Sénatoriales des Français de l’étranger : 6 places pour le 26 !

Sénatoriales des Français de l’étranger : 6 places pour le 26 !

Le printemps 2021 a été marqué par les élections consulaires. Ce scrutin fut décalé d’un an en raison de la pandémie. Il a permis d’élire les conseillers des Français de l’étranger et les délégués consulaires. Ces élus de terrain ont un rôle électif bien défini. Ils sont les grands électeurs des sénateurs représentant les Français établis hors de France.

Ils composent, avec les députés et sénateurs représentant les Français établis hors de France, le corps électoral appelé à renouveler 6 d’entre eux le 26 septembre.

Sénatoriales 2021

Une pré-campagne inédite

Pour ce scrutin, seuls 3 des 6 sortants se représentent. Nous aurons donc au moins 3 nouveaux sénateurs le 26 septembre au soir. Cet « appel d’air » touche en particulier la gauche, qui n’a aucun sortant.

Pour la gauche, la pré-campagne a démarré tôt. Début février ce fut l’annonce de la candidature de Ségolène Royal. Celle-ci a focalisé les esprits et cristallisé certaines ambitions, frustrations diront certains. Elle s’achève, diront d’autres, avec le tout récent soutien du PS à la liste menée par Yan Chantrel et l’arrivée de Marc Villard en seconde place de la liste menée par Laure Pallez.

La grande famille de la gauche, souvent unie lors de telles échéances, est cette fois apparue et restée, en partie, divisée.

L’été a été rythmé par les débuts de campagnes et annonces des différentes listes et candidats de tous les bords.

Retour sur 2014

En septembre 2021, nous renouvelons les sénateurs élus en septembre 2014.

Ce scrutin avait permis d’élire Jacky Deromedi et Olivier Cadic. Et de réélire Claudine Lepage, Robert Del Picchia, Christophe Frassa et Richard Yung. Battu à une voix, Jean-Pierre Bansard avait contesté ce résultat. Son recours avait été rejeté et les 6 sénateurs confirmés. Les résultats complets et les listes sont disponibles ici.

6 septembre 2021 : dépôt des listes

Cette date marque une nouvelle étape plus concrète menant au 26 septembre. Les mois d’été furent synonymes de tractations et spéculations. Ce début septembre nous fait entrer « dans le dur » avec au moins 8 listes déposées.

En 2014, il y avait 7 listes officiellement en compétition dont 2 n’avaient récolté aucun suffrage. En 2017, 10 listes étaient présentes dont 1 n’avait récolté aucun suffrage.

3 questions pour 8 candidats

Pour mieux faire connaissance avec les candidat têtes de listes, nous avons proposé aux différentes équipes un questionnaire complet.

Nous évoquons ici le dépôt des listes, la composition des équipes. Nous abordons aussi l’impact de la pandémie sur cette campagne inédite. Ce questionnaire a été adressé aux 8 listes déjà connues lors de la rédaction du présent article. Elles ont toutes répondu.

A noter, des listes surprises, même « incongrues » voient parfois le jour lors des scrutins sénatoriaux. Il en sera probablement de même lors du scrutin à venir. Nous y consacrerons un prochain article.

La composition et le dépôt de la liste ont-ils été des processus complexes ?

Les Républicains

Christophe-André Frassa

Pour Christophe Frassa, qui mène la liste #FrançaisAPartEntière, le processus n’est pas spécialement complexe. Il nous informe : « J’avais une idée assez précise de la façon dont je souhaitais constituer la liste : uniquement des élus (avec des réélus et de nouveaux élus) ; une représentation de tous les continents ; un équilibre au-delà de mon mouvement politique. Le contact avec mes futurs colistiers s’est alors fait naturellement. »

ASFE

Jean-Pierre Bansard
Jean-Pierre Bansard

Pour Jean-Pierre Bansard, qui mène la liste ASFE2021, au contraire « composer une liste est un art difficile, car il ne s’agit pas seulement des personnalités individuelles qui la composent, mais de l’image globale qu’une liste peut renvoyer ». Il ajoute : « En ce qui concerne la liste ASFE 2021 – La Voix des Français de l’étranger, nous avons réfléchi longtemps à la composition idéale de cette liste, jusqu’à obtenir celle qui se rapproche le plus possible de qui nous sommes aujourd’hui, le projet que nous portons, et les valeurs que nous souhaitons transmettre. Une fois cela trouvé, le processus a été simple et le dépôt de la liste s’est réalisé sans difficultés ».

EELV et LFI

Melanie Vogel
Mélanie Vogel

Pour Mélanie Vogel, qui mène la liste Ecologie, Solidarité, Proximité : « La construction de notre projet a, contrairement aux autres listes, privilégié non pas les aventures individuelles mais le rassemblement nécessaire des humanistes, des écologistes et des progressistes. Cela demande du temps, un long processus d’échanges et de compréhension mutuelle. Et ce travail a porté ses fruits, nous avons élaboré cette liste de manière collective et constructive. Je suis fière du rassemblement que nous avons mis et très heureuse de compter aux côtés d’EELV, les élus LFI, Génération.s, Place Publique et de nombreux indépendants et conseillers chevronnés pour qui la défense des Françaises et Français de l’étranger et l’urgence écologique est une priorité aux 4 coins de la planète.

LREM

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Samantha Cazebonne

Pour Samantha Cazebonne, qui mène la liste Notre Avenir Ensemble : « Dans une élection telle que celle de la sénatoriale des Français de l’étranger, la complémentarité des compétences, l’ancrage territorial et la qualité des relations entretenues avec la communauté française sont des éléments fondamentaux pour constituer une équipe experte sur les questions des Français de l’étranger. C’est donc naturellement et simplement, pour répondre à votre question, que la complémentarité des expériences et des géographies nous a amené à nous choisir les uns les autres en adhérant à un ambitieux projet commun de campagne. Cette liste est officiellement soutenue par toutes les composantes de la majorité présidentielle dont La République En Marche, le Mouvement Démocrate, Agir et Territoires de progrès. »

Divers Gauche

Laure Pallez
Laure Pallez

Laure Pallez, qui mène la liste Faire gagner nos couleurs, nous confia : « Composer une liste c’est passionnant et complexe : former une équipe d’élus reconnus engagés, tisser du lien et définir ensemble un projet politique qui rassemble. Le dépôt n’est alors plus qu’une formalité administrative. »

Parti socialiste

Yan Chantrel

Yan Chantrel, qui mène la liste Rassemblement de la gauche écologiste, sociale et solidaire, nous rappela tout d’abord s’être lancé en campagne vers la fin du mois de juin, suite à des entretiens avec divers élus de l’AFE et de conseillers des Français de l’étranger de gauche et écologistes, qui rejetaient fermement tout parachutage et candidatures hors-sol et souhaitaient, pour des raisons d’efficacité et de bon sens, valoriser avant tout le travail de terrain. Il continue : « Il ne me fut donc pas difficile de rassembler rapidement une équipe compétente et motivée. La seule difficulté a été l’objectif que nous nous étions fixés de réaliser l’union de toutes les sensibilités de gauche écologistes : militants de partis et militants non encartés, tout en tenant compte du critère de la représentativité du terrain par le biais d’élu.es s’étant d’abord soumis à l’exercice du suffrage universel et à celui d’un mandat de terrain. »

Indépendants – Divers Droite

Olivier Cadic

Olivier Cadic, qui mène la liste Libres et Indépendants, quant à lui situe la genèse de son projet au niveau du partage d’expérience de son collègue Robert del Picchia.

« Nous nous sommes rapprochés lorsque je l’ai rejoint au sein de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat en 2017. Robert en est le vice-président. Cela m’a permis de travailler régulièrement en collaboration avec Olivia Richard, son bras droit depuis 20 ans, sur les sujets qui préoccupent nos compatriotes et leurs représentants.

Nous nous sommes découverts beaucoup de complémentarités avec Olivia et nous avons envisagé un projet de « base arrière » pour les élus indépendants, afin de leur permettre de gagner en efficacité et de ne jamais se sentir isolés […].

La décision de constituer une liste ensemble nous est apparue naturelle… presque comme une évidence pour favoriser le rassemblement des indépendants. […] Tous les colistiers nous ont permis d’aboutir à ce que beaucoup qualifient de liste très solide. Chacun d’entre eux a la particularité de présider leur conseil consulaire après avoir remporté 50, 66, 75 ou 100% des sièges de leur circonscription, comme candidats indépendants. Ils incarnent une approche libre et proche du terrain qui donne beaucoup de force à notre liste.

Le processus de dépôt de la liste n’est pas plus compliqué que celui qu’ont affronté (deux fois pour la plupart !) les candidats aux consulaires en pleine pandémie. »

Indépendante – Liste citoyenne

Ségolène Royal
Ségolène Royal

Pour Ségolène Royal, qui mène la liste Français.es dans le monde, une chance pour la France ! Liste citoyenne et écologiste d’union : « La composition de la liste a demandé beaucoup d’attention. Mon objectif , qui est atteint, c’est la diversité dans l’unité : des continents, des métiers, des expériences, des âges. Après six mois d’un travail de dialogue à travers le monde c’est une équipe soudée qui s’est réunie quotidiennement. Au terme de cette campagne sérieuse nous avons notre projet participatif. »

Pourriez-vous qualifier votre liste en quelques mots ?

Ségolène Royal explique : « C’est une équipe sérieuse, déjà au travail en proximité et en efficacité. Une candidature utile aux Français dans le monde. Une liste indépendante, des appareils politiques, totalement libre et dont aucun parti ne pourra s’attribuer le résultat. C’est une candidature pour servir. Notre liste est composée d’élus de terrain expérimentés et engagés et d’élus nouveaux, très présents à Français du monde pour la majorité d’entre eux dont le vice-président. »

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Pour Olivier Cadic, la liste « Libres et Indépendants » revendique de faire une campagne d’adhésion, avec l’objectif de rassembler les élus indépendants. « Nous voulons leur permettre de réaliser leurs projets en mobilisant toutes nos compétences » affirme-t-il.

Il ajoute : « indépendante et libre, bien sûr, mais aussi représentative, complémentaire, humaniste, dynamique, déterminée, fiable. »

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Christophe Frassa nous explique : « La liste #FrançaisAPartEntière, que j’ai l’honneur de conduire, est une liste de femmes et d’hommes de convictions, de femmes et d’hommes de terrain qui résident tous à l’étranger, de femmes et d’hommes qui connaissent les attentes de leurs collègues, de femmes et d’hommes qui partagent le sens de l’engagement et la réalité de l’expatriation. Une liste à l’image des élus des Français de l’étranger, au service des 3,4 millions de Français dans le monde. »

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Jean-Pierre Bansard nous présente sa liste. « Une équipe indépendante 100% dédiée aux Français de l’étranger : expérimentée, engagée, compétente et préoccupée uniquement par le fait de faire avancer les droits et la cause des Français établis hors de France. »

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Mélanie Vogel explique : « Notre liste est un rassemblement large et pluriel au service de l’écologie et de la solidarité face aux politiques austéritaires qui abiment nos services publics. C’est une équipe d’élu.e.s de tous les continents, complémentaires dans leurs parcours et expériences, qui connaissent les réalités de nos compatriotes et qui sont engagé.e.s auprès d’eux de longue date, soit dans le monde associatif, éducatif et scolaire, culturel ou dans le monde de l’entreprise. »

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Samantha Cazebonne partage avec nous cette affirmation : « compétente, expérimentée, engagée, soudée et fière de s’engager pour un programme ambitieux et pragmatique. »

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Laure Pallez évoque avec nous les mots suivants : « compétence, engagement, et une volonté farouche de bouger les lignes, tout en restant fidèle à nos valeurs de progrès et de respect ! »

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Pour finir, Yan Chantrel représente « des élu.es de terrain engagé.es depuis plusieurs années bénévolement au service de nos compatriotes hors de France. »

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La pandémie modifie-t-elle votre manière de faire campagne?

Tous les candidats sont d’accord sur ce point : la pandémie a un impact sur la campagne. Elle empêche ou du moins limite les rencontres de terrain avec les grands électeurs.

Pour Yan Chantrel, qui mène une campagne virtuelle de terrain : « La pandémie nous a appris à nous réunir à distance et nous avons immédiatement mis en place des réunions Zoom avec les élus du monde entier. Nous avons également eu la possibilité de faire quelques déplacements pour aller à la rencontre de certain.es élu.es. et nous comptons le faire jusqu’à la fin de la campagne. »

Christophe Frassa. « Evidemment. Les rencontres avec les élus, qui sont fondamentales, se font par visio ou par téléphone, les déplacements étant compliqués. »

Jean-Pierre Bansard est du même avis. « Bien entendu, puisqu’il y a certains pays où il est très difficile de se rendre et les visio-conférences – qu’on utilise beaucoup fort heureusement – ne remplaceront jamais la rencontre en face-à-face avec un candidat. » 

Samantha Cazebonne insiste sur les facultés d’adaptation en soulignant : « bien sûr, mais nous avons le sens de l’adaptation, nous limitons nos déplacements et nous privilégions les échanges approfondis par visioconférence. »

Les constats d’Olivier Cadic sont les mêmes. « Naturellement, la pandémie a un impact, sur la campagne comme sur le reste. Il n’est pas question ni raisonnable de sillonner le monde. […] La pandémie nous a permis de développer des modalités de travail jusqu’alors insuffisamment exploitées, comme la visioconférence. Nous nous en servons, comme on a pu le voir dans nos vidéos de campagne. »

Ségolène Royal répond : « Oui bien sûr. L’économie des déplacements est bonne pour le bilan carbone. Et l’utilisation des appels vidéo sans frais. Je me suis adressée à tout le monde au-delà des clivages politiques, car demain j’entends travailler pour tous et avec tous. Au plus près et au plus vrai, comme je l’ai toujours fait dans l’exercice de mes responsabilités, grande ou petite. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette campagne, humainement très chaleureuse et à rencontrer le plus possible d’élus grands électeurs afin d’être immédiatement opérationnelle s’ils et elles me font confiance. Mais je veux vous dire qu’au-delà de la liste, ce sont tous les élus consulaires qui constitueront mon équipe sénatoriale. Nous avons déjà réfléchi à des méthodes de travail pour que je puisse leur déléguer des responsabilités, dans le cadre de la revalorisation de leur statut, auquel je m’attacherai en priorité. »

Mélanie Vogel dresse un constat plus politique. Elle affirme ainsi : « Oui, bien sûr, nous savons à quel point les grands électeurs qui sont des élus locaux jouent un rôle essentiel sur le terrain face au retrait de l’État accéléré par les politiques de LREM et le Plan Action Publique 2022. »

Elle poursuit : « La pandémie a montré à quel point le système est saturé après des années d’économies. Nos élus ont besoin d’un soutien humain de proximité. J’aurais justement aimé aller échanger en direct avec eux et qu’ils me montrent la réalité de chaque situation sur le terrain, ce que la pandémie rend compliqué. »

Avant de conclure : « J’ai ainsi beaucoup apprécié les efforts de Jean-Yves Leconte qui avec courage en pleine pandémie est allé soutenir des listes, souvent de nos candidats écologistes. C’est un sénateur exemplaire avec qui j’aimerais travailler à l’avenir sur toutes ces questions. »

Laure Pallez explique : « Sur le fond, la pandémie de la Covid-19 impacte nos priorités, qui se portent sur les compatriotes en difficulté (santé, prise en charge, déplacements internationaux…). Sur la forme, nous sommes tous habitués maintenant au télétravail et avons mené au printemps la campagne pour les élections des conseillers des Français de l’étranger avec les contraintes liées à la pandémie. Nous nous sommes adaptés et avons développé de nouvelles formes de campagne avec les outils numériques… Mais les rencontres en présentiel nous manquent, c’est sûr. Forts de notre liste globale, nous avons tout de même organisé des temps en séance. »

Dans le prochain article, nous parlerons du programme des candidats et de leur vision du mandat.

Le scrutin du 26 septembre en quelques chiffres.

  • 5 (ans) : durée du mandat des sénateurs élus le 26 septembre.
  • 6 : le nombre de sénateurs à élire le 26 septembre
  • 7  (ans) : durée du mandat qui s’achève en raison de la pandémie qui a engendré le report des consulaires de mai 2020 à mai 2021.
  • 7 : nombre de listes en 2014
  • 24 (ans) : âge d’éligibilité (modifié par la loi du 14 avril 2011. Jusqu’alors, il fallait être âgé de 30 ans)
  • 100 (euros) : montant de l’amende en cas d’abstention.

Pour rappel le vote, obligatoire et secret, est possible :

  • en personne, le samedi 18 septembre. A votre ambassade ou dans n’importe quel consulat de votre circonscription électorale, de 9 à 11h.
  • en personne ou par procuration, le dimanche 26 septembre, de 9h à 15h au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 27 rue de la Convention à Paris.
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