Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Rencontre avec le peintre français Rémy Aron qui expose à Pékin cet été : à la découverte du sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rencontre avec le peintre français Rémy Aron qui expose à Pékin cet été : à la découverte du sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rémy Aron expose depuis 1974, en France, en Europe et dans le monde, un travail artistique aujourd’hui pleinement reconnu par ses pairs et le public.

    Une exposition à Pekin pour un fin connaisseur de la Chine

    Ce peintre formé aux Beaux-Arts de Paris, chevalier des Arts et des Lettres, a des liens étroits avec la Chine. Il y est membre de l’académie nationale de peinture, et son influence et sa connaissance de l’art chinois lui ont permis de présenter sa dernière exposition à Pékin. Il expose du 8 juillet au 13 août à la galerie Ici-Là Bas.

    Artiste engagé au service de la promotion de l’art, il a toujours milité contre l’argent roi et les logiques de reconnaissances institutionnelles quand elles limitent la créativité ou la liberté des artistes en les soumettant aux diktats du mercantilisme. 

    Réélu en France à la tête de la Maison des artistes

    Il est redevenu en 2023 président de la Maison des artistes, une institution qui, en France, œuvre pour l’aide et le soutien à tous les artistes par des formations, action d’appui et de promotion, pour l’aide à la reconnaissance de leurs droits.

    Nous avons interrogé l’artiste sur son exposition chinoise et plus largement sur son rapport à la création, sur les apprentissages qui ont été les siens et sur les différences entres les mondes de l’Art chinois et occidental. 

    Boris Faure : Votre dernière exposition fait une part importante à la notion de labyrinthe, pouvez-vous nous en parler ?

    Rémy Aron : Le labyrinthe est un thème dont je ne suis pas à l’origine. C’est le fruit d’une longue analyse de la critique. Mais au fond cela me convient assez bien. Symboliquement, le labyrinthe c’est une organisation, une circulation dans laquelle on se perd, dont on retrouve le fil après des tours et détours. Ce thème  est présent dans mon travail et chacune de mes toiles. Je me perds jusqu’à ce que je trouve, où semble trouver, une cohérence qui me donne une respiration. 

    On passe son temps à se battre soi-même, à détruire puis à reconstruire  

    Rémy Aron : C’est tout l’enjeu et la problématique de ce que je crois être la peinture : on passe son temps à se battre avec soi-même, à détruire puis à reconstruire. L’unité qu’on cherche, il faut tout abandonner pour peut-être l’obtenir, après s’être souvent perdu.

    Boris Faure : Quels sont les soubassements de votre art ?

    Rémy Aron : Ce qui est fondamental pour moi ce sont les apprentissages. On cultive des parties, des choses, on développe la conscience des limites, les arabesques, la hiérarchie des valeurs, le volume dans l’espace, la sensation de l’ensemble, le goût pour la géométriser, les éléments constitutifs d’un tout. Mais ce qui compte c’est bien de tout abandonner dans l’action pour espérer une synthèse, une unité dans l’instant. 

    Un sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rémy Aron : Dans ce labyrinthe du voyage, il peut y avoir un sentiment de plénitude, tout ça est un combat avec soi-même.  Je ne peins pas pour produire quelque chose, pour produire des peintures. J’essaie de faire de la peinture car j’en ai besoin, car j’ai envie de peindre comme une nécessité pour vivre et respirer.   

    Boris Faure : Il y a une part de charge inconsciente dans votre peinture  ?

    Rémy Aron : Au bout du chemin, quand on cherche cette unité, quand on cherche une espèce d’espace qui vous correspond, il y a une charge qu’on ne maîtrise pas qui s’impose. Ce n’est pas l’idée du lâcher prise, c’est l’évidence que j’ai trouvée pour ne pas fabriquer des peintures. Car en matière de peinture et de créativité on ne sait pas où l’on va et c’est bien. 

    Il faut cultiver un certain goût de rien

    Rémy Aron : Il faut en réalité cultiver un certain goût de rien. Ma relation consciente reste avec les maîtres que sont Le Tintoret, Delacroix, Cézanne avec qui j’ai des relations étroites. Je dessine d’après les gravures de Rembrandt quotidiennement. Ma peinture n’est donc pas du lâcher-prise à la mode. Car j’aime et je vénère, la nature et les maîtres. 

    Boris Faure : Quel est votre rapport avec l’art chinois ?

    Rémy Aron : Depuis maintenant 20 ans je vais en Chine. C’est le grand pays de la peinture. Tout le monde est peintre là-bas car le rapport à la peinture est complètement consubstantiel à la société chinoise, c’est la relation spirituelle au monde. Il y a dans ce grand pays une relation intime entre la notion de dieu et la nature dans laquelle le peintre n’est qu’un passeur et presque un prêtre. 

    ©Courtesy of National Academy of Painting of China

    En Chine, tout le monde est peintre

    Rémy Aron : Je me suis retrouvé en Chine dans un pays où j’étais naturellement bien, grâce à une ancienne  pratique des arts martiaux qui m’avait familiarisé avec la civilisation extrême-orientale. La galerie dans laquelle j’expose s’inscrit tout à fait dans cette démarche. Les peintres chinois sont naturellement dans une abstraction formelle. Il y a très peu de portraitistes dans la peinture traditionnelle chinoise. La peinture chinoise  a pour objectif de représenter la montagne, l’eau, le ciel et les nuages et tout cela est inscrit dans le mouvement de l’univers. Il n’a jamais été question de décrire simplement les choses mais de saisir le mouvement dans une démarche naturellement, on pourrait dire  « impressionniste ».

    Dans la peinture chinoise, la nature est immense et l’Homme tout petit

    Rémy Aron : La peinture chinoise est naturellement actuelle, je peux dire contemporaine. Elle se fonde sur l’idée que la nature est immense et qu’en comparaison l’Homme est représenté très petit et contemplant l’univers. Car pour la Chine l’Humain n’est pas au centre de l’univers.

    Boris Faure : Vous vous êtes opposé publiquement  à une tendance occidentale qui mêle l’art à l’argent-roi… Comment est structuré ici le marché de l’art ?

    Rémy Aron : De façon générale dans l’art contemporain, moins il y a d’apprentissage, moins il y a de rapports aux maîtres, plus il y a une jouissance des marchands et de la valeur vénale de l’art. 

    En Chine toute la politique culturelle de la Nation repose au départ sur les associations d’artistes qui ont une importance considérable. L’Etat suit les artistes et les marchés ne viennent qu’en troisième position.

    En France c’est exactement l’inverse.

    En Occident il faudrait inverser les choses pour que la valeur vénale cesse d’être au premier plan de la valeur artistique.  

    Boris Faure : Vous venez d’être réélu à la tête de la Maison des artistes, sous quels auspices sont placés ce mandat ?

    Rémy Aron : Il s’agit de réunir les forces des artistes. Car les associations d’artistes sont maltraitées. Par exemple au Grand palais, l’Etat fait payer beaucoup trop cher les artistes pour les emplacements, les cimaises…

    ll faut réunir les associations d’artistes !

    Rémy Aron : Il faut réunir toutes les associations d’artistes pour créer un mouvement des artistes et peser davantage sur les choix culturels du pays.

  • Les élections en Espagne sont-elles un coup d’arrêt pour les droites européennes ?

    Les élections en Espagne sont-elles un coup d’arrêt pour les droites européennes ?

    Les élections législatives de dimanche 23 juillet en Espagne marquent un échec pour les droites européennes, un événement rare ces derniers temps sur le continent, selon des analystes.

    À moins d’un an des élections européennes, qui auront lieu en juin 2024, l’incapacité du Partido Popular conservateur (Parti populaire européen) et de son partenaire potentiel Vox, un parti d’extrême droite, à obtenir une majorité leur permettant de gouverner « signifie que la vague d’extrême droite et ultra-conservatrice n’a pas passé les Pyrénées, qu’il y a un coup d’arrêt », commente le politologue Steven Forti.

    « Le signal que l’Espagne envoie à l’Europe, c’est que cette vague peut être stoppée », déclare-t-il à l’AFP.

    Sur le papier, le PP a certes remporté ce scrutin en terminant avec le plus grand nombre de députés (136) devant le Parti socialiste du Premier ministre sortant Pedro Sánchez (122), mais il s’agit d’une « victoire à la Pyrrhus », et même d’une « défaite d’un point de vue politique », estime ce professeur à l’Université autonome de Barcelone (UAB).

    C’est que les sondages donnaient le PP très largement vainqueur et même en mesure d’atteindre la majorité absolue au Parlement avec l’aide de Vox, un allié certes très encombrant en raison de ses positions radicales, mais indispensable pour que le PP puisse gouverner.

    Malgré les réticences du PP, une telle situation aurait pu conduire à une participation de l’extrême droite au pouvoir, pour la première fois depuis la mort du dictateur Francisco Franco, en 1975.

    Embarras

    Beaucoup en Europe voyaient déjà l’Espagne emprunter le chemin de la Suède et de l’Italie l’an dernier ou de la Finlande cette année, pays où des blocs de droite et d’extrême droite sont maintenant au pouvoir. À Rome, c’est même la cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, qui dirige le gouvernement.

    Santiago Abascal, le chef du parti espagnol ‘Vox’, s’adresse à une conférence de presse à la suite du Comité d’action du parti à Madrid, Espagne, le 05 juin 2023. Aucun des partis politiques espagnols ne tiendra d’élections primaires pour les prochaines élections générales, le 23 juillet 2023, ce qui porte à croire que les candidats au poste de Premier ministre seront leurs dirigeants actuels. [EPA-EFE/FERNANDO VILLAR]

    La déconvenue du PP et de Vox en Espagne annonce-t-elle une remise en cause en Europe de cette stratégie de rapprochement entre la droite dite traditionnelle et l’extrême droite ?

    Pour Thierry Chopin, conseiller spécial à l’Institut Jacques Delors, « ce n’est pas du tout certain, car les situations nationales sont très différentes ».

    Il souligne ainsi que Vox, né en 2013 d’une scission du PP, a « un discours assez outrancier » et « une forme de radicalité », loin de « la stratégie de banalisation, de respectabilité qu’on a pu voir dans d’autres pays européens » de la part de mouvements similaires.

    De fait, Vox a mis le PP et son leader Alberto Núñez Feijóo dans l’embarras durant toute la campagne par ses prises de position extrêmes sur des thèmes allant de son refus de reconnaître l’existence de la violence machiste au rejet des droits de la communauté LGBTQIA+ en passant par son opposition à l’avortement ou à l’euthanasie.

    La convergence idéologique « n’a pas fonctionné » en Espagne, « à la différence de ce qu’il s’est passé en Italie ou dans le nord de l’Europe », poursuit M. Chopin.

    Récriminations

    La contre-performance de dimanche a en tout cas conduit à des récriminations publiques entre les deux formations, le secrétaire général de Vox, Ignacio Garriga, accusant lundi (23 juillet) les médias proches du PP d’« une diabolisation et [d’] une manipulation du message de Vox » au nom du « vote utile », c’est-à-dire afin d’attirer les électeurs de Vox.

    Pour évaluer l’impact au niveau européen de la déconvenue des droites dimanche en Espagne, M. Forti estime qu’il faut savoir si M. Sánchez et son allié de la gauche radicale, Sumar, parviendront à rester au pouvoir.

    Dans le cas contraire, l’Espagne se dirigera vers de nouvelles élections, à la fin de l’année ou au début de l’an prochain, « juste avant les élections européennes ».

    En prévision de ces élections, le Parti populaire européen (PPE), auquel appartient le PP, est actuellement en discussion avec le groupe Conservateurs et Réformistes européens (CRE), dont Fratelli d’Italia et Vox sont membres, afin de conclure un accord au Parlement européen.

    L’élection de dimanche en Espagne « complique énormément cette stratégie », souligne M. Forti.

    « Ce qui s’est passé en Espagne me conforte [dans l’idée] qu’une telle alliance » des droites « n’a rien d’évident et ne se produira pas » au Parlement européen, renchérit M. Chopin.

    Stéphane Vojetta dubitatif

    Pour le député des Français d’Espagne, Stéphane Vojetta, fin connaisseur de sa circonscription, les résultats sont ambigus et ouvrent suûement une période d’instabilité politique en Espagne conduisant éventuellement à de nouvelles élections fin 2023. Sur Facebook, il se félicite cependant que la présidence tournante de l’Union européenne, actuellement occupée par l’Espagne, restera, donc, aux mains du Président actuel du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

  • Comment choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains

    Comment choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains

    Les casinos en ligne offrent une expérience de jeu passionnante et la possibilité de remporter des gains importants depuis le confort de votre foyer. Cependant, avec la multitude de plateformes disponibles, il est crucial de choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos chances de gains. Quels sont les conseils pratiques pour vous guider dans votre sélection et vous aider à profiter d’une expérience de jeu en ligne enrichissante ? Nous allons y répondre dans cet article.

    Licence et réputation 

    Lorsque vous choisissez un casino en ligne, la première étape consiste à vérifier si la plateforme est licenciée et réglementée par une autorité de jeu réputée. Les licences délivrées par des juridictions comme Malte, Gibraltar ou l’île de Man garantissent que le casino opère dans le respect des normes et des règlements. De plus, renseignez-vous sur la réputation du casino en ligne en consultant des forums de discussion, des sites de revues et les avis des joueurs. Optez pour des casino en ligne Casino777 qui bénéficient d’une solide réputation et d’une longue expérience dans l’industrie.

    Sélection de jeux 

    La diversité des jeux proposés par un casino en ligne est un critère essentiel à prendre en compte. Recherchez des plateformes offrant une large gamme de jeux, tels que des machines à sous, des jeux de table, des jeux de cartes et des options de casino en direct. Les meilleurs casinos en ligne collaborent avec des fournisseurs de logiciels renommés pour garantir des jeux équitables et de qualité. Assurez-vous également que le casino met régulièrement à jour sa ludothèque avec de nouveaux titres pour une expérience de jeu toujours divertissante.

    ©StockAdobe

    Méthodes de paiement sécurisées 

    La sécurité des transactions financières est primordiale lorsqu’il s’agit de choisir un casino en ligne. Optez pour des plateformes qui proposent des méthodes de paiement sécurisées, telles que les cartes de crédit, les portefeuilles électroniques ou les solutions de paiement en ligne réputées. Vérifiez également les délais de traitement des retraits et assurez-vous qu’ils sont raisonnables. Les meilleurs casinos en ligne mettent en œuvre des protocoles de sécurité avancés pour protéger vos données personnelles et financières.

    Que retenir ?

    Choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains demande un peu de recherche et d’analyse, mais cela en vaut la peine. En optant pour un casino licencié, réputé et sécurisé, vous pouvez profiter d’une expérience de jeu en ligne agréable et augmenter vos chances de gains. N’oubliez pas de prendre en compte la sélection de jeux, les méthodes de paiement, les bonus et promotions, ainsi que la qualité du service clientèle. 

    Autres informations sur le choix du meilleur casino

    Si vous décidez de jouer aux jeux de casinos en ligne, vous devez mener des enquêtes afin de dénicher le meilleur des sites. Nous vous proposons cette FAQ pour vous aider dans cette quête.

    Qu’est-ce qu’une licence de jeu et pourquoi est-ce important lors du choix d’un casino en ligne ? 

    Une licence de jeu est un permis délivré par une autorité de régulation à un casino en ligne, confirmant qu’il opère conformément aux lois et règlements en vigueur. Il est crucial de choisir un casino détenteur d’une licence, car cela garantit un environnement de jeu sécurisé et équitable.

    Comment puis-je m’assurer que mes transactions financières sont sécurisées sur un casino en ligne ? 

    Lors du choix de l’établissement, veillez à ce qu’il propose des méthodes de paiement sécurisées telles que les cartes de crédit, les portefeuilles électroniques ou les solutions de paiement en ligne réputées.

    Comment puis-je profiter des bonus et promotions pour augmenter mes gains ? 

    Les bonus et promotions offerts par les casinos en ligne peuvent être un moyen efficace d’augmenter vos gains potentiels. Lorsque vous choisissez un casino, recherchez ceux qui proposent des bonus de bienvenue généreux, des tours gratuits et des programmes de fidélité avantageux. 

  • La Chine en mal de croissance 

    La Chine en mal de croissance 

    Les dirigeants chinois rêvent que leur pays surclasse les États-Unis d’ici 2049, année du centenaire de la République Populaire de Chine. La réalisation de cette ambition a longtemps été portée par une croissance potentielle, élevée, somme de la croissance de la population active et de la productivité du travail, après lissage des variations conjoncturelles. Le vieillissement démographique et le recul des gains de productivité pourraient freiner leurs ambitions.

    Un recul rapide de la population en âge de travailler 

    La Chine est confrontée depuis quelques années à un recul rapide de la population en âge de travailler. Cette dernière diminue de 1 % par an quand elle continue à augmenter, aux États-Unis, de 0,4 % par an. Cette contraction de la population active, en Chine, est liée à forte baisse du taux de fécondité. Le nombre d’enfants par femmes est passé de 1,6 à 1,2 de 1995 à 2022. L’abandon de la règle de l’enfant unique n’a eu qu’un effet temporaire entre 2013 et 2019, le taux est remonté provisoirement à 1,9 avant de rechuter. Le taux de natalité est passé de 17 ‰ en 1995 à 7 ‰ en 2021. 

    La productivité par tête est passés de 10 % en 2007 à 5 % entre les années 2010 et 2019. En 2022, la hausse a été de 2 % (lissée sur 4 ans). Aux États-Unis, la productivité lissée sur 4 ans se situe autour de 2 % depuis la crise de 2007/2009. Le recul des gains de productivité en Chine s’explique par le vieillissement de la population et par l’affaiblissement de l’investissement des entreprises.

    La croissance potentielle de la Chine décline rapidement.  

    La croissance de l’investissement qui était de 10 % entre 1995 et 2010 est désormais de 4 %. La croissance potentielle de la Chine décline rapidement. Lissée sur 4 ans, elle est passée de 14 % en 1995 à 10 % en 2009 puis à 6 % en 2017. En 2022, elle ne s’élevait qu’à 5 %. L’érosion de la croissance potentielle américaine est plus faible. Elle est passée de 4 à 2 % du début du siècle à 2022. D’ici 2030, les taux de croissance potentielle des deux pays devraient converger. Entre 2025 et 2030, la population en âge de travailler reculera en moyenne de 0,9 % par an en Chine et augmentera en moyenne de 0,3 % par an aux États-Unis. Les gains de productivité en Chine seront insuffisants pour faire la différence avec les États-Unis.

    Le taux de chômage des jeunes a atteint 21 %

    Pour contrecarrer la baisse de sa croissance potentielle, la Chine sera tentée de la doper en ayant recours à des plans de soutien. La banque centrale chinoise a ainsi décidé d’abaisser ses taux directeurs. Le gouvernement entend également prendre des mesures pour améliorer l’employabilité des jeunes dont le taux de chômage reste élevé. Ce dernier a atteint 21 % lors du premier semestre 2023. 

    Trois jeunes chinois attendent un bus pour chercher du travail, après avoir perdu leur emploi en raison de la crise liée au coronavirus (image d’illustration). REUTERS/Tingshu Wang

    Entre les États-Unis et la Chine, les jeux ne sont pas encore faits pour le leadership mondial. L’attractivité des premiers demeure élevée, leur permettant d’attirer de nombreux actifs de toute la planète quand l’Empire du Milieu reste assez réfractaire à l’immigration. Si la productivité, aux États-Unis, est en net recul depuis la crise sanitaire, les capacités de recherche de ce pays sont importantes. La baisse de l’investissement des entreprises, en Chine, constitue un handicap important face au dynamisme des entreprises américaines.

  • Élections en Europe : à quoi s’attendre pour le reste de l’année 2023 ?

    Élections en Europe : à quoi s’attendre pour le reste de l’année 2023 ?

    Alors que l’Espagne s’apprête à tenir des élections qui marqueront le dernier scrutin européen avant la période estivale, EURACTIV et EuropeElects se penchent sur la manière dont les élections en Europe qui pourraient façonner les pays européens pour le reste de l’année.

    Espagne

    Annoncées fin mai par le Premier ministre Pedro Sanchez, les Espagnols se rendront dimanche aux urnes dans le cadre d’élections législatives anticipées.

    Malgré la mise en suspens des sondages à l’échelle national une semaine avant le vote, des sondages antérieurs indiquent une possible victoire du Partido Popular (PP) de centre droit.

    Or, pour gouverner, ce dernier devra probablement s’allier avec le parti d’extrême droite VOX – bien que les votes pourraient ne pas être suffisants pour battre une éventuelle coalition de gauche entre le PSOE de M. Sanchez et la nouvelle plateforme de gauche Sumar.

    Slovaquie

    Après la pause estivale, le prochain scrutin aura lieu en Slovaquie, où des élections anticipées sont prévues le 30 septembre.

    Le gouvernement qui dirige actuellement le pays sous la direction du Premier ministre Ľudovít Ódor n’est pas affilié politiquement, après l’effondrement du gouvernement de centre-droit en mai.

    Selon les dernières moyennes de sondages d’Europe Elects, le Smer et le Hlas, tous deux affiliés au Parti socialiste européen (PSE), obtiendraient le plus grand nombre de voix avec environ 18 % chacun. Contrairement au groupe politique socialiste S&D de l’UE auquel il est affilié, le Smer est très critique à l’égard de l’immigration extra-communautaire.

    La Slovaquie progressiste (PS, Renew Europe), quant à elle, n’a cessé de grimper dans les sondages au cours des dernières années et atteint aujourd’hui environ 14 %.

    Il est encore difficile de savoir si Hlas coopérera avec Smer ou avec le PS (Renew), ce qui aura des conséquences importantes sur l’orientation future du pays en ce qui concerne l’Ukraine. Le PS est très favorable au gouvernement de Kiev, tandis que le Smer est plus critique à l’égard du soutien apporté au pays contre l’agression russe.

    Luxembourg

    Après la Slovaquie, place au Luxembourg, dont les citoyens se rendront aux urnes le 8 octobre pour élire un nouveau parlement.

    Bien que le gouvernement actuel du Premier ministre Xavier Bettel comprenne son parti libéral, le Parti démocrate (DP, Renew Europe), les sociaux-démocrates et les Verts, il n’est pas certain qu’il soit en mesure de défendre sa majorité parlementaire ni son poste de Premier ministre.

    En effet, les sociaux-démocrates pourraient dépasser son parti, le DP, même si la coalition conserve sa majorité, selon un sondage réalisé en avril par TNS Ilres.

    Il est peu probable que cela arrange le parti d’opposition de centre-droit, car les derniers sondages indiquent que le parti pirate est en passe de tripler le nombre de ses sièges.

    Pologne

    Une autre élection parlementaire, prévue pour l’automne mais dont la date précise n’a pas encore été annoncée, aura lieu en Pologne.

    L’alliance Zjednoczona Prawica, dominée par le parti national-conservateur au pouvoir PiS (ECR) de Jarosław Kaczyński, est sondée à environ 35 %, soit huit points de pourcentage de moins que le score qu’elle a obtenu lors des élections de 2019.

    Du côté de l’opposition, la principale alliance centriste Koalicja Obywatelska (PPE, Renew Europe, Verts) créée par l’ancien président de la Pologne et du Conseil européen, Donald Tusk (PO, PPE), obtient environ 32 %, soit cinq points de plus qu’en 2019.

    Pour savoir si le PiS tombera après presque 10 ans au pouvoir, il faudra également tenir compte des résultats de l’alliance centriste Trzecia Droga (PPE, Renew Europe) (10 %) et de l’alliance de centre-gauche Lewica (S&D) (8 %), qui pourraient soutenir un gouvernement dirigé par Koalicja Obywatelska.

    Pays-Bas

    Une autre élection parlementaire, récemment déclenchée par le retrait de l’ancien Premier ministre, Mark Rutte, au pouvoir depuis 13 ans, aura lieu aux Pays-Bas le 22 novembre.

    Les sondages indiquent une course serrée entre l’alliance de centre gauche PvdA/GL (S&D, Verts/ALE), le parti agrarien BBB et l’ancien parti au pouvoir, le VVD.

    La course au pouvoir s’annonce serrée, marquée par des sondages en constante évolution, et un paysage politique très fragmenté dans lequel aucun des trois principaux partis ne dépasse la barre des 20 %, laissant présager qu’aucun parti ne pourra gouverner seul.

    Des élections législatives et des référendums se tiendront également en dehors de l’Union européenne cet automne, que ce soit en Suisse, dans la circonscription géorgienne de Gori-Kaspi, ou à Saint-Marin, où un nouveau chef d’Etat sera élu le 1er octobre.

    Entre les prochaines élections prévues en Espagne, en Slovaquie, en Pologne, aux Pays-Bas et au Luxembourg pour le reste de l’année, le paysage politique de l’Europe est susceptible de connaître de nombreux bouleversements.

    France, Finlande, Gibraltar, Norvège, Bavière, Grèce, Tyrol du Sud, etc.

    En France, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre, tandis que les élections législatives dans les îles Åland (région autonome de Finlande) et à Gibraltar se tiendront le 15 octobre.

    Quant aux élections régionales, elles auront lieu en Norvège le 11 septembre, en Bavière et en Hesse le 8 octobre, en Grèce les 8 et 15 octobre, dans le Trentin et le Tyrol du Sud le 22 octobre et à Madère avant la fin du mois d’octobre.

    Pour ce qui est des élections locales, elles devraient avoir lieu en Arménie le 17 septembre, en Bulgarie le 27 octobre et en Moldavie le 29 octobre.

    Là où aucune date n’a encore été fixée, il est possible que les élections soient reportées à la nouvelle année.

  • L’Europe, la solution à plusieurs inconnues

    L’Europe, la solution à plusieurs inconnues

    En algèbre, les équations à plusieurs inconnues ont des solutions. En politique, 2+2 ne font pas 4. Si l’Europe apporte la solution à bien des problèmes, elle varie avec tant d’inconnues que sa diplomatie naissante, fouettée par l’agression russe, semble aller dans tous les sens. 

    Que l’Europe soit la solution, la Russie le prouve. L’Europe s’est unie, apporte plus de contributions à l’Ukraine que les Etats-Unis, comprenant qu’une Russie impérialiste la détruirait. Malheureusement, au-delà de l’émotion, promettre l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne et dans l’Otan signifierait la fin de l’UE. Cela conduirait à un déséquilibre total, géographique, politique, économique, financier. Y ajouter les Balkans ferait de l’Europe un ensemble chaotique, totalement dépendant des États-Unis en matière militaire, détaché de tout esprit européen. La seule solution à cet élargissement, serait de reconstituer une autre Europe unie autour d’un noyau dur ; encore faudrait-il le vouloir, notamment la France et l’Allemagne.

    La France devrait recréer avec le Royaume-Uni une nouvelle alliance

    Le Royaume-Uni, à sa façon, montre aussi que l’Europe était la solution. Elle est l’une des rares économies dont le PIB n’a pas retrouvé son niveau d’avant la Covid, la seule en récession en 2023. Aujourd’hui, une majorité de Britanniques voteraient pour revenir dans l’UE, presque deux tiers pensent que le Brexit fut une erreur, une large majorité souhaite renforcer les liens avec l’UE. Paris a remplacé Londres comme première capitalisation boursière d’Europe. Le pouvoir d’achat des Britanniques est amputée, l’immigration augmente, l’inverse que ce que promettaient les Brexiters. Le Royaume Uni a signé un accord avec l’UE, mais pas avec les États-Unis. Ce qui montre les limites de la « relation spéciale » avec les Américains. La France devrait recréer avec le Royaume-Uni une nouvelle alliance. 

    L’absence de ligne européenne, mais aussi son attrait, se voit avec la Turquie. Erdogan a cédé, il a fini par accepter la Suède dans l’Otan, demandant que reprennent les négociations sur son entrée dans l’UE… « Il ne faut pas être naïf, il n’y aura pas de cadeaux », a répondu la ministre allemande. Vraiment ? Assouplir les visas et l’union douanière, d’accord mais seulement si l’attitude turque change vis à vis de la Grèce, de Chypre, et des droits de l’homme. Est-ce clair ? Non. On continuera à payer des milliards pour que les Turcs gardent les réfugiés syriens. 

    L’absence de ligne européenne, mais aussi son attrait, se voit avec la Turquie.

    L’UE suit les États-Unis. Ces derniers ont fait une explication de texte à Erdogan. L’économie turque est ruinée, la Russie perd, alors il se tourne à nouveau vers l’Occident décadent. Demi-tour : il signe un accord avec Israël, visite le Qatar, les Emirats, l’Arabie saoudite. Finies les bisbilles. La Turquie a besoin d’argent, il lui est beaucoup pardonné, et donné, avec intérêts. L’Europe se tourne, enfin, à l’initiative du Portugal et de l’Espagne, vers la Méditerranée. Mais l’Algérie regarde Moscou et cherche une double assurance avec la Chine. Rabat se tourne vers les États-Unis. 

    Alors l’UE étend le « modèle » de coopération turc à la Tunisie : un milliard, dont une partie pour mieux contrôler l’immigration. Kaïs Saïed a accepté : il rejette lui-même les migrants dans le désert, comme l’Algérie voisine, sans qu’on ait besoin de le payer pour cela. Pourquoi n’a-t-on pas aidé la Tunisie plus tôt, quand elle rêvait encore de démocratie ? Étrange politique de compter les migrants en euros. 20 000 euros par migrant pour les pays européens qui refusent d’accueillir leur quota en Europe. Le prix d’un homme ? Ce serait plus simple d’interdire l’esclavage, c’est-à-dire la situation de « non-droit légale » des migrants illégaux. 

    Rishi Sunak interdit toute demande d’asile faite par un immigré entré illégalement. L’ONU condamne. L’entrée illégale, à partir du moment où elle donne des droits, vaut le coup d’être tentée : 6 000 euros pour le passeur. Et des milliers de morts.

    La Cour britannique a rejeté le projet de renvoyer les demandeurs d’asile vers le Rwanda, pays sûr. Mais comme dictature. Les socialistes danois veulent faire pareil : on ne peut garder l’État providence et les portes ouvertes.

    Ces initiatives européennes, la France aurait intérêt à en prendre le leadership.  

    Pourquoi l’Europe a-t-elle tant de mal à établir la liste des pays sûrs, définir ce qu’est un migrant, un réfugié, ce qu’est l’asile, signifier que toute entrée illégale sera jugée illégale ? Ce n’est pas sa faute, plutôt celle des Etats. Il fut possible d’accueillir six millions d’Ukrainiens. Quelle politique d’intégration ? La France (enfin) a décidé d’accorder le statut de réfugié aux Russes qui refusent de se battre contre l’Ukraine. Les Pays baltes font l’inverse. Ces initiatives européennes, vers le Royaume-Uni, vers la Tunisie, vers l’Amérique latine (pour la première fois depuis des années, a été organisé un sommet des pays d’Amérique latine et de l’UE) ; les lignes rouges avec la Turquie, la définition d’une politique migratoire, la France aurait intérêt à en prendre le leadership. Elle ne peut pas, n’ose pas, empêtrée dans les angles morts avec l’Allemagne : ceux de l’industrie de défense, de la production énergétique autonome, du nucléaire. L’Europe joue au bridge, à la place du mort, les autres au poker.

    Heureusement, les Américains, eux, ont la foudre et l’or, la puissance militaire et le dollar. Et beaucoup pensent qu’il vaut mieux faire le mort avec eux qu’avec un perdant.

    Les perdants ? Les pays pauvres et les émergents d’hier, les BRICS

    Les perdants ? Les pays pauvres, qui paient déjà la hausse des taux d’intérêt, l’avidité chinoise, le coût des dictatures, des corruptions, du crime organisé. Et puis, nouveauté, les émergents d’hier, les BRICS. La Russie chute. Poutine ne sera pas invité par son ami d’Afrique du sud au prochain sommet. Pour une gifle, c’est une gifle. Après la retraite de Kiev, la chute de Kherson, la rébellion de Prigojine, il commence à en avoir l’habitude. La question reste : quand la tête tombera-t-elle ?

    L’Afrique du sud s’aperçoit que la guerre de Russie lui coûte, comme à toute l’Afrique, la Chine patine, le Brésil râle parce que l’Europe l’ignore. Si Lula était moins ambigu avec Poutine, il en serait peut-être autrement.

    Brésil Russie Inde Chine Afrique du Sud

    Les BRICS s’échinent à trouver un substitut au dollar.

    Les BRICS, Chine en tête, s’échinent donc à trouver un substitut au dollar. Ils souhaitent créer une monnaie de compte fondée sur l’or pour leurs échanges. Bonne idée, déjà morte.  

    Echanger à partir d’un étalon-or évaluera chaque monnaie nationale en fonction du cours de l’or. C’est un changement de stratégie des Chinois qui reconnaissent ainsi que leur monnaie ne sera jamais une monnaie de réserve. Personne n’a confiance dans une monnaie tenue par une dictature. A défaut du dollar, on va donc chercher l’or. Mais qui détient l’or du monde ? 

    Les États-Unis : plus de 8100 tonnes ! Puis l’Allemagne (3400), L’Italie (2400), la France (2400). Ensuite seulement la Russie (2200) et la Chine (1900). L’Inde en possède 650 tonnes, un peu plus que les Pays Bas (610), moins que le Japon (760), ou la Suisse (1100). Autant dire que la Chine souhaite augmenter ses réserves aux dépens de la Russie, parce que le rouble a perdu 50% de sa valeur. Et que les maîtres de la « nouvelle monnaie », si elle existe un jour, seront… les États-Unis et les Européens. Si les Européens entendent la leçon des BRICS.  

    Les vraies inconnues de l’Europe, ce sont la France et l’Allemagne.

    Du point de vue monétaire, comme du point de vue militaire, les Européens représentent une force considérable. Ils savent qu’il leur faut une diplomatie active, s’y essaient. Mais ne savent pas ce qu’ils veulent. Tant que la France et l’Allemagne n’auront pas établi une feuille de route, ce sera mission impossible. Les vraies inconnues de l’Europe, ce sont la France et l’Allemagne. Il faudra un moment de vérité : bataille sur le nucléaire, bataille sur l’industrie de défense, grand écart sur les Balkans, la Méditerranée, les migrations, la Turquie. 1+1 ne font pas 2. L’Europe ne peut pas être allemande, elle ne peut être française, mais elle ne peut pas être si elle n’est pas franco-allemande.

    Union bancaire, union militaire : deux axes nouveaux et urgents qui permettent une action diplomatique 

    Elle est la solution des pays européens et de beaucoup d’autres. Le temps presse. Elle est prise dans un entrelacs de dépendances extérieures et d’impasses internes qui l’empêchent d’exprimer une solidarité stratégique. Dans solidaire, il y a solide. Comment l’être plus encore ? Union bancaire, union militaire. Voilà deux axes nouveaux et urgents qui permettent une action diplomatique : la foudre et l’or. Solutions aux deux inconnues que sont la France et l’Allemagne. Et cesser les extensions qui rendent toute équation, tout équilibre, insoluble.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. ambassadeur de France

    a. député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Pauline Carmona, la nouvelle directrice de l’administration consulaire

    Pauline Carmona, la nouvelle directrice de l’administration consulaire

    Pauline Carmona a été nommée, en Conseil des ministres du 13 juillet 2023, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à compter du 1er septembre 2023.

    Un parcours 100% diplomate au service de la France

    Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, d’une maîtrise de Sciences politiques, et ancienne élève de l’Ecole Nationale d’Administration, elle était Conseillère diplomatique au cabinet de la Première ministre – Cheffe de pôle – depuis juillet 2020. Elle a débuté sa carrière comme rédactrice ex. Yougoslavie puis élargissement de l’UE au ministère des Affaires étrangères, avant d’être nommée Consule générale adjointe à Hong Kong en 2003, puis conseillère politique à Tokyo.

    Ensuite, elle a intégré la Direction générale de la Mondialisation en 2009, puis la Direction des ressources humaines, en tant que sous-directrice des personnels contractuels. Elle a été nommée Consule générale à San Francisco, avant de devenir conseillère au cabinet du ministre de l’Intérieur en 2016, puis brièvement Directrice adjointe de cabinet du secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie, avant d’être nommée Directrice adjointe d’Asie-Océanie.

    Pauline Carmona, la nouvelle directrice de l’administration consulaire ©YOUTUBE/Acteurs publics TV – 2016

    Quel est le périmètre de l’administration consulaire ?

    La nouvelle directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire pilotera la direction et l’ensemble du réseau de plus de 200 services consulaires de la France à l’étranger.

    Pour les Français de l’étranger mais aussi les voyageurs français de passage, elle sera donc chargée de l’administration consulaire, de l’action sociale (bourses scolaires, allocations, rapatriements) et de la protection consulaire (détenus français à l’étranger, déplacements illicites d’enfants, violences faites aux femmes…) tout en étant le point de contact des familles et avocats en France en appui des consulats.

    Pauline Carmona sera donc responsable de l’état civil des Français ayant connu des événements de vie à l’étranger. Elle organisera aussi les scrutins électoraux pour les Français de l’étranger, assurera le Secrétariat général de l’Assemblée des Français de l’étranger tout en collaborant de façon étroite avec les parlementaires des Français de l’étranger et l’Assemblée des Français de l’étranger.

    Mais Pauline Carmona devra aussi, en lien avec les Ministères de la Justice et de l’Intérieur, déployer les réformes concernant les Français de l’étranger et continuer la digitalisation des services à travers France Consulaire. Ainsi en tant que directrice, elle portera en lien avec la Direction du Numérique du Ministère l’ensemble des projets de modernisation du service public.

    Aussi, Pauline Carmona exercera avec le Ministère de l’Intérieur le copilotage de la politique des visas (réglementations, négociations européennes, relations avec les prestataires extérieurs…). Elle devra traiter avec lui des sujets concernant les étrangers arrivant en France dans les situations de crise, en étant le point de contact au Département dans la gestion de ces sujets en interministériel (ex Afghanistan, Ukraine, Russie).

    En plus des agents détachés, elle sera responsable des 500 agents déployés sur 3 sites en France et veillera au dialogue social.

    Quels sont les défis à relever ?

    Pauline Carmona prend donc la suite de Mme Haguenauer, au grand soulagement de nombreux élus locaux qui ont eu du mal à travailler avec cette dernière. Pauline Carmona arrive donc avec un large crédit sympathie renforcé par son passage à San Francisco comme Consule de France, salué par les conseillers des Français de la circonscription consulaire.

    Pour autant, de nombreux dossiers l’attendent sur son bureau : finaliser le déploiement de France Consulaire et le lancement de France Identité, pérenniser le vote en ligne, adapter les modalités d’accès et la politique du STAFE pour répondre aux attentes des associations, faciliter l’accès au Service National Universel pour les jeunes Français de l’étranger, fluidifier les relations entre les consulats et les élus des Français de l’étranger, etc.

    Comme de nombreux Français de l’étranger, nous serons attentifs à ses premières actions et nous lui souhaitons le plus grand succès dans sa nouvelle fonction qui est au coeur de la vie des expatriés.

  • Les 140 ans de l’Alliance française

    Les 140 ans de l’Alliance française

    L’Alliance Française célèbre ses 140 ans cette année. 140 ans avec toujours un objectif : la diffusion et l’apprentissage du français, dans les différents pays.

    Elle fait partie des acteurs majeurs de la Francophonie, véritable instrument de diffusion de la langue française à travers le monde, elle est aujourd’hui au cœur d’un documentaire diffusé sur TV5MONDE.

    Depuis 1883

    La « première ONG culturelle du monde » a fêté ses 140 ans, ce vendredi 21 juillet lors d’une cérémonie avec Emmanuel Macron. Initialement créée pour servir des intérêts coloniaux en 1883, l’Alliance française, réseau de plus de 800 centres implantés dans 136 pays des cinq continents, compte aujourd’hui un demi-million d’étudiants, réunis autour de l’apprentissage du français.

    ©AFP/Reuters

    À sa création en 1883, l’Alliance française a pour but de propager « la langue française dans les colonies et à l’étranger », dans une démarche « civilisatrice » propre au vocabulaire colonial de l’époque. Créée par Paul Cambon, chef de cabinet du ministre Jules Ferry, et l’universitaire Pierre Foncin, le siège de l’association s’installe à Paris, boulevard Saint Germain, avec un statut apolitique et non religieux. Ce modèle s’inspire de celui de l’Alliance israélite universelle, fondée par Adolphe Crémieux dans la capitale en 1860 pour promouvoir et diffuser la culture juive dans le monde.

    Outil de soft power

    L’Alliance française ouvre en 1884 à Barcelone, puis au Sénégal et à l’Île Maurice, la même année. De nouveaux centres voient le jour par la suite à Pondichéry, en Inde, en 1886, puis à Melbourne, en Australie, en 1889. Au début du siècle dernier, l’Alliance française comptait 450 comités à l’étranger, dont 13 dans l’empire ottoman.

    Nouvel outil de « soft power » après la défaite française de 1870 face à la Prusse, cette association officie comme véritable « organisme diplomatique officieux », pour « guider tout au long du XXe siècle l’action culturelle de la France à l’étranger », décrivait François Chaubet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Nanterre, dans la Revue historique. La diffusion de la langue française constitue par ailleurs un moyen de conquérir de nouveaux marchés, dans une « rhétorique néomercantiliste ».

    Statut de droit local

    Après la première guerre mondiale, le réseau d’alliances est placé sous la tutelle du quai d’Orsay, mais l’initiative de leur création et de leur gestion est laissée aux ressortissants de chaque pays. Les différentes alliances sont en outre indépendantes financièrement, bien que subventionnées en partie par l’État français. Le vol des archives du siège de l’Alliance à Paris par les Allemands, en 1940, limite la documentation sur les centres créés antérieurement à la seconde guerre mondiale.

    Une fondation créée en 2007

    Après 1945, dépassant leur vocation première d’outil au service des intérêts coloniaux, ces centres d’apprentissage et de rayonnement de la langue française ne cessent d’ouvrir partout dans le monde. Lors du 75e anniversaire de l’association, le général de Gaulle saluait ainsi cette « ambassadrice permanente », « au-dessus des difficultés, des divisions et des critiques ». À l’occasion du centenaire de sa création, en 1983, François Mitterrand était désigné président d’honneur et un congrès mondial organisé à Paris.

    En 2007, une Fondation Alliance française est créée, dans le but de mieux réguler et coordonner les différents établissements à travers le monde. Ce réseau, qui s’inscrit dans les orientations culturelles générales du ministère des Affaires étrangères, permet aujourd’hui de délivrer des diplômes de langue, reconnus par l’Éducation nationale en France, ainsi qu’au niveau européen.

    Regardez l’intervention du Président de la République

    Regardez l’interview de Marc Cerdan, le directeur général

    Regardez l’interview du réalisateur du documentaire, Jean-Pierre Bertrand