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  • Karim Benzema sacré avec un Ballon d’Or

    Karim Benzema sacré avec un Ballon d’Or

    A 34 ans, le Français remporte le Ballon d’Or, l’accomplissement d’une vie, d’une carrière. ll succède à Zinédine Zidane qui l’avait remporté en 1998 et devient le 5ème joueur français de l’Histoire à inscrire son nom au palmarès.

    Karim Benzema a célébré son « Ballon d’Or du peuple », forgé dans les moments où « c’était difficile« , a-t-il dit après avoir reçu son trophée des mains de son mentor et prédécesseur français au palmarès, Zinédine Zidane, ce lundi 17 octobre à Paris au théâtre du Chatelet.

    « Ce Ballon d’Or, c’est individuel, mais ça reste collectif, c’est le Ballon d’Or du peuple« 

    Karim Benzema après avoir reçu son Ballon d’Or

    Un retour en équipe de France

    Écarté de l’équipe de France entre 2015 et 2021, Benzema a repensé à « ces périodes où c’était difficile pour toute la famille« , s’adressant à ses parents dans la salle du théâtre du Châtelet, moments qui « n’ont fait que me renforcer mentalement« .

    « C’est beaucoup de travail », a-t-il poursuivi, parlant de « s’entraîner encore plus et toujours garder ce rêve dans la tête. Il y a eu des moments où c’était beaucoup plus difficile pour moi, ces périodes où je n’étais pas en sélection, où je n’ai rien lâché avec mon coach ici« , à savoir Zidane, son ancien entraîneur au Real.

    Zidane « me répétait sans cesse de garder cette joie de jouer au foot, qu’un jour je pourrais gagner ce trophée. Je suis vraiment fier de mon parcours« , a souligné le joueur de 34 ans.

    Un âge qui ne l’empêchera pas d’être sélectionné pour la coupe du monde au Qatar, signant son retour en Equipe de France.

    Un parcours d’expatrié

    Karim Benzema a fait la majorité de sa carrière hors de France, ce qui fait de lui un vrai Français de l’étranger. Depuis 2009, il joue au Real de Madrid comme il le souligna lors de la cérémonie en remerciant « tous (ses) coéquipiers au Real Madrid ou en sélection » et son entraîneur actuel, Carlo Ancelotti. Il a également salué le « grand président » du club madrilène, Florentino Pérez, présent dans la salle: « Il est comme quelqu’un de ma famille. »

    Si les hommages ont été nombreux, nous avons décidé de partager celui du député des Français de la Péninsule ibérique, Stéphane Vojetta.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Energie : Emmanuel Macron appelle Berlin à la « solidarité » européenne

    Energie : Emmanuel Macron appelle Berlin à la « solidarité » européenne

    Emmanuel Macron
    « Nous ne pouvons pas nous en tenir à des politiques nationales car cela crée des distorsions au sein du continent européen », a déclaré Emmanuel Macron dans une interview au quotidien français Les Echos à paraître lundi (17 octobre). [LUDOVIC MARIN/EPA]

    Le président français Emmanuel Macron a appelé l’Allemagne à la « solidarité » européenne face à l’envolée des prix de l’énergie, mettant en garde contre les « distorsions » de concurrence auxquelles le plan allemand massif d’aide aux ménages et particuliers pourrait conduire.

    « Nous ne pouvons pas nous en tenir à des politiques nationales car cela crée des distorsions au sein du continent européen », a-t-il déclaré dans une interview au quotidien français Les Echos paru lundi (17 octobre).

    « Notre Europe, comme lors de la crise Covid, est à un moment de vérité (…) Nous devons agir avec unité et solidarité », a-t-il plaidé.

    Le gouvernement d’Olaf Scholz, accusé de faire cavalier seul avec son plan de soutien à 200 milliards d’euros pour protéger ses ménages et entreprises, est sous la pression de plusieurs partenaires de l’UE pour accepter plus de solidarité financière.

    « L’Allemagne est à un moment de changement de modèle dont il ne faut pas sous-estimer le caractère déstabilisateur », a concédé Emmanuel Macron.

    « Mais si on veut être cohérents, ce ne sont pas des stratégies nationales qu’il faut adopter mais une stratégie européenne », a-t-il insisté.

    Le chef de l’Etat s’est dit toutefois confiant « dans la force du couple franco-allemand et dans notre capacité ensemble à porter une stratégie ambitieuse ».

    Les dirigeants de l’Union européenne vont s’efforcer, lors d’un sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, de trouver une réponse commune contre la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine.

    « Il y a une solidarité européenne à l’égard de l’Allemagne et il est normal qu’il y ait une solidarité de l’Allemagne à l’égard de l’Europe ! », a insisté le président français.

  • Marchés financiers, accélération de cycle ou rupture ?

    Marchés financiers, accélération de cycle ou rupture ?

    marchés financiers

    Depuis plusieurs années, deux écoles s’affrontent au sujet des déficits publics et de la progression de la dette publique. Pour certains, les règles de bonne gestion qui se sont imposées après la Seconde Guerre mondiale ne sont plus de mise, d’autant moins que la dérégulation financière et la mondialisation du marché des capitaux facilitent le financement des États comme des économies. Pour d’autres, à un moment ou un autre, la loi d’airain de l’équilibre des comptes publics s’imposera. 

    Le retour de l’inflation aurait pu sonner le glas de la nouvelle théorie monétaire en vertu de quoi la dépense publique est légitime tant qu’il n’y a pas de hausse des prix. Or, malgré le retour de cette dernière, rien ne semble arrêter l’expansion des dépenses publiques engagée par les pouvoirs publics. 

    Face à l’épidémie de covid et à la crise née de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les gouvernements – du moins les gouvernements occidentaux – ont, en effet, répondu par une augmentation sans précédent, en période de paix, des dépenses publiques. L’économie de guerre sans la guerre semble être devenue le leitmotiv des dirigeants. 

    La plus forte baisse enregistrée depuis les années 1980 

    récessions

    Les turbulences sur les marchés sont importantes, en lien avec le retour d’une inflation à deux chiffres dans de nombreux pays, phénomène inconnu depuis deux générations au sein de l’OCDE. Après avoir été lente à réagir, la Réserve fédérale augmente maintenant ses taux directeurs à un rythme inconnu depuis quarante ans, favorisant la hausse du dollar, ce qui génère des tensions financières en Europe et en Amérique latine. Depuis le début de l’année, les actions d’entreprises à l’échelle mondiale ont perdu 25 % de leur valeur exprimée en dollars, ce qui constitue la plus forte baisse enregistrée depuis les années 1980. 

    Avec la hausse des taux, la contraction de la valeur des obligations d’État est sans précédent depuis 1949. Cette baisse des places financières rompt avec la période des années 2010 marquée par la crise des subprimes et par une faible croissance, une faible inflation, de faibles taux d’intérêt, et une forte appréciation des valeurs mobilières et immobilières. 

    L’investissement des entreprises est resté limité sur la décennie tout en réalisant d’importants bénéfices. Les États ont également peu investi, au point que le stock de capital public a diminué au niveau mondial, en pourcentage du PIB. 

    Les années 2010 ont également donné lieu à une forte intervention des banques centrales qui ont maintenu les taux d’intérêt au plus bas et ont acheté des volumes croissants d’obligations. À la veille de la pandémie, les banques centrales d’Amérique, d’Europe et du Japon possédaient 15 000 milliards de dollars d’actifs financiers. Si pendant des années, les agents économiques se sont plaint des taux extraordinairement bas, ils craignent désormais leur remontée. 

    La grande majorité des acteurs disposent de fonds propres suffisants 

    La sphère financière est néanmoins en capacité de relever le défi de la hausse des taux grâce à des ratios prudentiels plus stricts que ceux en vigueur dans les années 1980. La grande majorité des acteurs disposent de fonds propres suffisants. Les modalités de financement pourraient néanmoins évoluer. 

    Ces dernières années, les agents économiques trouvaient avantage à emprunter auprès des banques ; ils pourraient désormais avoir intérêt à se financer sur les marchés. Les fonds d’investissement, y compris les régimes de retraite, subissent des pertes sur les portefeuilles d’actifs illiquides qu’ils ont accumulés, ce qui pourrait remettre en cause leur rentabilité. 

    Le marché obligataire britannique a été déstabilisé par des options sur des produits dérivés effectués par des fonds de pension. La Banque d’Angleterre a été contrainte d’effectuer à nouveau des rachats d’obligations, contrairement à son engagement pris lors du relèvement de ses taux. Les tensions sur les marchés sont censées être passagères, le temps de la maîtrise de l’inflation. 

    Le risque d’un emballement inflationniste ne semble pour le moment pas d’actualité 

    Aux États-Unis, la majorité des prévisionnistes estiment que l’inflation passera de 8 % en 2022 à 4 % en 2023. Le risque d’un emballement inflationniste ne semble pour le moment pas d’actualité. En revanche, de nombreux experts considèrent que le retour de l’inflation dans la cible des 2 % sera difficile. 

    Les pouvoirs publics devraient être amenés à accroître leurs dépenses pour relever les défis du vieillissement et de la transition énergétique. Les dépenses de défense devraient également augmenter. Les dépenses publiques sont par nature inflationnistes. En outre, la baisse de la population active devrait amener des hausses de salaire. 

    Les banques centrales devraient maintenir des taux d’intérêt réels faibles afin de faciliter le remboursement des dettes. Elles pourraient être aidées par les ménages qui maintiennent des taux d’épargne élevés par crainte de l’avenir. Les banques centrales pourraient retenir le principe de cibles mouvantes d’inflation évoluant entre 2 et 4 %. 

    Pour alléger le poids de leur dette, les États ont besoin d’une inflation plus élevée. Les banques centrales peuvent également espérer avoir plus de marges dans l’utilisation des taux directeurs. Avec une inflation faible, ils étaient contraints de recourir à des taux nuls voire négatifs. Une inflation légèrement plus élevée redistribuerait la richesse des créanciers aux débiteurs. En économie, l’erreur est de penser que le passé est immuable et qu’il tend à se reproduire à l’identique. Si des constantes existent, elles sont évolutives et obligent à des adaptations permanentes.

  • La fête de la science continue sur TV5MONDEplus

    La fête de la science continue sur TV5MONDEplus

    En octobre, TV5MONDE célèbre la Fête de la science dont elle est partenaire avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. A cette occasion, la plateforme TV5MONDEplus met en avant de nombreux programmes, documentaires, séries et webséries dédiés à la thématique. Si elle se finit ce lundi en présentiel, vous pouvez découvrir le génie scientifique francophone sur la seule plateforme en français, gratuite et mondiale.

    Le Choc environnemental (Canada – SRC) 

    Présence de biphényles polychromés (BPC) dans les Grands Lacs, déluge du Saguenay, inondations récentes… Alain Gravel revient sur les catastrophes environnementales au Canada. Alors que la thématique s’invite dans les campagnes électorales, il s’interroge sur la volonté réelle d’agir et de s’attaquer aux conséquences des gaz à effet de serre. Réalisation : Jean Bourbonnais (Canada, 2021) 

    Pays de production : Canada 2021 53 min

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    Futurologie (France) 

    « Futurologie » se veut être un réel décryptage des thèmes qu’il aborde, pour imaginer un demain écologique et responsable. Chaque épisode contient un ou plusieurs entretiens avec des experts pour voir le futur autrement, le tout sur un ton détendu et parfois décalé. « Futurologie » place la question de l’avenir sous le signe de l’ouverture et de l’échange Le ton ne sera pas technique, car à sujet public universel : « Futurologie » veut s’adresser à tous.

    Présentation : Léa Szulewicz. Réalisation : Émilien Sitnikow, Apolline Evieux (France, 2020) Palmarès : Prix spécial Aaqius du meilleur film sur l’innovation (Deauville Green Awards 2021)

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    Québec Profond (Canada – Radio Canada) 

    Chaque été, Geneviève et Patrick quittent Montréal pour s’établir au bord du fleuve St-Laurent et en découvrir les fonds. Concombres de mer, anémones plumeuses, doris rugueux, crevettes striées, loups atlantiques… Ils lèvent le voile sur la richesse de ces beautés sous-marines et espèrent convaincre qu’il faut en prendre grand soin.

    Réalisation : Patrick R. Bourgeois, Geneviève Bilodeau (Canada, 2017) 45 min

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    Demain Genève (RTS – Suisse) 

    Demain Genève : la situation est grave mais pas désespérée – tel pourrait être le message résolument positif de ce film ! Avides de comprendre les rouages du changement, des jeunes sillonnent le biotope de Genève, à la rencontre de citoyens qui oeuvrent, parfois depuis plusieurs décennies, pour un avenir durable.

    Réalisation : Grégory Chollet, Elisabete Fernandes (Suisse, 2017), 90 min

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    Thomas Pesquet – Objectif Mars (France)

    Thomas Pesquet a passé 196 jours en orbite autour de la Terre. Un quotidien rythmé par une multitude d’expériences scientifiques qui visent à préparer les missions lointaines. Si le spationaute français rêve de fouler un jour Mars (2040 est en ligne de mire), de nombreux problèmes scientifiques restent à résoudre.

    Réalisation : Vincent Perazio, Alain Tixier (France, 2018) – 94 min

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    Primo (France) 

    L’ampoule, la pile, l’avion, la télévision… Ces inventions ont bouleversé les usages et fait évoluer notre société. Derrière chacun de ces objets se cachent des inventeurs, des échecs, des rebondissements, et principalement la quête du progrès. « Primo » vous raconte leurs histoires. Une série réalisée en partenariat avec le musée des Arts et Métiers.

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    Quelle histoire – Les Grands Découvreurs (France) 

    En partenariat avec les éditions Quelle histoire, TV5MONDE dresse les portraits des grands découvreuses et découvreurs de notre Histoire, de l’invention de l’imprimerie aux premiers pas de l’homme sur la Lune.

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    Top Science (Canada – ADC) 

    À chaque épisode, une boîte mystère est déposée devant la porte de deux jeunes qui doivent tenter de relever un défi scientifique avec l´aide des membres de leur famille. En utilisant leurs connaissances et les objets fournis dans la boîte, les familles ont un temps prédéterminé pour réussir leur épreuve.

    Réalisation : Jean-François Fontaine, Simon Lamontagne (Canada)

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  • Les opérateurs et les Etats vont pirater les IPTV

    Les opérateurs et les Etats vont pirater les IPTV

    Malgré l’illégalité, l’IPTV a toujours la côte. Plusieurs raisons à cela : géoblocage des chaînes nationales, calendrier de diffusion des oeuvres cinématographiques non adapté aux nouvelles formes de consommation, des dispositions qui pour évoluer demanderaient une coordination des législateurs dans les principaux pays fournisseurs de contenus. Un long chemin qui n’a pas été entamé, même si au niveau national, le débat pour donner plus de flexibilité est ouvert.

    Jusqu’à présent, la seule solution, c’était de porter en justice les détenteurs de ces dispositifs, encore faut-il les identifier ? Et souvent, ce coûteux parcours judiciaire, malgré des condamnations, obtient sur le terrain des résultats peu convaincants. Alors plutôt que d’entamer des poursuites judiciaires, des associations avec les législateurs et des fournisseurs d’accès à internet ainsi que des éditeurs de contenus ont discuté de la possible attaque coordonnée vers ce genre de plateformes.

    L’action judiciaire limitée par les capacités techniques

    En 2016, la MPA – pour Motion Picture Association – avait ordonné le blocage du site 123movies.to, l’une des plus grosses plateformes de piratage actives au Royaume-Uni. Le mois suivant, une demi-douzaine de clones étaient nés. Chaque nouveau blocage par la justice entraîne systématiquement l’ouverture de multiples sites “miroirs” ou de copies, gérées par d’autres équipes. Et ce cas se reproduit à chaque condamnation.

    Ainsi entre 2021 et 2022, près d’une dizaine de noms de domaines liés au site 123movies ont ainsi été bloqués au Royaume-Uni, avec toujours la même finalité : à chaque blocage, de nouveaux clones émergeaient. La MPA a donc décidé de changer sa méthodologie pour être plus efficace.

    IPTV

    Pirater les pirates

    Au Royaume-Uni, le choix a été fait d’une nouvelle méthodologie permettant aux autorités de bloquer les nouveaux sites similaires à 123movies. En effet, ils seront désormais automatiquement ajoutés à une liste noire et bloqués dans les semaines qui suivent, sans qu’aucune enquête ne permette de définir le propriétaire du site ou sa connexion aux précédents sites. Ainsi, ces derniers mois, plus de 100 sites utilisant le terme 123movies ont été bannis au Royaume-Uni.

    Tous les pays réfléchissent à développer des contre-mesures. En Europe, une proposition audacieuse a été faite : pirater les pirates. Pour rappel, l’IPTV permet de profiter d’un éventail de chaînes à très bas prix via un boîtier fonctionnant sous Android qu’on connecte à la télévision ou via une application directement installée sur une SmartTV. Le point faible du dispositif c’est donc le serveur qui héberge ces applications.

    L’association des producteurs européens désire donc travailler avec les législateurs européens afin de définir un cadre juridique pour des attaques DDOS de ces serveurs dans le cadre d’une lutte contre le piratage, comme le rapporte Geeko.

    En répétant ces attaques plusieurs fois, il serait possible dans une période de temps assez courte de pousser les abonnés à stopper leur abonnement en raison de la qualité médiocre du service. Les fournisseurs d’IPTV verraient alors leurs revenus baisser et seraient sûrement aussi assaillis de demandes de remboursement. Pour assurer la réussite d’une telle opération, elle devrait être menée sur l’ensemble du territoire européen simultanément.

  • Pas d’exemption de visa pour les Kosovars

    Pas d’exemption de visa pour les Kosovars

    Quatre ans après la recommandation de l’exécutif européen de supprimer l’obligation de visa pour les citoyens du Kosovo, la levée de cet obstacle administratif et financier semble toujours hors de portée, bien que la Commission affirme que le pays qui aspire à rejoindre l’UE a rempli sa part du contrat.

    Malgré les efforts déployés par Prague pour parvenir à un accord avant la fin de son mandat de six mois à la présidence du Conseil de l’UE en décembre, les perspectives de progrès s’amenuisent pour Pristina à mesure que de nouvelles conditions apparaissent.

    Plusieurs États membres de l’Union, dont la France, la Suède, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne, ont freiné les efforts de la présidence tchèque visant à supprimer l’obligation de visa pour les citoyens du Kosovo, car ils exigeraient des garanties de sécurité supplémentaires.

    Le Kosovo reste l’un des rares pays européens dont les citoyens ont encore besoin d’un visa pour entrer sur le territoire de l’Union européenne, que ce soit pour les loisirs, le travail ou l’éducation, et ce même si Pristina a rempli tous les critères requis depuis 2018 déjà.

    Cela fait quatre années que la Commission ne cesse de recommander la libéralisation des visas mais rien n’y fait. La dernière impulsion de la présidence tchèque de l’UE n’a pas beaucoup fait bouger les lignes non plus.

    « Je suis beaucoup plus optimiste qu’il y a un an », a confié le commissaire européen à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, à EURACTIV mercredi (12 octobre) après avoir présenté le rapport annuel sur les progrès du pays en matière d’élargissement, confirmant que le Kosovo avait rempli toutes les conditions pour la libéralisation des visas et indiquant que l’exécutif européen attendrait les discussions techniques sur le sujet.

    « Cela portera ses fruits à la fin de l’année, et nous aurons une décision », a-t-il ajouté.

    Cependant, cette mesure requiert une approbation unanime des 27 États membres de l’UE.

    Cette unanimité sera difficile à atteindre car, outre ceux qui s’opposent à la suppression des visas, cinq États membres du bloc — à savoir la Grèce, Chypre, l’Espagne, la Roumanie et la Slovaquie — ne reconnaissent pas l’indépendance du Kosovo.

    Attendre ETIAS

    Lors d’une réunion technique du Conseil jeudi (13 octobre), les représentants de la France, qui a bloqué à plusieurs reprises une décision sur la question des visas, ont semblé ajouter un nouveau critère à la liste toujours plus longue des attentes, en demandant instamment que la libéralisation des visas pour le Kosovo soit liée au fonctionnement du système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS).

    Ce système électronique permet de vérifier les données des ressortissants de pays tiers qui n’ont pas besoin de visa pour entrer dans l’espace Schengen. Il exige de chaque demandeur qu’il communique son nom, son adresse électronique, sa date de naissance, son passeport et qu’il effectue un paiement au moyen d’une carte de débit ou de crédit. La demande est ensuite examinée, et les autorités décident si la personne peut entrer dans l’espace Schengen ou non.

    Actuellement, le système est hors ligne, mais il devrait être en ligne en 2023, sans qu’aucune date précise n’ait été annoncée pour l’instant.

    C’est la première fois que le système ETIAS est évoqué dans les discussions sur la libéralisation des visas, bien que le Kosovo soit prêt depuis quatre ans, conformément aux engagements pris lors du sommet entre l’UE et les Balkans occidentaux en juin.

    La proposition présentée a été soutenue par des responsables de Madrid, Stockholm, Bruxelles, La Haye et, selon certaines sources, Copenhague.

    Contacté par EURACTIV pour savoir ce qu’il pensait de la libéralisation des visas au Kosovo, le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire.

    Une notification tardive

    Convaincre les États membres les plus réticents d’ici la fin de la présidence tchèque en décembre ne sera pas une tâche aisée, comme l’a clairement indiqué le groupe de travail sur les visas du Conseil de l’UE jeudi.

    « Le groupe de travail s’est largement félicité de la réouverture des discussions sur le sujet et a généralement soutenu le processus de libéralisation des visas. Afin de progresser dans ce dossier, il sera nécessaire de clarifier un certain nombre de sujets connexes et de poursuivre la discussion », a indiqué la présidence tchèque dans une déclaration.

    Ce dernier revers a probablement surpris la République tchèque, car des sources du ministère des Affaires étrangères ont indiqué que les Tchèques étaient « quelque peu optimistes » avant la réunion de jeudi.

    Même si un accord peut être conclu au sein du groupe de travail, les processus au sein du Conseil et les autres négociations interinstitutionnelles signifieront probablement que le Kosovo n’obtiendra pas le feu vert avant la fin de la présidence tchèque, a expliqué à EURACTIV République tchèque Iva Merheim-Eyre, analyste à l’Association For International Affairs.

    Les difficultés liées à l’élargissement

    Le dernier accroc en date pour le Kosovo intervient alors qu’une frustration croissante dans la région en raison de la lenteur du processus d’élargissement de l’UE, voire du manque d’élargissement tout court.

    Lorsqu’ils ont élargi le processus à l’Ukraine et à la Moldavie en leur accordant le statut de candidat à l’adhésion au bloc cet été, les responsables de l’Union ont également promis d’accélérer la procédure pour leurs homologues mécontents des Balkans occidentaux, certains négociant leur adhésion depuis plus de dix ans déjà.

    Une étape mineure a été franchie mercredi, lorsque l’exécutif européen a recommandé aux États membres d’accorder le statut de candidat à la Bosnie-Herzégovine.

    Cependant, les responsables politiques et les analystes soulignent que la Commission européenne ne répond pas aux attentes dans la région, et que ses rapports annuels sur le processus sont devenus « très peu pertinents ».

  • L’économie mondialisée face à l’inflation, une première

    L’économie mondialisée face à l’inflation, une première

    Dans les années 1970 et 1980, l’inflation s’était imposée dans un très grand nombre de pays en lien avec les deux chocs pétroliers et l’instauration de mécanisme d’indexation durant les Trente Glorieuses. La lutte contre la hausse des prix a été menée notamment à la fin des années 1970 par la FED de Paul Volcker. Ce dernier porta les taux directeurs de la Réserve fédérale de 11 % en 1979 à 20 % en juin 1981. Il décida, en retenant les idées économiques de Milton Friedman, d’annoncer les taux de progression de la masse monétaire afin de casser les anticipations. L’inflation américaine qui était de 13,5 % en 1981 revint à 3,2 % en 1983 au prix d’une sévère récession. Les différents pays suivirent les États-Unis. Si aujourd’hui les banques centrales reprennent les grandes lignes de cette politique monétaire, le contexte est profondément différent. L’économie mondialisée et les mouvements de capitaux se sont démultipliés. 

    Une onde de choc mondiale

    La hausse des taux directeurs est une vague qui s’est formée dès le milieu de l’année 2021 et qui gagne, mois après mois, en force. Au cours du printemps de l’année dernière, des banques centrales d’Amérique latine et d’Europe centrale ont commencé à relever les taux d’intérêt pour éviter la dépréciation de leurs monnaies et pour contenir l’inflation. À la fin de l’année 2021, la Norvège et la Corée du Sud, se sont joints au mouvement. En 2022, presque toutes les grandes économies ont suivi, à l’exception du Japon. Depuis les années 1980, jamais un mouvement d’ensemble ne s’était produit. 

    Avec l’accélération du resserrement monétaire, un nombre croissant d’économistes souligne que les prises de positions rapides et synchrones des banques centrales étaient susceptibles de conduire à une récession mondiale. Maurice Obstfeld, ancien économiste en chef du FMI, a déclaré que l’incapacité des banques centrales à tenir compte des effets mondiaux de leurs politiques expose l’économie mondiale au risque d’un ralentissement « historique ». 

    En l’état, les effets combinés des hausses sont difficilement appréciables. L’inflation est au départ un problème monétaire. Elle se nourrit de l’abondance des liquidités. Or, depuis 2007, les banques centrales ont accru, sans précédent, leur bilan et de ce fait la masse monétaire en circulation. Jusqu’à 2021, les liquidités émises étaient en grande partie stérilisées dans des actifs comme l’immobilier ou les actions. Depuis la crise sanitaire, avec les plans de relance, les liquidités sont de retour dans les circuits productifs qui ont été désorganisés par les confinements et depuis peu par la guerre en Ukraine. 

    En augmentant les taux, les banques centrales ont décidé de ralentir la croissance en réduisant la demande, mais dans une économie mondialisée, celle-ci est mondiale. Quand une banque centrale augmente ses taux directeurs, cela affecte également la demande adressée aux autres pays. Si ces interactions ne sont pas prises en compte, l’économie mondiale ralentira bien plus que ce que les banques centrales avaient individuellement imaginé.

    Un resserrement non coordonné peut engendrer une guerre des devises 

    L’interdépendance se manifeste également au niveau des capitaux. Une hausse des taux dans un pays attire les capitaux étrangers et renforce la valeur de sa devise comme cela est constaté actuellement pour le dollar. Le pays bénéficie d’une réduction des coûts d’importation, ce qui facilite sa lutte contre l’inflation. 

    La zone euro se trouve dans une situation inverse avec une devise qui se déprécie. Un resserrement politique non coordonné peut engendrer une guerre des devises, dans laquelle chaque pays s’efforce de déplacer le fardeau de l’inflation chez l’autre, la conséquence pouvant être une montée aux extrêmes des taux. 

    La hausse des taux d’intérêt peut déstabiliser le marché des changes et avoir de lourdes conséquences pour les pays émergents. L’économie est devenue beaucoup plus intégrée financièrement qu’en 1971, lorsque John Connally, alors secrétaire au Trésor américain, avait déclaré aux représentants des États étrangers que « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ». Un dollar cher et des taux en augmentation peuvent provoquer des défauts de paiement et des problèmes d’importation pour des pays émergents et en développement. 

  • Comment parler avec le diable ?

    Comment parler avec le diable ?

    Il est partout. Dedans, dehors. Pas besoin de croisade contre le diable, plutôt des grigris, des rites et des fétiches, prières, discours et rencontres. Une façon de parler qui s’apprend. 

    Poutine dénonce le satanisme à l’œuvre en Occident. Les États-Unis étaient déjà le Grand Satan des Ayatollahs. A maudire ensemble l’Adversaire, Russes et Iraniens partagent cette propension à tirer sur les femmes et les enfants d’abord. 

    Viser les femmes et les enfants 

    Les drones iraniens, tristes démons ailés, lancent leur feu sur les parcs et les écoles en Ukraine. Les Gardiens de la Révolution et la police religieuse tuent des femmes et des enfants : près d’un tiers des 180 morts assassinés dans les manifestations en Iran seraient des mineurs. 

    Les Ayatollahs disent que ces femmes sont inspirées par les Etats-Unis. Le ministre iranien, Nasser Katani, dénonce aussi la France : « Les droits de l’Homme, dans le dictionnaire de nombreux gouvernements occidentaux prétentieux, ne sont rien de plus qu’un jouet et un outil pour atteindre des objectifs politiques et s’immiscer dans les affaires d’autres pays ». 

    Comme il a raison ! La preuve : les cinq pays qui ont refusé de condamner l’annexion des territoires en Ukraine -outre la Russie, la Biélorussie, l’Erythrée, la Syrie, la Corée du Nord- dénoncent avec constance l’hypocrise droit de l’hommiste, tout comme, d’ailleurs, certains des 35 autres pays qui se sont abstenus, à l’image de la Chine. Le génie de Xi Jinping rappelle avec persévérance que les droits de l’Homme ne sont pas universels, le « rêve chinois », -police et prospérité-, lui, est universel, pas les droits de l’Homme.

    Les deux pays les plus peuplés de la planète ont leurs prudences : l’Inde aussi s’est abstenue. Dans un pays polythéiste le diable est partout : chez les Américains, les musulmans de l’intérieur, les Chinois athées. Les Russes aussi sentent le souffre, mais le pétrole n’a pas d’odeur. Le « partenariat stratégique » de la France avec l’Inde se limitera donc au purgatoire. On sait jusqu’où on peut compter sur l’Inde. Mais qui en doutait ?

    La clim, ça existe, en enfer, en Arabie comme au Qatar

    Sous le feu russe, l’alliance américano-saoudienne fond comme neige au soleil d’Arabie. Joe Biden avait fait son mea culpa: l’Etat paria ne l’était plus, MBS devait être bon Prince. Parler avec le diable encore et toujours. Mais ce n’est pas à quelqu’un qui organisera en 2029 les Jeux d’hiver d’Asie dans le désert, d’où l’on chasse les derniers bédouins héritiers des compagnons de Lawrence d’Arabie, dans une ville qui n’existe pas encore, que l’on va chauffer le chaud et le froid. La clim, ça existe, en enfer, en Arabie comme au Qatar. 

    Le président américain Joe Biden et le prince héritier Mohammad ben Salmane, à Djeddah, en Arabie Saoudite, le 15 juillet 2022 ©UPI/Newscom/SIPA/AFP

    On y jouera la coupe du Monde bientôt, malgré ces hypocrites qui ne veulent pas voir les matchs en public mais seulement de chez eux. Ah les pantoufles ! Les voilà les consciences : ils ne voient même pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Le droit du travail a fait des progrès immenses au Qatar, le droit des femmes aussi, les homos ont même le droit d’être discrets et l’alcool coulera à flot dans les hôtels. Tout le monde, sur la planète, ne peut pas présenter des avancées aussi rapides.  

    Peut-on jouer au foot chez le diable ? Le sport a cette fausse pudeur apolitique qui permet d’envoyer des messages. « Enc…, l’arbitre » ? Combien de coups de fouet pour une insulte homophobe ? 

    Erdogan est un derviche tourneur. Lucifer Lula combat Mephisto Bolsonaro

    Dialoguer ! Emmanuel Macron dans son intervention télévisée en a montré l’utilité : les céréales, la centrale nucléaire, le fil d’Ariane de la paix, qu’il ne faut jamais lâcher. Dans ce domaine Erdogan est un derviche tourneur. Un coup à Prague pour la grand-messe de la nouvelle Communauté Politique Européenne, un coup à Astana avec la Russie. Le vrai diable, pour Erdogan, c’est la secte Gülen, accusée d’un coup d’Etat qui lui a permis d’envoyer des milliers de mauvais djins en prison. A force de contorsion, plus personne ne le croit. L’économie turque se désagrège, son palais est de sable. Le diable est dans la boîte. 

    Dans la boîte des démocraties aussi. Au Brésil, Lucifer Lula combat Mephisto Bolsonaro, soutenu par les Evangélistes. Des possédés. Les deux sont contre l’avortement. Un programme commun contre les femmes ? Sont-ils vraiment l’un fasciste, l’autre communiste ? 51 millions de voix pour l’un, 57 millions pour l’autre, double record. La démocratie brésilienne, aussi imparfaite soit-elle, serait-elle remise en cause par le vainqueur ? Pas plus qu’en Italie, où l’accession au pouvoir d’une admiratrice de Mussolini ne signifie pas une nouvelle marche sur Rome. « Dieu, famille, patrie », prie-t-elle, songeant à feu son père qu’elle a refusé de revoir après une condamnation pour drogue. Sans pardon. Son allié Berlusconi et son amie dentiste Nicole qui faisait des strip-tease déguisée en religieuse lors de soirées bunga bunga en frissonne. En Suède, le nouveau gouvernement s’appuie sur l’extrême droite. En Pologne elle est installée, comme en Hongrie, tenants de démocraties illibérales

    Que ce soit en politique interne, en Europe, en politique internationale, la seule alternative au dialogue avec l’ennemi, ce serait la violence. Le pape François l’a dit : « même si ça sent mauvais, il faut dialoguer ». Exorcisme. Shimon Peres : « Avec qui vais-je faire la paix si ce n’est avec mon ennemi ? » Kouchner, à propos de discussions étranges avec les Farc : « Si on veut arriver à quelque chose, il faut être capable de discuter même avec le diable. »

    Quand on dialogue, continuer à taper. Plus on parle, plus on tape.  

    Comment parler avec le diable ? Avec un gros bâton bien sûr, très gros. Mais ce n’est pas suffisant car le diable pensera que tant qu’il y a dialogue, il n’y aura pas de coups de bâton. Lui montrer son erreur : quand on dialogue, continuer à taper. Plus on parle, plus on tape. Le dialogue n’est pas une trêve. Parler, taper, selon le petit manuel de torture, ou de l’inquisiteur.

    Ne pas hésiter à apparaître comme le diable de l’autre. C’est bien ainsi que Poutine, Maduro, Ortega, Xi Jinping, la junte birmane, Kim Jung Un, la junte ayatollesque, et tant d’autres, voient l’Occident. Chacun voit son « empire du mal ». 

    Ils n’ont pas tort. : ne jamais cesser d’ « agiter le drapeau rouge contre le drapeau rouge ». Ils ne veulent pas que l’on parle du Tibet, du Xinjiang, des droits de la femme, des LGBT, de la démocratie ? Continuer ! Qu’ils se grattent jusqu’au sang tellement cela leur donne de l’urticaire.

    Tout est une arme : énergie, images, discours, la guerre ouvre de multiples metavers.

    Il y a bien une école qui prétend qu’en politique on devrait s’en remettre seulement aux rapports de force et aux intérêts. C’est ignorer toutes les leçons de la « guerre hybride » :  toute guerre est émotionnelle, idéologique, intellectuelle. Tout est une arme : énergie, images, discours, la guerre ouvre de multiples metavers. 

    « On ne remporte pas les guerres en envoyant seulement des tanks, des missiles ou des troupes. C’est un grand combat : qui va gagner les esprits et les âmes des gens ? », lance Josep Borell, le Haut Représentant de l’UE aux ambassadeurs.  

    Que proclame Winnie l’Ourson, alias Xi Jinping, dans son discours de sacre au congrès du Parti communiste chinois ? Que la Chine restaurée devient le modèle d’un autre monde, celui de la paix, de la prospérité, de l’équilibre autour de l’Empire du milieu, une alternative au désordre mondial américain, autre face du diable. « L’Orient est rouge, le soleil se lève », chantait-il enfant à la gloire de ce Mao qu’il éclipse.

    Mieux vaut être le diable qui fait crédit que l’inverse. Cela vaut pour la France aussi.

    La Chine n’a pas voulu, au G20, entrer dans la discussion pour alléger le poids de la dette des pays les plus pauvres. Elle n’a pas voulu discuter avec les pays africains, le FMI et le Club de Paris. Zambie, Tchad, Ethiopie, Sri Lanka plongent. Les pays les plus pauvres doivent payer 35 milliards $ l’an prochain, plus de 40% à la seule Chine. Faire crédit au diable, vendre son âme. Mieux vaut être le diable qui fait crédit que l’inverse. Cela vaut pour la France aussi.

    Borell toujours : « Nous devons expliquer le lien entre la liberté politique et une meilleure vie. Notre combat est d’expliquer que la démocratie, la liberté, la liberté politique, n’est pas quelque chose que l’on peut échanger contre une économie prospère ou une cohésion sociale. Ces choses vont toutes ensemble. Le risque, sinon, est que notre modèle périsse et ne soit pas capable de survivre dans ce monde. ».

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 17.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 17.10.22

    Bonjour à tous, je suis heureux de vous retrouver pour une semaine de flashs dédiés aux Français de l’étranger. Ce lundi, on découvre la nouvelle campagne de communication de l’administration consulaire, on se penche sur le cas des élus à l’étranger ayant plusieurs nationalités et on revient sur la « Marche contre la vie chère » de ce dimanche à Paris. 

    L’action consulaire en 27 minutes

    L’administration consulaire est sous le feu de nombreuses critiques depuis 3 ans. Baisse des effectifs, digitalisation, pandémie, des facteurs qui ont désorganisé les consulats, on s’en fait régulièrement l’écho. En réaction, la direction des Français de l’étranger a commandé un webdocumentaire qui est en ligne depuis vendredi 14 octobre. On y découvre les coulisses de l’administration centrale, des consulats mais aussi on partage avec les fonctionnaires leurs angoisses, leurs joies liées à l’expatriation. Ils partagent, aussi, avec nous leur vécu au service des Français de l’étranger lors de situations difficiles comme des morts violentes, des enlèvements, etc. Un film à retrouver sur le site Lesfrancais.press 

    action consulaire
    Action consulaire

    Un rapport sur la binationalité 

    3 Françaises de l’étranger, élue, universitaire et journaliste, ont associé leurs travaux pour publier un rapport sur les citoyens élus qui ont plusieurs nationalités. Comment faire cohabiter deux allégeances ? Quelles conséquences ? Elles proposent aussi des dispositifs pour faire de ces situations des opportunités pour notre pays et nos compatriotes hors de France. Là aussi, vous pouvez télécharger le rapport complet sur le site Lesfrancais.press.

    A Paris, 140 000 personnes ont défilé contre la vie chère 

    Quelque 140.000 personnes, selon les organisateurs, participaient dimanche à Paris à la « marche contre la vie chère et l’inaction climatique », organisée par l’alliance de gauche Nupes. “Nous avons d’ores et déjà réussi notre pari. Ce n’est qu’un début », a estimé la députée LFI Aurélie Trouvé, cheville ouvrière de la marche. Peu avant, Jean-Luc Mélenchon avait évoqué « un immense succès” que ses troupes ont décidé de décliner encore cette semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale alors que les discussions sur le budget 2023 tourne à la foire d’empoignes.

    Paris le 16 octobre 2022 ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !

    Bon lundi à tous où que vous soyez.  

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Un rapport pour comprendre les enjeux de la binationalité en politique

    Un rapport pour comprendre les enjeux de la binationalité en politique

    La nationalité double ou multiple, soit détenir la citoyenneté ou la nationalité de deux ou plusieurs pays en même temps, est un principe que les expatriés connaissent bien, mais quelles en sont les conséquences quand on s’engage dans la sphère politique d’un des Etats dont on a la nationalité ? Une situation finalement assez courante chez les Français de l’étranger, même si elle est peu assumée. En effet, comment s’assurer de l’allégeance de la femme ou l’homme politique ? Comment l’élu(e) disposant de deux nationalités gère-t-il(elle) les tensions entre ses deux pays si elles se présentent ? Des questions que se sont posées Florence Baillon, docteure en littérature, spécialiste en relations internationales, Laure Pallez, élue consulaire aux USA, et Hélène Demeestere, historienne et élue binationale à Los Angeles. Elles furent accompagnées dans ce long travail de recherche par Marie-Christine Peltier Charrier, anthropologue et sans qui rien n’aurait été possible.

    Afin de publier ce rapport pour le compte du think-tank, la France et le Monde en commun, elles ont mené une véritable enquête auprès des élus, de l’administration et avec une rigueur universitaire, les 3 femmes, toutes engagées auprès de nos compatriotes à l’étranger, ont publié en septembre un rapport. La rédaction l’a parcouru pour vous. Si vous désirez aller plus loin, le document est en libre téléchargement en fin d’article.

    Mais qu’est-ce que la double nationalité ?

    Lorsqu’on obtient la double nationalité (soit par mariage, naissance ou naturalisation), le nouveau citoyen bénéficie des mêmes droits, privilèges et responsabilités juridiques que toute autre personne dans le pays. Bien que différentes règles puissent s’appliquer, le statut comporte une dimension obligatoire fondamentale, à savoir le respect des lois des deux pays ou plus lorsqu’ils y résident. En plus, les deux pays ont le droit d’attendre la seule allégeance.

    Des pays qui refusent la double nationalité ?

    La liste des pays autorisant la double nationalité ne cesse de s’allonger, elle en compte plus de cinquante comme l’Espagne qui a signé un accord en 2020 avec la France. C’est donc théoriquement assez rare mais dans les faits, la plupart des pays n’ont pas de problèmes avec la double nationalité mais beaucoup ont imposé des conditions.

    Israël, l’Italie, l’Irlande, insistent sur le fait que leurs ancêtres ou leur lignée soient reconnus pour jouir d’une seconde nationalité dans leur pays. Plus rigides, les Pays-Bas qui ne reconnaissent la bi-nationalité que dans des cas très spécifiques. Et ils ne sont pas les seuls. L’Estonie et l’Autriche, également membres de l’Union européenne, sont dans le même cas de figure, cette dernière ne tolérant la double nationalité qu’au cas où un citoyen autrichien ait obtenu un autre passeport dès la naissance. La législation estonienne est cependant plus souple : elle indique qu’un citoyen estonien ne peut être déchu de sa nationalité. Les doubles passeports existent donc dans les faits. Tandis que la Slovaquie n’autorise la double nationalité que pour les personnes nées dans le pays ou épousant une autre nationalité dans le pays.

    A l’opposé, dans plus de cinquante pays la double nationalité a de lourdes conséquences. Ces pays ne se limitent pas à des continents spécifiques mais se trouvent à travers le monde et comprennent l’Andorre, l’Azerbaïdjan, les Bahamas, Bahreïn, la Malaisie, les Émirats arabes unis, le Venezuela et la Chine. Font également partie de cette catégorie le Congo, Djibouti, Cuba, l’Éthiopie, Haïti, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, le Japon, le Koweït, le Kazakhstan, Monaco, Singapour, Oman, Qatar, l’Arabie saoudite, le Népal, le Mozambique et le Zimbabwe, dont les citoyens perdent automatiquement leur nationalité lors de l’acquisition de la nationalité dans un autre pays.

    L’engagement citoyen et la double nationalité

    On le voit, la double nationalité n’est pas si évidente que ça, même si du côté français, on estime à plus d’1 700 000 (estimation) le nombre de citoyens nés français à l’étranger et disposant potentiellement d’une autre nationalité (selon si le droit du sol est appliqué ou non dans le pays de naissance) !

    On le voit, il reste donc difficile de quantifier les binationaux qui ne résident pas en France. En effet, ils sont français pour la France et considérés comme Français de l’étranger mais s’ils vivent dans le pays de leur deuxième nationalité, ils seront également comptabilisés comme citoyens dans celui-ci.

    Et c’est partant de ce constat que notre trio de femmes s’est interrogé sur l’impact de ce double ou multiple passeport lorsqu’un citoyen concerné décide de s’engager politiquement. Car comme elle nous le rappelle dans l’introduction à leur rapport, « l’éloignement du pays natal et/ou la binationalité n’entraînait pas nécessairement une diminution de l’intérêt pour la vie politique« , mais alors comment gérer cette double allégeance ?

    « Quand on s’engage dans un mandat, on s’engage pour le pays qu’on sert« 

    Laure Pallez

    Pour y répondre, Florence Baillon, Laure Pallez et Hélène Demeestere se sont intéressées à des cas connus comme Manuel Valls, dont les allers-retours entre la France et l’Espagne ont démontré les limites de l’exercice. Mais elles se sont aussi penchées sur le cas de nos élus consulaires à travers un questionnaire spécifique à l’étude, elles ont complété évidemment leurs recherches empiriques avec une riche bibliographie, dans trois langues, actualisée sur le sujet. L’ensemble du travail permet de traiter la double nationalité sous une approche anthropologique.

    8 élus pour bien comprendre les enjeux

    Pour illustrer leurs recherches et nourrir leur réflexion, les 3 chercheuses ont mené des interviews avec huit élus des Français de l’étranger aux Pays-Bas, au Canada, en Belgique, en Thaïlande, au Bénin, en Espagne et deux aux États-Unis. Elles en ont tiré des points de convergences tout en soulignant les différences entre les pays ainsi que les spécificités propres à chacun. Un ensemble de facteurs qui peuvent être mis au service de notre Nation et de sa diplomatie grâce à la double culture de l’élu et à sa connaissance approfondie de son « nouveau pays ».

    « L’élu ayant une double nationalité, c’est une voix supplémentaire pour notre diplomatie »

    Laure Pallez

    Créer un observatoire de la binationalité

    La situation est bien complexe, et malgré les enjeux importants, aucune action publique n’a été engagée pour mieux connaitre, comprendre et anticiper nos compatriotes qui disposent de plusieurs nationalités. C’est pour combler ce vide, que Florence Baillon, Laure Pallez et Hélène Demeestere imaginent la création d’un observatoire de la binationalité.

    « Il y a une indifférence sur les binationaux alors qu’en acquérant une nationalité, on devient plus civique« 

    Hélène Demeestere

    Anticipant une généralisation dans une ou deux générations chez les héritiers des Français qui se sont expatriés ces deux dernières décennies, elles veulent créer un outil qui permettra de maintenir le lien avec ces communautés éparpillées dans le monde. Une mission que la France a longtemps négligée comme en témoigne la situation des Français de Pondicherry ou du Paraguay, installés depuis de nombreuses générations et qui aujourd’hui ne maîtrisent plus notre langue et notre culture, mais qui pourtant expriment toujours un fort attachement à la France.

    Pour elles, la binationalité est une chance pour la France, la francophonie, la diplomatie, la politique, etc. Un message, qui espérons-le, sera entendu par nos responsables politiques nationaux.

    Téléchargez le rapport complet sur la binationalité