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  • Terrain miné au Maroc pour Olivier Becht

    Terrain miné au Maroc pour Olivier Becht

    Olivier Becht avait une lourde mission la semaine dernière lors de sa visite au Maroc du 18 au 20 octobre 2022. Réconcilier la République et le Royaume chérifien, alors que la décision de Paris en septembre 2021 de diviser par deux l’octroi de visas au Maroc est toujours source de rancoeur de la population, tandis que la classe politique s’inquiète d’un éventuel glissement de la position d’Emmanuel Macron en faveur de l’indépendance du Sahara Occidental.

    Hostilité sur les réseaux sociaux

    Tout avait déjà mal commencé. Première bourde : le 18 octobre, l’ambassade de France au Maroc annonce dans une vidéo la visite au Maroc, qualifié de «partenaire d’exception de la France», par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, Olivier Becht.

    Mais comme c’est le cas depuis plusieurs mois, cette publication, au même titre que toutes celles que poste l’ambassade de France au Maroc, a suscité bon nombre de commentaires négatifs sur la toile marocaine. Il faut dire que la décision des autorités françaises d’humilier les Marocains demandeurs de visas est en train de ruiner –peut-être de façon irréversible– le capital sympathie dont bénéficiait ce pays au Royaume et l’engouement pour la culture et la langue françaises, naguère bien enracinées chez une grande partie de la population.

    Cela aurait pu en rester là… Mais, à l’étonnement général et en contradiction avec les usages diplomatiques, l’ambassadrice de France, Anne-Sophie Avé, qui occupe ce poste depuis septembre 2022, est rentrée dans un ping-pong de tweets avec les opposants à la France. Alors qu’un Marocain demandait le départ de nos entreprises de son pays, l’ambassadrice a répondu «Quid des milliers d’employés marocains ? Chômage marocain ?», en référence aux employés de ces entreprises françaises au Maroc qui se retrouveraient sur le carreau si celles-ci venaient à quitter le territoire marocain.

    Autant dire que cette publication a fait mouche, mais pas dans le bon sens du terme, et a littéralement suscité une vague d’indignations au Maroc. Les internautes ont réagi en nombre, rappelant à l’ambassadrice que «ces sociétés seront récupérées par des capitaux marocains et gérées par des compétences marocaines», en cas de départ du Maroc.

    Olivier Becht arrive donc au Maroc alors que l’opinion publique est déjà chauffée à blanc. Pourtant, le ministre des Français de l’étranger et du Commerce extérieur venait dans ce royaume avec la volonté de relancer les relations entre les deux pays, et animé d’une volonté d’apaisement.

    La France, premier investisseur au Maroc

    En effet, Olivier Becht était porteur de bonnes nouvelles avec le renforcement des investissements industriels dans le Maroc, le « hub vers l’Afrique » de notre pays. Pour rappel, la France est, déjà, le premier investisseur étranger au Maroc. En 2021, les échanges commerciaux de la France avec le Maroc se sont élevés à 10,7 milliards d’euros.

    A Rabat, Olivier Becht a mené des entretiens avec Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce. Tandis qu’à Casablanca, Olivier Becht a visité la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) que préside Jean-Pascal Darriet (Lydec) et que dirige Jean-Charles Damblin. La CFCIM assure, dans le cadre d’une concession de service public de Business France, les prestations d’accompagnement des PME et ETI françaises au Maroc.

    Olivier Becht à la CCI France-Maroc ©CCI

    Olivier Becht a aussi rencontré des représentants de l’écosystème aéronautique, avec une visite à l’Institut des métiers de l’aéronautique et à l’usine Safran Nacelles, dans la zone franche de Midparc de Casablanca. Enfin, il était l’invité d’honneur du Choiseul Africa Business Forum, toujours à Casablanca, réseau d’affaires qui réunit chaque année des décideurs africains.

    «Nous pouvons sans doute encore intégrer davantage le Maroc dans les chaînes de valeur hexagonales et tirer un meilleur parti de notre proximité géographique, linguistique et culturelle»,

    Olivier Becht au Maroc

    Froid diplomatique

    Mais malgré la bonne volonté du ministre et de ses équipes, il est difficile de relancer les relations entre les deux pays, quand le Maroc, simultanément, rappelle son ambassadeur. En effet, le 19 octobre, le palais royal confirmait le départ de Mohamed Benchâaboun de son poste d’ambassadeur du Maroc près de France.

    Présenté par la presse locale comme une promotion, ce rappel serait une façon pour Rabat de montrer son mécontentement par rapport à de nombreux actes posés dernièrement par Paris et qui semblent porter à confusion sur sa position concernant le Sahara. En effet, le Maroc est persuadé que Paris fait le jeu d’Alger, alors que les tensions sont encore vives avec l’Algérie, malgré le voyage d’Emmanuel Macron sur place en septembre 2022.

    Sahara Occidental

    Si au cours des mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, il n’y avait aucun doute sur la position de la France concernant le Sahara, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec l’actuel président. Rabat voit d’un mauvais œil le fait que son allié stratégique qu’est la France se soit fait damner le pion par les États-Unis et l’Espagne sur la question du Sahara. Pour le roi Mohammed VI, la position de ses alliés sur la question ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté… La création d’une section La République en Marche (le parti d’Emmanuel Macron rebaptisé depuis Renaissance) par des expatriés pour le Sahara Occidental a été particulièrement mal prise.

    Politique des visas

    L’autre point de tension entre les deux pays, c’est la baisse de moitié du quota de visas français octroyés aux citoyens marocains comme pour les Algériens. Une situation que dénonce le député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, Karim Ben Cheïkh. L’ancien diplomate, nouveau député, avait bien anticipé les conséquences diplomatiques et économiques de cette décision. Poussée par Gérald Darmanin qui veut améliorer le taux effectif des OQTF (ordre de quitter le territoire français), cette disposition devait contraindre Rabat à accepter la reconduction vers le Maroc de leurs citoyens « sans papiers ». Interviewé par le journal marocain l’Économiste, Olivier Becht indiquait qu’il était, aussi, venu régler certaines questions dont celles liées aux visas. Mais malgré ses nombreux échanges avec les responsables marocains, aucune solution n’a été annoncée.

    Olivier Becht
    Olivier Becht avec Karim Ben Cheïkh à Rabat ©Karim Ben Cheïkh

    La communauté française au Maroc

    Olivier Becht est en charge du commerce extérieur mais aussi des Français de l’étranger. Et comme il l’avait promis lors de sa prise de fonction, Olivier Becht, comme à Singapour ou en Indonésie, a rencontré nos compatriotes installés sur place.

    Sur le continent africain, le royaume chérifien est le premier pays d’accueil de la communauté française. Et s’ils sont 53 800 à être inscrits sur les registres consulaires, on estime à 80 000 le nombre de ressortissants français établis au Maroc, un chiffre en constante augmentation.

    « Il faut dépasser ces tensions pour construire des projets communs »

    Olivier Becht devant la communauté française à l’ambassade de France au Maroc

    Une communauté forte en nombre mais aussi en capacité financière et d’innovations. En effet, parmi nos compatriotes sur place se mélangent des binationaux de retour au Maroc avec une formation française, des retraités au pouvoir d’achat conséquent pour le pays, mais aussi de nombreux investisseurs dans l’immobilier (on se souvient de la ruée sur les riads dans les années 2000-2010), les nouvelles technologies mais aussi la construction navale et ferroviaire comme l’aéronautique.

    Hommage à Stéphane Sachet

    Olivier Becht s’est aussi rendu au Lycée français Lyautey à Casablanca dont le proviseur, Stéphane Sachet, est décédé ce lundi 17 octobre. Il lui a évidemment été rendu hommage avec tous les élèves de l’établissement.

    « Moment de recueillement au Lycée Lyautey à Casablanca, établissement emblématique du réseau de l’enseignement français à l’étranger dont le proviseur Stéphane Sachet est décédé ce lundi. Nous nous souviendrons de l’excellence de son parcours et de son humanité, reconnus de tous »

    OIivier Becht sur Facebook
    Olivier Becht lors de l’hommage à Stéphane Sachet ©Olivier Becht

    Le voyage d’Olivier Becht a rempli, sur le papier, tous ses objectifs, en rencontrant les acteurs politiques et économiques du Maroc, sans oublier la communauté des Français du Maroc. Mais sur le fond, son voyage ne restera pas dans les annales, car du côté marocain on espère vraiment une visite rapide d’Emmanuel Macron. A défaut, les autorités marocaines pourraient penser que la France prend le parti de l’Algérie.

  • Démission de Truss : la réaction des élus français au Royaume-Uni

    Démission de Truss : la réaction des élus français au Royaume-Uni

    Liz Truss a démissionné de son poste jeudi 20 octobre 2022, en tant que leader du Parti conservateur, dans une déclaration à l’extérieur du 10 Downing Street. Une course au leadership est lancée. Elle quittera ses fonctions de Première Ministre quand un nouveau leader sera choisi. 

    Elle a déclaré qu’elle abandonnait son poste parce qu’elle ne pouvait pas remplir le mandat pour lequel elle a été élue à la tête des conservateurs. Les Tories doivent maintenant trouver leur prochain chef conservateur et Premier ministre : le Chancelier de l’Echiquier, Jeremy Hunt, ne se présente pas, mais Rishi Sunak, Boris Johnson et Penny Mordaunt sont tous considérés comme des prétendants. 

    Nous avons voulu interroger les responsables politiques des Français de Londres pour connaître leurs réactions. 

    “Nous soutenons les partis de l’opposition pour la tenue des élections générales.” 

    Charlotte Minvielle, co-Secrétaire d’EELV au Royaume-Uni, se félicite de la démission de la première ministre Liz Truss, qui avait tenté de mettre en place des mesures budgétaires néo-libérales avec des baisses d’impôts pour les plus riches.

    Charlotte Minvielle
    Charlotte Minvielle

    “Dans un tel moment de crise sans précédent, où des pays européens instaurent ou envisagent des taxes sur les super-profits, son plan allait complètement à l’encontre de ce dont le pays a besoin. Nous soutenons les partis d’opposition de gauche, le Labour et le Green Party, dans leur demande d’élections anticipées pour un réel changement de politique et un gouvernement qui mette en place plus de justice sociale.” 

    Charlotte Minvielle, co-Secrétaire d’EELV au Royaume-Uni

    Les problèmes du Brexit persistent 

    Nicolas Hatton, élu consulaire, élu divers droite indépendant, a aussi partagé avec nous sa réaction.

    Nicolas Hatton
    Nicolas Hatton

    “La démission de Liz Truss entrera dans les annales pour sa brièveté au 10 Downing Street, et cela prête à sourire tant le monde politique anglais est devenu absurde depuis le référendum européen de 2016 et la sortie de l’Union Européenne qui s’ensuit. Ayant vendu un Brexit dur à son électorat tout en niant toute conséquence néfaste pour la société, les conservateurs sont dans un cul-de-sac politique, et courageux celle ou celui qui succédera à Liz Truss, car la situation sociale est devenue tendue à l’extrême, avec une crise du coût de la vie qui s’ajoute à l’état piteux des services publics et à une économie en détresse. Ayant rencontré Liz Truss en 2017 lors de l’université d’été du parti conservateur, je me rappelle avoir été accueilli par un retentissant ‘Hello Bargaining Chip’ en référence au badge que je portais symbolisant la campagne de mon association the3million pour les ressortissants européens. 5 ans plus tard et sa carrière politique est finie, mais les problèmes créés par la folie du Brexit restent.” 

    Nicolas Hatton, élu consulaire sur la liste Un Monde de projets et fondateur du mouvement  « the3million« 

    Pas de stabilité en ramenant Boris Johnson

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’Etranger au Royaume-Uni de Renaissance (La République En Marche), estime que « les quarante-cinq derniers jours ont été particulièrement pénibles pour tous ».

    Patricia Connell

    « Le départ de Liz Truss est bien sûr un grand soulagement. Personnellement, je n’ai jamais pensé qu’elle serait encore Première ministre à la fin de l’année, donc ce n’est pas une grande surprise. Tout le monde en a assez. Mes amis britanniques ont honte de ce qui se passe dans leur pays et n’en peuvent plus que leur pays soit devenu la risée de tous avec six premiers ministres en 6 ans, le même nombre que dans les 40 années précédentes. Reste à voir maintenant si les parlementaires conservateurs vont se réveiller et avoir le courage de faire ce qui est juste pour leur pays ou s’ils vont une fois de plus penser à leur intérêt personnel ou encore à la survie de leur parti. Le mot d’ordre dans leur rang devrait être : le pays avant le parti ! Là est bien la question. Le RU a maintenant besoin de stabilité et ce n’est certainement pas en ramenant Boris Johnson que cela va arriver. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous se demandent ce qu’il est advenu du pays que nous avons connu et dans lequel nous avons choisi de vivre. Maintenant, il reste deux façons de voir les choses : 1) cela ne peut pas être pire ou  2) nous n’avons pas encore touché le fond. Malheureusement, j’ai l’impression que l’option deux est probablement plus probable que la première. A suivre…”

    Patricia Connell, Conseillère des Français de l’Etranger au Royaume-Uni

    Jeudi, le Président français Emmanuel Macron a, évidemment, aussi réagi à la démission de Liz Truss.

    « Je souhaite que la Grande-Bretagne puisse trouver le plus rapidement possible la stabilité.” 

    Emmanuel Macron, Président de la République

    Un sommet franco-britannique doit avoir lieu en 2023. Il a été organisé par Macron et Truss. Mais finalement, le Président de la République devra travailler avec un quatrième Premier Ministre britannique. Cela montre que la politique au Royaume-Uni est instable, à l’image de la période que traverse le pays. Il devra sans doute apprendre à coopérer avec Larry le Chat, très populaire en ce moment, il est l’occupant le plus ancien du 10 Downing Street !

    Larry le Chat du 10 Downing Street – Londres
  • Skiptax : La détaxe en 3 clics

    Skiptax : La détaxe en 3 clics

    Les expatriés qui se sont installés hors de l’Union européenne sont éligibles à la détaxe. Jusqu’à présent, les voyageurs devaient présenter leur(s) bordereau(x) de détaxe Simply Tax Free au visa de la douane du point de sortie de l’Union Européenne, munis de leur passeport et des marchandises détaxées. Pour cela, il devaient constituer un petit dossier avec l’ensemble des preuves d’achats, respecter un ensemble de règles contraignantes, etc. Depuis quelques années, des applications de détaxe ont vu le jour avec l’ambition de simplifier la procédure et démocratiser la détaxe. Parmi ces dernières, notre partenaire Skiptax fut la première à recevoir l’agrément des douanes françaises, un gage de sérieux que les Français de l’étranger ont bien compris.

    Les achats éligibles

    Sur les différents sites dédiés à la détaxe, vous constatez qu’il faut réaliser un certain volume de dépenses, au moins 100 euros, dans une boutique, en 3 jours maximum pour obtenir le bordereau de détaxe du commerçant. Une contrainte qui limite forcément le champs d’application de la détaxe ou qui pousse, et c’était l’objectif cachée de cette disposition, à dépenser plus !

    Grâce à l’application Skiptax, vous pouvez oublier cette contrainte. Fidèle à son objectif de démocratiser la détaxe, Skiptax fait tout le boulot pour vous. Pour cela, il suffit de scanner avec votre smartphone dans l’application vos factures unitaires, même d’un montant inférieur à 100 euros, et Skiptax ajoutera tous vos achats dans une facture unique. Par contre, le cumul des factures doit être au minimum égal à 100 euros. Une somme facile à atteindre au fil des achats dans différentes boutiques.

    Une sortie du territoire facilitée

    L’autre frein à la détaxe fut longtemps la procédure à l’aéroport auprès des douaniers ! En effet, il fallait sortir tous ses bordereaux, souvent un par établissement commercial, compiler l’ensemble dans un bordereau récapitulatif et se présenter au bureau des douaniers. On le devine, ils étaient nombreux à abandonner.

    Depuis 2007, un système informatisé avait facilité la dernière étape, le fameux dispositif PABLO. Mais grace à Skiptax, cette dernière étape est réduite à son minimum. Il suffit de scanner le bordereau, le QRcode ou le code barre fourni par l’application via un simple bouton et en quelques secondes toutes vos factures et autres justificatifs sont transmis. Vous voilà conforme et prêt à décoller vers votre pays de résidence… en quelques secondes.

    Un remboursement rapide et sûr

    Enfin, la dernière étape et c’est celle qui compte, est la récupération des fonds soit la quote-part de la TVA que l’Etat français doit vous rembourser.

    Là aussi, la procédure était fastidieuse, une fois la procédure faite, il fallait fournir un compte français ou accepter de recevoir un chèque. Désormais avec Skiptax, tout se fait dans l’app en 3 clics.

    Et bonus, vous êtes remboursé plus rapidement que si vous aviez fait la démarche seul ! Skiptax vous avance le remboursement et se charge de récupérer les fonds auprès de l’Etat. Merci Skiptax ! En plus si vous parrainez quelqu’un sur l’app, Skiptax vous rembourse 100% de la TVA et non 80% comme c’est l’usage.

    Un accompagnement 7/7

    Enfin, Skiptax propose un accompagnement client 5 étoiles ! Où que vous soyez, quel que soit le fuseau horaire, le personnel de Skiptax vous répond 24h/24 et tous les jours en français ou en anglais via le chat inclus dans l’application. Rassurant et utile pour bien comprendre son remboursement !

    Un bonus pour les lecteurs du site Lesfrancais.press

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    skiptax
  • TNTSAT : Canal + n’est pas obligé de réintégrer TF1 et ses chaînes soeurs

    TNTSAT : Canal + n’est pas obligé de réintégrer TF1 et ses chaînes soeurs

    Canal + a gagné en appel dans le litige l’opposant à TF1 jeudi, selon les informations de l’AFP. Le groupe n’a pas à rétablir la diffusion des chaînes de TF1 sur son offre TNT Sat. Actuellement, TF1 est de nouveau disponible sur le satellite Astra qui diffuse l’offre de Canal + mais en clair et hors numérotation de TNTSAT. Une situation qui ne peut rester en l’état alors qu’en diffusant sans restriction, la filiale de Bouygues est en infraction sur les droits d’auteur, à seulement un mois de la prochaine Coupe du monde au Qatar, TF1 doit réagir.

    TF1 débouté

    TF1 a été débouté par la cour d’appel de Paris, jeudi 20 octobre, selon les informations de l’AFP. Canal + n’a pas ainsi à rétablir la diffusion de TF1 sur son offre TNT Sat, le service d’accès par satellite aux chaînes gratuites de la TNT. C’est une nouvelle victoire pour le groupe Canal, qui avait emporté le procès en première instance, et un nouveau coup dur pour la Une.

    Pas d’accord pour la diffusion

    Les deux géants de l’audiovisuel sont en conflit depuis l’arrêt de la diffusion en septembre par le groupe Canal des chaînes de TF1 sur ses canaux de distribution (TNT Sat, My Canal, box). Ils n’ont toujours pas trouvé d’accord financier pour le renouvellement du contrat de diffusion.

    TF1 réclamait devant la justice la fin de l’écran noir sur ses cinq chaînes gratuites (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) durant quatre mois via l’offre TNT Sat. Le temps pour ses téléspectateurs de trouver une autre offre satellite ou d’attendre un accord au conflit. Les Français de l’étranger vont devoir faire vite un nouveau choix pour suivre la Coupe du monde et leurs programmes préférés diffusés par les chaînes du groupe TF1. Notre partenaire TVcorner, spécialisé dans les offres pour Français résidant hors de France, peut vous aider à faire le bon choix et à trouver le bon installateur.

  • Élections consulaires partielles à Montréal : on prend les mêmes et on recommence

    Élections consulaires partielles à Montréal : on prend les mêmes et on recommence

    C’est ce week-end que les Français de Montréal sont appelés à voter pour les élections consulaires partielles de la IVe circonscription du Canada des Français de l’étranger. 

    Des bureaux de vote seront ouverts ce samedi 22 octobre 2022 de 08h00 à 18h00 aux adresses suivantes : 

    • Montréal : au collège Stanislas de Montréal, 760, boulevard Dollard , H2V 3G5
    • Moncton : au Consulat général de France, 777, rue Main, suite 700, Moncton, E1C 1E9
    • Ottawa : à l’ambassade de France, 42, promenade Sussex, Ottawa, K1M 2C9

    Vous pouvez voter en personne muni d’une pièce d’identité en cours de validité. Il vous faudra au préalable vérifier que vous êtes bien inscrit sur la liste électorale consulaire. Normalement vous avez reçu une convocation par voie électronique.

    Marquée par une forte abstention (seulement 15% des inscrits ont participé), la précédente élection a été annulée suite au recours du groupe de la majorité présidentielle au motif que certains candidats usurpaient le soutien de personnalités politiques dont celui d’Emmanuel Macron. Cette nouvelle votation risque elle aussi d’être émaillée de quelques problèmes.

    Des citoyens avec des problèmes bien différents des hexagonaux

    On ne s’en rend pas forcément compte au début, mais lorsque l’on quitte l’hexagone pour vivre dans un autre pays, on emmène dans nos bagages plusieurs petits problèmes administratifs avec nous. La langue française est une langue d’exception, la loi et l’administration française aussi. Cumul des retraites, accès à la sécurité sociale ou encore fiscalité, autant de points qui font du Français de l’étranger un citoyen d’exception. En choisissant de vivre hors de France, on choisit aussi de rendre tous ces points plus complexes qu’ils ne le sont déjà. Ce n’est donc pas étonnant de voir que ces sujets sont les principales préoccupations des Français du Québec. 

    Ce furent d’ailleurs les axes de campagne de la plupart des candidats lors de l’élection précédente avec une nouvelle arrivée, la possibilité, ou non, de retourner en France quand on le veut. En effet au plus fort de la pandémie de COVID-19, les Français du Canada ont été désagréablement surpris d’apprendre qu’aucun retour au pays n’était possible. Cela était également valable pour les Français en voyage au Canada. Il aura fallu pas moins de deux recours au Conseil d’Etat pour voir cette discrimination levée. Une première fois qui a été contournée par le Gouvernement en introduisant l’obligation de “motifs impérieux” pour entrer sur le territoire, puis tout bonnement annulée par le Conseil d’État à la suite du second recours. On comprend donc aisément que ce point fait partie des considérations majeures de ces électeurs.

    La question des motifs impérieux et la façon dont a été gérée la COVID au Québec a été vécue extrêmement difficilement par les Français. Elle cristallise (la question du motif impérieux) un sentiment qui est beaucoup plus large chez les expats et les immigrés français. Que quand on a quitté la France on devient un Français de seconde zone. Puis on s’en fiche, puis on ne compte plus.

    Alaric BOURGOIN, Tête de liste Union Française des Indépendants

    Une élection annulée marquée par une forte abstention

    La précédente élection consulaire ne peut pas vraiment être qualifiée de représentative. On estime que seulement un Français sur deux s’inscrit au registre consulaire, qui dénombre un peu plus de 52 000 inscrits sur la liste électorale consulaire de Montréal et environ 100 000 Français réellement sur place. Malgré la mise en place du vote en ligne pour ces élections, seulement 8 644 votants se sont exprimés pour choisir leur conseiller consulaire. C’est donc le choix de ces 8 644 personnes qui est censé représenter celui d’environ 150 000 Français de la circonscription (soit 7% de la communauté). Une abstention qui est motivée par plusieurs facteurs. 

    Une personne sur deux passe sous les radars parce qu’ils n’ont pas compris l’intérêt pour eux de s’inscrire au consulat. Il y a des intérêts : soit des intérêts de sécurité, soit des intérêts pour faire des démarches administratives, soit pour résoudre des problèmes sociaux… Il y a des aides d’urgence qui peuvent être offerte par le consulat

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    La plupart des Français de l’étranger méconnaissent le rôle de leur conseiller consulaire. Cette catégorie de concitoyens est connue pour délaisser le droit de vote. En quittant la France, ils laissent derrière eux un pays mais aussi son administration et les droits qui leur sont rattachés, cependant au fil des mois ils se rendent compte qu’ils ont encore besoin de l’administration française. D’ailleurs une bonne partie d’entre eux s’inscrivent au consulat après quelques années sur place. Avec le temps beaucoup réalisent la nécessité de conserver un lien avec l’administration française. Ce lien, plus terre-à-terre que civique, est motivé par des considérations concrètes en relation avec le quotidien de ces Français. Il n’est donc pas étonnant de voir un taux d’abstention si élevé pour une élection incomprise des électeurs.

    La précédente élection consulaire vient elle aussi alourdir la barque, car lorsque l’on voit 2 listes soutenues par le président de la république, ou une autre qui l’est par Nicolas Hulot, et que l’on apprend que certains de ces soutiens sont usurpés, la mauvaise publicité qui en découle fait s’éloigner un peu plus de ce droit de vote le peu d’inscrits au registre consulaire. 

    Election consulaire

    Des listes aux programmes similaires

    C’est dans ce contexte que les Français du Canada sont amenés à voter ce samedi 22 octobre 2022, reste à choisir pour qui. Une fois les circulaires de profession de foi récupérées, on réalise très vite que la plupart des points des différents programmes se ressemblent fortement. A vrai dire, ils reprennent tous les préoccupations majeures des Français du Québec, une bonne chose en soi. Cela dit, cela ne permet pas toujours de faire un choix. Choix qui se résume donc à l’adhésion ou à une couleur politique.

    Interrogé sur le sujet, Florent PIGEYRE, tête de liste En Marche MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE, nous explique que son unique point différenciant est son rattachement à la majorité présidentielle.

    Le rôle de conseiller c’est d’être une personne hyper connectée et qui aide et met en relation les gens pour résoudre les problèmes.

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    Voter pour lui c’est s’assurer du vote LREM pour les sénatoriales. Et de continuer « Ramzi SFEIR, pour ne pas le nommer, d’EELV-LFI, lui votera pour son sénateur ». Du côté de François LUBRINA, tête de liste de la Droite unie, c’est tout simplement les éléments de langage du RN qui sont repris. De même pour Anne DE BOYER D’ÉGUILLES, tête de la Liste d’union pour la défense et la protection des libertés, soutenue par le parti Reconquête d’Eric ZEMMOUR. 

    Certains candidats cherchent tout de même à se différencier dans leur programme comme les deux têtes de listes apolitiques Virginie BEAUDET (Écologie, urgence climatique et solidarité sociale) et Alaric BOURGOIN (Union Française des Indépendants). 

    Pour Virginie BEAUDET, ce sont les luttes sociales et les droits des femmes qui lui servent de différenciant. Luttes contre les violences faites au femmes et contre les discriminations, maintien de l’IVG, transition écologique sont autant de thèmes que l’on peut retrouver dans son programme.

    Alaric BOURGOIN prône lui pour l’établissement d’une « Maison France », une démarche beaucoup plus inclusive que ses concurrents. Cette liste rassemblant 3 des précédentes listes indépendantes de l’élection consulaire annulée a pour idées de campagne principales de renforcer l’esprit communautaire et d’entraide entre les Français du Québec et d’avoir un rôle de représentation auprès de l’administration française mais aussi canadienne.

    Parfois les gens comprennent mal mon projet, parce que les gens de droite pensent que c’est de l’assistanat de gauche et les gens de gauche pensent que c’est de l’entre-soi un peu facho. Non ce n’est pas du tout ça ! On veut réellement apporter une solution technique, pragmatique et communautaire à un ensemble de gens. Je leur dis : faites le choix d’un projet d’intégration au Québec par opposition à un projet de défense des droits français.

    Alaric BOURGOIN, Tête de liste Union Française des Indépendants

    Une élection qui sera elle aussi marquée par l’abstention

    Vous l’aurez compris, tous les ingrédients sont réunis pour que cette élection consulaire soit de nouveau marquée par une forte abstention. Pire encore, les mêmes travers ayant conduit à l’annulation de la précédente élection, sont encore présents dans celle-ci. Ainsi Laurent GONIN continue de jouer sur les mots et d’utiliser le visage du Président de la république dans sa profession de foi, leurrant ainsi les électeurs sur un potentiel soutien de la part de notre chef de l’Etat. 

    Pour couronner le tout, un problème contractuel avec le prestataire mettant en place le vote en ligne rend ce dernier impossible pour cette élection. Les Français de province devront se déplacer à Montréal, Moncton ou Ottawa pour voter.

    L’année dernière le vote en ligne était possible. Et globalement c’était une réussite puisqu’il donnait aux gens la possibilité de voter sans la contrainte de se déplacer. Surtout ceux qui sont à plusieurs heures.

    Florent Pigeyre, Tête de liste En Marche, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

    Les candidats, à l’image de Florent PIGEYRE, Alaric BOURGOIN ou encore Anne DE BOYER D’ÉGUILLES, profitent de cette campagne pour tenter de sensibiliser les Français du Québec à la fonction de conseiller consulaire et ainsi les convaincre d’aller voter.

    Car ces presque bénévoles de l’administration française ont un rôle important pour les Français du Canada. En plus de remonter les considérations des Français de l’étranger aux députés, ce sont des grands électeurs aux sénatoriales. Cette élection peu connue des Français de l’étranger a pourtant un impact important dans la vie politique de la France puisqu’elle peut permettre au gouvernement d’obtenir une majorité parlementaire et de faire plus aisément des modifications constitutionnelles. Les conseillers consulaires peuvent également permettre la remontée des besoins des Français de l’étranger au Parlement et ainsi défendre leurs intérêts, à l’instar de la résidence de repli. Elle est aussi l’une des seules occasions pour ces Français de participer à la vie citoyenne locale. La fonction de l’élu consulaire prendra plus d’ampleur dans les années qui viennent avec le renforcement du nombre de Français sur place au vu des campagnes du Québec pour les attirer.

    Afin de vous aider à faire votre choix, on vous a rassemblé les professions de foi de chaque candidat.

    Ensemble avec la majorité parlementaire

    Union française des indépendants

    Union pour l’écologie et la solidarité

    En marche ! Majorité présidentielle

    Rassemblement citoyen, social, écologique & solidaire

    La droite unie

    Union pour la défense et la protection des libertés

    Écologie, urgence climatique & solidarité sociale

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 21.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 21.10.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de cette semaine ! Ce vendredi 21 octobre, on vous rappelle que l’élection consulaire partielle à Montréal aura lieu ce week-end, on revient sur la disparition d’un couple de Français au Mexique et on évoque le rejet par le Sénat d’une loi pour introduire le droit à l’avortement dans la constitution qui fut portée par une sénatrice des Français de l’étranger.

    A Montréal, on revote ! 

    La période électorale n’est pas finie pour les Français de Montréal, après les consulaires en 2021, les législatives et la présidentielle, nos compatriotes sont rappelés aux urnes pour une nouvelle consulaire. 3 bureaux de vote les attendent ce samedi, vous pouvez retrouver les adresses sur le site Lesfrancais.press dès ce vendredi matin. Vous y trouverez aussi les professions de foi des listes candidates et l’analyse des enjeux de cette élection partielle ! Petit bémol, pas de vote en ligne, une annulation d’élections n’avait pas été anticipée lors de la conclusion du contrat avec le prestataire. 

    Au Mexique, 2 corps retrouvés 

    Et selon les médias locaux, les deux corps retrouvés seraient ceux de nos compatriotes qui ont disparu le 12 septembre. Le mystère s’éclaircit, ils auraient été liquidés par un Néerlandais pour récupérer une auberge dédiée aux touristes que ces Français du Mexique géraient. Toute la rédaction se joint à moi pour présenter nos condoléances à leurs familles et à leurs nombreux amis parmi la communauté des expatriés dans ce pays d’Amérique latine. 

    Le Sénat dit non à Vogel 

    Alors que 81% des Français soutiennent l’inscription du droit à l’avortement dans notre constitution, la majorité au Sénat, soit les LR, a rejeté la proposition de loi soutenue par les 7 autres groupes de la haute assemblée, et que la sénatrice des Français de l’étranger, élue EELV, défendait au Palais du Luxembourg à Paris. Parmi les sénateurs qui ont rejeté le texte, 5 sénateurs et sénatrices des Français de l’étranger Les Républicains ont voté contre le texte, seul Ronan Le Gleut s’est abstenu. Des votes que ne comprennent pas les élus consulaires qui avaient, LR inclus, soutenu cette proposition lorsque Mélanie Vogel était venue la défendre à l’AFE au début de ce mois. On note aussi que 2 sénatrices des Français de l’étranger ont voté contre. 

    droit à l'avortement dans la constitution

    C’est tout pour cette semaine, lundi vous retrouverez Radwan, pour ma part je vous donne rendez-vous le mercredi 02 novembre ! 

    Prenez soin de vous où que vous soyez ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Français disparus au Mexique : ils ont été assassinés

    Français disparus au Mexique : ils ont été assassinés

    Alors que deux corps sans vie ont été découverts le week-end dernier dans une auberge de Valladolid, dans la province du Yucatán au Mexique, le mystère entourant la disparition de Michel Amado, 57 ans, et de Assya Madjour, 50 ans, reste entier.

    Plus d’un mois sans nouvelles

    Pour rappel, les deux Français, en vacances dans le sud-est du Mexique, sont portés disparus depuis le 12 septembre dernier. « Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a été informé de la disparition de ces deux ressortissants français », indiquait ainsi début octobre l’ambassade de France au Mexique.

    La dernière fois que le couple a été aperçu, il se trouvait dans un centre spirituel à San Cristobal de las Casas, une des principales destinations touristiques du Mexique, indique le journal mexicain Reforma.

    Double homicide

    Plusieurs médias locaux rapportent toutefois que les deux Français auraient été victimes d’un double homicide, probablement commis par un homme proche du couple. Les deux corps découverts par les autorités locales auraient par ailleurs été retrouvés enterrés, ce qui renforce la thèse d’un double meurtre, comme le suggère le Mexico Daily Post.

    D’après le Diario de Yucatán, le principal suspect serait un Néerlandais à qui l’auberge, dans laquelle les deux corps ont été retrouvés, appartenait auparavant. À l’origine du drame, un possible désaccord autour de la vente de cette auberge, L’Hostal Catrina, à Michel Amado.

    Effets personnels retrouvés

    Le journal mexicain rapporte en effet que le Néerlandais et le Français auraient « conclu il y a plusieurs années un marché pour que le premier vende l’auberge au second », mais que l’opération n’avait pas été finalisée et les documents notariés jamais établis.

    D’autre part, le Diario de Yucatán indique que « certains effets personnels du Néerlandais ont été retrouvés » dans l’auberge. De quoi renforcer les soupçons autour de cette piste criminelle, même si la prudence reste encore de mise.

  • Inscription du droit à l’avortement dans la constitution : le sénat dit non à Mélanie Vogel

    Inscription du droit à l’avortement dans la constitution : le sénat dit non à Mélanie Vogel

    En juin dernier, la décision de la Cour suprême des États-Unis de révoquer le droit à l’avortement de la Constitution avait fait l’effet d’une bombe en Occident. En Europe, de nombreuses voix se sont élevées pour rappeler l’avancée que représente ce droit fondamental pour les femmes, celui de disposer de leur corps. En France, en quelques jours, quatre propositions de loi ont été déposées au Parlement. Au Sénat, les communistes, socialistes et écologistes ont déposé un texte commun qui était débattu ce 19 octobre dans la haute assemblée du Palais du Luxembourg. Son objet, faire inscrire le droit à l’avortement dans la constitution, et c’est Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France (EELV), qui défendait cette proposition.

    Manifestation de soutien au droit à l’avortement en juin 2022 à Paris

    Une disposition soutenue par l’Assemblée des Français de l’étranger

    Si la proposition de la sénatrice des Français de l’étranger a été rejetée par le sénat, elle fut soutenue unanimement par les expatriés à travers les voix de leurs élus à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). En effet, lors de la dernière session de l’AFE, qui s’est conclue début octobre, Mélanie Vogel était venue exposer son texte permettant à terme d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution. Et comme le rappelle Hélène Degryse, la présidente élue de cette assemblée, les 4 groupes politiques la constituant avait voté comme un seul homme leur adhésion à ce projet.

    Si les Français résidant hors de France étaient prêts à passer le cap, la sénatrice des Français de l’étranger, Mélanie Vogel, a été victime de l’adage « nul n’est prophète en son pays ». Ainsi malgré que 7 groupes politiques la soutenaient, Les Républicains, archi majoritaires parmi les sages, ont rejeté la proposition ce 19 octobre 2022.

    Des élus peu solidaires

    Parmi ceux qui ont voté non, on retrouve les élus Les Républicains des Français de l’étranger, qui ont préféré la solidarité avec leur groupe que celle avec les élus consulaires qui les ont pourtant élus et qui avaient, LR compris, voté pour à l’AFE.

    Ainsi, Jean-Pierre Bansard, Évelyne Renaud-Garabedian, Christophe-André Frassa, Joëlle Garriaud-Maylam, Damien Regnard, ont voté contre cette résolution. Seul Ronan Le Gleut, président de la fédération Les Républicains pour les Français hors de France, a fait le choix de s’abstenir. On remarque que parmi ces derniers, deux femmes ont voté contre le texte.

    Un sujet clivant

    Si le texte a été rejeté, avec 172 voix contre, il a eu le mérite de mettre le sujet sur la table, et en 2022, il est encore clivant. Les observateurs ont pu le constater avec des échanges parfois vifs qui ont tourné à l’affrontement droite-gauche, le droit à l’avortement a réussi à ressusciter les clivages du XXème siècle ! Une situation qui n’a pas manqué de mettre en colère Mélanie Vogel.

    « La majorité sénatoriale a fait le choix de s’inscrire contre la volonté de 81 % des Françaises et des Français (…)  Cette bataille n’est pas terminée. Elle commence à peine ! »

    Mélanie Vogel, sénatrice des Français de l’étranger

    Et la sénatrice des Français de l’étranger a raison d’indiquer que le parcours législatif ne fait que commencer. Deux propositions de loi constitutionnelle similaires sont dans les tuyaux à l’Assemblée, à l’initiative de la Nupes et du groupe Renaissance. Au Palais-Bourbon, les macronistes veulent porter leur texte le 9 novembre en commission des Lois, et la semaine du 28 novembre dans l’Hémicycle.

  • Samer Melki, le nouveau consul de France à Londres

    Samer Melki, le nouveau consul de France à Londres

    Il y a quelques semaines, le Sénateur des Français de l’étranger Olivier Cadic était à Londres où il a rencontré le nouveau Consul Samer Melki, nommé cet été dans la capitale britannique. 

    Sur sa page LinkedIn il a évoqué leur entretien.

    Nous avons échangé durant près de trois heures sur notre communauté établie outre-Manche, la nécessité de recréer un lien qui s’est distendu suite au double traumatisme du Brexit et de la Covid. J’ai apprécié son regard neuf sur le poste, son expérience solide acquise entre autres au cabinet de Jean-Yves Le Drian et sa détermination pour servir notre communauté avec le même esprit que ses prédécesseurs. Son premier objectif est de résorber le stock de demandes de passeports ou de cartes nationales d’identité qui s’est accumulé durant ces 30 mois de crise. Pour lui permettre d’y parvenir, le ministère a consenti à renforcer l’équipe de plusieurs agents entre septembre et décembre 2022. Plus de 32 000 titres ont été délivrés à fin septembre 2022. Le record de 40 600 titres délivrés en 2019 pourrait être battu dès cette année. Londres est également le poste qui a délivré le plus de visas au monde dans notre réseau. Cette croissance nécessite de réfléchir en permanence à une optimisation de l’accès au consulat.

    Olivier Cadic – Sénateur des Français de l’étranger

    Un parcours dans les règles de l’art

    Samer Melki succède donc à Guillaume Bazard comme Consul de France à Londres. Cet énarque (promotion Aristide Briand / 2006-2008) officiait ces dernières années comme conseiller diplomatique du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, où il s’était spécialisé sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Son expérience de vice-consul de France à Jérusalem, où il traita particulièrement des affaires liées à l’autorité palestinienne lui en donnait la légitimité.

    Depuis le mois de juillet 2022, il est donc Consul général de la première communauté de Français hors de France, une promotion pour le jeune conseiller.

    Nouveautés au Consulat

    Et c’est donc avec un esprit jeune et neuf que Samer Melki arrive dans la capitale britannique avec un dynamisme et une volonté de faire évoluer la relation entre les Français installés sur place et le consulat. Et ça a commencé dès sa prise de fonction avec un renforcement des équipes pour permettre aux expatriés de renouveler leur passeport ou pièce d’identité. Ainsi, désormais, le consulat ajoute de nouveaux rendez-vous entre 9h et 9h30 pour le jour même. L’agenda est ouvert à 60 jours, c’est-à-dire que les rendez-vous de la journée J+60 sont mis en ligne à 18h tous les jours (sauf exceptions, par exemple si le 60e jour est un week-end ou un jour férié).

    Le Consulat en ajoute de nouveaux sur son site Internet du lundi au vendredi entre 9h et 9h30 pour des rendez-vous le jour même, et entre 11h et 12h pour des rendez-vous entre J+1 et J+59.  Une nouvelle application de prise de rendez-vous est, aussi, accessible pour les démarches passeports et cartes nationales d’identité au consulat général de France à Londres. Le site web est donc plus moderne, plus facile d’accès pour les Français au Royaume-Uni. 

    Proximité

    Samer Melki lors de la réunion de rentrée de l’Accueil des Français de Londres (Septembre 2022 ©Samer Melki sur Twitter)

    Samer Melki semble faire de la proximité sa marque de fabrique. Car si le lien entre la France et ses concitoyens expatriés ou binationaux passe par de bonnes relations avec le consulat, le nouveau Consul sait aussi que les associations, les établissements scolaires comme les conseillers consulaires sont au coeur de nos communautés de Français de l’étranger. Et dès cet été, et encore depuis la rentrée, Samer Melki a été présent sur tous les fronts, auprès de l’accueil des Français, des écoles, etc.

    “Il faut une représentation de la communauté française auprès de l’administration.”

    Nicolas Hatton, conseiller des Français de l’étranger
    Nicolas Hatton
    Nicolas Hatton

    Pour Nicolas Hatton, conseiller des Français de l’étranger, “cela fait maintenant 15 mois que le Conseil Consulaire de la circonscription de Londres se réunit et le décret a le mérite d’encadrer avec plus de détails le fonctionnement du Conseil et la relation entre les élus, le Consul général et l’Ambassadeur. Notre rôle est principalement consultatif, avec un pouvoir de décision concernant les subventions aux associations et l’aide à nos concitoyens dans le besoin. Au delà du règlement, la pratique a démontré le besoin de représentation de la communauté française auprès de l’administration pour faire remonter les problèmes qui nous sont partagés par nos concitoyens et concitoyennes. Cela se passe plutôt bien entre élus et agents diplomatiques à Londres et je ne pense pas qu’il y a eu des histoires qui puissent faire les titres des journaux sur le Conseil de Londres, qui fonctionne donc de manière sereine.” 

    Sur son compte Twitter le Consul Samer Melki se félicite du travail de ses équipes. “Depuis janvier 2022, le @ConsulFranceUK a reçu plus de 36.000 demandes de passeports et cartes nationales d’identité. C’est +86% par rapport à 2021. 🥇Londres est au 1er rang mondial des consulats pour les demandes de passeports. Bravo aux équipes 👏🏼 »

    Un message vidéo pour les Français de Londres

  • Pour ou contre la taxe sur le CO2 aux frontières ? 

    Pour ou contre la taxe sur le CO2 aux frontières ? 

    Les pays membres de l’Union européenne sont confrontés à des prix de l’énergie nettement plus élevés que les autres pays (États-Unis, Chine, etc.) en raison de l’arrêt des importations de gaz naturel russe et de la volonté de respecter rapidement l’Accord de Paris en matière de neutralité carbone. Afin d’éviter le développement des importations de produits fortement carbonés, l’introduction d’une taxe CO2 aux frontières est prévue. Elle a pour objectif de compenser l’écart induit de compétitivité qui s’opère au détriment des entreprises européennes. 

    Par sa nature, cette taxe est éminemment protectionniste et peut accélérer la fragmentation du commerce international avec une forte pénalisation des pays émergents. Une telle taxe est également une source d’inflation et peut ainsi s’avérer contreproductive pour éviter la multiplication des délocalisations.

    Le prix élevé de l’énergie en Europe pénalise l’industrie 

    Du fait de la guerre en Ukraine, l’écart de prix du gaz entre l’Europe et les États-Unis est passé du simple au triple. Si pour le pétrole, l’écart est plus faible du fait du caractère mondial du marché, l’autosuffisance des États-Unis induit néanmoins un avantage prix. L’Europe a réalisé des efforts plus importants que la Chine et les États-Unis en matière de décarbonation de ses activités. L’écart en la matière tend néanmoins à se réduire avec les États-Unis. Le prix élevé de l’énergie en Europe pénalise l’industrie et donc les exportations. Elle réduit la croissance des États membres. 

    Le Parlement européen a voté en juin 2022 la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne qui entrera en vigueur à partir de 2027. Cette taxe ne porte que sur les produits ayant généré d’importantes émissions de gaz à effet de serre au moment de leur conception : acier, aluminium, ciment, etc. Cette taxe a comme défaut de ne viser qu’un nombre limité de produits. Les biens finaux (biens de consommation, machines, automobiles, avions, etc.) ne sont pas concernés, ce qui pourrait inciter les entreprises à délocaliser leurs chaînes de production.

    Une taxe protectionniste 

    L’Europe importera moins d’acier et d’aluminium carbonés mais plus de produits finis. La taxe risque donc d’accélérer la désindustrialisation, sachant que l’emploi industriel dans l’Union européenne est passé de 20 à 14 % de l’emploi total de 1995 à 2022. En visant des produits intermédiaires, cette taxe concernera de nombreux pays en développement ou émergents. Elle sera par définition protectionniste. Elle freinera le développement de ces pays qui ont besoin des recettes d’exportation pour mener leur transition énergétique. Par ailleurs, elle contribuera à augmenter les prix au sein de l’Union européenne et donc à diminuer le pouvoir d’achat des Européens. 

    Les effets pervers 

    Pour éviter l’effet pervers sur les délocalisations, les tenants de la taxe carbone souhaitent qu’elle soit appliquée à tous les biens intermédiaires et finis. La mise en œuvre d’une telle taxe est compliquée du fait de l’assemblage de pièces ayant des intensités en carbone différentes. Certains estiment qu’il faudrait se fonder sur les écarts d’émissions de CO2 entre les pays ou en fonction de l’atteinte des objectifs fixés dans les traités internationaux. 

    Un système reprenant les règles de la TVA avec report sur le consommateur final de toutes les émissions des gaz à effet de serre pourrait également être institué. L’instauration d’un système de taxation du CO2 aux frontières supposerait, comme cela a été prévu dans l’Accord de Paris, le développement des aides aux pays en voie de développement afin qu’ils puissent décarboner leur économie.