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  • L’action consulaire en 27 minutes

    L’action consulaire en 27 minutes

    La direction des Français de l’étranger a décidé de réagir, après avoir été la cible depuis 3 ans de critiques incessantes, en produisant un film permettant de découvrir l’action consulaire.

    Pandémie, digitalisation, réduction des effectifs… furent les épreuves auxquelles furent confrontés les consulats depuis 2019. Lesfrancais.press s’est fait l’écho des difficultés rencontrées par les Français de l’étranger : rendez-vous impossibles à prendre, lignes téléphoniques saturées, captation des budgets dédiées aux associations par l’administration.

    Malgré tout, comme nous le rappelle ce film mis en ligne ce vendredi 14 octobre, il ne faut pas oublier que ces hommes et ces femmes de l’ombre sont avant tout des serviteurs de l’Etat, de la Nation et de la communauté des Français de l’étranger. Partons à leur rencontre ! (le webdocumentaire est disponible en fin d’article).

    Bâtiment du Ministère des Affaires étrangères dans le XVème arrondissement

    Une communication positive

    Laurence Haguenauer
    Laurence Haguenauer

    Laurence Haguenauer, la directrice des Français de l’étranger, a décidé de prendre le contrepied des critiques en appliquant le principe de la communication positive. En effet, le film ne sert pas à justifier les troubles rencontrés ces dernières années, c’est une immersion dans la sphère diplomatique, côté coulisses.

    Le webdocumentaire est réalisé et co-produit par CoFlocs, une société de production française spécialisée dans le tourisme et le voyage et dont le slogan est « Réalisation de feel good movies ». Ses fondateurs, Floriant et Laurent, se sont démarqués en produisant « VanLife, les nouveaux nomades« .

    Le résultat est étonnant pour une administration, mais c’est un pari réussi. Sincérité, proximité, et dévouement sont au rendez-vous.

    Les coulisses dévoilées

    Pour la plupart des Français de l’étranger, le consulat c’est un simple guichet administratif. Et pourtant, ces missions, plus discrètes, sont vitales pour tous les Français. Car hors de France, l’expatrié(e) ou le/la binational(e) est aussi soumis(e) aux aléas de la vie et parfois aussi aux drames.

    Dans la deuxième partie du webdocumentaire, c’est ce qu’on découvre. La gestion des familles des enfants enlevés hors de France, ceux dont la vie s’est éteinte avec violence pendant leur expatriation. On pense actuellement au personnel du consulat de Mexico confronté à la disparition de deux de nos compatriotes. On se souvient de la jeune Franco-Irlandaise disparue en Malaisie et retrouvée assassinée.

    Malheureusement, ce type de situations est plus nombreux qu’on le pense et demande une grande humanité et un dévouement des équipes de l’administration consulaire. Il y a aussi ceux enlevés par des groupes terroristes comme David Dubois ou retenus par des Etats voyous accusés d’espionnage comme la syndicaliste officiant à l’AEFE en Iran, etc.

    Les agents consulaires, des Français comme les autres

    Aussi, le film se penche sur les femmes et les hommes qui font tourner la « machine consulaire ». Alors que pour beaucoup de Français de l’étranger, les fonctionnaires vivent dans une bulle et sont en dehors des problématiques des expatriés. Les réalisateurs, Laurent et Floriant, nous font découvrir leur vie, leur quotidien, et on découvre des Français comme les autres souffrant parfois de l’éloignement, de déracinement provoqué par chaque affectation, mais aussi les joies comme la découverte d’une nouvelle culture, la possibilité de faire connaître à ses enfants le monde sous des angles différents

    Des questions, des peines mais aussi des plaisirs que tous les Français de l’étranger connaissent et que nos fonctionnaires de l’administration consulaire ressentent car ils sont, eux aussi, des Français de l’étranger.

    On leur laisse la parole.

    Regardez le webdocumentaire « L’action consulaire »

  • Rencontre avec Sabri Thai, le Youtubeur qui va vous faire aimer la Thaïlande

    Rencontre avec Sabri Thai, le Youtubeur qui va vous faire aimer la Thaïlande

    De vacancier à expat’

    Sabri Thai est un cinéaste, Youtubeur français installé en Thaïlande. C’est à la suite de vacances, un transit sur la terre de l’Éléphant blanc et la perte de son passeport que Sabri a pris la décision de s’installer dans ce pays. Curieux et attiré par la nouveauté, il y a parcouru le pays à la découverte de sa culture. En deux ans et demi d’existence, sa chaîne Youtube comptabilise plus de 72 000 abonnés et est un véritable succès, un témoignage d’une vie d’expatriation.

    « Je n’ai jamais décidé de venir m’installer ici en Thaïlande, j’ai juste perdu mon passeport. En allant à l’ambassade pour en refaire un autre, j’ai dû patienter peut-être une semaine et je suis tombé amoureux du pays ! »

    Sabri Thai, Youtubeur

    En plus de son activité de créateur de contenus, Sabri Thai poursuit sa carrière dans le marketing au sein d’une entreprise internationale. Son rêve désormais c’est de s’orienter sur des longs-métrages.

    Une communauté française très présente en Thaïlande

    A travers ces vidéos, on y découvre la vie de quelques-uns des 15 000 expatriés français sur place et les raisons qui les ont poussés à quitter l’Hexagone. Cuisinier, retraité, digital nomad, autant de profils que de raisons de vivre hors de France. Chaque portrait aborde une facette de ce pays dont les codes sont très éloignés de nos us occidentaux. Sabri se positionne en expert de la Thaïlande venant ici expliquer ou casser des clichés bien ancrés dans notre vision européenne de ce pays. Il s’attache tout particulièrement à nous découvrir le quotidien des Thaïlandais, bien loin de l’image sulfureuse qu’on veut bien lui donner. Il définit d’ailleurs sa chaîne comme une chaîne de sociologie et de relations humaines.

    « Le fait que ce soit des rencontres naturelles, pas planifiées à l’avance, ça donne quelque chose de très authentique. »

    Sabri Thai, Youtubeur

    Direction Thaïlande

    Vous l’aurez compris, Sabri nous offre une immersion totale en Thaïlande. Au fil des portraits de Français hors de France qu’il propose, c’est le portrait d’un pays qui se dessine. Alors n’attendez plus et venez découvrir la Thaïlande à travers la caméra de Sabri ! On vous a fait une petite sélection de nos vidéos préférées.

    SAWADEE KA!

    Ecoutez le podcast avec Sabri Thai

    Découvrez les vidéos de Sabri Thai

  • L’Australie toujours en pénurie de backpackers 

    L’Australie toujours en pénurie de backpackers 

    Depuis décembre 2021, les frontières australiennes sont de nouveau ouvertes aux backpackers et aux étudiants. Une main d’œuvre bon marché dont avait besoin le pays pour relancer son économie après deux ans de crise sanitaire. Malgré cela, l’Australie est en pénurie de backpackers et la situation devient de plus en plus critique. Certains secteurs sont particulièrement touchés et l’arrivée de nouveaux routards est plus qu’attendue. 

    Des milliers de jeunes arrivaient chaque année

    Avant la crise sanitaire mondiale, ils étaient des milliers à venir découvrir le pays continent. Pour les Français et les Belges, qui peuvent prétendre à un PVT en Australie, c’était l’Eldorado et la promesse d’une année riche en émotions. Ainsi, le visa vacances travail permettait d’attirer chaque année des jeunes du monde entier. Selon les chiffres du gouvernement, ils étaient 141.000 pvtistes fin 2019 et ils n’étaient plus que 44.000 en juillet dernier. Les secteurs du tourisme et de l’agriculture, qui profitaient de cette main d’œuvre avide de travail, sont les plus touchés. 

    Pourtant, les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent que près de 100.000 personnes ont obtenu un visa vacances-travail au cours des six premiers mois de cette année. Ils sont donc encore nombreux à ne pas avoir fait le voyage jusqu’en Australie. Ainsi, la pénurie de backpackers en Australie se fait ressentir.

    Parmi les raisons évoquées, la crainte d’une fermeture drastique en refroidit plus d’un. En effet, l’Australie a eu l’une des politiques les plus sévères avec une politique zéro covid, s’isolant ainsi du monde pendant plusieurs mois. 

    Des places vacantes et des établissements fermés

    Par manque de main d’œuvre et de personnel d’entretien, certains hôtels ont dû fermer leurs chambres. Du côté des bars et des restaurants, c’est la même chose. Certains peinent à servir les clients, et préfèrent fermer leur établissement plutôt que de décevoir les clients. 

    La pénurie de main d’œuvre touche toutes les régions. Les grandes villes connaissent ainsi une forte pénurie de main d’œuvre, mais les régions plus isolées également. Bien que celles-ci permettent de prétendre à une extension de visa pour une deuxième année, la main d’œuvre n’est pas au rendez-vous. Les postes restent vacants, malgré tous les efforts faits par le gouvernement pour attirer les backpackers.

    En janvier 2022, Scott Morrison, alors Premier ministre, déclarait :

    « Rejoignez notre main-d’œuvre et aidez-nous dans notre secteur agricole, dans notre secteur hôtelier et dans de nombreux autres secteurs de l’économie qui dépendent de cette main-d’œuvre. »

    Scott Morrison

    Une enveloppe globale de 55 millions de dollars est alors débloquée pour permettre de faire revenir les backpackers. Malgré les aides, ils ne sont “que” 6000 backpackers à arriver chaque mois en Australie. La pénurie de backpackers en Australie est bien présente et semble difficile à résorber.

    « Nous avons encore besoin de beaucoup plus », a déclaré Belinda Clarke, directrice générale de la Restaurant and Hospitality Industry Association. « Il nous manque plus de 100 000 travailleurs dans l’hôtellerie et une grande partie de ces rôles est occupée par des backpackers dans les zones saisonnières.”

    Pour le secteur de l’agriculture, qui emploie également énormément de backpackers, c’est le même constat. Environ 172 000 emplois restent vacants dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, qui comprend l’hôtellerie.

    pénurie backpackers Australie

    La crise du logement également à l’origine de la pénurie de backpackers

    L’Australie connaît également une crise du logement sans précédent. Il est devenu difficile pour les agriculteurs d’attirer des travailleurs. En effet, sans hébergement, difficile d’accepter un job pour ces jeunes loin de chez eux. Ainsi, certains agriculteurs se sont regroupés pour acheter des pubs ou des couvents désaffectés afin de les transformer en logements pour les travailleurs.

    La pénurie touche aussi les secteurs qualifiés 

    La pénurie de backpackers en Australie touche également les travailleurs qualifiés. En effet, tous ne travaillent pas uniquement dans les secteurs cités précédemment. Certains profitent ainsi des avantages du visa vacances travail pour s’installer en Australie. Cependant, un demi-million de postes sont actuellement vacants, soit plus que le nombre d’Australiens sans emploi. En effet, le taux de chômage est actuellement à 3,5%, le taux le plus bas depuis 70 ans. Selon The Economist, c’est l’une des pires pénuries de main d’œuvre parmi les pays développés. 

    Ainsi, le pays connaît une crise sans précédent. La pénurie de backpackers en Australie touche de nombreux secteurs et ils ont plus que jamais besoin de main d’œuvre étrangère pour de nombreux postes boudés par les Australiens. Le gouvernement réfléchit actuellement à de nouvelles mesures afin d’attirer de nouveaux backpackers dans les prochains mois.  

  • Énergie : Bruxelles charbonne pour réduire les prix du gaz

    Énergie : Bruxelles charbonne pour réduire les prix du gaz

    La Commission européenne présentera mardi (18 octobre) des propositions très attendues pour atténuer la flambée des prix de l’énergie qui frappe durement les ménages et entreprises de l’UE, a annoncé mercredi (12 octobre) la commissaire à l’Énergie Kadri Simson.

    Midcat
    ©EPA-EFE/MARTIN DIVISEK

    Reprenant des points déjà évoqués par la présidente de l’exécutif européen Ursula von der Leyen et qui font consensus parmi les 27 États membres, ces propositions inclueront une révision de l’indice TTF, utilisé comme référence dans les transactions des opérateurs gaziers, a détaillé Mme Simson à l’issue d’une réunion à Prague des ministres européens de l’Energie.

    Indice déconnecté de la réalité

    Cet indice « n’est plus représentatif de la réalité du marché et gonfle artificiellement les prix, nous devons développer une référence alternative », a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse.

    Des mesures seront aussi dévoilées pour « faciliter les achats en commun de gaz, afin de permettre à l’UE d’utiliser son poids pour obtenir de meilleurs prix » en vue de la reconstitution des stocks avant l’hiver 2023. Il s’agit d’éviter que les États membres alimentent la flambée des cours en se faisant concurrence.

    Enfin, Bruxelles présentera des outils supplémentaires pour réduire la consommation de gaz et muscler la solidarité entre États au profit des régions les plus vulnérables.

    En revanche, Kadri Simson n’a pas promis de propositions sur un plafonnement des prix des importations de gaz de l’UE, ou sur un plafonnement temporaire des tarifs de gros du gaz utilisé pour produire de l’électricité, deux mesures pourtant évoquées par Mme von der Leyen dans une lettre aux 27 la semaine dernière.

    Un nouveau mécanisme

    « Nos propositions seront les mesures pour lesquelles nous avons le consensus maximal parmi les États », a-t-elle commenté, en soulignant que des discussions se poursuivraient ces prochains jours pour tenter de trouver une majorité en faveur d’un plafonnement du prix du gaz pour la production d’électricité.

    Ce mécanisme, déjà appliqué en Espagne et au Portugal et soutenu par la France, suscite encore l’hostilité de pays rétifs aux interventions étatiques sur les marchés, dont l’Allemagne.

    Les propositions de la Commission seront examinées lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement les 20 et 21 octobre à Bruxelles, avant d’être discutées lors d’une nouvelle rencontre des ministres de l’Energie le 25 octobre au Luxembourg, avant leur possible adoption lors d’une réunion ministérielle extraordinaire courant novembre.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.10.22

    Bonjour à tous, nous voilà déjà en fin de semaine, bienvenue dans votre flash du 14 octobre. Aujourd’hui, on revient sur la séance houleuse à l’Assemblée nationale du 12 octobre, sur l’accord Liban – Israël et sur les entorses à la laïcité qui se multiplient dans les lycées de l’hexagone. 

    Vojetta, Ben Cheïkh et Caroit au front pour les Français de l’étranger 

    Mercredi 12 octobre, le RN et LFI se sont alliés pour tenter de changer à nouveau la fiscalité des Français de l’étranger. Au menu : imposition au passeport, caricatures des expatriés, Exit Tax et rejet de la résidence de repli… La barque était trop pleine, et les députés des Français de l’étranger présents lors de la séance sont montés au front.  
    En premier Stéphane Vojetta, le député qui a battu Manuel Valls sur la Péninsule ibérique, pris d’une colère froide il a pris la parole pour démonter les préjugés sur les 3 millions de Français résidant hors de France ; en fin de séance c’est la députée des Français d’Amérique du Sud qui en a remis une couche. Entre temps, Karim Ben Cheïkh, député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, a tenté de faire passer un texte instaurant la résidence de repli que proposait Emmanuel Macron pendant la campagne, et reprise par la droite, et pourtant tout le monde a voté contre. Un dernier amendement a été débattu ce jeudi 13 octobre, et adopté, à la surprise du gouvernement, il réinstaure l’Exit Tax.

    Français de l'étranger à l'Assemblée nationale
    Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    La paix par le gaz 

    Au Proche-Orient, la crise ukrainienne a débloqué des situations jugées inextricables. Si le Liban et Israël ne sont plus en guerre, la présence du Hezbollah sur le sol libanais complique les relations entre les deux Etats. Mais face aux enjeux, les deux gouvernements, ainsi que le Hezbollah, se sont accordés pour exploiter un gisement au large des côtes des deux pays. 

    Laïcité en danger dans les lycées en France 

    La tendance se confirme. Le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye avait indiqué que les remontées de terrain confirmaient « une hausse des signalements » depuis la rentrée pour « port de vêtements ou d’accessoires de nature religieuse », dont les abayas (robes amples et longues arrivant sous les chevilles) et les qamis (vêtements longs pour les hommes), dans les écoles, collèges et lycées. Les chiffres révélés hier par Le Monde indiquent que depuis la rentrée déjà plus de 300 signalements ont été faits. 

    C’est tout pour aujourd’hui, vous retrouverez la semaine prochaine Mathieu et moi je vous dis rendez-vous lundi 24 octobre. 

    Ecoutez le flash des expatriés

  • Discussions houleuses sur la fiscalité des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    Discussions houleuses sur la fiscalité des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale

    En plein débat sur le budget national pour 2023, impossible de ne pas évoquer l’imposition, et en particulier celle des Français de l’étranger. Et malheureusement, encore en 2022, les caricatures sur les expatriés sont bien présentes dans l’hémicycle du Palais Bourbon. Hier, en plein débat, le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, est intervenu pour « remettre l’église au centre du village ». Tandis que Karim Ben Cheïkh a lui présenté l’amendement 2084 qui visait à instaurer la résidence de repli.

    Appauvrissement de la France ?

    La colère du député est née sur les bancs de l’assemblée nationale alors que le Rassemblement national amalgamait l’ensemble des Français résidant à l’étranger aux évadés fiscaux. En effet, pour la députée Masson (Alpes Maritimes, RN), si les cerveaux fuient, si les jeunes quittent le territoire, c’est uniquement pour des raisons fiscales.

    Pour y remédier, son groupe propose une exemption fiscale pour les jeunes de moins de 30 ans qui resteraient sur le territoire national. Une proposition qui réduit les motivations des jeunes Français à tenter l’aventure à l’étranger à une simple « fuite fiscale ».

    L’amendement fut largement rejeté.

    Imposition par delà les frontières

    Mais la séance n’avait pas fini d’énerver notre député des Français de l’étranger, Stéphane Vojetta, car la France insoumise a aussi proposé un amendement caricatural pour les Français de l’étranger.

    C’est donc encore le retour de l’imposition au passeport. LFI propose que l’administration fiscale prenne connaissance des impôts payés par un Français domicilié dans un autre pays et de collecter le delta si le contribuable paie moins dans le pays de résidence qu’il aurait payé en France.

    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour le président de la Commission des Finances, Eric Coquerel (Nupes), c’est un dispositif qui permettrait de lutter contre l’évasion fiscale. Mais pour le gouvernement, cet amendement serait en contradiction avec l’usage international de taxer selon le lieu de résidence et obligerait la France à renégocier toutes les conventions fiscales qu’elle a signées avec de nombreux pays. Il fut lui aussi rejeté.

    L’expatriation, un choix de vie et non de fiscalité

    C’est après avoir écouté les arguments des défenseurs de ces amendements que Stéphane Vojetta demanda la parole pour mettre fin à cette litanie de préjugés sur les Français qui résident hors de France.

    « Toujours la même caricature, un Français de l’étranger est forcément un expatrié fiscal. (…) Vous ne connaissez pas les Français de l’étranger, vous les méprisez… »

    Stéphane Vojetta à l’Assemblée nationale le 12 octobre 2022

    Par son intervention, le député des Français de la péninsule ibérique a tenté d’éclairer l’Assemblée nationale sur les réelles motivations de ceux qui s’expatrient, le font par goût de l’aventure, par curiosité, ouverture sur le monde ou tout simplement pour trouver un emploi.

    Intervention de Stéphane Vojetta le 12 octobre 2022

    Le débat sur ces amendements a aussi mis en lumière la situation des Français disposant de la double nationalité avec les Américains qui sont poursuivis par l’administration fiscale des USA et qui sont confrontés à de nombreux problèmes bancaires. Une situation que l’Assemblée nationale a finalement décidé de ne pas imposer à nos compatriotes, et ce malgré le vote des membres du groupe Les Républicains qui se sont joints à LFI et le RN.

    Le retour de l’Exit Tax

    Si Les Républicains ont voté le texte sur l’imposition au passeport, c’est tout simplement parce que Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, l’avait proposé au moment où il avait mis en place l’Exit Tax.

    Un dispositif depuis abandonné mais que Fabrice Brun, député Les Républicains pour la 3ème  circonscription de l’Ardèche, a décidé de ressusciter via cette taxation sur les fonds des chefs d’entreprises qui seraient transférés vers un autre pays sans justificatif professionnel précis ou pour des impératifs familiaux autorisés.

    Amendement proposé par Fabrice Brun et accepté en Commission des Finances

    Si l’amendement a été adopté en commission, ils étaient peu à penser qu’il serait voté. Ainsi, l’amendement LR, soutenu par 155 voix contre 133, rétablit une taxe sur les «plus-values latentes» de chefs d’entreprise qui décident de transférer leur domiciliation fiscale à l’étranger, en cas de cession effective de leur patrimoine en France dans les 15 ans après leur départ. Une contrainte qui ne laissera pas indifférents les Français qui espéraient vendre leurs actifs pour profiter de leur retraite.

    Combler les trous avec les expatriés…

    Pandémie, inflation, guerre, crises énergétique et climatique plombent le budget de la Nation. Les parlementaires sont donc en recherche de fonds, quitte à déroger au droit international et en caricaturant une partie de la population, soit plus de 2 millions de Français de l’étranger.

    … et les détacher de la France

    Le député NUPES Karim Ben Cheïkh a lui déposé un amendement visant à assimiler la résidence détenue par les Français de l’Etranger à une résidence principale afin d’alléger la lourde fiscalité qui s’applique aux résidences secondaires, obligeant souvent nos compatriotes résidant hors de France à céder leur bien.

    Intervention de Karim Ben Cheïkh le 12 octobre 2022

    Le dispositif proposé par le député des Français du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest s’inspirait pourtant de la proposition du candidat Macron. Il l’a complétée en élargissant la possibilité d’une résidence de repli à un logement mis en location dans l’attente du retour.

    Mais cet amendement reçut un avis défavorable du gouvernement, malgré l’intervention de la jeune députée des Français d’Amérique du Sud, Eléonore Caroit, rappelant que les Français de l’étranger sont nombreux à être nés hors de France et que toute incitation fiscale leur permettant de renouer avec notre pays est bienvenue. Pourtant, elle finira, par fidélité à son parti, par voter contre l’amendement comme le souhaitait le gouvernement.

    Intervention d’Eléonore Caroit le 12 octobre 2022
  • Accord Israël-Liban : le gaz fait la paix

    Accord Israël-Liban : le gaz fait la paix

    C’était dans les tuyaux. On en parlait depuis l’explosion du port de Beyrouth et des voyages du Président de la République au Liban. Une des portes de sortie de la crise libanaise était un accord avec Israël, qui passerait d’abord par le gaz. 

    Il n’y a aucun conflit de fond entre le Liban et Israël, depuis que ce dernier s’est retiré de la bande qu’il occupait au sud Liban jusqu’en 2000. Une mémoire douloureuse. Mais une paix officielle avec Israël était impossible : aucun gouvernement ne pouvait l’assumer, si tant est qu’il y eut des gouvernements. Surtout, le Hezbollah s’y opposait. 

    © Euronews

    Le premier pas devait être un accord sur la délimitation des champs gaziers sous-marins au large des deux pays. Mais la discussion était bloquée depuis deux ans pour la même raison : Nasrallah, le chef du Hezbollah, avait publiquement prévenu qu’il s’y opposerait.

    La guerre d’Ukraine change la donne 

    Israël avait alors décidé de commencer à exploiter seul sa partie, le champ de Karish. Le Hezbollah menaçait alors de lancer des opérations. Pas d’exploitation israélienne en mer sans que le Liban puisse faire pareil. L’armée israélienne a des capacités de rétorsion, mais rares sont les compagnies qui ont envie de prospecter sous la menace d’attentats. 

    Aussi les discussions trainaient-elles. Ce qui a changé la donne, c’est bien évidemment la guerre en Ukraine. Et cette fois, elle a conduit à faire un pas vers la paix.

    Bien sûr, il y a l’augmentation du prix du gaz, ce qui accroit l’intérêt d’un accord et pousse à l’exploitation le plus rapidement possible des champs gaziers. Il y a aussi la ruine accentuée du Liban, qui trouverait dans la concession des champs une ressource financière immédiate, même s’il faut attendre quelques années avant l’exploitation. Mais les intérêts n’auraient pas suffi à outrepasser le veto du Hezbollah, c’est-à-dire le veto iranien.

    Un accord israélo-syrien a coupé la route de l’approvisionnement iranien 

    C’est le retrait progressif russe de Syrie qui a changé la donne. Avec l’Ukraine, les positions russes en Syrie ont été réduites. Israël et la Syrie ont donc conclu un accord : les Israéliens cessent d’attaquer les aéroports syriens et les bases de l’armée syrienne, à condition que la Syrie ne reçoive plus d’armes des Gardiens de la Révolution à destination du Hezbollah. 

    Israël a tout loisir de bombarder ailleurs, y compris l’Iran. L’accord est respecté. Alors qu’Israël menait des opérations chaque semaine depuis deux ans, plus aucun aéroport n’a été visé. Aucune arme ne vient plus d’Iran. Ce qui signifie que le Hezbollah se retrouve isolé, et n’avait plus vraiment les moyens de s’opposer à un accord de délimitation des champs gaziers.

    Le Hezbollah isolé a accepté l’accord

    D’autant que les États-Unis, mais aussi la France, qui a joué un rôle actif dans le dossier, poussaient. Le Président français a été sollicité jusqu’au dernier moment. Aussi bien par les Israéliens que par les Libanais. Le médiateur américain, Amos Hochstein, qui est aussi l’interlocuteur des Saoudiens sur le volet énergétique, a demandé un dernier effort au gouvernement israélien, qu’a accepté Yaïr Lapid. La ligne de partage correspond à celle demandée par le Liban en 2011 auprès de l’ONU. 

    Mais ce dernier a aussi ses problèmes : son principal opposant, Benyamin Netanyahou, s’est dit opposé à l’accord. Lapid aurait trop cédé. D’autant que Netanyahu est un soutien de Trump, pas d’Obama ni de Biden. Surtout, les élections israéliennes ont lieu le 1er novembre. Aussi la Cour suprême s’interroge pour savoir si le gouvernement intérimaire, chargé des affaires courantes, a le droit de conclure un accord avant l’élection. 

    Côté libanais, c’est l’ancien ministre de la Défense Elias Bou Saab, vice-président du Parlement (et époux de la chanteuse Julia Boutros), fidèle de Michel Aoun, qui a négocié l’accord.

    Au-delà de l’accord gazier, le plus marquant est l’accord lui-même. Il reconnait des droits de propriété et une quasi frontière, ce qui est une forme de reconnaissance.

    Israël mène déjà une coopération gazière avec l’Egypte et la Jordanie. Il s’est associé à la Grèce et à la France pour défendre les champs de gaz de Chypre face à la Turquie. Il a signé un accord avec la Commission européenne pour fournir du gaz à l’Europe. Il milite pour la construction de l’EastMed, un gazoduc de 5000km et de 7milliards de $ qui lierait l’Egypte, Israël, Chypre et l’Europe. 

    Total et ENI exploiteront le champ de Cana, dévolu aux deux tiers au Liban, et versera une quote-part à Israël. Mais l’exploitation ne pourra pas commencer avant six ans. 

    Le Liban ne peut compter sur cette future manne pour régler ses problèmes. C’est l’inverse qui est en train de se passer : régler le problème des frontières peut permettre au Liban d’amorcer un pas avec Israël. Ce serait la meilleure option pour un pays ruiné, exsangue, avec une population qualifiée, où le niveau de vie moyen (2670$) est désormais inférieur à celui des Palestiniens de Cisjordanie et Gaza (3660$). 

    Ce n’est pas le gaz qui sauvera le Liban, la paix peut-être.

  • Hôpital : qui paie quoi en Europe ?

    Hôpital : qui paie quoi en Europe ?

    La crise de la Covid a fait apparaitre à la fois la fragilité des systèmes de santé en Europe et dans le monde, et leur résistance. Personne n’a oublié les confinements, interdictions et autres contraintes. L’arrêt presque total des activités, à un point difficilement imaginable avant la crise, avait pour objectif de relâcher la pression sur les hôpitaux, saturés sous l’afflux de malades. Du côté des Français de l’étranger, chacun a pu constater les différences entre les politiques menées à l’hôpital.  

    Après la crise, en France, le système des urgences, l’hôpital public dans son ensemble, la fermeture des lits, les contraintes administratives et bureaucratiques, le financement… tout semble remis en cause, à juste titre, encore que le diagnostic ne soit pas si simple, et les remèdes encore moins simplistes. 

    Pour y voir clair, une comparaison des dépenses publiques concernant l’hôpital -public et privé- dans les différents pays d’Europe est utile. A partir des chiffres de l’OCDE, l’organisme d’étude des dépenses publiques Fipeco a publié une note résumant la situation. 

    La France dépense plus que les autres pour ses hôpitaux

    En France, les budgets de hôpitaux représentent 4.6% du PIB. Comparer par rapport au PIB est une bonne mesure de l’effort relatif à la richesse nationale. C’est, relativement, le deuxième plus important en Europe, derrière le Royaume-Uni (4.7%), le premier de l’Union Européenne, avec le Danemark, devant l’Espagne et la Suède (4%). En Allemagne, le montant n’est que de 3.6%.

    La bonne nouvelle c’est que les expatriés ont pu bénéficier de la solidarité européenne et aucun n’a eu, en Europe, à souffrir d’une mauvaise prise en charge. Ce qui ne fut pas le cas en dehors où les Français de l’étranger ont parfois dû attendre le déploiement de la campagne française de vaccination voire pour les cas les plus graves se faire rapatrier si cela était possible. 

    Pour revenir aux volumes de dépenses, on ne s’attendait pas à voir le Royaume-Uni dépenser un tel montant dans le système de santé. Et si peu l’Allemagne, qui a mieux géré l’encombrement dans les hôpitaux que ce ne le fut en France.

    L’emploi hospitalier y est le plus important  

    Reste à savoir comment cet argent est dépensé, notamment en ce qui concerne l’emploi hospitalier. Ramener l’emploi hospitalier à l’ensemble de l’emploi est un bon indicateur global. En France, il représente 5% de l’emploi total, ce qui met la France en tête des 19 pays étudiés par l’OCDE, devant la Suisse (4.9%), et le Royaume-Uni (4.8%), loin devant l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. On notera que parmi les expatriés, il y a un grand nombre de professionnels de santé attirés par les meilleurs salaires chez nos voisins. 

    Il faut donc que la France fournisse un effort important par rapport aux pays européens qui lui sont comparables. Un effort qui lui permet, contrairement aux idées reçues, d’avoir un nombre de lits par habitant plus élevé que tous les autres pays, à l’exception de l’Allemagne. En France, le nombre de lits pour 1000 habitants dans les hôpitaux publics et privés est de 5,7, comme en Belgique, mais bien devant les autres pays : entre 2 et 3 lits pour 1000 habitants.  L’Allemagne fait exception avec 7,8 lits pour 1000 habitants.

    Emploi administratif record, personnel soignant mal payé

    Point négatif pour la France : la part des emplois administratifs, c’est à dire du personnel non soignant, est nettement plus élevée (36%) que dans la plupart des autres pays, hormis la Belgique (36%) : Allemagne 22%, Royaume-Uni 20%, Italie 25%, Espagne 23%.

    Personnel plus nombreux, avec une forte proportion administrative, et surtout, moins bien payé. L’OCDE a comparé le salaire moyen des infirmiers au salaire moyen de l’ensemble des salariés pays par pays. La France et la Suisse sont les deux pays où le salaire moyen est nettement inférieur au salaire moyen national : – 9% en France, -15% en Suisse. Il est 10% plus élevé dans les autres grands pays européens, sauf en Italie. Il en est de même pour les médecins : les médecins spécialistes hospitaliers gagnent 2,15 fois le salaire moyen en France ; 3,4 fois en Allemagne. Des chiffres qui expliquent bien le phénomène de surreprésentation du corps médical parmi nos compatriotes expatriés dans certains pays. 

    En somme, les moyens sont là. Ce sont les règles, la bureaucratie, l’organisation, qu’il faut changer. S’appuyer sur les exemples étrangers est le meilleur moyen d’éviter les erreurs, souvent inspirées par les idées reçues, l’idéologie ou les corporatismes.

  • Haïti : opposition au déploiement d’une force armée internationale

    Haïti : opposition au déploiement d’une force armée internationale

    Opposés à l’ingérence étrangère, des Haïtiens manifestent pour dire non au déploiement d’une force armée internationale dans le pays, une proposition de l’ONU après l’appel à l’aide de leur gouvernement face à la violence. Frédéric Thomas (CETRI) est spécialiste d’Haïti, il partage son analyse avec nous.

    Une force armée internationale

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a réclamé dimanche le déploiement d’une force armée internationale en Haïti, pays pauvre des Caraïbes « paralysé » par une crise sécuritaire « dramatique » sous l’emprise de bandes criminelles et sous la menace du choléra.

    « Le secrétaire général exhorte la communauté internationale, y compris les membres du Conseil de sécurité, à examiner en urgence la demande du gouvernement haïtien de déployer sans délai une force armée spécialisée internationale pour faire face à la crise humanitaire », a demandé Antonio Guterres dans un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric.

    Le prochain Conseil de sécurité prévu pour débattre de la crise en Haïti est prévu le 21 octobre mais le secrétaire général de l’ONU a d’ores et déjà envoyé dimanche au Conseil « une lettre présentant des options pour un soutien renforcé à la sécurité », conformément à la résolution 2645 adoptée le 15 juillet, a indiqué la même source.

    La communauté française en attente

    Du côté des Français installés sur l’île, la situation est difficile. Consulat au ralenti, Lycée et autres antennes culturelles fermées, les expatriés se sentent abandonnés.

    La communauté française en Haïti est composée d’environ 1500 Français inscrits sur le site de l’ambassade. Les deux-tiers d’entre eux y habitent depuis de longues années, voire plusieurs générations. Ces personnes comprennent donc bien la mentalité locale et les modes de vie. Par contre, le tiers restant, étant composé de travailleurs en déplacement sur l’île caribéenne pour une durée de six mois à trois ans, rencontre plus de difficultés pour s’acclimater.

    Regardez l’interview de Frédéric Thomas

  • Au procès du crash du Rio-Paris, l’enquête sur un avion disparu

    Au procès du crash du Rio-Paris, l’enquête sur un avion disparu

    « Il a fallu utiliser d’autres méthodes de travail ». Le directeur de l’enquête menée sur le crash du Rio-Paris a détaillé mardi (11 octobre) à la barre les investigations menées en l’absence de l’épave, retrouvée deux ans seulement après la catastrophe.

    Ancien colonel de gendarmerie, alors commandant de la section de recherches du transport aérien (GTA), Xavier Mulot a déposé au deuxième jour du procès à Paris d’Airbus et d’Air France pour homicides involontaires.

    Le gendarme a expliqué comment la cellule d’enquête « dédiée », baptisée « AF447 », avait d’abord travaillé sur un avion fantôme.

    Si des débris ont été retrouvés dans les jours qui ont suivi l’accident du 1er juin 2009, qui a tué 228 personnes, l’épave et les boîtes noires n’ont en effet été repêchées qu’au printemps 2011, après de longues recherches dans une zone très profonde et accidentée de l’Atlantique.

    La cellule d’enquête était divisée en six groupes, dont le premier a notamment participé à l’identification des corps, a expliqué M. Mulot.

    Cinquante corps ayant été repêchés peu après le crash et 103 autres deux ans plus tard, avec l’épave, dans des « conditions très difficiles », a rappelé l’ancien gendarme qui, très ému, a marqué un long silence.

    « D’abord, parce qu’il a fallu faire des choix. Nous étions contraints aussi par la volonté de certaines familles de ne pas remonter les corps de leurs défunts (…) et nous n’avons pu remonter que les corps attachés à leurs sièges », a-t-il poursuivi.

    crash du Rio-Paris
    Opération pour repêcher des pièces de l’avion en 2011 ©AFP/SYGMA

    « Rôle déterminant » des sondes

    En l’absence des boîtes noires, d’autres enquêteurs ont travaillé sur les messages ACARS (Aircraft communication addressing and reporting system), des informations transmises automatiquement par l’avion à Air France avant l’accident, a expliqué le gendarme.

    « Très rapidement », il est apparu que les sondes de vitesse Pitot avaient eu « un rôle déterminant dans l’accident ».

    Obstruées par des cristaux de glace, ces sondes ont cessé de fonctionner, désorientant les pilotes. L’avion a décroché et s’est abîmé 4 minutes 30 plus tard.

    L’A330 était équipé depuis sa mise en service en 2005 des mêmes sondes « AA » du fabriquant français Thalès – deux autres modèles existaient, a souligné l’enquêteur retraité.

    Les gendarmes ont relevé qu’au total, 17 incidents concernant ces sondes avaient été enregistrés « entre janvier 2007 et juin 2009 ».

    Des pannes dont avaient connaissance Airbus et Air France, qui ont organisé des réunions sur le sujet en 2008, menant à une « campagne d’information », avec des « bulletins » placés « dans les casiers des équipages »« Mais nous n’avons pas eu la garantie que tous les pilotes en avaient eu connaissance », selon le témoin.

    Air France avait par ailleurs décidé de changer de modèle de sondes pour un autre baptisé « BA » à partir de 2007, mais « uniquement en cas de pannes ».

    « Ce que nous avons observé, c’est que Air Caraïbes (…) n’a pas attendu de consigne (de l’Agence européenne de sécurité aérienne) pour changer les sondes », cette seconde compagnie considérant que l’autre modèle était plus résistant au givre, a précisé M. Mulot.

    Pistes « farfelues »

    Un autre groupe d’enquêteurs a analysé puis écarté les pistes d’un « acte de malveillance », dont « certaines un peu plus farfelues que d’autres », a également précisé M. Mulot, citant « la présence d’extraterrestres »« la cible terroriste visant un passager » ou encore « un attentat fomenté par un groupuscule extrémiste brésilien ».

    Les profils des trois pilotes, dont les « observations » étaient « très satisfaisantes », ont aussi été creusés et les gendarmes ont constaté que « tous les avions qui ont précédé ou suivi l’AF447 ce soir-là ont procédé à un évitement » du Front inter tropical (FIT), zone météo particulièrement dangereuse dans laquelle l’avion a décroché.

    Estimant qu’Airbus et Air France avaient fait preuve de « transparence », celui qui a aussi dirigé les investigations sur l’accident du Concorde en 2000 a jugé qu’il s’agissait du « plus difficile » dossier qu’il ait « eu à traiter, d’abord parce que faute de découverte de l’avion dès les premiers instants, il a fallu utiliser d’autres méthodes de travail ».

    « Il a fallu attendre la découverte des enregistreurs de vol pour valider chacune des hypothèses que nous avions émises », a-t-il ajouté.