Le président chinois Xi Jinping s’est entretenu par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le premier a réaffirmé le soutien de Pékin en matière de « souveraineté » et de « sécurité », à rebours des Occidentaux. « La Chine est disposée à poursuivre avec la Russie le soutien mutuel sur les questions de souveraineté, de sécurité, ainsi que sur d’autres questions d’intérêt fondamental et préoccupations majeures », a indiqué le dirigeant chinois, selon des propos cités par un média d’État. Les deux chefs d’État ont par ailleurs annoncé leur volonté de renforcer leur coopération économique face aux conséquences des sanctions occidentales contre Moscou pour son offensive en Ukraine, en abordant également la question « du développement des relations militaires ».
En réaction, les États-Unis se sont déclarés « préoccupés par l’alignement de la Chine avec la Russie », demandant à Pékin de cesser de soutenir l’invasion russe de l’Ukraine pour éviter de se placer « du mauvais côté de l’Histoire ».
Les Français de l’étranger comme leurs compatriotes au pays vont conclure cette longue séquence électorale commencée avec le premier tour de l’élection présidentielle début avril. Ce 19 juin, les derniers bulletins iront rejoindre les urnes pour élire les nouveaux représentants de la Nation, mettant fin à une campagne des Législatives 2022 intense. A quelques heures de la période de réserve, on fait le point sur les dernières bisbilles entre les candidats dans certaines des 11 circonscription des Français de l’étranger.
Législatives
Amérique du Sud
Dans cette circonscription où NUPES est favorie, ce sont les mauvais rapports supposés entre le candidat Christian Rodriguez et sa suppléante Florence Poznanski qui empoisonnent la campagne. Mardi 14 juin, un article publié par le média Francaisaletranger.fr, bien connu pour sa proximité avec la majorité présidentielle, fait référence à un mail qu’aurait envoyé la suppléante et responsable du pôle Français établis hors de France de l’Union Populaire, Florence Poznanski, aux militants et à la direction parisienne pour se plaindre de l’attitude du candidat France Insoumise Christian Rodriguez.
Depuis, le binôme a démenti les informations publiées par Francaisaletranger qui d’ailleurs n’a pu démontrer la véracité de ses affirmations, ne publiant pas le dit mail, se contentant d’indiquer y avoir eu accès. Alors que la mobilisation est faible dans cette circonscription, ces « révélations » auront-elles un impact ?
Benelux
Dans cette circonscription, le duel du second tour oppose le député sortant Pieyre-Alexandre Anglade (majorité présidentielle) et la conseillère des Français de Belgique, Cécilia Gondard (NUPES/PS). Tout au long de la campagne, chacun s’est évertué à démontrer son implantation locale et la communauté de vie qu’il ou elle partagerait avec leurs électeurs (la grande majorité des voix provenant de Belgique dans cette circonscription).
Mais parfois, on n’a pas de chance, on se fait prendre la main dans le sac. Alors que le député Pieyre-Alexandre Anglade fait valoir sa connaissance de la circonscription dans les différentes publications sur les réseaux sociaux, quelle ne fut pas la surprise de la candidate adversaire, Cécilia Gondard, en recevant l’appel d’une de ses connaissances, lui indiquant que M. Anglade louait un Airbnb lors de ses escapades à Bruxelles.
Mais ici rien d’illégal ou de mensonger, en prenant le temps, on constate que M. Anglade n’affirme jamais vivre à Bruxelles et pour rappel, il n’est pas obligatoire d’être résident de la circonscription pour s’y présenter, ni même pour y voter (le registre consulaire étant déconnecté de la liste électorale consulaire).
Méditerranée de l’est
Dans cette circonscription réunissant l’Italie, la Turquie, Chypre, Malte et Israël, la tension est montée d’un cran lors de la publication d’une brève dans le Canard Enchaîné révélant les doutes de la consule de France à Tel-Aviv, Florence Mayol-Dupont, sur la légalité de certaines techniques électorales du député sortant Meyer Habib (LR/UDI) opposé à Deborah Abisror – de Lieme (Renaissance / Ensemble).
Publication dans le Canard Enchainé du 14 juin 2022
Le transport de militants pour voter est pourtant de tout temps une pratique connue et acceptée, en particulier dans les circonscriptions où les lieux de vote sont éloignés des électeurs potentiels. Le faible maillage, en terme de bureaux de vote, proposé par le consulat, est peut-être le véritable responsable, obligeant les candidats à mettre en place de tels dispositifs. Plus étonnant, c’est le parti pris, à peine voilé, de la consule générale de France qui est pourtant soumise à un devoir de réserve.
Péninsule ibérique
On finit en revenant sur le fait marquant de ces élections législatives des Français établis hors de France, l’élimination de Manuels Valls. Petit tremblement de terre national, repris en boucle dans les médias en France le 05 juin 2022, cette élimination semble avoir mis un terme à la carrière nationale et internationale de l’ancien Premier ministre.
En fermant son compte Twitter, Manuel Valls a voulu éviter les railleries que ses nombreux adversaires étalaient sur son mur. Il est vrai qu’après avoir quitté la France pour l’Espagne pour finalement y revenir et glaner une investiture sur la Vème circonscription des Français de l’étranger, ils sont nombreux à ne pas avoir compris l’ancien socialiste, rallié à Macron.
Une leçon est aussi à tirer de cette épopée : le double jeu de la direction de La République en Marche. En effet, la suppléante de Stéphane Vojetta, Nathalie Coggia, est aussi membre du Bureau du parti présidentiel, lui apportant de fait le soutien militant et opérationnel des sections locales au détriment de Manuel Valls pourtant investi par le même parti. Aujourd’hui, LREM rebaptisé Renaissance ! appelle à voter pour Stéphane Vojetta.
Le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord lundi 13 juin pour prolonger d’un an, jusqu’en juin 2023, le règlement sur le certificat Covid numérique de l’UE destiné aux voyages au sein de l’Union. Cependant cette décision n’implique pas que ce document soit de nouveau obligatoire. On vous explique tout.
Le Certificat Covid
Le règlement mettant en place ce certificat sanitaire commun, attestant d’une vaccination contre la Covid-19, d’un test négatif ou d’une infection dans les six derniers mois, est entré en vigueur le 1er juillet 2021 et devait expirer le 30 juin 2022. La Commission européenne a proposé en février de le prolonger d’un an.
« La situation épidémiologique peut changer rapidement, et le certificat Covid numérique de l’UE a été un instrument clé pour nous aider à traverser des situations fluctuantes »
Le commissaire européen en charge du dossier, Didier Reynders.
Pour rappel, les certificats Covid sont un accord européen et contiennent un code QR unique, valable et lisible dans tous les États membres de l’UE. De cette manière, les citoyens européens peuvent facilement voyager au sein de l’Union Européenne.
Voici les durées de validité des éléments composant le certificat européen :
Un certificat de vaccination de base (1/1 pour Johnson&Johnson, 2/2 pour Moderna, Pfizer, AstraZeneca et Novavax) est valable 14 jours après la vaccination et pendant 270 jours (9 mois), à compter du jour de l’injection. Après la dose de rappel (2/1 après une vaccination de base avec Johnson&Johnson, 3/3 après une vaccination de base avec Moderna, Pfizer ou AstraZeneca), le certificat est valable indéfiniment.
Un certificat de rétablissement est valable à partir du 12ème jour après votre test positif et expire après 180 jours à compter du jour de test.
Un certificat de test est valable soit pendant 72 heures (dans le cas d’un test PCR), soit 24 heures (dans le cas d’un test antigénique rapide), à compter du moment où le test a été effectué.
Dans le cas d’une arrivée, en France, si le passe sanitaire n’a plus cours en France (hormis pour les visites en maisons de retraire ou à l’hôpital), le certificat Covid européen est lui toujours demandé. En effet, depuis le 12 février 2022, les règles suivantes s’appliquent aux frontières :
Pour les voyageurs vaccinés au sens de la réglementation européenne, plus aucun test ne sera exigé au départ. La preuve d’un schéma vaccinal complet redevient suffisante pour arriver en France, quel que soit le pays de provenance, comme c’était le cas avant la diffusion du variant Omicron.
Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure, mais les mesures à l’arrivée (test, isolement) sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste « verte », caractérisée par une circulation modérée du virus.
Carte des pays « orange » disponibles sur le site du Ministère de l’intérieur au 16 juin 2022
En plus, pour les voyageurs non vaccinés qui viennent d’un pays classé « orange », ils devront continuer de présenter un motif impérieux justifiant la nécessité de leur venue en France métropolitaine et pourront toujours être soumis à un test aléatoire à leur arrivée. Les voyageurs qui seraient testés positifs devront s’isoler, conformément aux recommandations de l’Assurance maladie. Cette règle s’applique même aux citoyens français.
Cet été, il ne faudra pas compter sur un assouplissement des règles à l’entrée du territoire alors que la France fait face à un rebond de la pandémie faisant craindre une septième vague. Par contre, fin 2022, la Commission européenne devra publier un rapport sur le certificat Covid, qui pourra être accompagné d’une proposition pour écourter la période d’application du règlement, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.
Mick Jagger aura 79 ans quand il terminera, en chantant «Satisfaction », au mois de juillet 2022, la tournée européenne des soixante ans des Rolling Stones. De nombreux groupes nés au début des années 1960 et au début des années 1970 arrivent au terme de leur existence. Ces derniers ont été à l’origine de l’essor de l’industrie musicale des années 1960 jusqu’à maintenant. Cette industrie a généré des revenus sans précédent dans le monde des loisirs. Les artistes, les tourneurs et les maisons de production ont bénéficié de flux de recettes élevés durant une cinquantaine d’années. La valorisation d’Universal Music atteint ainsi 40 milliards d’euros, soit cinq fois plus que la valeur du groupe Renault. La capitalisation de Live Nation qui organise des spectacles dans un grand nombre de pays s’élève à 8 milliards d’euros. Les grands concerts rassemblant des dizaines de milliers de spectateurs ont permis de surmonter la crise du disque.
Les recettes d’une tournée des Stones peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. En 2021, malgré la crise sanitaire, avec une dizaine de concerts, ils ont réussi à générer un chiffre d’affaires de 115 millions de dollars, les plaçant en tête des groupes les plus rentables sur scène. Même si Mick Jagger défie le temps, la probabilité pour l’organisation de nouvelles tournées diminue d’année en année.
Les majors de l’industrie multiplient les innovations et investissent de nouveaux créneaux pour conforter leurs marges.
Le pari technologique de l’industrie musicale
Depuis un demi-siècle, la musique rock ou pop a surfé sur les grandes innovations du secteur de la communication et de l’information. Dès le départ, le rock et le cinéma, puis la télévision ont été intimement liés. Les Beatles et les Stones se sont mis en scène dans des films. Ils ont fait appel à de grands réalisateurs. De nombreuses chansons des Stones ont été utilisées dans des bandes son de films dont ceux de Martin Scorsese. Les films ont même servi à la promotion d’album ou de vedettes.
Le succès des CD dans les années 1980 s’est accompagné de celui des vidéoclips dont a profité notamment la chaîne MTV. Le clip « Thriller » de Mickael Jackson de 1983 réalisé par John Landis ayant été l’un des plus connus. Le succès de YouTube a initialement reposé sur la possibilité de visionner les clips de ses artistes favoris, sans limite et sans frais, et a contribué à la popularisation d’Internet.
Des billets pour des évènements en ligne
À compter des années 1990, le monde de l’édition musicale a été victime des téléchargements illégaux. Aujourd’hui, les artistes musicaux s’adaptent en investissant les plateformes comme TikTok et les jeux vidéo. Le virtuel gagne de plus en plus de terrain. Avec les confinements, les artistes ont vendu des billets pour des évènements en ligne. Cette pratique se poursuit malgré le repli de l’épidémie.
Les plateformes de jeux en ligne expérimentent des expériences hybrides musique-jeu. En mars de cette année, le groupe sud-coréen BTS, a diffusé un concert payant devant 2,4 millions de téléspectateurs en ligne et dans les cinémas. D’ici 2028, selon le cabinet d’études « Midia », les concerts diffusés en direct généreront entre 4 et 5 milliards de dollars par an, soit plus que durant la pandémie. L’année dernière, Live Nation qui est la plus grande société de divertissement, a acquis Veeps, une startup de diffusion en direct. Spotify et Deezer, des services de musique par abonnement, ont tous deux conclu des accords avec Driift qui intervient dans ce même secteur des concerts en ligne.
Musique et jeux video
Si dans le passé, des retransmissions dans des cinémas ou à la télévision de concerts avaient été organisées pour des grands groupes comme les Stones, elles sont désormais possibles par Internet et pour des groupes de moindre audience. Lors de la tournée du groupe britannique « Little Mix », la plateforme Driift a diffusé le spectacle final. Cette diffusion a été vendue à près de 60 000 personnes dans 143 pays et 29 000 autres ont payé pour regarder le flux dans les cinémas. Les ventes totales de billets en streaming ont rapporté 1,5 million d’euros. La production et la transmission de vidéos coûte de moins en moins cher, autour de 300 000 euros.
Les groupes investissent également de plus en plus l’univers du jeu vidéo. Le site de jeux en ligne Fortnite organise ainsi des concerts. La musique sert de support aux jeux et les musiciens deviennent des acteurs de ces jeux. Roblox, une autre plateforme de jeux, a organisé un concert sur le thème du Far West dans lequel l’artiste Lil Nas X est apparu comme un cow-boy aux nombreux pouvoirs. Minecraft, un jeu en ligne de construction mondiale, a organisé des festivals de musique.
Concerts posthumes
«Rock never die » ou quand le virtuel travaille pour l’immortalité des groupes : le virtuel permet de faire revivre des stars décédés. Whitney Houston, disparue en 2012, s’est produite ou plutôt reproduite durant six soirs dans un hôtel de Las Vegas, de manière holographique. Buddy Holly, Roy Orbison, Maria Callas et Tupac Shakur ont été à l’affiche de concerts posthumes similaires.
Pour faire perdurer la magie des grands concerts et exploiter au mieux le filon de la nostalgie dans les vieux groupes, la haute technologie est appelée à l’aide. Le groupe Abba a été ainsi reconstitué par hologramme, le 26 mai à Londres. Les images des membres du groupe en trois dimensions ont été générées par ordinateur, capturées tels qu’ils étaient en 1979, et leurs voix sont un mélange d’enregistrements qui datent de près de cinquante ans. Le coût du spectacle a été évalué à 175 millions de dollars dont un tiers a été affecté à la réalisation de la salle de concert de haute technologie de Londres. Plus de 300 000 billets ont été vendus. Ce concert virtuel pourra à terme être reproduit dans de nombreuses villes.
Des copies aussi bonnes que les originaux
Le rock se classicise. Les auteurs originaux laissent la place à des interprètes. Les groupes de reprises, appelés « coverbands » ou « tribute » se multiplient avec ou sans l’assentiment des groupes originels. Autrefois raillés par la critique, ils font l’objet d’un intérêt et du soutien croissant des majors. The Australian Pink Floyd Show qui joue sans surprise du Pink Floyd remplit des grandes salles. AC/DC, Led Zeppelin ou les Stones ont leurs groupes « tribute ». Les vieux tubes de rock ou de pop deviennent des classiques et sont repris par de multiples formations.
La gestion patrimoniale des portefeuilles musicaux
Avec la cessation d’activité, des stars des décennies passées, l’industrie musicale, à défaut de pouvoir en générer de nouvelles capables de transcender les générations et les classes sociales, exploitent autant que possible les actifs des anciennes. Les majors rachètent ainsi les droits des anciens groupes ou stars pour pouvoir récupérer les droits. Bruce Springsteen a ainsi vendu l’intégralité de son catalogue de chansons à Sony pour un montant estimé à 500 millions de dollars. Les catalogues de David Bowie, Bob Dylan, Paul Simon ou encore Neil Young ont été également cédés parfois pour plusieurs centaines de millions de dollars. Certains artistes comme David Bowie avait, de son vivant, titrisé ses chansons afin de récupérer immédiatement du capital. Le rachat des catalogues par les majors obéit au même objectif. La décision de porter la durée des droits des auteurs de 50 à 70 ans renchérit la valeur de ces catalogues que les auteurs essaient de monnayer au plus vite.
La musique a perdu son rôle de marqueur social et culturel
L’industrie musicale est amenée à gérer la fin de la vague née avec les babyboomers. En une cinquantaine d’années, la musique rock-pop qui puise ses origines dans le blues noir américain s’est imposée dans la quasi-totalité des pays. Si au début des années 1960, cette musique était clivante, en étant le porte-drapeau d’une jeunesse éprise de liberté face au monde adulte jugé conservateur, elle a été adoptée par les générations suivantes. Les concerts des Stones attirent une foule âgée de 7 à 77 ans voire 80 ans…. Avec l’affirmation du rap, de la techno, de la soul, le monde de la musique se fragmente à nouveau.
Par ailleurs, la musique, à l’exception du rap, a perdu son rôle de marqueur social et culturel. Les jeunes se définissent moins que dans le passé par rapport aux groupes et aux stars qu’ils écoutent. La musique, omniprésente grâce au streaming ou smartphone, fait partie du quotidien. Elle ne bénéficie plus du même relais que dans les années 1960/1980 par les médias classiques (radio, télévision, presse écrite). Aujourd’hui, chacun compose sa playlist à sa convenance en passant par Deezer, Spotify ou YouTube. Comme au cinéma, l’arrivée de nouvelles stars sur le devant de la scène est plus difficile, Internet permettant un zapping permanent. Pour être en haut de l’affiche, dans un système où l’offre est abondante, la surenchère est de mise. Les rappeurs n’hésitent pas à multiplier les provocations pour se faire reconnaître. Ce phénomène n’est pas totalement nouveau, les Stones ne se sont-ils pas construits, en 1962, il y a soixante ans, une image de « mauvais garçons » pour se différencier des Beatles ?
« Pour une poignée de faux dollars », le récit d’un routard français qui a passé des mois en prison au Népal pour une broutille.
Rien ne prédestinait Renaud Meyssonnier à devenir un routard avide de voyages pas chers. Ce jeune homme de 34 ans a passé son enfance dans la petite localité de Craponne-sur-Arzon en Haute-Loire, entre les forêts de Mélèzes et les volcans éteints. L’historien de formation a étudié à Saint- Etienne et réside désormais à Monistror-sur-Loire. Ce garçon du massif central est issu d’une famille modeste qui a les pieds solidement arrimés dans le terroir. Depuis ses 20 ans, Renaud a pourtant dédié une partie de sa vie aux voyages au long cours et aligne des milliers de kilomètres dans une philosophie de la débrouille et de l’ouverture aux autres qui l’a conduit aux 4 coins du monde. Mais ce globe-trotter heureux s’est retrouvé confronté à une expérience incroyable et traumatisante en 2015. Après six mois de voyage, il est en effet arrêté en Asie, à la frontière du Népal, pour la possession de quelques coupures de faux billets qu’il s’est fait refiler à son insu. Commence alors une descente aux enfers, une incarcération qui va lui coûter plusieurs mois de sa vie enfermé dans des prisons sordides parmi des prisonniers parfois violents.
Renaud tire de cette privation de liberté et de l’immersion dans les geôles népalaises un récit étonnant qu’il a décidé de partager avec les lecteurs. Entre catharsis, expérience spirituelle et confession en forme de mea culpa sur ses erreurs de jugement, Renaud Meyssonnier nous livre en creux le portrait d’un honnête homme voyageur, d’un individu tolérant et modeste qui a fait du voyage sa raison d’être.
Ecrit d’une belle plume sur un rythme haletant, « Pour une poignée de faux dollars » vaut pour sa parfaite sincérité, son style direct, son sens du récit. Vous le dévorerez comme je l’ai dévoré.Vous pouvez participer à la cagnotte qui permettra au livre d’être édité. Il vous parviendra contre la somme de 20 euros.
Lesfrancais.press : Renaud, comment vous est venue cette passion du voyage ?
Je ne suis pas d’une famille de voyageurs. Mais j’ai appris à lire avec Tintin. J’avais une curiosité pour la géographie. Un atlas que mes parents m’avaient offert me suivait partout en vacances. J’ai une attirance pour l’ailleurs même si je ne suis pas d’un milieu où c’est vraiment valorisé.
Lesfrancais.press : Vous venez du massif central, est-ce que votre milieu d’origine a pesé sur vos choix ?
Mon père est issue d’une famille de paysans de la Haute-Loire, c’est une famille de sédentaires heureux. Ma mère est originaire de région parisienne et est venue s’installer en Haute-Loire mais elle est issue également d’un milieu ouvrier où on voyage très peu. Mais il y a cependant des voyageurs dans le massif central. Et j’ai pu en devenir un.
Lesfrancais.press : A l’origine, vous découvrez l’auto-stop pour aller à la fac ?
Il y a peu de bus qui font Monistrol – Saint Etienne, et je me mets au stop par défaut. Je ne voulais pas arriver en retard en cours et je me suis rendu compte que j’arrivais avant le bus en choisissant de faire de l’auto-stop. Cela marche en réalité très bien dans la région de Saint-Etienne. Je découvre alors l’aspect magique du déplacement gratuit. J’imagine voyager comme cela. Et c’est ainsi que je vais faire un premier voyage à l’étranger en parcourant la Norvège à l’été 2008.
Lesfrancais.press : L’expérience que vous allez vivre au Népal, l’arrestation puis l’incarcération, agissent pour changer votre regard sur le voyage et vous-même. Comment ressentez-vous les choses rétrospectivement ?
J’étais un peu trop optimiste, un peu trop confiant en moi-même. J’ai sous-estimé les difficultés lors du grand voyage que j’ai voulu réaliser à partir de mai 2015. J’avais au départ une forme de timidité puis de la confiance excessive notamment parce que j’avais pu aller jusqu’à Moscou en stop puis traverser la Russie en train sans encombre. Quand je suis arrêté par la police au Népal, j’étais très optimiste. Trop optimiste. Manquant d’humilité devant les policiers. Avant le Népal je n’avais pas conscience que dans un pays étranger on n’appartient plus vraiment à la France mais au pays dans lequel on se trouve. Il ne faut pas trop la ramener. On est à la merci de la justice et de la police locales. Et il y a des limites à ne pas dépasser.
Lesfrancais.press : Pouvez-vous nous raconter justement votre arrestation au Népal ?
Je trouve des faux dollars boudhistes au Vietnam en octobre 2015. Ce sont des offrandes. Je les ramasse par curiosité, en souvenir. Quand je suis ensuite en Thaïlande j’échange auprès d’un vendeur clandestin mes euros contre des dollars. Ce sont en réalité des faux billets, je me fais avoir. C’est là où l’optimisme me trahit. J’aurais pu regarder de près ces faux billets qui étaient dans ma poche. Je n’y touche pas. Je les oublie. En arrivant à la frontière népalaise je dois régler un visa en dollars. Et c’est alors à la douane du Népal que je me rends seulement compte que ces billets sont des faux. De là une fouille et des ennuis car tous les billets que je transporte sont vus comme des contrefaçons, ce qui est un délit.
Lesfrancais.press : Comment vont se passer l’expérience de la cellule pendant la longue garde à vue puis celle de la prison ?
Je passe trois semaines en cellule pour la garde à vue. Au départ on ne me dit rien. Au moment de l’arrestation je ne sais même pas que je vais faire de la prison. Chaque lieu de détention a ses règles particulières. Cette garde à vue est très stressante. Je suis là pour une durée indéterminée. Je savais que j’allais passer devant le juge et c’était très oppressant. Les conditions de confort dans la cellule étaient plus que spartiates. Dans la cellule surpeuplée on ne pouvait pas s’allonger tous pour dormir. On dormait sur le plancher. Il y avait aussi de la violence entre détenus. Je suis témoin de cette violence. Je n’en subis pas directement mais c’est peu agréable d’être dans un tel environnement manquant de sécurité. Je suis jugé ensuite et je prends un an de prison. C’est un moment très difficile. Dans la prison, il y a certes une amélioration des conditions de détention. Pas de violence entre détenus. Mais cela reste sale et bruyant. Je dois m’adapter à ces conditions de vie nouvelle, j’apprends aussi de bonnes choses. L’échange avec les autres. Les règles des lieux. Les apprentissages de la vie dans un espace réduit. Je reste 8 longs mois en prison.
Lesfrancais.press : Quels sont les conseils que vous donneriez aux jeunes voyageurs pour éviter pareille mésaventure ?
Ne pas être en terrain conquis. Il faut s’intéresser à la culture locale. Il faut respecter les coutumes du pays. Les gens et la police y sont sensibles. Si on est arrêté, une erreur à ne pas faire est de ne pas prendre tout de suite un avocat directement. Plus on attend plus cela s’envenime. Au Népal, la police et la justice étant corrompues il y avait des espoirs de pots de vin. Je n’ai pourtant pas payé. Dans pas mal de pays les pots de vins sont coutumiers. C’est malheureux mais c’est ainsi.
Lesfrancais.press : Quel regard vous portez sur l’assistance consulaire de l’Ambassade de France ?
La police n’est pas censée contacter l’Ambassade systématiquement. J’aurais pu être poursuivi en France pour ce que j’avais fait au Népal. Si c’est quelque chose de plus grave et que l’Ambassade et le ministère des Affaires étrangères sont mis au courant, il peut y avoir un jugement ensuite en France et un éventuel emprisonnement. J’espérais de mon côté une aide de l’Ambassade mais le devoir d’assistance a été réduit au minimum syndical. Je n’étais pas dans la capitale mais à trois cents kilomètres. Cela explique sans doute l’assistance réduite. Quand j’ai été condamné à un an de prison, mes parents se sont mobilisés et ont pu créer une association pour entrainer les politiques. Le ministère des Affaires étrangères a ensuite mis la pression nécessaire pour me faire libérer par anticipation. J’ai bénéficié d’une grâce pour les quatre derniers mois de réclusion.
Lesfrancais.press : Aujourd’hui vous en êtes où ? Prêt à repartir ?
Le plus important c’est d’être vivant, libre et en bonne santé. J’ai désormais une soif de liberté énorme. Après avoir été libéré j’ai fait un tour du monde de trois ans. J’apprécie davantage les choses simples, et la liberté est désormais pour moi une chance. Je suis rentré en France pendant la COVID. J’avais prévu de voyager encore plus mais j’ai dû écourter mon tour du monde. Je veux repartir désormais. Je veux faire un visa de travail en Australie pour aller bosser là-bas. La règlementation impose que cela soit fait avant mes 35 ans. J’en ai 34. J’espère reprendre la route très vite.
Dans un vote en commission mardi (14 juin), les eurodéputés Verts et de la gauche ont voté contre la proposition d’inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie verte européenne. La droite et le centre appellent pour leur part à la mobilisation en vue du vote final le 6 juillet prochain au Parlement européen.
Par 76 voix contre 62, les membres des commissions de l’environnement (ENVI) et des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont adopté une résolution contre l’acte délégué complémentaire (ADC) de la Commission européenne introduisant des activités spécifiques liées au nucléaire et au gaz dans la taxonomie verte.
Un signal fort avant le vote final et décisif du texte en plénière au Parlement européen le 6 juillet prochain.
Les députés reconnaissent le rôle du nucléaire et du gaz pour garantir un approvisionnement énergétique transitoire stable. En revanche, ces derniers considèrent que « les normes d’examen technique proposées par la Commission […] ne respectent pas les critères d’activités économiques durables sur le plan environnemental (article 3 du règlement) », annonce le Parlement européen dans son communiqué de presse.
Les eurodéputés français en ordre de bataille
Côté français, les eurodéputés ont voté en ordre de bataille. Les centristes de Renew, les députés du Parti populaire européen (PPE) et du groupe Identité et Démocratie (ID) ont voté pour la proposition d’acte délégué, tandis que les Verts, les sociaux-démocrates (S&D) et les députés de la gauche (GUE) ont massivement voté contre. In fine, ces derniers l’ont largement emporté.
Sur Twitter, le chef de file de la délégation française des Verts, Yannick Jadot, salue ainsi « une victoire pour le climat », ajoutant que les énergies renouvelables (EnR) sont les « seules énergies d’avenir ».
Dans le même sens, la vice-présidente du groupe des Verts et membre suppléante de la commission ENVI, Marie Toussaint, rappelle que l’Europe a « besoin d’investissements dans l’expansion massive des énergies renouvelables, pas dans la perpétuation d’un système énergétique dangereux et climaticide ».
Contactée par EURACTIV en amont du vote, l’eurodéputée déclarait déjà qu’estampiller vert les investissements dans le gaz et le nucléaire était « dès le départ une aberration ». La guerre en Ukraine n’ayant fait que « renforcer » ce sentiment.
La non-intégration du gaz dans la taxonomie verte répond en effet en partie aux craintes de l’UE par rapport à sa dépendance au gaz russe.
Interrogé par EURACTIV au sujet de l’opportunité de crise que provoquait le conflit en Ukraine, Neil Makaroff, responsable Europe pour l’association Réseau Action Climat-France, répond que la guerre a permis de « révéler les vulnérabilités de l’Europe ». Il ajoute, en ce sens, que « la transition est le meilleur allié pour la souveraineté européenne ».
Chez les eurodéputés GUE incluant les Insoumis français, ce vote est également l’occasion d’assener un message fort contre les lobbies industriels et les politiques nationales. Sur Twitter, la coprésidente du groupe de la GUE, Manon Aubry, s’est réjouie d’une « nouvelle défaite pour Macron qui était responsable de ce deal anti-écologique scandaleux ».
Même son de cloche pour l’eurodéputée S&D et membre de la commission ECON, Aurore Lalucq : « Renaissance (LREM) voulait mettre le gaz et le nucléaire dans la taxonomie. […] Mais c’est perdu pour eux! ». Sur Twitter, elle fustige une « écologie ‘ni de droite, ni de gauche’, qui est une droite sans écologie ».
La droite et le centre vent debout
À l’inverse, les centristes donnent « rendez-vous en juillet pour faire tomber cette objection » si l’on en croit le tweet de l’eurodéputé Renew, Christophe Gudler.
Dans le même ordre d’idée, l’eurodéputée d’extrême droite (ID) et membre de la commission ENVI, Aurélia Beigneux, a appelé à rester « vigilants », afin que l’acte délégué soit voté en séance plénière.
Dans un communiqué, les eurodéputés Les Républicains au sein du groupe PPE, Agnès Evren et Nathalie Colin-Oesterlé, ont également soutenu la proposition d’acte délégué « afin d’encourager les investissements privés dans la croissance durable ». Selon Agnès Evren, il était « essentiel que le nucléaire soit vu comme ce qu’il est : une énergie indispensable pour atteindre nos objectifs climatiques ! » a-t-elle déclaré sur Twitter.
Indispensable également pour la France, puisque le nucléaire représente 50% de son mix électrique. Ainsi, la non-intégration du nucléaire dans la taxonomie verte interroge sur les capacités du pays à maintenir sa sécurité énergétique. Et ce, dans la mesure où le capital d’EDF, qui gère et développe le parc, est détenu à 16% par des actionnaires privés.
Le vote en ligne du second tour des élections législatives des Français établis hors de France s’est achevé ce mercredi 15 juin à 12h (heure de Paris). La participation a modestement progressé de 2 points pour s’établir à 23,56 % des inscrits ayant transmis leurs coordonnées pour le vote par internet contre 21,62 % lors du premier tour qui a eu lieu du 27 mai au 01 juin 2022. On revient en détails sur les conditions de vote des Français de l’étranger.
La technique au point
Tout d’abord, il est important de saluer les efforts faits par l’administration consulaire et le prestataire en charge des opérations, Docapost, une filiale du groupe La Poste, pour ce second tour. Rappelons que le premier tour fut marqué par des bugs à répétitions : erreur dans l’envoi des identifiants suite à la transmission d’une mauvaise liste d’inscrits par l’administration, problèmes d’acheminement des codes de validation du mail pour ceux détenant une adresse Yahoo ou Aol, etc.
Mais cette fois, les techniciens comme les fonctionnaires ont mis les bouchées doubles… Et ce fut une agréable surprise. Les identifiants sont bien arrivés, les SMS aussi (même si il y eu tout de même quelques cafouillages sur certains territoires comme en Israël ou au Vietnam), et les mails de validation étaient bien dans les boites mails. Des écueils qui, pensait-on, avaient minoré la participation.
Mobilisation minimum
Au cours des 48h premières heures, élus, responsables et médias y ont cru. En fin de week-end, certaines circonscriptions affichaient une progression de 50% à 100% de votants. Mais au fil de cette semaine qui commençait, il a fallu se rendre à l’évidence. Le nombre important de votes était simplement dû à une facilité d’accès au dispositif en ligne qui a permis à chacun de voter immédiatement et rapidement. Mais peu de nouveaux participants, lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 juin furent des jours très calmes.
Résultat affiché au bureau centralisateur à Paris ce mercredi 15 juin 2022
En effet, malgré les enjeux nationaux et les nombreuses possibilités de basculement de circonscriptions, les Français de l’étranger restent éloignés de ces élections. On pourrait dire comme les Français en France, mais avec une participation de 18,93%, sur l’ensemble des électeurs, en ligne ou à l’urne, les expatriés sont encore loin des mauvais scores constatés dans l’hexagone (39,42% en moyenne). On note tout de même que c’est le meilleur score de participation depuis la création des députés des Français établis hors de France en 2012. A chaque scrutin, la participation progresse.
Il reste donc les urnes samedi aux Amériques et aux Caraïbes, dimanche dans le reste du monde, pour faire remonter la participation. Alors que les projets pour notre Nation ont rarement été si opposés et que les propositions pour les expatriés sont nombreuses, les Français établis hors de France doivent faire entendre leur voix.
Le décret publié le 13 mars 2022 au Journal officiel s’applique depuis ce 13 juin 2022. Ce texte met en place une simplification du recours à la Banque de France pour les personnes dépourvues de compte de dépôt en France et qui ont vu leur demande rejetée par les banques commerciales. L’objectif est de modifier les délais de la procédure de droit au compte et d’améliorer son suivi.
Pourquoi les banques rejettent les non-résidents ?
Tout d’abord, les banques de manière générale privilégieront toujours un client principalement centré sur la France et à défaut l’Europe et l’Amérique. Beaucoup interviennent au-delà, cependant cela peut s’avérer plus compliqué et cela pourra être dans certains cas le motif d’un refus. Il y a même de grosses restrictions sur certains pays comme l’Irak, l’Afghanistan, la Corée du nord, le Panama, etc.
La continuité juridique ainsi que la difficulté à vérifier les informations sont les deux justifications que nous a données la responsable communication de la Fédération bancaire française.
Le compte non-résident
Si la banque ne refuse par le non-résident, c’est souvent pour lui proposer un compte aux capacités réduites. Intitulée, le plus souvent, tout simplement, compte bancaire de non-résident, cette offre propose un compte bancaire duquel vous pouvez émettre ou recevoir des virements (SEPA, pour les SWIFT les coûts sont importants et toutes les banques ne proposent pas ce service). Ce compte sera accompagné bien sur d’un accès en ligne et d’une carte bancaire. Alors qu’en France, les cartes à consultation systématique du solde ne sont pas la règle, ce type de carte Visa ou Mastercard vous sera imposé à un cout élevé (environ 13€ par mois). Il ne vous sera pas possible de contracter des crédits à la consommation ou de mettre en place une facilité bancaire. Mais vous pourrez gérer vos dépenses obligatoires en France comme celles du quotidien.
Ce type de compte peut dépanner pour des voyages récréatifs en France mais il est difficile de l’envisager comme compte principal. Pour en obtenir un, il faut mieux privilégier les néo-banques qui sont plus enclines à accepter les non-résidents que les banques dites classiques.
Que faire si aucune banque ne vous accepte ?
Si aucune banque commerciale ne vous accepte, vous pouvez donc activer le nouveau dispositif de la Banque de France instauré par le décret du 13 mars 2022.
Désormais sans réponse de la banque contactée, dans les 15 jours suivant leur demande, une personne dépourvue de compte peut ainsi saisir la Banque de France, en fournissant la preuve de la démarche entreprise (accusé de réception de la lettre recommandée adressée à l’établissement bancaire, récépissé de dépôt en main propre de la demande).
Dans le délai d’un jour ouvré suivant sa saisie, la Banque de France désigne un établissement bancaire proche du domicile du demandeur ou du lieu de son choix. Dans les trois jours suivant sa désignation, cet établissement doit indiquer au client les documents nécessaires à l’ouverture du compte.
C’est donc une solution simple et efficace qui a été mise en place par le précédent gouvernement. En cas de nécessité, vous devez prendre attache avec la Banque de France via ce bouton.
Dans le Larousse la définition de touche-à-tout est : qui s’occupe de tout, aborde tous les domaines, mais superficiellement, et un bonimenteur est une personne qui raconte des boniments, des propos habiles et trompeurs.
Ces définitions caractérisent très bien les balourdises qui émanent de la France Insoumise à propos de la fiscalité des non-résidents. Et que leurs partenaires – d’un instant – réunis dans la formation politique hétéroclite Nupes, seront bien obligés d’avaler comme tant d’autres couleuvres.
Quelles idées tente de nous vendre la France Insoumise et ipso facto ses « alliés » de la Nupes ?
L’impôt de nationalité et progressif
1 – Un impôt de nationalité :
« Les personnes avec des revenus en France supérieurs à 200 000 euros annuels, auront à payer la différence entre ce qu’ils paient à l’étranger et ce qu’ils auraient à payer en France s’ils y résidaient. »
2 – Un impôt progressif :
« Véritablement progressif avec un barème à 14 tranches, »
Ces idées sont viscéralement ancrées dans les cerveaux de la France Insoumise. Les partenaires de la Nupes, même les plus rebelles, auront beaucoup de mal à faire changer d’avis les ayatollahs intégristes de la France Insoumise.
Pour des non-avertis ces deux idées sont très vendeuses électoralement parlant. Mais en grattant un peu on découvre qu’elles sont du niveau du discours d’un camelot de foire capable de vendre des radiateurs électriques à un Inuit pour son igloo.
Un impôt de nationalité se doit d’être non discriminatoire et compatible avec notre droit et la Constitution française. Beaucoup de pays ont essayé de le mettre en place, mais seuls les USA sont arrivés à peu près à le faire.
Ce, au prix d’une administration pléthorique, le Internal Revenue Service, et d’une complexité administrative aberrante pour les contribuables. Beaucoup de citoyens US sont obligés de faire appel à des fiscalistes pour remplir la multitude d’imprimés de l’IRS alors que pour la majorité des cas, la 2042 française simplifiée suffirait.
De plus, nos touche-à-tout veulent dénoncer les conventions fiscales bilatérales. Ben voyons ! Le petit hic c’est qu’une convention fiscale est un contrat entre deux pays et que pour le rompre il faut l’accord des deux signataires. Et il faut penser qu’une dénonciation abrupte entraînera des contentieux assez gratinés.
En imaginant que nos pieds nickelés, auto-proclamés fiscalistes, s’attaquent aux négociations, ils vont devoir palabrer avec 121 pays.
En étant optimistes il faudra au moins 6 mois de palabres pour chaque convention. Même en travaillant simultanément sur plusieurs conventions, la tâche est immense. C’est au bas mot dix à quinze ans de boulot avec une grosse incertitude que le résultat final soit conforme au délire préalable.
Chers bonimenteurs, une mandature ne dure que cinq ans, et vu le côté chamboule-tout du reste de votre programme, une seconde mandature en 2027 me semble d’un optimisme irréfléchi.
Sans oublier que la dissolution ne concerne pas que les comprimés d’Alka Seltzer.
Des règles incontournables ?
Les règles actuelles d’imposition des non-résidents s’appuient sur deux piliers incontournables :
La règle du taux minimum sur les revenus de source française qui permet d’imposer les investisseurs étrangers avec simplicité et qui donne un excellent rendement pour les caisses du Trésor Public.
La règle de la retenue à la source avec son caractère libératoire sur les pensions et salaires de source française. Elle permet au fisc de récupérer à la source ce que beaucoup de non-résidents Français et surtout étrangers ne déclarent pas.
Il faut que ces bricoleurs fiscalistes nous expliquent comment ils vont concilier leurs idées avec ces deux piliers incontournables.
Techniquement comment ça va marcher ? Avant de délirer, ont-ils pris langue avec la Direction des Impôts des Non-Résidents de Noisy-le-Grand ? J’ai l’impression que non. Comme c’est dommage.
Nous avons vécu en fin 2018 l’épisode des amendements mal ficelés de Madame Genetet. Qui sont passés sans problème dans la loi de finance 2019 avec le soutien de ses collègues LREM. Aucun d’eux n’avait sorti une calculette pour mesurer l’implication de l’abandon de la tranche libératoire.
Des milliers de petits contribuables devenaient imposables avec des revenus de misère, d’autres voyaient des augmentations d’impôts avec des pourcentages hallucinants. Et le pire était que les gros contribuables voyaient leur impôt baisser en taux minimum.
Cet épisode était concomitant avec une baisse des impôts, pour les petits revenus, annoncée par Monsieur Macron. Politiquement une catastrophe ! Que pourtant Messieurs Lescure et Petit ont quand même continué à soutenir avec force mensonges.
Mais grâce à la clairvoyance de Gérald Darmanin, alors ministre des comptes publics, et de son staff, alimentés par nos rapports, cette loi de finances 2019 a été annulée dans la loi de finances 2021.
Il est strictement impossible aux hiérarques de la France Insoumise, mais soumise aux idées préconçues, de démontrer que leur projet de fiscalité pour non-résidents rapportera plus de recettes dans la caisse du Trésor Public. Alors à quoi bon toucher à tout ?
Jean Calvignac
Une fois ça suffit, et les bonimenteurs de la France Insoumise devraient prendre en considération ce que me disait ma grand-mère : mon garçon avant de dire une bêtise tourne sept fois ta langue dans la bouche.
Bernard Ribet et Jean Calvignac, Président de l’association
Eurosatory, c’est le rendez-vous des industries de défense du monde entier. 1800 sociétés, dont 650 sociétés françaises, près de 60 000 visiteurs. Pendant une petite semaine, du 13 au 17 juin, dirigeants et militaires du monde entier regardent les derniers modèles vantés par les industriels : blindés, drones, chars, hélicoptères, missiles, tout ce que la guerre d’Ukraine utilise et que les prochaines guerres utiliseront. L’occasion pour le Président de la République d’annoncer une augmentation du budget de la Défense.
Sébastien Lecornu annonce que la France va renforcer ses capacités militaires en Asie-Pacifique
A Singapour, trois jours auparavant, le nouveau ministre de la défense, Sébastien Lecornu, a annoncé que la France allait renforcer ses capacités militaires en Asie-Pacifique. Six nouveaux patrouilleurs d’ici 2025 (deux de plus) et cinq nouveaux avions de reconnaissance Falcon, fleuron de Dassault Aviation. De quoi montrer dans la région le matériel militaire français, et de rappeler aux Européens qu’ils ne peuvent être absents d’une zone qui couvre le tiers du monde, et leur routes d’approvisionnement commercial. Le moment, aussi, de rappeler l’ambition française une fois réglé le contentieux avec l’Australie, qui a payé 550 millions d’euros à Naval Group pour sa défection dans l’affaire des sous-marins.
Le monde réarme. Cette année, avec le retour de la guerre en Europe, le salon, qui ne s’était pas tenu depuis deux ans en raison de la Covid, prenait un tour plus réel, plus tragique. Avant, on regardait des jouets dont on pensait qu’ils devaient exister pour ne pas être utilisés. Aujourd’hui, on y voit les dégâts à venir. Il n’y a plus de pacifistes devant le salon, comme si chacun avait compris que le désarmement ne préservait pas la paix. Au contraire : si l’Ukraine avait été mieux armée, elle n’aurait pas été attaquée.
Dans ce nouveau contexte, pour la première fois, le Président de la République est venu inaugurer le salon pour annoncer un renforcement du budget des armées et plaider pour une préférence européenne des Européens en matière de défense : « il n’y a pas de sécurité nationale, pas d’autonomie stratégique, donc pas de paix, sans des armes terrestres et une trésorerie adaptée ».
« Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne. »
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a demandé une réévaluation de la loi de programmation militaire. Le but serait d’augmenter d’une dizaine de milliards le budget : « Nous devons dépenser beaucoup, mais nous devons penser une stratégie industrielle et d’innovation européennes, parce que c’est bon pour nos industries et nos industriels, c’est bon pour l’emploi dans nos pays, c’est bon pour avoir une capacité d’innovation duale dont notre économie a besoin, et c’est bon pour notre souveraineté stratégique. Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne. » Toute la difficulté est là. Les budgets militaires européens sont importants mais divisés. Il n’y a pas de standardisation des équipements et encore moins des commandes, sauf celles de l’Otan.
Emmanuel Macron à l’Eurosatory le 12 juin 2022
L’Europe de la défense est un combat qui n’est pas gagné d’avance
L’augmentation des budgets européens, s’ils ne permettent pas un renforcement de l’industrie européenne de défense, mettra l’Europe sous la dépendance militaire et politique des États-Unis pour des décennies. Emmanuel Macron s’est dit intraitable sur le sujet, et a vanté les initiatives franco-allemandes en matière de projet d’armement. En même temps, Rheinmetal annonçait le développement de son nouveau char « Panther », en dépit d’un engagement franco-allemand de construire ensemble le « char du futur ». L’Europe de la Défense est un combat qui n’est pas gagné d’avance.