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  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 27.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 27.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de la semaine. Aujourd’hui, on s’interroge sur la situation de nos compatriotes en Russie, on est rassurés par la décision du gouvernement de maintenir le vote en ligne pour les Français de l’étranger, tandis qu’en France l’exécutif est de plus en plus inquiet. 

    En Russie, les Français vont bien 

    C’est ce qu’on retient de l’interview de Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie. Dans un podcast à écouter sur le site Lesfrancais.press et sur toutes les plateformes, on découvre un quotidien pas tant bouleversé que cela. Si la tension monte entre les Etats, nos compatriotes sur place bénéficient toujours de relations cordiales avec les citoyens russes et peuvent toujours travailler avec un peu de « système D ». Seul bémol, c’est la circulation de ou vers la France qui reste compliquée et onéreuse avec l’obligation de passer par des Etats tiers. 

    Le gouvernement soutient le vote en ligne

    C’est ce qu’a déclaré la secrétaire d’Etat Laurence Boone qui représentait Olivier Becht à l’assemblée nationale lors d’une séance de questions au gouvernement. La communauté des Français de l’étranger était particulièrement inquiète après l’annulation de l’élection de 2 députés la semaine dernière par le Conseil constitutionnel. Pour les partielles qui s’annoncent, la filiale de la Poste chargée de l’organisation cherche de nouveaux moyens pour éviter que de tels problèmes se reproduisent. A suivre ! 

    En France, la pression monte pour le gouvernement 

    Pour asseoir sa légitimité à réformer le pays, Emmanuel Macron explique régulièrement que son projet a « a été démocratiquement présenté et validé ». Le chef de l’État avait en effet fait campagne en indiquant son souhait de reporter l’âge légal à 65 ans lors de l’élection présidentielle. Mais cet argument ne fonctionne pas auprès des Français. 72% estiment qu’Emmanuel Macron a tort, il a été élu pour d’autres raisons notamment pour « faire barrage » à Marine Le Pen et qu’il serait donc faux de dire que la réforme est démocratiquement validée.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

    C’est tout pour aujourd’hui ! Passez un bon week-end, on se retrouve lundi…

  • Vote en ligne, mobilisation pour la participation

    Vote en ligne, mobilisation pour la participation

    Après l’annulation des élections d’Eléonore Caroit en Amérique du Sud (IIe circonscription) et de Karim Ben Cheïkh pour les Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXe circonscription), du fait de dysfonctionnements dans l’organisation des scrutins en ligne par l’administration, la communauté des Français de l’étranger s’est mobilisée pour le maintien de ce mode de participation.

    Un problème de SMS

    Si comme nous l’évoquions dans un article précédent, les 3 dernières élections ont connu des ratés – mauvais identifiant envoyé pour les consulaires, mauvais bureau de vote assigné pour la présidentielle (il n’y a pas de vote en ligne pour cette élection), les modalités pour voter aux législatives ont été victimes de problèmes de SMS. Dans deux pays, l’Algérie pour la IXe et l’Argentine pour la IIe, les SMS contenant une partie des identifiants pour se connecter à la plateforme de vote ne sont tout simplement pas arrivés.

    Nous sommes donc allés à la rencontre de la société organisatrice, filiale de La Poste, Docapost. Pour eux ce problème était connu et il avait été signalé à la Direction des Français de l’étranger. Ce que confirment les élus consulaires, inquiets ils avaient alerté Laurence Haguenauer sur le risque d’annulation. Elle leur avait répondu que « seul le vote à l’urne était obligatoire », ainsi, pour elle, tant que les bureaux de vote étaient ouverts, le vote en ligne étant optionnel (comme, par exemple, le vote par correspondance), tous risques d’annulation étaient écartés. Un avis que n’ont donc pas partagé les Sages du Conseil Constitutionnel.

    Un outil indispensable à la participation

    Comme nous l’avons relayé dans le précédent article, les élus se sont inquiétés des conséquences de cette décision, ils craignaient que le vote en ligne ne soit tout simplement exclu des futurs scrutins.

    Comme l’a souligné une députée NUPES, lors de la séance de questions au gouvernement du 24 janvier 2023, ce mode de scrutin est pourtant indispensable pour obtenir un taux de participation satisfaisant chez les Français de l’étranger.

    Non par commodité, mais tout simplement car le nombre de bureaux de vote étant restreint, impossible, et on le comprend, de mettre une urne dans toutes les villes où réside chaque Français dans le monde. Si en Belgique il est facile, du fait de la petite surface du pays, de s’y rendre, il n’en est pas de même au Brésil, en Chine, en Russie, au Canada, aux USA, etc.

    La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement partage cette analyse. La secrétaire d’Etat, Laurence Boone, présente lors de la séance de questions et qui s’exprimait, donc, au nom de Catherine Colonna, la ministre aux Affaires étrangères, et d’Olivier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger (en voyage en Asie), a confirmé le maintien du vote en ligne pour les Français de l’étranger.

    Alors comment mieux organiser le vote en ligne ?

    Frédéric Schauli, conseiller des Français du Luxembourg et membre du bureau de supervision du vote électronique, a de nombreuses idées pour éviter qu’un tel problème se reproduise.
    Comme le bureau l’avait déjà proposé, lors de la phase de test, il serait possible d’utiliser des dispositifs de messagerie comme Whatsapp, mais certains pays interdisent ces applications cryptées.

    Autre solution, qui a aussi les faveurs de Docapost, c’est l’utilisation de l’application « L’identité Numérique » de La Poste. Mais pour cela, il faut que l’app soit disponible dans tous les pays et ce n’est pas encore le cas, même si en 2024, la direction de la Poste indique que le déploiement sera finalisé.

    Mais alors que faire pour les partielles ? Le contrat qui lie le ministère des Affaires étrangères et Docapost court jusqu’en 2024. Si les partielles n’étaient pas réellement anticipées, les équipes du prestataire cherchent une solution à mettre en place rapidement.

    Car le temps file, les Français des deux circonscriptions doivent voter dans les 3 mois suivant l’annulation. A ce jour, ni la date ni les modalités de vote ne sont connues.

  • Témoignage : un Français à Moscou

    Témoignage : un Français à Moscou

    Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous faisons régulièrement le point avec Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie et ancien candidat comme suppléant à l’élection législative de juin 2022 pour Les Républicains avec Catya Martin. Avec lui, on fait le point sur la situation des Français à Moscou et plus généralement en Russie. (Podcast en fin d’article)

    La France, un ennemi de la Russie ?

    On commence évidemment avec les propos de ce début de semaine du Vice-président de la Douma (Assemblée nationale russe) sur BFM qui déclarait que « la France est un ennemi de la Russie ».

    Si cette phrase a pu choquer en France, Franck Ferrari tient à remettre dans le contexte cette déclaration qui était uniquement diffusée en France, et en effet, elle n’a pas été reprise dans la presse russe.

    A Moscou, l’église Saint-Louis-des-Français fondée en 1789, qui officie encore aujourd’hui ©Tsarvisit

    Les Français toujours présents

    Pour Franck Ferrari, les Français n’ont pas déserté le pays, en tout cas pas Moscou. Il n’y pas que nous qui sommes étonnés, comme nous le raconte le conseiller des Français de Russie, les Russes sont les premiers surpris de croiser encore des Français alors que la majorité des Occidentaux ont quitté le pays.

    Franck Ferrari
    Franck Ferrari

    « C’est une guerre de civilisations, l’Occident contre la Russie, mais au niveau local, il n’y a pas de problèmes. »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Les Russes conservent, donc, une distance entre l’information officielle et leurs relations avec les individus des nationalités impliquées directement dans le conflit. La généralisation des VPN permet aux populations de s’informer en s’affranchissant de la censure. Ainsi, même si l’Occident s’apprête à livrer des chars, aucun Russe ne vient le reprocher à un Français.

    Malgré cette ambiance sereine, des familles ont décidé d’évacuer les enfants. Ainsi, le Lycée Français de Moscou a vu son effectif baisser, certains sont rentrés en France, d’autres sont allés dans des pays-tiers. L’établissement moscovite est géré directement par l’AEFE qui a su maintenir le niveau d’excellence tant au niveau du corps professoral que sur le matériel mis à disposition.

    La seule inquiétude c’est l’école de St Petersbourg, qui était gérée jusqu’en février par le groupe Odyssey, et qui se retrouve sans opérateur pour assurer la rentrée de septembre 2023 puisque l’AEFE refuserait de reprendre directement le groupe scolaire. Franck Ferrari, comme les autres élus du pays, s’inquiète de l’avenir de cet établissement qui risque, tout simplement, la fermeture. Une situation inédite alors que même pendant la guerre civile en Syrie, alors que l’ambassade était partie, le Lycée français de Damas était resté ouvert.

    « Un Lycée français ne peut pas fermer, même sous les bombes. On peut changer de structure, mais une fermeture aurait un impact majeur sur l’image de notre pays »… « La France ne peut pas abandonner l’Éducation, pour moi c’est inimaginable !« 

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie
    Groupe scolaire français à St Petersbourg

    Un climat économique pas si morose

    Dans la deuxième partie, on s’intéresse aux conséquences du conflit sur les entreprises françaises installées en Russie. L’occasion de faire le point sur l’impact des mesures prises contre la Russie, et les astuces mises en place par les Russes pour y échapper. Ainsi l’inflation reste controlée, contre-balancée par une valorisation à la hausse du rouble, et depuis la disparition des grandes marques occidentales, des produits de substitution sont apparus comme le Coca d’Azerbaïdjan.

    « Ici, on l’habitude de vivre avec l’inflation, on est passés de 8% à 11% »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Un sens de la débrouille partagé par les entreprises françaises restées sur place, soit par choix, soit parce qu’aucun Russe n’a voulu acheter leurs actifs.

    « Elles ont trouvé des filières parallèles via la Turquie et d’autres pays »

    Franck Ferrari, conseiller des Français de Russie

    Il y a aussi ceux qui n’ont pas pu s’adapter, comme Décathlon, qui a finalement décidé le 24 janvier 2023 de se retirer du marché russe. Mais, comme nous le rappelle Franck Ferrari, tous les produits ne sont pas frappés par les mesures, des marchandises (avec un délai de livraison plus long) circulent toujours entre l’UE et la Russie.

    Quel avenir sur place ?

    Franck Ferrari reste positif pour les Français sur place et la relation entre les deux pays. Il en profite pour nous décrire le retour qu’ont vécu les expatriés en France, qui fut souvent douloureux. Aucun dispositif n’a été prévu pour les accompagner, des couples ou des familles se sont retrouvés du jour au lendemain sans revenus et sans logement. Pour lui, il vaut « mieux faire le dos rond ».

    On finit, naturellement, sur les possibilités de circulation entre la France et la Russie. La situation n’a pas vraiment évolué en un an, les vols directs sont toujours bannis. Il faut donc toujours passer par des Etats tiers, qui sont plus nombreux qu’en 2022, à la Turquie et la Finlande s’est ajoutée l’Algérie, ainsi que d’autres pays asiatiques. Le bémol c’est le prix qui a explosé, rendant souvent le voyage inaccessible aux familles.

    Ainsi, les Français qui ont construit leur vie sur place, préfèrent, pour l’instant, en l’absence d’agressivité de la part de la population ou des autorités à leur encontre, rester sur place et parier sur la longue relation d’amitié, et ce quel que soit le régime, qui lie nos deux pays.

    Ecoutez le podcast avec Franck Ferrari

  • Les grands-parents au cœur des révolutions démographiques 

    Les grands-parents au cœur des révolutions démographiques 

    L’espérance de vie à la naissance est passée, à l’échelle mondiale, de 51 à 72 ans de 1960 à 2022. En France, elle était de plus de 82 ans en 2022, contre 70 ans en 1960. Sur la même période, le nombre de naissances par femme au cours de sa vie a diminué de moitié, passant de 5 à 2,4. En France, ce taux est désormais de 1,8, contre 2,7 en 1960. Le nombre de personnes âgées augmente, de ce fait, à grande vitesse, logiquement désormais les grands-parents sont la pierre angulaire des familles et des économies.

    20% de la population mondiale a plus de soixante ans 

    Le monde compterait plus de 1,5 milliard de personnes de plus de 60 ans, contre 500 millions en 1960. En proportion de la population, elles sont passées de 17% à 20%. D’ici 2050, la population mondiale comptera 2,1 milliards de personnes de plus de 60 ans dont le nombre sera supérieur à celui des moins de 15 ans. En Chine, en 2050, les plus de 60 ans représenteront 30% de la population. Les États-Unis seront alors nettement plus jeunes avec une proportion de seniors avoisinant 24%. 

    Si elles s’estompent, d’importantes différences en matière de natalité et de fécondité demeurent. De nombreux États africains conservent des taux de natalité élevés qui conduiront à un doublement de la population du continent d’ici 2050. Au Sénégal, bien que le nombre de naissances par femme soit passé de 7,3 en 1980 à 4,5 en 2022, les familles nombreuses restent la norme. Les enfants de moins de 15 ans sont 3,5 fois plus nombreux que les plus de 60 ans. 

    Plus de grands-parents avec moins de petits-enfants à s’occuper 

    La transition démographique permet aux grands parents de s’occuper plus longtemps de leurs petits-enfants qui sont, en outre, moins nombreux. Les conséquences de cette révolution démographique sont importantes et peu étudiées. 

    La réduction du nombre d’enfants facilite l’insertion professionnelle des femmes et leur indépendance par rapport aux hommes. L’allongement de l’espérance de vie a des effets bénéfiques pour les pays en développement en matière de formation et de scolarisation des enfants. Les grands-parents sont amenés à s’occuper de leurs petits-enfants et les incitent, en règle générale, à fréquenter les établissements scolaires. Ils sont également présents dans la gestion du travail domestique libérant du temps pour les jeunes femmes qui peuvent ainsi travailler à l’extérieur. 

    Dans de nombreux pays émergents, les grands-parents gardent les enfants en bas âge. Au Mexique, 40 % de ces derniers sont ainsi gardés pendant la journée. En Inde, les parents du mari ont souvent cette charge, ce qui n’est pas sans générer des tensions. Dans les pays de l’OCDE, près de la moitié des enfants sont gardés régulièrement par leurs grands-parents. La proximité géographique de ces derniers par rapport aux petits-enfants a un effet direct et positif sur l’activité des mères et sur le niveau de vie des ménages. 

    L’éducation des grands-mères

    Selon une étude de l’Université de Washington, vivre à moins de 25 miles d’une grand-mère augmentait le taux de participation au marché du travail des femmes mariées avec de jeunes enfants de 4 à 10 %. Une étude brésilienne a également démontré que la garde des enfants par une personne âgée, ayant des liens familiaux ou pas, majorait les ressources des ménages de plus de 20 %. 

    En revanche, des études américaines et japonaises suggèrent qu’un enfant entouré de grands-parents est plus susceptible d’être obèse. De même, une étude américaine mentionne le fait que des enfants ayant été élevés par leurs grands-parents ont durant leur vie d’adulte plus de problèmes psychologiques que les autres. Cette corrélation doit être relativisée. En effet, les problèmes peuvent provenir non pas de l’éducation des grands-parents mais de l’absence des parents ou du comportement de ces derniers. 

    L’apport dual des grands-parents 

    Dans la Chine rurale, ils sont amenés à s’occuper des enfants dont les parents sont partis travailler au sein des grandes agglomérations. Ces derniers sont traités comme des citoyens de seconde classe et leurs enfants sont exclus des écoles publiques. Ils sont donc contraints de les laisser à leurs grands-parents dans le village natal. Le niveau des écoles rurales demeure faible et les grands-parents sont bien souvent peu alphabétisés. Ce système reproduit donc les inégalités sociales. 

    Une étude de l’Université de Stanford a mentionné que plus de la moitié des moins de 5 ans en Chine rurale ont un retard cognitif, en partie parce que leurs grands-parents manquent de discussion. A contrario, dans les villes chinoises, la politique de l’enfant unique est appliquée de longue date. Chaque enfant dispose de quatre grands-parents et de ses deux parents. Fortement encadré, il bénéficie d’un accès à la culture et à la formation qui se rapproche des normes occidentales.

    La Chine a créé une école pour les grands-parents 

    La présence des grands-parents dans les villes a permis une forte progression du taux de participation au marché du travail des femmes chinoises qui est de 62 %, soit légèrement supérieur à celui des États-Unis. Le travail des femmes est nécessaire dans ce pays afin de financer les études des enfants. L’enjeu des autorités chinoises est de faire des grands-parents de bons éducateurs.

    À Pékin, le gouvernement a même créé une école en 2005 pour apprendre aux grands-parents à mieux s’occuper de leurs petits-enfants. En Europe, la scolarisation des enfants dès deux ans vise à faciliter leur éveil, à accroître leur degré de socialité et à favoriser l’acquisition des connaissances. Des études ont confirmé qu’une scolarisation précoce était positive en matière de formation. La garde des grands-parents est jugée moins performante, ces derniers n’ayant pas les capacités pédagogiques pour s’occuper pleinement de leurs petits-enfants. 

    S’occuper des petits-enfants, un gage de bonne santé pour les grands-parents, tout en étant une contrainte 

    Les grands-parents qui garderaient leurs petits-enfants auraient une espérance de vie supérieure aux autres. Ce résultat est légèrement biaisé par le fait que s’ils ont la possibilité de s’en occuper, c’est qu’ils ont une santé qui le leur permet. Néanmoins, plusieurs études soulignent que passer du temps avec ses petits-enfants diminue la prévalence des dépressions. Malgré tout, une étude menée par l’Université de Singapour, indique que les grands-parents perçoivent le fait de gérer leurs petits-enfants comme une contrainte et non comme un plaisir. Dans les pays occidentaux, les séniors entendent profiter de leur retraite, voyager, profiter des loisirs, voir des amis et non être tributaires de leurs petits-enfants. 

    En Suède, les grands-parents s’occupent ainsi de moins en moins de leurs petits-enfants. La législation de ce pays n’y incite pas. Pour chaque enfant, un couple suédois peut prendre 16 mois de congé parental avec maintien des salaires antérieurs. Le pays dispose d’un nombre important de crèches. En Suède, les grands-parents ont peu de contacts avec leurs petits-enfants. Les premiers vivent isolés ce qui n’est pas sans poser des problèmes de santé. Sur une population de 10,4 millions d’habitants, quelque 900 000 personnes ont plus de 60 ans et vivent seules. Parmi celles-ci, un cinquième n’aurait plus de contacts avec sa famille. 

    Aujourd’hui, le monde compte beaucoup de grands-parents et peu de petits-enfants, du moins relativement. Les liens familiaux se délitent du fait de l’éloignement et de l’éclatement des structures familiales. Ces phénomènes ne seront pas sans incidences sur la gestion de la dépendance. Les enfants et les petits-enfants seront moins nombreux pour s’occuper de leurs aînés dépendants, ce qui supposera une prise en charge publique plus importante.

  • La pendule de l’apocalypse

    La pendule de l’apocalypse

    L’horloge de l’apocalypse a été créée pour mesurer les tensions politiques et climatiques après la Guerre froide. Selon cet outil symbolique, nous n’avons jamais été aussi près de la fin du monde. 

    Bulletin of the Atomic Scientists

    L‘ONG américaine Bulletin of the Atomic Scientists, chargée de cette horloge symbolique mais sérieuse, a annoncé aujourd’hui à 16h, heure française, combien de secondes séparent la planète du gong fatidique de minuit. Et l’heure a changé cette année.

    Elle affiche désormais 23 h 58 et 30 secondes. Elle n’a jamais été aussi proche du gong… Il nous reste 90 secondes. L’annonce a été faite en présence de Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande, Tsakhiagiin Elbegdorj, ex-président de la Mongolie et quatre membres du Bulletin of the Atomic Scientists.

    Depuis 1947

    Cette horloge a été créée en 1947, au moment de la Guerre froide et de la course à l’armement nucléaire, pour « avertir la population sur le degré d’imminence d’une destruction de notre planète à cause des technologies dangereuses fabriquées par l’Homme ». Parmi les scientifiques de ce comité, Albert Einstein lui-même. Le message est clair : plus l’heure se rapproche de minuit, plus le risque de notre extinction est élevé, rappelle le Huffington post.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’UE va réexaminer la suspension des droits de douane avec l’Ukraine

    L’UE va réexaminer la suspension des droits de douane avec l’Ukraine

    La Commission européenne réfléchit à la possibilité de reconsidérer la suspension spéciale de tous les droits de douane et contingents tarifaires sur les exportations agroalimentaires ukrainiennes au cours des prochaines semaines, après que les États membres ont critiqué l’afflux de produits agricoles d’Ukraine qui désavantage les agriculteurs de l’UE.

    Le régime actuel de libéralisation temporaire des échanges commerciaux, qui est en vigueur pour un an et qui prévoit la suspension des droits de douane et des contingents tarifaires sur les importations agroalimentaires en provenance d’Ukraine, a été approuvé en un temps record par les législateurs de l’UE à la suite de l’invasion russe toujours en cours. Sa révision est prévue pour juin 2023.

    Tandis que près de la moitié des produits agricoles ukrainiens ont été libéralisés lors de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange approfondi et complet (DCFTA) entre l’UE et l’Ukraine en 2016, le reste des produits a fait l’objet d’une période transitoire de libéralisation commerciale jusqu’en mai 2023.

    À l’époque, la proposition sans précédent de suspendre les droits d’importation sur tous les produits agricoles avait été jugée cruciale pour stimuler l’économie ukrainienne et contribuer à l’intégration progressive du pays dans le marché intérieur de l’UE.

    Cependant, la Commission se prépare déjà à reconsidérer cette disposition en réponse à la « pression accrue » des États membres suite au succès de l’initiative des couloirs de solidarité de l’exécutif européen, selon une source participant à une réunion préparatoire lundi (23 janvier) en vue de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE.

    L’initiative des couloirs de solidarité, lancée en mai 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, comprenait des mesures visant à faciliter l’exportation de produits agricoles ukrainiens par toutes les voies possibles.

    Presque un an après le déclenchement de la guerre, ces mesures se sont avérées efficaces : en décembre, un total de trois millions de tonnes de céréales ukrainiennes a été exporté via les couloirs de solidarité, selon l’exécutif européen.

    Ce succès s’est toutefois révélé être une arme à double tranchant : l’afflux massif de céréales en provenance d’Ukraine a causé des tensions chez ses voisins de l’UE.

    Par exemple, en septembre, les producteurs de céréales roumains ont prévenu que l’afflux de céréales ukrainiennes via les couloirs de solidarité les poussait au bord de la faillite. Plus récemment, des plaintes similaires ont été également formulées par d’autres pays voisins tels que la Pologne.

    Par conséquent, selon la source, les délégations de ces pays voisins — y compris la Pologne, la Hongrie et la Roumanie — ont souligné la nécessité de lutter contre l’impact négatif de ces importations sur les pays voisins de l’Ukraine et sur la compétitivité de leurs agriculteurs. Certains parmi eux ont même demandé une compensation.

    Les délégations ont également exprimé leur soutien à l’idée de reconsidérer l’accord douanier pour certaines céréales importées d’Ukraine, notamment au regard des contrôles des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS), et ont souligné le risque potentiel d’importation de céréales contaminées.

    Le représentant de la Commission a souligné l’importance des couloirs de solidarité, mais les délégations ont reconnu que cette disposition constitue un « défi pour nos agriculteurs ».

    En conséquence, le représentant a déclaré que l’exécutif européen réexaminera ces couloirs de solidarité au cours des prochaines semaines. Il a également ajouté que le prochain sommet UE-Ukraine du 3 février sera une « opportunité » de parler de la coopération et du soutien de l’UE à ce pays déchiré par la guerre.

    Pas d’unanimité sur le recours à la réserve de crise

    Le représentant de la Commission présent à la réunion mentionnée a saisi l’occasion pour évaluer les réactions des États membres à l’idée d’utiliser la réserve de crise de la Politique agricole commune (PAC) de l’UE pour soutenir les agriculteurs de pays comme la Pologne ou la Roumanie qui sont au bord de la faillite en raison de l’afflux massif de céréales en provenance de leur voisin en guerre.

    Cette réserve de crise est un fonds doté de 450 millions d’euros qui peuvent être utilisés pour financer des mesures exceptionnelles visant à contrer les perturbations du marché affectant la production ou la distribution des produits agricoles.

    L’idée d’utiliser cette réserve a déjà été avancée par le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, mais son activation nécessite l’accord de tous les ministres de l’Agriculture de l’UE.

    Janusz Wojciechowski – Commissaire européen à l’agriculture ©CE

    Selon la source au sein de la réunion, un certain nombre de pays — dont la Finlande, la Lettonie, la Hongrie, l’Estonie et la République tchèque — ont salué l’activation de la réserve agricole et voudraient voir celle-ci activée « dès que possible ». En revanche, la Slovaquie a déclaré qu’elle était ouverte à l’idée, mais que cette dernière nécessitait une réflexion approfondie.

    Néanmoins, un certain nombre d’autres pays ont exprimé leur opposition à l’idée, notamment la France, les Pays-Bas et le Danemark. L’Italie demeure « sceptique » et Malte a exprimé des inquiétudes quant à l’insuffisance de la somme face au défi à relever.

    Le représentant de la Commission a conseillé aux États membres de procéder avec prudence, notant que nous sommes encore au début de l’année et ainsi, les pays de l’UE devraient être « prudents et laisser des ressources suffisantes pour le reste de l’année/les problèmes potentiels ».

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 26.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 26.01.23

    Bonjour à tous, ce jeudi 26 janvier dans le flash des Français de l’étranger on revient sur le Qatargate à Bruxelles, puis on fait le point sur la mobilisation contre la réforme des retraites. 

    Des eurodéputés français mis en cause 

    Pier Antonio Panzeri, le cerveau présumé du scandale du Qatargate, devrait livrer à la justice belge de nouveaux noms d’eurodéputés allemands, français et italiens, selon l’avocat de l’eurodéputée grecque actuellement incarcérée Eva Kaili. M. Panzeri a passé un accord avec la justice belge pour révéler les détails du scandale en échange d’une peine moins lourde.

    Qatargate
    Qatargate

    72% des Français contre la réforme des retraites 

    Ce n’est peut-être pas le K.O., mais le coup est très rude pour l’exécutif. Le nouveau sondage Elabe « L’Opinion en direct » montre que l’opposition des Français au projet de réforme des retraites est en très nette hausse. Une semaine après la première journée de grève nationale, le soutien à la mobilisation connaît lui aussi une hausse spectaculaire. De surcroît, l’action du président de la République et de sa Première ministre est largement désavouée par l’opinion. Enfin, l’enquête montre une bascule inquiétante pour le gouvernement : il perd le soutien des retraités.

    Manifestation en janvier 2023 à Paris contre la réforme des retraites

    Au Quai et à l’AEFE on est aussi prêts à reconduire le mouvement

    Mardi prochain, le 31 janvier , les intersyndicales du Ministère des Affaires étrangères et de l’AEFE ont décidé de suivre l’appel à la grève contre la réforme des retraites. De nouveau, les écoles, les Lycées comme les consulats seront donc fermés, on s’attend même à un renforcement de la mobilisation, ce qui entraînera encore plus de fermetures de classes ou d’accueils consulaires.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash de la semaine. Bon jeudi à tous !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Rencontre avec le fondateur de Skiptax

    Rencontre avec le fondateur de Skiptax

    La détaxe vit une révolution depuis quelques années. Grâce à des applications, la détaxe est désormais facile et rapide ! On a rencontré le fondateur de Skiptax, la première application française, Raphael Salama.

    Ecoutez le podcast avec Raphael Salama

    La détaxe, c’est quoi ?

    La vente en détaxe est une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le prix de biens achetés par des personnes de passage en France et ce quelle que soit leur nationalité, car ce qui compte c’est le lieu de résidence. Cette exonération était soumise cependant à conditions :

    • que le magasin la propose (ce qui est assez rare finalement)
    • résider hors de l’Union européenne
    • l’achat dans un seul établissement doit être supérieur à 100 € TTC

    Toutes les marchandises à caractère touristique vendues pour être transportées hors de l’Union européenne (UE), dans les bagages personnels de l’acheteur, sont concernées.

    Skiptax ouvre les potentiels

    Depuis l’arrivée des applications comme Skiptax, les règles sont optimisées pour « redonner le contrôle aux consommateurs« .

    Comme nous l’explique Raphael Salama, grâce à l’app de détaxe, désormais tous les magasins sont accessibles (les démarches ne se faisant plus au niveau des boutiques), tous les achats sont, aussi, éligibles quel que soit le montant (le cumul des achats, doit, cependant, être toujours supérieur à 100 euros), et la paperasse disparait.

    La méthode est simple, il suffit de scanner les factures d’achat (bien penser à les demander au nom de Skiptax) dans l’app et Skiptax prépare immédiatement les bordereaux qui seront réunis dans un simple code-barres qu’il suffira de scanner dans les bornes prévues à cette usage dans les aéroports internationaux (les fameuses bornes « Pablo »). Précisons que Skiptax est la première application agréée par les douanes françaises, un gage de sécurité et de respect des règles.

    Bornes Pablo à la Gare du Nord (Paris) dans l’espace réservé aux voyages vers le Royaume-Uni ©AFP

    Un remboursement rapide

    L’autre gros avantage avec Skiptax c’est la rapidité du remboursement de la TVA payée en France. Avant Skiptax, il fallait transmettre en plus des bordereaux, des factures, vos coordonnées bancaires… Puis il fallait attendre que les services fiscaux vous remboursent.

    Avec Skiptax, c’est désormais en 24h à 48h ouvrées après votre sortie du territoire, à condition de bien avoir scanné votre code-barres dans les bornes « Pablo » présentes dans les aérogares (ou à la Gare du Nord si vous vous rendez au Royaume-Uni), que vous serez remboursé soit sur votre compte bancaire, ou pour ceux qui sont dans une zone SWIFT, vous pouvez demander un versement sur votre compte PayPal pour plus de rapidité. Skiptax vous avance les fonds et se charge, par la suite, de les récupérer auprès des services fiscaux.

    Quel coût ?

    Comme toutes les entreprises, les applications de détaxe ont besoin de financement. Dans la détaxe, le principe est simple, c’est une commission sur le montant remboursé. Dans le cas général, 80% de la TVA vous est viré (soit une commission maximum de 20%). Mais avec Skiptax, on peut faire grimper ce taux à 100% rapidement. L’application, à travers ses programmes de fidélité ou de parrainage, vous offre la possibilité de recevoir l’intégralité de la TVA reversée par les douanes françaises.

  • Reconnaître au peuple iranien le droit à se défendre contre la tyrannie

    Reconnaître au peuple iranien le droit à se défendre contre la tyrannie

    Voilà désormais 4 mois que le peuple iranien crie « Mort à Khamenei » et « Mort au tyran, qu’il soit roi ou dirigeant » dans les rues du pays. Aucune des 31 provinces du pays ne fait exception. En chiffres, ce sont 282 villes touchées pour 750 personnes tuées (dont 620 ont été identifiées par les Moudjahidines du peuple) et au moins 30 000 personnes interpellées. Jamais un soulèvement n’avait pris autant d’ampleur depuis la prise du pouvoir par la révolution islamique en 1979 !

    Le dynamisme de la révolution

    Le dynamisme de ce soulèvement et sa poursuite sur une aussi longue période malgré une répression inédite reposent sur deux forces motrices. Tout d’abord, un mécontentement généralisé ; chômage, inflation, pauvreté de 80% de la population, corruption systémique du gouvernement, oppression des femmes, oppression des minorités religieuses et ethniques… Soit, le résultat sans concession de l’œuvre d’un régime médiéval pendant plus de 40 années.

    La prospérité économique, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect des droits fondamentaux, entre autres, nécessitent des réformes, terme totalement incompatible avec l’essence même du système Velayat e-Faqih et qui le fait se désagréger. C’est pourquoi ce régime n’est même pas capable de revoir sa position sur le hijab obligatoire. Hassan Rohani et Mohammad Khatami, deux mollahs apparemment modérés qui furent en leur temps appelés à la présidence du pays, n’étaient qu’une vitrine pour rendre ce régime acceptable.

    Jeu dur et jeu doux

    Il n’y a pas d’éléments modérés ! Et toute tendance à la réforme au sein de ce régime signifie son renversement. La focalisation des slogans sur Khamenei montre cette vérité. Le peuple iranien ne veut pas seulement abolir le hijab obligatoire. Avec l’aide des unités de résistance sur le terrain et du CNRI à l’extérieur du pays, il veut renverser le régime satanique basé sur l’autorité religieuse. C’est là que se situe la seconde force motrice de ce soulèvement.

    Pendant 40 ans, la communauté internationale a été trompée par le jeu entre “les durs et les doux“ au sein de ce régime, ou bien peut-être a-t-elle choisi de se tromper elle-même contre la promesse de bénéfices à court terme. Ce jeu a été fondamentalement inventé par Khomeini et Khamenei, les deux seuls vrais dirigeants du pays depuis 1979. Le peuple iranien, lui, ne s’y trompe pas. D’ailleurs, lors du soulèvement de 2018, les jeunes insurgés scandaient : « Fondamentaliste, réformateur, fin de l’histoire. »

    Pour stopper le soulèvement, le pouvoir doit nécessairement désactiver l’une des deux forces motrices. Puisque le régime n’est pas en mesure d’éliminer le mécontentement, c’est-à-dire de créer la prospérité économique et de répondre aux besoins culturels et politiques de la société, il a concentré tous ses efforts sur le deuxième facteur, la résistance organisée, afin de stopper le dynamisme du soulèvement.

    A l’étranger, le régime a activé ses cellules dormantes et ses lobbies pour travailler contre la résistance. Depuis 40 ans, en calomniant la résistance et en la discréditant, le régime a voulu dire qu’elle n’est pas une alternative viable, et que nous devrions donc nous satisfaire de ce régime.

    Le secret de la poursuite du soulèvement

    Les unités de résistance qui ont été formées en 2013 par les moudjahidines du peuple, ennemis jurés de Khomeiny, jouent un rôle décisif dans la poursuite du soulèvement. Le régime tente d’ailleurs principalement d’arrêter les membres des unités de résistance, qu’il appelle des leaders. Ces unités de résistance ont joué un rôle très important dans les soulèvements de 2018 et 2019. Mais cette fois, leur impact a eu des répercussions bien plus grandes et elles ont pris une autre dimension. Les UR sont devenues une organisation d’avant-garde dans tout le pays.

    Soulèvement dans une ville de province en Iran en décembre 2022 ©AFP

    Bien sûr, la pandémie a freiné la montée en puissance des UR dans le pays. En jouant le jeu de “la politique de la grande perte“ pendant l’épidémie Covid, Ali Khamenei a misé sur l’extinction progressive des mouvements de protestations initiés en 2018 et 2019. C’était sans compter sur la confiance toute nouvelle qui habitait les Unités de Résistance. Elles ont su maintenir la flamme contestataire vaillante. Il a ensuite suffi d’une étincelle pour que la société iranienne s’embrase : la mort de Mahsa Amini.

    Depuis, les UR jouent leur rôle à la perfection : garantir la poursuite des soulèvements, élargir la contestation au pays tout entier, organiser les manifestations et les actions contre le régime, protéger au mieux les révolutionnaires des forces répressives gouvernementales. Preuve de leur efficacité, un ordre confidentiel du Corps des gardiens de la révolution islamique daté du 19 octobre 2022 fait état des inquiétudes exprimées face à l’augmentation des « actions des unités de résistance ».

    Afin de faire face aux forces répressives de l’ennemi et d’ouvrir la voie au soulèvement, les UR ont mené plus de 1 500 opérations contre le régime, dans 282 villes. De nombreux centres et symboles gouvernementaux ont été incendiés et les voies d’approvisionnement de l’ennemi ont été fermées. On compte également plus de 4 000 “autres pratiques“ des UR, des tags aux actions sur le terrain pendant les manifestations, des bannières dans les cortèges aux affiches devant les caméras en passant par tous les slogans sur les routes. Malgré les arrestations généralisées, ces différentes actions ont connu une croissance de 500 %.

    L’expansion des UR dans tout l’Iran leur a permis de former des protestations locales et partisanes dans différentes villes et même dans les grandes villes en même temps, empêchant ainsi la concentration des forces répressives. Et c’est ainsi que le soulèvement a continué. Si le soulèvement n’avait pas de direction et d’organisation, comment aurait-il pu survivre aussi longtemps sous la répression sévère des mollahs sauvages, qui ne renoncent à aucun crime ni à aucune ruse ?

    La peur a changé de camp

    Aujourd’hui, tous les signes et symptômes indiquent que la situation ne reviendra pas à l’équilibre d’avant septembre 2022. Pour autant, Ali Khamenei ne ménagera pas ses efforts et continuera à réprimer jusqu’à sa dernière seconde sur le trône.

    En interne, de nombreuses autorités religieuses et des commandants du CGRI ne le soutiennent plus. Des mollahs comme Abdullah Nouri, l’ancien ministre de l’Intérieur, Morteza Moqtadaei, le procureur général et l’ancien chef de la Cour suprême, Mohaghegh Damad, l’ancien chef du département de l’inspection générale et d’autres encore ont déjà protesté publiquement contre le guide suprême Ali Khamenei.

    La peur a clairement changé de camp. De nombreux athlètes et artistes ont rejoint aujourd’hui les rangs de l’opposition. Et malgré les arrestations généralisées, de nouvelles personnes rejoignent chaque jour les rangs du soulèvement. La communauté internationale, qui avait l’habitude d’investir dans la stabilité de ce régime, a presque perdu tout espoir aujourd’hui. En bref, le potentiel du soulèvement n’a pas disparu et il s’intensifiera avec l’augmentation de la répression.

    Le but de la révolution

    Le peuple iranien rejette toute forme de dictature. Le slogan de la mort au dictateur, qu’il s’agisse d’un roi ou d’un leader, exprime le même sens. L’objectif est d’établir une république démocratique, fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les hommes et les femmes, un Iran non nucléaire et des Iraniens en paix et en amitié avec leurs voisins. La vision de l’Iran futur dans le programme en dix points de Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne, a été soutenue par de nombreux parlements partout dans le monde. L’Iran de demain sera une république démocratique !

    Pour autant, le régime actuel ne saurait disparaître sous la pression de simples manifestations. Il réprimera jusqu’au dernier jour. De fait, le droit légitime d’autodéfense du peuple et la résistance de l’Iran doivent être reconnus. C’est un droit naturel que personne ne peut enlever au peuple, par ailleurs reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et dans les constitutions de nombreux pays.

  • Pour une épargne européenne plus verte ! 

    Pour une épargne européenne plus verte ! 

    La transition énergétique nécessitera chaque année et jusqu’au milieu de ce siècle des milliers de milliards de dollars d’investissement afin d’atteindre la neutralité carbone et de limiter autant que possible le réchauffement de la planète. Parce qu’elle est l’autre face de l’investissement, l’épargne a un rôle d’aiguillon à jouer dans cette révolution afin de concilier réduction des émissions de gaz à effet de serre et efficience financière. Les ressources financières étant rares tout comme celles de la planète, elles se doivent d’être utilisées judicieusement. 

    La France dispose d’un atout en la matière avec un savoir-faire financier de premier ordre. Ses banques et ses compagnies d’assurances figurent parmi les plus performantes d’Europe. Selon l’Autorité des Marchés Financiers, les actifs des fonds et mandats gérés en France s’élevaient à 4 450 milliards d’euros fin 2021. En 15 ans, ce montant a été multiplié par deux. Grâce aux engagements des établissements, à la pression des Organisations non gouvernementales ainsi que celle des pouvoirs publics et en premier lieu de la Commission européenne, les gestionnaires d’actifs contribuent au financement d’activités durables. 

    Certes, certains pourraient regretter que seulement 1 080 fonds répondent aux exigences les plus élevées de l’Union européenne en matière de protection de l’environnement et soient en tant que tels classés comme fonds vert foncé (dits « fonds article 9 » du Règlement SFDR pour « Sustainable Finance Disclosure Regulation »). Plus du tiers des fonds sont, de leur côté, classés comme verts (« article 8 »). De réels progrès ont été enregistrés sur le terrain des classements avec par ailleurs une appétence plus importante de la part des épargnants à souscrire à ce type de placements. 

    Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, avec l’entrée en vigueur des normes européennes SFDR de niveau 2, les sociétés de gestion doivent préciser dans leurs documents d’information les données sur la durabilité des investissements réalisés. 

    Dès l’année prochaine, la directive européenne NFRD (Non Financial Reporting Directive) qui encadre les déclarations de performance extrafinancière des sociétés européennes sera remplacée par une nouvelle directive, plus ambitieuse, appelée « CSRD » (Corporate Sustainability Reporting Directive).

    Créer un Livret vert ? 

    Face à cette orientation de l’épargne en cours, est-il nécessaire de créer, en France, un nouveau livret d’épargne réglementée, un « Livret vert » ? Le Livret de Développement Durable et Solidaire flèche déjà une partie de l’épargne de court terme en faveur des entreprises qui investissent afin de réduire leur empreinte carbone ou qui s’engagent dans l’économie solidaire. Les Livrets d’épargne réglementée qui sont des placements à court terme drainent des sommes importantes, soit plus de 800 milliards d’euros d’encours, sachant que la transformation de ressources de court terme en crédits à long terme est par nature coûteuse. 

    S’il est urgent de réaliser au plus vite les infrastructures nécessaires à la transition énergétique, leur amortissement s’effectuera sur une longue période. L’épargne à mobiliser doit l’être tout autant. L’aversion aux risques des ménages rendrait le financement de la transition énergétique impossible, justifiant de passer par des formules d’intermédiation administrée. 

    Des « obligations » vertes ?

    Depuis plusieurs années, les Français ont accepté de prendre plus de risques avec leur épargne. La proportion des unités de compte dans la collecte de l’assurance vie atteinte depuis un an avoisine les 40 %. Plus de 3,7 millions de Français ont souscrit un Plan d’Épargne Retraite qui est par définition un produit de long terme. Le nombre de Plans d’Épargne en Actions est en constante augmentation et a dépassé les 5 millions en 2022. Les épargnants français sont de plus en plus matures et responsables. 

    Le financement de la mutation verte ne peut s’appréhender qu’à l’échelle de l’Europe. Face aux États-Unis dont le gouvernement entend privilégier leurs entreprises dans la bataille écologique qui est lancée, l’Union européenne se doit de disposer d’outils de financement à la taille de son économie. 

    Les États de la zone euro ont créé la monnaie unique mais le marché financier unifié reste à construire. Depuis la crise des dettes souveraines, la tendance est plutôt à la segmentation des marchés financiers.

    La création d’un grand marché financier 

    Face au défi de la décarbonation, l’Union européenne pourrait émettre des obligations vertes dans le prolongement des émissions obligataires réalisées dans le cadre de son plan post-covid. Ces obligations concourront au renforcement de l’euro et limiteront les risques de divergence des économies et de taux au sein de l’Union. 

    La création d’un grand marché financier rassemblant les différentes places financières nationales augmenterait la profondeur du marché, et réduirait les coûts d’émission et de gestion. Elle offrirait aux épargnants une gamme plus large de produits et aux entreprises des moyens de financement plus importants.