 2016 ambassadeur à Singapour, par François Hollande, avant d’être confirmé par Emmanuel Macron.
Singapour, une cité-Etat étonnante
Tout d’abord, penchons-nous sur Singapour. Cette cité-Etat est peu connue des Français, et ce alors que les Français y sont de plus en plus nombreux. Les entreprises françaises basées à Hong-Kong, lassées des incertitudes politiques, des difficultés économiques liées à un confinement qui ne finit pas, ont été nombreuses à partir pour Singapour… Et l’ambassadeur n’y est pas pour rien !
Et pourtant, Singapour n’est pas forcément la destination « rêvée » pour les occidentaux. Son écosystème est fondé sur la « méritautocratie » soit un savant mélange entre méritocratie individuelle et autocratie collective. La société y est dominée par la figure tutélaire du « père de la nation », Lee Kuan Yew, Premier ministre pendant plus de trente ans à partir de 1959. Un leader dont les débuts furent marqués par un projet avorté de fusion avec la Malaisie en 1963, puis une guerre contre l’Indonésie en 1965.
Si Singapour est un pays minuscule (seulement 50 kilomètres sur 26), son positionnement fondé sur la stabilité, la quiétude et l’innovation permanente remporte un vif succès. Singapour est, en effet, avec Israël, par bien des côtés son jumeau, même si les autorités locales se voient plutôt comme la « Suisse de l’Asie du Sud-Est », le petit pays le plus avancé au monde en technologie et particulièrement en intelligence artificielle. Une technologie qui est sa colonne vertébrale, tant en termes de gouvernance – la fameuse « Smart Nation data-driven » – que de business et même de soft power, quand on constate que l’Égypte utilise une plateforme de popularisation de l’AI conçue par la National University of Singapore.
L’action de Marc Abensour
Dans des domaines comme la smart city, la fintech, la santé, la 3D et la réalité virtuelle, ainsi qu’en matière d’enseignement supérieur et de recherche, Marc Abensour a renforcé la présence française et le rayonnement de ses entrepreneurs.
Il a aussi accompagné L’ESSEC et L’INSEAD dans le déploiement de leur cursus, comme Sciences Po qui a mis en place un double diplôme. Toujours dans l’éducation, il a guidé de grandes universités afin de créer des partenariats d’échange et de recherche avec des universités singapouriennes. Autre succès à son action, Le CNRS, qui avec son projet sur l’accompagnement du vieillissement, a rejoint CREATE, un programme de très grande envergure et d’excellence qui rassemble les plus grands instituts mondiaux de recherche.
Marc Abensour lors de la réception du 14 juillet 2019
Autre volet qui fut prioritaire pour Marc Abensour, l’entreprenariat. Dans cette optique, il facilita le développement de La French Tech , qui fut lancée en présence du Président de la République et qui depuis a générè de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises.
Ce lourd planning ne l’a pas empêché de participer pleinement à la vie de ses compatriotes installés sur place. Il s’appuya sur eux pour réussir sa mission, une attitude qui mérite d’être soulignée et qui devrait être généralisée à la vue du succès du mandat de Marc Abensour. Attaché à Singapour, il enregistra, avec l’ambassade, un concerto au violoncelle, qu’il offrit aux Français sur place et à tous les francophiles via la page Facebook de l’ambassade. Une humanité que tous les Français de l’étranger voudraient retrouver chez leurs consuls ou ambassadeurs.
En général, vous aviez jusqu’au 16 septembre pour déposer vos demandes de bourses scolaires pour inscrire vos enfants dans une école ou un collège ou un Lycée Français à l’étranger. Si vous n’avez pas deposé votre dossier dans les temps, c’est fini pour cette année. Mais la première campagne pour l’année scolaire 2023/2024 débutera en février, notez-le pour ne pas louper les échanges.
Pour ceux qui ont déposé le dossier complet avant vendredi 16 septembre minuit, le parcours n’est pas fini. On vous le détaille dans cet article.
Première étape : le Conseil consulaire
Pour obtenir la bourse scolaire nécessaire à l’inscription dans un établissement français à l’étranger, il faut donc remplir ce lourd dossier que vous avez remis avant la date butoir et puis passer les différents filtres mis en place par le législateur.
Le premier filtre c’est celui du Conseil consulaire. Constitué des élus que vous avez choisis en mai 2021, ils vont statuer sur votre dossier et y apposer des commentaires. Si les membres considèrent que votre dossier, complet, correspond à l’esprit de la loi ayant instauré les bourses scolaires, ce dernier sera validé. Les élus peuvent indiquer, à la vue de votre situation et celle de votre pays de résidence, qu’ils connaissent pour y habiter, si la prise en charge doit être complète ou si elle peut être partielle.
Une fois leur décision prise, les services consulaires feront suivre votre dossier et l’avis du Conseil consulaire à la commission basée à Paris qui est la seule à pouvoir décider de votre éligibilité à la bourse et les conditions de prise en charge. Petit bémol, en 2021, les élus, à leur grande stupeur, ont découvert, par hasard, que leurs recommandations n’étaient même pas communiquées à ladite commission. Un mépris de l’administration que le ministre de l’époque, Jean-Baptiste Lemoyne, avait promis de corriger, mais dont l’application devra être suivie par le nouveau ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht.
Deuxième étape : la Commission nationale des Bourses scolaires
La dernière et plus important étape de ce « parcours du combattant », c’est le passage devant la Commission nationale des Bourses scolaires.
La commission nationale des bourses (CNB) réunit l’AEFE, la Direction des Français de l’étranger du Ministère des Affaires étrangères et européennes, différentes administrations, les fédérations de parents d’élèves, les organisations syndicales, les associations représentatives des Français de l’étranger reconnues d’utilité publique (ADFE et UFE), ainsi que les élus des Français de l’étranger, à l’exception des sénateurs (depuis 2018).
La collégialité et l’assise règlementaire de la commission en font donc une instance prédominante, mais également complexe d’un point de vue technique. Derrière cet argument, se cache une opacité qui empêche de connaitre exactement la méthodologie permettant d’attribuer ou non la bourse et pour quel montant.
Une situation que déplorent des élus locaux des Français de l’étranger, mais aussi la sénatrice Samantha Cazebonne. Ces échos ont été entendus par Olivier Becht, qui a promis, lors de son interview exclusive sur notre site le 11 septembre, de proposer une réforme dans les meilleurs délais pour permettre d’accroître le nombre de bénéficiaires et rendre plus transparent le dispositif d’attribution.
Mais pour cette année, il faudra donc faire avec, la Commission nationale des Bourses scolaires se réunira les 14 et 15 décembre. Les parents seront informés dans les jours qui suivent de la décision prise sur leur dossier.
Marine Le Pen a célébré la « vague patriote » en Europe, en Suède ou « demain » en Italie et « après demain » aux Pays-Bas, promettant aussi à la France un « grand basculement politique », dimanche (18 septembre) à Agde (Hérault) lors de l’université d’été du RN.
Nations d’Europe
La finaliste de la présidentielle a jugé « inexorable » ce « grand retour des Nations d’Europe », une « révolution politique » et « un désaveu d’une Union européenne » qui n’est « même plus fédérale mais impériale ».
Ces « mouvements populaires et nationaux » ont gagné « hier la Suède, demain l’Italie, après demain probablement » les Pays-Bas avec « la courageuse et pacifique révolte paysanne qui s’y déroule » face au « pouvoir mondialiste néerlandais », a-t-elle estimé, après la victoire inédite d’un attelage entre droite et extrême droite aux législatives suédoises.
En Italie, une coalition réunissant Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni (post-fasciste) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) est donnée favorite aux législatives du 25 septembre.
Lors d’une discussion informelle avec des journalistes, Marine Le Pen avait expliqué connaître « depuis longtemps » Giorgia Meloni, même si « l’allié historique » du RN est la Ligue de Matteo Salvini, en net recul dans les sondages.
En France, avec la constitution d’un groupe de 89 députés RN à l’issue des législatives de juin, Marine Le Pen a décrit « une révolution électorale de grande ampleur », « la plus grande victoire que le mouvement national ait connue en cinquante ans d’existence ».
Cela « pose le socle du grand basculement politique », a jugé la cheffe de file de l’extrême droite française dans ce discours de rentrée sur le thème de « l’alternance pour la France ».
« L’immigration, il n’y a que le Rassemblement national pour s’y opposer », a-t-elle aussi insisté.
Sur les dossiers internationaux, Mme Le Pen a par ailleurs dénoncé un « discours hallucinant de Mme Von der Leyen », la présidente de la Commission européenne, à propos de la guerre en Ukraine et de la Russie lui reprochant de « dangereuses postures belliqueuses ».
Mme Le Pen a fustigé « une Union Européenne hystérisée par la guerre en Ukraine dans des sanctions inappropriées et irréfléchies » contre la Russie.
Le RN a tenu de vendredi à dimanche ses Universités d’été dans la station balnéaire du Cap-d’Agde, avec des discours, dimanche, de Louis Aliot et Jordan Bardella, qui briguent tous deux la présidence du parti lors du congrès prévu début novembre.
Les Banques Centrales des pays occidentaux semblent avoir comme objectif de ramener l’inflation dans la cible des 2 % d’ici 2024. La réalisation de cet objectif dépend de l’inflation sous-jacente et de son évolution prévisible à court terme (qui dépend elle-même de l’évolution des coûts salariaux unitaires et du possible rattrapage du pouvoir d’achat) et de l’orientation de la politique budgétaire.
Les banques centrales doivent évaluer l’évolution de l’inflation dans les prochains mois pour déterminer leur politique de taux, sachant qu’elles ne maîtrisent pas les prix des matières premières et de l’énergie. Les incertitudes restent importantes en ce qui concerne le cours du pétrole, du gaz ou de l’électricité. Certains estiment que ces cours pourraient se stabiliser d’ici le milieu de l’année 2023 quand d’autres considèrent que les économies occidentales doivent s’habituer à évoluer en régime de pénurie permanente d’énergies et de matières premières.
En cette fin d’été, une désescalade des prix du pétrole et des matières premières est constatée mais tel n’est pas le cas pour le gaz et l’électricité.
Le manque de main-d’œuvre favorise l’augmentation des salaires
L’inflation sous-jacente qui sert de référence aux banques centrales dépend essentiellement de la hausse du coût salarial unitaire et du possible rattrapage du pouvoir d’achat des salariés. Depuis la fin du deuxième trimestre 2022, au sein de l’OCDE, le coût salarial unitaire s’accélère. Le manque de main-d’œuvre favorise également l’augmentation des salaires.
En moyenne, la perte de pouvoir d’achat au sein des États membres de l’organisation pourrait être de 3 à 5 % sur l’ensemble de l’année. Cette perte pourrait donner lieu à une correction entre la fin de l’année et le milieu de l’année 2023.
L’intervention des Etats est inflationniste
Le choix des États de soutenir les ménages et les entreprises est inflationniste. Il maintient artificiellement la demande et exige des besoins croissants de financements afin de financer le déficit. Les États membres de la zone euro sont fortement interventionnistes. La nomination de Liz Truss au poste de Première Ministre devrait conduire le Royaume-Uni à emboiter le pas à la zone euro.
Le gouvernement fédéral américain est moins en soutien que ses homologues européens mais la situation américaine est différente, le risque de pénurie d’énergie n’existant pas. Si le déficit public européen restera voisin de 5 points de PIB, il est en forte contraction aux États-Unis. Il devrait passer de -12 à -4 points de PIB de 2020 à 2022.
Dans le passé, pour réduire l’inflation, les banques centrales ont relevé fortement leurs taux directeurs. En 2009, aux États-Unis, le recul de l’inflation est obtenu avec des taux des Fed Funds nettement supérieurs à l’inflation sous-jacente, mais la politique budgétaire était alors expansionniste. Au Royaume-Uni, la diminution de l’inflation en 1999/2000 est intervenue avec un taux de base de la Banque d’Angleterre nettement supérieur à l’inflation sous-jacente. Dans la zone euro, les reculs de l’inflation (1999-2000, 2005-2006, 2009-2010, 2013-2014), se sont accompagnés de taux repo supérieurs à l’inflation sous-jacente, sauf en 2013-2014.
Selon Patrick Artus, chef économiste de Natixis, pour espérer revenir à 2 % d’inflation d’ici 2024, il faudrait porter le taux Fed Funds à 5,7 % aux États-Unis, le taux de base de la Banque centrale d’Angleterre à 6 % et le taux repo de la Banque centrale européenne à 6,1 %.
Pour le moment, par crainte d’une récession et de tensions sur les dettes souveraines, les banques centrales n’annoncent pas de telles hausses de taux. Elles semblent ainsi favorables à laisser l’inflation rester au-dessus de 2 % pendant plusieurs années.
Bonjour à tous où que vous soyez, bienvenue dans l’édition quotidienne dédiée aux Français de l’étranger, nous sommes mercredi 21 septembre et aujourd’hui dans votre flash : Vague d’émotion chez les Français du Royaume-Uni pour les obsèques d’Elizabeth II – La Francophonie en danger en Algérie – L’affaire Quatennens déchire LFI.
God save the King
Comme les Britanniques, les Français vont devoir s’habituer au changement d’hymne du Royaume-Uni, une transition qui s’annonce complexe tant l’émotion fut grande lundi lors des obsèques. Un évènement que les Français ont suivi depuis leur salon ou en se rendant sur place. Mais pourquoi tant d’émotion ? On a posé la question à Alexandre Holroyd, le député des Français des iles britanniques, de Scandinavie et des pays baltes.
Vous pouvez découvrir l’intégralité du podcast sur lesfrancais.press, Alexandre Holroyd revient longuement sur son nouveau mandat de président de la Caisse des dépôts et consignations française.
C’est la rentrée scolaire en Algérie
Retardée de 15 jours pour permettre le recrutement de professeurs et la mise en place des cours en primaire d’une nouvelle matière : l’anglais. Alors que le français était la seule langue étrangère inculquée à tous les petits Algériens, désormais ils pourront choisir entre l’anglais et le français. Une très mauvaise nouvelle pour la francophonie dont l’origine est à chercher du coté des bisbilles diplomatiques entre la France et l’Algérie. Malgré le succès du dernier voyage d’Emmanuel Macron, fin août, le président algérien n’est pas revenu sur sa décision.
Le divorce des Quatennens fait exploser LFI
Le député du Nord a annoncé dans un communiqué lundi se mettre « en retrait » de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise, alors qu’il est visé par une main courante de son épouse, Céline Quatennens, pour des faits de violences conjugales.
Alors que Jean-Luc Mélenchon a salué le « courage » et la « dignité » d’Adrien Quatennens, la députée Clémentine Autain invite les siens à ne « pas perdre le fil de [leurs] engagements » sur les violences faites aux femmes. Une prise de distance assumée, « Ce sont ses mots, pas les miens », a déclaré la députée insoumise Clémentine Autain dans Le Parisien ce mardi.
C’est tout pour aujourd’hui, bon mercredi à tous les écoliers et à leurs parents !
Alexandre Holroyd est le député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie, réélu en 2022, le jeune parlementaire a été choisi, le 09 septembre 2022, pour présider la Caisse des dépôts et consignations française (CDC). On l’a rencontré quelques heures après la cérémonie à Londres en l’honneur d’Elizabeht II.
A Londres, entre passé cordial et amitié renouvelée
Le Royaume-Uni a dit adieu à la reine Elizabeth II ce lundi 19 septembre. Ces funérailles d’Etat, surnommées les funérailles du siècle par la presse anglaise, sont les premières depuis la mort de Winston Churchill. Emmanuel Macron et son épouse étaient, bien naturellement présents.
Nous revenons dans les premières minutes de l’interview sur l’émotion mondiale qui s’explique pour Alexandre Holroyd par la place de l’ancienne monarque du Royaume-Uni dans notre histoire.
« Il y a une telle émotion mondiale car il y a le sentiment qu’une page de l’Histoire mondiale se tourne »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
L’occasion pour nous de l’interroger sur les nouvelles pages de l’amitié franco-britannique qu’il reste à écrire alors que Liz Truss occupe désormais le 10 Downing Street. Membre des conservateurs, la nouvelle première ministre est connue pour ses positions francophobes.
Une politique qui ne tiendra pas sur le long terme pour le député des Français de Grande-Bretagne, ce fin connaisseur des relations avec nos pays nous explique dans le podcast pourquoi, malgré le Brexit, la France partage toujours un destin commun avec son voisin.
« Si on regarde l’Histoire, avec un grand H, il n’y a qu’une conclusion, c’est que nos pays ont vocation à être des alliés dans le XXIème siècle »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
L’inflation au coeur du quotidien des Européens
Evoquant la situation du Royaume-Uni, on ne pouvait faire l’impasse sur l’inflation qui ravage ce pays mais pas seulement. Comme nous le rappelle Alexandre Holroyd, l’inflation touche tous les pays de sa circonscription comme les autres pays occidentaux.
« Il y a une reprise de l’inflation brutale, avec des taux de 20% comme aux pays baltes, avec 25%, ce qui est un bouleversement du modèle économique que nous connaissons depuis 20-30 ans »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
Avec le député macroniste, on fait le point sur les mesures prises en France et dont peuvent bénéficier les expatriés qui ont encore des liens forts avec notre pays, tout en évoquant les limites de l’aide que peut apporter la France à ses citoyens éparpillés dans le monde.
La Caisse des dépôts et consignations
Glissant de l’inflation à la macro-économie, nous abordons dans la dernière partie du podcast, le nouveau mandat pour lequel Alexandre Holroyd a été élu le 09 septembre, la présidence de la Commission nationale de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
La CDC est une institution publique française « sui generis » (c’est-à-dire avec un statut juridique spécifique) créée en 1816, indépendante et placée sous la surveillance du Parlement, au service de l’intérêt général au travers du financement du logement social, des universités, du développement des entreprises ou de la transition énergétique. Cette « banque » est un acteur majeur de la finance française avec des actifs représentant près d’un 1/3 du PIB de la France.
Ancien d’un cabinet dédié aux analyses financières, Alexandre Holroyd a réussi à obtenir l’aval de ses pairs pour présider la CDC. Jeune et riche de son expérience dans la capitale britannique, le député ambitionne d’apporter sa pierre à la modernisation perpétuelle que mène l’institution depuis sa fondation et que continue le directeur général, Éric Lombard.
Avec Alexandre Holroyd, on plonge dans la mécanique de la Caisse des dépôts et consignations et on balaie les prérogatives de son nouveau poste mais aussi l’ensemble des domaines d’activité que soutient le « bras armé de l’Etat ».
Une personnalité au service des ses concitoyens
A la fin du podcast, on revient avec le député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie, sur la situation des expatriés. Investi auprès de nos compatriotes, Alexandre Holroyd essaie de transcrire son analyse de professionnel de la vie économique en conseil pour ses compatriotes.
Où l’inflation va-t-elle sévir ? Quelle croissance en 2023 ? Quelles mesures à prendre ? Qu’attendre de la Loi de Finances 2023 en France ? Alexandre Holroyd tient un discours de vérité au service de ses concitoyens.
« On vit une période de rupture, de choc brutal. Ce moment charnière sera difficile »
Alexandre Holroyd – député des Français du Royaume-Uni, d’Irlande, des pays baltes et de Scandinavie
Le 19 juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné l’introduction de l’anglais dans le cycle primaire aux côtés du français. Une décision qu’Emmanuel Macron, en voyage à Alger, il y a quelques semaines, n’a pas réussi à faire annuler. Mais alors quel avenir pour la Francophonie en Algérie ?
Une décision contre la France
A priori, il ne s’agit que de l’introduction d’une deuxième langue étrangère dans le cycle primaire. Mais quand on sait dans quel contexte cela a été décidé, on est en droit de se demander si ça ne vise pas à remplacer, à terme, le français et, par là même, à se détacher graduellement de la francophonie et de la culture française.
Le sentiment partagé par un certain nombre d’observateurs locaux est que le pouvoir en place, en mal de légitimité, semble céder à un puissant sentiment anti-français dans la société, où les appels à remplacer le français par l’anglais dans l’enseignement comme dans la vie publique n’ont jamais été aussi forts que depuis quelques années. En effet, les autorités avaient déjà commencé à imposer l’anglais, notamment dans les correspondances et les enseignes de l’armée et de certains ministères, dont, au premier, celui de l’Enseignement supérieur.
Emmanuel Macron et le Président algérien Abdelmadjid Tebboun en août 2022
Le facteur qui a sérieusement accéléré ce processus de «défrancisation» et l’émergence de ce courant idéologique, fut incontestablement le brusque raidissement des relations franco-algériennes après les fameuses déclarations du président Emmanuel Macron contre le «système politico-militaire» algérien, en octobre 2021. C’est pourquoi de nombreux intervenants accusent le gouvernement de vouloir imposer un choix éminemment politique au détriment de l’avenir pédagogique de millions d’élèves. Ces derniers devraient donc, à partir de cette année, avoir quatre langues à apprendre: l’arabe, le français, le tamazight et l’anglais.
Une rentrée scolaire bousculée
Si le programme s’annonce chargé pour les écoliers, la rentrée scolaire en Algérie,même reportée au 21 septembre, prend des airs de course contre-la-montre pour les professeurs et le corps administratif. En effet, l’apprentissage de l’anglais commençait au collège, désormais introduit dès la troisième année du cycle primaire (l’équivalent du CE2 en France), à raison de deux séances de 45 minutes par semaine, il a fallu dans les quelques semaines séparant la décision présidentielle de la rentrée tout organiser, inventer.
Et le gouvernement algérien a réussi son pari, en moins de deux mois. Pour cela, il a mis au point un programme et confectionné un million et demi d’exemplaires du nouveau manuel destiné aux élèves de troisième année d’école primaire et à le distribuer à travers tout le territoire national. Mieux, il a réussi le tour de force de recruter quelques 5.000 enseignants contractuels et à leur assurer une formation. En sachant que le ministère avait enregistré, dès la première semaine d’août, près de 60.000 postulants.
Rayonnement culturel et économique
Le 21 septembre, les écoliers algériens vont donc apprendre le français et l’anglais, étant, si jeunes, déjà la proie de combats politiques et idéologiques. Ainsi va le camp des partisans de l’anglais, l’influenceur Saïd Bensedira déclare que l’anglais est «la langue universelle» et que le français n’est qu’un «butin de guerre»…
Mais la France tient à préserver son rayonnement culturel, qu’elle travaille de toutes ses forces pour le préserver car elle sait très bien que ses intérêts sont protégés tant qu’elle est culturellement et linguistiquement dominante. Politiquement et économiquement, elle l’est, bien que le français ne soit pas une langue officielle en Algérie, mais il n’est pas non plus complètement étranger à la nation algérienne.
« Français de l’étranger », « expatriés », « émigrés », « évadés fiscaux », « exilés »… Tant de noms entendus en France pour qualifier ces Français qui ont décidé de s’établir à l’étranger. Dans l’hexagone nous les visualisons d’une certaine manière, pas toujours positive je dois le reconnaitre. N’étant pas la porte-parole de tous les Français (que l’univers m’en préserve), je vais ici partager ma propre vision, ma propre expérience.
Il y a un an, lorsque je suis arrivée dans la rédaction de Lesfrancais.press, je n’avais pas spécialement d’avis sur mes concitoyens installés à l’étranger. Si autour de moi, l’idée qu’ils sont des personnes aisées ayant fui la fiscalité française était répandue, je ne partageais pas spécialement cet avis. Je n’en avais pas. Je n’avais, pour tout dire, jamais vraiment pensé à eux.
Bien sûr, je savais qu’il y avait des Français à l’étranger. Mais que ne fut pas ma surprise de constater que nous en comptons environ 3 millions ! C’est en amont de mon premier entretien d’embauche avec mon futur rédacteur en chef, que je me suis penché sur le sujet. Dans mon esprit, j’établis alors trois catégories différentes. Ceux qui lors d’un voyage sont tombés amoureux du pays et décidèrent de s’y installer. Ceux en constante recherche de nouvelles aventures, cultures et sociétés. Souvent fatigués de la France et de nos travers. Puis ceux qui partent pour un temps déterminé, pour un contrat. Evidemment, c’était un constat facile, voire carrément simpliste. Ce fut ma première erreur.
La deuxième, et je l’appris rapidement à mes dépends, fut de tous leur coller l’étiquette « expatrié ». Mot-valise tant employé en France, par méconnaissance pure et simple de la réalité. Lors de ma première semaine, ce fut un élu parlementaire des Français de l’étranger qui me ramena dans le droit chemin. Je me pris un savon – non-méchamment je vous rassure – lorsque je fis la bévue de l’appeler « élu des expatriés ».
Un apprentissage constant
C’était mon cinquième jour de travail et je compris que j’avais beaucoup à apprendre. C’était un euphémisme. Face à la masse d’informations que j’avais à ingurgiter, j’ai cru que mon cerveau allait exploser. Que le message 404 error allait s’afficher. Nous étions en pleines élections consulaires, et je m’arrachais les cheveux à retenir les onze circonscriptions, les rôles, noms et partis politiques des sénateurs, députés, élus consulaires. Quelles sont leurs fonctions, leur rôle. Pourquoi les élus régionaux sont si méconnus ? Qu’est-ce que l’AFE ? A ne surtout pas confondre avec l’AEFE ! Car oui, dans le même temps, je commençais à m’intéresser et à écrire sur le système éducatif à l’étranger. Vaste thème.
A la vue de mon inclination pour les sujets liés à l’éducation, je devins rapidement en charge de la rubrique. Interviews, reportages, articles, voyage de presse au Maroc, en un an j’ai lu, entendu et appris énormément de choses et je me suis éclatée ! Mais avant d’en arriver là, j’ai bien mis six mois pour comprendre ne serait-ce que la partie visible de l’iceberg. Car plus j’en découvrais sur le monde des Français de l’étranger, plus je comprenais que je n’en ferais jamais le tour ! Le système est complexe, car après tout ce n’est pas parce que nous sommes à l’étranger, que les abysses de l’administration française n’ont pas dépassé les frontières. Il y a donc eu des hauts, des bas, des débats même ! Beaucoup de pourparlers et de grèves. Car oui, le caractère militant des Français s’exporte aussi, il ne reste pas bloqué à la douane.
Un inlassable questionnement
Mais au milieu de toute cette actualité chaude, je me suis quotidiennement posé une question : « pourquoi diable n’en entendons-nous pas parler en France ? » Je veux bien que tout cela se passe loin de nous et qu’on se sente détaché, mais tout de même. Honnêtement, je ne savais même pas qu’il y avait un ministre et des parlementaires pour les Français de l’étranger… Je me suis sentie bien bête. A ce propos, pourquoi ce ministre a plusieurs portefeuilles à la fois ? Les Français de l’étranger, ne méritent-ils pas une personne qui leur consacre entièrement son temps de travail ? Surtout avec tout ce qu’il s’est passé ces deux dernières années ? Bref, des questions lancées à l’univers, qui resteront sûrement en suspens.
Aujourd’hui, mon contrat avec la rédaction prend fin et je tente de tirer le bilan de cette aventure. Un voyage long et riche m’ayant permis d’ouvrir mon esprit, ma façon d’appréhender les Français de manière générale. Si je me lance sur mon impression vis-à-vis de mes concitoyens à l’étranger, mon flot de paroles sera intarissable. Je ne dirai donc qu’une chose : les Français de l’étranger sont et restent des Français, avec leurs qualités et imperfections comme tout un chacun. Cependant, ils ont une façon d’aborder le monde et les questions sociales et environnementales bien différente de la plupart des Français dans l’hexagone. Vivant dans des pays aux cultures et aux politiques dissemblables de la nôtre, ils font parfois face à certains dérèglements depuis déjà des années. Ils peuvent apporter une voix particulièrement intéressante dans le débat public et dans l’évolution de notre pays pour le meilleur. Il serait donc temps de les entendre et surtout de les écouter.
L’Europe doit faire face à une menace de pénurie énergétique et à une vague d’inflation, inédite depuis quarante ans, sur fond de reprise de l’épidémie de covid-19 et de sécheresse sur une grande partie du continent.
Malgré la succession de crises, l’économie européenne demeure néanmoins relativement solide avec un taux de chômage de 6,6 %, ce qui signifie presque le retour au plein-emploi. Le pouvoir d’achat des ménages ne se contracte que légèrement. Les salaires sont orientés à la hausse. La chute de la confiance des consommateurs n’a pas entraîné celle de la consommation. Le moral des chefs d’entreprises reste élevé.
De 100 à 1000 euros par mégawattheure
En cette rentrée 2022, le marché de l’énergie est sous tension en Europe, même si le cours du baril de pétrole est retombé au-dessous de 100 dollars. La production d’électricité est devenue le problème numéro un de l’Union européenne. L’arrêt des livraisons de gaz russe et les problèmes des centrales nucléaires françaises ont provoqué une vive augmentation des contrats à terme pour l’électricité. En 2021, les contrats français et allemands d’électricité à un an se négociaient à environ 100 euros par mégawattheure quand ils ont dépassé, fin août, 1 000 euros. Ce prix est une indication de l’état du marché au printemps 2023 en cas de persistance des problèmes actuels.
Le 5 septembre, la Russie a annoncé qu’elle fermerait son gazoduc Nord Stream tant que les sanctions occidentales seraient en place, entraînant une augmentation de 30 % du cours du gaz. Ce cours a atteint l’équivalent de 400 dollars le baril de pétrole, contre 100 euros avant la guerre en Ukraine.
La dépréciation de l’euro accentue la hausse des prix de l’énergie. Aux prix à terme actuels, les dépenses annuelles en électricité et en gaz des consommateurs et des entreprises de l’Union européenne pourraient atteindre 1 400 milliards d’euros, contre 200 milliards d’euros avant 2020, selon les experts de Morgan Stanley.
Au Royaume-Uni, plus de 14 % des ménages n’acquittent plus leur facture énergétique
La crise énergétique a des répercussions de plus en plus importantes sur l’ensemble du continent européen. En Italie, des usines de gazéification de l’eau ont fermé, le coût du gaz étant devenu prohibitif. ArcelorMittal a décidé de fermer une usine à Brême en Allemagne. Il en est de même pour la verrerie de Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret).
Au Royaume-Uni, où aucun bouclier tarifaire n’avait été institué jusqu’à la nomination de Liz Truss, plus de 14 % des ménages n’acquittent plus leur facture énergétique. La Pologne et la République tchèque sont également exposées aux menaces de pénurie d’énergie.
Face à cette situation, la Commission européenne entend modifier le fonctionnement du marché de l’énergie et en particulier celui de l’électricité. Le prix du mégawattheure était jusqu’à maintenant déterminé par les coûts du producteur marginal, qui est souvent alimenté au gaz. La hausse du prix du gaz se répercute ainsi sur l’ensemble de la production d’électricité qu’elle soit d’origine renouvelable, nucléaire ou liée à l’utilisation d’hydrocarbures. Cette situation aboutit à la constitution de profits importants de la part de certaines entreprises énergétiques, profits que la Commission entend taxer de manière spécifique.
Pour compenser les effets de la hausse de l’énergie, tous les gouvernements européens, et désormais le Royaume-Uni, ont décidé de soutenir les ménages et les entreprises. L’Allemagne va dépenser 65 milliards d’euros supplémentaires, soit 1,8 % du PIB pour des mesures comprenant un plafonnement des prix pour une quantité de base d’électricité pour les ménages et les entreprises. Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique, a annoncé un plan de gel des prix pendant deux ans, évalué à plus de 100 milliards de livres sterling (115 milliards d’euros), soit 4,3 % du PIB.
Treize États européens ont supprimé des droits sur le carburant
En France, l’État consacrera plus de 30 milliards d’euros en 2022 pour le bouclier tarifaire et la ristourne sur les carburants.
De nombreux pays atténuent la répercussion des prix de gros en réduisant considérablement les taxes. Treize États européens ont supprimé les droits sur le carburant, allant d’une remise de six centimes le litre en Grande-Bretagne à 30 centimes en France. Beaucoup ont également réduit les taux de TVA, dont les Pays-Bas et la Pologne. La Grèce couvre 94 % des hausses du prix de l’électricité auxquelles les ménages sont confrontés, une mesure qui devrait coûter près de 2 milliards d’euros au contribuable. L’État norvégien acquitte 90 % des factures d’électricité supérieures à 700 NkR (70 euros, soit environ la moitié du prix actuel) par mégawattheure jusqu’en mars 2023. La France a limité, jusqu’à la fin de l’année, l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité à 4 % et oblige EDF à vendre plus d’électricité à perte à ses concurrents. La Roumanie plafonne les factures de gaz et d’électricité jusqu’à certains niveaux de consommation. Le Portugal et l’Espagne financent une partie des coûts de carburant des centrales électriques.
Des chèques énergie dans toute l’Europe
Les gouvernements multiplient les chèques en faveur des ménages. Les salariés allemands qui paient l’impôt sur le revenu devraient recevoir une allocation unique de 300 euros quand les familles bénéficieront d’une prime de 100 euros par enfant. Plus de 8 millions de ménages britanniques accéderont à une prime de 650 livres qui s’ajoute à un versement universel de 400 livres. Le Danemark, l’Italie et d’autres ont également réservé des transferts aux plus touchés.
Au total, l’Europe, Royaume-Uni compris, dépensera plus de 450 milliards d’euros pour réduire les effets de la crise énergétique.
Les politiques de soutien des gouvernements génèrent néanmoins des effets pervers. Le plafonnement des prix favorise le maintien de la demande d’énergie. La consommation de gaz augmenterait en Espagne depuis l’introduction des ristournes. Il est surtout difficile de mettre un terme au bouclier par crainte d’une hausse brutale des prix. Pour autant, les États sont condamnés à intervenir. Les entreprises qui ont bien résisté à la crise sanitaire grâces aux aides publiques sont confrontées à des problèmes de production plus graves avec la guerre en Ukraine.
La politique de soutien n’est pas tenable à long terme
Afin d’éviter l’effondrement en mode domino des compagnies d’électricité, certaines peuvent avoir besoin de lignes de crédit temporaires de l’État, comme les banques en ont bénéficié en 2008 lors de la crise financière.
Pour éviter la multiplication des fermetures d’usines, les gouvernements pourraient être contraints de renouer avec la politique des prêts garantis. En Allemagne, toute l’industrie chimique, sidérurgique et de l’automobile est menacée. Après l’épidémie de covid-19 qui a accru la dette publique de 20 points de PIB pour les États membres de l’OCDE, la guerre en Ukraine occasionne une nouvelle progression des dépenses publiques. Ces dernières ont comme conséquence le maintien des déficits publics autour de 5 points de PIB.
Des déficits plus importants en période d’inflation obligent les banques centrales à augmenter encore plus leurs taux directeurs, ce qui accroît par ricochet le coût de la dette. La politique de soutien global n’est pas tenable sur le long terme du fait de la dérive des finances publiques qu’elle entraîne.
La taxation des bénéfices liés à l’énergie pourrait atteindre près de 300 milliards d’euros
De plus en plus d’experts estiment que le recours aux prélèvements obligatoires est incontournable tant pour équilibrer les comptes publics que pour refroidir les économies. La taxation des bénéfices liés à l’énergie est devenue le fil rouge de l’été. En Europe, ces derniers pourraient atteindre près de 300 milliards d’euros. L’instauration de prélèvements exceptionnels nuit néanmoins à la neutralité fiscale et peut dissuader les entreprises d’investir.
Les entreprises énergétiques doivent investir dans de nouvelles infrastructures
Les besoins financiers pour les énergies renouvelables, pour le stockage de l’énergie, comme les batteries, se chiffrent en milliers de milliards d’euros pour l’ensemble de l’Union européenne. Pour faire face à la crise, les entreprises énergétiques doivent investir dans de nouvelles infrastructures pour le gaz liquéfié et accélérer leurs programmes de développement des énergies renouvelables.
Le recentrage des aides sur les ménages modestes est avancé pour limiter la progression des dépenses publiques. Il permettrait au mécanisme de marché de freiner la demande, tout en soutenant les personnes les plus vulnérables. Selon le FMI, cette politique serait plus efficace que celle actuellement en vigueur.
La deuxième priorité est d’augmenter l’offre. Les gouvernements multiplient les contrats avec des producteurs de gaz que ce soit l’Algérie ou le Qatar. L’amélioration des interconnexions gazières transfrontalières est également une nécessité. Après vingt ans de sous-investissement, les États sont contraints de rattraper leur retard même si la crise actuelle n’a pas totalement effacé les divisions au sein de l’Union européenne comme la traditionnelle hostilité de la France pour la réalisation d’un gazoduc en provenance de l’Espagne et qui rejoindrait l’Allemagne.
La pénurie souligne l’interdépendance énergétique en Europe
Cette crise devrait renforcer les institutions européennes. Le risque de pénurie souligne l’interdépendance énergétique sur le vieux continent. Avec l’arrêt de plus de la moitié de son parc nucléaire, la France a besoin de l’électricité allemande quand, de son côté, l’Allemagne souhaite avoir accès au gaz que la première a acheté.
La Commission pourrait proposer des prêts à faible taux pour financer la transition énergétique
La Commission européenne entend réguler le marché de l’énergie et éviter que les États surendettés en soient privés. Elle a décidé d’utiliser son fonds de relance pandémique de 807 milliards d’euros pour venir en aide aux États membres. Ce fonds mis en place en 2021 n’a été utilisé pour le moment qu’à hauteur de 15 %. Les versements pour les projets énergétiques pourraient être accélérés et la Commission pourrait proposer des prêts à faible taux pour assurer le financement de mesures en faveur de la transition énergétique. La BCE s’est engagée de son côté à limiter les écarts de taux entre les États membres pour éviter une fragmentation de la zone euro.