Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Au Japon, le combat pour les enfants continue

    Au Japon, le combat pour les enfants continue

    En cette fin d’année, quoi de plus naturel que de retrouver ses enfants pour fêter Noël et la St Sylvestre. Ce n’est malheureusement toujours pas possible pour les parents français d’un enfant bi-national japonais.

    En effet, au Japon, il est commun pour un conjoint de nationalité japonaise de quitter le domicile familial avec les enfants du couple; L’autre parent, non-japonais, se retrouve, le plus souvent, démuni juridiquement face à cet état de fait. Cette situation concerne plusieurs centaines de parents français sur place, en majorité des hommes qui ont eu leurs enfants avec une épouse japonaise. 

    Un cadre légal archaïque ?

    Cette situation n’est pas nouvelle et est au contraire profondément imbriquée dans les évolutions sociales et familiales de la société japonaise. Il y a 10 ans, le Sénat français adoptait, déjà, une résolution appelant les autorités franco-japonaises à garantir le respect du droit des enfants franco-japonais séparés de l’un de leurs parents. Un aveu d’impuissance ? Pas totalement, puisque la situation a tout de même évolué depuis 2011. Le Japon a adhéré, en janvier 2014, à la convention de La Haye du 25 octobre 1980 qui vise à « protéger l’enfant sur le plan international et à établir des procédures de retour immédiat de l’enfant dans l’État de sa résidence habituelle ». En clair, c’est un engagement international que prennent les pays signataires de garantir un droit de visite et le retour d’un enfant dans son pays de résidence habituel en cas d’un « non-retour illicite ».

    Pourtant, si le Japon s’est théoriquement engagé à respecter la résolution adoptée par les sénateurs. Cependant ces derniers déplorent des « manquements » de la justice japonaise dans l’exécution des ordonnances de retour et dans les décisions accordant un droit de visite au parent français. Il est permis de douter de l’effectivité de ces engagements internationaux quand on sait qu’il s’est même tenu à Paris le 15 mai 2018 un séminaire qui était coorganisé par le Ministère des Affaires étrangères du Japon et la Fédération japonaise des associations du Barreau où l’on expliquait aux participants comment s’y prendre pour enlever leur enfant et contourner cette fameuse Convention de la Haye sur les droits de l’enfant.

    Le 10 mai 2019, le parlement japonais a tout de même adopté une loi qui renforce le rôle des juridictions et des agents de la force publique dans les changements concernant l’autorité parentale et la garde des enfants : ceux-ci doivent s’assurer que ces changements ne nuisent pas au bien-être mental et physique de l’enfant. Force est de constater que ces changements restent marginaux face à la prégnance juridique et sociale du principe de « continuité » de la parenté, qui « entérine le kidnapping ».  « Le principe de continuité, hérité de l’ère Meiji suppose que, lorsqu’un parent quitte la maison, il quitte la famille »

    Une évolution lente

    Pourtant, désormais, même les associations parentales japonaises souhaitent que le Japon réforme sa loi de la famille pour permettre l’autorité parentale et la garde partagées. Malgré la loi d’avril 2020, les situations injustes et les cas de séparation non voulue sont toujours aussi nombreux.

    On estime chaque année à 200,000 le nombre d’enfants séparés définitivement de leur second parent après un divorce, dont plusieurs milliers d’enfants de mariages internationaux.

    Le Parlement Européen a, de son côté, en juillet, voté une proposition de directive afin de faire pression sur le Japon. L’article 18 demande aux autorités japonaises de mieux coopérer avec l’Union européenne et de permettre l’application effective des droits de visite et de visite accordés par décision de justice aux parents laissés pour compte.
    L’UE indique ne pas être dupe sur les limites de la modification de loi du 1er avril 2020 qui ne permet pas le respect des rencontres parent-enfants.

    La mobilisation des parents

    En Février 2020, 13 parents japonais et étrangers ont déposé un recours en justice contre l’incapacité du gouvernement à prévenir les enlèvements parentaux qui coupent de tout contact avec l’un de leurs parents et leur seconde famille pour des années, voir des décennies.

    Mobilisation des parents dans les rues de Tokyo ©Thierry Consigny

    En cette fin d’année, force est de constater que rien n’a vraiment évolué. Les parents sont donc toujours mobilisés. Comme ce dimanche 27 décembre, où accompagnés des Conseillers des Français de l’étranger élus pour le Japon, dont Thierry Consigny et François Roussel (très impliqués dans ce combat) et du Président de l’OLES locale, Yves Alemany (association d’utilité sociale reconnue par le Ministère des Affaires étrangères), ils furent quelques dizaines à se réunir dans l’espoir de revoir leurs enfants.

  • La France va-t-elle se reconfiner ?

    La France va-t-elle se reconfiner ?

    Un conseil de défense sur la situation sanitaire se tiendra mardi matin, annonce l’Élysée.

    Une troisième vague ?

    Cette annonce intervient alors que plusieurs élus, notamment dans le Grand Est, s’inquiètent d’un rebond de l’épidémie, et alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’a pas exclu dimanche l’hypothèse d’un troisième confinement de la population.

    Les autorités redoutent l’arrivée d’une troisième vague dans les semaines qui suivent les fêtes de fin d’année. Elles observent déjà un rebond des contaminations dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le département des Alpes-Maritimes.

    Le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, a jugé lundi « inéluctable » un reconfinement local face au rebond de l’épidémie de Covid-19 dans le Grand Est, appelant aussi à « accélérer » la campagne de vaccination dans les régions les plus touchées.

    La France a enregistré 8.822 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, selon Santé publique France dimanche soir, des données peu significatives le week-end suivant Noël.

    La Côte d’Azur fortement touchée

    Christian Estrosi a convoqué ce lundi en visioconférence un conseil local de santé pour faire le point sur la progression de l’épidémie à Nice. Il s’inquiète de la hausse des indicateurs mais aussi du « relâchement » constaté.

    « Nous souhaitons que notre campagne de vaccination commence tout de suite » a déclaré le maire de Nice. « Nous estimons que le confinement n’est pas la meilleure voie ». « Nous sommes un des départements de France effectuant le plus de tests et celui avec le plus d’Ehpad (…) La situation d’urgence n’est pas à aujourd’hui mais à 8 jours ou à 15 jours. Elle nous force à prendre des mesures d’anticipation » dit-il. Il ajoute par ailleurs que « tout franchissement de la frontière italienne vers la France doit faire l’objet d’une quarantaine ». 

    Christian Estrosi

    Quelles mesures attendues ?

    Plusieurs spécialistes préconisent déjà un reconfinement après les fêtes de fin d’année pour éviter une explosion des nouveaux cas de Covid-19. Cette hypothèse n’est pas exclue, a d’ailleurs déclaré dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du dimanche. D’autres options sont toutefois sur la table du gouvernement. Il ne semble pas avoir de nouvelles mesures prévues pour limiter l’accès aux expatriés au territoire.

  • Défense : France et Allemagne deux piliers encore fragiles.

    Défense : France et Allemagne deux piliers encore fragiles.

    Les budgets militaires de la France et de l’Allemagne sont équivalents, de l’ordre de 45 à 48 milliards d’euros pour 2020  la France dépassant encore l’Allemagne. Ce sont les budgets les plus importants d’Europe, de loin, qui sont du même ordre de grandeur que le budget militaire britannique. Dans le voisinage, seule la Russie a un budget supérieur.

    L’Allemagne a accru son effort militaire ces dernières années, qui n’étaient que de 33 milliards d’euros en 2010. Si l’Allemagne dépensait autant que la France en proportion de son Pib, comme le lui demandent les Etats-Unis qui considèrent que les Européens doivent assumer leur part de dépense, il atteindrait 65 milliards d’euros. En effet, il devrait passer de 1.17% du Pib en 2012 à 1.5% en 2024.

    Mais derrière les chiffres, qu’en est-il de la capacité opérationnelle de ces deux piliers, hypothétiques, de la défense européenne ?

    Les salaires de la Bundeswehr 25% plus élevés qu’en France

    La Bundeswehr peine à recruter. Plus de 20.000 postes restent vacants pour 182.000 militaires. Pourtant, les salaires sont plus élevés qu’en France de 25% : la moyenne des dépenses de personnel par soldat est de 72.000 € en Allemagne contre 58.000€ en France.

    Conséquence, malgré un budget équivalent, les dépenses d’investissement et d’équipement sont très inférieures en Allemagne à ce qu’elles sont en France : 12.6 milliards en Allemagne, 19.7 milliards en France. Pour la recherche et le développement, l’Allemagne investit seulement 1.5 milliard, la France, 5.5 milliards.

    Plus d’investissements en France 

    La dissuasion nucléaire explique en partie ces écarts, mais pas seulement. Même en excluant celle-ci la France dépense en investissements 18% de plus que l’Allemagne. Ce n’est pas seulement faute de moyens, et cela reste mystérieux : en 2019, 1.1 milliard ont été rendu sur le budget d’investissement, soit 13% des crédits.

    Pourtant, les besoins sont là : selon les rapports, en 2018, seulement 105 des 224 chars Léopard, 5 des 13 frégates, 3 des 15 A400M, et 16 des 72 hélicoptères étaient utilisables. En France aussi, le taux de disponibilité est faible, mais il est en moyenne de 75%, alors que la France est engagée sur différents théâtres d’opérations extérieures, ce qui n’est pas le  cas de l’Allemagne. Ceci explique peut-être cela.

    Faible disponibilité

    Car l’expérience du terrain et de vrais conflits permet de juger l’efficacité et les besoins réels des forces armées. Les interventions françaises à l’extérieur permettent de mesurer besoins et efficacité sur le terrain.  

    Cela étant, un rapport du Sénat explique que « l’activité opérationnelle des Forces armées est préoccupante ». Il explique que sur 14 indicateurs de « norme Otan », un seul est conforme : celui du nombre d’heures des pilotes de l’aéronavale. Pour l’armée de terre, la cible de 90 jours de préparation opérationnelle n’a plus été atteinte depuis 2015. La remontée de l’activité opérationnelle pour atteindre les standards internationaux a été repoussée à 2025.

    L’objectif de la loi de programmation militaire pour l’entretien n’a jamais été atteint lors de ses trois premières années : Il manque 2 milliards.

    Conclusion : la Bundeswehr n’est pas au niveau, la France est un peu juste. Le fonds d’investissement européen pour la défense et la sécurité a été doté de huit milliards. Le gouvernement allemand prévoit d’augmenter les ressources financières. C’est maintenait qu’il faut accroitre la coopération franco-allemande, non seulement pour l’industrie mais aussi pour l’opérationnel.

  • GAFAM, les Etats se rebiffent

    GAFAM, les Etats se rebiffent

    Depuis l’échec de la procédure anti-trust dans les années 2000 contre Microsoft, les gouvernements et les régulateurs apparaissaient impuissants face aux entreprises technologiques. Accusées de positions dominantes, de conservation de rentes, d’abus fiscaux, les géants du monde digital (GAFAM) arrivaient à passer entre les mailles des lois de la concurrence aux Etats-Unis comme en Europe. La crise sanitaire qui leur a été bénéfique a eu comme conséquence de décomplexer les administrations publiques qui mettent en avant la défense des petits commerces et qui souhaitent par tous les moyens récupérer des recettes fiscales qui leur font tant défaut.

    Enquêtes aux Etats-Unis et en Europe 

    Le 16 décembre dernier, un groupe d’États américains dirigé par le Texas a poursuivi Google pour avoir prétendument manipulé les marchés de la publicité en ligne. Le Ministère de la Justice américain a engagé contre Google une procédure anti-trust concernant son éventuel monopole dans la recherche sur Internet. 

    En Europe, le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton et la Vice-Présidente de la Commission chargée de la concurrence, Margrethe Vestager, ont présenté, le 15 décembre dernier, leur plan pour mieux contrôler les entreprises du numérique. Ces derniers sont aujourd’hui soumis à une législation vieille de vingt ans. Le droit de la concurrence européen n’a pas réussi, malgré quelques sanctions et amendes, à remédier aux déséquilibres constatés ni aux entraves à la libre entreprise.

    Pour le moment, la volonté des pouvoirs publics de reprendre la main sur le secteur du digital a peu de conséquences sur la valorisation boursière des entreprises. La valeur des cinq plus grandes entreprises de la Silicon Valley a augmenté de 46 % en 2020. L’absence de coopération internationale au niveau des dispositifs anti-trust limite la portée des mesures prises de part et d’autre de l’Atlantique. 

    Les Gafam vont très vite

    Les GAFAM disposent de nombreux arguments leur permettant de justifier leur politique. Ainsi, Facebook face à l’accusation d’avoir acheté à vil prix WhatsApp et Instagram afin d’empêcher toute apparition de concurrents, souligne que ces deux entreprises étaient à l’époque de très petite taille et complémentaires aux services proposés à son réseau social. 

    La durée des procédures anti-trust, plus de six ans pour Microsoft, les rend caduques avant qu’une décision soit annoncée. L’évolution du marché est telle que les juges ont fortes chances d’intervenir après la bataille et dans un contexte technologique complètement différent. Les tribunaux sont de plus en plus réservés face aux enquêtes administratives engagées au titre des lois anti-trust. 

    Les dossiers concernant les positions dominantes des entreprises distribuant des cartes de crédit, Visa, American Express et Mastercard, n’ont pas abouti. Lancée en 2018, cette action antitrust cherchait à démontrer que Visa, MasterCard et American Express entravaient la concurrence en empêchant les commerçants d’inciter les consommateurs à utiliser des cartes de crédit ayant un plus faible coût pour eux. La Cour suprême a rejeté ces accusations en jugeant notamment que les requérants s’étaient focalisés à tort sur le seul segment du marché des commerçants. 

    Réarmement des procédures anti-trust aux Etats-Unis 

    Au mois d’octobre dernier, aux Etats-Unis, la Commission judiciaire de la Chambre des représentants a rendu son rapport sur les pratiques anticoncurrentielles des grandes entreprises technologiques. Elle conclut que Google (Alphabet), Apple, Facebook et Amazon effectuent des achats préventifs afin de limiter la concurrence. Le rapport souligne que ces entreprises abusent de leur position dominante pour fausser les règles de la concurrence dans des marchés adjacents aux leurs. La Commission cite l’exemple d’Amazon qui utiliserait les données des vendeurs tiers pour développer ses propres produits. La Commission américaine préconise l’interdiction à certaines plateformes dominantes d’opérer dans des secteurs d’activité adjacents, ainsi que de pratiquer du « self-preferencing » c’est-à-dire de favoriser ses propres produits par rapport à ceux de ses concurrents. 

    Google met en avant ses propres contenus dans le cadre de son moteur de recherche même quand il n’est pas le plus pertinent. Apple pratique de même avec ses services sur IOS. Selon la Commission, un principe de non-discrimination devrait être institué en offrant des conditions égales d’accès et de prix. 

    Les membres du Congrès souhaitent également que les principes d’interopérabilité et de portabilité des données soient garantis afin d’éviter des systèmes fermés. Actuellement, Facebook n’est interopérable avec aucun autre réseau social, ses utilisateurs sont enfermés dans cette plateforme. Il en est de même pour les achats effectués sur la plateforme d’Apple qui ne peuvent pas être transférés sur Android.

    Eviter la concentration du secteur  

    Le rapport propose la création d’une « présomption d’interdiction » pour les futures acquisitions, contraignant les grandes entreprises digitales à justifier avant d’obtenir un accord leurs achats. Cette proposition serait applicable aux entreprises dites systémiques. L’objectif serait d’éviter une concentration croissante du secteur qui limiterait la diffusion du progrès à travers la forme d’une rente croissante. Si elle est soumise au vote du Congrès, cette proposition donnera lieu à de nombreux débats en particulier autour de la notion de libre entreprise, chère aux Américains. Les membres de la Commission rappellent que la législation américaine contient déjà de nombreux textes qui interdisent les comportements anticoncurrentiels.

    Concurrence chinoise 

    Un renforcement des pouvoirs des agences fédérales chargées de l’application du droit de la concurrence est souhaité. Ces dernières années, elles n’ont examiné que 38% des fusions. Elles n’ont, par ailleurs, interdit aucune des plus de 500 acquisitions faites par Apple, Google, Facebook et Amazon depuis 1998. Le Congrès ne devrait pas retenir l’ensemble des propositions de la Commission car il n’entend pas réellement entraver l’essor de multinationales américaines qui disposent de moyens de lobbying importants et qui sont en compétition directe avec des entreprises chinoises. 

    L’Europe sur la défensive 

    L’Europe est dans une situation délicate par rapport aux techniques de l’information et de la communication. Elle dépend des entreprises américaines, japonaises, coréennes et chinoises. Même le moteur de recherche français Qwant a été contraint de s’associer à Microsoft pour se développer. Sa dépendance par rapport à Bing, le moteur de recherche de Microsoft est évalué à 64 %. Le chiffre d’affaires de Qwant, en 2019, était de 5,8 millions d’euros, son résultat étant négatif à hauteur de 23 millions d’euros. Pour mémoire, le chiffre d’affaires de Google en 2019 a été de 162 milliards d’euros. 

    En raison de sa dépendance dans ce secteur clef, l’Europe est sur la défensive et tend de réguler un marché qui lui échappe en grande partie. Le projet européen pour mieux réguler les entreprises du digital comporte deux volets. Le premier, le « Digital Services Act » (DSA), concerne plus spécifiquement les contenus. Le principe retenu est, selon Thierry Breton, le suivant : « ce qui est interdit dans le monde réel l’est aussi dans le monde virtuel ». 

    Mandat d’arrêt numérique

    Les réseaux servent de plus en plus de vecteurs de propagande, d’enrôlement et de vente pour des organisations criminelles ou terroristes. Les Etats éprouvent au nom de la liberté de l’information des difficultés à contrôler les sites sur Internet. Dans le cadre du DSA, la Commission a exclu tout contrôle en amont des publications. Elle ne reviendra pas non plus sur le principe d’« hébergeur passif », qui garantit aux plates-formes de ne pas être tenues responsables des contenus publiés par leurs usagers. En revanche, la Commission entend renforcer les procédures de signalement et imposer aux plates-formes, quelle que soit leur taille, des « obligations », afin que les contenus illicites puissent être retirés rapidement. Le DSA imposera aussi aux vendeurs en ligne de contrôler l’identité des revendeurs avant de les abriter. 

    Les plates-formes les plus importantes, jugées systémiques, ayant plus de 45 millions d’utilisateurs, soit plus de 10 % de la population européenne, seront soumises à des règles plus strictes et seront auditées tous les six mois. Elles devront être dotées de moyens de modération (automatisés et humains) suffisamment étoffés. Elles devront fournir des informations sur le fonctionnement de leurs algorithmes. Elles devront communiquer le nom des annonceurs qui sont à l’origine des publicités sur les sites.

    Chaque Etat membre devra se doter d’une autorité de régulation en charge du numérique qui aura le pouvoir de lancer un mandat d’arrêt numérique européen contre tel ou tel contenu. Les amendes pourront atteindre jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial. En cas de manquement grave et répété ayant pour conséquence la mise en danger de la sécurité des citoyens européens, la plate-forme pourrait faire l’objet d’une interdiction d’opérer sur le marché européen.

    Faciliter la concurrence

    Le second volet de la nouvelle législation européenne, le « Digital Markets Act » (DMA), concerne le droit de la concurrence. Il vise les acteurs dits systémiques ayant la capacité de menacer le libre jeu de la concurrence. Ces plates-formes ne pourront plus utiliser les données de leurs clients pour leur faire de la concurrence. Elles devront aussi permettre aux PME qu’elles hébergent de migrer vers des services concurrents et d’accéder aux données de leurs propres clients. La Commission européenne prévoit que les amendes pourront s’élever jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial en cas d’infraction. Les entreprises n’auront plus le droit de donner la priorité à leurs propres services dans leur moteur de recherche. Le DMA prévoit aussi que les géants du numérique ne pourront plus empêcher la désinstallation d’applications ou services intégrés par défaut. Les plates-formes systémiques devront notifier toute acquisition à la Commission européenne, quel qu’en soit le montant. 

    Une plate-forme sera dite « systémique » si elle remplit plusieurs critères depuis au moins trois ans : être présente dans trois Etats membres, dégager un chiffre d’affaires en Europe supérieur à 6,5 milliards d’euros ou avoir une capitalisation boursière de plus de 65 milliards d’euros, compter au moins 45 millions d’utilisateurs finaux ou 10 000 clients commerciaux. Seraient ainsi considérées comme systémiques les cinq Gafam, ByteDance (la maison mère de TikTok), Alibaba et Booking.

    25% du chiffre d’affaire en Europe 

    Les deux projets, DSA et DMA, doivent encore faire l’objet de négociations avec les vingt-sept Etats membres et le Parlement européen, avant une adoption définitive qui devrait intervenir d’ici deux ans selon la Commission de Bruxelles. 

    Les Etats-Unis pourraient menacer de rétorsions les Etats européens estimant que les deux textes précités pénaliseraient leurs entreprises digitales. Les cinq GAFAM réalisent 25% de leurs ventes en Europe, contre 51% en Amérique. Ces entreprises pourraient diminuer leur présence en Europe et privilégier une gestion de ce continent à partir de leurs bases américaines. Une coopération de part et d’autre de l’Atlantique est nécessaire pour aboutir à une réelle régulation du secteur du digital. 

    Pour le moment, les tentatives en la matière ont échoué en raison de l’opposition américaine. Certains ont l’espoir que le nouveau Président des Etats-Unis Joe Biden soit plus accommodant sur le sujet ; d’autres ne se font aucune illusion, celui-ci ayant bénéficié de l’appui marqué des GAFAM durant la campagne présidentielle.

  • Un Palestinien arrêté pour l’assassinat d’une franco-israélienne

    Un Palestinien arrêté pour l’assassinat d’une franco-israélienne

    Esther Horgan, une franco-israélienne de 52 ans avait été retrouvée morte dans la forêt de Reihan, près de l’endroit où elle habitait.

    Esther Horgan

    Mère de six enfants, elle habitait dans la colonie de Tal Menashe, et était sortie faire un jogging. Son corps avait été retrouvé dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 décembre 2020.

    Tuée à coup de pierres

    Elle avait vraisemblablement été tuée par des coups de pierre à la tête. Esther Horgen, née Brigitte Atlan, était originaire de Fontenay-aux-Roses. Elle s’était installée en Israël il y a une trentaine d’années. Elle était conseillère conjugale et s’était impliquée fortement dans la vie de la communauté de Tal Manashe. 

    Un suspect a été arrêté, moins de 48 heures après le drame. Il était interrogé par le Shin Bet, l’agence de sécurité israélienne, qui essaie de savoir s’il a bénéficié de complicités.

    Absence de réactions des autorités françaises

    Il s’agit d’un Palestinien de 40 ans de la région de Djenine. D’autres personnes sont interrogées. « La France condamne avec la plus grande fermeté le meurtre d’une ressortissante française en Cisjordanie », a indiqué le ministère des Affaires étrangères « Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Toute la lumière doit être faite sur ce crime odieux, dont les auteurs devront être traduits en justice » poursuit le ministère.

    Meyer Habib
    Meyer Habib

    Le député Meyer Habib avait adressé son soutien à la famille et dénoncé le silence des medias et des autorités en France concernant cet assassinat, regrettant que ni Jean Yves Le Drian ni Emmanuel Macron n’avaient réagi à cet assassinat, contrairement au Premier ministre israélien. 

  • Maghreb : le couscous au patrimoine immatériel de l’Unesco

    Maghreb : le couscous au patrimoine immatériel de l’Unesco

    Maghreb : le couscous, plat emblématique de l’Afrique du Nord, est officiellement entré au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

    Après une candidature commune de quatre pays du Maghreb où les recettes de ce mets populaire se déclinent à l’infini, l’organisme dédié à la culture de l’ONU a officialisé ce 16 décembre la place de ce chef d’oeuvre culinaire.

    Le couscous, plat préféré des Français ?

    Parmi les plats préférés des Français, on retrouve bien évidemment des choses assez traditionnelles. Le magret de canard, la côte de boeuf, la raclette, le boeuf bourguignon ou encore la blanquette. Mais, d’après un sondage OpinionWay, le couscous se retrouve également dans le top 10. Ce qui en soit, n’est pas une grande surprise.

    Le couscous, un plat facile au goût d’ailleurs

    Depuis de nombreuses années, les Français plébiscitent la nourriture étrangère, qu’il s’agisse des sushis japonais, des pizzas italiennes ou des burgers américains. Il n’est donc pas étonnant de voir le couscous se glisser dans la liste, d’autant que la recette est relativement simple à réaliser. De la semoule, des légumes (navets, carottes, oignons, courgette, tomates, pois chiches…), de la viande ou du poisson, et surtout : des épices pour obtenir un plat bien relevé, et le tour est joué. Une fois que vous avez le coup de main, la recette est simple à réaliser.

    Mais, en dépit de sa simplicité, le couscous est surtout un plat qui fera voyager vos papilles, grâces aux épices, justement. Loin des plats en sauce à la Française, ici, vous n’aurez ni le goût du beurre, ni celui de la crème, mais bien celui du piment doux, du gingembre, du cumin, de la muscade et même une pointe de cannelle.

    Une recette qui s’adapte à vos envies

    Autre point très positif du couscous : son côté caméléon. Vous aimez la viande rouge ? Faites-le avec du boeuf. Vous préférez la viande blanche ? Le poulet fonctionne également très bien, de même que le poisson, pour un style un peu différent. Enfin, pour les personnes végétariennes, le couscous se décline tout aussi bien sans aucun produit d’origine animale. Les pois chiches, riches en protéines, permettent d’éviter les carences, et la cuisson à l’huile d’olive est garantie 100% végétarienne. De la semoule, des légumes et des épices pour un plat rassasiant, tout simplement.

    Un plat plutôt équilibré

    La cuisine maghrébine n’est pas réputée pour être la plus légère, et le côté très rassasiant du couscous ne lui donne pas forcément la réputation d’être un plat léger. Mais cela ne l’empêche en aucun cas d’être un plat sain, puisqu’il est tout à fait équilibré. Il comporte aussi bien des fibres, des vitamines et des protéines. Certes, il est en partie cuit à l’huile d’olive, mais à condition de ne pas avoir la main lourde, cela permet avant tout de faire le plein de bonnes lipides. Pour le reste, c’est l’assaisonnement de ce plat qui lui donne tant de goût, alors n’hésitez pas à mélanger les épices pour un résultat qui vous convient.

    D’autant plus que le couscous se prépare généralement avec des légumes de saison, ce qui permet de limiter votre impact écologique. Un plat bon pour les papilles et bon pour la planète ? Comment ne pas se laisser séduire ?

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Retour du Boeing 737 Max ? Les familles des victimes déposent une plainte

    Retour du Boeing 737 Max ? Les familles des victimes déposent une plainte

    Boeing 737 MAX. Les familles de victimes du crash aérien de 2019 ont déposé une plainte ce 22 décembre auprès de l’Agence européenne de la sécurité aérienne, tandis que celle-ci s’apprête à lever l’interdiction de vol du Boeing à partir de janvier.

    Deux accidents aériens ayant coûté la vie à 346 personnes en 2018 et 2019 avaient entraîné une immobilisation au sol de l’aéronef pendant 20 mois, et ce à travers le monde entier. Toutefois, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) devrait apporter quelques rectifications à cette interdiction, emboîtant ainsi le pas aux autorités américaines.

    l’Europe va donner son feu vert

    Le chef de l’AESA, Patrik Ky a déclaré dimanche (20 décembre) qu’il était fort probable que son agence donne le feu vert à la remise en service du 737 MAX à partir de mi-janvier, insistant sur le fait que l’AESA avait effectué une analyse des plus rigoureuses sur la sécurité de l’avion.

    « Nous sommes allés un cran plus loin. Nous avons procédé à nos propres contrôles et à nos tests en vol », a-t-il souligné dans un entretien avec la BBC. En outre, il convient encore d’effectuer des mises à jour des logiciels et des câblages, et donc former les pilotes à ces nouveautés.

    AESA ET FAA

    En menant son propre examen, l’AESA a rompu avec les procédures normalement effectuées par l’organisme responsable, dans ce cas-ci : la Federal Aviation Administration (FAA, l’autorité américaine compétente).

    Au vu des remous engendrés par les deux crashs aériens et des manquements présumés dans les démarches initiales de certification, le régulateur européen s’était engagé à réaliser sa propre enquête. Toutefois, une grande partie de celle-ci avait finalement été effectuée par la FAA.

    M. Ky a maintenu auprès de la BBC que l’affaire MAX avait poussé les parties impliquées à repenser le rôle d’un régulateur suppléant, de même que des contrôles supplémentaires seraient plus réguliers. « Nous procéderons à notre propre évaluation des risques ; celle-ci sera bien plus complète qu’auparavant ».

    Les familles des victimes des crashs opposées

    Cependant, à la suite de l’annonce de la levée prochaine de l’interdiction, les familles des victimes de l’accident mortel de 2019 impliquant le vol éthiopien 302 ont déposé une plainte auprès de l’AESA, l’accusant de ne pas avoir mené l’enquête minutieuse initialement promise.

    « Lors de votre réunion avec les familles du vol ET302 le 16 septembre, vous nous avez dit que le 737 MAX ne reprendrait pas du service en Europe tant que les deux accidents n’avaient pas été totalement élucidés », peut-on lire dans le document.

    « Vous nous aviez promis que l’AESA ne se reposerait pas sur les conclusions tirées par la FAA et qu’elle mènerait ses propres examens », écrivent les familles, déplorant que l’étude de sécurité ne soit rendue disponible qu’après la remise en service.

    « Pour l’heure, néanmoins, l’avion est dépourvu de toute stabilité aérodynamique et ne respecte pas les normes de certification des aéronefs actuels », poursuivent-elles.

    « J’étais soulagé lorsque j’ai appris que le 737 MAX était immobilisé au sol. Tout ce que nous avons entendu depuis ne fait que me convaincre du fait que l’avion n’aurait jamais dû être construit en premier lieu ».

    Adrian Toole, père d’une des victimes

    L’enquête de la FAA a conclu qu’une mauvaise interprétation du logiciel anti-décrochage MCAS l’avait incité à pousser le nez de l’avion vers le bas, sans que les pilotes d’Ethiopian Airlines et de Lion Air n’aient été en mesure de le redresser.

    La plainte déposée exhorte l’AESA à revoir entièrement l’aéronef afin qu’il « respecte les normes de sécurités actuelles ».

    L’AESA a soutenu auprès d’Euractiv qu’elle ne commenterait pas l’affaire « à ce stade » et qu’elle s’exprimerait dans le cadre de la procédure de feedback.

  • Un expatrié au Royaume-Uni importe le virus mutant en France

    Un expatrié au Royaume-Uni importe le virus mutant en France

    Comme d’autres pays européens, la France craignait depuis plusieurs jours la présence du virus à l’intérieur de ses frontières, malgré le reconfinement de Londres et d’une partie de l’Angleterre, ainsi que la suspension par précaution des liaisons trans-Manche, puis l’instauration de tests obligatoires pour rentrer en France. Par ailleurs, une procédure a également été mise en place pour les personnes au retour d’Afrique du Sud, « où un autre variant du SARS-CoV-2 circule actuellement de façon active », rappelle le ministère.

    Un Français de Londres

    Et comme on pouvait s’y attendre, un premier cas a été détecté en France. Il s’agit d’un homme, de nationalité française résidant outre-Manche, venu passer les fêtes en famille dans la ville de Tours. L’homme est asymptomatique et a été placé à l’isolement chez lui. 

    « Pour moi, ce n’est pas une énorme surpriseAu moment où ce monsieur a pris l’Eurostar, il y avait beaucoup de monde, les gens ne faisaient pas très attention et j’étais à peu près sûr que le virus mutant anglais allait venir en France »« Il faut s’en inquiéter puisque apparemment ce virus est plus contagieux. On ne sait pas encore s’il est plus dangereux pour ceux qui sont contaminés. Mais il va falloir faire très attention et savoir combien parmi les 20 000 cas positifs sont contaminés par le variant anglais »

    Philippe Froguel, directeur de recherche à l’Institut Pasteur de Lille, sur BFM TV.

    Inquiétude sur le continent

    Cette annonce intervient alors que plusieurs pays européens, parmi lesquels l’Allemagne, ont fait état auparavant de la présence du variant du coronavirus sur leur territoire.

    Les données publiées un peu plus tôt par les autorités sanitaires font état de 20 262 nouvelles infections en vingt-quatre heures en France, pour un total de 2 547 771 personnes contaminées depuis le début de l’épidémie.

  • Coronavirus : un monde plein de restrictions

    Coronavirus : un monde plein de restrictions

    Un réveillon de Noël inédit pour les pays qui célèbrent religieusement ou non le 25 décembre. Un peu partout, les festivités étaient marquées par les restrictions ordonnées pour lutter contre la pandémie due coronavirus.

    La Covid-19 a fait au moins 1,73 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 11H00 GMT. Plus de 78,6 millions de cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués.

    Lesfrancais.press font le point des restrictions aux frontières et dans les principaux Etats.

    Europe : le centre mondial de l’épidémie

    Le 25 décembre à la mi-journée, l’Europe recensait plus de 25 millions de personnes touchées par l’épidémie de Covid-19, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles.

    Depuis le début de la pandémie, près de 80 millions cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués, dont au moins 50 millions sont aujourd’hui considérés comme guéris.

    Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations. Certains pays ne testent que les cas graves, d’autres utilisent les tests en priorité pour le traçage et nombre de pays pauvres ne disposent que de capacités de dépistage limitées.

    Quelles mesures ?

    L’Irlande va, pour sa part, se reconfiner du 24 décembre au 12 janvier, avec à la clé certains assouplissements et exceptions relatifs aux fêtes de fin d’année.

    En Espagne, une jauge limitée à dix personnes au maximum, dans le cadre des réunions entre proches pour les fêtes, entre en vigueur le 24 décembre. Elle sera également valable les 25 et 31 décembre, ainsi que le 1er janvier 2021.

    En Lituanie, la police a mis en place des barrages sur les routes pour empêcher les déplacements pendant les fêtes. Ces derniers demeurent interdits du 16 décembre au 3 janvier, et ce dans l’ensemble du pays.

    A deux jours du début d’un troisième confinement, le parc de plus de 400 stations de ski que compte l’Autriche a pu rouvrir jeudi. Les hôtels, les bars et les restaurants restent, eux, fermés, cantonnant la population locale à un accès aux pistes en plein air.

    Une cinquantaine de pays ont décidé de suspendre leurs liaisons aériennes avec le Royaume-Uni après l’apparition de la nouvelle souche du coronavirus outre-Manche. Celle-là est bien « 50 % à 74 % » plus contagieuse, a confirmé jeudi une nouvelle étude. Les liaisons ferroviaires et maritimes entre le Royaume-Uni et la France seront assurées pendant les fêtes de Noël, afin notamment de libérer les milliers de camionneurs et leur véhicule bloqués aux abords de Douvres, en Angleterre – à condition toutefois que les passagers et les routiers puissent présenter un test négatif. Les déplacements entre les deux pays resteront restreints « jusqu’au 6 janvier minimum », a annoncé le gouvernement français.

    En Allemagne, les autorités sanitaires ont annoncé que la nouvelle souche avait pour la première fois été repérée chez une femme, arrivée en avion de Londres le 20 décembre. Deux jours plus tard, le ministère de la santé allemand annonçait qu’il prolongeait la fermeture de ses frontières à toute liaison par « train, bus, bateau et avion » avec le Royaume-Uni. D’abord prévue jusqu’au 31 décembre, cette mesure a été étendue jusqu’au 6 janvier.

    En France, comme dans toute l’Union européenne, la campagne de vaccination débutera dimanche à Sevran, près de Paris, et Dijon, auprès de personnes âgées volontaires. Les premiers flacons du vaccin développé par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech, doivent arriver samedi sur le sol français, après un voyage sous haute sécurité. Aucune information n’est encore disponible pour les expatriés, mais Jean-Baptiste Lemoyne a déclaré que les expatriés seraient vaccinés si leurs états de résidence ne le font pas.

    Les Amériques vaccinent

    Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 329.106 décès pour 18.655.012 cas recensés, selon le comptage de l’université Johns Hopkins. Au moins 6.298.082 personnes ont été déclarées guéries. La campagne de vaccination bat son plein, avant l’instauration de nouvelles mesures par Joe Biden, lors de sa prise de fonction le 20 janvier 2021.

    Tous les voyageurs à bord de vols en provenance du Royaume-Uni seront obligés à partir de lundi de présenter un test au Covid-19 négatif pour être admis aux Etats-Unis, ont annoncé jeudi les autorités sanitaires américaines. Ce test devra avoir été effectué dans les soixante-douze heures ayant précédé le départ.

    Actuellement, les voyageurs venant de France ne sont pas autorisés non plus sans présenter un test au Covid-19 négatif. Pour chaque pays de résidence, nous vous invitons à consulter le consulat américain local.

    Mexique, Chili et Costa Rica ont débuté leur campagne de vaccination contre le Covid-19, quelques heures après la réception des premières doses.

    L’Argentine, deuxième pays à avoir homologué le vaccin russe Spoutnik V après la Biélorussie, a reçu 300 000 premières doses en provenance de Moscou et devrait commencer la campagne d’immunisation dès la semaine prochaine.

    Moyen-Orient et Afrique : des situations contrastées

    La Turquie a de son côté annoncé jeudi qu’elle allait prochainement recevoir une première commande d’un vaccin chinois contre le Covid-19, affirmant que celui-ci était efficace à 91,25 %, malgré l’absence de résultats officiels des tests de phase 3. L’accès au pays est possible sous condition, des mesures de quarantaine peuvent être prises.

    Israël a annoncé un troisième confinement général – d’une durée de deux semaines au moins et qui prendra effet le 27 décembre – afin de juguler une hausse des contaminations, quelques jours après le début d’une campagne de vaccination à l’échelle nationale.

    Le gouvernement du Maroc a annoncé jeudi avoir commandé 65 millions de doses des vaccins chinois Sinopharm et britannique AstraZeneca, précisant que les préparatifs pour le lancement de la campagne de vaccination étaient « très avancés ». l’accès au pays est toujours conditionné à un test PCR.

    En Afrique du Sud, l’inquiétude monte avec la découverte d’une autre variante du coronavirus. Rien ne prouve que la nouvelle souche du coronavirus identifiée en Afrique du Sud soit plus dangereuse ou contagieuse que sa cousine britannique, a estimé le gouvernement sud-africain. Londres a annoncé mercredi des restrictions de voyages entre les deux pays, estimant la souche sud-africaine « hautement préoccupante » car « plus contagieuse ».

    Le Mali, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest confronté à une crise sécuritaire, sociale et économique, avait été relativement épargné au début de la pandémie. Seuls 5 878 cas ont été officiellement enregistrés, dont 205 mortels, pour une population d’environ 20 millions d’habitants. Alors qu’il effectuait 500 tests journaliers lors du premier pic en mars, le Mali en organise aujourd’hui « près de 2 500 quotidiennement », selon Bamako.

    En République démocratique du Congo, la présidence parle d’une « deuxième vague » de Covid-19, qui touche surtout la capitale Kinshasa. Un couvre-feu a été instauré à partir du 18 décembre dans tout le pays entre 21 h à 5 h du matin. À la veille des fêtes de fin d’année, l’interdiction des cérémonies festives et des réunions de plus de 10 personnes a également été décrétée. Les marches publiques, productions artistiques et kermesses ont également été interdites.

    Autre État africain à adopter le couvre-feu, la Mauritanie a annoncé le 13 décembre l’interdiction de se déplacer de 18 h  à 6 h pour tenter d’empêcher la saturation des hôpitaux de ce pays aux moyens sanitaires limités. Le directeur de la santé publique Sidi Ould Zehave a déclaré la veille que les centres hospitaliers « approchaient de la saturation » et que 60 % des personnels médicaux étaient réquisitionnés dans les centres de santé.

    Au Sénégal, les restaurants et les bars de la région de Dakar ferment au plus tard à 23 h et ont cessé musique et danse depuis le 12 décembre. Le gouverneur de la région a invoqué « la courbe de progression inquiétante » du Covid-19 dans la zone de Dakar, qui concentre la grande majorité des cas de contamination. Ces restrictions s’ajoutent à celles récemment remises à l’ordre du jour par le ministère de l’Intérieur, comme le port obligatoire du masque dans les services publics et privés et les transports, ou l’interdiction de rassemblement sur les terrains de sport, les plages ou dans les salles de spectacles et les espaces publics.

    Le couvre-feu en vigueur dans plusieurs grandes villes de Tunisie depuis octobre a été prolongé dans tout le pays début décembre jusqu’au 31 mars. Il reste donc interdit de circuler entre 20 h et 5 h et de rassembler plus de 30 personnes pour des évènements privés. Le port du masque est obligatoire et les cafés doivent retirer les chaises dès 16 h pour limiter l’affluence, tandis que les chichas restent interdites dans les espaces publics.

    Les services de contrôle sanitaire en Algérie ont procédé à la fermeture de 18.000 commerces, de 7 marchés communaux et de 15 centres commerciaux dans la capitale depuis le début de la pandémie de Covid-19 pour non respect des mesures sanitaires mises en place dans le cadre du protocole de lutte contre sa propagation, a indiqué jeudi le wali d’Alger, Youcef Cherfa.

    Asie : La troisième vague ?

    Hongkong a prolongé de sept jours la quarantaine que doivent observer dans des hôtels spécifiques les visiteurs arrivant de l’étranger pour la porter à trois semaines. Le gouvernement hongkongais a expliqué que des experts avaient laissé entendre que la période d’incubation pourrait en fait dépasser chez certains quatorze jours.

    La Chine a annoncé suspendre ses liaisons avec le Royaume-Uni jeudi. Les mesures sont peu nombreuses et uniquement dans certaines zones. Le pays-continent pense avoir maitriser la pandémie déclarée dans ses campagnes de Wuhan.

    La Corée du Sud a connu ce vendredi un nouveau record d’infections quotidiennes avec 1 241 nouveaux cas. La vague épidémique qui a débuté mi-novembre ne s’affaiblit pas malgré les restrictions sanitaires. Les rassemblements des fêtes de fin d’années inquiètent particulièrement le gouvernement qui a pris des mesures afin de ne pas renforcer la propagation du virus. Avec l’interdiction des rassemblements privés de plus de cinq personnes dans tout le pays et quatre clients maximum dans les restaurants, entrée en vigueur 23 décembre, il s’agit des mesures les plus lourdes que le gouvernement sud-coréen ait prises depuis le début de l’épidémie.

    En Australie, c’est presque un retour à la normale comme le détaille notre correspondante dans son article.

  • Brexit : un accord en cadeau de Noël

    Brexit : un accord en cadeau de Noël

    La crise du coronavirus de ces derniers jours a servi de répétition à un Hard Brexit. En effet en cas d’absence d’entente, les échanges entre Londres et les Vingt-Sept auraient été régis à partir du 1er janvier 2021 par les règles de l’Organisation mondiale du commerce et des quotas et droits de douane auraient été rétablis… Ce jeudi 24 décembre Boris Johnson et Michel Barniel ont annoncé avoir trouvé un accord global.

    La pêche a failli couler l’accord

    Des désaccords importants ont subsisté jusqu’au dernier moment, notamment concernant le partage des quelque 650 millions d’euros de produits pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques. L’Europe avait proposé de diminuer de 25 % ses prises dans les eaux britanniques sur une période de six ans – une offre jusqu’alors insuffisante aux yeux du Royaume-Uni.

    Malgré son faible poids économique, la pêche revêt une importance politique et sociale pour plusieurs Etats membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark ou l’Irlande. Mais les Britanniques en ont fait le symbole de leur souveraineté retrouvée après le divorce.

    Cet accord « permettra d’éviter des perturbations majeures pour les travailleurs, les entreprises et les voyageurs après le 1er janvier. Il protègera les intérêts européens et cet accord est aussi, je le crois, dans l’intérêt du Royaume-Uni. Il posera des fondations solides d’un nouveau départ avec un ami de longue date. Et enfin, il permettra de nous assurer que nous pouvons finalement laisser le Brexit derrière nous: l’Europe continue d’avancer. »

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen lors de la conférence de presse du 24 décembre 2020

    Une nouveau partenariat complet

    Michel Barnier a évoqué un « nouveau partenariat pour l’avenir autour de piliers ». Un accord de libre-échange « ambitieux et équitable, sans tarif ni quotas » avec « de nouvelles règles du jeu économique, qui seront pour l’UE la marque d’une nouvelle génération pour tous les accords de libre-échange ».

    Deuxième pilier, « un partenariat économique et social dont le champs est sans précédent, couvrant les transports aériens, routiers, l’énergie, la lutte contre le changement climatique, la pêche, où nous avons assuré globalement une base d’accès réciproque aux eaux et aux ressources ».

    « Notre partenariat comprend aussi une coopération en matière de recherche et d’innovations, de sûreté nucléaire, pour l’espace, dans le cadre des programmes de l’Union », a ajouté Michel Barnier, exprimant au passage deux regrets, le Royaume-Uni ne participera plus au programme d’échange étudiants Erasmus et que « l’ambition en matière de mobilité des citoyens ne soit pas à la hauteur de nos liens historiques. »

    Troisième pilier: la sécurité des citoyens et la lutte contre le terrorisme.

    Que deviennent les expatriés ?

    Après les mésaventures rencontrées pour circuler entre la France et le Royaume-Uni (dans les deux sens) du fait de la mutation de la Covid-19 repérée sur l’île de Grande Bretagne, l’inquiétude avait remplacé l’optimisme de ces derniers mois.

    En tant que Français expatrié, ils doivent se soumettre aux nouvelles réglementations qui sont donc confirmés par ce nouvel accord.

    Etape indispensable, faire une demande à l’EU Settlement Scheme avant le 31 décembre. Ce système simplifié de Visa s’applique à tous les européens installés au Royaume-Uni depuis au moins 5 ans au 31 décembre 2020. Pour les autres, ils pourront bénéficier d’un statut intermédiaire le « pre settled » jusqu’à ce qu’ils aient atteint les 5 ans sur le territoire. L’EU Settlement Scheme est ouvert jusqu’au 30 juin 2021.

    A partir du 01 janvier 2020, les nouveaux arrivant seront confrontés au nouveau système d’immigration à base de points. Selon ce système, les ressortissants de l’UE, à l’exception des Irlandais, auront besoin d’un visa pour vivre, étudier et travailler au Royaume-Uni. En revanche, ceux qui souhaitent y faire un séjour ne dépassant pas six mois seront dispensés de l’obligation de visa.

● Radio en direct
En pause