Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Les Français d’Israël victimes d’une conjoncture économique et politique

    Les Français d’Israël victimes d’une conjoncture économique et politique

    Entre la chute de l’euro, l’inflation grandissante en Israël et la hausse de la valeur de la monnaie de l’État hébreux, les Français installés dans le pays qui touchent leur salaire en euros rencontrent, donc, de grandes difficultés financières.

    Une monnaie qui s’apprécie, l’autre qui se déprécie, le tout au milieu d’une inflation galopante, voici la situation des Français installés en Israël qui touchent leur salaire ou leur retraite depuis la France.

    Deux monnaies, deux cours différents

    Au début de l’année 2022, l’euro a entamé une chute de sa valeur face au dollar américain, mais si celle-ci était déjà significative, elle a d’autant plus été accentuée par l’invasion de la Russie en Ukraine et le début de la guerre qui s’en est suivie. Conséquemment, l’euro a atteint la parité symbolique avec le billet vert en juillet dernier, avant de devenir plus faible que lui pour la première fois depuis sa mise en circulation il y a vingt ans. 

    Mais en plus d’être symbolique, cette dépréciation a de nombreuses conséquences, tant sur les États de l’Union européenne, leurs entreprises mais aussi (et surtout dans le cadre de notre article) sur le pouvoir d’achat des détenteurs d’euros à l’étranger. Nous pensons donc aux Français installés à l’étranger qui perçoivent leur salaire ou leur retraite dans la monnaie européenne. Si pour nombre d’entre eux, cette chute de la monnaie unique a donc eu des conséquences sur leur pouvoir d’achat, cela est d’autant plus vrai pour ceux installés en Israël. 

    En Terre sainte, les courbes se croisent. Effectivement, depuis 2021 la monnaie locale, le shekel (ILS), ne cesse de se renforcer. S’il y a dix ans, 1€ équivalait à environ 5 ILS, aujourd’hui nous ne pouvons en obtenir que 3,3 ILS, sans compter les frais liés au change. Une perte donc drastique qui place nos compatriotes dans “une situation catastrophique” selon Meyer Habib, député des Français de la ViIIe circonscription, dont fait partie l’État hébreu. 

    Une inflation galopante 

    En novembre 2021, le média israëlien i24News titrait “le shekel à son plus haut niveau depuis 25 ans”, avant d’exposer dans l’article que “le renforcement du shekel par rapport au dollar américain est une catastrophe pour l’économie israélienne ». Et pour cause, depuis cette date, le shekel n’a cessé de s’affirmer, et le coût de la vie, lui, de croître. Au point où la même année, le classement annuel des villes les plus chères du monde du journal américain The Economist a placé Tel-Aviv en tête du classement, devant Paris et Singapour. 

    En effet, dans le pays, le coût de la vie est indexé sur les salaires les plus élevés, laissant les moyens et faibles revenus dans une situation délicate, ne serait-ce que pour se loger. Effectivement, selon le rapport du Bureau central des statistiques israëlien (BCS), les prix des logements ont pris 17,8% de leur valeur au taux annuel. Il faut aujourd’hui compter minimum 12 000 shekels pour vivre à Tel-Aviv, et au moins 3 000 shekels dans les petites et moyennes villes, loin de tout. Une gentrification est donc en train de s’opérer en Israël. La conséquence ? Pour beaucoup, il n’y a qu’une réponse : le départ du pays. Le député français confie s’attendre à voir “15 à 20% de la communauté française d’Israël partir d’ici les prochains mois.” 

    Les logements ne sont pas les seuls à voir leurs prix exploser. Dans les supermarchés,les prix ont flambé toute l’année, en particulier pour les produits importés, si chers aux cœurs des expatriés français. Meyer Habib donne l’exemple des yaourts qui coûtent aujourd’hui 4 ILS (soit 1,20€) le pot ! Face à cela, fin juillet certaines chaînes de magasins alimentaires ont décidé de refuser cette augmentation établie par les importateurs, et de donner davantage de place aux producteurs locaux sur leurs étals. Par conséquent, le groupe Diplomat, le plus gros importateur de produits en Israël, a lui aussi pris la décision de geler ses prix sur les produits étrangers jusqu’au Nouvel an juif en octobre prochain. 

    Tel-Aviv a été placée à la tête du classement des villes les plus chères du monde, par le journal The Economist en 2021

    Une situation qui ne pourra se débloquer qu’au niveau politique 

    Pour répondre aux enjeux économiques, il faudrait un État fort mais Israël se trouve de nouveau en pleine crise parlementaire depuis que l’ancien premier ministre, Naftali Bennett, a annoncé le 20 juin dernier la dissolution de la Knesset, le Parlement israëlien. Alors qu’il s’agit de la cinquième dissolution en trois ans et que de nouvelles élections législatives sont prévues le 1er novembre, les habitants sont davantage préoccupés par la hausse du prix de la vie. Pouvoir d’achat, inflation et coût de la vie devraient donc être au centre du débat de la campagne politique dans les mois à venir.

    Pour nos compatriotes retraités installés sur place et percevant leurs revenus en euros, ils dépendent entièrement des décisions politiques locales, comme le rappelle Meyer Habib. “Nous ne pouvons pas demander à la France d’adapter les retraites en fonction des pays dans lesquels ils vivent, ce serait bien trop compliqué à mettre en place », explique-t-il, avant d’ajouter “qu’Israël pourrait peut-être les aider en leur apportant un complément de revenus”. Cependant, les Israéliens étant en proie également à de nombreuses difficultés, la priorité ne sera pas donnée aux retraités français et autres Européens par les politiciens locaux… Pour l’heure il n’existe donc pas de solutions afin d’aider les Français israéliens, et la solution ne pourra donc venir que des politiques mises en place localement vis-à-vis du coût de la vie. 

    Un complément de revenus pourrait-il être donné par la France ?

    Comme le rappelait Olivier Becht, le nouveau ministre des Français de l’étranger, dans son allocution de juillet, la France réfléchit à étendre la protection financière dont profitent les résidents sur le territoire national. 

    Si le format n’est pas encore défini, on peut espérer que ce type de situation sera pris en compte en intégrant une notion de pouvoir d’achat à un éventuel minimum vieillesse ouvert à tous où que le Français soit installé. 

    Actuellement, les personnes en difficulté majeure peuvent faire appel à la solidarité nationale via les organismes de solidarité (OLES) ou les aides exceptionnelles distribuées par les consulats. La bonne nouvelle c’est que le budget prévu pour la Covid n’ayant pas été dépensé dans sa totalité, les fonds ont été reversés aux associations ou ont abondé les crédits des sections consulaires. 

  • Les meilleures universités en 2022

    Les meilleures universités en 2022

    Le classement des universités dit de « Shanghaï » a été publié ce lundi 15 août. Depuis 2003 cette liste des meilleurs établissements d’enseignement supérieur dans le monde fait référence. Et pour la vingtième année consécutive, Harvard obtient la première place au classement de Shanghaï tandis que les universités françaises ne sont que 4 à se placer dans le top 100. On fait le point pour les expatriés.

    Les cursus français

    Les universités françaises ne sont pas absentes mais elles ne sont que quatre à se maintenir dans le top 100, et cette année elles ont dû céder quelques places.

    Premier établissement non anglo-saxon du classement, l’université Paris-Saclay est 16e, trois rangs plus loin que l’année dernière. L’université Paris Sciences et lettres (PSL), qui regroupe plusieurs établissements dont l’École normale supérieure (ENS), a perdu deux places et est désormais 40e. La Sorbonne a reculé de huit rangs (43e) et l’Université Paris Cité (fusion de Paris-Descartes, Paris-Diderot et l’Institut de physique du globe) de cinq rangs (78e).

    Malgré ce léger décrochage, la France reste à la 3e place mondiale dans ce classement, pour la troisième année consécutive, si l’on se base sur le nombre d’établissements dans le top 20. Un classement qui « illustre le rayonnement scientifique français à l’international », s’est réjoui la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, dans un communiqué.

    Aujourd’hui, 28 établissements français – soit un peu plus d’un tiers des universités du pays – figurent dans ce classement, qui en a examiné plus de 2 500 à travers le monde pour ne garder que les 1 000 meilleurs. Quelques universités françaises ont même progressé et sont passées dans la tranche supérieure : Toulouse 3-Paul-Sabatier (tranche 201-300), Lille (301-400) ou encore Paris-Est-Créteil (801-900).

    Quelle méthodologie pour ce classement ?

    Pour gagner des places, il faut donc répondre aux critères du classement de Shanghaï, réalisé par le cabinet indépendant ShanghaïRanking Consultancy.

    Parmi ces critères, il y a donc le nombre de prix Nobel parmi les étudiants diplômés et les professeurs, le nombre de publications dans les revues Science et Nature ou encore le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline.

    Cependant Ils sont très discutés. De nombreux responsables européens considèrent qu’ils favorisent les universités anglo-saxonnes par rapport aux universités françaises, les premières étant mieux dotées financièrement pour faire de la recherche ou ayant eu de nombreux prix Nobel.

    Le salut dans les mathématiques

    Mais ShanghaïRanking a publié un autre classement le 19 juillet dernier, il évaluait les universités par discipline. Et c’est en mathématiques que la France s’illustre le plus. Trente-six de nos universités y étaient classées et c’est Paris-Saclay qui en occupait la première place mondiale, Sorbonne Université arrivant troisième.

    Les 10 meilleures universités du monde  :

    RangEtablissement
    1Université d’Harvard
    2Université de Stanford
    3Université de Cambridge
    4Massachusetts Institute of Technology
    5Université Berkeley de Californie
    6Université de Princeton
    7Université d’Oxford 
    8Université Columbia
    9California Institute of Technology
    10Université de Chicago

    Les universités françaises dans le Top 200  :

    RangEtablissement
    13Université Paris-Saclay (Paris Sciences & Lettres)
    35Université de la Sorbonne
    38Université PSL (Paris)
    73Université de Paris
    101-150Aix-Marseille Université
    101-150Université de Grenoble-Alpes
    101-150Université de Strasbourg
    151-200Université de Montpellier
  • Sanofi : une fondation mondiale pour la Santé

    Sanofi : une fondation mondiale pour la Santé

    Sanofi a lancé le 04 mai 2022 un nouvel organisme caritatif : Foundation S – The Sanofi Collective. Cette fondation est doté d’un fonds dédié à œuvrer pour la santé des générations actuelles et futures. Par le biais de dons, de partenariats et d’actions collectives, Foundation S intervient dans trois domaines essentiels : les cancers de l’enfant, la santé des communautés les plus exposées aux conséquences du changement climatique et de la pollution, elle oeuvrera aussi à faciliter l’accès aux médicaments et vaccins qui sauvent des vies. Une réponse d’initiative privée aux nombreuses accusations, en France et ailleurs, portées contre le géant français, et ses concurrents, après la pandémie. Cette fondation est dirigée par Serge Weinberg, à la tête d’un fonds d’investissement éponyme dont l’engagement dans les affaires françaises comme dans le caritatif en France.

    « Nous sommes une entreprise mondiale de santé et à ce titre, c’est notre devoir de prendre part aux initiatives qui visent à remédier à certains enjeux auxquels notre société est aujourd’hui confrontée. Nous sommes fiers de ce que la Fondation Sanofi Espoir a accompli ces dix dernières années et de l’héritage qu’elle nous lègue. Le monde évolue à un rythme effréné et des enjeux systémiques multiples et nouveaux apparaissent. Il est temps d’aller encore plus loin et Foundation S est la structure adaptée pour y parvenir – plus recentrée, plus agile et mieux armée pour venir en aide aux populations les plus vulnérables de la planète. »

    Serge Weinberg, président de Foundation S – The Sanofi Collective
    Paul Hudson, PDG de Sanofi Monde depuis le 2 septembre 2021

    Fondation Sanofi Espoir continue

    Mais Sanofi avait déjà lancé différents programmes de bienfaisance aux quatre coins de la planète comme la Fondation Sanofi Espoir. Ils seront tous fusionnés dans Foundation S – The Sanofi Collective.

    Ca sera le cas, évidemment, de « My Child Matters », le programme dédié aux cancers de l’enfant. Lancé en 2005 pour donner à tous les enfants les mêmes chances de survie face au cancer, « My Child Matters » apporte une aide financière et spécialisée de sorte que tous les enfants puissent avoir accès à des dispositifs de diagnostic et de traitement. Ce programme est déjà venu en aide à plus de 120 000 enfants, en plus d’avoir assuré la formation de plus de 50 000 professionnels de santé et d’avoir mené des actions qui ont permis d’augmenter la survie des enfants atteints d’un cancer. 

    De plus, Foundation S financera des actions de sensibilisation et de recherche sur les cancers de l’enfant dans divers pays. Ensemble, ces initiatives participeront à atteindre l’objectif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de parvenir à un taux de survie de 60 % au moins pour tous les enfants atteints de cancer d’ici à 2030 et de sauver un million de vies supplémentaires au cours de la prochaine décennie.

    L’aide d’urgence

    En plus des activités de la Fondation Sanofi Espoir, Sanofi avec son nouvel outil a décidé d’élargir ses domaines d’interventions bénévoles. Ainsi pour mieux venir en aide aux populations vulnérables, Foundation S tirera parti de la vaste expérience de Sanofi en matière d’aide d’urgence et améliorera le lien entre financement humanitaire et financement pour le développement. À l’instar de l’Ukraine, où l’entreprise a coordonné et intensifié les dons de médicaments et vaccins essentiels pour les patients et les réfugiés. 

    Evidemment, Foundation S renouvellera le programme de dons pour les situations d’urgence de Sanofi et intensifiera son aide, en particulier auprès des populations déplacées.

    Travailler sur le long terme

    La Santé c’est un domaine où les actions préventives peuvent largement primer sur les traitements curatifs. Sanofi l’a bien intégré et c’est un des moteurs qui amena à la création de la Foundation S.

    Naturellement les dirigeants de Sanofi ont donc confié à la Foundation S la mission d’améliorer la résilience sanitaire des populations vulnérables les plus exposées au changement climatique et à la pollution. Elle lance ainsi une première collaboration avec l’ONG internationale Friendship, basée au Bangladesh, qui se concentre sur les populations des îles fluviales du district de Gaibandha. Dans cette région difficile d’accès, très vulnérable aux changements climatiques et éloignée des services de santé conventionnels, Foundation S contribuera à la formation des agents de santé et financera des cliniques satellites et un hôpital flottant.

    Un fonctionnement dédié à l’innovation

    Sanofi a aussi innové dans la gouvernance de cette fondation pour lui permettre d’anticiper les besoins et de créer des solutions éprouvées ou non.

    C’est donc sous la forme d’un « think tank », d’un laboratoire d’idées, que la Foundation S fonctionnera. Ainsi elle orientera le développement et la mise en œuvre des chantiers, organisera des débats afin de réfléchir aux meilleurs moyens à engager pour répondre au mieux aux enjeux de santé. Mais plus qu’un élément de réflexion, Sanofi veut une fondation active et aux actions concrètes.

    La Foundation S sera donc aussi un « do tank », le laboratoire d’actions, son bras opérationnel chargé du déploiement des programmes et du suivi de leur impact sur la santé publique.

    Les collaborateurs de Sanofi joueront, bien sûr, un rôle essentiel dans le succès de Foundation S et seront amenés à participer à ses programmes et à accompagner ses partenaires grâce à des actions de bénévolat et de préceptorat – une période pendant laquelle les collaborateurs pourront acquérir une expérience pratique liée au mécénat.

  • Le duel Lula-Bolsonaro est enclenché

    Le duel Lula-Bolsonaro est enclenché

    La campagne présidentielle brésilienne a officiellement commencé ce mardi 16 août, et donne favoris Jair Bolsonaro et Lula. Un duel gauche-droite qui soulève plusieurs inquiétudes.

    L’ancien président Lula est donné grand favori pour le premier tour de la présidentielle, face au président sortant Jair Bolsonaro, avec 15 points d’écart dans les sondages. Ce sont donc la gauche travailliste et la droite conservatrice qui devront sûrement s’affronter le 2 octobre prochain.

    Un duel droite-gauche à plusieurs enjeux

    Le duel gauche-droite de cette campagne présidentielle promet d’être électrique et soulève plusieurs enjeux sur les plans nationaux, régionaux et mondiaux. D’un côté, si l’ancien président Lula l’emporte, nous pouvons nous attendre à ce que Jair Bolsonaro conteste les résultats et provoque donc une rupture démocratique, assure Maurice Lemoine, spécialiste de l’Amérique latine.

    Toujours dans ce cas de figure, nous pourrons également observer un changement dans le rapport de force entre les deux pôles politiques mais au niveau régional. Effectivement, depuis la victoire de Gustavo Petro en Colombie, le 5 août dernier, la région du sud de l’Amérique a pris un grand tournant vers la gauche.

    Enfin, étant membre des BRICS, « le résultat de l’élection présidentielle [du Brésil] dépasse le pays lui-même » affirme le spécialiste.

    Deux forces opposées

    Si pour l’heure, l’ancien militaire compte une quinzaine de points de retard sur son adversaire, il va « tout faire pour mettre son grain de sel dans cette campagne ». Par ailleurs, ce dernier commence à remonter dans les sondages depuis la semaine dernière grâce à une réduction de l’inflation nationale, mais aussi grâce à la mise en place de son programme social « Auxílio Brasil ». En injectant de l’argent dans celui-ci, Jair Bolsonaro parvient à se rapprocher des classes populaires.

    Cependant, ces dernières restent très en faveur de l’ancien syndicaliste Lula. Et pour cause, ses deux mandats ont été marqués par « l’amélioration considérable du niveau de vie des populations les plus pauvres du Brésil ». Il est donc toujours fortement apprécié et populaire dans son pays. Nonobstant, sa candidature à la tête de l’État traduit un manque de personnalités politiques au sein de la gauche brésilienne et sa difficulté à se renouveler.

    Une atmosphère qui promet d’être électrique

    Depuis le début de la campagne, un climat de violence gangrène le pays. Un crime a même été commis par un policier pro-Bolsonaro à l’encontre d’un trésorier du Parti des travailleurs. La gauche dénonce donc un crime politique et cherche à alerter sur l’escalade de violences observée à quelques semaines du scrutin. Selon un sondage national, 54% de la population aurait subi « une forme d’embarras, de menace physique ou verbale en raison de leur position politique ».

    En outre, si la dénonciation des violence émane principalement de la gauche, les supporters du « Trump brésilien » s’estiment, elles, victimes d’une campagne de diabolisation. Face à cela, nous pouvons donc nous attendre à une campagne présidentielle compliquée, ponctuée par de nombreux évènements.

    Nous assistons finalement à une polarisation de la population, au même titre qu’aux États-Unis lors de l’élection de Joe Biden. Au même titre que Donald Trump, Jair Bolsonaro appelle régulièrement à la haine contre l’opposition, à la contestation des résultats ne le donnant pas gagnant, et méprise le système administratif de son pays.

    Dans le cas du Brésil, la grande interrogation porte aujourd’hui sur les positions de l’armée. « Que va-t-elle faire ? » se demande le spécialiste invité de TV5MONDE. Si des hommes importants, tels que le chef de l’armée, se classent du côté du président sortant, il ne serait pas étonnant d’observer des scissions dans le corps militaire comme nous en avons déjà vues par le passé.

    Lula, Bresil
    Le président brésilien Jair Bolsonaro est pour l’instant devancé dans les sondages pour la présidentielle par son opposant Lula

    Des premiers meetings symboliques

    Dans les deux camps, la campagne a démarré dans des lieux chargés de symboles. En effet, Lula a officié son premier meeting à Sao Bernardo do Campo, dans une usine automobile. Devant un parterre de supporters il a lancé que « c’est ici que tout a commencé : ici j’ai acquis une conscience politique ».

    Pour sa part Bolsonaro s’est rendu à Juiz de Fora, sur la place où il a été poignardé il y a quatre ans. « La ville où je suis né à nouveau », a-t-il clamé devant une foule qui scandait son slogan « Dieu, famille, patrie et liberté ».

    Un reportage et une analyse de TV5MONDE

  • La banalisation inévitable des géants du numérique

    La banalisation inévitable des géants du numérique

    Depuis le début du siècle, le monde du digital a battu record sur record. En presque vingt ans, le poids du numérique dans le PIB américain a augmenté d’un tiers pour atteindre plus de 10 % du PIB. L’oligopole technologique – Meta, Alphabet, Amazon, Microsoft et Apple (MAAMA qui a remplacé GAFA) a connu une croissance de plus de 40 %. Leurs revenus et leurs bénéfices ont augmenté de près de 20 % par an en moyenne au cours de la dernière décennie, tandis que la croissance américaine était inférieure à 4 % par an.

    Sur la même période, la crise sanitaire a accéléré la digitalisation des sociétés et a enrichi les grandes entreprises du numérique. Après trois années exceptionnelles, un ralentissement était inévitable. Sa brutalité surprend et désarçonne un secteur habitué à des taux de croissance élevés.

    Les entreprises digitales confrontées aux mêmes problèmes que celles de l’ancienne économie

    L’indice Nasdaq des valeurs technologiques américaines a perdu 25 % de sa valeur depuis janvier, soit deux fois plus que le Dow Jones. Le 26 juillet, Alphabet (Google) a annoncé sa progression trimestrielle des ventes la plus lente depuis 2019. Meta (Facebook) a déclaré que ses ventes avaient chuté d’une année sur l’autre, pour la toute première fois. Les entreprises digitales sont confrontées aux mêmes problèmes que celles de l’ancienne économie : problèmes d’approvisionnement, montée du protectionnisme, pénurie de main-d’œuvre, etc. Pour les MAAMA, ces contraintes sont inédites. Elles pourraient être amenées à perdurer.

    Pour le deuxième trimestre de l’année, Apple n’a connu qu’une croissance de 2 %, ce qui est faible au regard des résultats passés. Ses bénéfices qui ont atteint 19,4 milliards de dollars sont en baisse de 10 %. Apple a souffert en début d’année de problèmes de chaîne d’approvisionnement en Chine, problèmes

    qui ont réduit le chiffre d’affaires de 4 à 8 milliards de dollars. Lors du premier semestre, Amazon a également dû faire face à quelques difficultés en raison de la hausse des prix et à une mauvaise évaluation des besoins des consommateurs.

    Les dispositifs de protection des données remettent en cause les fondamentaux de ces entreprises

    Les barrières réglementaires commencent à peser sur les entreprises américaines du digital. L’Union européenne et l’Inde sont les deux zones jugées les plus protectionnistes. Les dispositifs de protection des données remettent en cause les fondamentaux de ces entreprises qui doivent s’y adapter.

    Jusqu’à maintenant, les entreprises technologiques attiraient facilement les meilleurs talents. Or, depuis la crise sanitaire, elles ne sont plus le rêve exclusif des diplômés de l’enseignement supérieur. Ces entreprises se sont banalisées. Elles ont perdu l’esprit start up. Ce sont devenues des multinationales.

    En dix ans, les effectifs des MAAMA ont été multipliés par six pour atteindre 2,2 millions. Le secteur du numérique doit faire face à la concurrence de l’industrie traditionnelle qui embauche un grand nombre de programmeurs. Durant la période de montée en puissance du numérique, les cycles économiques avaient peu d’incidences sur le chiffre d’affaires des MAAMA. Désormais, elles ne sont pas insensibles aux aléas de la conjoncture.

    GAFAM, MAAMA

    Les marges sont amenées à s’éroder, les entreprises doivent investir davantage

    Dominant le marché de la publicité, Alphabet et Meta sont touchées par le ralentissement de ce marché. De même, les spécialistes de l’e-commerce doivent faire face à une moindre croissance en raison de la hausse des prix. Qu’il s’agisse de publicités en ligne ou d’achats en ligne, du cloud ou des smartphones, les marchés technologiques sont plus matures. De tels marchés connaissent des taux de croissance plus faibles et sont soumis à des contraintes réglementaires de plus en plus fortes. Les marges sont amenées à s’éroder d’autant plus que les entreprises doivent investir davantage pour conserver leurs positions acquises. Les entreprises du numériques découvrent les lois traditionnelles de l’économie. La diffusion du digital se poursuit mais à un rythme plus modéré et dans un cadre de plus en plus régulé.

    Si jusqu’à maintenant, les MAAMA s’étaient réparties le marché, elles pourraient être tentées d’entrer dans une concurrence plus frontale. Elles essaieront aussi de prendre des positions dans les secteurs où elles ne sont pas en position de force, comme la santé ou le secteur financier.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 18/08/22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 18/08/22

    Bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes le jeudi 18 août et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui au programme : le rapport de la médiatrice de l’Éducation nationale, les Français dans les geôles africaines et le retour de la Covid à la rentrée. 

    +33% de saisines de la médiatrice

    La médiatrice de l’Éducation nationale vient de sortir son rapport et il s’intitule “Renouer le dialogue”. Ça en dit long sur le nombre de saisines qu’elle a reçues cette dernière année. En 2021, le nombre de celles qui relèvent une dimension internationale a augmenté de 33% ! Les thèmes principaux sont bien sûr la pandémie de Covid 19, l’inscription à Parcoursup, la reconnaissance des diplômes étrangers et l’intégration des élèves handicapés dans le système scolaire. Pour l’heure, ce rapport a été remis à Pap Ndiaye, le ministre de l’Éducation nationale, et se veut être comme un guide des attentes et des inquiétudes des citoyens français pour leurs enfants. 

    médiatrice de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur
    médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur

    Olivier Dubois et Philippe François

    Depuis deux ans, ce sont deux Français qui sont dans des prisons africaines. D’un côté, Olivier Dubois, journaliste retenu au Mali par un groupe terroriste. D’un autre, Philippe François, un homme qui a servi sa patrie pendant vingt-cinq ans et qui est aujourd’hui enfermé à Madagascar pour avoir tenté un coup d’État. Si aujourd’hui, nous n’avons pas de nouvelle sur l’avancement de la situation d’Olivier Dubois, l’ancien militaire est, lui, dans l’attente de son audience en Cour de cassation en France. 

    La pandémie va-t-elle revenir ?

    Puis nous terminons avec le très probable retour de la Covid à l’automne prochain. Alors que l’été touche bientôt à sa fin, les épidémiologistes s’attendent à une nouvelle vague de contamination à l’automne. Si beaucoup affirment qu’il va falloir vivre avec le virus, comme le dit également Emmanuel Macron, ils appellent toujours la population à se vacciner afin d’éviter les formes graves et morbides. 

    C’est fini pour aujourd’hui ! On se retrouve demain à la même heure pour le flash info des Français de l’étranger. Très bonne journée à tous ! 

    Ecoutez le flash du 18 aout 2022

  • +33% de saisines de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur

    +33% de saisines de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur

    En 2021, le nombre de réclamations auprès de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, comportant une dimension européenne ou internationale, a augmenté de 33%, soit 466 saisines. Catherine Becchetti-Bizot a remis son rapport fin juillet au nouveau ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye.

    La pandémie

    Première raison de ces saisines par les parents et élèves du réseau de l’AEFE (établissements en gestion directe et homologués), la fermeture des établissements pendant la pandémie qui frappait encore durement le monde en 2021. Si au final la Covid-19 a bien été intégrée dans le mode de fonctionnement de la majorité des établissements de l’enseignement français à l’étranger, elle a pu encore provoquer des difficultés dans certaines zones géographiques telles que l’Amérique centrale et du sud ou en Chine.

    La crise sanitaire a eu aussi un impact important sur la mobilité internationale des élèves et des étudiants (baisse de 28 % des demandes de visas pour études) et sur la demande d’aides sociales ponctuelles, alors même que le gouvernement avait affiché en 2018 son ambition de porter à 500 000 le nombre d’étudiants étrangers d’ici 2027, de doubler le nombre d’élèves accueillis dans le réseau de l’AEFE et de développer l’offre de formation française à l’étranger.

    L’inscription à Parcoursup

    Deuxième problème qui regroupe de nombreuses saisines, c’est le portail Parcoursup pour rejoindre une université ou une école française.

    Après un pic de réclamations en 2020 portant pour une très grande part sur les examens et concours, en 2021 les Français de métropole ont moins saisi la médiatrice pour Parcoursup, mais du côté des élèves hors du territoire national c’est toujours une étape difficile et souvent incompréhensible, comme nous l’avons relaté en juin sur notre site.

    La reconnaissance des diplômes et l’inscription à l’école

    Comme en 2020, les demandes de reconnaissance de diplômes étrangers restent majoritaires parmi les saisines hors de France, suivies de près par les demandes d’inscription dans des établissements de l’AEFE. Deux problématiques que connaissent tous les Français, soit parce qu’ils ont un diplôme acquis dans leur pays de résidence, ou parce que les autorités de l’Etat où ils se sont installés refusent de reconnaitre leur diplôme.

    Etonnant ?! C’est des Français résidant en Belgique que les demandes sont les plus importantes concernant la reconnaissance des diplômes, tandis que c’est aux USA, où la scolarité française ou locale est chère, que se concentrent les demandes d’intervention pour une inscription dans un établissement scolaire du réseau français.

    L’intégration des élèves et personnels handicapés (MIPH)

    Une nouvelle problématique s’est révélée avec la promesse de multiplier les AESH (accompagnant scolaire pour les enfants handicapés) afin que tous les petits expatriés frappés par un handicap puissent aller à l’école française quel que soit le niveau de ressources de leurs parents. Pour l’instant, la médiatrice se concentre à assurer l’accès aux examens et l’intégration du personnel handicapé. Cette rentrée 2022 sera la vraie année du déploiement de ce dispositif qui a fait naître de vrais espoirs dans les associations au départ de cette mesure comme l’APEPA.

    Téléchargez le rapport de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur


  • Ces Français oubliés dans les geôles africaines

    Ces Français oubliés dans les geôles africaines

    Depuis près de 2 ans, deux Français sont captifs en Afrique sans que la France n’intervienne. Pourtant nos deux compatriotes ont des profils différents et sont emprisonnés l’un comme otage d’un groupe terroriste au Mali, Olivier Dubois, notre confrère journaliste, et l’autre par un gouvernement pour avoir tenté un coup d’Etat à Madagascar, Philippe François, un homme ayant servi la France durant vingt-cinq ans. On fait le point pour les Français de l’étranger sur la situation de nos compatriotes dans les geôles africaines .

    Olivier Dubois, deux étés, captif

    Devant l’inaction du ministère des Affaires étrangères, ses enfants et son comité de soutien, au sein duquel on trouve des personnalités comme l’écrivain Patrice Franceschi, le colonel Michel Goya et le député européen François-Xavier Bellamy, ont lancé un appel au gouvernement français le 04 août 2022.

    À cette occasion, la famille du seul otage français recensé dans le monde a lancé une nouvelle opération de communication, invitant à interpeller Emmanuel Macron par le biais d’une carte postale, dont l’envoi à l’Élysée est gratuit. 

    Pour sa famille, ces opérations sont importantes afin de sensibiliser la population et de « remettre le sujet au cœur du débat public ». « On espère que le fait de parler souvent d’Olivier permettra de ne pas oublier son cas, dans un contexte d’actualité nationale et internationale très riche », estime la sœur du journaliste.

    En près de 500 jours, deux vidéos ont permis d’avoir des preuves de vie d’Olivier Dubois : la première envoyée le 5 mai 2021, la deuxième le 13 mars dernier. Cette dernière a circulé sur les réseaux sociaux, sans qu’on ne connaisse sa provenance ni la date à laquelle elle a été tournée. Mais des éléments permettraient de confirmer qu’elle est relativement récente, Olivier Dubois faisant notamment référence à certains messages diffusés par sa famille sur RFI.

    Philippe François, un Opex lâché par la France ?

    Philippe François avait choisi la carrière militaire où il se distingua comme officier brillant. Sa carrière l’a mené du Tchad au Liban, en passant par l’ex-Yougoslavie et le Kosovo, où ses actions lui ont valu la croix de la Valeur militaire et la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs. Depuis 2013, il profite de ses droits à la retraite tout en ayant fondé une entreprise liée à son ancien domaine d’activités. Certains diront un « mercenaire », ce qui pourrait expliquer le désintérêt des diplomates du Quai d’Orsay, peu enclins à soutenir ce type d’activités, qu’on imaginait réservées aux Russes de la force Wagner.

    En 2020, il rejoint Madagascar, et, après une première expérience, se lance dans les affaires avec Paul Maillot, un Franco-Malgache issu lui aussi de Saint-Cyr, impliqué dans la vie politique malgache et rencontré quelques mois plus tôt. Pour sa famille, il fut arrêté le 20 juillet 2021 à l’aéroport alors qu’il rentrait définitivement en France. Depuis, le 17 décembre 2021, Philippe François, avec Paul Rafanoharana, a été condamné en première instance à dix ans de travaux forcés pour atteinte à la sûreté de l’État et tentative d’assassinat du président Rajoelina.

    Le colonel d’infanterie de marine, Philippe François © D.R.

    Les deux détenus et leurs avocats attendent l’audience en Cour de cassation. Et trois cas de figures sont désormais possibles. Si la cour confirme le jugement, les deux hommes restent en prison. À ce moment, Philippe François pourra demander en vertu de sa nationalité française un transfèrement de peine en France.

  • Impôt de solidarité sur la fortune et expatriation

    Impôt de solidarité sur la fortune et expatriation

    L’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) a été supprimé au 1er janvier 2018 laissant place à un nouveau dispositif l’IFI (impôt sur la fortune immobilière). Cet impôt est calculé uniquement sur le patrimoine immobilier non pas en France mais dans le monde entier dès que le total des biens dépasse les  1 300 000€. Ainsi, les personnes physiques ayant leur domicile fiscal en France sont en principe, et quelle que soit leur nationalité, assujetties à l’IFI à raison de l’ensemble de leurs biens, français ou étrangers. On fait le point pour les expatriés.

    Le travailleur détaché

    Dans le cadre du détachement, les expatriés envoyés en mission par leur entreprise sont, le plus souvent, bénéficiaires d’une convention ou d’un accord entre la France et leur nouveau pays de résidence. Tant qu’ils sont concernés par ces dispositions (durée maximum de 2 ans au sein de l’Union européenne, dans les autres pays ils vont se référer à la convention existante), l’expatrié reste attaché fiscalement à la France.

    Ainsi, si vous possédez un bien en France et que vous décidez d’acheter un bien dans votre nouveau pays, il est impératif de bien calculer la valeur cumulée de votre patrimoine, si celui-ci dépasse le seuil (1 300 000€) vous serez assujetti à l’impôt sur la fortune immobilière.

    Les expatriés non détachés

    Dans la grande majorité des cas, l’expatriation est le fruit d’une démarche personnelle et le Français parti dans un autre pays n’est pas en mission pour une entreprise nationale, il est donc détaché fiscalement de la France (sauf si la majorité de ses revenus comme des loyers ou sa pension provient de France).

    Dans ce cas, vos biens acquis à l’étranger ne s’ajoutent pas au patrimoine détenu en France, par contre si celui-ci dépasse le seuil avec uniquement les « immeubles » détenus en France (ça peut être une villa sur la côte d’Azur ou un appartement dans le centre de Paris), vous serez toujours redevable de l’IFI sur ces actifs.

    Au retour en France ?

    Par dérogation, les personnes qui installent leur domicile fiscal en France ne sont imposables temporairement (pendant 5 ans) qu’à raison de leur patrimoine immobilier situé en France.

    La mesure concerne tant les expatriés français de retour sur le territoire national, que les ressortissants étrangers nouvellement installés. Cette exonération s’applique à condition que ces personnes n’aient pas été fiscalement domiciliées en France au cours des 5 années civiles précédant celle au cours de laquelle elles y ont transféré leur domicile fiscal.

    Les expatriés, de retour en France, bénéficieront de cet avantage au titre de chaque année au cours de laquelle ils conservent leur domicile fiscal sur le territoire national et ce jusqu’au 31 décembre de la 5ème année qui suit celle au cours de laquelle il y a été établi.

    Ainsi par exemple, si vous étiez résident fiscal UK (à Londres) et que vous y avez acheté un appartement (1 millions de pounds), celui-ci ne rentrera pas dans votre base taxable à l’IFI pendant 5 ans si vous répondez naturellement aux conditions indiquées ci-dessus.

    Quel est le montant de l’IFI ?

    Le montant de l’impôt est calculé en appliquant à la valeur nette du patrimoine imposable le barème fixé par l’article 977 du CGI.

    Lorsque le patrimoine excède le seuil d’imposition (1 300 000 €), il est imposé conformément au barème ci-après :

    Fraction de la valeur nette taxable du patrimoine Tarif applicable
    N’excédant pas 800 000 €0 %
    De 800 001 € à 1 300 000 €0,50 %
     De 1 300 001 € à 2 570 000 € 0,70 %
     De 2 570 001 € à 5 000 000 € 1 %
     De 5 000 001 € à 10 000 000 € 1,25 %
     Supérieure à 10 000 000 € 1,50 %

    Pour procéder à la déclaration, il faut remplir le formulaire 2042-IFI disponible sur le site des impôts.

  • Serval, Barkhane : neuf ans et demi d’engagement militaire français au Sahel

    Serval, Barkhane : neuf ans et demi d’engagement militaire français au Sahel

    Rappel des dates-clés depuis le lancement en 2013 au Mali de l’opération française Serval, relayée en 2014 par Barkhane, qui a achevé lundi (15 août) son retrait du pays, poussée dehors par la junte militaire au pouvoir.

    Dans le cadre de ces opérations, 59 soldats français sont décédés, a souligné lundi le président Emmanuel Macron en saluant « leur sacrifice ».

    Serval

    En mars 2012, des rebelles indépendantistes, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), prennent le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou (nord du Mali).

    Le 11 janvier 2013, Paris lance l’opération Serval pour enrayer la progression des jihadistes.

    Fin janvier, les soldats français reprennent Gao, entrent sans combat dans Tombouctou et s’emparent de l’aéroport de Kidal. Peu après, le président français François Hollande est accueilli en libérateur.

    En juillet, une mission de l’ONU, la Minusma, prend le relais d’une force panafricaine.

    Barkhane

    En mai 2014, des groupes rebelles touareg et arabes reprennent Kidal.

    Le 1er août, Serval est remplacée par Barkhane, une opération à vocation régionale, forte alors de 3 000 soldats français au Sahel.

    En mai-juin 2015, l’accord de paix d’Alger est signé entre gouvernement malien et ex-rébellion touareg. Mais sa mise en œuvre demeure embryonnaire.

    Les violences se propagent vers le sud, le Burkina Faso et le Niger.

    Attentats

    À partir de 2015, multiplication des attaques contre les forces sahéliennes ou étrangères, ainsi que des lieux fréquentés par des étrangers.

    En mars 2017, les jihadistes liés à Aqmi se fédèrent en un « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » (GSIM).

    Fin 2019, treize soldats français sont tués dans la collision accidentelle de deux hélicoptères.

    Le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) lance des attaques d’ampleur contre des bases militaires au Mali et au Niger. Il est désigné ennemi numéro un lors d’un sommet début 2020 entre Paris et ses partenaires du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad).

    Des chefs tombent

    Début juin, le chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, est tué par Barkhane. En novembre, Bah Ag Moussa, « chef militaire » du GSIM, est abattu par la France.

    Les jihadistes poursuivent leurs attaques. En août, l’EIGS tue six humanitaires français au Niger.

    Le chef de l’EIGS, Adnan Abou Walid al-Sahraoui, sera tué en 2021 par les forces françaises.

    Serval, Barkhane
    La brigade Serval lors du défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées – 2013

    Coups d’Etat

    Le 18 août 2020, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013, est renversé par un putsch après des mois de crise politique.

    Les relations entre Paris et Bamako se détériorent après un nouveau coup d’Etat, le 24 mai 2021.

    Le 10 juin, le président français Emmanuel Macron annonce le départ progressif des 5 000 hommes de Barkhane au profit d’un dispositif allégé de 2 500 à 3 000 hommes.

    Le 25 septembre, le Premier ministre malien accuse la France d’un « abandon en plein vol », justifiant la nécessité de « chercher d’autres partenaires ».

    Le 30, Emmanuel Macron qualifie ces propos de « honte ».

    Fin décembre, une quinzaine de puissances occidentales dont Paris dénoncent un début de déploiement du groupe paramilitaire russe controversé Wagner au Mali.

    Le 9 janvier 2022, la Cédéao ferme ses frontières avec le Mali et lui impose un embargo, sanctionnant le report des élections présidentielles et législatives prévues le 27 février. L’embargo sera levé en juillet.

    Le 24 janvier, coup d’Etat au Burkina Faso, désormais le troisième pays, parmi les quatre où Barkhane est déployée, dirigé par une junte militaire.

    Nouvelle escalade

    Fin janvier, Bamako exige du Danemark le retrait immédiat de ses soldats récemment arrivés dans le cadre du groupement européen de forces spéciales Takuba, affirmant ne pas avoir consenti à ce déploiement.

    Le 31, la junte décide d’expulser l’ambassadeur de France.

    Retrait de Barkhane, fin de Takuba

    Le 17 février, la France et ses partenaires européens officialisent le retrait du Mali de Barkhane et Takuba. Emmanuel Macron fixe un délai de « quatre à six mois ».

    Le 18, Bamako demande à Paris de retirer ses soldats « sans délai », demande rejetée par Emmanuel Macron.

    Le 2 mai, la junte rompt les accords de défense avec Paris et ses partenaires européens.

    Le 15, Bamako annonce quitter le G5 Sahel.

    Le 13 juin, l’armée française quitte la base militaire de Ménaka (est), après Gossi en avril et avant Gao courant août.

    Le 29 juin, l’ONU prolonge d’un an la Minusma, désormais sans soutien aérien français.

    Le 1er juillet, Paris annonce la fin de Takuba.

    En juillet, les accrocs diplomatiques se multiplient entre Bamako et la Minusma.

    Avec ce désengagement du Mali, la France divise par deux sa présence au Sahel avec 2 500 militaires environ. Désormais l’armée française offrira son soutien, mais en deuxième ligne. Paris conservant notamment plus d’un millier d’hommes au Niger.

● Radio en direct
En pause