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  • Consulaires partielles le 7/11 Elections AFE le 05/12

    Consulaires partielles le 7/11 Elections AFE le 05/12

    Depuis le 1er juin, les nouveaux élus consulaires sont dans le flou ! Pourquoi ?

    Retard dans la promulgation

    Un décret, qui devait être promulgué au plus tard le 31 mai pour permettre la prolongation des mandats des élus à Madagascar et en Inde, deux communautés françaises privées d’élection du fait de la pandémie, a été publié en retard d’une journée, le rendant non applicable.

    Et ce même décret devait aussi permettre le maintien des membres à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Une journée de retard qui a paralysé l’action des élus locaux dans les circonscriptions et de leur représentation à Paris, l’AFE, pendant de longues semaines.

    En effet, l’ensemble aurait dû être réorganisé par la loi relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire votée ce printemps. L’article 18 est entièrement consacré aux différentes élections dédiées aux expatriés. Mais voilà, le texte indique que la disposition majeure n’est valable que si elle est publiée le 31 mai… et elle le fut le 1er juin.

    Une décision collégiale

    Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a organisé ce 09 septembre 2021, au matin, une visioconférence avec les parlementaires (majorité comme opposition),  le Président de l’Assemblée des Français de l’étranger, Marc Villard, et des Conseillers consulaires. L’Exécutif et les élus se sont accordés pour organiser les élections partielles en Inde (2 circonscriptions) et à Madagascar le 7 novembre 2021.

    Le Secrétaire d’Etat leur avait soumis plusieurs options. Celle retenue fut celle qui proposait de tenir les élections au plus vite.

    Evelyne Renaud-Garabedian

    « Il n’est pas non plus envisageable de rester encore un an sans Conseillers dans ces trois circonscriptions, leur mandat n’ayant pas été prolongé puisque le décret a été publié un jour trop tard au Journal Officiel. »

    Evelyne Renaud-Garabedian, sénatrice des Français établis hors de France (ASFE)

    Si le soulagement était unanime, les élus se sont étonnés de découvrir les solutions imaginées au dernier moment. Surtout qu’aucune n’apporte pleinement satisfaction, des problèmes se dessinent déjà l’horizon.

    Olivier Cadic

    « Je suis soulagé que le ministre nous ait informé du rétro-planning prévu pour les consulaires et l’AFE. En démocratie, on ne peut reporter indéfiniment les élections. Cela devrait permettre à la nouvelle AFE de se réunir avant la fin de l’année. Ses avis seront utiles et particulièrement importants, compte tenu des circonstances exceptionnelles qui entravent gravement la mobilité de nos compatriotes à l’international« 

    Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France – candidat à sa succession ce 26 septembre 2021.

    Pas de vote en ligne

    Le premier reproche qui peut être fait sur la solution retenue, c’est qu’afin de procéder aux élections consulaires partielles au plus vite, il a été décidé de ne pas mettre en place de possibilité de voter en ligne. Ce qui ne manque d’étonner les futurs candidats à ces scrutins comme Jean-Hervé Fraslin, élu Conseiller des Français de Madagascar en 2014 et candidat à sa succession.

    Jean-Hervé Fraslin

    « L’absence de vote électronique est profondément regrettable quand on constate que le 30 mai 2021, sur 127 circonscriptions, 86% des suffrages ont été exprimés par internet… »

    Jean-Hervé Fraslin, élu consulaire à Madagascar, candidat à sa succession

    Cette incapacité de l’administration à mettre en place le vote électronique prend racine dans le marché conclu avec le prestataire pour le vote par internet. L’appel d’offres ne prenait pas en compte les hypothèses d’élections partielles (report, annulation suite à des recours, vacance…). Pour certains, un amateurisme flagrant du gouvernement et de son administration que les candidats aux élections sénatoriales ne manquent pas de dénoncer.

    Yan Chantrel

    « Nous ne pouvons que déplorer l’impréparation et l’amateurisme de ce gouvernement qui fonctionne en vase clos sans consulter les acteurs de terrain directement concernés. Le préalable à toute décision aurait été de consulter minimalement les élus et candidats ainsi que nos compatriotes des circonscriptions directement concernées. Il faut s’assurer que les conditions sanitaires permettent le vote à l’urne avec un maillage beaucoup plus dense en termes de bureaux de vote.« 

    Yan Chantrel, élu consulaire au Québec et candidat aux élections sénatoriales du 26 septembre 2021

    Pourtant ce contrat avait été initié par le gouvernement socialiste avant 2017, cependant au-delà des querelles de responsabilité, les élus soulignent le risque de voir ces partielles se dérouler sans électeurs.  La solution que réclament les candidats et les élus c’est l’ouverture de bureaux de vote complémentaires.

    « A Madagascar, pour compenser l’absence de vote par internet, il faut revenir au nombre de bureaux de vote prévu par l’arrêté du 6 mars 2020, soit 14 bureaux de vote : 2 à la capitale et 12 en province, un dans chaque ville dotée d’une agence consulaire.« 

    Jean-Hervé Fraslin, élu consulaire à Madagascar, candidat à sa succession

    Peu de chance d’être satisfaits, les candidats en réclamaient déjà plus en mai 2021, ils ne furent pas entendus. Pandémie, budget, les contraintes semblent impossibles à surmonter pour l’administration.

    Une AFE qui saute

    Deuxième problème, la session de l’AFE qui devait se tenir cet automne. Session importante car au cours de celle-ci, les 90 élus de l’Assemblée des Français de l’étranger doivent émettre leur avis sur les dispositions que prévoit le gouvernement pour l’année suivante.

    Un point particulier est crucial, celui du budget. Il se pourrait que le gouvernement profite de la Loi de Finances 2022 pour récupérer les crédits non consommés du fonds de solidarité et d’urgence pour les expatriés mis en place en 2020 pour répondre à la pandémie, et qui ont été largement sous-employés.

    Le Président de l’AFE, Marc Villard, a alerté à de nombreuses reprises le  Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, sur ce point. Ce dernier lui a indiqué qu’il apporterait une réponse.

    Marc Villard
    Marc Villard

    « J’ai profité de cette réunion pour rappeler à deux reprises au secrétaire d’Etat ma question au gouvernement sur l’avis de l’AFE sur le projet de la Loi de Finances 2022. Il m’a indiqué qu il allait me répondre »

    Marc Villard, Président de l’Assemblée des Français de l’étranger

    Mais y avait-il le choix ? Comment réunir une Assemblée alors que ses membres ne sont plus réellement légitimes. Rappelons que les élus de l’AFE, le sont par leurs pairs, les Conseillers des Français de l’étranger, et ceux qui ont remporté leur siège en mai 2021 ne s’exprimeront que le 5 décembre 2021.

    C’est face à ce constat que la décision fut prise comme le rappelle sur Twitter Laure Pallez, candidate au Sénat, soutenue par Marc Villard.

    Des décisions qui ne satisfont réellement personne mais qui permettent de débloquer la situation et de relancer le fonctionnement des institutions liées aux Français de l’étranger.

  • Mais  qui  croquera  la marque à la pomme ?

    Mais qui croquera la marque à la pomme ?

    En  juillet  dernier,  la  capitalisation  d’Apple  a  dépassé  2500  milliards  de  dollars,  soit l’équivalent  du  PIB  de  la  France.  En  2011,  à  l’arrivée  de  Tim  Cook,  cette  capitalisation  ne dépassait  pas  350  milliards  de dollars.  Apple  est  l’entreprise  la  plus  valorisée  à  l’échelle mondiale.  Les  ventes  annuelles  sont  passées  de  108  milliards  de  dollars  en  2011  à 274  milliards  de  dollars  l’année  dernière.  Le  bénéfice  net  a  plus  que  doublé,  atteignant 57  milliards  de  dollars,  dépassant  les  bénéfices  tirés  du  pétrole  de  Saudi  Aramco  et faisant  d’Apple  l’entreprise  la  plus  rentable  au  monde. 

    Dans  le  monde  des  GAFA,  Apple est  un  cas  particulier.  Créée  bien  avant  le  début  de  l’âge  du  digital,  le  1er  avril  1976  dans le  garage  de  Steve  Jobs  avec  Steve  Wozniak,  cette  entreprise  a  bien  failli  disparaître  en 1997.  Elle  fut  alors  sauvée  par  Bill  Gates.  Elle  est  atypique  car  elle  reste  un  vendeur important  de matériel  informatique  disposant  de  boutiques.  Elle  est  aujourd’hui davantage  contrôlée  par  des  investisseurs que  par  ses  créateurs.  Davantage mondialisée  que  les  autres  GAFA,  elle  dispose  d’une  part  des  ventes  plus  élevée  en dehors  de  son  marché  domestique  qu’Alphabet,  Amazon,  Facebook,  Microsoft,  Alibaba ou  Tencent.  Son  processus  de  production  est  également  complètement  internationalisé. Il  repose  sur  un  immense  réseau  de  production  avec  la  Chine  au  centre.  Apple  est devenue  l’entreprise  occidentale  qui  vend  le  plus  de  matériels  à  la  Chine.  Ses  ventes annuelles  dans  ce  pays  ont  été  multipliées  par  cinq  en  dix  ans  pour  atteindre  60  milliards de  dollars. Apple  a  tiré  profit  du  marché  cartellisé  de  la  téléphonie.  Tout  en  ayant  un  système d’exploitation  assez  fermé,  elle  n’a  pas  cherché  à  rivaliser  avec  ses  concurrents.  Elle  a accepté  de  placer  Google  comme  moteur  de  recherche  sur  ses  IPhone  et  en  a récupéré ainsi  d’importantes  redevances.  Elle  a  toujours  privilégié  le  maintien  de  marges  élevées au  risque  de perdre  des  parts  de  marché.  Ces  dernières  années,  elle  a  accru  de  manière exponentielle  ses  recettes.

    Plusieurs  centaines  de  milliards  de dollars de réserves  

    Comme  les  autres  GAFA,  mais  avec  encore  plus  de  facilité grâce  à  sa  forte  internationalisation,  Apple  a  pratiqué  une  optimisation  fiscale  poussée  lui permettant  de  n’acquitter  que  17 %  d’impôt  sur  ses  bénéfices. Grâce  à  sa  rentabilité  et  à sa  faible  imposition,  elle  disposerait  de  réserves  de  plusieurs  centaines  de  milliards  de dollars.  Si  Apple  demeure  un  vendeur  de  produits  physiques,  elle  gagne  de  plus  en  plus d’argent  avec  les  services  grâce  à  son  magasin  d’applications  (AppStore).  20%  de  son chiffre  d’affaires  en  dépendaient  en  2020,  contre  9%  en  2011.  L’AppStore  attire  de  plus en  plus  les  créateurs  informatiques,  les  développeurs  et  les  consommateurs.  Pour  être reconnu,  pour  être  vendu,  une  solution  informatique  doit  être  sur  AppStore.  Ce  dernier héberge  plus  de  2  millions  d’applications.  Il  offre  un  système  de  facturation  et  de  ventes pour  des  milliers  de  créateurs.  Plus  de  643  milliards  de  dollars  en  2020  ont  été  échangés sur  le  magasin  d’Apple  à  l’échelle  mondiale.  

    La  force  d’Apple  est  de  construire  un système  en  réseau  autour  de  l’iPhone  utilisé  par  plus  d’un  milliard de  personnes.  Tous les  objets  fabriqués  par  la  marque  à  la  pomme  sont  des  appendices  du  smartphone.  Du  fait  du  caractère  visible  d’Apple,  ses  dirigeants  ont  rapidement  pris  le  parti  de respecter  les  critères  ESG  (environnement,  sociétal  et  gouvernance).  

    D’ici  2030,  Apple s’est  ainsi  fixé  l’objectif  de  devenir  neutre  en  carbone  pour  tous  ses  produits.  Elle  entend progressivement  l’imposer  à  tous  ses  prestataires  et  aux  développeurs  travaillant  sur l’Appstore.  À la  différence  de  Google  et  de  Facebook,  Apple  ne  gagne  pas  directement d’argent  avec  les  données  recueillies,  ce  qui  lui  permet  de  mettre  en  avant  le  respect  de la  vie  privée  de  ses  utilisateurs.

    Condamnée à innover : iGlasses, iCar   

    Si  Apple  est  devenue  le  porte-drapeau  du  digital  dans  le  monde,  elle  est  confrontée  à une  série  de  défis  pouvant  remettre  en  cause  ses  avantages  comparatifs.  Dans  le  monde du  numérique,  les  rentes  peuvent être  également  fragiles.  Le  système  d’optimisation fiscale  a  été  ainsi  remis  en  cause  avec  l’accord  de  l’OCDE  visant  à  instituer  un  taux minimal  d’impôt  sur  les  sociétés.   La  montée  de  la  concurrence Apple  doit  également  faire  face  à  la  montée  en  puissance  de  concurrents  en  particulier chinois.  Les  ventes d’iPhone  sont  orientées  à  la  baisse  passant  de  231  millions  en  2015 à  200  millions  en  2020.  Le  marché des  smartphones  tend  à  arriver  à  maturité.  Xiaomi, une  entreprise  chinoise,  a  dépassé  Apple  en  tant  que  deuxième  fabricant  mondial  de smartphones,  Samsung  restant  premier.  Même  si  les  volumes  de  vente  ne sont  pas comparables,  les  appareils  portables  comme  l’Apple  Watch  et  les  accessoires  tels  que les  AirPod  (écouteurs  sans  fil)  génèrent  des  marges  très  importantes.  En  2020,  200 millions  d’AirPod  ont  été  vendus  et  34  millions  de  montres,  soit  beaucoup  plus  que  les ventes  réalisées  par  ses  concurrents  sur  ces  deux  créneaux.  

    Dans  les  prochaines années,  Apple  aura  besoin  de  relais  de  croissance.  Elle  est  condamnée  à  innover  pour ne  pas  être  banalisée.  Malgré  l’échec  relatif  de  Google  pour  les  lunettes  connectées, Apple  travaille toujours  sur    des  «  iGlasses  »,  qui  ajouteraient  une  couche  numérique  à la  réalité  physique  perçue  par  le  porteur.  La  firme  de  Tim  Cook  étudie  également    la possibilité  de  lancer  une  «  iCar  »  qui  serait  tout  à  la  fois  autonome  et  électrique.  Comme Google,  Apple  hésite  sur  la  stratégie  à  suivre  en  matière d’automobile  entre  les partenariats  avec  des  constructeurs  traditionnels  ou  le  lancement  de  ses  propres chaînes de  production,  les  deux  n’étant  pas  antinomiques.  Le  succès  de  Tesla  pousse  Apple  à  se lancer quand  Alphabet  (la  maison  mère  de  Google)  semble  y  avoir  pour  le  moment renoncé.  La  voiture, contrairement  aux  lunettes,  n’est  pas  une  extension  naturelle  du savoir-faire  traditionnel  d’Apple.  Un  véhicule  est  beaucoup  plus  difficile  à  fabriquer  qu’un smartphone.   

    La  fin  du  Yalta  du  digital 

    Au  nom  du  Yalta  des  GAFA,  en  vertu  duquel  les  grandes  entreprises  du  digital n’empiètent  pas  sur  le  cœur  de  métier  des  unes  des  autres,  Apple  n’a  pas  développé  de réseaux  sociaux  et  Facebook  de magasins  d’application.  Apple  et  Google  ont  développé des  coopérations.  Google  est  ainsi  le  moteur  de  recherche  par  défaut  sur  l’iPhone  versant   8  à 12  milliards  de  dollars  par  an  pour  ce  privilège,  soit  14  à 21  %  du  bénéfice  net  d’Apple en  2020.  Dans  un  marché  plus  mature,  la  tentation  est  grande  de  trouver de  nouveaux espaces  de  profit.  Apple  réfléchit  ainsi  à  mettre  en  place  sa  propre  entreprise  de  publicité et  son  propre  moteur  de  recherche.  Mais,  les  intrusions  dans  le  marché  des  voisins  ne sont  pas  toujours  gagnantes.  Ainsi,  l’enceinte  connectée  d’Apple,  HomePod,  est  arrivée en  retard  et  n’a  pas  réussi  à  s’imposer  face  aux  produits  équivalents  d’Amazon  et  de Google.  Les  lunettes  de  réalité  mixte  d’Apple,  si  elles  voient  effectivement  le  jour,  devront se  battre  contre  l’Oculus  de  Facebook  et  l’HoloLens  de  Microsoft. 

    Comment  échapper  aux  juges ? 

    Les  recours  pour  position  dominante,  entrave  à  la  concurrence  ou  exploitation  indue  des données  se multiplient  à  l’encontre  des  GAFA.  Apple  n’y  échappe  pas.  Avant  même  la décision  des  juges,  elle  a  décidé  de  réduire  le  montant  des  commissions  que  les développeurs  lui  paient  pour  être  sur  AppStore  (application  d’un  taux  de  15  %  pour  les petits  développeurs).  Par  ailleurs,  elle  a  accepté  que  les  développeurs  puissent  informer leurs  clients  de  l’existence  de  méthodes  de  paiement  alternatives.  Ils  pourront  inciter  leurs clients,  via  un  e-mail  par  exemple,  à  souscrire  un  abonnement  directement  sur  leur site plutôt  que  dans  leur  application  chargée  sur  l’AppStore.  Le  groupe  a  prévu  de  créer  un fonds,  doté  de  100  millions  de  dollars,  pour  soutenir  les  petits  développeurs  américains. Les  bénéficiaires  pourront  recevoir  entre  250  et  300  000  dollars  chacun,  selon  l’avocat des  plaignants.  En  revanche,  les  autres  magasins  d’applications  seront  toujours  interdits sur  les  iPhones.  La  solution  de  paiement  d’Apple  restera la  seule  autorisée  au  sein  de l’AppStore.  Il  n’est  pas  certain  que  ces  concessions  soient  suffisantes  pour échapper  aux sanctions  judiciaires.  

    Apple  face  aux  tensions  géopolitiques 

    Apple,  comme  les  autres  GAFA,  ne  peut  pas  ignorer  la  montée  des  tentations protectionnistes.  Les  gouvernements  de  tous  les  grands  États,  Chine  comprise, entendent  recentrer  sur  leur  territoire  leur  processus  de  production  industrielle.  Apple  qui est  le  GAFA  le  plus  internationalisé  est  donc  le  plus  exposé  à  ce  risque.  Le  Président  Xi Jinping  entend  réduire  les  bénéfices  des  géants  du  digital  d’autant plus  s’ils  sont étrangers.  Les  autorités  chinoises  répètent  que  Google,  l’AppStore  d’Apple,  Epic  Games, Fortnite  perçoivent  des  frais  excessifs  dans  le  cadre  de  leur  système  de  paiement.  En réaction,  Apple  a  décidé  de  renationaliser,  en  partie,  ses  chaînes  d’approvisionnement mais  reste  très  dépendante  de  la Chine.  Si  la  guerre  commerciale  sino-américaine  s’était poursuivie,  elle  aurait  pu  perdre  30  %  de  ses  bénéfices  selon  Goldman  Sachs.  

    Apple  est accusée  de  collusion  avec  le  pouvoir  politique  chinois.  Plusieurs  ONG  estiment  que  des fournisseurs  d’Apple  sont  parties  prenantes  des  camps  de  travaux  forcés  pour  les Ouïghours,  une  minorité musulmane  opprimée,  au  Xinjiang.  Apple  supprimerait  de  son AppStore  les  applications  déplaisant  aux autorités  chinoises.  Mark  Zuckerberg,  le  PDG de  Facebook,  a  dénoncé  Apple  pour  hypocrisie,  lui  reprochant  de  vanter  la  protection  de la  vie  privée  à  la  maison  tout  en  permettant  au  gouvernement  de Pékin  d’accéder  aux données  personnelles  en  Chine. 

    Comme Microsoft,  Apple  est  vouée  à  devenir  de  plus  en  plus  une  société  de  services  qui tire  une  grande  partie  de  ses  ressources  des  abonnements  souscrits  par  ses  clients. L’écoute  de  musique  et  la  vidéo  en  ligne  ainsi  que  la  location  d’espace  sur  le  «  cloud  » constitue  déjà  des  vecteurs  importants  de  recettes.  Dans  les  prochaines  années,  il  est probable  qu’Apple  accentue,  comme  Google,  sa  présence  dans  le domaine  médical  ainsi que  dans  celui  des  paiements  tout  en  essayant  d’inventer  de  nouvelles  générations  de matériels  intelligents  comme  les  iGlasses  ou  les  iCars.  L’option  prise  est  également  de maintenir  le positionnement  haut  de  gamme  et  de  ne  pas  essayer  de  concurrencer  les entreprises  chinoises,  voire  Google  qui  est  plus  grand  public.

  • Culture 2.0 en Chine : la stratégie de Xi Jinping

    Culture 2.0 en Chine : la stratégie de Xi Jinping

    Xi JinPing est-il en train de mettre en place une révolution culturelle 2.0 en Chine ? Décryptage avec Pierre Haski et Jean-Pierre Cabestan.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’UE prête à lancer ses obligations vertes

    L’UE prête à lancer ses obligations vertes

    La Commission européenne a annoncé mardi (7 septembre) avoir défini les modalités de ses obligations vertes, ce qui permettra une première émission en octobre pour financer le plan de relance post-Covid de 750 milliards d’euros.

    Un tiers de ce plan doit être financé par cet outil de finance durable. « Le projet de l’UE d’émettre jusqu’à 250 milliards d’euros d’obligations vertes d’ici à 2026 fera de nous le plus gros émetteur d’obligations vertes au monde », a affirmé Johannes Hahn, commissaire au Budget, lors d’une conférence de presse.

    Le cadre européen adopté mardi (7 septembre) est aligné sur les principes définis par l’Association internationale des marchés de capitaux (ICMA) pour les obligations vertes, un standard reconnu, a souligné la Commission qui espère convaincre du sérieux de sa démarche.

    Transition écologique

    Le plan de relance européen prévoit que les États membres détaillent leurs dépenses en faveur de la transition écologique. Celles-ci doivent représenter au moins 37 % de leur enveloppe globale. Bruxelles utilisera ces informations pour montrer aux investisseurs la bonne utilisation des obligations vertes.

    Neuf catégories d’investissements sont prévues dont les énergies propres, l’efficacité énergétique (notamment l’isolation des bâtiments) et les transports durables.

    Première émission en octobre

    La première émission d’obligation verte « est déjà prévue pour octobre », a annoncé la Commission.

    Interrogé par des journalistes, M. Hahn a précisé que l’argent levé sur les marchés par ce mécanisme « ne pourra en aucune manière financer des investissements dans le nucléaire » car cette filière n’est pas reconnue comme contribuant à la transition verte dans le cadre du plan de relance européen. En revanche, il pourra financer des centrales à gaz « sous certaines conditions pour fournir une solution de transition dans la production d’énergie ».

    M. Hahn

    Le cadre réglementaire pour les obligations vertes de l’UE adopté mardi (7 septembre) devance le projet de norme européenne pour le secteur présenté en juillet par la Commission. La proposition de « standard européen pour les obligations vertes », que Bruxelles espère à terme imposer sur les marchés pour guider États et entreprises, doit encore être négociée par le Parlement européen et les États membres, ce qui pourrait prendre au moins un ou deux ans.

    La Commission ne pouvait pas attendre. « Nous avons besoin d’avoir quelque chose en place maintenant pour lancer les premières émissions. Mais nous avons fait en sorte d’anticiper et d’aligner au maximum (le cadre) avec notre proposition de juillet », a expliqué M. Hahn.

  • Molenbeek entre ombre et lumière.

    Molenbeek entre ombre et lumière.

    Aujourd’hui s’ouvre en France, le procès des attentats du 13 novembre. On le sait, ces actes ignobles ont pris racine dans les faubourgs de Bruxelles à Molenbeek. Cette commune bruxelloise compte comme les autres des Français. Nous avons souhaité partir à leur rencontre.

    Pour commencer c’est avec un élu consulaire de terrain très au fait de ce qui se passe dans la capitale des Belges que nous attaquons cette plongée dans Molenbeek. Comme d’autres Français que nous avons rencontrés et qui se sont livrés à nous sans fard il a sa propre vision d’un quartier qui ne laisse personne indifférent.

    « Nous organisions souvent nos séminaires européens au « The H » à Bruxelles dans une des salles qui donnent une vue splendide sur la ville. En regardant le panorama nos visiteurs étrangers nous demandaient toujours où se situaient l’Atomium, la Grand place, le Palais du roi… Après les attentats on nous demandait : « on voit Molenbeek d’ici » ?

    Jérémy Michel, Président du Conseil consulaire des Français de Belgique.

    Symbole mondial des quartiers perdus

    Car Molenbeek est devenu depuis novembre 2015 le symbole mondial du quartier perdu, rongé par l’islamisme. Un lieu dangereux situé de l’autre côté du canal qui partage la ville en deux comme dans « le grand fossé » d’Astérix. La sûreté de l’Etat Belge y dénombrait d’ailleurs plus de trente mosquées salafistes. Les principaux inculpés des attentats des terrasses et du Bataclan y ont vécu, grandi, trafiqué ou sont venus préparer sur place leur raid assassin avec d’autres islamistes.

    C’est la part d’ombre du quartier que certains combattent avec les armes de la raison : les éducateurs, les professeurs et autres acteurs associatifs qui se mobilisent pour défendre une vision non communautariste de la société et de l’enseignement.

    Communautarisme ?

    D’autres en revanche font mine d’ignorer le problème ou le minimisent : Certains politiques notamment. L’accusation de clientélisme a été formulée contre Philippe Moureaux. Le Bourgmestre socialiste a régné sans partage de 1992 à 2012 et a été accusé de complaisance envers les islamistes après les attentats. Sa fille Catherine qui a reconquis la commune en 2018 est elle-même accusée à son tour de trop d’indulgence à l’égard de l’islam politique et des associations cultuelles qu’elle soutient et finance.

    Elle est à la tête d’une majorité courte au conseil communal et tente de lutter contre la mauvaise image à sa manière. Il est vrai qu’une forte communauté d’origine marocaine et turque vit dans le quartier et que l’islam structure une partie de la vie sociale de cette « ville dans la ville » enclavée dans Bruxelles et qui est forte de 100 000 habitants. Boutiques halal, bars à chichas, lieux de culte plus ou moins officiels, on pourrait se croire à Tanger ou à Istanbul. Mais on est dans la capitale multiculturelle de l’Europe et à deux pas de la Grand’ Place.

    Le propos des avocats de Molenbeek présente ses habitants comme des victimes d’une mauvaise réputation exagérée. Quand le terme d’islamophobie n’est pas dégainé.

    Françoise, une fonctionnaire européen qui a vécu pendant huit années heureuses sur place nous le dit :

    « C’est une infime pourcentage de la population de Molenbeek qui est touchée par l’islamisme. La grande majorité des habitants aspire à une vie calme, plus de prospérité, à la réussite scolaire pour ses enfants. Les habitants de Molenbeek en ont beaucoup voulu aux terroristes et à leurs familles. Celles-ci, même les personnes âgées, ont été obligées de quitter la commune, chassées par l’opprobre publique« .

    Françoise, Française et fonctionnaire européen

    Un quartier fraternel ?

    A côté de Molenbeek la sombre existe en effet un autre quartier fraternel et chaleureux qu’on ne peut réduire à ses enfants perdus partis se former en Syrie ou se faire exploser au pied du stade de France. C’est la partie lumineuse du quartier. Julien y vit depuis onze ans. Il a acheté une maison à l’époque pour avoir suffisamment d’espace pour loger sa famille et pour se retrouver à quelques minutes du centre ville de Bruxelles avec ses théâtres et ses restaurants.

    « J’habite à côté du canal, dans ma rue, mes voisins sont flamands, suisses et luxembourgeois. Il y a beaucoup d’artistes qui vivent dans un immeuble. Il y a aussi un immeuble social un peu plus loin, et tout le monde est civil. Depuis les attentats il y a eu une clarification et un recul du voile intégral ou des femmes voilées « en rue ». Il est dommage que la nouvelle municipalité ne travaille pas dans le même sens que la précédente« .

    Julien, Français résidant à Molenbeek depuis onze ans

    Françoise Schepmans du MR (Mouvement Réformateur) a été vue en effet comme une bourgmestre active pour faire reculer l’islamisme politique. Elle a eu la lourde responsabilité de 2012 à 2018 de représenter une commune pointée du doigt pendant et après les attentats.

    L’arrestation de Salah Abdeslam dans le quartier, le 18 mars 2016, avait encore renforcé l’image d’un ghetto islamiste où il était simple de se cacher au nez et à la barbe des autorités. Julien indique une situation politique plus contrastée.

    « Les artistes, les classes moyennes (minorités ou pas) et les commerçants sont de plus en plus nombreux. Et ils votent (PTB, écolo, MR) différemment du reste de Molenbeek. Cela insécurise une partie du conseil municipal qui mobilise sa base et fait de la surenchère pour se maintenir aux prochaines élections« .

    Julien, Français résidant à Molenbeek depuis onze ans

    Clientélisme, insécurité, etc.

    « Cela s’était arrêté avec la précédente municipalité est c’est un peu revenu. On le voit dans les subventions, l’attention du conseil municipal suivant que vous soyez un électeur potentiel ou pas ».

    Julien, Français résidant à Molenbeek depuis onze ans

    Et l’insécurité dans le quartier. Est-elle un fantasme de journalisme ou grossie par l’effet de loupe ?

    « On ne sent jamais ni animosité, ni danger quand on se promène dans Moleenbeek. On oublie souvent que les Molenbeekois ont utilisé Schaerbeek pour préparer leurs projets d’attentats. Aucune attaque terroriste, ni incident, n’a eu lieu sur le territoire de la commune. L’islam politique se fait plus discret et depuis les attentats a réellement reculé. Cela se voit également dans les magasins et restaurants. Le style a vraiment changé et beaucoup n’ont rien à envier à ceux du quartier Dansaert au niveau de l’aménagement et de la décoration. Il n’y a plus l’exotisme d’il y a dix ans dans les magasins qu’on aurait pu trouver sur le port d’Agadir ou dans le rif marocain« .

    Julien, Français résidant à Molenbeek depuis onze ans

    Une vision contrastée se dégage de ces échanges. Nous rencontrons alors Amine, un doctorant Français qui vit sur la commune et possède une formation de science politique. Nous l’interrogerons sur ce procès qui sera incidemment aussi celui de Molenbeek.

    « Il est évident que les conclusions du procès seront observées de près et fortement commentées par les habitants de Molenbeek. Si beaucoup craignent les amalgames et souhaiteraient que la sulfureuse commune de Bruxelles-ouest soit également mise sous les feux de la rampe pour d’autres raisons plus valorisantes, il n’y a néanmoins pas de fumée sans feux : dans le cadre des attentats les plus meurtriers perpétrés en Europe par l’organisation terroriste Etat islamique, la logistique des attentats a été en grande partie orchestrée ici par un jeune radicalisé du quartier, Abdelhamid Abaaoud, et le dernier survivant du commando, Salah Abdeslam, est également un jeune Molenbeekois. Au total, la majorité des vingt personnes renvoyées devant la cour d’assises spéciale de Paris pour ce procès historique est née, a grandi et/ou a transité par Molenbeek au cours de son existence. Indéniablement, ce procès sera qu’on le veuille ou non également celui de Molenbeek. Mais aussi celui de l’impuissance chronique des pouvoirs publics locaux / nationaux à endiguer cette lame de fond non pas seulement djihadiste, la partie immergée de l’iceberg, mais également fréro-salafiste, qui occupe ici une place centrale dans la gestion coutumière des « affaires courantes de la cité » depuis plusieurs décennies.« 

    Amine, Français et doctorant résidant à Molenbeek

    En 2015, le quartier comptait 30 mosquées salafistes. On s’interroge sur une telle concentration. Pour certains cela indique que ce quartier demeure un foyer de radicalisés aujourd’hui. Amine nous explique les mécanismes qui lient les « Frères musulmans » et consorts à la population locale.

    « Comme je le disais, la mouvance fréro-salafiste occupe indirectement une place déterminante dans l’organisation de la vie quotidienne des habitantes et habitants de Molenbeek. Quelques dizaines de mètres derrière la « façade gentrifiée » des résidences modernes, cafés et autres épiceries bio agencées tout le long du Canal de Bruxelles entre le musée MIMA et Tour & Taxis par et pour une classe moyenne supérieure cosmopolite, une toute autre réalité régit les codes et les mœurs des habitantes et habitants de Molenbeek. Il suffit de se promener dans la commune à toute heure du jour et de la semaine pour se rendre compte à quel point l’emprise des préceptes de la mouvance fréro-salafiste est omniprésente, que ce soit dans l’offre marchande des commerces, l’accoutrement des gens, la teneur des interactions sociales, la répartition des rôles et responsabilités entre hommes et femmes ou encore les modalités de l’occupation de l’espace public.

    Amine, Français et doctorant résidant à Molenbeek

    Françoise refuse quant à elle le terme de communautarisme.

    « S’il y a un regroupement par communauté il n’est pas forcément volontaire. Je connais des groupes d’expatriés (anglophones ou germanophones notamment) qui vivent en petit cercle, ne pratiquant ni le français, ni le néerlandais… C’est « normal » de se retrouver entre personnes qui parlent la même langue et partagent une même origine, dans un environnement pas toujours perçu comme accueillant… Les enfants ne suivront pas forcément le même parcours que leurs parents« 

    Françoise, Française et fonctionnaire européen

    Cet échange avec des habitants du quartier aura pointé les dangers du salafisme et sa structuration dissimulée mais aura aussi cassé le cliché d’un quartier entièrement dédié à l’islamisme. Les habitants de Molenbeek pendant le procès des attentats continueront à vivre dans ce quartier où l’on peut être heureux en jetant certainement un oeil discret ou inquiet aux gazettes et reportages télés à charge. Six ans après, l’ombre des attentats plane encore ici… Difficile d’ignorer la plus grande tuerie de l’histoire du terrorisme hexagonal. Ce qui n’empêchera jamais les enfants de jouer et de rire dans les cours d’écoles du quartier et d’ignorer la folie criminelle de certains adultes.

  • Sénatoriales des Français de l’étranger : 6 places pour le 26 !

    Sénatoriales des Français de l’étranger : 6 places pour le 26 !

    Le printemps 2021 a été marqué par les élections consulaires. Ce scrutin fut décalé d’un an en raison de la pandémie. Il a permis d’élire les conseillers des Français de l’étranger et les délégués consulaires. Ces élus de terrain ont un rôle électif bien défini. Ils sont les grands électeurs des sénateurs représentant les Français établis hors de France.

    Ils composent, avec les députés et sénateurs représentant les Français établis hors de France, le corps électoral appelé à renouveler 6 d’entre eux le 26 septembre.

    Sénatoriales 2021

    Une pré-campagne inédite

    Pour ce scrutin, seuls 3 des 6 sortants se représentent. Nous aurons donc au moins 3 nouveaux sénateurs le 26 septembre au soir. Cet « appel d’air » touche en particulier la gauche, qui n’a aucun sortant.

    Pour la gauche, la pré-campagne a démarré tôt. Début février ce fut l’annonce de la candidature de Ségolène Royal. Celle-ci a focalisé les esprits et cristallisé certaines ambitions, frustrations diront certains. Elle s’achève, diront d’autres, avec le tout récent soutien du PS à la liste menée par Yan Chantrel et l’arrivée de Marc Villard en seconde place de la liste menée par Laure Pallez.

    La grande famille de la gauche, souvent unie lors de telles échéances, est cette fois apparue et restée, en partie, divisée.

    L’été a été rythmé par les débuts de campagnes et annonces des différentes listes et candidats de tous les bords.

    Retour sur 2014

    En septembre 2021, nous renouvelons les sénateurs élus en septembre 2014.

    Ce scrutin avait permis d’élire Jacky Deromedi et Olivier Cadic. Et de réélire Claudine Lepage, Robert Del Picchia, Christophe Frassa et Richard Yung. Battu à une voix, Jean-Pierre Bansard avait contesté ce résultat. Son recours avait été rejeté et les 6 sénateurs confirmés. Les résultats complets et les listes sont disponibles ici.

    6 septembre 2021 : dépôt des listes

    Cette date marque une nouvelle étape plus concrète menant au 26 septembre. Les mois d’été furent synonymes de tractations et spéculations. Ce début septembre nous fait entrer « dans le dur » avec au moins 8 listes déposées.

    En 2014, il y avait 7 listes officiellement en compétition dont 2 n’avaient récolté aucun suffrage. En 2017, 10 listes étaient présentes dont 1 n’avait récolté aucun suffrage.

    3 questions pour 8 candidats

    Pour mieux faire connaissance avec les candidat têtes de listes, nous avons proposé aux différentes équipes un questionnaire complet.

    Nous évoquons ici le dépôt des listes, la composition des équipes. Nous abordons aussi l’impact de la pandémie sur cette campagne inédite. Ce questionnaire a été adressé aux 8 listes déjà connues lors de la rédaction du présent article. Elles ont toutes répondu.

    A noter, des listes surprises, même « incongrues » voient parfois le jour lors des scrutins sénatoriaux. Il en sera probablement de même lors du scrutin à venir. Nous y consacrerons un prochain article.

    La composition et le dépôt de la liste ont-ils été des processus complexes ?

    Les Républicains

    Christophe-André Frassa

    Pour Christophe Frassa, qui mène la liste #FrançaisAPartEntière, le processus n’est pas spécialement complexe. Il nous informe : « J’avais une idée assez précise de la façon dont je souhaitais constituer la liste : uniquement des élus (avec des réélus et de nouveaux élus) ; une représentation de tous les continents ; un équilibre au-delà de mon mouvement politique. Le contact avec mes futurs colistiers s’est alors fait naturellement. »

    ASFE

    Jean-Pierre Bansard
    Jean-Pierre Bansard

    Pour Jean-Pierre Bansard, qui mène la liste ASFE2021, au contraire « composer une liste est un art difficile, car il ne s’agit pas seulement des personnalités individuelles qui la composent, mais de l’image globale qu’une liste peut renvoyer ». Il ajoute : « En ce qui concerne la liste ASFE 2021 – La Voix des Français de l’étranger, nous avons réfléchi longtemps à la composition idéale de cette liste, jusqu’à obtenir celle qui se rapproche le plus possible de qui nous sommes aujourd’hui, le projet que nous portons, et les valeurs que nous souhaitons transmettre. Une fois cela trouvé, le processus a été simple et le dépôt de la liste s’est réalisé sans difficultés ».

    EELV et LFI

    Melanie Vogel
    Mélanie Vogel

    Pour Mélanie Vogel, qui mène la liste Ecologie, Solidarité, Proximité : « La construction de notre projet a, contrairement aux autres listes, privilégié non pas les aventures individuelles mais le rassemblement nécessaire des humanistes, des écologistes et des progressistes. Cela demande du temps, un long processus d’échanges et de compréhension mutuelle. Et ce travail a porté ses fruits, nous avons élaboré cette liste de manière collective et constructive. Je suis fière du rassemblement que nous avons mis et très heureuse de compter aux côtés d’EELV, les élus LFI, Génération.s, Place Publique et de nombreux indépendants et conseillers chevronnés pour qui la défense des Françaises et Français de l’étranger et l’urgence écologique est une priorité aux 4 coins de la planète.

    LREM

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    Samantha Cazebonne

    Pour Samantha Cazebonne, qui mène la liste Notre Avenir Ensemble : « Dans une élection telle que celle de la sénatoriale des Français de l’étranger, la complémentarité des compétences, l’ancrage territorial et la qualité des relations entretenues avec la communauté française sont des éléments fondamentaux pour constituer une équipe experte sur les questions des Français de l’étranger. C’est donc naturellement et simplement, pour répondre à votre question, que la complémentarité des expériences et des géographies nous a amené à nous choisir les uns les autres en adhérant à un ambitieux projet commun de campagne. Cette liste est officiellement soutenue par toutes les composantes de la majorité présidentielle dont La République En Marche, le Mouvement Démocrate, Agir et Territoires de progrès. »

    Divers Gauche

    Laure Pallez
    Laure Pallez

    Laure Pallez, qui mène la liste Faire gagner nos couleurs, nous confia : « Composer une liste c’est passionnant et complexe : former une équipe d’élus reconnus engagés, tisser du lien et définir ensemble un projet politique qui rassemble. Le dépôt n’est alors plus qu’une formalité administrative. »

    Parti socialiste

    Yan Chantrel

    Yan Chantrel, qui mène la liste Rassemblement de la gauche écologiste, sociale et solidaire, nous rappela tout d’abord s’être lancé en campagne vers la fin du mois de juin, suite à des entretiens avec divers élus de l’AFE et de conseillers des Français de l’étranger de gauche et écologistes, qui rejetaient fermement tout parachutage et candidatures hors-sol et souhaitaient, pour des raisons d’efficacité et de bon sens, valoriser avant tout le travail de terrain. Il continue : « Il ne me fut donc pas difficile de rassembler rapidement une équipe compétente et motivée. La seule difficulté a été l’objectif que nous nous étions fixés de réaliser l’union de toutes les sensibilités de gauche écologistes : militants de partis et militants non encartés, tout en tenant compte du critère de la représentativité du terrain par le biais d’élu.es s’étant d’abord soumis à l’exercice du suffrage universel et à celui d’un mandat de terrain. »

    Indépendants – Divers Droite

    Olivier Cadic

    Olivier Cadic, qui mène la liste Libres et Indépendants, quant à lui situe la genèse de son projet au niveau du partage d’expérience de son collègue Robert del Picchia.

    « Nous nous sommes rapprochés lorsque je l’ai rejoint au sein de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat en 2017. Robert en est le vice-président. Cela m’a permis de travailler régulièrement en collaboration avec Olivia Richard, son bras droit depuis 20 ans, sur les sujets qui préoccupent nos compatriotes et leurs représentants.

    Nous nous sommes découverts beaucoup de complémentarités avec Olivia et nous avons envisagé un projet de « base arrière » pour les élus indépendants, afin de leur permettre de gagner en efficacité et de ne jamais se sentir isolés […].

    La décision de constituer une liste ensemble nous est apparue naturelle… presque comme une évidence pour favoriser le rassemblement des indépendants. […] Tous les colistiers nous ont permis d’aboutir à ce que beaucoup qualifient de liste très solide. Chacun d’entre eux a la particularité de présider leur conseil consulaire après avoir remporté 50, 66, 75 ou 100% des sièges de leur circonscription, comme candidats indépendants. Ils incarnent une approche libre et proche du terrain qui donne beaucoup de force à notre liste.

    Le processus de dépôt de la liste n’est pas plus compliqué que celui qu’ont affronté (deux fois pour la plupart !) les candidats aux consulaires en pleine pandémie. »

    Indépendante – Liste citoyenne

    Ségolène Royal
    Ségolène Royal

    Pour Ségolène Royal, qui mène la liste Français.es dans le monde, une chance pour la France ! Liste citoyenne et écologiste d’union : « La composition de la liste a demandé beaucoup d’attention. Mon objectif , qui est atteint, c’est la diversité dans l’unité : des continents, des métiers, des expériences, des âges. Après six mois d’un travail de dialogue à travers le monde c’est une équipe soudée qui s’est réunie quotidiennement. Au terme de cette campagne sérieuse nous avons notre projet participatif. »

    Pourriez-vous qualifier votre liste en quelques mots ?

    Ségolène Royal explique : « C’est une équipe sérieuse, déjà au travail en proximité et en efficacité. Une candidature utile aux Français dans le monde. Une liste indépendante, des appareils politiques, totalement libre et dont aucun parti ne pourra s’attribuer le résultat. C’est une candidature pour servir. Notre liste est composée d’élus de terrain expérimentés et engagés et d’élus nouveaux, très présents à Français du monde pour la majorité d’entre eux dont le vice-président. »

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    Pour Olivier Cadic, la liste « Libres et Indépendants » revendique de faire une campagne d’adhésion, avec l’objectif de rassembler les élus indépendants. « Nous voulons leur permettre de réaliser leurs projets en mobilisant toutes nos compétences » affirme-t-il.

    Il ajoute : « indépendante et libre, bien sûr, mais aussi représentative, complémentaire, humaniste, dynamique, déterminée, fiable. »

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    Christophe Frassa nous explique : « La liste #FrançaisAPartEntière, que j’ai l’honneur de conduire, est une liste de femmes et d’hommes de convictions, de femmes et d’hommes de terrain qui résident tous à l’étranger, de femmes et d’hommes qui connaissent les attentes de leurs collègues, de femmes et d’hommes qui partagent le sens de l’engagement et la réalité de l’expatriation. Une liste à l’image des élus des Français de l’étranger, au service des 3,4 millions de Français dans le monde. »

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    Jean-Pierre Bansard nous présente sa liste. « Une équipe indépendante 100% dédiée aux Français de l’étranger : expérimentée, engagée, compétente et préoccupée uniquement par le fait de faire avancer les droits et la cause des Français établis hors de France. »

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    Mélanie Vogel explique : « Notre liste est un rassemblement large et pluriel au service de l’écologie et de la solidarité face aux politiques austéritaires qui abiment nos services publics. C’est une équipe d’élu.e.s de tous les continents, complémentaires dans leurs parcours et expériences, qui connaissent les réalités de nos compatriotes et qui sont engagé.e.s auprès d’eux de longue date, soit dans le monde associatif, éducatif et scolaire, culturel ou dans le monde de l’entreprise. »

    RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES SUR MELANIE VOGEL

    Samantha Cazebonne partage avec nous cette affirmation : « compétente, expérimentée, engagée, soudée et fière de s’engager pour un programme ambitieux et pragmatique. »

    RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES SUR SAMANTHA CAZEBONNE

    Laure Pallez évoque avec nous les mots suivants : « compétence, engagement, et une volonté farouche de bouger les lignes, tout en restant fidèle à nos valeurs de progrès et de respect ! »

    RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES SUR LAURE PALLEZ

    Pour finir, Yan Chantrel représente « des élu.es de terrain engagé.es depuis plusieurs années bénévolement au service de nos compatriotes hors de France. »

    RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES SUR YAN CHANTREL

    La pandémie modifie-t-elle votre manière de faire campagne?

    Tous les candidats sont d’accord sur ce point : la pandémie a un impact sur la campagne. Elle empêche ou du moins limite les rencontres de terrain avec les grands électeurs.

    Pour Yan Chantrel, qui mène une campagne virtuelle de terrain : « La pandémie nous a appris à nous réunir à distance et nous avons immédiatement mis en place des réunions Zoom avec les élus du monde entier. Nous avons également eu la possibilité de faire quelques déplacements pour aller à la rencontre de certain.es élu.es. et nous comptons le faire jusqu’à la fin de la campagne. »

    Christophe Frassa. « Evidemment. Les rencontres avec les élus, qui sont fondamentales, se font par visio ou par téléphone, les déplacements étant compliqués. »

    Jean-Pierre Bansard est du même avis. « Bien entendu, puisqu’il y a certains pays où il est très difficile de se rendre et les visio-conférences – qu’on utilise beaucoup fort heureusement – ne remplaceront jamais la rencontre en face-à-face avec un candidat. » 

    Samantha Cazebonne insiste sur les facultés d’adaptation en soulignant : « bien sûr, mais nous avons le sens de l’adaptation, nous limitons nos déplacements et nous privilégions les échanges approfondis par visioconférence. »

    Les constats d’Olivier Cadic sont les mêmes. « Naturellement, la pandémie a un impact, sur la campagne comme sur le reste. Il n’est pas question ni raisonnable de sillonner le monde. […] La pandémie nous a permis de développer des modalités de travail jusqu’alors insuffisamment exploitées, comme la visioconférence. Nous nous en servons, comme on a pu le voir dans nos vidéos de campagne. »

    Ségolène Royal répond : « Oui bien sûr. L’économie des déplacements est bonne pour le bilan carbone. Et l’utilisation des appels vidéo sans frais. Je me suis adressée à tout le monde au-delà des clivages politiques, car demain j’entends travailler pour tous et avec tous. Au plus près et au plus vrai, comme je l’ai toujours fait dans l’exercice de mes responsabilités, grande ou petite. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette campagne, humainement très chaleureuse et à rencontrer le plus possible d’élus grands électeurs afin d’être immédiatement opérationnelle s’ils et elles me font confiance. Mais je veux vous dire qu’au-delà de la liste, ce sont tous les élus consulaires qui constitueront mon équipe sénatoriale. Nous avons déjà réfléchi à des méthodes de travail pour que je puisse leur déléguer des responsabilités, dans le cadre de la revalorisation de leur statut, auquel je m’attacherai en priorité. »

    Mélanie Vogel dresse un constat plus politique. Elle affirme ainsi : « Oui, bien sûr, nous savons à quel point les grands électeurs qui sont des élus locaux jouent un rôle essentiel sur le terrain face au retrait de l’État accéléré par les politiques de LREM et le Plan Action Publique 2022. »

    Elle poursuit : « La pandémie a montré à quel point le système est saturé après des années d’économies. Nos élus ont besoin d’un soutien humain de proximité. J’aurais justement aimé aller échanger en direct avec eux et qu’ils me montrent la réalité de chaque situation sur le terrain, ce que la pandémie rend compliqué. »

    Avant de conclure : « J’ai ainsi beaucoup apprécié les efforts de Jean-Yves Leconte qui avec courage en pleine pandémie est allé soutenir des listes, souvent de nos candidats écologistes. C’est un sénateur exemplaire avec qui j’aimerais travailler à l’avenir sur toutes ces questions. »

    Laure Pallez explique : « Sur le fond, la pandémie de la Covid-19 impacte nos priorités, qui se portent sur les compatriotes en difficulté (santé, prise en charge, déplacements internationaux…). Sur la forme, nous sommes tous habitués maintenant au télétravail et avons mené au printemps la campagne pour les élections des conseillers des Français de l’étranger avec les contraintes liées à la pandémie. Nous nous sommes adaptés et avons développé de nouvelles formes de campagne avec les outils numériques… Mais les rencontres en présentiel nous manquent, c’est sûr. Forts de notre liste globale, nous avons tout de même organisé des temps en séance. »

    Dans le prochain article, nous parlerons du programme des candidats et de leur vision du mandat.

    Le scrutin du 26 septembre en quelques chiffres.

    • 5 (ans) : durée du mandat des sénateurs élus le 26 septembre.
    • 6 : le nombre de sénateurs à élire le 26 septembre
    • 7  (ans) : durée du mandat qui s’achève en raison de la pandémie qui a engendré le report des consulaires de mai 2020 à mai 2021.
    • 7 : nombre de listes en 2014
    • 24 (ans) : âge d’éligibilité (modifié par la loi du 14 avril 2011. Jusqu’alors, il fallait être âgé de 30 ans)
    • 100 (euros) : montant de l’amende en cas d’abstention.

    Pour rappel le vote, obligatoire et secret, est possible :

    • en personne, le samedi 18 septembre. A votre ambassade ou dans n’importe quel consulat de votre circonscription électorale, de 9 à 11h.
    • en personne ou par procuration, le dimanche 26 septembre, de 9h à 15h au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 27 rue de la Convention à Paris.
  • L’opération Barkhane, la guerre loin de vous

    L’opération Barkhane, la guerre loin de vous

    C’est un document rare sur l’armée française et l’opération Barkhane, dont le retrait a été annoncé par le Président français, Emmanuel Macron, début juin.

    Immersion avec les militaires français

    Pendant six mois, « 13h15 le dimanche » a suivi des militaires français depuis leur préparation militaire jusqu’à leur départ au Mali et leur arrivée au camp de Gao, par 50 degrés. Leur mission va durer quatre mois.

    Moments de fatigue sur le terrain, tensions liées aux risques d’attaques, instants de réconfort quand ils peuvent appeler leurs proches pour de brefs coups de fil…

    Regardez le documentaire de TV5MONDE

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  • A l’ère  des  nouvelles  injustices

    A l’ère des nouvelles injustices

    La  France  est  un  des  pays  les  plus  égalitaires  au  monde.  Les  écarts  de revenus  après redistribution  fiscale  et  sociale  figurent  parmi  les  plus faibles.  Pour  autant,  le  sentiment d’injustice  reste  élevé  et  a  même  tendance  à  s’accroître.  L’accroissement  relatif  de revenus  et  de patrimoine  concerne  essentiellement  les  0,1  %  les  mieux  dotés.  Le  taux de  pauvreté  monétaire  reste,  de  son  côté,  très  stable  au  fil  des années.  

    Malgré  les  crises rencontrées  lors  de  ces  cinquante  dernières  années,  de  nombreuses  avancées  sociales ont  été  réalisées.  Le  nombre  de  jeunes  Français  accédant  à  l’enseignement  supérieur est  passé  de  850  000  à  2,6  millions  de  1970  à  2020.  Le  niveau  de  vie  des  retraités  est devenu supérieur  à  celui  de  la  moyenne  de  la  population.  En  2020,  5 %  des  retraités touchent  le  minimum  vieillesse  contre  plus  d’un  tiers  en  1970.  La  couverture  santé concerne  désormais  l’ensemble  des  ménages.     

    L’important  n’est  pas  l’inégalité  en  tant que  telle  mais  son  ressenti,  le sentiment  d’injustice  qu’éprouve  une  part  non  négligeable de  la  population  n’est  pas  discernable  par  les  statistiques.  Il  échappe  par nature  à  la rationalité.  Que  Neymar  ou  Messi  gagnent  plus  que  le  PDG  le  mieux  payé  du  CAC  40  et 2000  fois  plus  que  le  salarié  au  SMIC  pourrait  être  considéré  comme  injuste ;  or  tel  n’est pas  le  cas.

    Le  refus  de  l’arbitraire et  du  mépris   

    Les  injustices  sont  le  miroir  de  nos  sociétés.  Elles  changent  de  visage  tout  en  demeurant un  cri  de  révolte,  un  mal-être,  une  défiance  à l’encontre  de  l’ordre  existant.  De  l’abolition des  privilèges  le  4  août  1789  aux  «  gilets  jaunes  »  de  2018,  si  les  revendications  évoluent tout  comme  la  forme  des  combats,  le  refus  de  l’arbitraire,  du  mépris  et  de  la marginalisation  demeure.  

    À  la  différence  des  grandes  revendications  sociales  des  XIX  et XXe  siècles,  la  lutte  contre  les  injustices  est  de  moins  en  moins  régulée  par des représentants  ou  des  intermédiaires.  Elle  n’est  plus  l’expression  d’une  conscience  de classe  ou  d’une  communauté  organisée  et  hiérarchisée.  Elle    est  à  l’image  de  la  société, plus  individualiste,  plus  émotionnelle.  Elle  prend  forme  à  partir  d’évènements  comme  le mouvement  «  MeToo  »  en lien  avec  l’affaire  Weinstein  en  2017  ou  celui  de  «  Black  Lives Matter  »  né  en  2013  aux  États-Unis. 

    Les  injustices  naissent  d’un  fort  besoin  de reconnaissance  et  d’un  profond  respect  des  différences.  L’individu  ne  se  définit  plus exclusivement  par  sa  personnalité  juridique  ou  son  statut  social  mais  par  son  histoire comprenant  celle  de  ses  aïeux,  son  orientation  sexuelle, sa  religion,  etc.  Cette  révolution conceptuelle  s’inscrit  dans  le  champ  plus  large  de  la  mutation  des  sociétés contemporaines.  

    Jusque  dans  les  années  1980,  un  salarié  se  définissait  par  rapport  à son  statut  –  cadre,  employé,  ouvrier  –  et  par  rapport  à  sa  branche  professionnelle. L’ouvrier  de  Renault  se  définissait  avant  tout  comme  un «  métallo  »,  comme  le  salarié d’une  petite  usine  de  décolletage. Aujourd’hui,  avec  la  parcellisation  du  travail,  ces références  sont,  en grande  partie,  tombées.  Le  travail  obéit  de  moins  en  moins  à  la  règle des  trois  unités,  de  lieu,  de  temps  et  d’action.  Il  forme  un  continuum  avec  les  loisirs  et  la vie  familiale.  La  symbolique  des  manifestations  revendicatives  a  été  également bousculée.  Les  gilets  jaunes  se  réunissant  sur  des  non-lieux,  les  ronds-points, rassemblaient  des  personnes  venant  d’horizons  très  divers,  ayant  peu  de  revendications concrètes  à  satisfaire,  et  refusant  toute  structuration  de  leur  mouvement.  

    La  jeune suédoise  Greta  Thumberg  a  mobilisé,  de  manière  informelle,  de  nombreux  jeunes, indignés,  pour  reprendre  l’expression  de  Stéphane  Hessel,  devant  l’inaction  des  ainés   dans  la  lutte  contre  le  réchauffement  climatique.  Si  dernièrement,  aux  États-Unis,  les travailleurs  indépendants  des  plateformes  de  ventes  à  domicile  se  sont  ligués  afin  de bénéficier  de  meilleures  conditions  de  travail,  ce  type  de mouvement  demeure  rare.

    Nouvelles  injustices  protéiformes     

    Les  nouvelles  injustices  protéiformes  sont  difficiles  à  agréger  par  les  partis  politiques  et les  syndicats  dont  la  structuration  a  longtemps  obéi à  un  schéma  cartésien,  voire manichéen,  autour  des  thèmes  du  progrès,  du  partage  des  richesses  et  du  pouvoir des familles.  Ils  étaient  les  catalyseurs  des  tensions  et  des  passions.  Avec  les  réseaux sociaux,  la voix  de  toutes  et  tous  a  la  même  valeur  ou  presque  et  peut  être  entendue  par toutes  et  tous.  Elle  semble  avoir  plus  de  résonnance  que  celle  qui  est  placée  dans  une urne.

    Le  partage  d’une  image sur Instagram  a  pris  le  pas  sur  le  bulletin  de  vote  anonyme  

    Le  partage  d’une  image,  d’une  émotion  ou  d’un  cri  sur Twitter,  TikTok, Instagram  ou sur  une  télévision  d’information  continue  a  pris  le  pas  sur  le  bulletin  de  vote  anonyme.  La téléréalité  a  envahi  le  monde  en  s’imposant  comme  mode  de  communication  à  l’intérieur comme  à l’extérieur  des  écrans.  Les  injustices  sont  d’autant  plus  insupportables  que  le secret  est  banni,  que  tout  est  public  ou  presque.  Les  filtres  et donc  le  recul  ont  disparu. La  société  est  ainsi  devenue  plus  transparente  et  plus  brutale.   

    Autrefois,  la  correction  d’une  injustice  de  statuts  passait  par  l’adoption  ou  la  suppression d’une  loi,  la  correction  d’une  injustice  sociale  par  une  prestation.  Mais  aujourd’hui,  pour la  correction  d’une  injustice  de situation  liée  à  son  histoire,  ses  origines,  sa  culture,  son orientation  sexuelle  ou  son  lieu  d’habitation,  la  solution  est  évidemment  plus complexe. 

    Face aux nouvelles  injustices,  les  pouvoirs  publics  sont  contraints  d’inventer  de  nouvelles formes  d’intervention  allant  de  la  discrimination  positive  à  l’action  mémorielle.

    Ces nouvelles  injustices  si  elles  sont  souvent  de  nature  individuelle,  confèrent  étrangement  à l’État  des  responsabilités  accrues.  Il  lui  est demandé  de  réduire  au  maximum  les incertitudes  de  l’existence.  Tout  le monde  doit  être  en  capacité  de  réussir  ses  études, son  emploi,  sa  vie, etc.  L’État  n’est  plus  seulement  la  nounou  des  citoyens,  il  se  doit  en toute  circonstances  de  trouver  les  solutions.  Les  citoyens,  otages  et  tyrans  de  l’action publique,  hésitent  entre  défiance  et  amour,  dépendance  et  rejet.  Cette  évolution  de  la lutte  des  injustices  qui  modèle  la  vie  en  société,  depuis  des  millénaires  comme  Albert Camus  l’a  décrit  dans  son essai  de  1951,  L’homme  révolté, met  donc  à  rude  épreuve  le système démocratique.  Dans  une  société  où  toutes  les  voix  s’expriment publiquement  en temps  réel  sur  les  réseaux,  le  principe  d’élire,  par  bulletin  secret,  un  représentant,  un chef,  peut  apparaître  incongru. 

    En  France,  l’abstention  est  devenue  la  règle  pour  les élections  tout  comme  en  Suisse  pour  les  référendums.  Certains  suggèrent  la reconnaissance  du  vote  blanc,  d’autres  le  passage  au  vote  en  ligne. L’une  comme  l’autre de  ces  propositions  pourraient  ne  pas  faire  revenir  vers  les  urnes  les  abstentionnistes  qui sont,  pour  un  nombre  non  négligeable  d’entre  eux,  non  pas  contre  le  système  mais  «  asystème  »  ou  entrés  de  plain-pied  dans  un  nouveau  système  pas  encore  défini.  

  • G20 : un pacte pour distribuer des vaccins

    G20 : un pacte pour distribuer des vaccins

    Les ministres de la Santé du G20 réunis à Rome ont signé à l’unanimité le « Pacte de Rome », s’engageant à accroître le soutien aux nations pauvres et à leur envoyer davantage de vaccins contre la Covid-19 afin d’atteindre un objectif de 40 % de vaccination de la population mondiale d’ici à la fin 2021.

    C’est un « grand résultat », a déclaré le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, qui a rappelé comment le G20 de l’année dernière s’était terminé sans déclaration finale.

    Président du Conseil italien, hôte du sommet G20 de la Santé

    Aider les pays les plus fragiles

    Le ministre de la Santé a également souligné l’engagement commun pris par les ministres de la Santé de procéder à une relance générale des services de santé et d’avoir l’universalisme comme boussole dans l’ère post-Covid.

    Les pays du G20 se sont engagés à allouer des ressources « importantes » et à envoyer des vaccins directement aux pays les plus fragiles. Cela « se fait déjà, mais nous devons renforcer le système », a déclaré la ministre.

    Selon l’Alliance du vaccin Gavi, les fonds nécessaires pour sécuriser le vaccin partout s’élèveraient à 1,7 milliard d’euros.

    « Dans quelques semaines, il y aura une réunion des ministres de la Santé et des Finances. Ce sera un moment décisif pour identifier les ressources spécifiques pour financer tous les instruments mis en place »

    Le ministre italien de la Santé lors du sommet G20

    Pour les ONG le compte n’y est pas

    Mais les ONG considèrent que les engagements pris par les ministres du G20 sont trop faibles.

    « Dans la réponse à la pandémie, en termes d’accès global aux vaccins, aucun pas décisif et concret n’a été fait pour la définition de stratégies et d’outils à moyen et long terme, qui, face aux futures pandémies, nous permettront de changer de paradigme et de mettre fin aux inégalités honteuses dans l’accès aux traitements et aux vaccins »

    Sara Albiani, conseillère en politique de santé mondiale d’Oxfam Italia, et Rossella Miccio, présidente d’Emergency.

    Vittorio Agnoletto, porte-parole italien de la campagne européenne Right to Care — Right2cure — No profit on pandemic, a au contraire déclaré que « le choix du G20 d’ignorer la proposition de moratoire sur les brevets des vaccins est honteux et indécent. »

    Le « Pacte de Rome » « partage en paroles l’objectif de l’OMS de vacciner 40 % de la population mondiale d’ici 2021, mais il propose ensuite les mêmes outils que ceux utilisés jusqu’à présent : un autre plan de donation, alors que le projet Covax a déjà échoué ; et un appel aux entreprises pour augmenter le transfert volontaire de technologie », a ajouté M. Agnoletto.

  • Odyssey, 14 établissements dans le monde pour cette rentrée

    Odyssey, 14 établissements dans le monde pour cette rentrée

    Odyssey, le groupe scolaire soutenu par la famille Mulliez et dirigé par Luc Chatel compte désormais 14 établissements sur 3 continents (Europe, Asie, Afrique).

    Un réseau fondé en 2017

    Odyssey a débuté sa mission éducative en 2017 à Casablanca. Depuis, il s’est développé en ouvrant des établissements à Bucarest, Bruxelles, Bangkok, Singapour et Hô Chi Minh-Ville.

    Soucieuse d’accélérer le développement, la direction a plaidé pour une politique plus offensive qui passe par le rachat d’établissements scolaires. Requête entendue, les actionnaires ont donné les moyens de ses ambitions à Luc Chatel. Première cible : l’Institut Saint-Dominique à Rome, avant de mener le rachat du Lycée Français d’Anvers (Belgique) avant d’absorber un autre groupe scolaire.

    En plein crise sanitaire liée à la Covid, les établissements ont besoin d’un soutien financier pour passer le cap. Au passage c’est la promesse pour ces établissements de voir leur offre éducative modernisée grâce à la capacité d’investissements du réseau.

    En effet, la famille Mulliez, propriétaire d’un holding tentaculaire qui comprend notamment Auchan et Décathlon, est devenue en 2019 actionnaire passif du groupe éducatif avec un apport de 11 millions d’Euros au capital.

    Accord cadre avec l’AEFE

    Cette années scolaire est aussi la première qui bénéfice de l’accord cadre signé entre l’AEFE et le groupe Odyssey ce 16 juillet 2021.

    Cette première convention-cadre signée avec un groupe privé d’éducation prouve toute la reconnaissance et la confiance que l’AEFE accorde au réseau Odyssey dans l’effort commun pour le rayonnement de l’éducation à la française dans le monde.

    De son côté, le groupe Odyssey s’engage à contribuer activement à la stratégie de l’État définie dans le Plan de développement de l’enseignement français à l’étranger, que ce soit par des créations de nouveaux établissements scolaires homologués ou le développement d’établissements homologués existants. Odyssey prend surtout l’engagement de garantir le respect des meilleurs standards de l’enseignement français à l’étranger, de mettre en avant, à la fois ses valeurs éducatives, sa qualité académique, et ses diplômes d’Etat, unanimement reconnus à l’international.

    C’est donc une année importante qui s’ouvre pour le réseau Odyssey qui fait désormais pleinement partie du paysage éducatif français à l’international.

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