Le traité de l’Elysée, signé le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, visait à consolider la coopération entre les deux pays sur les plans politique et économique et portait l’ambition d’ancrer la réconciliation franco-allemande au sein de la société, notamment en renforçant la connaissance et les liens entre les plus jeunes. L’AEFE a décidé de dédier une semaine à la relation franco-allemande avec des événements phares pour marquer cette date anniversaire.
L’AEFE, l’enseignement de l’allemand
La langue allemande est enseignée dans 214 établissements du réseau d’enseignement français à l’étranger, répartis dans 126 pays. Il existe en France 2 lycées franco-allemands tandis que 12 sections internationales sont consacrées à la culture de notre voisine et cousine, l’Allemagne.2 Lycées Français de l’étranger sont directement subventionnés par les Lands allemands.
Une convention pour le Lycée franco-allemand de Hambourg
La convention signée par l’AEFE et le Land de Hambourg vise à préciser le fonctionnement et la gouvernance du lycée, créé en 2020.
Les lycées franco-allemands sont régis par un accord intergouvernemental datant du 10 février 1972. Au nombre de cinq (Buc, Fribourg, Hambourg, Sarrebruck et Strasbourg), ils sont l’incarnation même du traité de l’Elysée et de la coopération franco-allemande. Ils réunissent des élèves français et allemands de la classe de sixième (5. Klasse) à la Terminale (12./13. Klasse). Ils ont une vocation binationale et biculturelle permettant la rencontre de jeunes Allemands et Français et de deux systèmes éducatifs. Ces établissements préparent leurs élèves de manière approfondie aux exigences d’une Europe intégrée.
C’est en 2016 qu’Olaf Scholtz, alors maire de Hambourg, et Jean-Marc Ayrault, alors ministre des Affaires étrangères et du Développement international français, ont décidé de la création du LFA de Hambourg.
Une nouvelle convention pour le Lycée franco-allemand de Berlin
Cette convention, qui intervient 70 ans après la précédente, réaffirme l’attachement de la France et du Land de Berlin au lycée et marque la volonté conjointe de faire vivre cette entité franco-allemande unique au monde.
Le lycée de Berlin, créé en 1689 par le prince-électeur Frédéric Ier de Prusse, est le plus ancien lycée français à l’étranger. C’était à l’origine un établissement allemand avec des enseignements en langue française. Après la seconde guerre mondiale, un lycée français militaire a été établi à Berlin. C’est en 1952 qu’une convention franco-allemande fusionne les deux établissements et définit le fonctionnement et la gouvernance du nouveau lycée. François Mitterrand a marqué l’histoire du lycée en le visitant durant son mandat de Président de la République.
La journée franco-allemande dans le réseau d’enseignement français à l’étranger
Cette date anniversaire est l’occasion pour les écoles, collèges et lycées du réseau de se mobiliser et de mettre en place des initiatives innovantes sur l’amitié franco-allemande. Elle permet aux élèves d’approfondir leurs connaissances sur l’histoire commune de ces deux nations mais aussi de mener une réflexion sur son importance pour l’Europe. À Berlin, Buc, Fribourg, Hambourg, Heidelberg, ou encore Sarrebruck, les établissements organisent des expositions sur le traité franco-allemand, concours de dessins et de courts-métrages, projets artistiques et musicaux, tables rondes sur les relations franco-allemandes, journées portes ouvertes et beaucoup d’autres.
Par ces actions, les personnels et les élèves témoignent de la vitalité de la relation franco-allemande dans les lycées, et promeuvent l’apprentissage de la langue et de la culture du pays partenaire. Ils font vivre et résonner l’amitié entre les deux pays et cultures.
L’énergie nucléaire bénéficie d’un regain d’intérêt de la part de nombreux États en raison de son caractère décarbonée et de sa capacité à fournir de l’électricité en quantité suffisante au moment où le pétrole et le gaz connaissent une forte progression de leur cours.
Cette nouvelle appétence en faveur du nucléaire intervient après une décennie de remise en cause en lien avec l’accident de la centrale de Fukushima au Japon en 2011. L’Allemagne avait ainsi décidé la fermeture de ses centrales pour 2023. Si en France, la question de l’arrêt du nucléaire n’a pas réussi à s’imposer dans l’opinion publique, le principe d’un rééquilibrage en faveur des énergies renouvelables a été adopté par les gouvernements depuis 2012. La fermeture de Fessenheim a été érigée comme le symbole de cette politique qui devait conduire à un accroissement de la production d’électricité par les éoliennes et par le solaire.
Dans le combat contre les émissions de gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire a d’évidents atouts. Elle est capable de fournir de l’électricité en quantité importante quel que soit le temps ou presque (les périodes de sécheresse peuvent limiter les capacités de refroidissement). L’énergie nucléaire ne dépend pas du bon vouloir d’un pays, l’uranium étant répartie dans de nombreux pays. Les possibilités d’utiliser de l’uranium recyclé et enrichi limite, par ailleurs les besoins en minerais.
De nombreux pays comme le Royaume-Uni ou l’Inde ont, depuis quelques années, décidé de relancer leur filière nucléaire. La Chine a également lancé un programme ambitieux. Même l’Allemagne qui y a renoncé s’interroge. Malgré les déboires des EPR en France, en Finlande ou Royaume-Uni, le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé l’engagement d’un nouveau programme de construction de centrales nucléaires visant à remplacer celles qui arrivent à leur terme et à faire face à une demande croissante d’électricité.
Ce changement de cap met un terme à une période de trente ans sans réelle construction. Il est également la conséquence des difficultés rencontrées par les énergies renouvelables qui butent sur leur caractère aléatoire, leur faible rentabilité et sur l’hostilité qu’elles peuvent rencontrer dans l’opinion publique sur le plan local (implantation des éoliennes par exemple).
La France à la croisée des chemins
En 2022, la France dispose de 56 réacteurs qui fournissent logiquement 70 % de la capacité de production d’électricité, c’est-à-dire la part la plus élevée au monde et plus de trois fois celle des États-Unis. Avant 2012, ce taux était même supérieur à 72 %. Le recours au nucléaire a permis à la France d’avoir une faible empreinte carbone. Chaque Français n’émet que 4,5 tonnes de CO2 par an, bien moins que les Allemands (7,9 tonnes) ou les Américains (14,7 tonnes). Les États européens étaient convaincus que la France serait le pays le mieux à même à passer le retrait de la Russie du marché du gaz et du pétrole. L’arrêt de 30 réacteurs fut durement ressenti à l’étranger et a été considéré comme un signe du déclin industriel en France. Les menaces de coupures électriques ont contribué à accroître au sein de la population française le sentiment de défiance à l’encontre des autorités.
Le parc français subit les effets de l’âge. Construites à des dates rapprochées, les centrales françaises rencontrent les mêmes problèmes en même temps. Leur révision décennale intervient également à des dates rapprochées. Certains choix techniques effectués dans les années 1980/1990 pour accroître la puissance des réacteurs afin de limiter leur nombre et leur lieu d’implantation dans une période où la contestation des pacifistes et des écologistes augmentait, ont rendu les centrales françaises plus fragiles (fissures sur les systèmes de refroidissement).
19 réacteurs ont dû être arrêtés en même temps au cœur de l’été. Par conséquent, le « facteur de charge » des réacteurs français, qui mesure si une centrale fonctionne à pleine capacité, oscille autour de 60 % dans l’hexagone, contre plus de 90 % en Amérique. En 2021, 5 810 jours-réacteur ont été perdus en raison d’arrêts, dont près de 30 % non-planifiés, selon le « World Nuclear Industry Status Report », une publication indépendante. Les derniers chantiers ne cessent de réserver de mauvaises surprises.
Le nucléaire en France, une question d’indépendance énergétique
La France a fait le choix de l’énergie nucléaire au moment du premier choc pétrolier. Dès le début des années 1950, dans le prolongement des recherches sur la bombe atomique, les autorités françaises ont engagé un programme d’énergie électrique d’origine nucléaire. Ce programme a été dès le départ supervisé par l’État. En recourant à des techniques militaires, la France a développé une filière reposant sur un système de refroidissement graphite gaz. Les premières centrales nucléaires (Marcoule, Chinon, Saint-Laurent et Bugey) reposent sur cette technique.
Dès la fin des années 1960 et au début des années 1970, une opposition se fait jour entre le Commissariat à l’Énergie Atomique et EDF, le premier défend la filière française graphite/gaz quand la seconde souhaite développer des centrales à eau pressurisée, jugées plus rentables. Le plan de construction des centrales nucléaires de 1972 est accéléré dès 1974 et accru avec un objectif de 6 à 7 tranches par an. En 1975, le gouvernement de Jacques Chirac opte pour la filière à eau pressurisée de Westinghouse permettant la construction sur un modèle standardisé de centrales nucléaires à forte capacité de production.
La France a construit au total 58 réacteurs. L’industrie nucléaire a, durant plusieurs décennies, attiré les élèves des grandes écoles et les meilleurs techniciens. Les chantiers mobilisent les grandes entreprises des travaux publics, de la métallurgie, de l’électronique. Elles jouent un rôle structurant majeur avec des entreprises en pointe comme Framatome et Alstom. Pour financer cet ambitieux programme, EDF emprunte l’équivalent d’une centaine de milliards d’euros sur les marchés internationaux. Afin de pouvoir recycler les déchets radioactifs, l’usine de retraitement de la Hague est modifiée et agrandie en 1976. La montée en puissance du parc nucléaire français se fera ressentir dans les années 1980 avec l’entrée en fonction d’un grand nombre de réacteurs. La part du nucléaire dans la production électrique nationale passe de 37 % en 1981 à 55 % en 1984. Les pouvoirs publics incitent le recours au chauffage électrique. La France peut s’enorgueillir d’avoir un prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe. Grâce à son parc de centrales, EDF devient durant les années 1980 le premier exportateur européen d’électricité.
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, des mouvements contre le nucléaire se développent autour des pacifistes et des Verts. En Bretagne, ils obtiennent l’abandon du projet de centrale à Brennilis. La contestation se concentre contre le projet de réalisation de Superphénix à Creys-Malville. Ce projet prévoyait la création d’un réacteur à neutrons rapides permettant de produire soixante fois plus d’électricité qu’avec un réacteur classique et d’utiliser des déchets radioactifs en provenance des autres centrales. Le chantier est victime d’une attaque au lanceroquettes le 18 janvier 1982. Mis en service en 1984, Superphénix est arrêté en 1997 après plusieurs incidents techniques et en raison de la persistance d’une forte opposition des écologistes. Avant même l’affaire du super-réacteur, en 1983, le gouvernement avait réduit le rythme de lancement de nouveaux réacteurs à une seule tranche par an.
La catastrophe de Tchernobyl de 1986, faisant suite à celle de Three Mile Island aux États-Unis en 1979, provoqua une onde de choc internationale induisant une surveillance accrue de l’énergie nucléaire. L’accident nucléaire de Fukushima en 2011 a conduit également à un durcissement des normes de sécurité et incita plusieurs pays à abandonner cette énergie. La dernière construction d’une centrale nucléaire en France avant l’EPR de Flamanville est celle de Civaux reliée au réseau en 1999.
Dès la fin des années 1980, les chantiers s’étaient faits plus rares, EDF privilégiant des réacteurs à forte puissance (1300 MW). Les pouvoirs publics incitèrent EDF et les industriels du secteur à prendre position sur les marchés étrangers. Les résultats furent mitigés et ne permirent pas de compenser la baisse d’activité en France.
Le 30 juin 2020, la centrale de Fessenheim est arrêtée. Cette fermeture avait été décidée, en 2015, par le Président François Hollande qui en avait pris l’engagement lors de sa campagne présidentielle. Elle faisait l’objet d’une demande insistante des élus écologistes qui mettaient en avant les dangers sismiques. Cette centrale avait été reliée au réseau électrique en 1978 et était la première à utiliser la technique de refroidissement par eau pressurisée. Le Président François Hollande avait alors indiqué que la part du nucléaire devait descendre au-dessous de 50 % dans la production électrique. L’application de cet engagement aboutissait à fermer un tiers des centrales nucléaires.
Le chemin de croix de l’EPR
Dès la fin des années 1980, EDF travaille néanmoins au remplacement des plus anciennes centrales nucléaires. Un projet de centrales de troisième génération initialement « European pressurized reactor », renommé « Evolutionary power reactor » (EPR) est lancé en 1989. Le réacteur EPR se caractérise par une puissance supérieure à celle des générations précédentes (1600 MW contre 1300 MW). L’EPR a été étudié pour fournir 22 % d’électricité de plus qu’un réacteur traditionnel à partir de la même quantité de combustible nucléaire, et pour réduire d’environ 15 à 30 % le volume de déchets radioactifs générés.
En prenant en compte les nouvelles obligations liées aux incidents de 1986 et de 2011 ainsi que le retour d’expérience, les dispositifs de sécurité ont été améliorés avec de nombreuses redondances dans les équipements pour pallier des avanies. Cette redondance vise également à réduire le nombre de jours d’arrêt pour maintenance de la centrale. Ce projet européen reposait essentiellement sur une coopération franco-allemande mais connaît dès ses débuts de nombreux déboires. La construction d’une centrale expérimentale en France est ainsi annulée en 1997 par le gouvernement de Lionel Jospin. Gerhard Schröder qui a succédé à Helmut Kohl fait adopter une loi de sortie du nucléaire en 2001.
L’absence de perspective de nouveau réacteur nucléaire en Allemagne entraîne un retrait progressif de Siemens. Au début des années 2000, Framatome, l’entreprise qui a construit les réacteurs d’EDF, développe son projet d’EPR. Sous son nouveau nom, Areva, elle signe un contrat avec la Finlande en coopération avec Siemens. EDF décide, de son côté de construire son propre EPR à Flamanville, et d’en vendre d’autres à la Chine et au Royaume-Uni.
Les difficultés d’Areva à assumer financièrement la construction des EPR aboutira à son rachat par EDF qui supervise ainsi toute la filière nucléaire française. L’EPR de Flamanville symbolise les difficultés pour la France de relancer son industrie nucléaire après vingt ans de mise en sommeil. Lancée en 2007, la construction doit faire face à de nombreuses difficultés aboutissant à une augmentation du budget qui est passé de 3,4 à plus de 19 milliards d’euros et à des retards importants. Le raccordement au réseau devrait intervenir en 2024, soit 12 ans plus tard que prévu. Les autres EPR construits par Areva ou EDF ont tous connu des surcoûts et des retards. Seuls les projets chinois ont été reliés au réseau électrique. En 2022, trois EPR étaient opérationnels, deux reliés la centrale nucléaire de Taishan en Chine (Taishan 1 et 2, entrés en service commercial respectivement en 2018 et 2019) et un troisième en Finlande (centrale nucléaire d’Olkiluoto), connecté au réseau en mars 2022 mais dont la mise en service commercial est prévue pour, au mieux, le premier trimestre 2024.
L’énergie nucléaire, le come-back
Avec la guerre en Ukraine et les besoins croissants en énergie décarbonée, plusieurs pays ont indiqué leur souhait de se doter de plusieurs réacteurs EPR. L’Inde, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède, la Bulgarie mais aussi les États-Unis, ou la Turquie travaillent à la construction de nouvelles centrales nucléaires. En France, le Président de la République Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée du 9 novembre 2021, a acté la construction de nouveaux réacteurs. Cette annonce a été confirmée le 10 février 2022. Les six réacteurs sont censés être mis en service à partir de 2035, les derniers d’ici 2050. Une étude est également lancée pour la réalisation de huit réacteurs supplémentaires. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire français, la part du nucléaire dans le mix électrique français baissera de 70 % en 2021 à 40 % à l’horizon 2050, les EPR ne compensant qu’en partie les conséquences des fermetures des centrales les plus anciennes.
EDF est confrontée à une série de défis majeurs. L’entreprise doit tout à la fois développer les énergies renouvelables, gérer le parc vieillissant de ses centrales, vendre à perte de l’électricité à ses concurrents et lancer la construction de nouveaux EPR, sachant que sa dette nette est de 90 milliards d’euros.
L’entreprise a un besoin de capitaux, ce qui suppose l’accord préalable de la Commission de Bruxelles. Cette dernière pourrait imposer la séparation des activités notamment celles liées à l’international pour éviter toute distorsion de concurrence.
La stratégie d’EDF soulève quelques interrogations. Certains estiment que la construction de réacteurs de grande puissance est une solution obsolète et coûteuse. Les réacteurs de petite taille coûtent moins chers et sont plus rapides à construire. Ils peuvent être installés au plus près des zones de consommation. D’autres considèrent qu’EDF sera incapable de respecter les budgets. La construction des nouveaux EPR pourrait coûter 21 milliards d’euros au lieu des 17 milliards d’euros. Les délais de livraison apparaissent également impossibles à tenir. Les premières centrales ne pourraient être livrées qu’en 2043 et non en 2035. La Cour des comptes française a calculé qu’en 2019, un mégawattheure (mwh) d’électricité nucléaire coûtait près de 65 euros à produire (en tenant compte des coûts de construction).
Les centrales EPR de nouvelle génération devraient aboutir à abaisser ses coûts. En l’état actuel, les besoins en électricité devraient augmenter du fait d’un moindre recours aux énergies carbonées tant de la part des particuliers que des entreprises.
Le passage à l’électrique du parc automobile n’est pas en tant que tel impossible à réaliser. Il devrait mobiliser l’équivalent de deux à trois réacteurs nucléaires. Certains experts estiment que la consommation des voitures serait absorbable même avec un seul réacteur. En revanche, les besoins de l’industrie pourraient conduire à une hausse de la consommation.
Avec le développement des énergies renouvelables, l’idée de petits réacteurs nucléaires d’appoint pouvant répondre à des besoins limités dans le temps avec un temps de réaction rapide pourrait s’imposer. Ces petits réacteurs posent un problème majeur, leur acceptabilité par la population. Pour les nouveaux projets d’EPR, EDF comme le gouvernement privilégient comme lieu d’implantation les sites déjà existants qui avaient été lors de leur création dimensionnés de telle façon à pouvoir accueillir de nouvelles tranches.
Les délais de réalisation des centrales apparaissent longs et sont liés à l’augmentation de la réglementation administrative et des règles de sécurité. Le gouvernement s’est engagé à diminuer le temps d’obtention des permis de construire afin d’accélérer le processus de construction. Par ailleurs, les entreprises concernées se mobilisent pour former les personnels nécessaires. Le compte à rebours est lancé.
Des hivers plus doux et le manque de neige menacent la viabilité des stations de ski à travers l’Europe, et bien que certains pays tentent de leur venir en aide par le biais de subventions ou d’allègements fiscaux, de nombreuses stations de ski situées en basse altitude pourraient devoir fermer dans les prochaines années.
L’année 2023 a jusqu’à présent été marquée par des températures record en Europe. Les météorologues soulignent que les hivers européens deviennent de plus en plus doux, secs et avec moins de précipitations. Cela ne représente pas une bonne nouvelle pour les stations de ski, qui se voient de plus en plus affectées alors que leur fonctionnement dépend de la présence de neige ou des conditions météorologiques, quand il est possible de la fabriquer artificiellement.
En Italie, les exploitants de téléphériques ont perdu environ 40 % de leur chiffre d’affaires saisonnier au cours de la période de Noël en raison du manque de neige.
« L’industrie de la montagne est la première à être témoin des bouleversements qui s’opèrent. Il y a un enneigement plus aléatoire, des précipitations moins fréquentes mais plus intenses, la limite pluie-neige en hausse, et les glaciers qui fondent », a expliqué à EURACTIV un porte-parole de l’Association nationale des maires des stations de montagne françaises.
L’Europe compte environ 3 900 stations de ski. Parmi les pays de l’UE, la plupart se trouvent en Allemagne, en Italie, en France et en Autriche. [Shutterstock/Andrew Angelov]
Où se trouve la limite de la neige ?
Il existe environ 3 900 stations de ski en Europe. Parmi les pays de l’UE, la plupart se trouvent en Allemagne, en Italie, en France et en Autriche. Les plus menacées sont celles situées à des altitudes plus basses, car la ligne de neige, qui délimite la zone avec une couverture de neige permanente, se déplace d’environ 150 mètres vers le haut avec une augmentation d’un degré Celsius.
« Nous connaissons déjà des hivers plus chauds, qui continueront de se réchauffer après 2030. Cela entraînera une nouvelle détérioration des conditions de ski. Vers la fin du siècle, seules les stations de ski de haute altitude seront viables », indique l’Institut slovaque de politique environnementale dans son analyse.
Les données provenant de centaines de stations des pays alpins entre 1971 et 2019 indiquent que la couverture neigeuse diminue de 8,4 % chaque décennie entre novembre et mai.
En Autriche, le nombre de jours où la couverture neigeuse est complète a diminué de 40 jours en moyenne depuis 1961. Ce déclin est particulièrement important à des altitudes inférieures à 1 500 mètres.
Selon une étude menée par l’université d’Innsbruck, la période d’enneigement naturel diminuerait de 70 % d’ici l’an 2 100 à une altitude de 1 000 mètres si le réchauffement climatique venait à ne pas être limité à 2 degrés Celsius.
Catastrophe économique
Si les stations de ski ne peuvent pas compter sur l’enneigement naturel en hiver, la seule option est l’enneigement artificiel — « une bouée de sauvetage », comme le décrit l’Association finlandaise des domaines skiables, sans laquelle de nombreuses stations de ski ne pourraient pas survivre, même aujourd’hui.
« La qualité des systèmes d’enneigement artificiel jouera un rôle de plus en plus important. Cela nécessitera des investissements massifs dans les technologies de pointe et dans les bassins de rétention d’eau qui maintiennent l’eau dans le paysage », a déclaré Martin Koky de la station de ski tchèque Klínovec à EURACTIV.
L’enneigement artificiel technique est toutefois coûteux. Pour ne rien arranger à leur situation financière, les stations de ski doivent faire face aux prix élevés de l’énergie alors qu’elles se relèvent encore tout juste des fermetures provoquées par la pandémie de Covid-19.
Cette situation a entraîné une hausse des prix dans de nombreuses stations de ski.
Certains pays ont déjà adopté des mesures d’aide. En Italie, 200 millions d’euros sur quatre ans avaient déjà été prévus pour un fonds destiné à la modernisation, à la sécurité et à la mise hors service des remontées mécaniques et des installations d’enneigement.
L’association italienne des remontées mécaniques Federfuni demande toutefois une aide immédiate pour les prix de l’énergie, notamment sous forme d’allégements fiscaux. Une telle aide a été récemment adoptée en Slovaquie, qui a abaissé de 10 % la TVA pour les stations de ski.
Les stations de ski françaises, en revanche, déplorent que les programmes d’aide gouvernementaux les aient négligées, entraînant ainsi une « explosion des factures d’énergie. »
Outre la crise énergétique actuelle, des solutions à long terme sont nécessaires. M. Koky estime que certaines stations de ski devront peut-être se concentrer en partie sur la saison estivale.
« J’espère que nous pourrons ouvrir une discussion pragmatique sur la manière de transformer les régions de montagne dépendantes du tourisme en destinations ouvertes toute l’année », a-t-il déclaré. Il a également précisé que si sa station de ski, Klínovec, ne réalisait pas de bénéfices en été, elle ne serait pas en mesure de payer les factures en hiver.
Chars ou pas chars ? Les Allemands hésitent à s’engager avec les Danois et les Polonais, presque seuls. Ils attendent que les Américains en fassent autant. La France a déjà envoyé des AMX, chars légers. Pour les Leclerc, chars lourds, « pas de tabou », dit Sébastien Lecornu, ministre de la Défense, mais des questions : manqueront-ils aux armes françaises ? (Même si le conflit de haute intensité que l’on craint a déjà lieu : en Ukraine.) Seront-ils utiles ? Car il faut savoir les entretenir. Quelle est l’étape suivante ? Après les chars, des avions, des missiles ? Et s’ils s’en servaient pour frapper dans la profondeur, des villes, comme les Russes, impunément ? N’est-ce pas l’intérêt des Ukrainiens : l’extension de la guerre ? A contrario, qu’est-ce qu’aider si c’est aider à demi ? Refuser chars, avions, missiles, c’est faire durer la guerre. La Russie ne peut plus gagner, sans ces armes l’Ukraine non plus.
La guerre est une stupidité, surtout quand elle est conduite par des imbéciles.
La guerre est une stupidité, surtout quand elle est conduite par des imbéciles. Ressusciter l’Otan, y pousser la Suède et la Finlande, transfigurer le nationalisme ukrainien, chasser un million de jeunes Russes, tomber en panne à Kiev, fuir à Kharkov, se retirer de Kherson, envoyer ses hommes à la boucherie, seul un génie, mauvais, très mauvais, pouvait l’accomplir. Ces frappes sur les civils, ces villes rasées, ces enfants déportés, cette télévision qui appellent à détruire Londres, à provoquer un tsunami dans l’Atlantique, à gommer cette « France qui ne devrait plus exister » (et dire qu’il y a des Français pour lui trouver des excuses), quelle subtile propagande : les Chinois, désormais, le prennent pour un fou.
Ils ont tort. Il n’est pas fou, il est ce qu’il a toujours été, un esprit étroit, borné, simpliste, qui a consolidé son pouvoir en s’entourant de plus médiocres.
Comment en sortir ? La question n’est pas tant celle des chars que des buts de guerre, des objectifs de paix. Est-il possible de conclure un accord avec Poutine, sans lui laisser en permanence un revolver sur la tempe ? Et peut-on menacer 6000 têtes nucléaire ? Les armes à employer ne sont pas seulement celles des militaires.
Le pouvoir russe a raison de dénoncer l’ennemi intérieur : Ils sont heureusement plus nombreux qu’il ne le croit.
Les chars, peuvent avancer, jusqu’où ? Il n’y a de paix que lorsque l’ennemi reconnaît sa défaite et se trouve mis dans l’impossibilité de prendre une revanche. Poutine peut-il reconnaître une défaite, à supposer qu’elle arrive ? Non, et c’est pourquoi il ne faut pas l’humilier, prévoyait Macron. Maintenant, les bornes étant franchies ? La seule façon durable d’installer la paix est la menace d’un autre système de pouvoir en Russie. Est-ce possible ? Son éventualité est la seule façon d’affaiblir Poutine, le conduire à renoncer à l’Ukraine. Lénine avait tout abandonné à la paix pour garder le pouvoir. Le pouvoir russe a donc raison de dénoncer l’ennemi intérieur, les « agents de l’étranger » : Ils sont heureusement plus nombreux qu’il ne le croit.
Les pays occidentaux arment l’Ukraine, ils doivent réveiller la Russie. Avec plus d’un million d’exilés, avec leurs familles déboussolées, les canaux sont considérables. Dire que les Russes sont habitués à la soumission, qu’aucun changement n’est possible, c’est ignorer la chute du tsarisme comme celle de l’URSS ; c’est oublier que les guerres de la Russie ont, quatre fois sur cinq, déclenché des crises de régime. C’est surtout mépriser les Russes : il y a des lecteurs de Boulgakov et Grossman sur le front.
Et c’est mépriser les nouveaux instruments de la guerre hybride. Sur les 80 milliards d’aide accordés à l’Ukraine, combien pour la guerre nouvelle ? Désorganiser l’arrière, les hiérarchies, les confiances, la fiabilité des communications, multiplier les réseaux libres, tout cela se fait, mais en petit, au compte-goutte, avec des moyens individuels.
Ce sont des associations qui ont réalisé le clip alertant l’opinion publique sur la déportation des enfants ukrainiens.
Ce sont des associations qui ont réalisé le clip alertant l’opinion publique sur la déportation des enfants ukrainiens, elles qui ont porté plainte pour « génocide ». Il faut que les familles russes le voient, y compris les familles d’accueil.
Si les dirigeants occidentaux consacraient 1% seulement de leur aide à ce type d’action, Poutine aurait peur des ombres du Kremlin. 300 millions de dollars ont été distribués par ses sbires à leurs relais occidentaux dans 20 pays. Poutine explique que Maidan était un coup d’Etat ? Chiche ! Qu’il en craigne un ! Inutile d’attiser les complots, la vérité suffit à abattre un pouvoir construit sur le mensonge. Mettre le crime et ses complices en pleine lumière.
La guerre d’Ukraine a commencé comme une guerre du 20ème, elle finira comme une guerre du 21ème.
Comme anticipé ici-même, Les États-Unis ont placé Wagner sur la liste de groupes terroristes. Et la France ? Toute personne en lien avec Wagner doit être arrêtée et jugée comme complice du terrorisme. Partout dans le monde. Un jour, quelqu’un le fera en Russie où les armées privées sont illégales. La diversification des instruments, l’extension des espaces d’action sont la marque des conflits protéiformes.
La guerre d’Ukraine a commencé comme une guerre du 20ème, elle finira comme une guerre du 21ème. La guerre actuelle, avec ses frappes aveugles, ses boucheries, est une guerre d’imbéciles. Bécille, baculus, est un bâton, un gourdin. L’imbécile est un faible, sans bâton pour s’appuyer, sans gourdin pour frapper : un « désarmé », une brute. Progressivement, il faut désarmer l’armée russe, de l’intérieur, avec les instruments du 21ème siècle. Moins cher et plus efficace que les chars. Ce qui suppose de la technologie, de l’humain.
A quoi ressemblera une guerre du 21ème ? Que dessine la refonte des armées décidée par Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ? La nouvelle loi de programmation militaire (2024-2030) prévoit une augmentation de plus d’un tiers des budgets militaires. Elle veut surtout changer d’armée.
Aucune guerre n’est intelligente. Mais il faut bien faire la guerre à la bêtise.
Tous les Etats augmentent leur budget de défense. Les dépenses militaires dans le monde ont dépassé 2000 milliards de dollars, deux fois plus qu’en 2000. Une flambée nécessaire et stupide. Il n’y a pas à regretter d’avoir touché pendant 40 ans les dividendes de la paix, d’avoir baissé les budgets militaires, il y a à regretter d’être obligé de les augmenter. Aucune guerre n’est intelligente. Mais il faut bien faire la guerre à la bêtise. La guerre en Ukraine est passée par là.
Le futur budget des armées est presque un double budget : maintenir ce qui existe (par exemple la dissuasion nucléaire, (5.6Mds€) et construire l’armée de la guerre « intelligente » : le renseignement (budget multiplié par deux), le spatial, les forces spéciales (2 Mds€), les drones (5 Mds€), le cyberespace. 10 milliards sur l’innovation, avec l’école Polytechnique. Préparer le passage d’un format d’armée à un autre, avec les inconnues qui s’y glissent.
En France, la réorientation stratégique est assumée.
Char Leclerc
En attendant, 60 ans après le traité de l’Elysée, l’avenir franco-allemand peine à se mettre en place. Sur l’industrie de défense, l’énergie, la dette, les budgets. A l’Allemagne de répondre. Même les Américains ont besoin d’alliés, notamment de la France. En ce moment, les marines indiennes et françaises mènent des exercices communs dans l’océan Indien, pour la cinquième fois. La réorientation stratégique est assumée : plus d’Asie, avec l’outre-mer, moins d’Afrique. Comme prévu ici même, le Burkina-Faso demande le départ des troupes françaises.
La guerre est toujours une stupidité, rarement menée par des génies. La bataille d’Ukraine peut être gagnée par des chars, la guerre, elle, par d’autres armes, partout dans le monde, y compris en Russie. Au siècle dernier, le char ouvrait la voie. Aujourd’hui, d’autres outils ouvriront les portes du Kremlin. Les mettre en œuvre, sans délai.
Bonjour, bienvenue dans votre flash du 23 janvier 2023, aujourd’hui, lundi, on parle de l’annulation de l’élection de 2 députés des Français de l’étranger, du risque pour le vote en ligne et de la mobilisation contre la réforme des retraites en France.
Les Français d’Afrique du Nord et d’Amérique du Sud vont retourner aux urnes
En effet, ce vendredi 20 janvier, la députée des Français d’Amérique centrale, du Sud et des Caraïbes Eléonore Caroit (Renaissance) et le député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh (Génération.s/ NUPES) ont vu leur élection annulée par le Conseil Constitutionnel. Le recours contre l’élection de Roland Lescure, aujourd’hui ministre, en Amérique du Nord, a lui été rejeté. La plus haute instance juridique française doit encore se prononcer sur l’élection de Meyer Habib.
Le vote internet dans le viseur de l’administration
Si le Conseil constitutionnel a annulé ces élections c’est pour des défaillances dans le processus de vote par internet. Les sages dédouanent les candidats et chargent l’administration dans leur avis. Celle-ci menace de limiter la capacité de participation des Français de l’étranger en ne mettant plus en place ce dispositif. Les élus se mobilisent pour bloquer cette initiative. Affaire à suivre.
En France la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit
Dans les rues avec de petites manifestations dans certaines villes encore ce week-end, mais aussi sur les plateaux de télévision, où les principaux opposants à Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont attaqué le gouvernement, sa méthodologie, et les principes de la réforme. Prochaine journée de mobilisation mardi 31 janvier.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.
Pour la première fois, nous recevons Christopher Weissberg, le député des Français d’Amérique du Nord. Élu comme suppléant de Roland Lescure, il prit sa succession alors que celui-ci fut nommé ministre délégué chargé de l’Industrie, auprès de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances, et de la Souveraineté industrielle et numérique, dans le gouvernement Borne, le 04 juillet 2022.
Roland Lescure et Christopher Weissberg
Ecoutez le podcast avec Christopher Weissberg
Député suppléant, un député comme les autres ?
On commence évidemment ce podcast en s’interrogeant sur la légitimité et l’indépendance de Christopher Weissberg par rapport à Roland Lescure. Comment fonctionne le binôme ? Quel intérêt d’avoir l’oreille d’un ministre pour les Français de la circonscription ? Des questions auxquelles répond M. Weissberg sans ambage.
Recours au Conseil Constitutionnel rejeté
Alors que Karim Ben Cheïkh et Eléonore Caroit ont vu leur élection, pour l’un en Afrique du Nord et pour l’autre en Amérique du Sud, annulée par le Conseil constitutionnel à cause du dysfonctionnement dans le vote en ligne, le recours contre l’élection de Roland Lescure a été rejeté par l’instance, permettant ainsi à Christopher Weissberg de conserver son mandat comme député suppléant.
Ce fut l’occasion de l’interroger sur l’avenir du vote en ligne alors que la décision du Conseil Constitutionnel a hypothéqué son avenir.
« Pour moi, (le vote en ligne) est indispensable. En 2022, uniquement grâce au vote par internet, il y a eu 10 points de plus de participation dans ma circonscription »
Christopher Weissberg, député des Français d’Amérique du Nord
Comme tous, Christopher Weissberg considère que c’est un facilitateur de la vie démocratique, ainsi le vote par internet s’impose comme l’outil indispensable pour maintenir un niveau de participation satisfaisant, mais il doit encore être amélioré.
Christopher Weissberg dans une école française aux USA
Les visas E2 des Français aux USA
Dans la deuxième partie du podcast, on évoque les problématiques propres aux Français installés ou voulant s’installer en Amérique du Nord.
Premier thème, les visas délivrés pour les entrepreneurs. Un sujet qui a été évoqué lors de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis d’Amérique. En effet, sous Trump, le régime qui s’appliquait aux Français a été modifié en réduisant la durée du visa à 2 ans sans possibilité de le renouveler.
Christopher Weissberg revient pour nous sur la genèse de ce différend administratif entre nos pays et nous dévoile, en primeur, les solutions qui sont en train de se mettre en place sous l’impulsion des Présidents Biden et Macron.
« De notre côté, les visas vont passer de 2 à 4 ans. La négociation a lieu en ce moment. Je suis très optimiste »
Christopher Weissberg, député des Français d’Amérique du Nord
Visite d’Emmanuel Macron aux USA le 30 novembre 2022
La débancarisation des Français de l’étranger
Autre problématique qui frappe nos compatriotes installés outre-Atlantique, la débancarisation dont ils sont victimes en France. En effet, comme nous l’explique en détails le député Christopher Weissberg, un ensemble de dispositions réglementaires s’impose aux banques qui auraient des clients dont la résidence serait aux USA.
Des contraintes que refusent de prendre en charge, jusqu’à présent, la plupart des les établissements en place, mais une nouvelle solution bancaire française, créée par Lesfrancais.press et les Banques Populaires / Caisses d’Epargne, dédiée aux expatriés, sera commercialisée au cours du dernier trimestre de cette année. Cependant, Christopher Weissberg tient à rappeler l’existence du droit au compte qui existe en France et pour lequel il s’engage auprès de ses administrés.
« Moi si vous m’envoyez un mail, je contacte la Banque de France »
Christopher Weissberg, député des Français d’Amérique du Nord
Outre-Atlantique, des Français sont actuellement bloqués dans leur projet immobilier au Canada. En effet, une nouvelle loi empêche pendant 2 ans les non-Canadiens d’acquérir des biens immobiliers sur ce territoire. Préférence nationale ou contrôle des prix ? Christopher Weissberg nous explique les enjeux derrière cette décision canadienne.
Naturellement, on évoque aussi le problème des résidences secondaires des Français de l’étranger qui sont souvent frappés par une taxation supplémentaire, et la promesse électorale d’Emmanuel Macron concernant la création d’une résidence de repli. Le député des Français d’Amérique du Nord nous dévoile les négociations en coulisses qui ont lieu actuellement entre Bercy et les élus des Français de l’étranger sur ce thème et la CSG/CRDS.
« Pour l’instant, c’est toujours un travail en jachère. On doit continuer nos efforts ! »
Christopher Weissberg, député des Français d’Amérique du Nord
Jeudi 19 janvier 2023, c’était journée noire pour les Français, plus d’1 millions de nos compatriotes ont défilé dans les rues contre la réforme des retraites du gouvernement d’Elisabeth Borne. Hasard du calendrier, le même jour était prévu de longue date la signature du traité d’amitié entre la France et l’Espagne. Le Président de la République a donc passé la journée loin des slogans et des défilés. Mais lors de la rencontre avec Emmanuel Macron à Barcelone et la communauté française , un jeune homme a décidé de lui rappeler les enjeux en portant un T-Shirt sur lequel était inscrit un message d’opposition.
Nous somme allés à la rencontre de ce jeune militant, Youssef Hanayen !
Youssef Hanayen est un jeune Français de Barcelone, ancien élève du Lycée Français de la ville. Il est aussi engagé auprès de la France insoumise.
Avec lui, nous retraçons les évènements et découvrons l’attitude du staff présidentiel qui après l’avoir expulsé, l’a autorisé, finalement, à assister, assis, à la rencontre.
A Barcelone, une mobilisation importante contre la réforme des retraites
On essayera aussi de comprendre les motivations de Youssef Hanayen. Et elles sont nombreuses, à l’image de la mobilisation du Lycée Français de Barcelone où plus des 2/3 des personnels ont participé au mouvement de grève.
Renaud Le Berre remettant sa lettre au Président de la République à Barcelone le 19 janvier 2023
Comme Renaud Le Berre, élu consulaire EELV et ancien candidat pour la NUPES à l’élection législative, qui a remis au Président de la République une lettre contre son projet de réforme. Pour l’anecdote, Renaud Le Berre est un des anciens professeurs de Youssef Hanayen.
Au milieu des fjords, le plus grand centre urbain de la Norvège du nord, Tromsø est située à 350 kilomètres au nord du Cercle polaire arctique. Le fait que la ville vient d’être tout récemment nommée comme une des 52 destinations pour 2023 par le New York Times ajoutera sans l’ombre d’un doute une aura à son prestige international. À Tromsø, la culture et la nature offrent un parfait équilibre, très dépaysant pour les Français et ceux qui auront le privilège d’y séjourner.
Malgré sa position arctique, le Gulf Stream modère le climat de la ville offrant ainsi des températures surprenantes avec des moyennes de – 6 c en hiver et maximum de 14 c au mois d’août.
Ville dynamique, Tromsø avec presque 80 000 habitants est en plein essor grâce, entre autres, à son université très ouverte aux étudiants internationaux, le départ d’expéditions polaires mais surtout l’activité touristique qui représente 40 % de l’économie locale. On y découvre des activités de plein air, la culture Sami (autochtones du grand nord) et les fameuses aurores boréales.
Soleil de minuit et nuits polaires
En raison de la position de la ville au nord du cercle arctique, le soleil reste sous l’horizon entre le 26 novembre et le 15 janvier. Cependant il y a un peu de lumière en milieu de journée même en plein hiver, une luminosité très douce. Et en été, le soleil ne se couche pas entre le 18 mai et le 26 juillet. Fait qui peut être déstabilisant pour certains, car il ne fait pas réellement nuit entre la fin du mois d’avril et la mi-août, le soleil ne descendant pas assez bas sous l’horizon. Une acclimatation parfois ardue pour certains Français car le corps n’arrive pas à capter les signaux du cycle du sommeil par exemple. Mais nombreux sont ceux qui vivent l’expérience comme une aventure différente, hiver comme été.
Un rapport au temps différent
Ceux qui ont eu l’expérience de chercher du travail, de changer de carrière à Tromsø semblent unanimes. Il est certain que les compétences techniques et le sérieux sont primordiaux, mais les « softs skills » ont une grande importance. De même pour la bienveillance, même un peu distante, qui fait partie de l’équation professionnelle. Et si les choses prennent du temps, les gens n’en sont pas exaspérés pour autant. On est plutôt relax, efficace, professionnel et tranquille.
Solenn qui travaille en pâtisserie dans un grand hôtel, apprécie beaucoup que l’on prenne réellement les employés en considération et qu’l y ait des possibilités d’évolution professionnelle, plus qu’en France.
Le plein air comme art de vivre
A Tromsø, comme ailleurs en Norvège, il existe des sentiers de ski de fond éclairés en tout temps ce qui permet d’aller profiter d’un moment de connexion à la nature avant, après le travail. Peut-être pour contrer le manque de lumière hivernal, mais tout est organisé pour avoir accès rapidement et efficacement à la nature. Sentiers balisés et éclairés, prêt de skis (alpins, de fond, snow board pour tous les âges) gratuitement à la grande bibliothèque pour les habitants… Il existe même un mot spécial : le friluftsliv qui incarne l’esprit du plein air. Cela se prononce « free-loofts-liv’’ et signifie littéralement le fait de ‘’vivre en plein air’’. Cette notion est profondément ancrée dans la culture norvégienne. Dès la prime enfance et par tous les temps, les Norvégiens s’adonnent au plein air.
« Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais habits »
Les Norvégiens considèrent que pratiquer le plein air favorise la sociabilité, le bien-être physique et émotionnel et renforce les liens sociaux. Faire du ski de fond le soir ou le week-end dans une ‘’hytte’’, un chalet perdu dans la nature, sans eau ni électricité ni connexion, est un véritable luxe pour les Norvégiens. Partager une activité de plein air en groupe peut être une manière très locale de développer son réseau quand on est étranger. Par exemple faire partie d’un club de plein air (randonnée, ski, escalade…) est très efficace pour rentrer dans les cercles amicaux norvégiens.
Alexis, jeune ingénieur, profite d’une année sabbatique, et adore le contact avec les Norvégiens qu’il trouve patients, bienveillants, prêts à aider, il a été surpris par les grands espaces, les cabines gratuites ou peu chères avec la clef spéciale. Un de ses coups de cœur est le camping sauvage permis partout et on peut dormir sur les terres de quelqu’un pour peu que les propriétaires ne voient pas la tente. Côté choc culturel, Alexis reconnaît que si les Norvégiens ne sont pas expansifs, ils sont présents pour aider en cas de besoin et tablent sur la confiance et l’honnêteté, ce qui est très appréciable et change de la France.
Des codes culturels bien différents
Si Tromsø est une ville qui accueille nombre d’internationaux (étudiants, personnes en quête d’aventures nordiques) les Norvégiens très respectueux des différences, de l’équité et de la diversité n’ouvrent cependant pas pour autant leur maison ou leur cœur facilement. Pour ceux qui viennent d’ailleurs, se faire des amis norvégiens, tisser des liens profonds est une gageure. Les Norvégiens sont jaloux de leur intimité et la famille est centrale. C’est une culture où les enfants sont rois. Comme les étrangers ne restent généralement que peu d’années (nuit polaire, coût exorbitant de la vie…), les locaux ne s’investissent que peu dans des relations qui seront vraisemblablement temporaires. Alors si on arrive de France, généralement on se fait des amis internationaux le plus souvent…
Nadia qui est en Norvège depuis 20 ans, mariée à un Norvégien, précise que les codes sociaux et le mode d’interaction sont différents de la France. Les Norvégiens sont plus distants, pas de bises. On se parle peu au travail du côté personnel, elle a mis 3 ans pour être invitée à prendre le café chez une collègue. Mais cela a des côtés intéressants car on respective l’intimité. Malgré tous les côtés indéniablement positifs de vivre à Tromsø, les Norvégiens restent plutôt entre eux. C’est compliqué de nouer des liens avec les locaux, de trouver sa place.
Aurores boréales, culture Samie et sauna
Les Samis sont un peuple autochotone de la zone qui couvre le nord de la Norvège, Suède, Finlande et Russie. Ils sont aussi connus sous le nom de Lapons. Ce sont des éleveurs semi-nomades de rennes. De nombreux spécialistes d’expéditions, comme Pukka travels, offrent entre autres, de découvrir la culture Samie et leurs rennes. Mais l’attraction mondialement reconnue est la poursuite des aurores boréales. La situation de Tromsø et des environs offre des conditions optimales pour vivre cette expérience hors-normes que ce soit sur un voilier de nuit dans les fjords ou dans les terres. Et pour conclure, un séjour à Tromsø ne saurait être accompli si vous ne profitez pas d’un sauna. On ne peut pas faire plus local et culturel. Nous partageons notre coup de cœur pour le sauna Pust, dans le port aussi fréquenté par des locaux que par des touristes. La nuit voir les fjords et toute la ville illuminée depuis le sauna, puis se baigner dans les eaux à 5 c est une expérience mémorable. Seul bémol à cette expérience féérique… le coût de la vie qui est extrêmement onéreux. Mais à ceux qui peuvent se permettre l’engagement financier, je ne dirai qu’une chose : réservez votre séjour à Tromsø en hiver, vous en serez émerveillés !
Pour suivre une famille norvégienne sur Netflix : Home for Christmas
Un petit livre intéressant par un Québécois qui vit en Norvège : The social guide book to Norway
Ce 20 janvier 2023, le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation des élections de la députée des Français d’Amérique du Sud (IIème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance) et du député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh (Génération.s/ NUPES).
Au-delà des conséquences pratiques d’une telle décision, le Conseil Constitutionnel par sa décision remet en cause le principe même du vote par internet.
Les membres du Conseil Constitutionnel
Les bugs de l’administration
Souvenez-vous, nous étions le 27 mai à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents).
La raison ? l’administration consulaire devait transmettre à la société chargée de l’organisation du vote et de la transmission des éléments les adresses email, et dans ce cas les numéros de téléphone, des citoyens inscrits au 31 mars 2022 sur les listes électorales consulaires. Mais suite à une erreur de l’équipe de fonctionnaires sous la responsabilité de Laurence Haguenauer, la directrice des affaires consulaires et des Français de l’étranger, c’est un autre fichier qui a été transmis.
Ainsi le Conseil Constitutionnel, dans son arrêt, « a constaté que, à l’ouverture de la période de vote, seuls 11 % des messages téléphoniques contenant les mots de passe prévus par l’article R. 176-3-9 du code électoral pour l’organisation du vote électronique et adressés aux électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires en Argentine avaient été effectivement délivrés aux électeurs. Ce taux n’a atteint que 38 % à l’issue du premier tour, selon le procès-verbal du bureau de vote électronique relatif au second tour.«
Pour la plus haute instance de notre pays, « ce dysfonctionnement a néanmoins été de nature, eu égard aux caractéristiques de la circonscription, à empêcher plusieurs milliers d’électeurs de prendre part au vote au premier tour. Alors même qu’elle n’est aucunement imputable ni à la candidate élue ni aux autres candidats, cette circonstance doit être regardée, compte tenu de l’écart des voix entre les candidats, comme ayant porté atteinte à la sincérité du scrutin.« . L’erreur de l’administration est donc clairement la cause de l’annulation, les conséquences de celle-ci remettant en cause les résultats de l’élection.
Jean-Baptiste Lemoyne, alors ministre des Français de l’étranger, avait pourtant promis, quelques semaines avec la tenue du scrutin, suite à une défaillance similaire lors de l’élection présidentielle, une politique d’électrochocs afin de recadrer l’administration. Depuis, il n’est plus ministre…
Deux nouvelles élections
Si la maîtrise du vote en ligne par l’administration a posé problème en 2022, ça ne sera pas le cas pour ces partielles en 2023. Car la même équipe de fonctionnaires, qui avait négocié le contrat avec le prestataire, n’a tout simplement pas prévu le cas d’organisation d’élections partielles comme c’est aujourd’hui le cas dans deux circonscriptions, peut-être 3, un avis du Conseil Constitutionnel sur l’élection de Meyer Habib en Méditerranée de l’Est étant attendu dans les prochains jours.
En sus, il est impossible de relancer un marché public, les élections partielles devant se tenir dans les trois mois. Ainsi, les Français de ces circonscriptions n’auront qu’une seule possibilité pour s’exprimer : se déplacer à l’urne voire donner une procuration à quelqu’un qui ira au bureau de vote. Une bien mauvaise nouvelle pour la participation, déjà plus faible chez les Français de l’étranger et encore plus, comme partout ailleurs en France, lors de partielles.
De nombreux candidats déjà sur les rangs
Amérique du Sud
Mme Eléonore Caroit a évidemment réagi à cette décision qu’elle juge « surprenante ».
« Je suis surprise d’autant que comme le souligne le Conseil Constitutionnel il n’y aucune irrégularité de ma part ou de mes équipes. Je serai naturellement candidate à cette élection.«
Eléonore Caroit, députée sortante et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger
Mais Eléonore Caroit reste confiance malgré la faible participation qui s’annonce et qui dessert forcément le représentant du pouvoir en place. Cependant, elle a de nombreux atouts dans sa manche, comme son passeport dominicain et son sens du contact.
« Je me sens impliqué du fait de ma double nationalité, j’entends continuer le travail accompli pour les Français d’Amérique centrale, du sud et des Caraïbes. En 6 mois, j’ai visité une dizaine de pays et j’ai porté assistance à une centaine de personnes sur leurs dossiers personnels comme la retraite. »
Eléonore Caroit, députée sortante et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger
En face, parmi les candidats déclarés, il y a Bertrand Dupont, le président des Bretons du Brésil et de l’UFE de Sao Paulo, qui représentera les LR dans la deuxième circonscription soit l’Amérique centrale et du Sud. Pour ce dernier, cette décision n’est pas une surprise.
« La décision du Conseil Constitutionnel confirme ce que j’avais dénoncé lors de l’élection. Les dysfonctionnements du vote internet entre autres. »
Bertrand Dupont, élu consulaire et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger
On devrait aussi retrouver évidemment Christian Rodriguez, le candidat à l’origine de l’action au Conseil Constitutionnel. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon, originaire du continent, avait été victime, en sus du vote électronique, d’un défaut de mise à disposition de ses bulletins de vote dans de nombreux bureaux.
« C’était logique. Je crois profondément au processus démocratique. Je n’imaginais pas que le Conseil Constitutionnel puisse laisser passer ça. »
Christian Rodriguez, directeur des relations internationales de LFI et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger
Afrique du Nord et de l’Ouest
En Afrique du Nord, c’est donc Karim Ben Cheïkh qui va devoir solliciter de nouveaux les électeurs. Et il a bien compris, comme il l’indique dans son communiqué de presse, que la participation sera un enjeu majeur et qu’elle est « le meilleur rempart contre les atteintes à notre démocratie« .
Dans la IXème circonscription des Français de l’étranger, c’est la candidature qui portera les couleurs de Renaissance qui interroge. Il est peu probable que l’ancienne ministre Elisabeth Moreno retente sa chance. Pour certains, ça serait l’occasion pour M’jid El Guerrab de revenir dans le jeu, l‘ancien député n’étant pas condamné définitivement pour son agression contre Boris Faure (ancien président de la fédération des Français de l’étranger et journaliste pour Lesfrancais.press), il peut donc encore se présenter. Sollicité, il n’a pas répondu à nos questions.
Karim Ben Cheïkh devra sûrement composer avec un autre candidat de droite, mais issu d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, Mehdi Reddad. Actuel conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour la circonscription et élu des Français de Casablanca, il pourrait bénéficier du soutien du parti présidentiel à défaut de candidat « honorable ».
Quelle date pour les nouvelles élections ?
Dans les prochains jours, le ministère de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères devraient publier au Journal Officiel les nouvelles dates de scrutin. Nous irons alors au contact des candidats dans deux séries de podcasts dédiées aux problématiques de ces circonscriptions.
Téléchargez le communiqué de presse du Conseil Constitutionnel
La dépénalisation du cannabis dans certains pays européens ne convainc pas la France. La déléguée ministérielle Valérie Saintoyant a réitéré la position, fermement contre, du gouvernement, lors d’une audition au Sénat mercredi.
La France compte environ 900 000 usagers quotidiens de cannabis, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
« C’est une préoccupation majeure pour le gouvernement », a affirmé Valérie Saintoyant déléguée de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), lors du audition devant la commission des Affaires sociales du Sénat mercredi (18 janvier).
Le 17 mars 2022, Emmanuel Macron, alors candidat à sa réélection, avait déclaré lors de la présentation de son programme à la presse : « Je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis ».
Interrogée par des sénateurs socialistes sur la position du gouvernement quant à la légalisation du cannabis, Mme Saintoyant a réaffirmé qu’il n’y était « pas favorable ».
En août dernier, un collectif de 31 sénateurs du groupe Socialiste, écologiste et républicain avait appelé dans une tribune publiée dans le journal Le Monde à ouvrir la voie à une légalisation du cannabis en France.
« La légalisation permettrait de contrôler en premier lieu la qualité sanitaire des produits consommés. Elle servirait également à freiner grandement les trafics au bénéfice de ces zones sinistrées », peut-on lire dans la tribune.
« De plus, il serait possible de développer des plans de prévention de grande ampleur, financés par la taxation des produits et par le redéploiement des moyens de répression », écrivent les signataires.
Mais cela n’a pas suffi à convaincre le gouvernement.
« À la lumière des expériences étrangères, nous considérons qu’il n’y a pas de réussite », a expliqué Mme Saintoyant, en référence notamment aux pays européens qui ont légalisé, ou dépénalisé, la consommation récréative du cannabis.
La France compte environ 900 000 usagers quotidiens de cannabis, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Malte, le Portugal ou les Pays-Bas
En Europe, seule Malte a totalement légalisé l’usage récréatif du cannabis à la suite d’une loi votée en décembre 2021 qui permet non seulement d’en consommer mais également d’en cultiver.
Malte pourrait bientôt être rejointe par l’Allemagne. En octobre dernier, le ministre de la Santé Karl Lauterbach a présenté une première feuille de route visant à légaliser la consommation récréative de cannabis d’ici à 2024.
« En dépénalisant le cannabis, nous voulons assurer une meilleure protection des enfants et des jeunes, mais aussi une meilleure protection de la santé », avait-il déclaré.
Si Malte reste une exception, en revanche plusieurs pays européens ont dépénalisé la consommation de cannabis. C’est notamment le cas en Espagne, au Portugal ou encore aux Pays-Bas où les consommateurs n’encourent ni amende ni peine de prison.
Mais pour la France, ces exemples ne sont pas concluants. Selon les propos de Mme Saintoyant, la légalisation du cannabis a entraîné une « banalisation du produit », sans « réduction du trafic de drogue », et sans empêcher les dealers de continuer à vendre d’autres produits illicites.
Pour lutter contre la consommation de cannabis, et plus largement contre les autres drogues illégales, la stratégie française est tout autre. Le gouvernement entend mettre en place en 2023 une « mobilisation massive » de policiers, de douaniers et de gendarmes, dans la continuité de 2022.
L’objectif est double : lutter à la fois contre « la criminalité organisée » mais aussi contre « le trafic du quotidien », détaille Mme Saintoyant face aux sénateurs, le but étant « le démantèlement des points de deal ».
La répression n’est pas la solution
Pourtant, la répression n’est pas la solution selon Marie Jauffret Roustide, sociologue et chercheuse à l’INSERM. « La répression rend le trafic plus dynamique, c’est l’effet ballon, les études le montrent », déclare-t-elle dans un entretien avec EURACTIV France.
D’autant que « la France a l’une des législations les plus répressives, et est le deuxième pays européen en matière de consommation de cannabis chez les jeunes et les adultes », souligne-t-elle.
44,8 % des Français entre 15 et 64 ans, soit 18 millions, ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie, selon un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié en septembre 2021.
À titre d’exemple, ce chiffre est de 37,5% pour l’Espagne et 38,4% pour le Danemark. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente libre, le chiffre est de 27,7%.
Selon la sociologue, dépénaliser la consommation de cannabis comme au Portugal permettrait d’avoir une approche fondée sur la santé publique et l’inclusion sociale des consommateurs.
Quant à la légalisation, cela serait un moyen de lutter contre le trafic et les violences en réduisant la part du marché illégal, poursuit Mme Jauffret Roustide.
« Le gouvernement devrait moins s’appuyer sur la morale, en disant que se droguer c’est mal et s’appuyer davantage sur les données scientifiques », conclut-elle.