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  • Lescure échoue à conquérir le perchoir !

    Lescure échoue à conquérir le perchoir !

    Le député, réélu, de la 1ère circonscription des Français de l’étranger, Roland Lescure, s’est présenté à la primaire des groupes composant la « majorité présidentielle » réunis sous le nom « Ensemble ! » pour présidence de l’Assemblée nationale, surnommée le perchoir, du fait de la position en hauteur du président par rapport aux autres députés.

    Le rôle de la présidence de l’Assemblée nationale

    Quatrième personnage de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’institution mais aussi dans la vie politique française. Issu du groupe politique majoritaire de l’Assemblée, il pilote l’organisation du travail parlementaire et représente l’Assemblée dans sa globalité.

    Dans l’hémicycle, le président a pour mission de conduire les débats. Il contrôle les temps de parole des orateurs et veille à la bonne tenue des débats. Il préside par ailleurs le Congrès, qui est la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat, lorsqu’il se réunit pour réviser la Constitution ou écouter un discours du Président de la République. Il préside aussi plusieurs organes décisionnels comme la conférence des Présidents et le Bureau, deux organes essentiels au fonctionnement de l’institution.

    Qui est Roland Lescure ?

    Roland Lescure est le demi-frère du célèbre journaliste et ancien président du Festival de Cannes, Pierre Lescure. Au cours de sa jeunesse, il mena brillamment des études à Polytechnique, et est aussi diplômé de l’ENSAE et de la LSE. Par la suite, il commence sa carrière au Ministère des finances et passe ensuite une vingtaine d’années dans le secteur de la gestion d’actifs.

    Brièvement encarté au PS au moment de la primaire socialiste de 2006, il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Il rendra, cependant, très rapidement sa carte. Séduit par Emmanuel Macron, qu’il rencontra en 2012 alors que ce dernier est secrétaire général adjoint de l’Élysée.

    Emmanuel Macron et Roland Lescure le 08 juin 2018 ©francequebec.fr

    Résidant à Montréal jusqu’au printemps 2017, Roland Lescure était en charge des investissements, premier vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il rejoint La République en marche et est élu député dans la première circonscription des Français de l’étranger (Amérique du Nord) lors des élections législatives de 2017. En 2022, il est réélu avec 55,6% des voix. Au cours de son premier mandat, il présenta lui même 20 amendements dont 18 furent acceptés (source Nosdéputés.fr)

    Quelles sont les chances du député des Français de l’étranger ?

    Six candidats LREM sont finalement sur les rangs pour la présidence de l’Assemblée nationale. Les deux favoris sont Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord et président sortant de la commission des Affaires économiques, ainsi que Yaël Braun-Pivet, députée de la 5ème circonscription des Yvelines .

    Une primaire interne organisée par la coalition présidentielle, Ensemble !, à laquelle peuvent voter les députés Renaissance (nouveau nom du parti présidentiel), mais aussi les députés Horizon ou Modem, a eu lieu ce mercredi. Après un premier tour qui a permis au député des Français de l ‘étranger de se qualifier face à Yaël Braun-Pivet, Roland Lescure a du renoncer. Finalement, c’est donc Yaël Braun-Pivetqui a été choisie. Son expérience, sa connaissance des autres partis (c’est une ancienne socialiste) et sa capacité à fédérer au delà de ses propres rangs, ont été préférées.

    Photo by Ludovic MARIN / AFP
  • Allocution de Macron : « Il est donc possible de trouver une majorité plus large »

    Allocution de Macron : « Il est donc possible de trouver une majorité plus large »

    Emmanuel Macron, à la veille de sa tournée diplomatique, a pris la parole à 20h ce mercredi 22 juin dans le cadre d’une allocution parlementaire. Le Président de la République a pris acte des choix des Français lors des élections législatives tout en mettant en avant son rôle central comme incarnation de la Nation.

    Emmanuel Macron, qui sera pris par plusieurs obligations internationales ces prochains jours, a appelé chaque dirigeant à se prononcer pendant ce laps de temps, donnant un agenda à ses opposants. « Il faudra que chaque responsable politique dise jusqu’où il est prêt à aller », a-t-il prévenu. A son retour, « à la lumière des premiers choix », il entend « bâtir cette méthode nouvelle » de gouvernance qui s’impose désormais à lui.

    « Sortir des querelles »

    Revenant sur les échanges du 21 juin avec les dirigeants des partis pouvant établir des groupes à l’Assemblée nationale, il a indiqué que tous avaient déclaré leur attachement à nos institutions et qu’ils ne chercheront pas à bloquer les projets indispensables à l’avenir du peuple Français.

    En réponse, Emmanuel Macron a indiqué qu’il veut travailler en toute transparence et les invite à collaborer avec le gouvernement pour créer un meilleur environnement économique et social aux Français.

    « J’ai confiance »

    S’appuyant sur le choix des électeurs à la présidentielle, Emmanuel Macron a réaffirmé sa confiance dans l’avenir. Il ferme ainsi la porte à un gouvernement qui ne serait pas issu de son mouvement.

    « Tous ensemble nous trouverons le chemin de la réussite collective »,

    Le chef de l’État concluant son allocution à l’Élysée.

    D’ailleurs, « l’hypothèse d’un gouvernement d’union nationale » est rejetée par les chefs de partis qu’il a rencontrés ces deux derniers jours. C’est donc la confirmation qu’Elisabeth Borne restera en place pour tenter de trouver loi par loi la majorité nécessaire.

    Elisabeth Borne est-elle la bonne personne ?

    La question de savoir si la cheffe du gouvernement est la personne idoine pour gérer cette situation et tenter d’élargir la majorité, notamment à droite, est clairement posée. « Borne, c’est pas possible, c’est pas la bonne personne du moment », s’inquiète une source gouvernementale. « Il est difficile de garder Borne en femme majeure pour cette majorité et si tu gardes Borne, il faut imposer des ténors à l’Assemblée », avance un conseiller de l’exécutif.

    Un autre estime que la priorité est « d’élargir sur le flanc droit » et n’excluait pas, en attendant de voir le résultat des consultations pour tenter d’élargir cette majorité, un maintien d’Elisabeth Borne et une déclaration de politique générale avec un vote non contraignant, voire pas de déclaration du tout.

    Que va-t-il se passer ces prochains jours ?

    Pas grand chose, Elisabeth Borne va mener le combat pour faire voter la loi sur la protection du pouvoir d’achat. Un exercice qui sera sûrement le plus facile de son mandat, aucun parti ne voulant prendre la responsabilité de voir le budget des Français grevés du fait des bisbilles politiques.

    Mais en automne, il faudra voter le budget de l’Etat pour 2023, son gouvernement risque de ne pas survivre à cet exercice. Il parait impossible de trouver une majorité sur un texte si important alors que la vision de chacun diffère.

    Regardez l’allocution d’Emmanuel Macron du 22 juin 2022

  • Un nouveau décret pour les professeurs en dents de scie

    Un nouveau décret pour les professeurs en dents de scie

    Le nouveau décret relatif aux « modalités de recrutement » des professeurs français à l’étranger est paru le 17 juin dernier au Journal officiel. Pour les concernés, il a des airs d’occasion manquée.

    Après quatre mois d’âpres négociations et discussions entre les membres des comités techniques de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), le Quai d’Orsay a signé un texte à trous qui laisse un goût amer dans la bouche des professeurs. Si une avancée majeure est à noter, d’importants reculs le sont davantage.

    Jusqu’alors, les contrats des enseignants français à l’étranger étaient encadrés par le décret 2002-22. Un texte caduque qui différenciait de manière trop stricte les professeurs dits expatriés et les dits résidents. Les premiers avaient des missions de formation et bénéficiaient des aides au déplacement, contrairement à leurs collègues. Les seconds, avaient des missions d’enseignement, et devaient prouver d’un rapprochement de conjoint ou de trois mois de résidence dans le pays. Sans quoi ils étaient d’abord embauchés en contrat de droit local durant cette même période de temps. Ils étaient des « faux-résidents ». Or, qui dit contrat de droit local, dit non cotisation pour la retraite et salaire moins élevé.

    Depuis 2002, ces contrats de faux-résidents étaient une poudrière prête à exploser. C’est finalement une ancienne professeur en Allemagne qui a craqué l’allumette meurtrière en 2018. Elle a saisi la Cour d’appel de Nantes et deux ans plus tard le verdict tombe : l’AEFE est condamnée pour « détournement de pouvoir et de procédure ». En février 2022, l’Agence sonne le glas des faux-résidents et ce dès la rentrée de septembre. Il faut donc rédiger un nouveau décret.

    Or, à cette période de l’année, la phase de recrutement pour septembre a d’ores et déjà commencé, et des faux-résidents recrutés. Tout est mis sur pause. Pour les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, l’urgence est d’écrire ce texte. Les syndicats de professeurs l’entendent d’une autre oreille. Ils voient l’opportunité de prendre le temps de faire un texte solide où leurs droits seront défendus et valorisés.

    Un nouveau décret unanimement rejeté par les professeurs

    Dans le décret 2022-896, rien de tout cela n’apparaît, au contraire. S’ils pensaient obtenir des avancées, ils ont majoritairement obtenu des reculs. « C’est un passage en force qui rejette le dialogue social et donne le ton du nouveau gouvernement » invective Jérôme Nassoy, membre du SNES hors de France.

    A commencer par la disparition des Commissions consultatives paritaires centrales ou locales (CCPC et CCPL) qui permettaient aux syndicats d’avoir un droit de regard sur le recrutement de leurs collègues, et donc d’empêcher l’embauche par copinage. Car comme le spécifie Jérôme Nassoy, membre du SNES hors de France, « bien que ça ne soit pas la règle, il y a déjà eu des tentatives des personnels de recruter des connaissances et donc de ne pas respecter les règles. » Les CCPC injectaient donc de la transparence dans le recrutement. Sans elles, les professeurs craignent ne plus rien pouvoir contrôler.

    Par ailleurs, il regrette qu’aucune réponse ne soit apportée vis-à-vis des prestations familiales. Parmi elles, les professeurs demandaient une refonte du système de l’indemnité spécifique à la vie locale (ISVL), calculée par rapport à l’endroit de résidence. Or, avec la hausse du coût de la vie, l’inflation et la crise Covid, cette aide apparaît en décalage avec la réalité et ne suffit plus. Aujourd’hui, des fonctionnaires rencontrent des difficultés pour vivre et scolariser leurs enfants dans les établissements où ils exercent. Néanmoins, ledit décret 2022-896 ne fait pas état de l’ISVL.

    Il ne revient pas non plus sur le bornage de la durée des détachements. Avant 2019, les instructeurs pouvaient partir s’installer à l’étranger sans avoir de limite de temps. Mais depuis cette fameuse année, les nouveaux détachés ne peuvent rester que six ans maximum. « Comment se construire une famille quand nous savons que notre vie sur place a une date de péremption ? » se demandent-ils alors.

    grève
    Grève au Lycée français international de Bangkok le 19 mai 2022 contre le décret en cours de rédaction © SNES hors de France

    Une avancée notable

    Comme spécifié précédemment, dans l’ancien décret les résidents étaient distingués des expatriés. Dans le texte paru le 17 juin ce n’est plus le cas : tout le monde est dit détaché. Cependant, trois corps différents sont maintenus car les indemnités octroyées sont inégales. Effectivement, les professeurs en mission de formation et d’encadrement correspondent aux catégories 1 et 2, et perçoivent des aides au déplacement supérieures à la catégorie 3, à savoir ceux en mission d’enseignement.

    Malgré tout, les professeurs se félicitent de cette avancée car jusqu’ici ils n’avaient pas la moindre aide au voyage et au déménagement comme le spécifie Adrien Guinemer de l’UNSA éducation. Avant d’être nuancé par Jérôme Nassoy qui estime que l’Agence était obligée de modifier cette règle afin de pouvoir recruter du personnel venant de France.

    A ce propos, l’AEFE est toujours en période de recrutement pour septembre 2022. Mais grâce à sa décision de recruter massivement du personnel en disponibilité sur place, elle a réussi à réduire drastiquement le nombre de postes à pourvoir pour la rentrée. Effectivement, le 24 mai dernier il en restait encore 350, contre 66 d’après le compte-rendu du comité technique de l’AEFE du mardi 21 juin.

    Téléchargez le décret 2022-896 du 16 juin 2022

  • Le Japon envisage d’introduire la garde partagée après divorce

    Le Japon envisage d’introduire la garde partagée après divorce

    Cest la bonne surprise pour les hommes expatriés au Japon. En effet, la garde partagée des enfants en cas de divorce des parents nexiste pas légalement au Japon. C’est un véritable combat du quotidien. Il est fréquent que lex-conjoint, qui na pas la garde de son enfant, ne soit même pas autorisé à le voir, ne fût-ce quun week-end. Le pays du soleil levant est aujourdhui confronté à une augmentation du taux de divorce. De quoi pousser un sous-comité du ministère de la Justice à proposer lintroduction dun système de garde conjointe pour les couples séparés.

    La problématique de la garde exclusive

    La situation juridique alarmante pour le parent qui n’obtient pas la garde de l’enfant est imputée au Code civil japonais. Il stipule la surveillance exclusive et monoparentale pour les couples divorcés. Le projet provisoire de la révision du droit civil sera porté par le sous-comité d’ici au mois d’août. Il doit ensuite recueillir les réactions du public sur la question avant de poursuivre vers des discussions finales. Il y a de bonnes chances pour que cette révision soit adoptée.

    Contrairement à ce que l’on entend parfois, la garde partagée existe au Japon. Elle se limite cependant aux ménages mariés. L’enfant n’est légalement rattaché qu’à l’un des parents en situation de divorce. Le pays du soleil levant est rattrapé par sa faible natalité et le taux des séparations qui explose. Ces dernières années, environ 200 000 couples mariés divorcent chaque année au Japon, soit un sur trois !

    De quoi engendrer des problèmes sociaux prépondérants. La déconnexion des échanges entre l’héritier et le géniteur non-gardien a été montée en épingle dans la presse par les affaires qui ont éclaté. Souvent, il n’est pas possible de voir son enfant jusqu’à sa majorité. De plus, le non-paiement de la pension alimentaire reste un fléau qui pénalise la procédure de divorce.

    Des mentalités qui se modifient

    Comme toujours au Japon, les changements juridiques varient en fonction des époques. Ils sont portés par des tendances de l’opinion publique. L’avancement social des femmes et la participation croissante des hommes à l’enseignement des petits jouent une responsabilité majeure dans l’introduction de la garde partagée pour les couples divorcés. Des voix estiment qu’il est imprudent d’abandonner le rôle de parents après un divorce et de couper la relation avec l’enfant.

    Une enquête menée le 8 février 2022 l’atteste. Environ 50 % des répondants déclarent que les deux parents divorcés doivent être impliqués dans l’éducation de leur enfant. Dans le détail, 11,1 % ont indiqué que c’était « souhaitable dans tous les cas » et 38,8 % ont réagi que c’était « souhaitable dans de nombreux cas ». Plus de 90 % répliquent par l’affirmative, si l’on inclut les 41,6 % des sondés qui ont choisi « souhaitable si des conditions particulières existent ».

    Rappelons que la garde conjointe à la suite du divorce est une pratique usuelle dans beaucoup de pays. Le Japon est en retard, comme dans bien d’autres aspects sociaux. La population est parfaitement au courant de cette absence législative : 89,4 % se disent conscients du système de garde exclusive après la séparation. Les multiples batailles pour la garde et les cas « d’enlèvements d’enfants » de ces dernières années ont sensibilisé l’opinion publique. C’est un contexte atypique dans lequel l’un des parents s’empare d’un enfant sans le consentement de son ex-partenaire. Avec la protection de la loi, l’autre parent n’a aucun recours.

    La situation est encore plus critique si l’un des deux parents est occidental ou plus généralement étranger. Les enfants kidnappés au Japon font l’objet de dizaines d’articles dans les médias. Les associations dénoncent le non-respect par l’État des droits fondamentaux des enfants. Les dossiers sont retentissants : les avocats français mobilisent la commission des affaires juridiques du Parlement européen pour demander la suspension de l’accord de partenariat stratégique signé en 2018 entre l’Europe et le gouvernement nippon.

    Le cas de Vincent Fichot a ébranlé l’opinion publique française. Cet expatrié au Japon se bat depuis 6 ans pour revoir ses enfants. Les tribunaux du pays attribuent à coup sûr et exclusivement les enfants au parent qui détient les petits au moment de la séparation. Rapidement, des centaines de témoignages similaires se sont multipliés en Europe. Au final, des milliers de parents seraient concernés.

    Quelle évolution attendre ?

    Le quotidien Mainichi a eu accès à des sources proches du dossier. Selon elles, la proposition du ministère de la Justice permettra aux parents divorcés de choisir la garde conjointe par eux-mêmes.

    La justice aura aussi le pouvoir de trancher dans certains cas : par exemple, lorsqu’elle jugera qu’il est dans l’intérêt supérieur de l’enfant que les deux parents continuent à participer à son éducation.

    C’est une fantastique avancée qui récompense l’effort de milliers de pères et de mères du monde entier.

    Le système de garde conjointe envisagée permettrait aux deux parents de bien réfléchir et de prendre des décisions pour leur enfant. Plusieurs secteurs seront mis sur la table :

    • son éducation ;
    • son avenir ;
    • la manière dont une maladie est traitée ;
    • la gestion de ses vacances scolaires ;
    • les droits et libertés de chaque parent ;
    • les horaires attribués à chaque visite.

    Il reste un long chemin pour que ces nouvelles dispositions soient mises en place, mais elles sont attendues entre joie et anxiété pour les papas concernés.

  • La présidence tchèque de l’UE mobilisée pour le climat

    La présidence tchèque de l’UE mobilisée pour le climat

    La République tchèque veut faire du climat et de l’environnement les moteurs de sa prochaine présidence du Conseil de l’UE. Parmi ses priorités figure la promotion du paquet de lois européennes sur le climat intitulé «  Fit for 55  ».

    Le pays d’Europe centrale souhaite également faire de la biodiversité, de l’économie circulaire et de la préparation à la restauration de l’environnement en Ukraine après la guerre des priorités.

    La ministre tchèque de l’Environnement, Anna Hubáčková (KDU-ČSL, PPE), a présenté ses priorités européennes lundi (20 juin) sous le titre : «  Indépendance énergétique, neutralité climatique, paysages résilients  ».

    «  Ce sont les tâches fondamentales de notre ministère  », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’un point de presse.

    La République tchèque assume la présidence tournante de l’UE pour six mois dans un contexte de guerre russe en Ukraine. Ses priorités sont donc impactées par la nécessité de réduire la dépendance aux combustibles fossiles russes, combinée à des objectifs verts à l’échelle du bloc, a déclaré Mme Hubáčková.

    «  Le Pacte vert pour l’Europe recoupe les principales priorités de la présidence tchèque de l’UE  », a souligné la ministre.

    Prête pour les trilogues

    La République tchèque ne figure pas parmi les plus ardents défenseurs des politiques vertes au niveau européen. Par le passé, Prague a souvent défendu les préoccupations des industries à forte intensité de carbone.

    Au cours de sa présidence, elle s’efforcera de trouver des compromis entre les 27 États membres de l’UE sur les principales législations relatives au climat et à l’énergie dans le cadre du paquet «  Fit for 55  », qui vise à réduire de moitié les émissions de l’UE d’ici à 2030.

    Elle supervisera également l’adoption des mesures proposées dans le cadre du plan REPowerEU de la Commission européenne, qui vise à réduire de deux tiers la dépendance de l’UE à l’égard du gaz russe avant la fin de l’année.

    Les dossiers les plus urgents dans le cadre de l’initiative «  Fit for 55  » comprennent la révision du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, le nouveau mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, la législation visant à réduire les émissions des voitures et des camionnettes, ainsi que le règlement sur le partage de l’effort. Des mesures de soutien telles que la proposition de Fonds social pour le climat sont également à l’ordre du jour.

    La présidence française du Conseil de l’UE (PFUE) sortante souhaite parvenir à une «  orientation générale  » sur ces dossiers le 28 juin. En cas de succès de la PFUE, la République tchèque cherchera à conclure un accord final entre les États membres de l’UE et le Parlement européen lors de discussions en trilogue avec la Commission européenne.

    «  Nous espérons que la PFUE sera en mesure de conclure les orientations générales. Toutefois, nous sommes préparés à toutes les possibilités  », a déclaré Mme Hubáčková.

    Le Parlement européen votera sa position sur la législation «  Fit for 55  » lors de la session plénière de cette semaine (22 juin) à Bruxelles.

    Anna Hubáčková, ministre tchèque de l’Environnement

    La pollution lumineuse et la restauration de la nature en Ukraine

    Outre l’agenda sur le climat et l’énergie, le ministère tchèque de l’Environnement souhaite se concentrer sur la déforestation et la protection des sols. Un sujet qui sera abordé lors d’une réunion informelle des ministres à Prague les 13 et 14 juillet 2022.

    Mais comme l’a révélé le ministère de l’Environnement, il souhaite également attirer l’attention sur la pollution lumineuse.

    «  La pollution lumineuse a un impact sur la santé humaine et la biodiversité. Les impacts sont divers et graves. Nous voulons sensibiliser le public. Nous voulons échanger des expériences avec les États membres de l’UE et, espérons-le, trouver une solution commune  », a souligné le vice-ministre de l’Environnement, Jan Dusík.

    Outre le secteur de l’énergie, la guerre en Ukraine a également redéfini les priorités de la présidence tchèque en matière de protection de l’environnement.

    «  Nous consacrerons également une partie de nos programmes à la stratégie de restauration de l’environnement endommagé en Ukraine  », a expliqué Mme Hubáčková, ministre tchèque de l’Environnement.

    Parmi les principales priorités de la présidence tchèque au second semestre 2022, il y aura également la future loi européenne fixant des objectifs contraignants pour la restauration de la nature. La Commission européenne devrait publier la proposition le mercredi 22 juin.

  • Pour en finir avec la litanie des doléances

    Pour en finir avec la litanie des doléances

    Un trop grand nombre de Français éprouvent des difficultés financières, des problèmes de logement ou d’emploi, problèmes accrus par la résurgence de l’inflation. Pourtant, nul ne peut ignorer que le taux de pauvreté en France est l’un des plus faibles d’Europe, quand le poids des dépenses sociales est l’un des plus élevés au monde, tout comme l’espérance de vie à la retraite. De même que les inégalités après redistribution et le temps de travail figurent parmi les plus faibles du monde.

    L’Etat doit résoudre tous les problèmes, des bobos de la vie quotidienne aux conflits internationaux

    La France se complait dans la litanie des maux et dans l’autodénigrement au point d’étonner les commentateurs étrangers. La raison ni le relativisme n’ont pas le droit de cité au pays de Descartes et de Montesquieu. La victimisation est devenue une antienne permettant de désigner des coupables. L’État concentre ainsi tous les griefs. Critiqué, vilipendé, jugé hégémonique, il est pourtant appelé en permanence à l’aide. Il se doit de résoudre tous les problèmes, des bobos de la vie quotidienne aux conflits internationaux en passant par les fermetures des usines.

    Pour la population, l’Etat se doit d’être omniscient, ce qui n’empêche d’être haï. Ne pas recourir à l’Etat et lui faire porter les griefs de tous les problèmes de la Terre est une faute. En 1999, lors de la marée noire de l’Erika, un maire breton eut ainsi l’impudence de demander à ses concitoyens de prendre leurs râteaux et leurs sceaux pour récupérer le pétrole. Il fut âprement critiqué pour ne pas avoir exigé l’intervention de l’État. Cette remontée au sommet est la marque d’une grande déresponsabilisation. La victime ne peut être coupable et se doit d’être dédommagée.

    Toute réforme est un exercice périlleux

    La France pratique l’art de la doléance sans nul pareil, les télévisions d’information continue ayant remplacé les cahiers de 1789. Sur les ondes, tout corps constitué, tout individu, n’a pas d’autres solutions que d’exprimer sa complainte. De la Révolution française à nos jours, le malheur fait vendre quand le bonheur ennuie. C’est au nom de ce principe que le pays demeure, siècle après siècle, un formidable terreau pour les révoltes et les révolutions en tout genre. Le pouvoir est toujours contesté, que ce soit sous Louis XIV au début de son règne avec la Fronde ou sous Napoléon qui a dû faire face à de multiples tentatives de coups d’État. Si aujourd’hui le Général de Gaulle fait l’objet d’un culte, sa présidence fut tout sauf un long fleuve tranquille. Il dut faire face à de multiples tentatives d’assassinat, à des grèves de grande ampleur obligeant même au recours à l’armée, à une contestation violente de la part de la gauche – communiste ou non – et à une révolte étudiante.

    En France, toute réforme est un exercice périlleux. Synonyme de régression, de remise en cause des droits acquis, elle amène toujours une cristallisation des oppositions. Elle est, par nature, suspecte.

    Une manifestante lors d’une marche des « Gilets jaunes »

    Notre pays est-il condamné à choisir entre l’immobilisme ou le chaos ?

    La dernière réforme des retraites visant à instituer un système universel par points en est le parfait exemple. Censé être plus équitable, ce système fut accusé de tous les maux dont certains relevaient du fantasme. Avec Internet, les jugements et les appréciations se construisent et se déconstruisent le temps d’un clic, la forme primant sur le fond. L’immobilisme a été érigé en sagesse et serait un gage de durée voire de popularité pour les pouvoirs publics. La litanie des maux et des doléances serait-elle une fatalité à laquelle la France ne peut pas échapper ? Notre pays est-il condamné à choisir entre l’immobilisme ou le chaos ? Une voie consensuelle est-elle imaginable ? Suppose-t-elle des changements institutionnels et une modification de l’altérité au sein de la population française ?

    Une plus grande responsabilisation des acteurs sociaux, économiques et culturels serait peut-être souhaitable. La France pourrait s’engager sur une voie plus fédérale avec un système poussé de péréquation. Une réflexion pourrait être ouverte sur l’instauration d’un régime présidentiel avec une séparation plus marquée entre l’exécutif et le législatif. Le champ de la négociation sociale pourrait faire l’objet d’un domaine protégé sur lequel l’État ne pourrait pas intervenir sauf rares exceptions.

    Il faudrait surtout prendre l’habitude de raisonner sans penser que l’État est la clef de tous les problèmes.

  • Législatives des Français de l’étranger : les réactions !

    Législatives des Français de l’étranger : les réactions !

    Les élections législatives des Français de l’étranger ont donné des résultats bien différents que ceux rencontrés en France. Avec 9 députés pour Ensemble ! (l’alliance du Modem, d’Horizons et Renaissance, le parti d’Emmanuel Macron), l’ancienne majorité présidentielle a très bien résisté aux assauts de la NUPES.

    1 circonscription pour la NUPES

    L’alliance électorale des partis de gauche espérait remporter jusqu’à 3 circonscriptions au soir du premier tour le 05 juin. Dans le viseur des leaders de gauche il y avait, l’Amérique du Sud, le Benelux, et la IXème circonscription des Français de l’étranger soit le Maghreb et l’Afrique de l’ouest. Au final, seul le candidat du parti Génération.s, membre de la NUPES, Karim Ben Cheikh, a réussi à décrocher son siège à l’Assemblée nationale.

    Son profil de diplomate, ancien consul de France à Beyrouth (Liban), et ses origines marocaines ont su séduire la majorité des 21 000 électeurs qui ont participé à cette élection sur les 120 000 convoqués. Ses premières actions devraient être concentrées sur l’amélioration du système de délivrance des visas, un sujet qui fut au cœur de la campagne, alors que la France a diminué le nombre de visas accordés, soit pour des raisons politiques (comme avec l’Algérie) ou du fait de la pandémie.

    En tout cas, tous reconnaissent son expertise et son travail, même la présidente de l’association, pourtant classée à droite, Union des Français de l’Etranger de Sousse (Tunisie), l’a félicité pour son élection. Il est vrai que l’ancien député El Guerrab ou la candidate de Renaissance pour le remplacer, l’ancienne ministre de Jean Castex, Elisabeth Moreno, n’ont pas laissé un bon souvenir.

    Méditerranée de l’Est, le feuilleton de la nuit du second tour

    Dans cette circonscription comprenant Chypre, l’Italie, Malte, la Turquie et Israël, le suspense s’est fini tard dans la nuit. Arrivée première au vote en ligne, la candidate de Renaissance, Déborah Asbiror, avec ses 1900 voix d’avance, pensait que l’affaire était pliée.

    Mais surprise, le vote aux urnes, dont la majorité des participants étaient en Israël, fait remonter des scores impressionnants pour le député sortant (jusqu’à 100% dans les implantations israéliennes dans les territoires palestiniens), Meyer Habib.

    L’émotion comme les tensions furent grandes tout au long de la nuit et des recomptes. Une émotion que les candidats ont partagée sur les réseaux sociaux ou dans les médias avec leurs partisans.

    Déborah Asbiror a investi Facebook, support qu’elle a bien maîtrisé tout au long de la campagne.

    Tandis que Meyer Habib utilisait les canaux traditionnels comme I24, la chaine d’informations israélienne qui propose une version francophone.

    L’abstention, la vedette des médias nationaux

    Dans les médias nationaux, si les journalistes français ont évoqué la victoire de Stéphane Vojetta, le député sortant qui avait bouté Manuel Valls hors de la péninsule ibérique, ou l’échec de l’ancienne ministre aux solidarité Elisabeth Moreno dans la IXème circonscription, c’est surtout l’abstention massive qui a été soulignée par nos confrères.

    Ainsi, sur l’ensemble des circonscriptions, 3 des Français de l’étranger comptent plus 80 % d’abstention (86,06 % dans la 8e, 83,71 % dans la 2e et 81,88 % dans la 9e). Les classant parmi les 10 plus « mauvaises » circonscriptions. Pire, le Monde révèle que le député qui est élu avec le moins de voix de cette nouvelle législature, est Meyer Habib (LR/UDI), qui obtient 50,58 % des suffrages exprimés, mais pour seulement 6,46 % des inscrits.

  • Les législatives vues de l’étranger

    Les législatives vues de l’étranger

    Vous avez été nombreux à nous faire remonter les unes et autres commentaires sur les élections législatives en France que vous avez découverts lundi 20 et mardi 21 juin . Dans certains pays, ce sont même les nouveaux députés des Français de la région qui ont eu le droit aux honneurs de nos confrères des presses nationales.

    Sur la nouvelle Assemblée nationale et Emmanuel Macron, les mots doux sont proscrits, globalement les journalistes dans le monde jugent ces résultats comme un « échec sévère », ou une « défaite cuisante », voire une « contre-performance »…. De l’Allemagne à l’Italie en passant par les Etats-Unis, l’Espagne, Israël et d’autres, la nécessité pour Emmanuel Macron de trouver des alliances, la percée de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ainsi que le score historique du Rassemblement national (RN) sont au cœur des sujets.

    LAllemagne

    On commence avec notre voisin et premier partenaire l’Allemagne. Bien qu’il y ait une sympathie générale pour Emmanuel Macron dans ce pays, de nombreux médias allemands comme le journal berlinois Taz, qualifient le résultat des élections d’hier comme « une victoire pour la démocratie ». Ce qui ne s’est pas produit en France depuis 60 ans, un gouvernement de coalition, est tout à fait normal en Allemagne. Pour les observateurs politiques allemands la suite est déjà très claire : « Le centre de Macron, déjà très large, doit encore s’élargir » et glisserait par conséquent vers la droite. Ils craignent que le pays, si important pour les relations franco-allemandes, tant sur les questions politiques qu’économiques, devienne ingouvernable suite aux blocages entre les partenaires de coalition et que le peuple manifeste à nouveau dans les rues.

    Espagne

    Dans cet autre voisin, la défaite de Manuel Valls au premier tour a transformé Stéphane Vojetta, le député sortant dissident de la majorité présidentielle, finalement réélu, en star locale.

    Sur le fond de l’élection, « les Français envoient un signal à Macron : ils veulent imposer des limites à son pouvoir », analyse de son côté « El País ». Après cinq ans de majorité absolue pendant lesquels l’Assemblée nationale « s’est limitée, dans la plupart des cas, à donner le feu vert aux initiatives d’un président qui concentre tous les pouvoirs », la France a désormais « deux alternatives », résume le quotidien espagnol : « Soit apprendre la culture du consensus, exotique dans son système présidentiel, soit être vouée à être ingouvernable. »

    Belgique

    Dans ce pays si francophone et francophile, les élections françaises étaient encore au centre de l’actualité en Wallonie et à Bruxelles. On s’y amuse que « la France va devoir apprendre l’art du compromis à la Belge ». Si les journalistes belges sourient, ils s’inquiètent aussi. Le quotidien belge « le Soir » voit, ainsi, « dans le scrutin de dimanche « un résultat français inquiétant pour l’Europe ». « Voilà Emmanuel Macron sans majorité absolue, face à une Assemblée nationale qui a le mérite, au moins, de symboliser les énormes fractures du pays », écrit le journal.

    Italie

    « Si Mélenchon a réussi à faire reculer Macron lors de la dernière législature avec seulement 17 députés de la France Insoumise, les plus de 150 députés de la coalition Nupes qui font leur entrée à l’Assemblée nationale promettent de transformer le Parlement en spectacle » écrit le journaliste Stefano Montefiori pour Corriere della sera en Italie. Parlant de Nupes, il s’agirait plutôt « dune gauche de combat plus que de gouvernement ». Il compare Mélenchon avec l’ancien président du Venezuela Hugo Chávez, qui a adopté un style de gouvernement autoritaire et d’extrême gauche, tout en jouissant d’une grande popularité. Pour lui, Mélenchon est « un rêveur tiers-mondiste passionné par lAmérique latine » et un braillard, qui est surtout resté dans les mémoires à l’étranger pour ses apparitions en colère, par exemple quand il criait « La République, cest moi ».

    « La Stampa » retient également le fort taux d’abstention, évoquant « une défaite cuisante » et « un effondrement au-delà de toute prévision » pour Emmanuel Macron. « Macron seffondre, la France ingouvernable », titre le quotidien italien à sa une.

    Suisse

    En une ce lundi, nos voisins suisses du « Le Temps » mettent en avant « une gifle électorale qui risque de paralyser la France ». « Le quinquennat qui souvre va être très compliqué », prévient dans le quotidien Gilles Ivaldi, chercheur en sciences politiques. « La polarisation qui sort des urnes forme trois camps qui saffrontent et que tout oppose. LEurope, l’économie, limmigration, la sécurité, ils ne sont daccord sur rien. »

    Arrivé en tête au premier tour avec 36,5% des voix, Marc Ferracci a confirmé son avance au second tour des élections législatives sur Magali Mangin, candidate de la Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale). Il reçut les honneurs de « La Tribune » dès le lendemain avec un long article consacré aux relations franco-suisses.

    Royaume-Uni

    La chaîne britannique BBC parle d’un Emmanuel Macron « châtié et affaibli par un échec dans les sondages » et fait un lien avec les événements très médiatisés de ces dernières semaines, notamment les allégations de viol contre le ministre Damien Abad et le fiasco du match de football du Stade de France. « Son gouvernement [celui d’Emmanuel Macron] a été largement perçu comme blâmant les fans de Liverpool pour détourner lattention de la véritable honte de la nuit, qui était la criminalité locale » écrit Hugh Schofield, journaliste et correspondant à Paris.

    Le journal The Guardian analyse plutôt les divers scénarios d’avenir et parle d’un risque de nouvelles élections : « Toutefois, si les partis de lAssemblée ne parviennent pas à travailler ensemble de manière constructive, on se retrouvera dans une impasse et une élection anticipée, que Macron peut convoquer à tout moment, et pourrait savérer être la seule issue, éventuellement en quelques mois. »

    USA

    Outre-Atlantique, les élections ont également suscité, dans une moindre mesure, l’intérêt de la presse. Le Washington Post met en lumière « lun des pires résultats pour un président français », quand le New York Times décrit « un échec » et « un avertissement sévère des électeurs ».

  • Que peut faire Emmanuel Macron ?

    Que peut faire Emmanuel Macron ?

    Confirmée jusqu’à nouvel ordre, la Première ministre Elisabeth Borne a remis sa démission mardi 21 juin à Emmanuel à Macron, qui l’a aussitôt refusée « afin que le gouvernement reste à la tâche », avant de recevoir les responsables des partis politiques face aux risques de blocage de ses réformes à l’Assemblée nationale.

    « La Première ministre a remis sa démission au président de la République qui l’a refusée afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours », a indiqué l’Elysée dans un communiqué à l’AFP.
    Dans la foulée, l’entourage de Mme Borne a annoncé à l’AFP qu’elle réunira l’ensemble du gouvernement à Matignon en début d’après-midi. Parmi les ministres attendus rue de Varenne figureront bien Amélie de Montchalin (Transition écologique), Brigitte Bourguignon (Santé) et Justine Bénin (Mer), toutes trois battues dimanche au second tour et qui devront donc démissionner.

    Il est de tradition après les élections législatives que le chef du gouvernement propose sa démission. Mais Mme Borne était sur un siège éjectable après les résultats décevants dimanche aux législatives où la Macronie a perdu la majorité absolue.

    Macron à la manoeuvre

    « La Première ministre a plaidé pour rester afin d’avoir les outils pour faire face à la situation et aux urgences des Français, a expliqué son entourage. Il y beaucoup de décrets à prendre dans les jours à venir, dont la revalorisation du points d’indice, la deuxième phase de Parcoursup… on ne peut pas se permettre d’avoir un gouvernement qui ne gère pas cela. »

    Mais signe que c’est bien le chef de l’Etat qui reste à la manoeuvre, l’Elysée a rappelé dans son communiqué que c’est lui qui « va mener les consultations politiques nécessaires en recevant les chefs de parti susceptibles d’avoir un groupe à l’Assemblée nationale afin d’identifier les solutions constructives envisageables au service des Français ».

    Face au risque d’impasse à l’Assemblée et le spectre d’un pays ingouvernable, six dirigeants de parti seront reçus successivement à l’Elysée : Christian Jacob (LR) a ouvert la marche en arrivant peu avant 10H00. Il sera suivi d’Olivier Faure (PS) à 11H00, François Bayrou (Modem) à 14H00, Stanislas Guerini (LREM) à 15H00, Marine Le Pen (RN) à 17H30 et Fabien Roussel (PCF) à 18H30, avant d’autres mercredi comme le chef du parti EELV Julien Bayou.

    Chez LFI, Jean-Luc Mélenchon ne se déplacera pas. C’est le numéro deux Adrien Quatennens et la députée Mathilde Panot qui rencontreront le chef de l’Etat.
    Olivier Faure a fait savoir qu’il dira au chef de l’Etat que « ce pays va mal, est en colère, mais qu’il n’est pas bloqué, et qu’il y a des politiques possibles ».

    Adrien Quatennens va, lui, « suggérer à Emmanuel Macron une Assemblée constituante pour passer à la VIe République » étant donné la « crise politique profonde » dans laquelle la France se trouve désormais.

    LFI et RN veulent le départ de Borne

    Réélue de justesse dimanche dans le Calvados, Elisabeth Borne, qui ne sera pas présente aux entretiens avec les partis politiques, a été fragilisée par la gifle électorale reçue dimanche.
    Adrien Quatennens et plusieurs autres responsables de LFI ont exigé la démission de la cheffe du gouvernement, nommée le 16 mai. Le président par intérim du RN Jordan Bardella a également estimé qu’elle devait « rendre son tablier ».

    Mathilde Panot a d’ores et déjà annoncé « une motion de censure » contre le gouvernement, en estimant que, contrairement au dernier quinquennat, « le Parlement ne sera pas composé que de Playmobil ».
    Les députés LFI sont arrivés groupés mardi matin à l’Assemblée, les écologistes d’EELV et les parlementaires du PS doivent faire de même dans la journée.

    Avec 245 députés, les macronistes d’Ensemble! sont loin de la majorité absolue, fixée à 289 sièges sur 577. Ils devancent la Nupes, qui aura au moins 150 représentants dans l’hémicycle, selon un décompte actualisé effectué par l’AFP qui inclut les députés d’Outre-mer, mais sans préjuger du choix des dissidents socialistes et de plusieurs élus divers gauche.

    Viennent ensuite le Rassemblement national, qui réalise une percée historique (89 sièges), puis les Républicains (61).
    Si personne dans la macronie ne met publiquement en cause la cheffe du gouvernement – et donc de la majorité -, de nombreux responsables politiques de LR, dont leur candidate à la présidentielle Valérie Pécresse, ont aussi appelé Emmanuel Macron à « tenir compte du résultat de ces élections » en changeant « de ligne politique, de Premier ministre et de gouvernement ». Manière d’imaginer un accord entre le parti de droite et La République en marche et ses alliés ? « Nous sommes et nous resterons dans l’opposition: il n’y aura ni pacte ni coalition avec Emmanuel Macron », a encore répété lundi le patron des Républicains Christian Jacob dans une tentative d’autorité sur son parti, apparu divisé sur la question, à l’instar de Jean-François Copé. En attendant, la Nupes a connu un premier raté : en proposant de bâtir un groupe parlementaire unique afin d’apparaître comme la première opposition à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon a reçu une sèche fin de non-recevoir de la part de ses partenaires.

    Quitte à ce que la deuxième force au Palais Bourbon revienne au Rassemblement national, Marine Le Pen a d’ailleurs prévenu de sa détermination à « mettre en œuvre le blocage de toutes les réformes (…) nocives, au premier rang desquelles la retraite à 65 ans ».

  • L’UE combat la hausse de la production de drogues

    L’UE combat la hausse de la production de drogues

    Le mandat de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) sera étendu car l’Union européenne est devenue un important producteur de drogues illicites destinées à un usage national et international, et les liens entre les groupes criminels européens et internationaux se resserrent.

    L’Europe, qui était essentiellement un consommateur, est en train de devenir un producteur de drogues, selon le dernier rapport européen sur les drogues publié par l’OEDT.

    Ce rapport est publié alors que les institutions de l’Union européenne se préparent à étendre le mandat de l’OEDT d’un centre de surveillance à une véritable agence.

    La Commission européenne a proposé ce renforcement en janvier et le mandat de négociation a été adopté par le Conseil le 9 juin. Bientôt, la commission des Affaires intérieures du Parlement européen (LIBE) prendra en charge le dossier.

    La rapporteuse du Parlement sur le dossier, l’eurodéputée socialiste Isabel Santos, espère « des ressources et des capacités accrues pour équiper correctement la future agence avec les bons outils », a-t-elle confié à EURACTIV.

    « Comme le monde de la drogue semble avoir toujours une longueur d’avance, il est essentiel que l’agence soit capable d’avoir à la fois un système de capacité de surveillance et d’analyse renforcé, mais aussi un mécanisme de réaction plus rapide et efficace face aux menaces et tendances émergentes », a ajouté Mme Santos.

    L’eurodéputée a souligné que le marché européen des drogues est en constante évolution, de plus en plus diversifié et très dynamique — des éléments que le rapport de l’OEDT sur les drogues a confirmés.

    Bien que l’agence de surveillance des drogues ait joué un rôle crucial dans la collecte de données sur les marchés des drogues dans l’Union, davantage d’outils sont nécessaires « pour opérer avec succès dans un contexte aussi complexe que celui que nous connaissons actuellement en Europe », a déclaré la rapporteure.

    Malgré l’intention de transformer l’OEDT en une agence à part entière, Mme Santos a ajouté qu’elle restera essentiellement un organisme chargé de fournir des données pour aider les États membres à élaborer des politiques avisées.

    Davantage de crimes internationaux

    Selon le rapport de l’OEDT, les niveaux élevés d’innovation, la numérisation, la multiplication des choix et l’augmentation de la production de drogues synthétiques ont conduit au renforcement des liens entre les organisations criminelles européennes et internationales.

    « On observe une coopération accrue entre les groupes criminels organisés de l’UE et les cartels mexicains, en particulier pour la méthamphétamine », a indiqué Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT, lors d’une conférence de presse sur les conclusions du rapport, mardi 14 juin.

    Les preuves apportées par l’OEDT montrent que certains des laboratoires démantelés sur le territoire de l’UE et dotés d’une capacité de production industrielle de méthamphétamine utilisaient des cuisiniers mexicains ou leurs recettes et méthodes pour la production.

    M. Goosdeel a expliqué qu’il était nécessaire d’établir davantage de profils des drogues circulant dans l’UE, réitérant la nécessité d’une extension du mandat de l’OEDT afin de lui donner davantage de moyens.

    Il a également ajouté qu’Europol et l’agence américaine de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Administration, DEA) leur avaient transmis des informations indiquant que les cartels mexicains cherchaient à étendre leur contrôle sur le trafic mondial de drogue.

    « Le fait qu’ils semblent être plus étroitement associés à certaines unités de production en Europe le confirme en quelque sorte », a déclaré M. Goosdeel, ajoutant que la coopération entre l’UE et le Mexique a également été renforcée pour tenter d’empêcher cette tendance.

    Isabel Santos, députée européenne

    La Covid-19 a changé les comportements numériques

    Outre une collaboration internationale accrue, des changements ont également été constatés durant la pandémie de Covid-19. EURACTIV a précédemment rapporté que les niveaux de consommation de drogue étaient revenus à la normale en Europe après les restrictions de distanciation sociale et les confinements.

    L’OEDT a également constaté une évolution dans la manière dont les drogues sont commercialisées en ligne.

    « Le rapport montre que — comme nous tous — les trafiquants se sont mis à utiliser davantage Internet pendant la pandémie. L’achat et la vente de drogues sur les réseaux sociaux sont désormais monnaie courante », a déclaré la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, lors de la conférence de presse.

    On sait depuis longtemps qu’il est possible d’acheter de la drogue sur des sites web du darknet, mais le changement observé par le rapport est que « les applications des réseaux sociaux et les services cryptés semblent être plus fréquemment utilisés pour effectuer des achats de drogue ».

    On a toutefois constaté un développement de l’utilisation de plateformes en ligne pour le traitement et la gestion des problèmes de drogue pendant la pandémie.

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