Dans les centres de santé publics en Argentine, de plus en plus de médecins militants s’organisent pour permettre aux femmes de pouvoir avorter en toute sécurité.
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WorldWine Women : voyage à la rencontre des vigneronnes en Europe
Étudier la conscience écologique des vignerons et le rôle des femmes dans un métier traditionnellement masculin : voilà le but des WorldWine Women. Quatre jeunes Françaises viennent de réaliser un voyage de plusieurs mois, à la rencontre de vigneronnes (et vignerons) « atypiques » à travers l’Europe.
« C’est qui, le patron ? » Voilà une question à laquelle beaucoup de vigneronnes se trouvent encore régulièrement confrontées, raconte Elisabeth Auzias, à l’initiative du projet WorldWine Women. Car dans l’imaginaire collectif, la viticulture reste un métier d’hommes. Pour autant, de plus en plus de femmes viennent chambouler l’ordre établi ces dernières années. De l’Espagne jusqu’à la Turquie, les WorldWine Women, étudiantes à Paris et Lyon, sont parties les rencontrer et recueillir leurs témoignages pendant un long voyage mêlant étude sociologique et réalisation d’un documentaire. Leur but : faire la lumière sur la prise de conscience écologique dans le monde du vin – et sur le rôle des vigneronnes en Europe.
Premier constat des quatre étudiantes : la viticulture, loin d’être déserte des femmes, ne leur réserve traditionnellement qu’une deuxième place. Elles sont nombreuses à occuper des postes de marketing, de communication, de commerce – mais rarement celle du « patron ». Celles qui rompent avec le conservatisme sont souvent exposées aux discriminations, affirme Elisabeth Auzias.
Les situations varient par contre fortement d’un pays à l’autre. Alors qu’en France, les vigneronnes sont nombreuses à s’établir sur le terrain, la Slovénie par exemple ne compterait que trois vigneronnes selon l’initiatrice des WorldWine Women. Officiellement, il y a de plus en plus de vigneronnes dans les pays de l’Est, « mais sur le terrain, ce n’est pas une réalité », estime-t-elle. « Chez nous, être vigneron signifie de travailler le sol aussi bien que de travailler à la cave. » Mais ailleurs, la combinaison de viticulture et d’œnologie serait encore « assez rare chez les femmes ».
Pourtant, ce sont justement les vigneronnes au sens propre qui pourraient s’avérer salvatrices pour le monde du vin, fortement impacté par le changement climatique. « Le climat chamboule le travail des vignerons, explique la jeune femme. On n’en a pas rencontré un seul qui ne s’en inquiétait pas. » Sècheresses interminables ou pluies diluviennes : les viticulteurs restent démunis face aux effets du changement climatique, impossibles à anticiper d’une année à l’autre.
La viticulture elle-même n’y est pas pour rien : le transport de milliards de bouteilles de vin à travers le monde chaque année a une empreinte carbone non négligeable, augmentée par la tendance d’utiliser des bouteilles toujours plus lourdes, « comme si le poids était un gage de qualité« , selon Elisabeth Auzias. Monoculture et la quantité « assez dramatique » de pesticides dans les vignobles érodent par ailleurs la biodiversité.
Les vigneronnes, « pionnières » face au changement climatique ?
Face à ces défis, les WorldWine Women avaient alors à cœur d’étudier la prise de conscience écologique dans le milieu. Leur conviction : les parcours « atypiques » des vigneronnes « en font souvent les pionnières de collectifs à vocation écologique », selon un dossier de presse de la jeune équipe. « On attend les résultats de notre étude, raconte Elisabeth Auzias, mais notre ressenti personnel, c’est que ce sont souvent les femmes qui déclenchent des changements. » Le fait d’avoir choisi le métier par passion et non pas par obligation familiale pourrait en partie expliquer cette dynamique, estiment les étudiantes. Une dynamique par ailleurs souvent accentuée par un souci des vigneronnes pour la santé de leurs enfants.
De quoi être optimiste : « les choses ont changé ces 20 dernières années », selon Elisabeth Auzias. Les femmes, déjà partie intégrante du paysage viticole, continuent de s’y imposer. A l’image de deux vigneronnes que les WorldWine Women racontent avoir rencontrées en Italie : leur père, viticulteur lui-même, avait catégoriquement refusé de leur apprendre à conduire un tracteur – sans parvenir à les détourner de leur trajectoire.
Tout comme les WorldWine Women : parties réaliser leur voyage le 1er septembre malgré la pandémie, elles auront parcouru 14 000 kilomètres à travers 14 pays européens à leur retour en France ce mercredi 23 décembre. Le projet ne s’arrête évidemment pas là : pendant les mois à venir, les étudiantes vont travailler les données scientifiques recueillies lors de leur périple en contribution au projet LACCAVE de l’INRAE et finaliser leur documentaire dont la diffusion est programmée pour la mi-mai.
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Un couvre-feu à 18h dans 15 départements
Un couvre-feu dès 18h pourrait entrer en vigueur dès le 2 janvier dans une vingtaine de départements en France, plus durement touchés par l’épidémie de Covid-19. Le gouvernement serre la vis. Confronté à des signes de reprise de l’épidémie, l’exécutif ne souhaite toutefois pas prendre le risque d’un troisième confinement généralisé.
« Nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui démarrera à 18h et pas 20h, dans les départements où le taux d’incidence est supérieur au seuil d’alerte maximum (soit 250 cas pour 100.000 habitants) » (….) « Nous écartons l’idée du confinement, ni local, ni national »
le ministre de la Santé, Olivier Veran ce mardi 29 décembre sur le plateau de France 2Le couvre-feu à 18h, qui fait l’objet d’une concertation avec les élus, concernerait une quinzaine de départements situés dans les quatre régions de l’Hexagone (Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté) où le taux d’incidence et le taux d’hospitalisation sont importants.
Parmi les départements concernés se trouvent, selon nos informations, les Alpes-Maritimes, les Ardennes, le Doubs, le Jura, la Haute-Saône, l’Allier, la Moselle, la Nièvre, l’Ardèche, le Haut-Rhin, ou encore l’Aube. La liste officielle devrait être communiquée le 1er janvier.
La mesure a été mise sur la table au cours d’un Conseil de défense qui s’est tenu ce mardi matin, pour lutter contre le Covid-19 en France, le pays se situant « dans une forme de haut-plateau ». Une forte vigilance sera de mise le 31 décembre avant l’application de cette possible nouvelle mesure le 2 janvier.
Reprise incontrôlée de la Covid-19 en France
Se dirige-t-on vers une « reprise incontrôlée » de l’épidémie de Covid-19 ? La thèse est jugée « probable » par le Conseil scientifique, en raison du « surcroît de contaminations » que pourraient provoquer les fêtes de fin d’année. L’instance fait part de son inquiétude dans un avis remis au gouvernement le 23 décembre mais rendu public seulement mardi soir.
Le calendrier du gouvernement inchangé
Le calendrier des « clauses de revoyure » fixé par le gouvermement, à savoir les dates auxquelles il examinera les réouvertures des lieux actuellement fermés, reste quant à lui inchangé, selon nos informations: il s’agit du 7 janvier pour les lieux culturels et du 20 janvier pour les bars et les restaurants.
La rentrée des classes, prévue le 4 janvier, est maintenue. Les lycées rouvriront dans les mêmes conditions qu’en décembre, c’est-à-dire en fonctionnant par demi-groupes.

le Conseil scientifique en France Dans son avis rendu le 23 décembre, le Conseil scientifique avait proposé trois options au gouvernement pour lutter contre l’épidémie: soit un renforcement préventif des mesures, soit attendre le début du mois de janvier pour agir, soit encore attendre plus longtemps afin de réagir une fois la reprise de l’épidémie caractérisée. Le Conseil de défense a donc opté pour la deuxième option.
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La nuit des idées 2021 : le « live » du réseau culturel français
Le rendez-vous annuel dédié à la libre circulation des idées et des savoirs est organisé par le réseau des Instituts Français et des Alliances Françaises. La prochaine Nuit des idées se déroulera le jeudi 28 janvier 2021.
Covid-19 oblige, l’édition sera inédite. C’est donc sous un format digital que cette sixième édition va phosphorer autour d’un thème idéal en période de pandémie : “Proches”. Avec un Live mondial de 24 heures diffusé sur les réseaux sociaux, la Nuit des idées accompagnera tous les noctambules francophones du monde.
Est ce que cette édition sera suffisante pour cacher les épreuves et les difficultés que rencontre le réseau diplomatique culturelle français ?
200 évènements organisés dans le monde
Alors que la crise sanitaire mondiale limite les rassemblements et les flux internationaux de personnes, l’Institut français et les Alliances Françaises, coordinateurs de l’événement, proposeront à chacun de suivre et participer à une expérience numérique inédite, 24h de Nuit et d’idées. Des quatre coins du monde, plus de 200 Nuits des idées sont organisées à l’échelle internationale, de l’Allemagne à l’Afrique du Sud, de Pékin à Beyrouth, de l’île australienne au Pérou… Les acteurs locaux exploreront avec vous/nous le thème « Proches ».
Restez en contact : un sacerdoce en pandémie
C’est face aux conséquences sociales entraînées par la pandémie du Covid-19 que les concepteurs de la Nuit des idées ont choisi de placer cette édition sous la notion de proximité sociale synthétisé dans le mot « Proches ».
Pour sa sixième édition, on nous invite à s’interroger sur la transformation de nos rapports à l’espace et aux mobilités, les nouvelles solidarités que la crise de nos modèles économiques et sociaux appelle à construire, ou encore la place du numérique dans nos sociétés, qui façonne plus que jamais notre rapport au monde. l’édition « Proches » invite également à questionner l’évolution de nos modes de socialités contemporaines, et plus que jamais notre rapport à l’autre.
Hartmut Rosa, invité d’honneur
Pour nous/vous accompagner pendant cette nuit de 24h, l’Allemand Hartmut Rosa, sociologue et philosophe, est l’invité de cette sixième édition. Il est l’auteur d’Accélération. Une critique sociale du temps (La Découverte, 2010). Il enseigne, aussi, à l’université Friedrich-Schiller d’Iéna.
« C’est le cadre temporel qui nous pousse à agir, ce sont les dates limites qui nous donnent nos priorités. Ce ne sont pas forcément les plus importantes, mais les plus pressantes. »
Hartmut Rosa – interview au journal Le Monde du 25 mars 2016Ce philosophe s’interroge dans son oeuvre sur la place du temps dans nos vies, sur ce rythme qui s’impose à nous. En cette période où confinement et déconfinement s’enchainent, où nos agendas sont déstructurés, la réflexion d’Hartmut Rosa nourrira notre réflexion sur le nouveau monde post-covid.
Une nuit de 24h en live
Et quoi de mieux pour aborder le temps que d’étaler la nuit sur 24 heures non-stop ? La prochaine Nuit des idées sera, ainsi, l’occasion de renforcer les connections à l’échelle du monde, d’interagir avec d’autres publics, et de célébrer une pensée sans frontières.
“Grâce à la richesse et à la diversité des propositions de notre réseau culturel dans le monde, cet événement inédit traversera les fuseaux horaires, de l’Océanie à la côte Ouest des États-Unis, favorisera la libre circulation des idées et des savoirs et fera résonner les expériences locales dans un grand Live mondial diffusé sur les réseaux sociaux”
Communiqué de presse des Instituts FrançaisCette Nuit des Idées 2021 réunira, donc, des spécialistes, chercheurs, écrivains, sur la thématique « Proches ». Eric Baudelaire, Wendy Delorme, Claire Fercak, Tamara Al Saadi parleront de comment continuer à faire vivre la culture dans le contexte actuel !
Pour rien louper connectez vous sur le site de la Nuit des idées :
https://www.lanuitdesidees.com/
Regardez le résumé de l’édition 2020
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Décès de Pierre Cardin, l’homme qui symbolisait la France
Où qu’on soit à l’étranger, chaque expatrié a pu constater que son nom représentait la France.
Un homme à multiples facettes
On l’oublie souvent mais Pierre Cardin était un fils d’immigrés italiens devenu un homme d’affaires au nom mondialement connu.
Le premier Immortel reconnu par l’Académie française pour la Haute-Couture est mort ce mardi 29 décembre, à l’âge de 98 ans. Loin d’être oublié, le couturier faisait encore beaucoup parler de lui, à propos d’un bâtiment énorme qu’il voulait construire à Venise, mélange de château d’eau et de tour de contrôle pour film de science-fiction. Ce fantasme mégalomane rappelait les années 1960, sa décennie triomphale où il imposa ses tenues façon astronautes.

© Crédit photo : AFP Porté par le modernisme de cette décennie, fasciné par les innovations, soucieux de démocratiser la mode, le célèbre couturier a accompagné l’énergie pop des sixties. Avant de s’isoler à la tête d’un empire commercial qui, dans les années 80, prit le pas sur la création.
« C’est une très grande perte pour nous »
le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, Laurent Petigirard.Un fils d’immigrés italiens
Né à Sant’Andrea di Barbarana, près de Trévise, Pietro Costante Cardin est le fils d’agriculteurs italiens qui émigrent en France dans les années 1920, après la Première guerre mondiale. Après avoir appris son métier chez un tailleur à Saint-Etienne, il monte à Paris. En 1946, il devient Premier tailleur de la maison Dior à sa création. Il la quitte trois ans plus tard pour créer sa propre maison. Son style novateur détonne, tout comme sa volonté de développer une marque de prêt-à-porter en parallèle de son travail de Haute-Couture, ce qui était mal vu à l’époque.
Pierre Cardin connaît le succès dès le début grâce à ses robes bulles. Il est également le premier à créer une collection pour les hommes. Matières innovantes, formes géométriques, il puise son inspiration dans l’Op Art et dans la conquête spatiale, qui le fascine et lui inspire des combinaisons qui préfigurent la monde unisexe actuelle. En 2019, le Brooklyn Museum de New York lui avait consacré sa première rétrospective depuis 30 ans…
Un héritage immense
« Jour de grande tristesse pour toute notre famille, Pierre Cardin n’est plus. Le grand couturier qu’il fut a traversé le siècle, laissant à la France et au monde un héritage artistique unique dans la mode mais pas seulement », écrit sa famille dans un communiqué. « Nous sommes tous fiers de son ambition tenace et de l’audace dont il a fait preuve tout au long de sa vie. Homme moderne aux multiples talents et à l’énergie inépuisable, il s’est inscrit très tôt dans les flux de la mondialisation des biens et des échanges »
Communiqué de la famille de Pierre CardinLe système des licences, contrats confiant la fabrication de produits à une entreprise tierce en échange de royalties pour l’utilisation du nom, a fait sa fortune (il en détenait environ 350, contre 900 au plus fort de son succès, dans une centaine de pays). Ce système lui a assuré une diffusion dans le monde entier, apposant son nom sur des produits aussi divers que des cravates, des cigarettes, des parfums ou de l’eau minérale. Cette diversification à l’extrême a eu pour effet de populariser son nom mais aussi de dévaloriser la marque et lui a attiré le mépris de certains de ses pairs.
Autre héritage, offert à tous : l’espace Cardin.

Espace Cardin à Paris La construction du café des Ambassadeurs avait été autorisée à l’emplacement de l’actuel espace Pierre-Cardin, en 1772, par l’abbé Terray, contrôleur général des finances. Ce café devait son nom aux hôtels édifiés par l’architecte Ange-Jacques Gabriel en bordure de la place de la Concorde, hôtels qui étaient censés servir de logements à des ambassadeurs étrangers. En 1970, la mairie de Paris, propriétaire des murs, accorde la concession du théâtre au couturier Pierre Cardin. Le lieu est rebaptisé espace Cardin.
L’Espace Cardin a accueilli de nombreuses expositions dont pour la première fois les gouaches de Fernand Léger, ou les sculptures de Miguel Berrocal. En 1973, Depardieu est de retour avec la pièce Home, dans une adaptation de Marguerite Duras, avec Michaël Lonsdale. Ces dernières années, l’aura de l’Espace Cardin s’était ternie et la programmation était épisodique.
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Démocratie et économie font-elles encore bon ménage ?
Depuis une dizaine d’années, la croissance des pays de l’OCDE est relativement faible. Elle s’accompagne d’une stagnation voire du recul du niveau de vie des classes moyennes. Le ralentissement de l’ascenseur social et la crainte du déclassement ont généré un malaise social important et un désenchantement démocratique.
La globalisation de l’économie et l’immigration sont jugées par un nombre non négligeable de personnes au sein des pays de l’OCDE responsable de la détérioration de la situation. Les dirigeants politiques et économiques sont de plus en plus contestés, accusés de favoriser la mondialisation et la montée des inégalités. Le développement des réseaux sociaux a entraîné la perte de contrôle par les « élites » des moyens de communication.
La communication est aujourd’hui dans les mains de tous, les fausses informations côtoyant les vraies. Cette prolifération de moyens de communication a peu de précédent dans l’histoire. Elle est bien plus importante que la multiplication des journaux durant la période révolutionnaires entre 1789 et 1791.
Le ressenti négatif des populations est-il fondé ?
Les responsables politiques et économiques ont-ils effectué de mauvais choix ces vingt dernières années pouvant expliquer la montée d’un sentiment de défiance généralisé et du populisme ? La stagnation du niveau de vie, la progression des inégalités, le chômage récurrent des jeunes et la faible croissance sont pointés du doigt. La crise sanitaire a donné l’impression qu’il n’y avait pas de limites au financement par l’Etat. Le « quoi qu’il en coûte » ne pourrait-il pas continuer après ?
La rigueur réelle ou supposée des politiques budgétaires est rejetée. La demande sociale est par nature infinie. Si l’endettement n’est plus un problème, pourquoi se restreindre ? Des voix se font entendre pour effacer une partie de l’endettement public, celle détenue en priorité par les banques centrales. Elles oublient que l’annulation de ces dettes créeraient une déflagration au sein de la sphère financière avec une brutale hausse des taux d’intérêt.
Depuis 1998, au sein des principaux pays de l’OCDE (Etats-Unis, zone euro, Royaume-Uni et Japon), le partage de la valeur ajoutée s’est effectué au détriment des salariés. En vingt ans, le salaire réel a progressé de 12 %, contre + 30 % pour la productivité par tête. Quelques pays font exception en la matière comme la France ou l’Italie qui, en contrepartie, ont, sur la période, une croissance plus faible et un taux de chômage plus élevé.
L’immobilier ampute le pouvoir d’achat
Par ailleurs, dans ces deux pays, le niveau de vie a été amputé par la forte augmentation des prix de l’immobilier. Dans les pays précités de l’OCDE, le taux de pauvreté a augmenté d’un point depuis 1998 passant de 20,2 à 21,2 %. Une fois de plus, la France fait exception avec un taux de pauvreté relativement stable autour de 14% grâce à une forte augmentation des prestations sociales.
La montée des inégalités a été constatée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ainsi qu’en Allemagne. Le PIB par habitant augmente de moins en moins vite au sein des pays de l’OCDE. Près de dix ans ont été nécessaires à plusieurs européens pour retrouver le niveau d’avant la crise de 2009. L’Italie et la Grèce n’y étaient pas encore parvenues avant le début de l’épidémie. Les populations, même en cas d’amélioration de leur pouvoir d’achat, soulignent une dégradation de leur niveau de vie.
La hausse des dépenses de logement et plus globalement des dépenses pré-engagées expliquent cette perception. Le prix de l’immobilier a doublé en une génération rendant l’accession à la propriété très difficile pour les primo-accédants. L’augmentation de l’immobilier est le résultat des bas taux d’intérêt qui amène les investisseurs à se reporter sur ce type d’actifs, de la raréfaction du foncier et des faibles gains de productivité.
Conflits de générations
La valorisation du patrimoine s’accompagne de sa concentration croissante au profit des plus de 50 ans. Depuis vingt ans, le taux de chômage des jeunes de moins de vingt-cinq ans au sein de l’OCDE est toujours supérieur à 10%. Il est ainsi passé de 14 à 18% de 1998 à 2009 avant de redescendre à 10% en 2019. Avec la crise sanitaire, ce taux s’est élevé à 20%. Plus de 12% des personnes de 15 à 29 ans sont déscolarisées et sans emploi.
Les emplois à forte qualification et bien payés ont tendance à diminuer au profit d’emplois domestiques à faible rémunération. Les emplois dans l’industrie ont baissé de 22% depuis 1998 quand ceux dans le secteur des services domestiques ont progressé de 20%. Le salaire moyen est de 47 000 dollars par an dans l’industrie, contre 27 000 dollars pour les services domestiques.
Pannes de croissance
La croissance potentielle, atteignable en cas d’utilisation optimale des facteurs de production disponibles, baisse progressivement dans tous les pays. Pour l’OCDE, elle ne dépassait pas 1,5% avant la crise. Pour certains pays comme la France ou l’Italie, elle était proche de 1%.
La diminution des gains de productivité depuis vingt ans pèse sur le taux de croissance diminuant d’autant les marges de manœuvre des pouvoirs publics.
Depuis une dizaine d’années, la problématique environnementale occupe une part croissante du débat. Les dirigeants politiques sont confrontés à une forte contestation de leurs choix concernant la transition énergétique; une partie de la population estime qu’elles ne permettront pas de respecter les Accords de Paris quand, pour une autre, elles aboutissent à renchérir le coût de la vie et à restreindre le champ des libertés.
Surcout énergétique
La transition énergétique génère des surcoûts se chiffrant, au niveau de l’OCDE, en milliers de milliards de dollars. Elle provoque l’obsolescence accélérée de certains équipements et de profonds changements dans les chaines de valeurs, en particulier pour le secteur de l’automobile.
Les dérives de l’économie sont connues et ne sont pas la conséquence d’un large complot comme certains l’imaginent. Elles sont plutôt le résultat d’une absence de consensus au sein des opinions publiques. La société de l’ultra-communication aboutit à une psychanalyse en direct des actes des dirigeants obligés de se justifier en permanence.
Ultra communication, complots et transparence.
Cette dictature de la transparence absolue est contreproductive car l’idée que les politiques leur cachent la vérité n’a jamais été autant partagée. Les nouveaux vecteurs d’informations participent à la segmentation des sociétés ; la nation est de moins en moins une communauté de destin et de plus en plus un ensemble de groupes indépendants sinon d’individualités. Dans ce contexte, la capacité des gouvernements à faire adopter des réformes est complexe comme l’a prouvé le projet de loi visant à instituer le système universel de retraite.
Depuis vingt ans, pour éviter une cristallisation des oppositions, les pouvoirs publics ont eu recours avant tout aux prestations sociales. Les administrations publiques se sont endettées et ont ainsi hypothéqué une partie des recettes futures. Avant la crise sanitaire, les facteurs de blocages économiques étaient nombreux. Les banques centrales n’avaient pas d’autres solutions que de maintenir des taux d’intérêt artificiellement bas, entraînant la constitution de bulles au niveau des actions et de l’immobilier. Malgré les taux bas et le retour du plein emploi, l’inflation restait invisible, traduisant une altération des anciennes lois économiques.
Le revenu universel, un droit à la consommation
Les Etats occidentaux doivent adapter les sociétés et l’économie à de nouvelles donnes. L’allongement de l’espérance de la vie induit des transferts importants au sein des populations. Les actifs doivent financer une part croissante d’inactifs (enfants et retraités) tout en bénéficiant d’une part plus réduite du capital disponible.
La mutation technologique risque de rendre inemployable un nombre important d’actifs. Pour résoudre ce problème, l’instauration d’un revenu universel est prônée par certains experts. Elle permettrait d’assurer à tous un revenu minimum et aurait vocation à remplacer des prestations sociales actuellement versées (APL, RSA, etc.). Ce revenu universel parachèverait la déconnexion entre la protection sociale et le monde du travail.
En 1945, le bénéfice de la Sécurité sociale était réservé au travailleur ou à l’ancien travailleur. Depuis une vingtaine d’année, ce lien s’est fortement affaibli voire a disparu, en particulier en ce qui concerne l’assurance maladie.
La mise en place d’un revenu universel concrétiserait l’idée que le travail n’est pas le déterminant numéro 1 de l’homme ou de la femme. Assez étrangement, ses partisans se retrouvent parmi ceux qui contestent la société de la consommation. Or, le revenu universel aboutit à considérer que le droit de consommer doit être sacralisé. Il considère qu’il n’y a plus de travail en quantité suffisante contredisant ainsi la loi de l’offre de Jean-Baptiste Say qui permet de créer la demande.
Pénurie de main d’œuvre
A moyen terme, les pays occidentaux souffriront non pas de sureffectifs mais de sous-effectifs en raison du vieillissement de la population. La question est avant tout une adéquation entre offre et demande de travail. Plusieurs secteurs manquent structurellement de main d’œuvre en raison des conditions de travail ou de rémunération.
Les secteurs de l’agriculture, de l’hôtellerie, de la restauration (avant la crise sanitaire) et du bâtiment devaient ou doivent gérer des problèmes de pénurie de main d’œuvre. Ils sont fréquemment contraints de recourir à des travailleurs étrangers. Les pistes de déblocage sont connues mais ont l’inconvénient de ne donner des résultats qu’à long terme. Le renforcement de la formation initiale comme continue, la relance de la construction, l’innovation et la réalisation d’infrastructures sont autant d’éléments permettant un accroissement à terme de la croissance potentielle.
Favoriser la mobilité du capital
Une meilleure répartition du capital serait également souhaitable. Certains souhaitent doter d’un capital minimum les jeunes actifs afin de rétablir un minimum d’égalité. D’autres préconisent une augmentation des droits de mutation à titre gratuit et un accroissement des incitations en faveur des donations.
Une plus grande mobilité du capital pourrait être obtenue en changeant les règles en vigueur sur les plus-values immobilières. En matière d’épargne, la fiscalité devrait être plus incitative pour les placements à long terme que ceux à court terme, ce qui signifierait une réduction des plafonds de l’épargne réglementée.
En ce qui concerne l’environnement, le recours à une taxation uniforme et assez élevée du carbone pourrait utilement remplacer les multiples mécanismes de bonus/malus qui changent en permanence.
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Covid-19 : le vaccin en campagne européenne!
Covid-19 : moins d’une semaine après le feu vert de Bruxelles au vaccin Pfizer-BioNtech, l’Europe commence officiellement sa campagne de vaccination. Un moment, partout, très médiatisé.
Regardez le reportage vidéo de TV5MONDE
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Dix ans après, le Printemps arabe n’a fleuri qu’en Tunisie
Il y a dix ans, des manifestations antigouvernementales ont éclaté en Tunisie, entraînant la chute de Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011, la transition du pays vers la démocratie et le début du Printemps arabe. Rétrospective.
« Nous avons accompli énormément de progrès politiques, mais de nombreux défis nous font encore obstacle, tant sur le plan social que sur le plan économique », a récemment déclaré le politique et législateur Naoufel El Jammali dans un entretien avec Euractiv.
Des institutions encore fragiles
Néanmoins, les institutions démocratiques du pays marchent sur des œufs. Tandis que huit Premiers ministres se sont succédé en neuf ans, force est de constater que l’économie connaît une croissance sclérotique. Tels sont les facteurs qui ont contribué au mécontentement croissant de la population, dont les répercussions pourraient aller au-delà d’un taux de participation en berne lors des prochaines élections.
Selon M. El Jammali, ancien ministre de l’Ennahdha, le parti islamiste tunisien considéré comme la plus grande formation politique du pays depuis la révolution de 2011, la réforme et la croissance économique sont essentielles pour maintenir la démocratie du pays à flot.
La croissance n’est pas présente au rendez-vous
Pour l’heure, la relance économique ne présente que peu d’indicateurs au vert. Le chômage chez les jeunes demeure très élevé, à l’instar de la migration en Europe, un signe supplémentaire de la pénurie d’emplois.
Alors que la Tunisie doit désormais rembourser un prêt à hauteur de 2,9 milliards de dollars octroyé par le Fonds monétaire international (FMI), les caisses de l’État subissent également les retombées de la pandémie de Covid-19. L’économie devrait ainsi connaître une baisse de 7 % en 2020, après plusieurs années de croissance légère.
« Le mécontentement est grand au sein de la société tunisienne. La population est aussi mécontente qu’à l’époque datant d’avant la Révolution ; à la différence qu’autrefois, nous n’avions pas le droit d’en parler. Désormais, les citoyens ont le droit d’exprimer leur colère. Je pense que c’est normal », a fait savoir l’ancien ministre.
Unifier le paysage politique
Une réforme de la loi électorale est toujours envisageable dans le but de réduire le niveau de fragmentation politique à la source d’une série de coalitions gouvernementales fragiles. D’après les législateurs, cela n’impliquerait pas de modifier la Constitution rédigée en 2014, mais plutôt davantage de conflits politiques concernant les institutions en place, à une époque où la plupart des Tunisiens espèrent de tout cœur que les perspectives économiques s’amélioreront.
« Il y a beaucoup de groupes au sein du parlement, ce qui rend difficile la constitution d’un gouvernement, d’une coalition solide », a soutenu M. El Jammali. « Nous devons sérieusement prendre en compte la possibilité de modifier la loi électorale ».
Même si l’Ennahdha représente le parti le plus important depuis 2011, il est resté en dehors du gouvernement une majeure partie de ces dix dernières années. Parallèlement, il connaît une baisse constante de soutien, occupant seulement 24 % des sièges du parlement en 2019, par rapport à 32 % en 2014 et 41 % en 2011.
« Nous n’avons pas de ministre, mais pour le bien du pays, nous choisissons de soutenir ce gouvernement », a indiqué le politique tunisien.
La corruption encore très présente
La corruption, les difficultés économiques, les inégalités et le taux élevé de chômage ont agi comme catalyseurs du Printemps arabe. De ce fait, la persistance de bon nombre de ces problèmes a soulevé plusieurs inquiétudes selon lesquelles le soutien public pour un retour à l’autocratie pourrait augmenter, comme en témoigne la situation en Égypte. Un risque reconnu par M. El Jammali, bien que ce dernier ait foi dans le fait que les Tunisiens ne perdront pas espoir.
« Une croissance économique solide. Voilà ce qui nous aidera à surmonter les défis sociaux et la nostalgie dictatoriale », a-t-il poursuivi.
« Les Tunisiens perçoivent la différence entre la dictature et la démocratie. À l’heure actuelle, ils se rendent compte qu’ils ont voix au chapitre, qu’ils peuvent s’exprimer, sans craindre de finir derrière les barreaux. C’est quelque chose de précieux. Je ne pense pas que nous retournerons en arrière ».
Entre-temps, le législateur appelle les dirigeants européens à maintenir leur soutien économique et politique à la Tunisie.
« Si – Dieu nous en garde – la situation tourne à l’échec, les répercussions entraînées à travers la région seraient néfastes. L’Europe doit protéger la démocratie tunisienne et continuer à nous soutenir ».
Alors que le Printemps arabe s’est révélé être une lueur d’espoir trompeuse dans beaucoup de pays, la Tunisie est parvenue à tirer le mieux son épingle du jeu, malgré les difficultés économiques actuelles.
« Par rapport à d’autres pays, nous sommes les seuls survivants. Historiquement parlant, la lumière a toujours brillé sur la Tunisie », a conclu Naoufel El Jammali.
Un article de notre partenaire

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Bientôt une licorne pour les expatriés ?
Qu’est ce qu’une licorne ? Une start-up promise à un bel avenir (une valorisation d’un milliard de dollars, mais qui compte ?). Elle se caractérise par un grand succès d’audience et des pertes financières. Exactement le profil de lesfrancais.press ! Tout çà grâce à vous ? Merci !
Audience d’abord : lesfrancais.press est classé au 40.000ème rang mondial. Notre plus proche concurrent, de grande qualité, est à la 80.000ème place, selon Alexa, principale société américaine de mesure d’audience.
D’après Google Analytics, plus de 20.000 visiteurs uniques sont allés chaque jour sur le site de lesfrancais.press ; 137.000 exactement cette dernière semaine de Noël.
Qui êtes-vous ? Plutôt jeunes par rapport à la moyenne des Français, Hommes 45%, femmes 55%, vous papillonnez beaucoup, au gré des humeurs et des articles, mais vous êtes fidèles. C’est bien normal, on trouve toutes les opinions et bien des styles différents chez lesfrancais.press.
Où êtes-vous ? Dans le monde entier, évidemment. Nos trois premiers grands ensembles sont l’Amérique du nord, le Benelux, le Royaume-Uni, Notre lectorat suit la carte des expatriés français. Nous sommes dans tous les pays. Seulement 15% de nos lecteurs sont en France. Notamment au ministère. Ou ont une adresse VPN en France car le contrôle de l’information dans leur pays d’adoption est plus strict. Nous avons des correspondants un peu partout dans le monde.
Une information gratuite, plurielle, pour tous
Finances : l’information est gratuite, pour ceux qui lisent. Pas pour nous qui la produisons avec des correspondants un peu partout dans le monde. Nous ne vendons pas nos données. Nos ressources reposent uniquement sur la publicité, ce qui est parfois agaçant, et insuffisant, surtout pour se développer. Qu’importe !
Puisque le monde change, nous aussi :
1. Application. Pour aller plus vite, avoir plus de répondant, nous avons créé une application, que vous pourrez télécharger dés le 1er janvier.
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3. Lettre quotidienne. Jusqu’à présent, nous étions un media hebdo. Nous ne diffusions qu’une partie des articles produits, les autres restaient sur le site. Nous passons à la un rythme quotidien au cours du deuxième trimestre de l’année.
4. Podcasts. Nous mêlons déjà écrit, audio et vidéo. Nous allons développer les podcasts.
5. Proche de vous. Et dés que la technique sera au point, nous passerons aussi en 3D. Une manière de dire que nous ne nous interdisons rien et que nous entendons rester à la pointe de l’actualité et être le plus proche de vous possible.
Un media qui ne dérange personne n’est pas ni votre goût, ni le nôtre. Liberté de ton, fiabilité des informations, diverité des points de vue, notre ambition est de diffuser une information diverse et de qualité à destination des expats.
« Il ne faut jamais laisser passer l’occasion d’une bonne crise » aurait dit Churchill. Vu la multiplication des crises, les occasions, en 2021 vont être formidables.
C’est pourquoi nous mettons les bouchées doubles : appli, audio, vidéo, quotidienne, club premium sans pub. Pensez à vous abonner, ce sera la meilleure façon de commencer l’année.
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Au Japon, le combat pour les enfants continue
En cette fin d’année, quoi de plus naturel que de retrouver ses enfants pour fêter Noël et la St Sylvestre. Ce n’est malheureusement toujours pas possible pour les parents français d’un enfant bi-national japonais.
En effet, au Japon, il est commun pour un conjoint de nationalité japonaise de quitter le domicile familial avec les enfants du couple; L’autre parent, non-japonais, se retrouve, le plus souvent, démuni juridiquement face à cet état de fait. Cette situation concerne plusieurs centaines de parents français sur place, en majorité des hommes qui ont eu leurs enfants avec une épouse japonaise.
Un cadre légal archaïque ?
Cette situation n’est pas nouvelle et est au contraire profondément imbriquée dans les évolutions sociales et familiales de la société japonaise. Il y a 10 ans, le Sénat français adoptait, déjà, une résolution appelant les autorités franco-japonaises à garantir le respect du droit des enfants franco-japonais séparés de l’un de leurs parents. Un aveu d’impuissance ? Pas totalement, puisque la situation a tout de même évolué depuis 2011. Le Japon a adhéré, en janvier 2014, à la convention de La Haye du 25 octobre 1980 qui vise à « protéger l’enfant sur le plan international et à établir des procédures de retour immédiat de l’enfant dans l’État de sa résidence habituelle ». En clair, c’est un engagement international que prennent les pays signataires de garantir un droit de visite et le retour d’un enfant dans son pays de résidence habituel en cas d’un « non-retour illicite ».
Pourtant, si le Japon s’est théoriquement engagé à respecter la résolution adoptée par les sénateurs. Cependant ces derniers déplorent des « manquements » de la justice japonaise dans l’exécution des ordonnances de retour et dans les décisions accordant un droit de visite au parent français. Il est permis de douter de l’effectivité de ces engagements internationaux quand on sait qu’il s’est même tenu à Paris le 15 mai 2018 un séminaire qui était coorganisé par le Ministère des Affaires étrangères du Japon et la Fédération japonaise des associations du Barreau où l’on expliquait aux participants comment s’y prendre pour enlever leur enfant et contourner cette fameuse Convention de la Haye sur les droits de l’enfant.
Le 10 mai 2019, le parlement japonais a tout de même adopté une loi qui renforce le rôle des juridictions et des agents de la force publique dans les changements concernant l’autorité parentale et la garde des enfants : ceux-ci doivent s’assurer que ces changements ne nuisent pas au bien-être mental et physique de l’enfant. Force est de constater que ces changements restent marginaux face à la prégnance juridique et sociale du principe de « continuité » de la parenté, qui « entérine le kidnapping ». « Le principe de continuité, hérité de l’ère Meiji suppose que, lorsqu’un parent quitte la maison, il quitte la famille »
Une évolution lente
Pourtant, désormais, même les associations parentales japonaises souhaitent que le Japon réforme sa loi de la famille pour permettre l’autorité parentale et la garde partagées. Malgré la loi d’avril 2020, les situations injustes et les cas de séparation non voulue sont toujours aussi nombreux.
On estime chaque année à 200,000 le nombre d’enfants séparés définitivement de leur second parent après un divorce, dont plusieurs milliers d’enfants de mariages internationaux.
Le Parlement Européen a, de son côté, en juillet, voté une proposition de directive afin de faire pression sur le Japon. L’article 18 demande aux autorités japonaises de mieux coopérer avec l’Union européenne et de permettre l’application effective des droits de visite et de visite accordés par décision de justice aux parents laissés pour compte.
L’UE indique ne pas être dupe sur les limites de la modification de loi du 1er avril 2020 qui ne permet pas le respect des rencontres parent-enfants.La mobilisation des parents
En Février 2020, 13 parents japonais et étrangers ont déposé un recours en justice contre l’incapacité du gouvernement à prévenir les enlèvements parentaux qui coupent de tout contact avec l’un de leurs parents et leur seconde famille pour des années, voir des décennies.

Mobilisation des parents dans les rues de Tokyo ©Thierry Consigny En cette fin d’année, force est de constater que rien n’a vraiment évolué. Les parents sont donc toujours mobilisés. Comme ce dimanche 27 décembre, où accompagnés des Conseillers des Français de l’étranger élus pour le Japon, dont Thierry Consigny et François Roussel (très impliqués dans ce combat) et du Président de l’OLES locale, Yves Alemany (association d’utilité sociale reconnue par le Ministère des Affaires étrangères), ils furent quelques dizaines à se réunir dans l’espoir de revoir leurs enfants.

