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  • La sélection littéraire de la rédaction pour Noël

    La sélection littéraire de la rédaction pour Noël

    Vous avez des cadeaux à faire ? Nos conseils livres pour survivre à un Noël en famille. 

    D’abord est venue l’angoisse des cadeaux de Noël. Puis l’illumination de se dire qu’acheter des livres vous tirerait d’affaire illico presto. Avant qu’une nouvelle angoisse ne vous terrasse  : que choisir pour ne pas donner l’impression que vous avez bâclé votre devoir de Noël en vous précipitant sur la première librairie venue  ? 

    Cet article tombe à point nommé. Pour chacun des membres de votre famille un conseil avisé. Partagez le plaisir d’offrir et la quiétude d’avoir proposé le bon choix : celui qui vous vaudra les félicitations au pied du sapin le 25 au matin. 

    Laissez-moi donc vous présenter ma famille et les choix de livres qui trôneront comme une évidence le jour de la naissance du petit Jésus. 

    Nous à Noël ? On parle politique en s’engueulant quand on a trop bu. On ouvre les cadeaux en priant pour ne pas recevoir une cravate moche ou un grille-pain inutile.

    Mais cette année c’est bouquins pour tout le monde ! 

    Christmas berries and old book

    La grande histoire du monde, une somme historique universelle et agréable

    Pour Grand-papa Hector, ce sera une somme historique, non mais ! 

    Autant se le dire clairement : Grand-papa est un peu conservateur sur les bords. La France ? C’était mieux avant. Le monde ? C’est pas joli joli maintenant qu’on est trop nombreux et qu’on pollue trop. La Covid ? C’est une invention de ces fieffés chinois. La présidentielle ? Il a de l’affection pour ce monsieur Zemmour qu’il trouve drôlement cultivé et qui lui parle un langage qu’il apprécie : il compte pas se faire grand-remplacer le Grand-papa.

    Notre choix : « La grande histoire du monde » de François Reynaert. Un grand classique pour guérir Grand-papa de quelques-unes de ses obsessions. Lui permettre d’ouvrir ses Chakras aux autres civilisations ni plus glorieuses ni moins piteuses que la nôtre ! Un grand moment d’histoire pour sortir de la vision hexagonale du passé !

    Feu, un roman de passion et de transgression

    Pour la cousine Bénédicte, un roman de feu ! 

    Elle étudie la sociologie. Se dit féministe intersectionnelle. Aime néanmoins les plateaux de fruits de mer au Touquet et le champagne rosé. J’apprécie  beaucoup Bénédicte. Beaucoup moins José son petit-ami sud-américain qui se dit néo-guévariste et va toujours affublé d’un béret à l’étoile rouge. Bien sûr tous les deux voteront Mélenchon à la présidentielle même si José attend que les étrangers  gagnent le droit de vote. 

    Notre choix : « Feu » de Maria Pourchet. Un roman fait de passion et de transgression pour un couple qui décide de s’extraire de sa vie bourgeoise par tous les moyens. Car la vraie révolution – n’est-ce pas José- c’est de réinventer son couple ! Une écriture qui rappellera Houellebecq pour le scanner social implacable et Despentes pour le récit âpre et sans concession. 

    Le dernier secret, le récit des amours d’un président

    Pour votre maman chérie, un récit sur les amours d’un président mourant ! 

    Maman chérie aime lire au coin du feu. Et Maman chérie aime bien aussi les chocolats au lait mais vous lui en avez offert une belle boîte l’année dernière. Votre maman ne vote plus à la présidentielle. Car depuis Mitterrand plus aucun président ne trouve grâce à ses yeux. Et surtout pas le morveux qui a remplacé le petit gros. Ah Mitterrand sa culture sa classe et ses petits secrets. Ça c’était un président !

    Et voilà une idée d’achat toute trouvée !

    Notre choix : Solenn de Royer nous raconte « Le dernier secret » du président Sphynx. Son dernier amour. Claire avait 18 ans. Elle le suivait partout comme une groupie enamourée. Et il a fini par lui ouvrir ses bras après un petit-déjeuner à l’Élysée ! Quelle histoire romanesque pour votre maman chérie ! 

    Au cœur d’une enquête critique sur Emmanuel Macron avec Le traître et le néant

    Pour votre petite frère Riton, une enquête au vitriol ! 

    Riton c’est bien simple : son principal problème c’est qu’il est con. Vous n’avez vraiment pas envie de lui offrir quoi que ce soit. Ou alors vraiment pour lui faire un gentil pied de nez. Lui à la présidentielle il va voter Macron c’est sûr. Et il en sera fier en plus. Et il va pavoiser car Macron sera élu. Pour lui ça fait pas un pli. Et il va encore tous nous saouler avec ça à Noël. Macron par ci par là, jusqu’à l’indigestion de dinde ! 

    Alors je crois avoir trouvé le livre qui va faire pâlir son étoile : 

    Notre choix : la nouvelle enquête de Davet et Lhomme. « Le traître et le néant ». C’est méchant et bien documenté. C’est la charge ultime contre le président Macron grâce aux interviews de tous ceux qui ont facilité son ascension et qui se retrouvent un peu amers cinq ans après ! Gniark gniark gniark, le petit Riton il va pleurer sa mère. Qui est aussi la vôtre ceci dit ! Gloups.

    Marc Levy avec Le crépuscule des fauves, la valeur sûre

    Pour Hervé votre Papounet : un best-seller en forme de valeur sûre de Noël. 

    Papounet son drame c’est qu’il ne lit pas beaucoup. Ou alors très peu. Il aime seulement lire l’Équipe le matin surtout pour voir si Neymar n’est pas blessé. Ben oui Papounet il est fan du PSG. Et le Brésilien hélas il a un peu les chevilles en plastique. Il a un côté loser le papa. C’est pourquoi il vote socialiste depuis la dernière présidentielle. Papa entre Neymar et les socialistes il a de quoi se désoler. Il faut donc trouver un cadeau qui le console. Alors j’ai eu une idée de génie : un livre facile à lire. Qui ne va pas occuper tout le temps de cerveau disponible du Papounet. Et oui un bon vieux Marc Lévy bien sûr !

    Notre choix : « Le crépuscule des fauves ». Un suspense haletant basé sur la conjuration des puissants, perfides et richissimes qui veulent s’en prendre à nos libertés ! Le roman d’une époque par un romancier populaire et qui enchaîne les best-sellers à la pelle. De quoi divertir le Papounet ! 

    Les cadeaux de dernier secours

    Bien sûr il y a pleins d’autres idées de livres à vous proposer. Pour votre oncle dépressif achetez par exemple un Houellebecq ! N’importe lequel de ses romans fera l’affaire : Il trouvera  des personnages plus déglingués que lui et nettement plus névrosés ! Ça le guérira un peu de sa mélancolie !

    Et pour votre sœur Emmanuelle, évitez les livres et préférez un gilet en cachemire. C’est pas le même prix mais ça tient plus chaud !

  • Macron inaugure la présidence française de l’Union européenne

    Macron inaugure la présidence française de l’Union européenne

    Le Président de la République, Emmanuel Macron, a présenté ce jeudi 09 décembre ses priorités et objectifs pour la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE). Celle-ci démarre le 1er janvier et s’étendra jusqu’au 31 juin. C’est la treizième fois que la France prendra cette présidence tournante de l’Union européenne, mise en place en 1958. La dernière fois remonte à 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

    Cette conférence de presse avait été préparée par le Président de la République en échangeant avec les deux têtes de l’UE : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lundi, avant un déjeuner jeudi à l’Élysée avec le président du Conseil européen Charles Michel.

    Emmanuel Macron a aussi dévoilé le logo de la présidence française et la devise qui accompagneront ces 6 prochains mois.

    « La relance, la puissance et l’appartenance » 

    Devise de la présidence française dévoilée par le Président de la République, le 09 décembre.

    Une nouvelle pièce de 2 euros en France

    Pour marquer la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, a présenté lors de la conférence de presse tenue à l’Elysée, une nouvelle pièce de 2 euros. Celle-ci sera mise en circulation en France (chaque pays émet ses pièces alors que les billets sont communs sur toute la zone Euro. Les pièces sont valables dans tous les pays utilisant l’Euro) dès le premier janvier 2022. La production, nichée au coeur du Périgord, a déjà commencé.

    Réforme de l’espace Schengen

    Emmanuel Macron a aussi indiqué sa volonté d’initier « une réforme de l’espace Schengen » pour avoir « une politique cohérente de maîtrise de nos frontières extérieures »

    « S’il fallait résumer en une phrase l’objectif de cette présidence, il faut passer d’une Europe de coopération à l’intérieur de nos frontières à une Europe puissante, libre de ses choix et maître de son destin », a expliqué Emmanuel Macron.« 

    Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

    Pour lui, c’est la crédibilité de l’Europe qui est en jeu, en répondant à la volonté des chefs d’Etats européens mais aussi africains. Il désire redonner le contrôle aux politiques des frontières communes. Pour cela, il veut

    « retrouver sur la question migratoire, une organisation politique qui nous mette en situation de défendre ses valeurs ».   

    « Ceci s’appuie sur une réforme que nous sommes en train de parachever avec des textes qui permettent d’améliorer le fonctionnement interne de cet espace »

    Emmanuel Macron, Président de la république, le 09 décembre 2021

    Emmanuel Macron veut ainsi injecter de la souplesse pour anticiper et régler les « crises aux frontières » que ce soit à l’Est ou au Sud. Il veut notamment harmoniser les procédures de droit d’asile. Pour éviter que le droit d’asile « ne puisse être dévoyé, nous devons absolument retrouver une Europe qui sache protéger ses frontières », a-t-il affirmé.   

    « On a eu l’occasion de le faire quand certains de nos partenaires ont appelé au secours (…). Mais les réponses sont trop tardives. Il nous faut créer véritablement ce mécanisme de soutien »

    Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

    Des Sommets pour relancer la coopération

    Afrique – UE en février

    Le Président de la République a annoncé la tenue d’un sommet à Bruxelles entre l’Union européenne et l’Union africaine. Ensemble, ils travailleront au développement du continent africain mais aussi à la gestion des flux migratoires. Emmanuel Macron veut ainsi lutter contre les drames humains qui ponctuent l’actualité que ce soit en Méditerranée ou dans la Manche.

    « Nous organiserons un sommet entre l’Afrique et l’Union européenne qui se tiendra en février à Bruxelles et qui réunira les dirigeants (…) de l’Union africaine et européens. L’objectif de de ce sommet est de refonder en profondeur la relation (…) »

Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

Les Balkans occidentaux en juin

Autre zone, à la marge de l’espace européen, avec qui Emmanuel Macron veut relancer le dialogue et la coopération, les Balkans occidentaux. Serbie, Kosovo, Bosnie, des pays aux portes de l’Europe et dont la bonne santé comme la coopération sont indispensables à la sécurité de l’Union européenne.

« Nous organiserons au mois de juin une conférence sur les Balkans occidentaux. (…) Cette région est traversée par de nouvelles tensions. L’histoire y est de retour, le tragique aussi et nous avons une responsabilité toute particulière »

Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

Les 27 réunis en France le 10 et 11 mars 2022

Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse, a aussi annoncé un sommet exceptionnel qui se déroulera en France entre tous les Etats membres de l’Union européenne pour acter les réformes que la présidence française portera. Le président de la République veut une « présidence utile » quitte à réformer les traités. Dans cette tâche, la France recevra dès demain le soutien de l’Allemagne, lors du premier voyage à l’étranger du nouveau Chancelier, à Paris.

Une Europe de la défense

Emmanuel Macron a également évoqué « l’ambition d’une défense européenne ».  Pour lui le renforcement de la souveraineté européenne se fera notamment par le biais de l’autonomie militaire.

Il fait ici référence aux nombreuses industries militaires européennes qui ne sont pas toujours retenues au profit des sociétés américaines. Souvenez-vous du choix, en 2019, des Belges pour le F15 au lieu du Rafale qui depuis a pourtant démontré son succès technologique comme commercial (Inde, Brésil, Emirats arabes unis, etc.).

Imaginer un modèle économique européen

Le Président de la République a défini 4 piliers sur lesquels doit se reposer le modèle économique qui reste à inventer pour l’Europe de 2030.

« L’Europe doit devenir un grand continent d’innovation, de production et de création d’emplois », dit Emmanuel Macron. Il faut définir ensemble ce que sera le modèle de croissance européen de 2030 […] L’Europe doit devenir une puissance du numérique, faire émerger des champions dans ce domaine, la France mène une stratégie en la matière de levée de fonds et d’émergence de start up »

Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

La France devrait agir pour créer un salaire minimum européen, tâche qu’avait commencé le Portugal lors de sa présidence en 2020. Elle devrait aussi lutter contre la prédominance des GAFA et désire créer un cadre commun à ces géants du numérique.

Le Président de la République n’oublie pas le climat dans le volet économique, accompagnant le Green plan de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Emmanuel Macron veut avancer sur les dossiers liée à l’agriculture raisonnable. Pour cela, il voudrait sortir du carcan des 3% de déficit afin de libérer les investissements.

L’économie européenne devra aussi être décarbonnée. Il réaffirme ainsi les ambitions de l’Union avec l’objectif confirmé d’une réduction de 55% des émissions en 8 ans. La mobilité et la production seront au coeur des réformes à venir.

« Il nous faut inventer les solutions de décarbonation de notre économie qui soient compatibles avec un agenda de croissance. Le 14 juillet dernier, la commission européenne a présenté un ensemble de textes législatifs traduisant concrètement notre objectif de neutralité carbone d’ici 2050 et de réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 »,

Emmanuel Macron, Président de la République, le 09 Décembre 2021

Afin de préserver les industries et le commerce, la France espère pouvoir établir une taxe carbone applicable aux importations.

« L’un de nos objectifs sera la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui permet justement de conduire une transition pour l’ensemble de nos industries tout en gardant notre compétitivité »,

Emmanuel Macron, Président de la Ré publique, le 09 Décembre 2021

Humanisme européen

Emmanuel Macron a fini sa conférence de presse sur un thème cher au pays des lumières : l’humanisme européen.

Il a ainsi dévoilé l’ambitieux projet de « forger une histoire de notre Europe ». Plus qu’une démarche intellectuelle, elle devrait se transcrire dans tout un ensemble de textes législatives pour défendre les plus faibles sur tout le continent. Maltraitance aux femmes, homophobie, tout un arsenal devrait être crée pour les protéger dans tous les Etats. La Hongrie et la Pologne sont clairement visées par le Président de la République française.

Pour démontrer sa confiance en l’avenir et en l’Europe, Emmanuel Macron mettra l’année 2022 sous le signe de la jeunesse.

De grandes ambitions

Le président de la République française a ainsi pendant plus d’une heure égrené un programme ambitieux pour l’Union européenne. Espérant marcher main dans la main avec le nouveau gouvernement allemand et l’exécutif européen, il ira défendre son plan devant le parlement européen le 19 janvier à Strasbourg. Le plan français aura sûrement besoin de plus de 6 mois pour aboutir, mais l’impulsion sera ou non transmise à tous pendant la présidence française. Dès lundi 13 décembre, Emmanuel Macron prendra son bâton de pèlerin et il commence par le plus dur, il ira à la rencontre de Viktor Orban en Hongrie.

  • Jean-Baptiste Lemoyne promu au gouvernement

    Jean-Baptiste Lemoyne promu au gouvernement

    Le ministre en charge des petites et moyennes entreprises, Alain Griset, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Paris à six mois d’emprisonnement avec sursis et une peine d’inéligibilité de trois ans pour avoir dissimulé une partie de son patrimoine. Il a, dans la foulée, remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée. Son avocat a précisé que l’ancien ministre fera appel de la décision. Pour le remplacer, le Président de la République a confié le portefeuille des petites et moyennes entreprises à Jean-Baptiste Lemoyne. L’actuel Secrétaire d’Etat des Français établis hors de France était déjà en charge aussi du Tourisme. C’est donc le troisième portefeuille pour notre ministre.

    Une nomination bien accueillie

    Selon Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage au site Tourmag, la nomination de Jean-Baptiste Lemoyne « comme ministre en charge du tourisme et des PME est une reconnaissance du travail accompli pendant les 20 mois de crise sanitaire ». Il se réjouit « d’avoir un ministre en relation directe avec le ministère de l’Economie ainsi qu’avec les Affaires étrangères pour porter dans le monde les couleurs de la France ».

    Un ministre expérimenté

    Fort de son expérience en tant que secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, il jouit d’une bonne connaissance du secteur touristique. Il a également travaillé conjointement à de nombreuse reprise avec Alain Griset, notamment sur les aides ainsi qu’en prévision du plan de relance du tourisme. Ils avaient ainsi rencontré des professionnels à l’occasion d’un « tour en France » destiné à multiplier les consultations.

    Une réforme sur les travailleurs indépendants

    Parmi les projets dont Jean-Baptiste Lemoyne a désormais la charge, se trouve notamment une série de réformes touchant aux travailleurs indépendants (TI). Ce plan, demandé par Emmanuel Macron, doit couvrir toutes les étapes de la vie des TI, « de la création de l’entreprise jusqu’à sa fin, que ce soit une transmission ou une cession, et qui toucherait, les sujets qui sont, depuis des années, problématiques pour les entrepreneurs« , avait détaillé l’ex-locataire de Bercy, dans une interview donnée à Batiactu. Le projet de loi, aux dernières nouvelles, est maintenu et devrait être examiné par l’Assemblée début janvier 2022. Il inclut notamment une meilleure protection du patrimoine des indépendants.

    Une mission en attendant les élections

    Assemblée des Français de l’étranger, lancement de France Consulaire, réforme du statut des indépendants et relance du tourisme en France, les dossiers sont nombreux et importants pour notre Secrétaire d’Etat. Surtout qu’en parallèle, Jean-Baptiste Lemoyne, fort de son bilan et de son expérience, sera appelé à participer à la campagne d’Emmanuel Macron si ce dernier se représente bien… Un hiver et un printemps studieux attendent donc le nouveau ministre

    en charge des petites et moyennes entreprises.

  • Laurence Farreng :  » On ne peut pas se dire « unis dans la diversité » d’un côté, et s’imposer le fait de parler tous la même langue de l’autre »

    Laurence Farreng :  » On ne peut pas se dire « unis dans la diversité » d’un côté, et s’imposer le fait de parler tous la même langue de l’autre »

    Députée européenne et coordinatrice de la Commission parlementaire Culture, Éducation, Jeunesse et Sports pour son groupe Renew (MoDem), Laurence Farreng participe notamment au débat annuel sur le multilinguisme organisé par cette commission. Nous l’avons interviewée.

    Le Parlement européen resterait un des derniers bastions où le multilinguisme serait préservé, est-ce vraiment le cas ?

    Il est vrai que le Parlement européen met un point d’honneur à permettre aux députés de travailler autant que possible dans leur langue, mais c’est inhérent à son rôle d’assemblée démocratique. En effet, c’est notamment pour assurer une plus grande transparence devant les citoyens, et évidemment pour que la connaissance d’une autre langue ne soit pas un prérequis à l’élection (ce qui poserait un problème démocratique) que le Parlement promeut autant le multilinguisme.

    Mais le français est également une langue de travail dans bon nombre d’institutions internationales : Cour européenne de Justice, ONU, UNESCO, OCDE …
    Et il ne faut pas oublier l’existence du Centre de Traduction des Organes de l’UE, qui fêtait ses 25 ans l’année passée, et qui est entièrement dévolu au fonctionnement du multilinguisme dans l’Union européenne.

    Dans votre quotidien de députée européenne, quel est la part de la langue anglaise dans vos travaux ?

    L’anglais prend nécessairement une grande part dans le travail, et cela a malheureusement été exacerbé par la pandémie. En effet, il a fallu quelques mois d’adaptation avant que le Parlement n’investisse dans des plateformes de visioconférence permettant l’interprétation simultanée, et la nécessité d’agir vite pour protéger les Européens est souvent allée de pair avec une absence de traduction des documents de travail. C’est évidemment regrettable.

    Dès que c’est possible je fais le choix d’utiliser le français, mais en temps « normal », il est nécessaire pour les députés de pouvoir discuter au détour d’un couloir, ou en bilatéral au cours d’une réunion de négociations, donc sans interprétation : c’est généralement l’anglais qui sert de langue de communication usuelle, car la plupart des députés le parlent et le comprennent.

    Néanmoins, et surtout depuis le départ des députés britanniques, l’anglais habituellement utilisé dans les institutions européennes n’est pas vraiment académique, mais un dialecte propre à la bulle européenne, où se glissent quelques faux-amis ou mots et concepts intraduisibles au milieu des phrases pour faciliter la compréhension de chacun et chacune. On ne peut donc pas vraiment parler d’une omniprésence de l’anglais, mais plutôt d’un « patois » européen fondé sur l’anglais.

    A noter également : un grand nombre de députés de toute l’Europe sont francophones, tout comme le personnel des institutions, car résidant généralement en Belgique, en France ou au Luxembourg. Le français a encore de beaux jours devant lui dans les institutions européennes, surtout avec l’arrivée, en janvier, de la Présidence française de l’Union européenne, qui a prévu de mettre à l’honneur notre diversité linguistique et culturelle.

    Laurence Farreng au Parlement européen – © European Union 2021 – Source : EP

    Comment ressentez-vous cela ? Cette place de l’anglais est-elle préjudiciable dans votre travail ?

    Le Parlement est un lieu où la communication interne est essentielle, car le compromis entre députés de différents bords est ce qui fait tourner la machine, donc il est nécessaire de devoir parfois s’exprimer dans une langue qui n’est pas la sienne. Cela n’est pas toujours facile car souvent les discussions sur des sujets pointus, comme la régulation du numérique par exemple, deviennent très techniques, et des mots et concepts utilisés en anglais ne recoupent pas toujours exactement la même chose dans une autre langue de l’Union, ou n’existent tout simplement pas. C’est problématique car cela peut créer, en cas de forte incompréhension, un problème juridique ou un blocage politique. Pour éviter ces cas de figure, quelques députés font le choix de prendre des cours d’autres langues en début de mandat.

    En quoi est-ce important de vouloir défendre l’usage du français dans les institutions européennes ?

    Il est important de pouvoir défendre non seulement le français, mais aussi les autres langues officielles de l’Union, à la fois pour garantir la participation des citoyens, mais aussi pour la communication de l’Union européenne : beaucoup de citoyens se plaignent que l’Union leur paraît trop distante, et il est vrai que la première étape devrait être la traduction systématique de toutes les pages internet de l’Union européenne dans les 24 langues. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas, et c’est pourtant fondamental.

    Plus largement, il en va aussi des valeurs européennes que nous portons : on ne peut pas se dire « unis dans la diversité » d’un côté, et s’imposer le fait de parler tous la même langue de l’autre. En commission de la culture et de l’éducation, où je siège, nous organisons chaque année un événement autour du multilinguisme, pour débattre de la façon dont il peut (et doit) être sauvegardé, et depuis longtemps est établi un consensus entre nous : la « culture européenne » est en fait un rassemblement de cultures, de traditions et de langues vivantes, nourries par leurs échanges et leurs histoires.

  • Le français dans les institutions européennes : « What do you think? »

    Le français dans les institutions européennes : « What do you think? »

    Interrogeant un haut fonctionnaire français sur la place de la langue de Molière dans les institutions européennes, celui-ci m’a répondu avec assurance qu’à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, où se trouvent les sièges de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement européen et de la Cour de Justice, on parle français ! Et c’est vrai. Ces trois villes vivent au rythme de notre langue puisque son utilisation est officielle… tout du moins à l’extérieur des bâtiments. Qu’en est-il derrière les portes de ces édifices ? Partons à la rencontre de celles et ceux qui, au quotidien, façonnent l’Europe…

    « Avec le Brexit, nous avions espoir que le français redevienne la langue de travail dominante », c’est ce cri du cœur que nous délivre Annie*, professeure de langues à l’Alliance Française de Bruxelles « mais force est de constater que cela n’a pas bougé » ! Pour autant cette domination de la langue anglaise a-t-elle toujours été de mise au sein des institutions européennes ?

    Robert, ancien chef d’unité à la commission des affaires juridiques du Parlement, aujourd’hui retraité, nous rappelle qu’en 1973 quand il a débarqué du Royaume-Uni, son pays d’origine, pour travailler dans les institutions, « c’est bien le français qui dominait tous les débats », constat corroboré par Brigitte, fonctionnaire à la Commission depuis trente ans, membre de jury des concours d’entrée au sein des institutions européennes, EPSO (European Personnel Selection Office) qui se souvient qu’en arrivant à la Commission certains de ses collègues ne parlaient pas anglais et travaillaient sans aucune difficulté.

    Alors… que s’est-il passé ?

    Beaucoup pointent du doigt l’élargissement de 2004 aux pays de l’Est qui aurait causé le déclin du français comme langue de travail. Cela a certes précipité le mouvement, mais n’en est pas la seule raison. En effet, la genèse se trouve quelques années auparavant lors de l’adhésion, en 1994, des pays scandinaves à l’Union européenne. Brigitte a vécu ce passage : « les Scandinaves sont arrivés avec un argument qui a fait écho : quelle est l’utilité du français dans le monde ? » en prenant pour exemple leur propre expansion qui se faisait en partie grâce à leur connaissance de la langue anglaise. Et depuis, dans les couloirs des institutions, les « How are you ? » ont peu à peu remplacé les « comment vas-tu ? »

    Aujourd’hui, sans la maitrise de l’anglais impossible de se repérer dans les bâtiments, ni de se faire entendre. De nos jours « la nécessité de se faire comprendre, bien souvent par le recours à l’anglais, domine au sein des institutions européennes » comme le souligne le rapport Lequesne portant sur la « Diversité linguistique et langue française dans les institutions européennes », qui a été remis officiellement au gouvernement français le 20 octobre dernier.

    Dans les constats posés, ce même rapport indique que « dans les interactions à l’oral, le personnel des institutions européennes a fait de l’anglais la langue acceptée socialement. L’avantage d’être compris par tous surpasse le respect de la diversité linguistique ou même le pragmatisme, puisque l’on parle parfois l’anglais alors qu’une autre langue pourrait être comprise par les membres de la réunion. » Marie, collaboratrice d’une députée au Parlement européen, nous le confirme : « je participe souvent à des réunions informelles où l’on parle anglais alors que toutes les personnes présentes sont soit francophones, soit francophiles ». La force de ce qui deviendrait une (mauvaise) habitude ? Pas forcément. « On utilise l’anglais parce que nos notes ou les documents de travail sont rédigés en anglais » poursuit Marie et c’est dès lors très compliqué de « switcher » entre l’anglais du document souvent technique et l’oral en français.

    On retrouve cette situation à la Commission européenne. Lors de réunions officielles, où sont pourtant présents les interprètes, il est souvent inconfortable pour les orateurs de s’exprimer dans leur propre langue : « en effet les notes, les études ou les textes à notre disposition sont quasi exclusivement rédigés en anglais » nous confie un habitué des réunions à haut niveau de la Commission européenne : « les interprètes me demandent de parler en français, et je les comprends. J’aime pouvoir le faire, mais il m’est difficile de pratiquer de façon constante cette gymnastique intellectuelle entre les documents rédigés en anglais et mes propres mots en français.»  Et pourtant, « parler sa langue maternelle est une richesse incroyable. Je ressens une vraie émotion quand je traduis une personne qui s’exprime dans sa langue. Emotion que je ne retrouve pas lorsque je traduis cette même personne qui s’exprime dans une autre langue que la sienne. » nous confie Giulia, interprète.

    Parlement européen à Strasbourg

    L’anglais : la seule langue des documents sources ?

    Le rapport Lequesne confirme que les documents de base (appelés documents sources) sur lesquels les travaux de rédaction et de négociation sont entrepris, sont le plus souvent rédigés en anglais : à la Commission, en 2019, 3,7 % des documents de la Commission envoyés en traduction avaient le français comme langue source, contre 85,5 % pour l’anglais. Vingt ans plus tôt, en 1999, 34 % des documents avaient encore pour langue source le français. Au Parlement européen, en 2019 également, seuls 11,7 % des documents avaient ainsi pour langue source le français. Par ailleurs, la quasi-totalité des études produites par le Service de recherche du Parlement européen (EPRS) ne paraissent qu’en anglais. Au Conseil, pour la rédaction des documents sources, sur les 69 000 documents produits par le secrétariat général en 2018, 1 215 avaient pour langue originale le français, soit 2 %. 65 908 documents étaient, en revanche, rédigés en anglais, soit 95 % du total des documents. Les 3,1 % restants représentent les autres langues officielles de l’UE. La domination de l’anglais est ainsi écrasante. La publication des documents majoritairement en anglais a donc un impact très important sur la tenue des réunions et la langue employée.

    L’usage du français : peine perdue, pas si sûr…

    En effet, à la Cour de justice européenne, par exemple, le français continue d’être la langue de communication interne, et les arrêts, les avis sont aussi rendus en français, des traductions étant ensuite disponibles dans toutes les autres langues, c’est ce que l’on appelle le multilinguisme.

    Le multilinguisme est l’un des socles de la construction européenne. Ce haut fonctionnaire français qui au début de cet article évoquait à juste titre que le français a cours dans les villes où se trouvent les sièges des institutions européennes, nous rappelle que le premier texte européen, le règlement 1/1958 portait sur le régime linguistique et reste toujours la référence dans ce domaine. Adapté après chaque élargissement, ce texte dispose qu’en 2021, 24 langues (ces langues sont l’allemand, l’anglais, le bulgare, le croate, le danois, l’espagnol, l’estonien, le finnois, le français, le grec, le hongrois, l’irlandais, l’italien, le letton, le lituanien, le maltais, le néerlandais, le polonais, le portugais, le roumain, le slovaque, le slovène, le suédois et le tchèque) sont à la fois les langues officielles et les langues de travail des institutions de l’Union. Témoin de la diversité de notre continent, le multilinguisme est une richesse à préserver pour bon nombre de nos interlocuteurs, et à travers celui-ci l’usage du français.

    La prédominance de l’anglais : cause de l’éloignement entre Union européenne et citoyens ?

    Les institutions européennes ne sont pas extérieures à la population, chaque citoyen européen doit pouvoir interpeller les institutions dans sa langue maternelle. « L’utilisation accrue de l’anglais coupe les liens avec les peuples » affirme Robert, cet ancien fonctionnaire du Parlement, et lorsque l’on regarde les sites internet, notamment celui de la Commission européenne, le multilinguisme n’est pas d’usage. La France plaide pour que ces sites internet soient disponibles dans toutes les langues officielles arguant notamment que l’argument budgétaire est un mauvais prétexte. Il existe, en effet, aujourd’hui des technologies de traduction efficaces, sans pour autant abandonner l’apport humain toujours précieux et nécessaire à la relecture.  On retrouve d’ailleurs ce thème dans deux des vingt-six recommandations du rapport Lequesne qui préconise de « rendre systématique la consultation des sites web des institutions européennes dans toutes les langues officielles » et « d’exploiter pleinement le logiciel E-Translation » qui facilite les traductions. La présidence française du Conseil de l’Union européenne, débutant le 1er janvier 2022, puisera certainement dans ce rapport des éléments pour défendre certaines propositions au sein des institutions européennes.

    La présidence française de l’Union européenne au service… de la langue française

    On n’est jamais mieux servi que par soi-même, aussi la France a déjà anticipé cette séquence de sa présidence de l’Union européenne qui durera 6 mois, de janvier à juin 2022. A l’instar de ce qui se pratique déjà depuis des années pour les diplomates des représentations permanentes à Bruxelles, le gouvernement a par exemple amplifié les possibilités d’apprentissage du français destinés aux hauts fonctionnaires européens à travers le programme appelé « Millefeuille ». Ce dernier offre des cours individuels de langue française, ainsi qu’un séjour linguistique de cinq jours en France. D’abord doté de 200 000€ en 2021 dans le but de former 140 agents, le programme a été réalimenté avec 350 000€ supplémentaires pour répondre à la grande demande exprimée. On recense en effet près de 550 personnes en cours de formation.

    Ces cours sont pilotés par l’Alliance Française et Annie, professeure au sein de cet organisme, trouve ses « élèves très studieux et assidus». Elle se pose toutefois la question de savoir s’ils « utilisent ensuite cet apprentissage du français dans leur travail au quotidien », « je leur demanderai » nous propose-t-elle, en tout cas « avec mes collègues professeurs, on se dit parfois que nous sommes un peu comme les hussards de la France ». Une référence historique intéressante tant on sait, comme nous le rappelle Charles, fin connaisseur des arcanes des institutions pour y travailler depuis des années, que le « français est la langue historique de la diplomatie et même celle des Jeux Olympiques ». Pour lui, il y a du sens à distiller la parole française sous l’angle éducatif et culturel, « quand le français permet d’apporter un autre regard sur le monde, ou par la littérature d’ouvrir d’autres pistes, c’est utile. Si c’est pour l’imposer à la cantine de la Commission et du Conseil, cela ne sert à rien, bien au contraire. Ne soyons pas non plus dogmatique, je trouve très bien que le Président Macron puisse répondre en anglais quand le moment est opportun et/ou quand le public à qui il s’adresse est anglophone. Lorsque ces situations suscitent des polémiques en France, c’est très néfaste au niveau des institutions.» Sur ce dernier point, c’est aussi ce que pense Bertrand, Français travaillant au sein de l’Agence européenne gérant les programmes à destination des petites et moyennes entreprises (EISMEA) : «soyons pragmatiques, la langue anglaise est celle du business. Je travaille avec des agences en France et mes interlocuteurs ne s’offusquent pas de parler anglais, ils créent même des programmes nationaux avec une consonance très anglo-saxonne dans les titres choisis ». Bertrand ajoute également que « la coopération doit prévaloir sur le rapport de forces quand l’objectif est de travailler ensemble ». Cela fait écho à Charles qui trouve « plus simple de travailler en une seule langue, l’anglais, quand le document de base est diffusé à plusieurs personnes. »

    Le président Emmanuel Macron sera à la présidence de l’Europe à partir du 1er janvier prochain – Bruxelles, 2020 – Pool via REUTERS

    De quel anglais s’agit-il d’ailleurs ?

    Les sujets de sa Majesté s’offusquent bien souvent quand ils lisent certains rapports. Par exemple, les mots « implementation » et « voting list » très répandus dans les institutions européennes n’existent pas en « bon anglais ». Julien, représentant d’Airbus à Bruxelles, se souvient avoir lu une note d’un ministère britannique adressée à un service de la Commission européenne indiquant ne pas comprendre le document reçu…en anglais ! Cet anglais utilisé à Bruxelles en devient parfois agaçant pour Julien car « il s’insinue beaucoup dans nos conversations, parfois sans nous en rendre compte. C’est d’autant plus gênant que ce jargon bruxello-anglais est utilisé dans les réunions des Conseillers du commerce extérieur… français ! C’est un sujet sur lequel les conseillers du commerce extérieur devraient plus s’impliquer. Je vais le proposer pour notre prochaine rencontre. Dernièrement, je me suis d’ailleurs permis de reprendre un collègue qui distillait au cours de nos échanges, un nombre incalculable de mots anglais. Nous devons absolument être vigilants sur ce point » rappelle Julien qui, effectivement, avec ses collègues lobbyistes français et/ou conseillers du commerce extérieur sont eux aussi les acteurs de la diffusion de la langue française au sein des institutions européennes.

    Défendre le français est-ce aussi défendre l’avenir de la démocratie en Europe ?

    C’est en jouant collectivement que le français perdurera dans les institutions. Le monolinguisme serait une catastrophe pour Brigitte : « Si on n’utilise plus qu’une seule langue il y aura une faille de plus en plus large avec tous les citoyens. L’enjeu pour moi, c’est l’avenir de la démocratie en Europe. » Giulia, interprète, ajoutant également qu’« avec l’utilisation unique de l’anglais se propage également l’influence américaine dans nos institutions. »

    Ces derniers propos pourraient questionner celles et ceux qui trouvent la défense du français futile et qui fustigent le fait qu’une lettre d’un commissaire européen rédigée en anglais à destination d’un ministre français soit immédiatement renvoyée pour obtenir une version rédigée en français. Promouvoir et défendre le multilinguisme n’est donc pas une démarche anodine, c’est la défense de l’idéal européen, cher aux pères fondateurs de l’Europe.

    Nul doute que la France fera de la promotion du multilinguisme l’une des priorités de sa présidence de l’Union européenne. Elle les présentera très prochainement. Nous y serons attentifs comme le sera certainement Mariya Gabriel, Commissaire européenne bulgare, responsable du multilinguisme… et qui s’exprime souvent dans un français impeccable.

    *Par souci de confidentialité de nos interlocuteurs, certains prénoms ont dû être modifiés

  • Finances publiques, comment éviter la sortie de route ?

    Finances publiques, comment éviter la sortie de route ?

    Au début de la 5ème vague de Covid, le taux d’endettement public de la France est déjà extrêmement élevé avec un déficit public et des prélèvements obligatoires supérieurs à la moyenne de la zone euro.

    La tendance naturelle des dépenses publiques en France est à la hausse.

    Le vieillissement de la population et la transition énergétique sont deux sources de fortes augmentations. Le calendrier électoral est, en outre, plutôt propice à la multiplication des promesses de dépenses. Aucun candidat ne met réellement en avant la réalisation d’économies. Seules ont été avancées des réductions d’effectifs dans la fonction publique, jugées irréalistes par une majorité de commentateurs.

    260 milliards d’euros d’obligations en 2022, un record en Europe.

    L’État devrait émettre pour 260 milliards d’euros d’obligations en 2022, soit autant qu’en 2021, ce qui constitue un record en Europe. L’endettement est actuellement supportable en raison des faibles taux d’intérêt qui limitent le montant du service de la dette. La France est, en revanche, fortement exposée en cas de retournement des taux sachant que la duration de la dette est d’environ huit ans. La France doit chaque année rembourser les tombées des emprunts et s’endetter pour financer le déficit annuel. Une remontée des taux d’intérêt d’un point génère un surcoût d’une dizaine de milliards d’euros d’ici cinq ans.

    Le taux d’endettement public de la France en 2021 s’élève à 113 % du PIB, contre 98 % avant la crise et 60 % en 1998. Un quart de cette dette publique est détenu par la Banque centrale, ce qui signifie que l’endettement financé par le marché représente 90 % du PIB. La France figure désormais, parmi les États les plus endettés de la zone euro avec la Grèce et l’Italie.

    Ces vingt dernières années, les pouvoirs publics n’ont jamais réussi à stabiliser les dépenses publiques qui ont augmenté de plus de 50%. Le besoin des dépenses loin de s’éteindre tend à s’amplifier avec la mise à niveau du système de santé, la réindustrialisation, l’effort à réaliser en matière d’innovation ou de formation, et la transition énergétique.

    De nouvelles règles budgétaires en Europe

    Le déficit structurel de la France est très élevé. En 2021, il dépasse 4% du PIB, sachant que, depuis vingt ans, il a été toujours supérieur à 2 points, soit bien au-dessus du plafond fixé par l’Union européenne.

    Les pouvoirs publics devront faire face dans les prochains mois à l’arrêt progressif des rachats d’obligations par la Banque centrale, obligeant à un recours plus important au marché et à l’instauration de nouvelles règles budgétaires européennes, ce qui devrait conduire à une limitation du déficit structurel. La négociation des nouveaux critères budgétaires sera un enjeu majeur de l’année 2022.

    Les pouvoirs publics essaieront certainement de placer une partie des investissements publics en faveur de la transition énergétique en-dehors des nouveaux critères européens, voire d’obtenir un financement par emprunt communautaire dans le prolongement du plan de relance de 750 milliards d’euros décidé en 2020. Cette sortie de la transition énergétique du champ budgétaire classique nécessitera l’accord de l’Allemagne et des États d’Europe du Nord. La nouvelle coalition allemande est composée de partenaires qui, sur ce sujet, n’ont pas obligatoirement des positions convergentes.

    Le plan de relance européen nommé Next Generation UE piloté par la Commission européenne

    Le chemin étroit entre l’inflation et les taux d’intérêt.

    La France compte sur le maintien de taux d’intérêt réels faibles autorisant un déficit primaire plus élevé de deux points de PIB si ces taux étaient égaux au taux de croissance nominale. Malgré tout, les pouvoirs publics seront, sans nul doute, tenus de ramener le déficit structurel en dessous de 3 % du PIB.

    Une inflation qui ne s’accompagnerait pas d’une hausse des taux dans un processus dit de « répression financière » allègera le poids de la dette publique. Ce phénomène avait permis la réduction de cette dernière après la Seconde Guerre mondiale dans un contexte de forte croissance.

    Avec un taux élevé de prélèvements obligatoires, la France dispose de peu de marges de manœuvre. Ce taux est de quatre points au-dessus de la moyenne européenne. Pour la quasi-totalité des différentes catégories de prélèvements, la France fait la course en tête. Pour les cotisations sociales, l’écart est de 6 points de PIB en notre défaveur par rapport au reste de la zone euro.

    Le souhait des gouvernements est plutôt de réduire les impôts jugés les plus antiéconomiques comme ceux qui frappent directement la production. Les prélèvements obligatoires peuvent augmenter en cas de reprise durable de l’activité s’accompagnant d’une amélioration sensible du taux d’emploi qui est inférieur, en France, à celui du reste de la zone euro. L’écart est particulièrement important pour la tranche d’âge des 60/64 ans (près de 20 points). La résistance de l’opinion au report de l’âge de la retraite ne facilitera pas sa réduction dans les prochaines années. Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne/Amphitéa sur l’épargne et la retraite, 51 % des Français sont hostiles à toute mesure d’âge.

    La France dans le bas du classement pour l’efficacité des dépenses publiques

    L’autre moyen est la recherche d’une plus grande efficience dans la dépense publique. Selon l’indicateur d’efficacité des dépenses publiques établi par Natixis, la France se situe dans le bas du classement loin derrière le Danemark, la Suède, l’Allemagne ou le Canada. En se calant sur les pays à forte efficacité, la France pourrait économiser jusqu’à 7 points de PIB en matière de dépenses publiques. Le rattrapage de la productivité dans l’appareil d’État passe certainement par une numérisation accrue et par l’introduction d’objectifs de productivité.

    L’empilement des structures administratives rend complexe la réalisation de réformes pouvant aboutir à des gains de productivité. Concernant le maillage territorial du pays, les gouvernements n’ont, pas tranché la question de la réduction du nombre d’échelons de collectivités. La disparition des départements a été abandonnée sauf pour certaines régions d’outre-mer, pour la Corse, pour Paris et pour la collectivité européenne d’Alsace. Le choix entre communes et intercommunalités n’a pas été réalisé. Le regroupement en 13 superrégions n’a pas abouti aux économies attendues comme l’a souligné la Cour des comptes.

    Si des postes de dépenses sont amenés à progresser dans les prochaines années, formation, sécurité, retraite, santé, transition énergétique, les gouvernements devront réaliser des arbitrages pour éviter une asphyxie totale de l’économie sous le poids de l’endettement et des prélèvements publics. À défaut de marges de manœuvre, ils ne pourront compter que sur la croissance et l’obtention de gains de productivité.

  • Professeur, de l’Education nationale à la Mission Laïque Française au Gabon

    Professeur, de l’Education nationale à la Mission Laïque Française au Gabon

    Thomas Pagotto, professeur de CM1, est parti s’installer au Gabon avec sa famille. Sorti du réseau de l’éducation nationale, il a rejoint le réseau de La Mission Laïque avec sa compagne en septembre dernier.

    A la lisière de la forêt tropicale gabonaise s’élève la ville de Moanda. Construite pendant la seconde moitié du XXème siècle après la découverte de son sol riche en minerais, la ville d’environ 70 000 habitants prospère grâce au travail d’extraction. En 1953, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) s’y implante pour exploiter le gisement de manganèse retenu dans les sous-sols de la région. Au fil des ans, la ville s’est développée autour de la Comilog et une école d’entreprise a vu le jour en 1960. Gérée depuis 2006 par la Mission Laïque Française (MLF), l’école primaire accueille aujourd’hui un peu plus de 650 élèves. C’est au cœur de cet environnement que Thomas Pagotto et sa famille ont déposé leurs valises en septembre dernier.

    La MLF instigatrice de projets

    Le professeur de CM1 est depuis tout petit attiré par les forêts tropicales et la faune se cachant dans les méandres de cette végétation riche. Lorsqu’il se pare de bottes et d’un chapeau, chaque excursion devient une aventure digne d’Indiana Jones. Au cours des deux dernières années passées en Ardèche, Thomas Pagotto, ne rêvait que d’aventures et de découvertes, et c’est un jour en épluchant le catalogue de la MLF qu’il tombe nez à nez avec cette annonce de poste au Gabon. Au départ l’annonce ne retient pas beaucoup son attention car il part avec des préjugés quant aux écoles d’entreprises. Avec sa compagne Christine, également professeur, et leurs deux adolescents, ils ne souhaitent pas être isolés de la population et enseigner dans des écoles à petits effectifs avec un mélange des niveaux. Mais en approfondissant leurs recherches, ils se rendent compte que l’école comme la ville sont grandes et la vie sociale est riche. Ni une, ni deux, ils postulent tous les deux.

    S’inscrire au sein du réseau de la MLF s’est imposé à eux, car en raison de la crise se jouant actuellement dans l’Éducation nationale, de moins en moins de professeurs sont envoyés à l’étranger par l’État. A la rentrée 2021 effectivement, le ministère de l’Éducation nationale a décompté 466 postes vacants pour le premier degré et 238 dans le secondaire. Des chiffres en quasi baisse constante depuis le début du quinquennat du président Emmanuel Macron.

    Une communauté au cœur du Gabon

    Cependant, Thomas et Christine ont décidé de rejoindre le réseau de la MLF, non pas par volonté de quitter le public pour aller vers le privé, mais par envie de nouvelles expériences. La MLF offrait cette opportunité, contrairement au service public auquel Thomas est très attaché. Le couple et leurs deux adolescents ont déjà eu une expérience d’expatriation. Ils ont vécu effectivement pendant un an dans l’Utah aux États-Unis, grâce au programme Jules Vernes proposé par le service public. A leur retour en France, il y a deux ans, ils ont commencé à ressentir l’envie de voyager pour aller à la découverte d’autre cultures et sociétés. L’école de Comilog est ouverte à tous les enfants des employés de l’entreprise, et non seulement à ceux des cadres, offrant ainsi une réelle mixité sociale dans les classes, chère aux yeux de Thomas.

    « Les enfants sont constamment les uns chez les autres car nous vivons dans les mêmes résidences. Cette vie, quasi communautaire entre expatriés et locaux, croisée à mon métier de professeur, nous permet de découvrir constamment de nouvelles réalités sur le pays, ses ethnies, son histoire. C’est incroyable. »

    Dès qu’ils le peuvent, Thomas et sa famille s’aventurent dans la jungle luxuriante environnante. Bien que le tourisme soit peu développé en ces temps de pandémie, et les règles sanitaires assez contraignantes, le quatuor parvient tout de même à organiser des excursions et à avoir des activités sportives et culturelles. Dans le désir de fouler au maximum les terres du pays et des états voisins pour déceler ce qu’elles ont à leur offrir, la famille Pagotto a pris la décision de ne pas rentrer en France avant l’été prochain.

    L’école primaire de Comilog à Moanda

    Une communication riche sur la plateforme de la MLF

    Construite entre la forêt et le site minier, la ville de Moanda peut donner l’impression d’être isolée et inquiéter les nouveaux arrivants. Mais pour Thomas et sa famille, tout droit arrivés de l’Ardèche, il n’y a pas eu de souci car c’est finalement ce qu’ils recherchaient. Aucun d’entre eux ne souhaitait se retrouver au cœur d’une mégalopole, mais plutôt proche de la nature.

    Néanmoins, ils sont loin d’être isolés socialement. Grâce à « la très bonne plateforme de formation » de la MLF, très sollicitée pendant les confinements à répétitions, Thomas est en lien constant avec ses collègues français installés aux quatre coins du monde. Chaque semaine, lui sont proposés des sujets de formation qu’il décide de suivre ou non. De plus, en tant que formateur, le professeur participe à des groupes d’échanges et d’analyses qui le nourrissant.

    « J’ai finalement presque autant d’échanges avec mes collègues en étant à Moanda qu’en France. »

    Les élèves de Comilog sur un projet robotique

    Depuis plusieurs années, Thomas Pagotto se forme, et forme, au numérique et à la robotique. En partenariat avec la marque de jeu de construction Lego, il participe également à la grande compétition robotique la First Lego League, avec ses élèves. Une occasion de faire prendre conscience à ceux-ci qu’ils peuvent devenir qui ils souhaitent « malgré » leur sexe ou leur classe sociale.

    Enseigner, un acte politique

    Lorsqu’il arrivera au terme de son contrat à Comilog, Thomas Pagotto pense sûrement rentrer en France. Son souhait est de s’installer proche d’une grande ville pour faciliter l’accès aux universités à ses enfants, et de s’orienter vers un poste de formateur pour les professeurs destinés à aller enseigner dans les zones d‘éducation prioritaires. Le Français a effectivement entamé sa carrière de professeur dans une REP à Nanterre, en banlieue parisienne. Après un début de vie active dans les sciences politiques, il décide d’exercer « le plus beau métier du monde » pour venir en aide aux enfants issus de milieux difficiles, et n’ayant pas une voie toute tracée. C’est dans cette même état d’esprit qu’il est parti enseigner au Gabon : aider le plus les personnes qui en ont le moins. A ses yeux, « enseigner est finalement un acte politique ». 

  • Election AFE : LREM et EELV s’ancrent définitivement chez les Français de l’étranger

    Election AFE : LREM et EELV s’ancrent définitivement chez les Français de l’étranger

    L’élection des Conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger ont eu lieu dimanche dernier. Cette élection indirecte permet au près des 500 conseillers consulaires répartis dans le monde de choisir des représentants qui siègeront pendant les cinq prochaines années deux fois par an à Paris. La première session de cette nouvelle assemblée aura lieu la semaine prochaine dans le quinzième arrondissement de la capitale. Au cours de cette première réunion de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les élus s’inscriront dans un groupe politique et se répartiront les différents commissions. Tant que les inscriptions ne sont pas réalisées, il nous est impossible de vous donner la répartition précise des sièges entre les différentes familles politiques. Cependant, les résultats de ce dimanche 5 décembre laissent entendre que La République en Marche (LREM) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) soient les grands gagnants de cette élection.

    Le reflet des élections consulaires

    Si ce résultat est inédit dans la longue histoire de l’AFE, il n’est pas étonnant. En mai 2021, LREM et EELV ont remporté de nombreux sièges dans les conseils consulaires à travers le monde, logiquement ces victoires se sont transposées lors du choix des nouveaux membres de l’Assemblée des Français de l’étranger.

    Mais si c’est une bonne nouvelle pour ces 2 partis, il n’en est pas de même pour le Parti Socialiste et Les Républicains.

    Recul des LR et du PS

    Comme lors des élections consulaires, celles du week-end dernier marquent la fin de l’hégémonie depuis 50 ans du PS et de la droite républicains (RPR, UMP, LR) chez les expatriés. Ainsi, le Parti socialiste arrive, au prix d’accord sur les sénatoriales de septembre 2021, péniblement à maintenir un nombre suffisant d’élus pour constituer un groupe (minimum 10).

    Du coté des LR, alors que les ambitions étaient fort modestes comme nous l’indiquait encore le 8 novembre Ronan Le Gleut, sénateur et président de la fédération des expatriés LR, le parti de la rue de Vaugirard a reussi à faire élire une petite quinzaine de conseiller. Mais le groupe sera sûrement plus important. En effet, l’Alliance solidaire du nouveau sénateur Jean-Pierre Bansard a réussi aussi à faire élire quelques représentants qui devraient, comme leur leader au Sénat, siéger avec Les Républicains.

    LREM, surtout en Europe

    Pour le parti de la majorité présidentielle, LREM, ces élections sont un vrai succès. En particulier en Europe, où ils sont souvent arrivés en tête comme au Benelux.

    Moins touchés par les restrictions aux frontières que les Français établis hors du vieux continent, les électeurs de ces circonscriptions avaient voté en masse pour le parti d’Emmanuel Macron. Par ricochet, c’est donc dans les circonscriptions incluant des pays de l’Union Européenne que le nombre d’élus fut le plus important. En tout, c’est près de 30 élus qui devraient constituer le groupe LREM à l’AFE.

    EELV, la vague verte

    Comme pour les consulaires, le fait marquant est le remplacement du PS par EELV comme première force de gauche chez les Français établis hors de France avec une grosse vingtaine d’élus.

    Surfant sur la vague écolo, ils remportent des sièges un peu partout. Alors que les partis de gauche en France ne représentent plus qu’un 1/4 des électeurs, les expatriés, cassant leur image d’évadés fiscaux, furent nombreux à donner leur confiance à cette famille politique et en particulier aux Ecologistes mené par Alexandre Chateau-Ducos.

    La présidence dans la ligne de mire

    Lors de la 35ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger, les nouveaux élus devront choisir parmi eux leur président. Si ce poste est avant tout symbolique, il est important alors qu’aujourd’hui certains voudraient bien réformer voire faire disparaitre cette instance.

    Aucun parti ou groupe ne pourra imposer son candidat. Mais les alliances ne sont pas évidentes. Les LR et LREM pourraient facilement faire élire un président. Mais à la veille des élections présidentielles et législatives, est-ce que les états-majors parisiens donneront leur accord ? On peut en douter. A gauche, même tous réunis, l’élection sera difficile à emporter.

    Les indépendants en faiseurs de rois

    Il faudra donc que les partis ratissent large. Et ils vont s’y atteler dès lundi, en essayant de convaincre les très nombreux élus indépendants de rejoindre leur groupe. Renforçant ainsi le poids de tel ou tel parti, les indépendants sont au coeur des manoeuvres tant pour la présidence que l’AFE que pour celles des commissions.

    Et là l’avantage est plutôt à droite, en effet, de nombreux « indépendants » sont proches du sénateur Olivier Cadic (UDI). Ce dernier a été par ailleurs largement réélu aux sénatoriales de septembre 2021. Leur laissera-t-il une réelle indépendance ou les invitera-t-il à rejoindre le groupe LR ? Rien n’est joué. Le sénateur Frassa, ancien président de la fédération LR, n’avait pas été tendre avec Olivier Cadic et ses amis lors des élections consulaires et sénatoriales.

    La place de l’AFE ?

    Une fois les équilibres de pouvoir mis en place au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger, il y aura du boulot sur l’établi. Budget 2022, réinvention de la façon de travailler des commissions en profitant mieux des télécommunications, gestion des aides qui sont toujours mal distribuées, plus de 2 ans après leur attribution dans le cadre de la pandémie, gestion du réseau AEFE : les dossiers ne manqueront pas pour les nouveaux élus.

    Ils auront la lourde tâche pendant cette mandature de démontrer l’intérêt de l’Assemblée des Français de l’étranger. Créée alors qu’il n’existait pas de députés des expatriés au sein de l’Assemblée nationale, pour certains aujourd’hui la vieille instance parait dépassée et anachronique.

    C’est dans les accomplissements de ces nouveaux conseillers de l’AFE que se jouera la crédibilité de la vénérable assemblée.

    Les nouveaux élus AFE

    Ci-dessous, vous retrouverez pas circonscription les noms des 90 élus à l’Assemblée des Français de l’étranger. Vous pouvez aussi télécharger le fichier avec les résultats détaillés et le nombre de voix obtenues par listes qui se sont présentées dans chaque circonscription.

    4 conseillers élus Canada

    M. Olivier DELLAPINA

    Mme Francine WATKINS

    M. Ramzi SFEIR

    Mme Laetitia BERT

    7 conseillers élus Etats-Unis d’Amérique

    M. Gérard EPELBAUM

    Mme Sandrine HULOT

    M. Olivier PITON

    Mme Warda SOUIHI

    M. Loïc LE GLAND

    Mme Pascale RICHARD

    M. Richard ORTOLI

    7 conseillers élus Amérique latine

    M. Gérard SIGNORET

    Mme Marie-Christine HARITÇALDE

    M. Jean-François DELUCHEY

    Mme Cécile LAVERGNE

    M. Denis GLOCK

    M. Martin BIURRUN

    Mme Geneviève SUBERVILLE

    8 conseillers élus Europe du Nord

    M. Benoît MARIN-CUDRAZ

    Mme Nathalie PARMEGIANI

    M. Samy AMHAR

    Mme Isabelle BLANCHOT

    Mme Patricia CONNELL

    Mme Laurence HELAILI-CHAPUIS

    M. Olivier BERTIN

    Mme Amélie MALLET

    6 conseillers élus Benelux

    Mme Catherine LIBEAUT

    M. Pierre LAVÉANT

    Mme Cécilia GONDARD

    M. Thierry MASSON

    Mme Hélène DEGRYSE

    M. Frédéric SCHAULI

    11 conseillers élus Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse

    M. Bruno PLUDERMACHER

    Mme Eléonore CAROIT

    M. Alexandre COL

    Mme Nadine FOUQUES-WEISS

    M. Nicolas de ZIEGLER

    M. Guilhem KOKOT

    Mme Audrey LECLERC

    M. Guillaume GROSSO

    Mme Ellen BOUVERET

    M. Alexandre CHATEAU-DUCOS

    Mme Mathilde OLLIVIER

    3 conseillers élus Europe centrale et orientale

    M. Benoît MAYRAND

    Mme Jeanne DUBARD-KAJTAR

    M. Christian LEMAÎTRE

    5 conseillers Europe du Sud

    M. Alexandre BEZARDIN

    Mme Annie REA

    Mme Chantal PICHARLES

    M. Olivier SPIESSER

    M. Hugues LE CARDINAL

    6 conseillers Péninsule ibérique

    M. François RALLE

    Mme Gaëlle LECOMTE

    M. Renaud LE BERRE

    M. Pascal BOURBON

    Mme Stéphanie LE VAILLANT

    M. Baudoin de MARCELLUS

    7 conseillers élus Afrique du Nord

    Mme Radya RAHAL

    M. Nicolas ARNULF

    Mme Yolande MATEO

    Mme Khadija BELBACHIR-BELCAID

    M. Abdelghani YOUMNI

    M. Karim DENDÈNE

    Mme Sabrine AICHOUN

    4 conseillers élus Afrique occidentale

    M. Baptiste HEINTZ

    M. Jean-Luc RUELLE

    M. Gerard SENAC

    Mme Manuela REYNAUD

    5 conseillers élus Afrique centrale, australe et orientale

    M. Alexandre BARRIÈRE-IZARD

    M. Avraham BENHAIM

    M. Jean-Baka DOMELEVO ENTFELLNER

    Mme Michèle GIRAUD-MALIVEL

    M. Jean-Hervé FRASLIN

    4 conseillers Asie centrale et Moyen-Orient

    M. Laurent RIGAUD

    Mme Nadia CHAAYA

    M. Ghassan AYOUB

    Mme Rosiane HOUNGBO-MONTEVERDE

    4 conseillers élus Israël et Territoires palestiniens

    M. Elie LEVY

    Mme Daphna POZNANSKI

    M. Claude LEVY

    M. Johann HABIB

    9 conseillers Asie Océanie

    M. Franck BARTHELEMY

    Mme Elise LEGER

    M. Prédibane SIVA

    Mme Catya MARTIN

    M. Jean-Philippe GRANGE

    Mme Géraldine GUILLEMOT-PEACOCK

    M. Florian BOHEME

    M. Pierre LEDUCQ

    M. Thierry CONSIGNY

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  • Nouvelles restrictions au Royaume-Uni

    Nouvelles restrictions au Royaume-Uni

    Dans la matinée de ce mardi 7 décembre ainsi que le 8 décembre, le gouvernement britannique a annoncé de nouvelles restrictions. Avec un durcissement des mesures d’entrée au Royaume-Uni, ces mesures visent à réduire la propagation du variant Omicron.

    Depuis mardi, les voyageurs arrivant sur le sol britannique doivent présenter un test antigénique ou PCR négatif, datant de moins de 48h avant leur départ, et ce, quel que soit leur pays d’origine et leur statut vaccinal. Tous les arrivants devront également réaliser un test PCR « day 2 » avant la fin de leur deuxième jour d’arrivée, et se mettre à l’isolement jusqu’à la réception du résultat, s’il est négatif.

    Les personnes non vaccinées

    Pour les personnes allant du Royaume-Uni vers la France, un test PCR ou antigénique de moins de 24h avant le départ est demandé. Seuls les motifs impérieux sont également acceptés pour voyager, les fêtes de Noël n’étant pas prises en compte. Aussi, toutes les personnes non vaccinées, devront se confiner pendant sept jours et réaliser un deuxième test PCR à la fin de cette semaine d’isolement.

    Pour les personnes allant de la France vers le Royaume-Uni, la réalisation d’un test PCR ou antigénique de moins de 48h avant le départ est obligatoire. De même que dans l’autre sens, seuls les motifs impérieux sont tolérés pour pouvoir voyager. A l’arrivée, une période de dix jours à l’isolement est prescrite avec un test PCR les deuxième et huitième jours à compter de votre arrivée.

    Ces mesures particulièrement astreignantes découragent et agacent les Français établis au Royaume-Uni.

    “Ces mesures sont contraignantes”

    Chris, Français installé au Royaume-Uni depuis quatre ans, estime que « le plus embêtant est le test payant à faire en France pour pouvoir rentrer. Après, c’est essentiellement pour les touristes que c’est agaçant. Il faut bien que le gouvernement prenne des mesures, mais ça ne m’empêchera pas d’aller en France pour les fêtes. »

    “Une énorme contrainte qui décourage les déplacements”

    Aurélien, qui a emménagé à Londres il y a deux mois, a le même avis que Chris sur les contraintes de refaire ces tests pour voyager.

    “Je dois faire trois tests pour un aller-retour professionnel cette semaine à Paris… Pour le premier fait aujourd’hui j’ai dû attendre 45 minutes malgré un rendez-vous, car les centres ont l’air surchargés. Tout ça alors que l’OMS dit que réduire les voyages n’est pas utile. Mon entreprise est à Paris donc je fais les allers-retours régulièrement. Le day 2, déjà quand il était antigénique, n’est pas pertinent puisqu’il n’est pas contrôlé sérieusement. Je pense que la plupart des personnes le font sérieusement cependant. Cumuler le day 2 avec le test avant départ peut avoir du sens sur le plan sanitaire, car on peut contracter la Covid entre temps. Ma sœur qui devait venir à Londres a dû annuler sa venue. Mais ce qui est disproportionné c’est de remettre en place ces mesures alors que la couverture vaccinale est très importante en France et au Royaume-Uni.”

    Aurélien

    Aurélien ajoute “que par ailleurs les voyages depuis des pays de l’UE beaucoup moins bien vaccinés se font sans aucune restriction et ça manque de coordination internationale.”

    Boris Johnson le premier ministre britannique

    “On nous prend en otage”

    Lila, habitante de Milton Keynes au Royaume-Uni depuis 10 ans, avoue “qu’après trois doses de vaccins, je ne comprends pas qu’on doive encore faire trois tests différents pour un aller-retour UK- France. Le risque d’attraper la Covid et donc de le transmettre est inférieur à 1 % (1 sur 5000 si on cite les Américains). On a tous la possibilité de faire les lateral flow tests à la maison. Ça prend vingt minutes pour les résultats et c’est gratuit pour beaucoup. Pourquoi ne pas tester à l’embarquement ou demander la preuve de l’auto test (ils font ça pour les visites dans les hôpitaux…) Aussi pourquoi doit-on utiliser les laboratoires sponsorisés par le gouvernement et pas les autres ? »

    « Le coût élevé est encore à la charge du voyageur et je le rappelle, nous ne faisons pas du tourisme, mais voyageons pour retrouver notre famille ou pour obligations professionnelles. Quant aux résultats, si je me base sur mon expérience le jour 2 est revenu au jour 10…. (impact sur l’emploi pour beaucoup). Encore une fois on est pris en otage par des décisions qui ont un fondement scientifique douteux, mais qui par contre nous coûtent cher. Pendant ce temps-là, 10 Downing Street pourra faire sa Christmas Party sans restrictions.”

    Selon le journal The Times, le nombre de cas touchés par le variant Omicron est en train de doubler tous les trois jours au Royaume-Uni. Il risque de devenir le variant dominant dans “des semaines plutôt que des mois.” Ce mardi il y a 437 cas du nouveau variant.

    C’est pourquoi Boris Johnson a lancé ce mardi une grande opération conjointe avec le National Health Service et l’armée pour offrir une dose de rappel à tous les adultes d’ici la fin janvier, d’après The Guardian.

    Nouvelles mesures du 8 décembre

    Le gouvernement britannique a, finalement ce mercredi 8 décembre, en catimini, abandonné son approche légère contre le COVID-19 et a introduit de nouvelles mesures pour tenter de ralentir la propagation du variant Omicron, qui, selon les responsables de la santé, est en passe de devenir la version dominante du virus au Royaume-Uni à la fin du mois.

    Pendant des mois, le Premier ministre Boris Johnson a résisté aux appels à imposer des passeports vaccinaux en Angleterre ou à encourager les gens à travailler à domicile. Boris Johnson a misé sur des vaccins et des doses de rappels pour protéger la population, le NHS et faire face pendant l’hiver, au mépris de nombreux experts de la santé qui ont exhorté le gouvernement à aller plus loin.Le nombre de cas du variant  Omicron augmentant d’environ 100 par jour cette semaine pour atteindre 568 au total, Boris Johnson a annoncé mercredi des mesures plus strictes

    Passe sanitaire

    Les masques seront désormais obligatoires dans la plupart des lieux clos et des passeports vaccinaux seront requis pour les boîtes de nuit en Angleterre et les lieux accueillant de grandes foules, tels que les stades de football. Des règles similaires sont déjà en place en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. Reste à savoir si la population en Angleterre va obéir à ces nouvelles mesures car l’annonce de Boris Johnson s’est également avérée être une sorte de diversion par rapport à un scandale croissant.

    Pour repousser un scandale ?

    Suite à des informations selon lesquelles sa résidence du 10 Downing Street aurait organisé une fête de Noël en décembre 2020 en plein confinement quand les rassemblements étaient interdits. Pendant des jours, Johnson a nié qu’une fête ait eu lieu. Cependant, mercredi, une vidéo est apparue montrant des membres du personnel supérieur, dont la porte-parole du gouvernement Allegra Stratton, plaisantant sur la fête  lors de l’enregistrement d’une simulation de conférence de presse à Downing Street l’année dernière. La vidéo a intensifié les critiques de Boris Johnson, même de la part des  députés conservateurs.

  • Les diplômes français sont recherchés à l’international

    Les diplômes français sont recherchés à l’international

    Times Higher Education ? C’est l’édition du Times dédiée à l’éducation. Cette référence mondiale de la presse émet un classement international des universités les plus performantes en matière d’employabilité. La 11ème édition a été publiée en novembre et la France maintient sa deuxième place. Le classement des établissements français sur ce critère rebat les cartes des traditionnels classements d’écoles, souvent peu favorables à nos établissements.

    Ex aequo avec le Royaume-Uni

    Les jeunes diplômés français peuvent se targuer d’être parmi les plus attractifs aux yeux des entreprises du monde. C’est ce que révèle le classement annuel universitaire mondial de l’employabilité réalisé par le cabinet Emerging. Près de 11.000 managers opérationnels dans 22 pays ont participé à l’enquête et le résultat est sans appel : les universités et grandes écoles françaises sont celles, pour une deuxième année consécutive , qui récoltent le plus de votes (7,32 %) ex aequo avec le Royaume-Uni (7,29 %), loin cependant derrière les établissements américains.

    16 établissements dans le top 250

    L’Hexagone compte 16 établissements au top 250. Centrale Supélec – Paris Saclay est la mieux lotie (stable à la 22e place) suivie de près par HEC Paris, à la 25e, et Polytechnique, à la 30e. A noter : l’emlyon Business School (38) domine toutes ses concurrentes écoles de commerce comme l’Edhec (58), l’Essec (80) ou encore l’ESCP (91)… et arrive juste devant les Mines ParisTech (40), et même devant l’ENS (51) qui perd cette année 17 places. Preuve que lorsque le curseur est mis sur l’employabilité au niveau international, les cartes sont rebattues.

    Compétences réelles vs compétences académiques

    En 2020, les entreprises valorisaient d’abord l’excellence académique comme première qualité chez les jeunes diplômés. En 2021, ce sont les « graduate skills » qui les détrônent, c’est-à-dire : le leadership, l’adaptabilité, l’autonomie, le volontarisme… Bref, tout ce qui ne s’apprend pas de façon traditionnelle ou magistrale, si l’on en croit l’étude menée par le cabinet Emerging auprès des employeurs. Ce qui démontre que l’enseignement supérieur a un véritable pli à prendre dans son contenu pédagogique pour répondre aux besoins du marché du travail.

    Juste après, les entreprises recherchent quand même des « hards skills », en deuxième position devant l’expérience professionnelle qui rétrograde d’une place. Des compétences techniques précises qui vont contribuer à la « performance digitale » sont particulièrement valorisées, tout comme les universités qui ont totalement intégré cette nouvelle donne, y compris dans leur façon d’enseigner.

    Finalement, en 2021, on valorise moins l’excellence académique sur le CV que les compétences réelles et l’expertise.

    Etudier en France ?

    Aujourd’hui, les universités et écoles françaises proposent de nombreux partenariats avec des établissements dans le monde entier. Il est souvent possible de passer une ou plusieurs années dans d’autres pays et même de préparer un double diplôme valable à l’étranger !

    En tant qu’enfants d’expatriés ou jeune Français établis hors de France, vous disposez comme tous les nationaux français de la possibilité de faire vos études en France.

    Cérémonie de remise de diplômes à Centrale-Supelec – © Pics

    Accès et coût des études 

    La plateforme nationale Parcoursup, l’équivalence des diplômes, le choix d’un cursus… tout paraît si compliqué depuis l’étranger ! Cependant, il y a de nombreux dispositifs mis en place. Tout d’abord, il faut, si vous ou votre enfant est en fin de scolarité, entamer les démarches obligatoires auprès de Parcoursup et se renseigner sur les calendriers. La plupart des facultés ou des écoles ouvrent leurs inscriptions en début d’année.

    Il faut aussi prévoir le financement. À titre d’exemple, en 2019, le droit d’inscription à l’université pour les ressortissants européens était de 170€ pour une année en cycle de Licence et 601€ pour une année de cursus en formation d’ingénieur. À cela s’ajoutent les cotisations de sécurité sociale qui s’élèvent à 225€ par an. Pour les écoles, les frais de scolarité sont compris dans une fourchette de 2000 à 12 000 euros l’année, bien loin des tarifs des universités anglo-saxonnes.

    Pour le logement et le quotidien, de nombreuses aides sociales sont versées en France pour les “jeunes et étudiants”. Par cette notion, l’administration entend les moins de 26 ans.

    Elles concernent les jeunes à la recherche d’un emploi, en grande difficulté face à l’insertion professionnelle, les jeunes qui poursuivent leurs études (sous forme de différentes bourses), l’accès gratuit à certains loisirs…

    Afin de vous aider dans vos recherches, nous avons listé pour vous 18 dispositifs auxquels peuvent prétendre les jeunes et les étudiants. En cas de besoin, il est possible de se rapprocher de la mission locale pour les moins de 26 ans voire de s’informer auprès d’une assistante sociale.

    Vous pouvez retrouver les descriptifs des aides sur les différents site du gouvernement en cliquant sur les thèmes ci-dessous :

    Les aides aux étudiants

    Les aides au logement

    Les aides pour l’insertion professionnelle

    Les aides à la santé

    Les aides au transport

    Les aides au loisir

    Campus-France

    Pour les jeunes expatriés et leurs parents comme pour les étudiants étrangers, le Ministère des affaires étrangères et celui de l’Éducation nationale ont mis en place une plateforme dédiée.

    Campus-France maîtrise chacune des étapes et peut vous aider,  depuis l’orientation scolaires  (quel métier ? quelles études ?) jusqu’aux démarches administratives.

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