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  • Lettre à la France #2. Vanessa Fragoso, Française de Lisbonne : « Je suis née avec des pieds bâtards, je ne suis pas née fixe »

    Lettre à la France #2. Vanessa Fragoso, Française de Lisbonne : « Je suis née avec des pieds bâtards, je ne suis pas née fixe »

    Quel compatriote vivant loin de l’Hexagone n’a jamais été touché par un profond sentiment de nostalgie ?  Vivre loin de sa patrie de naissance c’est, certes s’offrir la possibilité de tracer librement un itinéraire de vie singulier, loin du déterminisme des origines, et se mêler au bouillonnement du monde. Mais vivre loin implique aussi de ressentir le poids de la distance quand on a laissé derrière soi des êtres chers et des terres aimées qu’on ne reverra que pour les vacances ou tout simplement jamais. La nostalgie faite du pincement au coeur de celui ou celle qui est parti n’est jamais loin.

    « De la Lettre à France de Polnareff aux Lettres à la France de Français.press »

    Quand Michel Polnareff écrit en 1977 sa « Lettre à France », il compose une ode languissante au pays qu’il a dû quitter précipitamment quatre ans plus tôt pour vivre en exil aux Etats-Unis. Cette chanson à succès est aussi un hommage à France Gall avec qui Polnareff a connu une idylle malheureuse.

    A l’image de cette missive enflammée devenue célèbre, j’ai voulu interroger des compatriotes sur leur rapport intime à la France, sur leurs amours, souvent à l’origine de leur itinéraire de vie, les faire parler de leurs sentiments liés à une expatriation pas seulement décrite sous l’angle des choix professionnels, mais vécue à travers des anecdotes de vie, des rencontres, des virages négociés ou des bifurcations soudaines.

    J’ai demandé à mes interlocuteurs de rédiger l’ébauche de leur propre « Lettre à la France » et de me fournir la photographie de deux lieux chers et évocateurs, en France et dans leur pays de résidence à l’étranger.

    De cette mosaïque de mots et d’images se dégagent les portraits personnels de ces compatriotes de l’étranger qui forment la mosaïque de la France d’outre-frontière en même temps que les réminiscences de la France d’hier et d’aujourd’hui.

    Vanessa, citoyenne du monde et grande voyageuse 

    Vanessa Fragoso file dans un bus en direction de  la côte Vicentine, son immense littoral préservé à deux heures à peine du Nord de Lisbonne. Elle y a organisé une marche le long de l’océan. Elle qui est chercheuse de métier est aussi chercheuse de vocation au sens où sa quête de vie l’amène à organiser la rencontre des cultures au contact des autres, à plonger au plus profond d’elle-même en écrivant ou en se ressourçant au contact de la nature. Elle sait garder son large sourire aux lèvres même quand la vie devient péripétie. Vanessa est  Française de Lisbonne, engagée dans le monde associatif et culturel, une authentique citoyenne du monde qui semblait toute désignée pour délivrer sa propre lettre à la France cet été.

    Vanessa Fragoso
    Vanessa Fragoso

    Boris Faure : Peux-tu m’expliquer comment se fait ta rencontre avec le Portugal ?

    Vanessa Fragoso : Je pars pour un an en mission en 2006 avec le Ministère des Affaires Etrangères pour le compte du CNRS. Ma vie devient une succession d’allers retours entre Lisbonne et Lille puisque je suis originaire du Nord de la France. Je reste un an et je réussis un concours portugais pour 4 ans de plus comme chercheuse à Lisbonne. Je passe ensuite de l’université de Lisbonne à l’université Evora. Puis on crée une chaire à Montréal sur la culture portugaise. 

    « On réussit à construire un pont entre les cultures francophones et lusophones ! « 

    On réussit à construire un pont entre les cultures francophones et lusophones, un triangle entre la France, le Portugal et le Canada. Je vais bâtir d’autres ponts. Entre la Flandre, l’Espagne, le Portugal, Naples. Culturellement je m’insère également dans le milieu culturel capverdien. Autre pont. J’ai eu aussi une relation très forte avec le Timor sur la valorisation culturelle du pays. J’ai renoué des ponts entre le Portugal et le Timor pour apporter de l’enseignement du français à Timor.

    Tu es fille d’un père qui a une entreprise maritime, peux-tu me parler de ces racines et de ton enfance qui expliquent la personne que tu es devenue ?

    Vanessa Fragoso : J’étais du côté maternel sur la frontière belge, entre deux pays. Les origines de mon père sont portugaises. Je suis née avec des pieds bâtards, je ne suis pas née fixe, je suis née dans le mouvement et dans l’ouverture.

    « Je mangeais avec les marins et les commandants philippins et marocains. »

    J’ai passé beaucoup de temps avec mon père quand j’étais petite sur les navires où il travaillait. Je mangeais avec les marins et les commandants philippins, marocains, j’ai croisé des cultures à travers la gastronomie et les langues. Mon père était proche de la culture capverdienne car les équipages étaient souvent du Cap-Vert. J’ai écouté de la musique brésilienne assez tôt. Cela m’a ouvert vers d’autres horizons. J’ai eu une enfance qui s’épanouissait de tropicalisme. C’est ce qui a fait que je suis allée étudier les pays dans le Sud plutôt que de rester dans les départements d’études du Nord de la France ou de l’Europe. 

    Boris Faure : Tu m’as adressé une photo qui fait penser à l’Eden. Tu peux m’en parler ?

    Vanessa Fragoso : La photo que je t’ai envoyée, c’est une photo des Landes mais qui me rappelle une ville entre Dunkerque et la Belgique, la ville côtière de Leffrinckoucke, où il y a des plages sauvages et où se situait la demeure qui appartenait à ma famille. On y accueillait des chevaux en pension. Des arbres fleuris passaient sur un pont et leurs feuilles tombaient dans le canal. J’ai passé mon enfance parmi cette nature et ces animaux. Quand je pense au Nord je pense au soleil qui se reflète dans l’eau et pas du tout au ciel gris. C’est pourquoi je t’ai transmis cette photo lumineuse. A Lisbonne, j’habite aussi une maison qui donne sur la lagune et sur les dunes, avec un aspect très sauvage.

    Boris Faure : Comment relies-tu ce passé d’une enfant du Nord de la France avec ta vie actuelle ?

    Vanessa Fragoso : J’aime bien faire de mon futur quelque chose qui ne se détache pas de mon passé. Je n’aime pas être en dissonance avec mon passé. Pourtant je suis en divorce avec cette région, c’est un divorce avec le père de mes enfants, mais c’est aussi une séparation morale. Un divorce moral avec mes parents. Les seuls liens actuels avec le Nord ce sont mes enfants qui y vivent. Je m’en détache par nécessité. Je vais voir ma fille et mon garçon tous les mois pour partager des moments ensemble. 

    Je suis en divorce moral avec ma région d’origine !

    Le divorce moral ne m’empêche pas de renouer avec des lieux comme Paris qui m’ont valu une reconnaissance académique, une formation artistique et culturelle française. Beaucoup de mes amis vivent dans le Sud-Ouest pour des questions artistiques et littéraires. Je me retrouve là-bas avec des personnes qui ont beaucoup voyagé. Je garde ce lien complet avec la nature, l’océan et les arts.

    Boris Faure : Tu es aussi engagée avec l’association Français du Monde… 

    Vanessa Fragoso : La rencontre avec Français du Monde se fait avec Arnaud Leroy (NDA : ex Député des Français d’Espagne et du Portugal, élu de 2012 à 2017). Il vient du Nord comme moi. Il y avait les primaires du PS et il fallait choisir. Martine Aubry se présentait et en tant que maire de Lille, c’était le Nord qui revivait à Lisbonne. Il y avait aussi chez les Français du Portugal Mehdi Benlahcen (enseignant au Lycée français de Lisbonne et ex Conseiller des Français de l’Etranger) et Olivier Perrin (Professeur des écoles en poste à Lisbonne). On a formé un petit groupe de militants associatifs. Hollande s’est présenté, il a gagné et Arnaud s’est lancé dans la législative. On a fait la campagne pour Arnaud avec l’étiquette de Français du Monde. Mehdi a pris le relais à la présidence locale de FDM et je suis devenue son bras droit. L’association Français du Monde m’a donné une réellement transversalité. Avec un engagement que j’avais très tôt commencé en France. Dans le domaine éducatif et culturel. A Lisbonne nous avons noué un partenariat avec  l’association « Le 25 avril » qui est une association historique qui défend nos valeurs, qui s’est créée pour dénoncer les atrocités qui ont eu lieu en Afrique. Le siège de cette association était constitué d’un très bon restaurant et d’une galerie d’art. Pendant des années FDM a profité des locaux du 25 avril. FDM m’a permis une ouverture sur le monde. On se suit sur les réseaux sociaux et les comptes WhatsApp. Cela offre une visibilité intéressante dans le monde entier. J’ai été aussi membre du Bureau de la FCPE et j’avais une vision concrète.

    Boris Faure : Et puis il y à l’arrivée d’Emmanuel Macron qui emporte avec lui une partie des militants du PS, c’est le cas d’Arnaud Leroy…

    Vanessa Fragoso : Arnaud Leroy a commencé par l’écologie avant d’être au PS et il place la défense des océans au cœur de son engagement. On a maintenu un très bon rapport personnel jusqu’à ce qu’il devienne porte-parole de Macron. J’ai été une des personnes qui a été la plus dure vis-à-vis de lui. J’ai été très déçue parce que je n’ai pas compris le soutien à une vision économique que nous ne partagions pas. Arnaud avait été frondeur. Le discours de Macron était radicalement différent de ce qu’il était au départ. Mais Arnaud trouve de la cohérence désormais à travers un engagement dans le Sud-Ouest.

    Boris Faure : Tu es surfeuse, tu m’as transmis également une photo de l’océan, peux-tu m’en parler ?

    Vanessa Fragoso : Il y a plusieurs choses dans l’océan. La première c’est l’immersion. On épouse l’océan dans ses humeurs, ses temps, ses rythmes. Dans l’océan on peut passer beaucoup de temps à attendre. Surfer c’est apprécier le temps long des vagues, c’est une forme méditative.

    Boris Faure : Surfer c’est une forme méditative ?

    Vanessa Fragoso : Il y a de la rapidité et de l’adrénaline sur la vague et de la lenteur dans l’attente. C’est ce que j’aime aussi dans l’écriture. Dans la nature l’immersion est propice à se retrouver soi-même. A partir du moment où on fait corps avec ce qui tient de l’essentiel, on ouvre son regard vers l’autre et vers le vivant.

    Boris Faure :  Et enfin, ton rapport à la France, quel est-il ?

    Vanessa Fragoso : Ma France persistante c’est celle de l’altruisme avec qui je maintiens une relation forte. Dans mes combats actuels la France m’aide, il y a une France très bienveillante qui se maintient ; J’ai un divorce avec une partie de la France, seulement. C’est la France bienveillante, forte comme un if, qui m’intéresse. Il y a une France hyper urbanisée et une France qui demeure naturelle, une région comme le Sud-Ouest fait de réels efforts écologiques. La partie morose qui est lourde aujourd’hui ne sera de mon point de vue qu’éphémère. Cela ne peut être qu’un temps et un moment. Il vaut mieux terminer sur des notes d’espoir. Car c’est important de rêver et d’espérer. 

    Sa lettre à la France :

    Il était une fois

    Toi et moi N’oublie jamais ça Toi et moi

    Dans le ciel gris des plages du Nord

    Il me souvient de cette mer amère

    Dans le vent frais de ses lointains remords En divorce, ma vie est étrangère

    J’y ai perdu ma vie J’y ai perdu ma fierté

    Dans les splendeurs de la ville lumière Paris, ouvre les plaisirs enchantés

    A l’appel des Arts, gémit cette mère Je reviendrai près de toi non changée

    J’y ai gagné mon génie, ma gaieté J’y ai gagné ma souveraineté

    J’ai voulu des Landes fleuries, dunaires, J’ai rêvé d’horizons, de l’océan,

    Des lacs aux tons de saphirs, et dedans Le corps des pins, leurs allures légères

    Il était une fois

    Toi et moi N’oublie jamais ça Toi et moi

    Car, en plus des doux songes de l’enfance, J’y ai trouvé le parfum de romances

    Et les échos de ma lagune fière

    Si azur, écumante et forestière

    J’ai senti la tendresse, la pudeur des coeurs J’y ai senti la vertigineuse douceur

    L’étreinte du Sud-Ouest n’a de mystères Musicalement, elle sut me plaire Picturalement, elle m’a nourri

    Littéraire, elle est paradis

    J’y ai embrassé les désirs J’y ai embrassé les plaisirs

    Enfin dans l’air des racines brûlantes Je grandis encore, mes fruits, tant mûris, Accrochent comme une robuste plante A mon origine encore saisissante

    La France,

    Je la fixe de mes yeux fort pensifs, L’imagine persistante comme un if

    Il était une fois

    Toi et moi N’oublie jamais ça

    Toi et moi 

  • Borne III : Olivier Becht confirmé comme ministre des Français de l’étranger

    Borne III : Olivier Becht confirmé comme ministre des Français de l’étranger

    Si Élisabeth Borne a été confirmée à son poste de Première ministre en début de semaine, ce n’est pas le cas de l’intégralité de son équipe gouvernementale. Pour les Français de l’étranger, nous faisons un point sur les principaux changements dans le gouvernement français « Borne III ». Evidemment, on commence par le ministre délégué aux Français de l’étranger, Olivier Becht, nommé en juillet 2022, qui conserve, donc, son portefeuille.

    Olivier Becht confirmé pour les Français de l’étranger

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    Ce mercredi 19 juillet, le cabinet d’Olivier Becht nous transmettait, comme chaque semaine, le programme du ministre délégué aux Français de l’étranger et au Commerce extérieur, comme pour nous faire comprendre qu’Olivier Becht n’était pas sur le départ.

    Et ce jeudi, l’annonce du gouvernement Borne III a donc confirmé que l’architecture du ministère des Affaires étrangères et européennes n’évoluait pas. L’ancienne ambassadrice à Londres, Catherine Colonna, reste en place comme Laurence Boone, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de l’Europe et donc Olivier Becht. Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français du Benelux, chargé des élections européennes pour le parti présidentiel, n’a pas réussi à se faire nommer malgré son intense lobbying à Paris. Peut-être retrouvera-t-il, du coup, le chemin de sa circonscription ?

    Même Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, reste en poste malgré les nombreux déboires qu’elle a rencontrés.

    Gabriel Attal à l’Education nationale

    Gabriel Attal
    Gabriel Attal ©AFP

    Gabriel Attal, 34 ans, va succéder à Pap Ndiaye à la tête du ministère de l’Education nationale, jusqu’alors ministre délégué aux Comptes publics. Il devient le plus jeune titulaire de ce portefeuille qui est le plus gros budget de l’Etat et le premier employeur de France.

    Ainsi, les équipes de Gabriel Attal devront, en collaboration avec l’autorités de tutelle de l’AEFE, le ministère des Affaires étrangères, se pencher sur certaines problématiques de l’agence qui lui sont liées. Et, dans ce cadre, les dossiers ne manqueront pas, les syndicats restent mobilisés pour que les concessions faites à leurs collègues en France en termes de salaires et d’organisation soient aussi appliquées aux professeurs détachés au sein du réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger.

    D’autres sujets comme les déconventionnements, le développement des réseaux privés et le coût de la scolarité pour les expatriés, les détachements dans l’enseignement français à l’étranger, seront aussi sur son bureau.

    Thomas Cazenave au Budget

    Thomas Cazenave ©AFP/Sud-Ouest

    Pour remplacer Gabriel Attal, le député de la Gironde Thomas Cazenave a été choisi pour rejoindre ce nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne en tant que ministre délégué aux Comptes publics.

    Lui aussi aura de nombreux dossiers liés aux Français de l’étranger à traiter : double imposition en Belgique, Italie, Grèce, etc., mais aussi la loi sur la mise en place d’un nouveau statut pour les résidences en France détenues par les expatriés, les fameuses résidences de repli ou d’attache, sans oublier le serpent de mer de la CSG toujours exigée sur les revenus français des Français installés hors de l’Union européenne.

    Prisca Thévenot devient secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national universel

    Prisca Thévenot ©AFP

    La députée Prisca Thévenot devient secrétaire d’État chargée de la jeunesse et du Service national universel et remplace Sarah El Haïry. Elle devra se pencher sur les problèmes rencontrés par les jeunes Français de l’étranger qui veulent vivre cette expérience au service de la Nation.

    Un thème qui était au coeur des propositions d’Emmanuel Macron pour les jeunes Français de l’étranger lors de la campagne présidentielle de l’année dernière.

    Aurore Bergé, nouvelle ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées 

    Aurore Bergé ©AFP

    Aurore Bergé occupait jusqu’ici le poste de cheffe de la majorité à l’Assemblée nationale. La députée des Yvelines née en 1986 débute sa vie militante en 2002 lors de la fondation de l’UMP. En 2010, la diplômée de Sciences Po Paris tente sans succès de s’emparer de la présidence des « Jeunes Pop’», l’organisation de jeunesse du parti.

    Après un échec aux Municipales de 2014 à Magny-les-Hameaux (Yvelines), elle intègre la garde rapprochée d’Alain Juppé lors de la primaire en 2016, avant de rejoindre celle d’Emmanuel Macron en février 2017.

    Engagée pour la défense de l’IVG et pour le mariage pour tous, à contre-courant de son parti, Aurore Bergé se décrit comme « libérale, progressiste, féministe et européenne ».

    Le ministère de la Ville pour une proche du couple Macron

    Sabrina Agresti-Roubache ©AFP

    Sabrina Agresti-Roubache entre au gouvernement en tant que ministre chargée de la Ville. Elle remplace Olivier Klein, l’ancien maire de Clichy, ministre du logement, portefeuille dans lequel on retrouve les prérogatives liées au ministère de la Ville. Elle se retrouve, donc, en charge d’apaiser les banlieues françaises quelques jours après une nouvelle séquence d’émeutes. Notons que depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, c’est la première fois qu’un ministère de la Ville de plein exercice est mis en place.

    Cette très proche du couple Macron est devenue députée des Bouches-du-Rhône en 2022. Productrice, elle a notamment planché sur la série Netflix Marseille.

    Un nouveau gouvernement au travail

    Au coeur de la moiteur estivale, un Conseil des ministres est programmé demain vendredi à 10 heures, a indiqué l’Elysée. 

    Traditionnellement organisé le mercredi, celui d’hier avait été annulé pour cause de remaniement imminent et n’avait pas été reprogrammé ce jeudi. Son organisation demain matin laisse penser que le chef de l’Etat veut envoyer le signal d’un gouvernement au service des Français et pleinement au travail pour eux.

    Les « grands ministres » restent en place

    Si le remaniement a eu lieu, les grands équilibres ont été respectés. Ainsi Gérald Darmanin reste ministre de l’Intérieur, tout en étant promu ministre d’Etat. De même pour Bruno Le Maire qui conserve la tête de Bercy et sa place de numéro 2 du gouvernement. Seul rescapé de la société civile, Eric Dupont-Moretti est maintenu au ministère de la justice comme Garde des Sceaux. Notons que Roland Lescure, élu en 2017 et 2022 député des Français d’Amérique du Nord, reste chargé de l’Industrie.

  • La canicule met sous pression les services de santé dans le monde

    La canicule met sous pression les services de santé dans le monde

    Dans une conférence de presse, ce mercredi 19 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé a partagé ses inquiétudes pour les systèmes de santé, mis sous pression par la situation.

    « Les chaleurs extrêmes exercent une pression accrue sur les systèmes de santé »

    Communiqué de presse de l’OMS

    La chaleur entraîne des risques concrets pour « les personnes âgées, les nourrissons, les enfants« , « ainsi que les pauvres et les sans-abris« . Des troubles qui peuvent exacerber des troubles déjà existants, et, au pire des cas, entraîner des décès prématurés.

    En France, le gouvernement rappelle les « précautions » à prendre

    Dans une publication partagée ce mercredi 19 juillet, le ministère de la Santé et de la prévention fait le point sur les « précautions » à prendre lors des fortes chaleurs.

    Boire suffisamment d’eau, fermer les fenêtres et volets en journée, mouiller régulièrement son corps, ne pas boire d’alcool, éviter les activités physiques…

    Alpes-Maritimes : les urgences mises sous tension

    Dans les Alpes-Maritimes, la température a largement dépassé les 40°C. Résultat, les médecins du CHU de Nice estiment devoir s’occuper de « 25 à 30 patients supplémentaires » chaque jour. Insuffisance cardiaque ou respiratoire, déshydratation… Les pathologies sont directement liées à l’épisode météorologique.

    Des « nuits tropicales » relevées en altitude dans les Alpes du Sud

    Les communes situées dans les massifs alpins sont aussi concernées par la canicule, avec des températures élevées relevées en pleine nuit.

    Qualifiées de « nuits tropicales », les températures ne sont souvent pas descendues en dessous des 20°C dans les communes situées à plus de 1500m d’altitude. Météo-France souligne des températures restées « remarquablement élevées ».

    Marseille : les piscines municipales rendues gratuites jusqu’à la fin « de l’épisode caniculaire »

    Dès ce mercredi, la ville de Marseille rend l’accès aux piscines municipales gratuit. L’annonce a été faite mardi par Benoît Payan, le maire de la ville.

    « Pour vous aider face à la canicule, les piscines municipales de Marseille seront gratuites dès aujourd’hui pour toutes et tous, et jusqu’à la fin de l’épisode caniculaire ! »

    Benoît Payan, le maire de Marseille

    Météo-France prévoit des températures allant jusqu’à 37°C ce mercredi dans la cité phocéenne. Les Bouches-du-Rhône sont toujours en vigilance orange.

    Illustration d’artiste

    En Allemagne, les responsables de la santé publique proposent l’adoption de la sieste en été

    Une tradition des pays chauds bientôt introduite en Allemagne : la sieste. Johannes Niessen, le directeur de l’association des responsables de la santé publique, a déclaré en interview que les travailleurs allemands devraient suivre les habitudes de leurs homologues des pays chauds.

    « Lorsqu’il fait chaud, nous devrions suivre les méthodes de travail des pays du Sud : se lever tôt, travailler de manière productive le matin et faire la sieste à midi. C’est un concept que nous devrions adopter pendant les mois d’été »

    Cette déclaration auprès du média RedaktionsNetzwerk Deutschland fait déjà débat sur place.

    52° en Chine

    La Chine, où la température a dépassé 52° dimanche dans la région du Xinjiang, a vu arriver dans la nuit de lundi à mardi son premier typhon de l’année, Talim, qui a frappé la province méridionale de Canton avant de se transformer en tempête tropicale. Tôt mardi, il a touché terre une deuxième fois et s’est déplacé dans la région du Guangxi.

    Espagne : des nuits suffocantes

    En Espagne, les régions de la Catalogne et de l’Aragon dans le nord-est, ainsi que l’île méditerranéenne de Majorque, étaient en alerte pour des températures comprises entre 42 et 44°C, avec des records battus dans certaines villes dont Tolède où la température a atteint mardi 42,9°C, du jamais vu pour un mois de juillet.

    En sus, les nuits sont chaudes, avec des températures ne descendant pas en dessous de 25°C dans certains endroits, a déclaré l’agence météorologique nationale AEMET.

    En Grèce, une dizaine d’incendies sont encore actifs

    Mardi, une cinquantaine de feux se sont déclenchés en Grèce en l’espace de 24h, sur l’ensemble du territoire. Ce mercredi, une dizaine d’entre eux sont encore actifs.

    Les températures extrêmes constatées dans le pays, couplées à des vents forts, pourraient attiser les braises ou déclencher de nouveaux départs de feu.

    Les renforts français en Grèce arrivent ce mercredi soir à Athènes

    Gérald Darmanin a promis l’envoi de renforts aux pompiers grecs, issus de la Sécurité civile, ils devraient arriver ce mercredi soir à Athènes, aux environs de 20h. Ils devraient être présents sur place pendant 72h, et de retour dans l’Hexagone vendredi. Une durée qui pourrait être prolongée.

    Les moyens envoyés par la France sont uniquement aériens, avec 2 canadairs et 18 personnes. Les renforts français ne seront pas mobilisés au sol, au contact des flammes.

    Italie : la Sardaigne et la Sicile vont frôler les 47°C

    L’Italie est aussi en proie à des chaleurs extrêmes ce mercredi. Selon BBC Weather, les îles italiennes de Sardaigne et de Sicile seront confrontées aujourd’hui à des pics de 46 ou 47°C. Mardi, à Rome, la capitale, un record de 41,8°C a été relevé. Ce sont au total 23 villes placées ce mercredi en alerte maximale chaleur.

    À cette température, l’Homme encourt des risques pour sa santé, pas uniquement les groupes vulnérables. Le ministère de la Santé locale a activé un plan d’urgence, similaire à celui connu pendant la Covid, comme le rapporte la BBC.

    USA : Dix-neuf jours consécutifs à 43 degrés à Phoenix

    Aux Etats-Unis, Phoenix, dans l’Arizona, devait connaître ce mardi une dix-neuvième journée consécutive à plus de 110° Fahrenheit (environ 43,3° Celsius), une série inédite.

    Ces conditions météorologiques extrêmes favorisent les feux de forêt, comme en Grèce ou en Suisse, mais aussi les risques d’orage, comme dans le Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, où ils pourraient s’abattre sur des sols déjà gorgés d’eau par de récentes pluies torrentielles et provoquer de nouvelles inondations.

  • Voyageons sur les routes du monde avec TV5MONDEplus

    Voyageons sur les routes du monde avec TV5MONDEplus

    Traversant les paysages les plus remarquables de la planète et offrant, souvent, des points de vue exceptionnels, certaines routes du monde laissent un souvenir impérissable au voyageur. 

    De la Russie aux routes du vin, d’Ouest en Est, du Nord au Sud, suivez TV5MONDEplus, la seule plateforme francophone gratuite et disponible dans le monde entier, sur les plus beaux chemins du globe.

    Après un début de mois de juillet immersif sur votre média francophone, on continue avec 6 documentaires. Vous y découvrirez les saveurs d’Afrique, les joies d’un road-trip en van au Canada, sans oublier la découverte des vignobles qui s’épanouissent désormais dans le Nord.

    Sur la route des saveurs d’Afrique

    53′ – documentaire – Réalisation : Sacha Benitah (France, 2021)

    Sacha Benitah est journaliste. Pendant quatre mois, il parcourt 6 000 kilomètres à bord d’un voilier en Méditerranée, traverse le Maroc en auto-stop, la Mauritanie sur un train de marchandises, le Sénégal à moto… L’occasion de découvrir de nouveaux visages, des lieux et des recettes pittoresques.

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    Immersion : Paris-Alger à pied avec Debbraah World

    022 – 24′ – magazine documentaire RTS (Suisse) – Avec Sacha Porchet

    Avez-vous déjà pensé à tout quitter pour réaliser un défi fou ? Rencontre avec Mehdi Debbrah, alias Debbraahworld sur les réseaux sociaux. Son challenge : Paris-Alger à pied. On l’accompagne durant 24 heures.

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    Les Canadiens errants

    2017 – Saison 1 – magazine documentaire – Radio Canada (Canada)

    D’un bout à l’autre du Canada, ils sont les visages de l’itinérance. À la manière d’un road-movie, Vincent Audet-Nadeau suit le quotidien de Pascal, Robert, Jacques, Willy-Michou… Il recueille leurs confidences et porte un regard humain sur leurs souffrances. Portraits croisés.

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    La belle vie avec Go-Van

    2021 – 13X24′ – magazine documentaire – TV5 Québec Canada – Avec Julien Roussin Côté

    À bord de son van, Julien sillonne le Canada à la recherche de gens qui vivent pleinement en possédant moins. Des histoires d’individus, couples, familles et communautés qui ont fait le choix de vivre autrement. Nomades ou sédentaires, ils ont tous choisi un mode de vie alternatif.

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    Des Suisses à Moscou

    2018- 4 épisodes x 43′- documentaire – RTS ( Suisse)

    Les portraits croisés de six Suisses installés à Moscou. Que viennent-ils chercher dans la capitale russe ? Ils racontent les charmes et les difficultés de la vie moscovite.

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    Sur la route des vins du Nord

    2021- 53′ – Documentaire

    Maximilien de Wazières est exploitant agricole dans les Hauts-de-France. Aujourd’hui, comme d’autres avant lui, il veut devenir vigneron. Une idée saugrenue ? Non. Depuis quelques années, le réchauffement climatique et l’évolution de la réglementation européenne redistribuent les cartes : on peut désormais commercialiser du vin produit dans le Nord.

    https://www.tv5mondeplus.com/login
  • Le monde se sépare-t-il en deux blocs ? 

    Le monde se sépare-t-il en deux blocs ? 

    Après la deuxième grande vague de mondialisation, entre 1990 et 2010 – la première datant de la fin du XIXe siècle – le monde semble revenir à une logique de blocs avec, d’un côté, les pays de l’OCDE emmenés par les États-Unis, et de l’autre, les pays émergents emmenés par la Chine et la Russie. Les échanges entre les deux blocs demeurent importants en raison du rôle occupé par la Chine dans les échanges mondiaux. Néanmoins, depuis plusieurs années, ces échanges ne progressent plus voire régressent. 

    Cette évolution sur fond de retour du protectionnisme répond-elle à une nouvelle partition idéologique du monde ou à une logique économique, l’Occident étant entré dans un cycle de stagnation voire de déclin quand les pays émergents sont encore en forte croissance ? Les échanges à l’intérieur des deux grands blocs se renforcent depuis le début des années 2010. Les exportations de l’Amérique du Nord vers les autres pays de l’OCDE sont passées de 4,7 % du PIB sur la période 2002/2009 à 8,6 % du PIB sur la période 2017/2023. Les exportations de l’Europe vers les autres pays de l’OCDE sont passées de 5,6 % à 7 % du PIB. Enfin, celles du Japon, de l’Australie, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande vers les autres pays de l’OCDE sont passées de 2,4 % à 5,3 % du PIB.

    Un différentiel de croissance favorable aux pays émergents

    Dans le même temps, les pays émergents ont accru leurs échanges entre eux. Cet essor intervenu essentiellement entre 2017 et 2023, est lié à la mise en place aux États-Unis de mesures protectionnistes mais aussi à un différentiel de croissance favorable aux pays émergents. La croissance des exportations des pays de l’OCDE vers la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil ne s’élève plus qu’à 5,9 % en rythme annuel entre 2017 et 2023 quand elles étaient de 18,8 % entre 2002 et 2009. La croissance des exportations des pays émergents précédents vers ceux de l’OCDE est également en recul. Elle s’élevait à 9,6 % en rythme annuel entre 2017 et 2023, contre 18,2 % entre 2002 et 2009. Les pays émergents commercent davantage entre eux car leur croissance est plus élevée que celle de l’OCDE.

    La montée du protectionnisme conduit à une régionalisation du commerce mondial 

    Par ailleurs, la montée du protectionnisme conduit à une régionalisation du commerce mondial. L’Europe qui avait joué la carte de la Chine et de la Russie, ces dernières décennies, est contrainte de réorienter à grande vitesse ses échanges. 

    L’Allemagne est la plus exposée aux évolutions géopolitiques de ces derniers mois. Dépendante pour son énergie de la Russie, l’Allemagne a profité d’un accès, à faible prix, à une énergie abondante. Les embargos décidés par l’Union européenne et la Russie l’ont contrainte à rechercher de nouveaux fournisseurs avec, à la clef, une forte augmentation des coûts de production. Le durcissement des relations avec la Chine qui en quelques années est devenue son premier partenaire pénalise l’industrie automobile allemande ainsi que celle de la machine-outil. 

    L’Europe est donc de plus en plus tiraillée entre l’alignement commercial avec les États-Unis qui assure une grande partie de la sécurité face à la tentation hégémonique russe et un non-alignement lui permettant de commercer librement avec la Chine.

  • Elisabeth Borne confirmée comme Première ministre

    Elisabeth Borne confirmée comme Première ministre

    La Première ministre, Elisabeth Borne, confortée à Matignon par Emmanuel Macron, va proposer des « ajustements » dans son gouvernement au chef de l’État.

    Élisabeth Borne « souhaite des ajustements » pour son gouvernement et les proposera « cette semaine » au président, a appris BFMTV auprès de Matignon, peu après avoir été confortée à Matignon par le chef de l’État.

    « L’objectif des 100 jours a été tenu et le calme est revenu. Le 14-Juillet a été un succès. La loi de programmation pour la Justice a été votée mardi soir à l’Assemblée nationale après le vote définitif de la loi de programmation militaire. Le pays avance. L’exécutif doit travailler et préparer la rentrée »

    L’entourage du président de la République à l’AFP.

    Prime à l’échec ?

    À peine maintenue et déjà cible des critiques. Des élus de La France insoumise et du Rassemblement national tancent Emmanuel Macron ainsi qu’Élisabeth Borne, après que le président de la République a choisi de confirmer sa Première ministre à Matignon au nom de « la stabilité » et du « travail de fond« .

    Les Insoumis voient en cette décision un choix par défaut. « Personne ne veut monter sur un bateau qui coule« , glisse Mathilde Panot, la cheffe du groupe parlementaire, avant que son collègue Aurélien Saintoul ne renchérisse dans une métaphore similaire.

    « Ce n’est plus un gouvernement, c’est le radeau de la Méduse ! »

    Aurélien Saintoul , député LFI

    Borne présentera le budget 2024

    Le document fixant le plafond d’évolution des crédits pour chaque mission assumée par l’État a été transmis au Parlement, ce dimanche 16 juillet. Il prévoit une baisse des dépenses de l’État de 4,2 milliards d’euros, annonce le ministre délégué chargé des comptes publics Gabriel Attal, une première depuis 2015.

    « Le budget 2024, c’est le budget du désendettement vert »

    Gabriel Attal, ministre du budget au journal Les Echos ce 18 juillet

    Et c’est donc Elisabeth Borne qui tentera de faire passer ce budget à l’Assemblée nationale alors qu’elle ne dispose pas de majorité. Une épreuve qui risque de laisser des traces et entraîner la chute de la Première ministre. Pour certains observateurs, c’est la difficulté de la tâche à venir qui a poussé le Président de la République à ne pas nommer un nouveau Premier ministre afin de préserver la capacité d’action d’Emmanuel Macron jusqu’en 2027.

    Quid des Français de l’étranger ?

    Concernant l’avenir d’Olivier Becht au gouvernement, selon nos sources, rien n’a encore été tranché même si les difficultés rencontrées dans la gestion du déficit chronique du commerce international pourraient mettre le ministre au Commerce extérieur et aux Français résidant hors de France sur la sellette.

    Eléonore Caroit, P-A Anglade, Amélia Lakrafi

    Du côté des entrants, les rumeurs se sont intensifiées depuis hier autour du cas du député des Français du Benelux, Pieyre-Alexandre Anglade (Renaissance). Ce dernier, déjà chargé de la campagne du parti présidentiel pour les élections européennes, joue des coudes pour obtenir un siège dans le nouveau gouvernement.

    Une autre personnalité, Eléonore Caroit, une jeune femme entre Europe et Amérique du Sud et députée pour ce continent, pourrait décrocher un périmètre comme symbole de modernisation. Enfin, on parle aussi d’Amélia Lakrafi, députée des Français d’Afrique de l’Est et du Moyen-Orient, à la Francophonie.

  • Retour sur une année de politique des Français de l’étranger 2022/2023

    Retour sur une année de politique des Français de l’étranger 2022/2023

    Tout au long de l’été, nous allons vous proposer une série dédiée aux faits et événements qui ont marqué la vie des expatrié(e)s du mois de juillet 2022 à juin 2023. Au coeur de notre ligne éditoriale, vous le savez, on retrouve la vie politique des Français de l’étranger. Ensemble, nous avons suivi l’actualité des élus consulaires, de nos sénateurs et députés sans oublier notre nouveau ministre délégué aux Français résidant hors de France, Olivier Becht.

    Juillet 2022 : un nouveau ministre, Olivier Becht

    Olivier Becht a été nommé ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, le 04 juillet 2022 dans le gouvernement d’Elisabeth Borne suite à la réélection d’Emmanuel Macron.

    Cet Alsacien, ancien de Science-Po et énarque, a découvert l’expatriation lors de son stage à l’ambassade de France au Danemark, alors que le pays était chargé de la présidence tournante de l’Union européenne en 2002. De retour en France et diplômé, il s’investit dans son territoire d’origine, en étant élu maire de Rixheim, avant de prendre la vice-présidence du département du Haut-Rhin et d’être élu député depuis 2017, sous la bannière Agir (anciens UMP/LR qui ont décidé de rejoindre Emmanuel Macron dès 2017). Sa nomination lui permet d’accéder à son premier poste ministériel.

    Ecoutez l’interview d’Olivier Becht du 11 septembre 2022

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    Blocage sur les cas de double imposition

    Les cas de double imposition se multiplient actuellement ! De nombreux Français, de toutes catégories sociales : retraités, fonctionnaires, salariés ou investisseurs, se retrouvent dans cette situation inconfortable et lourde psychologiquement à vivre.

    Double imposition
    Double imposition

    Que ce soit en Allemagne, en Belgique, en Espagne ou en Italie sans oublier la Grèce, les Etats européens ont du mal à s’accorder sur le partage des recettes fiscales liées aux expatriés. Dans le collimateur, les revenus issus de la fonction publique, que ce soit en tant qu’actifs ou en tant que retraités. En effet, le plus souvent, les conventions prévoient que ce soit l’Etat qui émet le salaire ou la pension qui fiscalise ledit revenu. Mais en cas de double nationalité, de séjour prolongé, les soucis arrivent.

    Résidence d’attache ou de repli ?

    Début avril, le parcours législatif de la résidence d’attache ou de repli, selon le parti qui porte le projet, fut amorcé par les sénateurs « Les Républicains ». Ce texte prévoit la création d’un nouveau statut de résidence pour les Français de l’étranger, soit une troisième catégorie de résidence en France, entre « principale » et « secondaire ». Si le gouvernement a accueilli favorablement la proposition de loi, il s’est opposé à une généralisation du dispositif. Rappelons que cette idée a germé après l’épisode de pandémie qui a laissé à la porte du territoire national de nombreux compatriotes. Ce statut permettrait d’obtenir des droits similaires aux résidents tant pour les occupants que sur le plan fiscal (et ainsi éviter la taxe sur les résidences secondaires).

    Afin d’avancer sur cette mesure, qui était aussi inscrite dans le programme présidentiel de 2022 sous le terme « résidence de repli », le projet du sénateur LR Ronan Le Gleut lui s’intitule « résidence d’attache », à l’initiative du député des Français de l’Europe centrale et des Balkans Frédéric Petit, Gabriel Attal, le ministre du Budget, a créé un groupe de travail réunissant parlementaires et experts.

    Ecoutez le podcast avec Frédéric Petit

    Frédéric Petit © Céline Theret.

    Ecoutez le podcast avec Ronan Le Gleut

    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    Débat sur le budget 2023 dédié aux Français de l’étranger

    Comme chaque automne lors du débat sur la Loi de Finances, les sénateurs et députés des Français de l’étranger ont déposé de nombreux amendements, nous en avons fait écho tout au long des débats, mais au final, aucun ne fut retenu. 

    A la première lecture du budget, on peut se satisfaire car les budgets dédiés aux Français de l’étranger et aux agences et services connexes ont été augmentés de façon significative, comme le souligne la sénatrice Samantha Cazebonne, tête de file des élus des Français de l’étranger du camp présidentiel (Renaissance).

    Samantha Cazebonne
    Samantha Cazebonne

    Pour l’opposition, l’augmentation du budget est donc liée à des éléments conjoncturels et à des dépenses obligatoires et non à une volonté du gouvernement de soutenir ses citoyens résidant hors de France.

    Un sentiment que partagent de nombreux acteurs de la scène politique et ce alors que tous les amendements soumis par les parlementaires des Français de l’étranger, du camp présidentiel ou non, ont été retoqués par le gouvernement.

    Une aide financière pour les expatriées victimes de violence conjugale

    Associations, travailleurs sociaux, police, acteurs judiciaires, tous identifient un même frein qui complique souvent le départ du domicile des victimes de violence conjugale : le manque de ressources, ou tout du moins une « dépendance financière » vis-à-vis du conjoint violent. Pour donner à la victime « le temps de rebondir, le temps de faire valoir ses droits », la sénatrice des Français de l’étranger Evelyne Renaud-Garabedian (ASFE/LR) a fait adopter lundi 05 décembre un amendement permettant de débloquer une aide d’urgence pour les femmes expatriées qui seraient malheureusement dans cette situation.

    Evelyne Renaud-Garabedian

    Les Français de l’étranger, des fraudeurs ?

    Gabriel Attal a annoncé en mai 2023 que les sanctions seront durcies à l’égard des fraudeurs, notamment « pour les fautes les plus graves » pour lesquelles une « sanction d’indignité fiscale et civique » pourra être prononcée, sous la forme d’une privation de réduction ou de crédit d’impôt ainsi que du droit de vote « pendant une certaine durée », a dit le ministre. Il a également annoncé la création d’un service de renseignement fiscal à Bercy consacré à la lutte contre les grandes fraudes internationales, doté d’une centaine « d’agents d’élite » d’ici la fin du quinquennat, qui utiliseront les techniques de renseignement comme « les écoutes, la captation de données, la pose de balises ».

    La cible des plus fortunés et des multinationales est donc clairement affichée. Elle a aussi des objectifs politiques : l’exécutif prend les devants par rapport à la publication d’une étude explosive de l’Institut des Politiques publiques (Ecole d’Economie de Paris), en collaboration avec la Direction générale des Finances publiques (DGFIP). Attendue à la fin mai, elle devait démontrer que les ultra-riches arrivent à éviter massivement l’impôt. Un évitement lié à des montages d’optimisation fiscale, parfois à la limite de la légalité. En mettant l’accent sur les grandes fortunes, Bercy veut aussi faire taire les critiques sur les « cadeaux » aux plus aisés et aux grandes entreprises, au début du premier quinquennat Macron. 

    Gabriel Attal
    Gabriel Attal

    Les nouvelles mesures de lutte contre la fraude fiscale et douanière

    Le plan dévoilé par le gouvernement précise les objectifs et les moyens qui seront mis d’ici 2027 pour lutter contre la fraude fiscale et douanière :

    • Les effectifs du contrôle fiscal et de la lutte contre la fraude fiscale seront augmentés de 15% d’ici la fin du quinquennat, soit 1 500 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires. 
    • Création d’un Conseil de l’évaluation des fraudes, présidé par le ministre délégué chargé des Comptes publics et qui rassemblera les administrations compétentes, des personnalités et experts qualifiés et des parlementaires. Ils s’assureront de la fiabilité des estimations produites. 
    • Restauration de la douane à la fois dans ses pouvoirs de constatation des infractions sur le terrain, mais aussi dans ses prérogatives d’investigation contre les trafics.
    • Création d’une cellule de renseignement fiscal avec plus de moyens contre la dissimulation d’avoirs à l’étranger dans les paradis fiscaux et les entités opaques comme les trusts, le recours à des cabinets de défiscalisation et l’optimisation abusive des grandes multinationales.
    • Création d’une initiative internationale en faveur de la transparence fiscale afin de partager plus rapidement et efficacement les informations utiles entre États. 
    • Renforcement de la capacité de l’administration à détecter et sanctionner les prix de transfert abusifs des multinationales
    • Extension du modèle de la « police fiscale » à toutes les fraudes aux finances publiques

    Des législatives partielles en avril 2023

    Le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation des élections de la députée des Français d’Amérique du Sud (IIème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance) et du député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh (Génération.s/ NUPES) et à celle du député des Français du bassin Est de la Méditerranée Meyer Habib (UDI/LR).

    Le vote en ligne remis en cause ?

    Comme nous l’avons relayé dans le précédent article, les élus se sont inquiétés des conséquences de cette décision, ils craignaient que le vote en ligne ne soit tout simplement exclu des futurs scrutins.

    Comme l’a souligné une députée NUPES, lors de la séance de questions au gouvernement du 24 janvier 2023, ce mode de scrutin est pourtant indispensable pour obtenir un taux de participation satisfaisant chez les Français de l’étranger.


    Mais malheureusement, malgré la meilleure maîtrise par l’administration et le prestataire des paramètres techniques liés au vote en ligne, la participation est restée faible. En cumulant tous les modes de participation au scrutin, la participation fut de 11,84% dans la deuxième circonscription, de 10,82% dans la huitième circonscription et de 9,49% dans la neuvième circonscription.

    Les résultats furent ainsi sans surprise, les 3 candidats sortants ont été réélus.

    Résultats des élections législatives partielles
    Résultats des élections législatives partielles

    Mobilisation contre la réforme des retraites

    Soutenus par des dons et instaurant une politique de tournante entre les établissements, les syndicats des professeurs, du personnel administratif et des directions ont inscrit leur action dans la durée tout au long de la mobilisation contre la réforme des retraites. En effet, la contestation a aussi été importante parmi les Français à l’étranger. Ainsi à Barcelone, Madrid, Bangkok, Rabat, Berlin et bien d’autres villes, des manifestations ont été organisées par les opposants au projet d’Emmanuel Macron.

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    Mobilisation contre la réforme des retraites à Madrid ce printemps 2023 ©SNES

    Un de nos compatriotes installé en Espagne, s’est ainsi fait remarquer par les médias nationaux. Ainsi lors de la rencontre entre Emmanuel Macron à Barcelone et la communauté française, ce jeune homme a décidé de lui rappeler les enjeux en portant un t-shirt sur lequel était inscrit un message d’opposition. Action qui a entraîné son expulsion manu militari du gymnase du Lycée qui accueillait la rencontre.

    Nous l’avions interviewé pour connaître ses motivations.

    Ecoutez le podcast avec Youssef Hanayen

  • Au bal du 14 juillet, un géant nain et un petit grand

    Au bal du 14 juillet, un géant nain et un petit grand

    246 soldats indiens et quelques millions de dieux ont défilé sur les Champs Elysées pour le 14 juillet. Il y eut même des Rafales indiens dans le ciel de Paris. 

    Sébastien Lecornu a gentiment répondu sur la présence de Narendra Modi, le chef du gouvernement indien, dénoncée par certaines ONG : « Je comprends tous les débats. Il représente un pays d’un milliard quatre cents millions d’habitants. Si on regarde ce qu’est la France, heureusement que le jour de la fête nationale, nous avons le représentant de ce grand pays à nos côtés. »

    Narendra Modi a fait condamner son principal opposant, l’héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, il attise les conflits religieux, exalte le nationalisme hindou : la démocratie indienne n’est pas le pays de la non-violence. L’indépendance de l’Inde et du Pakistan s’est traduite, dans l’abandon britannique, par des déplacements de dizaines de millions de personnes, des massacres entre hindous et musulmans entre 700.000 et 1 million de morts. Modi rêverait de transformer l’Inde en Hindoustan. Difficile, dans un pays où se côtoient des centaines de religions et près de 20.000 langues.

    « Qu’est-ce qui est le plus difficile ? Faire un État juste avec des moyens justes. » 

    Mais qui peut contester que l’Inde soit une démocratie, avec une presse libre, de vrais partis, des élections claires ? Qu’elle est même un des rares pays « décolonisés » à avoir conservé des principes démocratiques, à conserver l’idée d’un état de droit ?

    Nehru, après l’indépendance : « Qu’est-ce qui est le plus difficile ? Faire un État juste avec des moyens justes. » Qui peut donner des leçons de gouvernance à un dirigeant élu et réélu d’un pays pauvre d’un milliard quatre cents millions d’habitants ? Il y a un siècle, les juges britanniques condamnaient Gandhi à six ans de prison pour « non-coopération » … 

    Qui peut contester que l’Inde ne menace personne ? Ni le Pakistan voisin, ni le Bengladesh, ni Ceylan, ni la Chine ? Qu’elle ne manipule aucune Corée du nord, aucune Biélorussie ? Qu’elle est une puissance nucléaire et vient d’envoyer, ce 14 juillet, une fusée sur la lune ?

    La France : moins de 1 % du marché indien, trois à quatre fois moins que l’Allemagne.  

    Jacques Chirac, il y a 25 ans, avait imaginé un partenariat franco-indien. Il s’exerce, hélas, plutôt dans le domaine militaire, avec des manœuvres conjointes, des ventes d’armes, des échanges de technologies, que dans le domaine économique. La France n’est le 19ème client de l’Inde et son 29ème fournisseur : moins de 1 % du marché indien, trois à quatre fois moins que l’Allemagne. 

    Grâce au partenariat stratégique, l’Inde a choisi les Rafales, les sous-marins Scorpène, elle s’éloigne peu à peu de la Russie, son ami traditionnel, qui assure encore 50% de son armement. L’Inde craint la Chine autant que la Chine la craint, et se méfie des États-Unis, même si Biden vient de recevoir Modi pour une visite d’Etat et lui propose… une coopération militaire.  

    Géant démographique, bientôt économique, l’Inde reste un nain politique, trop pauvre pour avoir de l’influence sur les affaires du monde sinon par alliance et ricochet : 5ème pour le PIB mondial, mais 127ème pour le revenu par habitant. L’éducation est à la dérive, la santé aussi. Les inégalités sont incommensurables. L’ambition de Modi : vaincre la pauvreté, on devrait dire la misère. 

    Est-ce possible ? C’est presque certain. L’Inde a déjà fait des miracles : la Révolution verte. La dernière famine remonte à 1943 : 3 millions de morts. Amartya Sen lie la disparition de la famine à l’avènement de la démocratie : les dirigeants savent que le peuple compte. Narendi Modi vante ses succès : « Nous avons construit plus de 40 millions de maisons pour les pauvres et 110 millions de toilettes. Nous avons ouvert des comptes en banque à 500 millions de personnes et accordé 400 millions de microcrédits. Nous avons fourni du gaz à 90 millions de foyers, et 500 millions de personnes bénéficient désormais d’une assurance santé gratuite. Nous voulons faire de l’Inde un leader dans l’intelligence artificielle, dans l’informatique quantique, les semi-conducteurs, l’espace, et la défense. »

    « La France et l’Inde sont les deux principales puissances riveraines dans l’Océan indien. »

    Du partenariat stratégique avec la France jusqu’à une alliance, le pas est-il franchissable ? La France est le seul pays européen membre du Conseil de sécurité, la seule puissance nucléaire européenne, le seul pays à avoir une marine et un porte-avion, le seul à avoir une présence dans le Pacifique et dans l’Océan indien. Petite parmi les « grands », elle n’a plus aucune, et ne peut en avoir, d’ambition impérialiste. La France a des ingénieurs, des écoles, un système de santé, des atouts dans le nucléaire, l’agroalimentaire, l’énergie, la construction d’infrastructures, la gestion des déchets, l’eau, etc. « La France et l’Inde sont les deux principales puissances riveraines dans l’Océan indien. Notre partenariat est donc vital pour la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique que nous voulons libre, ouverte, « inclusive », sûre et stable. Nous voyons la France comme l’un de nos principaux partenaires mondiaux. »

    Illustration sur l’accord de coopération militaire franco-indien signé le 10 mars 2018 ©CNAM

    L’Inde se veut une puissance d’équilibre : « En parlant au nom du Sud, nous ne cherchons pas à nous placer dans une relation conflictuelle avec le Nord. Au contraire, nous recherchons l’unité. L’alternative serait un monde à la dérive, plus fragmenté, un monde opposant « l’Ouest au reste », un monde qui abandonnerait le terrain à ceux qui veulent un autre ordre. »

    Il ajoute, à l’attention de ses amis russes : « Tous les pays ont l’obligation de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des autres pays, de se conformer au droit international et de respecter la charte des Nations unies. »

    La convergence de deux modesties peut faire une belle alliance. A condition que l’économie suive.

    Il y a eu le défilé militaire, parce que le temps est à la peur et aux armes. Il faut anticiper les défilés plus pacifiques, ceux de l’éducation, de l’intelligence, de la connaissance, du commerce, de l’innovation. L’Inde a beaucoup à nous apprendre. Lecornu a raison : c’est une chance de la recevoir. Et c’est un beau message porté au monde, à travers toutes les ambassades et toutes les célébrations du 14 juillet, que le premier pays du monde par sa population, première démocratie du monde, quoiqu’on dise, a choisi la France pour fêter avec elle sa fête nationale. 

    Devant quelques milliers de ses compatriotes, Modi a vanté l’amitié avec la France, a célébré le pays de la « Liberté, de l’égalité, de la fraternité ». Poutine, Erdogan, Ben Salman, Maduro, Xi Jinping, Aliev, Tebboune, et tant d’autres auraient-ils pu le faire ?

    Si le dirigeant d’un pays qui compte un sixième des habitants de la planète vante notre devise à ses compatriotes et au monde entier, notamment aux pays du sud, essayons d’être à la hauteur. 

    La France est un petit parmi les grands, l’Inde (qui devrait être au Conseil de sécurité), un nain parmi les puissances. Ce n’est pas le nombre qui compte, sinon Chinois et Indiens auraient colonisé l’Europe et l’Amérique, et jamais l’Inde n’aurait été britannique, mais la convergence de deux modesties peut faire une belle alliance. A condition que l’économie suive.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press