Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de la semaine. Ce vendredi 20 janvier, on parle du succès du mouvement contre la réforme des retraites en France et à l’étranger, on revient sur les difficultés rencontrées par nos compatriotes entrepreneurs au Royaume-Uni et pour finir on évoque la convention nationale sur la fin de vie et le webinaire du député Frédéric Petit.
Grande mobilisation contre la réforme des retraites
Plus de 2,5 millions d’agents de la fonction publique étaient en grève en France ce jeudi et près de 2 millions de Français étaient dans les rues. Ils furent nombreux aussi à se mobiliser hors de France. La quasi totalité des consulats n’étaient pas accessibles hier, de même pour les établissements scolaires avec des taux de participation à la grève allant de 55% pour les contrats locaux à Pékin à 100% en Colombie quel que soit le type de contrats. Interrogé par lesfrancais.press, Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France rappelle que plus que l’âge de départ c’est le nombre d’années de cotisation qui pose problème, en effet, les professeurs venant de France sont de plus sous contrats locaux, en disponibilité de la fonction publique, et donc ne cotisent plus au système français. Une double peine pour ces derniers.
Au Royaume-Uni, les entrepreneurs français font le dos rond
Après le Brexit, la pandémie, c’est un climat social difficile qui grève l’économie britannique. Que ce soit dans les salons de coiffure, les restaurants ou dans les librairies françaises, le constat est le même, l’inflation frappe les coûts et la chute du pouvoir d’achat des résidents au Royaume-Uni, et rendent donc l’équation comptable difficile. Pour l’instant, aucun n’envisage une fermeture mais si la situation se pérennise, les faillites s’imposeront.
Choisir sa fin de vie
Voilà un droit qui est limité en France. Emmanuel Macron a lancé une convention nationale pour se pencher sur l’euthanasie et autres soins palliatifs. Parmi les 175 Français tirés au sort pour y participer aucun n’est issu de l’étranger. Frédéric Petit, le député des Français d’Europe centrale, a donc décidé de lancer sa propre consultation. La première conférence a eu lieu le 18 janvier, vous pouvez retrouver le replay sur le site Lesfrancais.press ou sa chaîne YouTube.
C’est tout pour aujourd’hui, passez un bon week-end, on se retrouve lundi !
La CGT a annoncé 2 000 000 de manifestants mobilisés contre la réforme des retraites en France ce jeudi. Pour rappel, lors de la mobilisation du 5 décembre 2019, le syndicat avait décompté 250.000 personnes. Cette mobilisation, on la retrouve chez les Français de l’étranger dépendant du système public français. Professeurs, personnels administratifs, diplomates, ils furent nombreux à « débrayer » ce jeudi 19 janvier. Des chiffres qui permettent aux syndicats de préparer sereinement les prochains jours de mobilisation.
Vous aviez rendez-vous aujourd’hui au consulat ? Il y a de fortes chances qu’il fût annulé. Aux quatre coins de la planète, les délégations consulaires ou diplomatiques étaient fermées au public.
Une situation peu conforme aux usages de la profession, qui est souvent discrète. Mais le gouvernement, après avoir voulu réformer le statut de diplomate en juin 2022, ne bénéficie pas de la bienveillance du personnel diplomatique qui s’oppose à l’allongement de la durée de cotisation comme au report de l’âge légal.
Les organisations syndicales devraient appeler leurs membres à poursuivre le mouvement lors des prochaines journées de mobilisation prévues dès la fin de semaine prochaine.
A l’AEFE, une forte mobilisation mondiale
Que ce soit à Pékin, où 55% des contrats locaux étaient en grève et 64% des détachés, ou en Grèce avec 82% des résidents qui ont participé au mouvement, ou en Colombie où tous les employés, locaux ou détachés, étaient en grève, l’opposition à la réforme des retraites est importante comme nous le confirme, Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France.
« Nous sommes satisfaits de cette première journée. Il y aura des suites rapides vu le succès de la mobilisation. Nous suivrons les consignes de l’intersyndicale. La mobilisation fut générale comme à Dakar où le personnel de vie scolaire s’est joint au mouvement »
Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France
Des mobilisations qui ne laissent planer aucun doute sur la poursuite du mouvement. L’intersyndicale de l’AEFE devrait s’aligner sur les prises de positions nationales.
« On suit totalement l’appel national, on veut le retrait de la réforme. En plus du report de l’âge, on combat le report de l’augmentation du nombre d’années de cotisation, ce qui est impacte fortement les enseignants qui font des études. Avec 43 années, de nombreux professeurs devront travailler à 67 ans. »
Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France
Si les professeurs, mais pas que, se mobilisent autant, c’est qu’ils sont frappés par une double sanction. En effet, depuis 2017, le nombre de fonctionnaires détachés dans les établissements français ne cesse de chuter au profit d’un recrutement des mêmes personnes sous contrat local. Mais sous ce statut, les personnes concernées ne cotisent plus au système de retraite. L’allongement de la durée de cotisation, combinée aux longues études non-comptabilisées dans les trimestres, pousseront donc les enseignants à travailler bien au delà des 64 ans annoncés.
« En plus pour les Français de l’étranger, il faut rappeler que de nombreux professeurs sont en contrat local, donc en disponibilité de la fonction publique, suite aux coupes budgétaires depuis 2017, ainsi ils ne cotisent pas pour la retraite pendant leur mission. Là aussi l’augmentation du délais de cotisation obligatoire est impactant »
Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France
Macron confiant
Emmanuel Macron est à Barcelone pour un sommet franco-espagnol ce jeudi. Interrogé sur la mobilisation contre la réforme des retraites, le chef de l’État a jugé « bon et légitime que toutes les opinions puissent s’exprimer ».
« Je fais confiance aux organisateurs pour que cette expression légitime de désaccord se fasse sans trop de désagréments pour nos compatriotes et sans débordements ni violences »
Emmanuel Macron à Barcelone
Sur place, il sera pourtant confronté aussi à la mobilisation. Les représentants des personnels du Lycée français de Barcelone ont décidé de boycotter la réception prévue dans leur établissement où le Président de la République ira à la rencontre de la communauté des Français de l’étranger. Il n’est pas à l’abri d’actions alors qu’à Barcelone, les taux de grévistes furent, là aussi, importants : 83% au primaire, 71% au secondaire.
Mobilisation au Lycée Français de Barcelone ce 19 janvier 2023
Une convention citoyenne sur la fin de vie a été inaugurée le 9 décembre 2022 à Paris par Elisabeth Borne. Elleavait été annoncée le 13 septembre 2022 par le Président de la République Emmanuel Macron. 175 citoyens ont été tirés au sort pour y participer et ainsi débattre autour de l’intérêt de changer ou pas la loi existante (Claeys-Leonetti) qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté en France. Pour ce faire, ils devront répondre à la question suivante : « Le cadre de l’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits? ». Les délibérations seront rendues en mars 2023. Malheureusement, aucun Français de l’étranger ne participe à ces travaux.
Entendre les Français de l’étranger
Une situation qui peut sembler dommageable pour notre pays, les Français de l’étranger, riches de leur expérience dans leur pays de résidence, pouvaient apporter un angle différent à ce débat. Un risque d’enfermement dans une vision franco-française que le député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des pays des Balkans, Frédéric Petit, a décidé d’écarter en donnant la parole à ses administrés.
Un sujet à la portée universelle
Mais le thème de la fin de vie va bien au-delà des seuls Français installés dans la circonscription du député Frédéric Petit. En effet, parmi les Français de l’étranger, nous sommes nombreux à envisager un retour en France pour nos vieux jours, mais aurons-nous la possibilité de choisir notre « fin de vie » ?
Soins palliatifs, encadrement, assistance mais aussi euthanasie sont donc les sujets évoqués dans ce webinaire que nous vous invitons à regarder pour bien comprendre les enjeux de cette convention nationale. Frédéric Petit est accompagné de Catherine Vincent, ancienne journaliste au Monde et spécialiste de ces sujets, afin de répondre aux questions de nos compatriotes.
Regardez le webinaire avec Catherine Vincent et Frédéric Petit
Au Royaume-Uni, l’inflation est galopante à 10,7%. Le pays vit une récession ainsi qu’une crise économique et des grèves à répétition. Que pensent les entrepreneurs expatriés ? Nous sommes allés à leur rencontre.
Pour Hélène Berard, Avocate et Managing Director de la firme d’avocats Berard & Lovell Solicitors, les Français “investissent moins (pour moins de frais généraux, comme les bureaux, moins de nouvelles embauches pour certains postes moins essentiels, moins d’expansion…). Tous ont augmenté les prix de leurs services/produits depuis le printemps/été 2022.”
Chez La Page
Pour Isabelle Lemarchand, directrice de la Librairie française La Page à South Kensington, “en tant que business, nous sommes effectivement affectés de deux façons par la vague d’inflation et la crise de l’augmentation du coût de la vie.«
L’ impact direct de l’inflation sur l’augmentation des coûts
Les prix des produits qu’ils commercialisent augmentent chez leurs fournisseurs. Cela affecte particulièrement les produits de papeterie, les jeux, les accessoires. En plus de l’augmentation annuelle régulière, ils subissent de nombreuses et importantes augmentations pendant l’année, sans préavis.
Cela touche aussi les autres coûts variables et particulièrement le transport (à la fois au départ des fournisseurs et à destination des clients), auxquels il faut rajouter les autres frais fixes (électricité, réparation, chauffage).
Enfin, les frais de personnel sont aussi en augmentation comme nous l’indique la gérante de la libraire : « nous nous sommes engagés à protéger notre personnel des difficultés actuelles, donc nous suivons les augmentations de salaires. »
L’ impact de l’inflation sur les clients
En plus des problèmes liés à la tenue d’une entreprise, les clients ont moins de revenus disponibles, donc se retiennent plus sur les dépenses de loisirs. Ainsi, à la librairie, comme ailleurs, les consommateurs sont mécontents et frustrés des augmentations éventuelles que les commerces doivent pratiquer, et les en tiennent pour partie responsables. Il en résulte que les clients cherchent d’autres moyens de se procurer des livres, dans le cas de la librairie, que nous avons interviewée.
« Bien sûr, nous essayons de faire face à ces défis en améliorant en permanence le service client, en organisant des événements … Mais l’effet cumulatif est que nous devons travailler de façon beaucoup plus complexe et difficile pour assurer notre survie.”
Isabelle Lemarchand, directrice de la Librairie française La Page
Chez Margaux Salon
Margaux Cras, directrice de Margaux Salon souffre aussi de l’impact de la crise au Royaume-Uni.
“Les commerces de la high street souffrent énormément. Les salons de coiffures ont une consommation en énergie très élevé. Nous ne pouvons pas pour autant doubler nos tarifs. Nous faisons du coup très attention avec la consommation de stock et chaque décisions financières sont longuement réfléchies. Nous avions augmenté nos prix de 8% afin de pouvoir augmenter les salaires de tous nos employés de 8% aussi. Notre priorité est notre équipe et nous voulons être sure qu’ils puissent surmonter cette crise avec moins de difficultés. Nos marges sont réduites mais nous passerons cette crise comme nous avons passe Brexit et la pandémie.”
Margaux Cras, gérante d’un salon de coiffure à Londres
Dans un restaurant à South Kensington
Arthur, chef et propriétaire de Quinta, est un autre entrepreneur dans le quartier français de la capitale du Royaume-Uni qui souffre de la crise actuelle.
“En effet, l’inflation nous affecte à tous les niveaux. Alors que l’augmentation du coût des matières premières nous a forcé à augmenter nos prix de vente, c’est avant tout les charges de personnel qui nous impactent. La concurrence est rude. En période post Covid, le Brexit nous prive de notre meilleure main d’œuvre. Nos employés, du barista aux directeurs, qui subissent également l’inflation et l’augmentation des taxes, ont besoin de stabilité financière, et cela au détriment de nos profits. Cela nous pousse à redoubler d’efficacité, à repenser chaque étape de notre chaîne de production. Il serait facile de réduire les coûts en opérant comme les grosses chaînes, en introduisant la commande à une borne ou en réduisant la qualité de nos produits. Nous souhaitons cependant faire face à la situation sans négliger ce qui nous définit : une nourriture de qualité, fraîche et savoureuse, accompagnée d’un sourire généreux.”
Arthur, chef et propriétaire de Quinta
Toutes les entreprises
L’impact de la crise économique au Royaume-Uni touche sans doute de nombreux restaurants, entrepreneurs et banques françaises mais le Premier Ministre Britannique Rishi Sunak a promis de réduire de moitié l’inflation qui monte en flèche.
Plusieurs expats se demandent s’il est temps de retourner dans l’Union Européenne ou d’avoir une proximité plus forte avec l’Europe comme le souhaite le Maire de Londres, Sadiq Khan, que les Français apprécient avec son slogan “London is Open.”
Le radar, la propulsion des avions à réaction, la conquête de l’espace? ont été enfantés par la Seconde Guerre mondiale. Internet est le produit de la guerre froide et de la multiplication des ogives nucléaires, les militaires américains souhaitant disposer d’un réseau de communication décentralisé capable de résister à une attaque russe. Les dépenses militaires peuvent donc être génératrices de gains de productivité pour l’ensemble de l’économie, en raison de leurs effets induits sur l’innovation. Elles expliqueraient en partie l’écart de croissance entre les États-Unis et l’Europe.
Le complexe militaro-économique des États-Unis, un système gagnant/gagnant ?
Les États-Unis ont développé depuis la Seconde Guerre mondiale un puissant secteur militaire dont les innovations sont rapidement exploitées par le secteur civil du fait d’une forte intégration des entreprises privées aux programmes d’armement. Plusieurs agences catalysent cette recherche aux États-Unis dont la « Defense Advanced Research Projects Agency » (DARPA – Agence pour les projets de recherche avancée de défense). Cette dernière, créée en 1958, est rattachée au département de la Défense des États-Unis et est chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire. Sa naissance est intervenue après le lancement du satellite soviétique Spoutnik en 1957 qui a été considéré comme un affront pour les autorités américaines.
La DARPA a été à l’origine du développement de nombreuses technologies notamment l’ARPANET, devenue Internet avec le « oN-Line System » (système en ligne) qui a permis l’essor des liens hypertextes et qui est à l’origine des interfaces graphiques. L’agence est également à la base du processus de géolocalisation par satellites (GPS).
Drone chien opérationnel financé par la DARPA
En 1958, les activités en lien avec l’espace furent transférées à la NASA. En 1960, celles liées au renseignement satellitaire furent placées sous l’autorité du National Reconnaissance Office (NRO). La DARPA conserva néanmoins un rôle majeur dans la coordination des différentes recherches. Dans les années 1970, l’agence consacra une part importante de son budget aux projets d’avions furtifs (projet Tacit Blue) à l’origine de l’avion de chasse Lockheed Martin F-117. La DARPA fut impliquée dans le développement des commandes de vol électriques maintenant utilisées par les avions civils ainsi que dans le recours de matériaux composite. Elle commença à travailler sur les drones dès la fin des années 1960. Elle est actuellement engagée dans la réalisation de projets de missiles hypersoniques afin de combler le retard pris par les États-Unis sur la Russie ou la Chine.
Si ces dernières années, les découvertes de la DARPA sont de moindre ampleur que dans le passé, les liens avec le privé sont, en revanche, de plus en plus importants. L’agence s’est par ailleurs spécialisée dans la recherche médicale.
Les dépenses militaires ont-elles un rôle important pour la Recherche & Développement ? Au sein de l’OCDE, aucune corrélation n’apparaît clairement. La Suède, l’Allemagne ou la Finlande consacrent plus de 2,5 % du PIB à la R&D tout en ayant des dépenses militaires inférieures à 1,7 % du PIB (moyenne 2002/2022). A contrario, la France a, sur la même période, un budget militaire qui avoisine les 2 % du PIB, tout en ayant des dépenses de R&D inférieures à 2,2 % du PIB. Le Royaume-Uni? tout en étant le pays européen qui réalise l’effort le plus important pour la défense (2,4 % du PIB en 2020), se caractérise par des dépenses de R&D faibles (1,8 % du PIB). Les États-Unis ont tout à la fois par un niveau élevé de dépenses militaires (3,8 % du PIB) et un niveau important de R&D (2,8 % du PIB).
Quand la dépense militaire dope la productivité !
Sur une longue période, une corrélation positive se dessine entre dépenses militaires et productivité par tête. De 2002 à 2022, la productivité par tête des États-Unis a progressé de 45 %, contre 15 % pour le Royaume-Uni et 12 % pour la France. Seules la Suède et la Nouvelle-Zélande ont enregistré des gains de productivité importants (respectivement +30 % et 22 %) avec un effort militaire faible. La Corée du Sud qui a un budget militaire de grande ampleur ne dégage pas des gains de productivité supérieurs à la moyenne de l’OCDE.
En revanche, la Chine, le Vietnam et l’Indonésie se caractérisent par des gains de productivité importants et un effort militaire qui l’est également. Les dépenses militaires n’expliquent pas à elles seules les résultats en termes de productivité mais leur importance peut influer sur la structure économique des États.
La force du secteur industrialo-militaire aux États-Unis qui bénéficie d’importantes subventions contribue sans nul doute à l’essor des hautes technologies dans ce pays. L’existence d’une forte concurrence entre les entreprises joue également un rôle non négligeable. En Europe, le marché de la défense demeure segmenté malgré les récentes avancées en ce qui concerne le futur avion de chasse. La faible taille de l’industrie de défense ne permet pas de générer des synergies comme aux États-Unis ou en Chine.
L’ancien eurodéputé italien Pier-Antonio Panzeri, « cerveau » du Qatargate, a accepté de collaborer avec la justice belge afin de faire la lumière sur le scandale qui secoue actuellement le Parlement européen.
Étant donné que M. Panzeri devra livrer la vérité afin d’obtenir une peine limitée, les responsables européens s’interrogent déjà sur l’identité du prochain coupable et sur l’institution européenne qui sera concernée par les prochaines révélations de l’Italien.
Mardi (17 janvier), M. Panzeri a reconnu sa participation au système de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc mis en place au sein même du Parlement ainsi que son rôle de supervision dans cette affaire. Hier, le parquet fédéral a annoncé qu’il a signé « un mémorandum avec le procureur fédéral en vertu des articles 216/1 à 216/8 du Code d’instruction criminelle », selon l’agence de presse Belga.
Le parquet a indiqué que M. Panzeri avait signé un « accord de repenti » et qu’il collaborerait avec les autorités en échange d’une réduction de peine. Il devrait écoper de 5 ans de prison (dont un an ferme) ainsi que d’une amende de 80 000 euros. Ses avoirs saisis, estimés à un million d’euros selon le parquet, devraient également être confisqués (notamment les 60 000 euros trouvés à son domicile).
M. Panzeri devra expliquer en détail aux autorités belges le fonctionnement de l’organisation, ses structures et les paiements effectués, ainsi que l’implication éventuelle d’autres personnes ou pays dans cette affaire.
Le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen a déjà été sévèrement touché par le scandale du Qatargate. En effet, outre l’ancien eurodéputé socialiste M. Panzeri, l’eurodéputée et vice-présidente du Parlement, la socialiste Eva Kaili, ainsi que son partenaire Francesco Giorgi, ont également été incarcérés.
Le 10 décembre 2022, M. Panzeri, qui venait d’être arrêté dans le cadre des enquêtes sur le Qatargate, a accusé le socialiste Marc Tarabella — vice-président de la Délégation du Parlement pour les relations avec la péninsule arabique (DARP) — d’avoir reçu des « cadeaux » du Qatar.
Le domicile du Belge avait été perquisitionné le lendemain et aucune somme d’argent n’y avait été trouvée. M. Tarabella n’avait donc pas été arrêté. Il avait toutefois été suspendu de son parti national, le Parti socialiste (PS, Wallonie), et s’était lui-même suspendu du groupe S&D au Parlement européen pour toute la durée de l’enquête.
Mardi, une révélation du journal L’Écho a causé une nouvelle onde de choc. Le 10 décembre dernier, lors de son audition, M. Panzeri aurait déclaré à la justice belge qu’il avait versé entre 120 000 et 140 000 euros en espèces à M. Tarabella pour le récompenser d’avoir pris « certaines positions » en faveur du Qatar.
L’avocat de M. Panzeri, Laurent Kennes, a déclaré hier soir sur le plateau de la RTBF que « l’une des raisons » pour lesquelles son client avait souhaité s’exprimer est qu’« il sait qu’il a trahi la confiance de certaines personnes », notamment l’eurodéputée belge Marie Arena (S&D), de qui il était « très proche » et qui a également été évoquée par la presse dans le cadre du Qatargate. « Il citera son nom pour dire qu’elle n’avait strictement rien à voir avec [le système de corruption] et qu’il n’aurait jamais osé lui proposer quoi que ce soit », précise l’avocat.
Concernant les révélations de son client sur M. Tarabella, Maître Kennes souligne que « l’information provient d’une fuite » et qu’il ne peut pas « communiquer sur le dossier qui est à l’instruction ». « Il est désolant qu’il y ait des fuites qui évoquent le nom de personne qui n’ont même pas encore été entendues », ajoute-t-il.
L’avocat de M. Tarabella, Maxim Toller, maintient que son client n’a rien reçu. « Il faut d’autant plus mettre en doute les paroles de M. Panzeri qu’il parle en échange de quelque chose », estime-t-il, selon Le Soir.
La semaine dernière l’eurodéputée française Manon Aubry (La Gauche) a déclaré sur le plateau de LN24 que M. Tarabella lui avait demandé de mettre fin à son « obsession » avec le Qatar, arguant que le pays avait fait « des progrès ». « Maintenant, je comprends mieux pourquoi Marc m’avait parlé de ce sujet », a-t-elle poursuivi.
La Française avait déjà dénoncé les activités du Qatar au moment d’un vote important sur une résolution relative aux violations des droits de l’homme dans le cadre de la Coupe du monde, ainsi que « le lobbying agressif du Qatar ».
Une source proche du dossier a déclaré que des eurodéputés du précédent mandat du Parlement européen étaient également visés. Des rumeurs suggèrent toutefois que des personnes appartenant à d’autres institutions européennes chargées de la libéralisation des visas pourraient également être dans la ligne de mire des autorités.
Mardi (17 janvier), Pier Antonio Panzeri a reconnu sa participation au système de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc mis en place au sein même du Parlement ainsi que son rôle de supervision dans cette affaire. Hier, le parquet fédéral a annoncé qu’il a signé « un mémorandum avec le procureur fédéral en vertu des articles 216/1 à 216/8 du Code d’instruction criminelle », selon l’agence de presse Belga. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]
Exclusion du groupe S&D et levée d’immunité parlementaire
Mardi, avant les dernières révélations, la présidente du S&D, Iratxe Garcia Perez, a demandé à M. Tarabella de s’auto-exclure du groupe et de devenir un membre non-inscrit du Parlement.
Son avocat, Maître Toller, a déclaré que son client ne pouvait pas accepter cette proposition. « S’il était condamné, il serait compréhensible qu’il soit exclu, mais comme il n’est pas inculpé, accusé, et qu’il n’a même pas été entendu, cela semblerait prématuré et injuste », a-t-il déclaré, rapporteL’Écho.
Toutefois, M. Tarabella et l’eurodéputé italien Andrea Cozzolino — ancien président de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb (DMAG), également lié au scandale — seront exclus du groupe s’ils continuent à refuser de s’auto-exclure. « S’ils ne [s’excluent] pas de leur propre initiative, le groupe prendra une décision cette semaine », aurait déclaré Mme Garcia Perez.
En outre, la justice a demandé la levée de l’immunité des deux eurodéputés. La procédure a été lancée lundi (16 janvier) lors de la plénière du Parlement, et une décision devrait être prise avant le 13 février.
M. Tarabella se dit favorable à une levée de son immunité, car il ne se « cachera » pas derrière celle-ci. Une fois son immunité levée, il pourra être entendu par la justice belge.
La commission des Affaires juridiques (JURI) sera chargée de donner un avis sur les levées et aura l’occasion d’entendre les deux députés à huis clos. Manon Aubry sera la rapporteure sur la question, précisaitL’Écho lundi.
L’affaire Eva Kaili
L’eurodéputée grecque Eva Kaili sera à nouveau auditionnée par les autorités belges concernant sa demande de libération le 19 janvier. Reste à savoir dans quelle mesure la décision de M. Panzeri de parler affectera la demande de libération temporaire de Mme Kaili.
À Athènes, les juristes estiment que M. Panzeri pourrait soit nuire davantage soit alléger la situation pour Mme Kaili.
De son côté, cette dernière avait déjà laissé entendre que M. Panzeri avait profité de l’immunité d’eurodéputée dont elle bénéficiait pour dissimuler de l’argent dans son appartement.
Une source proche du dossier a confié à EURACTIV que, en raison des nombreuses accusations auxquelles Mme Kaili fait face, il serait difficile de prouver qu’elle n’était pas impliquée dans le blanchiment d’argent. De plus, aucune procédure de levée d’immunité n’a été nécessaire pour la Grecque puisqu’elle a été prise en flagrant délit, de l’argent ayant été trouvé à son domicile.
Mercredi (18 janvier), en séance plénière, les eurodéputés devraient élire un nouveau vice-président pour remplacer Eva Kailli.
Le PPE se montre prudent
Selon les informations d’EURACTIV, une réunion à huis clos du Parti populaire européen (PPE) a eu lieu en marge de la plénière de décembre 2022 à Strasbourg afin de déterminer l’approche que le parti devait adopter en matière de communication dans le cadre du scandale.
Bien que des appels aient été lancés en faveur d’une « attaque » contre le groupe socialiste, le chef du PPE, Manfred Weber, aurait suggéré une approche plus prudente consistant à « attendre et voir ». Selon une source présente lors de la discussion, M. Weber aurait fait référence aux « responsabilités individuelles » et non à celles des partis politiques dans cette affaire.
« C’était une position officieuse consistant à s’abstenir d’attaquer les socialistes sur cette question », a expliqué une source du PPE à EURACTIV.
Selon nos informations, étant donné que toute la lumière n’a pas encore été faite sur le scandale, le centre droit préfère faire discret au cas où un membre de leurs rangs venait à être cité au cours de l’enquête.
Le « groupe d’amitié » entre l’UE et le Qatar, qui a été immédiatement suspendu après les premières révélations, comprenait également sept eurodéputés du PPE.
Le site web du groupe d’amitié, figurant sur le site de l’ambassade du Qatar, a été supprimé et l’ambassade n’a pas donné suite à une demande d’EURACTIV de fournir la liste complète des participants à ce groupe.
Bienvenue dans un flash dédié à 100% au mouvement de grève contre la réforme des régimes de retraites en France.
A l’AEFE une mobilisation forte est attendue
C’est en tout cas ce qu’annonce l’intersyndicale de l’AEFE. Comme en 2021, certains établissements pourraient être complètement fermés. Pour ceux dont une partie du personnel n’est pas gréviste, un accueil des enfants est organisé. Normalement, tous les parents d’élèves ont dû recevoir un courriel entre lundi et mardi indiquant les modalités de chaque école ou Lycée.
Au ministère des Affaires étrangères on fait aussi grève
Après une première grève en juin 2022, c’est la deuxième fois que le personnel du Ministère des Affaires étrangères se met en grève, la première fois de l’histoire pour une problématique liée aux droits à la retraite. Consulats, ambassades tourneront donc au ralenti ce jeudi 19 janvier.
Ministère des Affaires étrangères
En France, la paralysie s’annonce importante
Transports, Poste, banques, administrations, écoles, tout sera fermé ce jeudi. Le vrai enjeu pour les syndicats sera la mobilisation dans les cortèges. Comme en 95/96, ils espèrent réunir 1 million de personnes dans les rues. Message reçu par les autorités, plus de 10 000 policiers et gendarmes seront déployés à Paris ce jeudi, autant que pour les samedis au pic de la mobilisation des Gilets jaunes.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour faire un point sur la mobilisation et sur la suite du mouvement, déjà 2 nouvelles journées sont prévues la semaine prochaine. Portez-vous bien !
Suite à l’annonce gouvernementale, toutes les organisations syndicales, en France, se sont immédiatement réunies pour construire une réponse commune de mobilisation interprofessionnelle. Celle-ci prendra la forme d’une première journée de grèves et de manifestations le 19 janvier 2023. Les syndicats du Ministère des Affaires étrangères pour la première fois ainsi que ceux des personnes de l’AEFE se joignent, naturellement au mouvement. les Français de l’étranger vont devoir composer ce jeudi 19 janvier entre les consulats fermés et les fermetures de classes dans les établissements scolaires, la mobilisation à l’AEFE s’annonçant importante. On peut s’attendre à un chiffre proche de la grève de novembre 2021.
S’il est facile de décaler une formalité prévue au consulat (même si vu les délais de prise de rendez-vous…), les parents des petits Français de l’étranger vont devoir s’organiser.
Dans leur communiqué commun, les syndicats dénoncent des « mesures brutales et injustes contre nos retraites, dont l’application constituerait une immense régression des droits« . L’occasion pour nous de nous poser la question des implications de cette réforme pour les personnels des établissements scolaires à l’étranger.
Nous nous intéresserons à ceux qui dépendent encore du système français, soit les personnels expatriés ou résidents, qui continuent, donc, à cotiser au système de pension des fonctionnaires. Pour ceux en contrat local, ils peuvent aussi, sous option, choisir de cotiser au système français, souvent plus avantageux que le dispositif local s’il en existe un. La réforme des retraites concerne donc, finalement, une grande partie des salariés des établissements scolaires.
Le gouvernement désire rapprocher les modalités de fonctionnement de la retraite pour les fonctionnaires et les salariés du privé. Pas sur le calcul de la pension qui restera sur les six derniers mois, contre les 25 meilleures années dans le privé, mais sur l’âge de départ à la retraite. Le relèvement de deux ans et l’obligation plus rapide d’avoir cotisé 43 ans pour obtenir le taux plein concerneront bien les trois versants de la fonction publique (territoriale, hospitalière et d’État), donc aussi ceux attachés à l’AEFE ou au Ministère des Affaires étrangères.
Depuis ce mardi 17 janvier, les parents d’élèves reçoivent des mails des établissements leur informant des conséquences du mouvement de grève. Si ces derniers invitent les parents d’élèves à garder les enfants à la maison, des dispositions ont été prises pour accueillir les enfants avec les professeurs s’ils sont présents ou dans les espaces communs sous la surveillance de personnel non gréviste.
Dans la plupart des cas, les activités péri-scolaires sont maintenues, comme la cantine et les transports scolaires. Le plus souvent, ces prestations sont assurées par des associations ou entreprises locales donc non concernées par les réformes en France.
Notre conseil, c’est de vous organiser, car les syndicats, comme en France, s’attendent à une forte mobilisation.
Demain, jeudi 19 janvier 2023, l’Espagne et la France signeront un traité d’amitié à l’occasion d’un sommet bilatéral, à Barcelone (Catalogne). Une nouvelle qui ravit le premier des Français de la péninsule ibérique, le député Stéphane Vojetta.
Traité de Barcelone
À l’occasion de ce sommet, le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, et le président français Emmanuel Macron, signeront «un traité d’amitié et de coopération entre les deux pays qui portera le nom de traité de Barcelone».
Ce traité sera le premier du genre entre Madrid et Paris. Il aura pour modèle celui du Quirinal, signé en novembre 2021 avec l’Italie.
Cependant les indépendantistes au pouvoir en Catalogne, région qui a été le théâtre d’une tentative de sécession en 2017, ont appelé à manifester contre ce sommet et le traité.
H2Med, le pipeline d’hydrogène
Autre enjeu de ce sommet bilatéral, le pipeline dédié à l’hydrogène, H2Med. Il reliera Barcelone à Marseille par la mer et devrait transporter d’ici 2030 de l’hydrogène vert produit à partir d’énergies renouvelables.
Le projet s’inscrit dans la stratégie hydrogène de l’Union européenne et doit permettre d’acheminer de l’hydrogène vert, fabriqué à partir d’électricité renouvelable ou de nucléaire, dans le sens France-Espagne. L’accord de principe mentionnait au départ qu’il pourrait transporter du gaz naturel de façon transitoire, ce qui a suscité l’inquiétude de nombreux observateurs. Ils pointaient du doigt un gazoduc déguisé, et un actif échoué très coûteux – le projet est estimé à 2,5 milliards d’euros. Mais il ne devrait finalement transporter que de l’hydrogène, afin de pouvoir être déclaré « projet d’intérêt commun » et bénéficier de financements européens.
Un député ravi
Pour le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, ce sommet représente l’aboutissement de multiples accords inscrits dans une relation bilatérale forte qui ne fut pourtant pas toujours placée sous de bons auspices.
« Pendant 30 ans, nous avons eu de profonds désaccords. L’agriculture et le terrorisme en sont des exemples. Les deux dernières années, la relation a été très forte, et maintenant nous avons deux dirigeants, Emmanuel Macron et Pedro Sánchez, qui partagent leur génération, leurs visions politiques, gouvernent, construisent des coalitions et tous deux ressemblent à ce que l’Europe doit être. »
Stéphane Vojetta dans un article publié le 16 janvier 2023 dans le journal Vanguardia
Pour lui, le traité ira bien au-delà de l’accord autour du pipeline. Coopération économique et culturelle, interconnexions énergétiques, défense, industrie militaire et citoyenneté seront au menu. Des sujets qui peuvent aussi faciliter la vie de nos compatriotes installés en Espagne.
Concernant le choix de la ville de Barcelone, Stéphane Vojetta rappelle que c’est un choix espagnol. Cependant, il espère que cela marquera le retour de Barcelone dans la normalité.
« … Ramener Barcelone dans un environnement de normalité, et remettre Barcelone à sa place, au centre de la relation bilatérale entre la France et l’Espagne »
Stéphane Vojetta dans un article publié le 16 janvier 2023 dans le journal Vanguardia
Une réception pour les Français de Barcelone
En fin de journée, les services du consulat ont invité 400 Français sélectionnés par les services de l’Élysée à un cocktail durant lequel le Président français fera un discours. Cette réception sera organisée dans le gymnase du Lycée français de Barcelone, établissement scolaire géré directement par l’État français.
Comme souvent le Président de la République va donc à la rencontre des Français résidant dans la ville ou le pays, mais cette fois, les modalités d’organisation sont sujets à de nombreuses critiques. En effet, un des représentants SNES-FSU de l’établissement scolaire nous alerte sur les conséquences de cette réception.
Au sein du Lycée, c’est le gymnase qui a été choisi pour recevoir les convives. Un bâtiment qui souffre depuis « 10 ans » et qui est en attente d’une rénovation qui ne vient pas, faute de financement. Dans l’urgence, depuis ce lundi, le lieu est réquisitionné par la sécurité et le service de communication du Président de la République, provoquant une grande désorganisation dans l’organisation des cours d’EPS.
« Cela chamboule l’organisation des cours d’EPS et en dégrade très clairement les conditions d’enseignement. Là encore, il est assez ironique de voir que ce gymnase va se refaire une beauté en quatre jours alors que cela fait plus de dix ans que des travaux sont supposés avoir lieu afin de le rénover en profondeur.«
Un représentant syndical du corps professoral
Une situation qui pousse les représentants du personnel du Lycée français de Barcelone à boycotter la soirée. En effet, alors que le ministre de l’Education, M. Ndiaye, accompagnera le président de la République, il leur avait été refusé une rencontre avec ce dernier ou un de ses collaborateurs alors que le cadre d’enseignement dans ce Lycée se dégrade depuis de nombreuses années. Cependant, mardi 17 janvier, un rendez-vous a pu être pris, ce qui n’a pas changé la position des représentants du personnel qui seront bien absents à la réception. Une tache sur ce déplacement qui interroge sur la volonté réelle du pouvoir politique d’agir pour les Français de l’étranger.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, rencontre le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et son homologue égyptien, Sameh Shoukry, lors d’une visite en Egypte. Cette visite met fin à un voyage d’une semaine du ministre chinois en Afrique.
Qin Gang, Ministre des Affaires étrangères chinois