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  • Covid-19 : 806 000 morts en 9 mois ! Le point sur les mesures dans le monde

    Covid-19 : 806 000 morts en 9 mois ! Le point sur les mesures dans le monde

    La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a fait au moins 805.470 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP dimanche à partir de sources officielles.

    Plus de 23 millions de cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires. Les Etats-Unis sont la nation la plus touchée avec 177.284 décès. Suivent le Brésil avec 115.309 morts, le Mexique (60.800), l’Inde (58.390) et le Royaume-Uni (41.433).

    Alors que voyager est toujours un périple difficile, la pandémie continue de faire rage dans le monde.  Mais les dernières données hebdomadaires publiées par l’Organisation mondiale de la santé montrent un ralentissement de l’épidémie dans la plupart des régions, en particulier sur le continent américain.

    Ce ralentissement a été enregistré dans toutes les régions, à l’exception de l’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale. Lesfrancais.press font le tour du monde

     

    L’Afrique pourrait avoir passé le pic

    L’OMS a indiqué que l’Afrique pourrait avoir passé le pic de la pandémie, tout en mettant en garde contre un relâchement qui faciliterait une seconde vague. Mais les dégâts sont déjà considérables.

    Ainsi en Afrique du Sud, le produit intérieur brut du pays le plus industrialisé du continent africain devrait reculer plus de 7% cette année, selon les prévisions de sa Banque centrale. Le pays est le plus touché de l’Afrique subsaharienne, par la Covid-19, avec plus de 600.000 infections et 13.000 morts recensés à ce jour.

    Tandis que le nouveau coronavirus a frappe plus fort en Algérie, en Libye, en Mauritanie et au Maroc. Le nombre de cas est nettement supérieur à celui d’avril-mai.

     

    Amériques, des nombres de cas record !

    Si l’OMS perçoit un reflux du coronavirus sur le continent, aux États-Unis, le nombre de nouveaux cas quotidien explose toujours. Il s’élève aujourd’hui à 33.076 contaminations recensées ces dernières 24h. Ce mardi 25 août, le pays compte 5.715.567 cas. Le nombre de décès ce jour est de 394 morts en 24h, soit 176.617 décès au total, selon le CDC.  L’épidémie sur la pente descendante aux Etats-Unis. Une réunion annuelle des dirigeants de la société pharmaceutique Biogen serait le point de départ de la diffusion du coronavirus aux Etats-Unis.

    Donald Trump, de son côté, a annoncé dimanche soir l’autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés, un traitement déjà largement utilisé aux Etats-Unis.

    Le traitement au plasma a déjà été autorisé en France, en Autriche, en Suisse, à Cuba ou en Chine, mais son efficacité fait débat. Cependant une société polonaise de biotechnologie, Biomed Lublin, a annoncé, cette semaine, le lancement de la première phase de production d’un médicament contre le Covid-19 à base de plasma de mineurs guéris.

    Le bilan continue de s’alourdir au Brésil avec toujours un nouveau nombre élevé de nouvelles contaminations, 47.134 en 24h. Il enregistre ce mercredi 26 août1.271 morts en 24h. Le pays déclare 3.669.995 cas recensés au total et 116.580 décès au total, selon les chiffres donnés par le gouvernement. Cependant, ces données seraient largement sous-évaluées.  Un deuxième fils de Jair Bolsonaro, le président brésilien, a été déclaré aussi positif à la Covid-19.

    Tandis qu’au Mexique, l’épidémie progresse toujours avec 451 décès recensés en 24h, mais ce chiffre serait sous-évalué. Le pays compte 633.861 (+4.594 en 24h) cas et 65.403 morts au total. Le Mexique a dépassé l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni dans le nombre de décès. C’est le troisième pays le plus endeuillé au monde, derrière le Brésil et les États-Unis. Plus de 60 000 personnes ont succombé au Covid-19 au Mexique, un chiffre qui va au-delà du scénario « le plus catastrophique » qu’avaient envisagé les autorités sanitaires du pays. La rentrée scolaire des élèves mexicain s’est faite « devant la télévision », ce qui soulève de nombreuses critiques.

    Pour finir notre tour des Amériques, le Pérou est toujours en situation inquiétante avec 6.944 nouveaux cas ce jour. Le pays compte ce mercredi 26 août 607.382 cas de contaminations et 28.001 (+188) décès. Le pays passe le cap des 20.000 morts. Face à la recrudescence de cas, les médecins vénézuéliens sont autorisés à exercer en renfort, même s’ils n’ont pas validé leur diplôme au Pérou. Alors que le pays fait face à un nombre toujours croissant de cas de coronavirus qui menace de saturer le système de santé, le personnel soignant entame, mercredi 26 août, une grève nationale de 48 heures.

     

    Asie, un bilan humain qui s’alourdit

    Le nombre de nouveaux cas remonte en Chine qui fait état de 14 nouvelles contaminations par le Covid-19 en 24h. Le pays dénombre 84.996 cas au total et 4.634 (+0 en 24h) morts ce mercredi 26 aoûtLa Chine assouplit les conditions d’entrée pour les Européens. La Chine teste depuis juillet des vaccins contre le Covid auprès de groupes à risques. Le pays aurait largement endigué l’épidémie de coronavirus sur son sol. Le régime assure contrôler la situation sanitaire globale.

    Le Japon le covid continu de grimper avec 614 nouveaux cas de contamination en 24h. On dénombre 63.121 cas recensés au total et 1.196 (+15 en 24h) décès ce mardi 25 août. Le Japon prévoit d’assouplir à compter du mois prochain les restrictions pour le retour de ressortissants étrangers.

    La Corée du Sud compte ce mercredi 26 août 2020, 320 nouveaux cas de contaminations, 18.265 cas au total pour 312 décès déplorés (+2 en 24h). La Corée du Sud a annoncé des mesures de distanciation sociale encore plus strictes pour endiguer la propagation du coronavirus et ferme la majorité des écoles de Séoul jusqu’au 11 septembre.

    En effet, Séoul a étendu dimanche à l’ensemble du territoire sud-coréen les mesures déjà en vigueur dans la région de la capitale, fermant plages, restaurants, bars karaoké et musées et suspendant les rencontres sportives à huis clos. A partir de lundi le masque sera obligatoire dans les lieux fermés et les quartiers très fréquentés de la capitale.

    En Inde, le bilan humain de l’épidémie de coronavirus s’alourdit. L’Inde recense, ce mercredi 26 août 20203.239.096 cas confirmés (+66.873 en 24h) et 59.645 morts, dont 1.066 en 24h. L’Inde dépasse le Royaume-Uni en nombre de morts et devient le 4ème pays le plus endeuillé. Pour le dix-huitième jour consécutif, l’Inde a fait état mardi du chiffre le plus élevé au monde de nouveaux cas de contamination au coronavirus

     

    Europe, rebond de l’épidémie et inquiétudes économiques !

    En Espagne, Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé la mise à « disposition des régions des effectifs des forces armées pour réaliser le traçage » des cas, précisant que deux mille militaires seraient déployés à cet effet.

    Tandis qu’en Suède, on se fait peur avec un test défectueux. Son utilisation a entraîné 3.700 résultats faussement positifs, a annoncé l’agence de santé publique suédoise, une erreur découverte par deux laboratoires au cours de contrôles qualité systématiques. Les kits de tests PCR avaient été fabriqués en Chine par l’entreprise BGI Genomics et distribués à travers la planète.

    Au Portugal, on compte ce mardi 25 août, 119 nouveaux cas de contamination en 24h, soit au total 55.720 cas et 1.801 morts (+8). Tandis que les autorités sanitaires s’inquiètent des signes d’une deuxième vague dans de nombreux pays, le Portugal, lui, commence à montrer un meilleur contrôle de la pandémie. Après la Grèce et la Thaïlande, le Portugal est le troisième pays le plus touché par la crise du tourisme selon le FMI.

    Chaos à la frontière slovéno-autrichienne

    L’instauration samedi par Vienne de stricts contrôles sanitaires à la frontière slovène en raison du coronavirus a provoqué d’immenses encombrements jusqu’à dimanche midi, les vacanciers ayant patienté à certains endroits jusqu’à dix heures la nuit, selon la police.

    Depuis samedi, l’Autriche arrête chaque voiture entrant sur son territoire en provenance de la Slovénie pour enregistrer les données personnelles de chaque passager, même en transit, afin de pouvoir tracer les contaminations. Selon les autorités, un tiers des vacanciers qui ont été testés positifs depuis un mois à leur retour en Autriche revenaient de Croatie, une destination au sud de la Slovénie.

    La situation se dégrade en Italie

    Touchée de plein fouet en mars par l’épidémie qui avait mis son système hospitalier à rude épreuve, l’Italie est confrontée depuis plusieurs jours à une nette reprise de la circulation du virus favorisée notamment par les déplacements et les activités estivales des vacanciers.

    Selon le dernier bilan officiel publié dimanche, 1.210 nouveaux cas de coronavirus ont ainsi été recensés dans le pays en l’espace de vingt-quatre heures. Un tiers des cas enregistrés dans la région de Rome sont liés à des séjours en Sardaigne. En dépit de cette brusque hausse de la courbe de contagion, le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, s’est voulu rassurant dimanche, en jugeant que la situation était sous contrôle et en excluant un reconfinement général de son pays.

    Au niveau local toutefois, l’inquiétude grandit. Le président de Campanie (autour de Naples) a ainsi suggéré de limiter de nouveau les déplacements entre régions d’ici la rentrée. A Civitavecchia, un grand port à 70 km au nord de Rome, des tests de dépistage en « drive-in » ont été mis en place pour les vacanciers rentrant de Sardaigne en ferry. Sur l’île, « il y avait beaucoup de monde partout, et sur la plage il y avait souvent des attroupements, notamment chez les jeunes », témoigne Francesco Mazza, un producteur vidéo de 43 ans qui revient de San Teodoro.

    Allemagne retour au déficit ! 

    L’Etat allemand a accusé un déficit public au premier semestre de 2020, le premier depuis huit ans sur fond de crise du coronavirus. Ce déficit de 51,6 milliards d’euros représente 3,2% du PIB allemand, au-delà des critères européens, qui fixent une limite à 3%. Au deuxième trimestre 2020 le PIB allemand a chuté de 9,7%. L’Allemagne a su optimiser ce dérapage en étant un des pays ayant le mieux maîtrisé la crise sanitaire.

    Belgique, une épidémie sous contrôle ?

    En Belgique, le nombre de nouveaux cas quotidiens remonte légèrement. On compte, 121 nouveaux cas de contamination en 24h ce qui fait un total de 82.447 cas ce mardi 25 août. La progression des nouveaux cas de Covid-19 en Belgique continue de ralentir. Le nombre d’hospitalisations grimpe légèrement. Il y a eu 5 nouveaux décès ces dernières 24h soit désormais 9.878 morts au total. Le nombre de décès dus au coronavirus en Belgique été revu à la baisse: il y aurait déjà eu 9.878 personnes décédées, soit 121 de moins qu’annoncé.

    France: plus de 5.400 cas en 24 heures

    En France, le dernier bilan fourni par les autorités sanitaires concernant la pandémie de covid-19 fait état d’au moins 248.158 cas confirmés (+3.304 en 24h) et de 30.544 morts au total. On recense ce mardi 25 août, 22 morts en centre hospitalier en 24h. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 10.507 décès au total, le prochain bilan sera donné mardi prochain. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 20.038 (+22 en 24h).

    De nouvelles mesures du port du masque dans les villes ainsi que l’instauration du port obligatoire dans les entreprises et les administrations ont été mises en place pour tenter de reprendre le contrôle sur l’épidémie. Cependant l’île de France et la région PACA sont classées comme à risque par de nombreux pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, etc.

     

    Moyen-Orient : une crise sanitaire qui alourdit la crise économique

    Au Liban, Les propriétaires d’établissements touristiques au Liban, mis à genoux par une longue crise économique aggravée par la récente explosion meurtrière à Beyrouth, ont annoncé la reprise, à partir de mercredi, de leurs activités malgré le rétablissement du confinement.

    En Égypte, le nombre de cas de contaminations au coronavirus augmente. Le pays compte actuellement 97.619 cas (+141) au total et 5.298 décès dont 18 ces dernières 24h. L’Égypte a rouvert ses frontières le 1er juillet, mais la saison touristique a du mal à démarrer. Les annulations s’accumulent et les professionnels du tourisme ont du mal à joindre les deux bouts. L’équipe de foot d’Al Masry est l’un des foyers du Coronavirus en Egypte : 16 cas positifs ont été enregistrés.

    De même, l’Etat hébreu dénombre 21.577 cas actifs de la maladie, parmi lesquels 427 patients se trouvent dans un état grave. 121 personnes ont été placées sous respiration artificielle. Le ministère de la Santé d’Israel a également indiqué avoir réalisé 30.037 tests de dépistage dans la journée de mardi.

    Plus tôt dans la journée, le Pr Ronni Gamzu, en charge de la gestion du coronavirus en Israël, a mis en garde lors d’un point presse contre « une hausse alarmante du nombre de cas de contamination au sein des villages arabes« .

     

     

     

     

  • Jean Castex, le plan de relance français présenté le 3 septembre

    Jean Castex, le plan de relance français présenté le 3 septembre

    Sur France Inter, le Premier ministre a annoncé que le plan de relance économique, qui devait être présenté cette semaine, sera finalement dévoilé la semaine prochaine. « Il est absolument bouclé, » a-t-il indiqué.

    Ce sera finalement le 3 septembre prochain. Sur France Inter, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le plan de relance économique, qui devait être présenté cette semaine, sera finalement dévoilé la semaine prochaine. « Il est absolument bouclé, » a-t-il indiqué.

     

    « Ce plan (…) vient dans la continuité de dispositions extrêmement ambitieuses pour les Français et pour l’économie française » souligne le Premier ministre.

    Le dévoilement du plan, initialement prévu lundi dernier, avait été repoussé d’une semaine pour permettre au gouvernement de se concentrer sur la lutte contre le Covid-19. Mais la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire de 100 euros s’est faite « en anticipation » de cette présentation, a fait valoir le chef du gouvernement.

    100 milliards d’euros

    « Gouverner, c’est savoir s’adapter aux circonstances », a poursuivi le chef du gouvernement , minimisant le report « d’une semaine » de la présentation de ce plan de 100 milliards d’euros pour relancer la croissance après la crise économique provoquée par l’épidémie du coronavirus.

    « Le pire de tout c’est que l’on s’enfonce parce que l’on ne reprend pas l’activité dans une crise économique et sociale qui serait -les Français le sentent bien- beaucoup plus dangereuse que la crise sanitaire », a souligné Jean Castex.

    Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a confirmé lundi la prévision du gouvernement d’une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 11% cette année, alors que l’Insee table sur -9%.

  • Algérie : la liberté d’expression en difficulté – Podcast Vidéo

    Algérie : la liberté d’expression en difficulté – Podcast Vidéo

    Algérie : depuis plusieurs mois, les autorités semblent cibler les militants du « Hirak » et les journalistes. Les condamnations sont nombreuses.

    Le correspondant de TV5 Monde Khaled Drareni a été condamné à 3 ans de prison. Son procès en appel doit se dérouler dans 2 semaines.

     

  • les projets européens de défense en temps de COVID-19

    les projets européens de défense en temps de COVID-19

    Au cours du deuxième semestre de 2020, l’UE devra s’accorder sur un train de mesures à prendre en matière de défense. En outre, le bloc tentera, une nouvelle fois, de répondre aux questions de sécurité sur la scène internationale.

    La défense et l’espace sont mis à mal

    Là où certains voient le verre à moitié plein, d’autres le voient à moitié vide : alors que le nouvel accord sur le budget de l’UE prévoit des améliorations dans les mesures de défense et de sécurité présentées par la Commission européenne, celles-ci sont loin de répondre aux premières ambitions.

    La défense et l’espace sont les deux grands perdants de ces négociations. En effet, le Fonds européen de la défense (FEDEF) a vu son financement diminuer de 13 milliards d’euros à 7 milliards d’euros, soit une chute de 40 % ; et le budget alloué à l’espace est tombé à 13,3 milliards pour la période 2021-2027.

    Les représentants de l’UE sont d’accord sur le fait que le FEDEF, initialement prévu pour financer la mise en œuvre de projets de coopération en matière de défense, n’est pas suffisant pour mener à bien l’innovation technologique. À titre de comparaison, le budget annuel de l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA), aux États-Unis d’Amérique, s’élève à 3,5 milliards de dollars à lui seul, ce qui ne représente qu’une petite partie des dépenses totales du secteur militaire américain de recherche et développement.

    « Si nous souhaitons que le secteur européen en la matière soit un jour autonome, cet accord est une mascarade », a déclaré une source européenne proche du dossier.

    Parallèlement, 8 milliards d’euros seront alloués au budget spatial afin de moderniser Galileo, le système européen de navigation par satellite, et 4,8 milliards d’euros seront versés à Copernicus, le programme de l’UE pour l’observation et la surveillance de la Terre. La marche de manœuvre est donc relativement réduite pour financer de nouveaux projets, comme la mise en orbite basse d’une constellation de satellites européens.

    Appuyée par le commissaire européen français Thierry Breton, cette initiative devait permettre à l’Europe d’envoyer une myriade de satellites dans l’espace d’ici à 2027 — des satellites fonctionnant grâce à la technologie quantique, capables de fournir une connexion à large bande à travers l’UE et d’offrir des moyens de communication sécurisés, notamment aux services d’urgence et de police des États membres.

    Toutefois, rien n’est encore joué. En effet, les députés européens doivent encore s’entendre sur leur position dans les négociations et un vote final en séance plénière devrait avoir lieu au Parlement européen à la fin du mois d’octobre.

    Les projets européens de défense

    Outre le budget de l’UE, les projets européens de défense devraient bientôt entrer dans une phase décisive en ce qui concerne leur évaluation.

    « L’absence de progrès est criante dans de nombreux projets, mais le développement des capacités est chronophage, notamment lorsque les initiatives sont lancées par plusieurs acteurs en collaboration — ce que de nombreux politiques ne comprennent souvent pas, étant donné qu’ils sont sommés de fournir des résultats dans les plus brefs délais », s’est plainte une source européenne du secteur.

    Le premier examen annuel coordonné en matière de défense (EACD) sera présenté aux ministres de la Défense et à l’Agence européenne de défense (AED) en novembre. Il offrira un aperçu de la position européenne sur le plan de la défense et indiquera les prochaines étapes à suivre à ce propos.

    Dans un même temps, la coopération structurée permanente (CSP) doit évaluer les forces et faiblesses des 47 projets qu’elle englobe jusqu’à présent et analyser si ses objectifs ont été atteints.

    Puis, la COVID-19 a fait son entrée en scène.

    Les actions lancées pour répondre au coronavirus ont occupé tous les secteurs politiques. À cet effet, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a été chargé de soutenir la coordination des forces nationales armées dans la lutte contre le virus. Jusqu’à présent, les résultats sont peu visibles. De son côté, l’OTAN semble avoir pris plus de mesures pratiques.

    Même si les deux rapports évalueront les priorités stratégiques de l’UE, il semblerait que des réunions bilatérales entre les États membres aient eu lieu avant la pandémie, autrement dit les informations fournies précèdent la crise sanitaire.

    « Bien que l’analyse actuelle ne reflète pas les futures décisions qui seront prises par les États membres, les capitales européennes devraient essayer d’inclure de nouveaux sujets, mais elles ne souhaitent pas trop s’avancer à cet égard », a indiqué une source européenne.

    « Aussi perturbatrices que soient les répercussions économiques et financières liées à la COVID-19, la pandémie n’occultera pas la nécessité pour les États membres de renforcer tout le spectre des capacités de défense de l’Europe, et ce, en collaborant », a écrit Jiří Šedivý, le nouveau directeur général de l’Agence européenne de défense (AED), à la mi-juillet, en soulignant l’opportunité que représentait la crise. « Cette crise accroît le caractère urgent et indispensable du développement de capacités en matière de coopération ».

    Toutefois, à la question de savoir si les priorités avaient changé en raison de la menace que représente la pandémie pour les projets militaires de l’UE, les représentants européens auraient répondu que « différents évènements façonnent certes la politique, mais il est dangereux de changer les priorités dans chaque crise ».

    La seule évolution certaine sera la nécessité accrue d’élaborer une réponse adéquate aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, car la lutte mondiale contre la pandémie a mis en évidence la vulnérabilité de la société aux menaces biologiques naturelles et anthropiques, ce qui a incité les experts à mettre en garde la population contre une augmentation potentielle de l’utilisation d’armes biologiques, comme les virus ou les bactéries, dans un monde post-coronavirus.

    Dans le même temps, les responsables américains font pression depuis des mois en faveur d’une politique d’inclusion offrant aux pays tiers le plus grand accès possible à la CSP et au FEDEF, couvrant les entreprises de défense, qui outre les États-Unis d’Amérique, comprendrait également la Grande-Bretagne post-Brexit.

    La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer avait laissé entendre qu’elle « essaierait de mettre en œuvre la proposition afin que nous puissions faire participer des pays tiers aux projets de la CSP », et ce, pendant la présidence allemande au Conseil de l’UE.

    Cependant, les dirigeants européens ont jusqu’à présent déclaré qu’ils voulaient se concentrer sur le renforcement de la coopération intraeuropéenne – et soutenir les secteurs fragmentés de défense au sein de l’UE – avant de s’ouvrir à une concurrence plus large. Un souhait se traduisant directement par la crainte d’empêcher les pays tiers de recevoir des fonds européens de défense déjà très rares destinés uniquement aux États membres.

    « La question ouverte des règles de participation des tiers doit être résolue le plus rapidement possible », ont écrit les quatre ministres de la Défense de France, d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie au haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité l’UE, Josep Borrell, fin mai, en faisant allusion à une proposition visant à limiter l’accessibilité des fonds pour les pays tiers.

    L’analyse européenne des menaces

    L’un des principaux objectifs de la présidence allemande de l’UE sera de discuter de la nouvelle « boussole stratégique commune », un outil destiné à guider la mise en œuvre de la stratégie globale de l’UE en matière de défense et de sécurité, et à mener à une analyse commune des menaces dans l’ensemble du navire européen. Son approbation est attendue pour 2022.

    Les ministres européens des Affaires étrangères ont officiellement lancé le programme de travail de ce nouveau projet en juin dans le but d’harmoniser les perceptions de la menace et les visions stratégiques encore divergentes parmi les États membres, et par la sorte, consolider les efforts en vue de la création d’une Union européenne de la défense.

  • Retraite: digitalisation du certificat de vie, échanges automatiques de données et soupçons de fraude !

    Retraite: digitalisation du certificat de vie, échanges automatiques de données et soupçons de fraude !

    M. Pierre Vatin, député de la cinquième circonscription de l’Oise,  a posé une question ce 18 aout 2020 à  M. le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Veran,  sur le versement des pensions de retraite aux bénéficiaires résidant à l’étranger.

    Pour lui le certificat de vie doit être désormais transmis, obligatoirement, en ligne et tout retard entrainerait la suspension du versement de la pension. D’autres prônent pour une extension de l’échange automatique de données entre états lors du décès d’un bénéficiaire.

     

    S’appuyant sur les rapports de la Cour des comptes, le député remet en cause le dispositif en lui même si aucune solution ne peut être trouvée.

    Le député Pierre Vatin
    Le député Pierre Vatin

    Selon le député Les Républicains, Pierre Vatin,  certains pays ont un nombre de centenaires bien supérieur à celui constaté en France. Soupçonnant donc que les décès à l’étranger ne sont pas toujours déclarés, on pourrait aisément conclure que la famille du défunt qui a travaillé en France continue à percevoir sa retraite. Un dispositif de déclaration en ligne, opérationnel depuis octobre 2019, permettrait aux retraités résidant à l’étranger de faire parvenir aux caisses de retraite un certificat de vie. Le défaut de ladite déclaration suspendrait le versement de la pension de retraite. Cette mesure allant dans le sens d’une simplification de démarches peut aussi être celle qui simplifie les déclarations frauduleuse. Dans ce raisonnement, c’est oublier la situation concrète de certains pays dont les connexion internet sont défaillantes, l’administration locale incapable de fournir un document numérique certifié ou la difficulté pour les bénéficiaires d’accéder au matériel pour scanner et envoyer le fameux sésame.

    Sauf que la fraude se mesurant par milliards selon le député Vatin et la Cour des Comptes. Le Ministre de la Santé, Olivier, Veran, devra prendre des mesures pour arrêter cette hémorragie qui pèse lourd sur les finances de la France.

    Première piste, la généralisation du dispositif de déclaration en ligne à l’ensemble des retraités bénéficiaires à l’étranger d’une pension française, doit être une priorité.

     

    Digitalisation du certificat de vie

    La dématérialisation vient simplifier la procédure par envoi postal. Depuis le 14 octobre 2019, c’est donc cette solution qui est privilégiée meme si elle n’est pas encore généralisée.

    « Si c’est le moment de renvoyer votre certificat d’existence, vous trouvez un document pré-rempli avec votre numéro Insee, votre nom de famille, votre prénom », explique Stéphane Bonnet, directeur de l’Union retraite, groupement d’intérêt public (GIP) chargé de la mutualisation et de la simplification de l’inter-régimes de retraite, et gérant du site info-retraite.fr.

    En France, c’est l’autorité municipale qui est compétente pour délivrer les certificats de vie. Hors de France, la liste des autorités compétentes en matière de délivrance des certificats de vie dépend du pays où le pensionné réside et est consultable sur les sites internet des postes consulaires. Les parcours peuvent donc être bien différent d’un pays à l’autre pour faire « tamponner » le document disponible sur info-retraite.fr  (une fois imprimé).

    Simple à la mairie de votre commune où compliqué via une démarche chez le notaire (donc tarifée) ou via un ensemble de services ministériels (donc avec un délai important), les disparités sont nombreuses. Il y a autant de procédures qu’il y a de pays. Après il faut scanner et envoyer via le portail de sa caisse de retraite ou directement via info-retraite.fr

    Il s’agit, pour beaucoup des 1,2 millions de retraités à l’étranger (toutes nationalités confondues), d’une solution économique et peu contraignante qui peut faciliter considérablement la vie des retraités expatriés.
    Cette télétransmission avait été prévue une première fois dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2017. En effet, une disposition de cette loi stipulait qu’à partir du 1er janvier 2018, les retraités résidant à l’étranger et quelle que soit leur nationalité peuvent envoyer leur justificatif de vie par voie dématérialisée. Malheureusement, ladite disposition avait été abrogée par le Conseil Constitutionnel.

    La principale raison de ce refus vient des fraudes aux pensions. Comme toutes les données transitant sur internet, les courriers électroniques sont vulnérables au piratage, aux virus informatiques et aux arnaques en tout genre. Elle a été réintroduite en 2019 avec le rapport de la député des Français d’Asie, Anne Genetet (LREM).

    Avec la crise du Covid-19, de nombreuses administrations des pays de résidence ont été fermés de longues semaines. Rendant difficile voir impossible, l’obtention du fameux certificat permettant la perception des indemnités de  retraite ou d’une pension.

    Les délais avaient donc été prolongés du fait de la pandémie. Cependant, depuis le 1 aout 2020,  la dispense n’est plus valable, il est impératif pour les pensionnés de se soumettre à la procédure sous peine d’une suspension du versement de la retraite. (retrouvez tous les délais ICI)

     

    Certificat de vie : une vraie simplification pratique depuis le 14 octobre?

    L’échange automatique des données entre états ! 

    Dans certains pays d’Europe, les retraités expatriés ne sont plus dans l’obligation de fournir la preuve de leur existence.

    Cet état de fait est rendu possible par la mise en place d’un échange automatisé d’informations décès entre les différents services. Le premier pays ayant signé cette convention est l’Allemagne en 2015. En 2016, la CNAV (la caisse nationale assurance vieillesse) signe la même convention avec la Belgique et le Luxembourg. En 2017,  l’italie fut signataire du dispositif. D’autres pays comme le Portugal, ou encore l’Espagne ont rejoint cette liste en 2019. Ce système d’échanges automatisés d’informations décès devrait également concerner l’Israël dans un futur proche.

    L’information du décès d’un pensionné retournée par l’institution du pays partenaire est inscrite au SNGI (Système National de Gestion des Identifiants) opéré par la CNAV et est ainsi exploitable par les autres organismes de protection sociale.

    Une caisse de retraite peut toutefois être amenée à demander un certificat de vie malgré l’existence d’un échange automatisé de données d’état civil, lorsqu’une anomalie (une divergence dans les données d’identification) ressort du fichier échangé entre les deux pays. Les divergences se traduisent par une réponse « non trouvé » qui déclenche l’envoi par la CNAV d’un certificat d’existence.

    Le pensionné doit dès lors impérativement retourner son certificat d’existence rempli pour continuer à recevoir sa pension.

     

    Vivre sa retraite à l’étranger, un droit et une liberté

    En 5 ans, le nombre de Français de plus de 60 ans résidant dans un pays étranger a doublé, et augmente de 4% tous les ans. Il y a peu de chance que ce droit soit remis en cause, même si la chasse à la fraude doit être une priorité. 

    Rien n’empêche, donc, légalement, un(e) retraité(e) de quitter la France pour partir vivre à l’étranger : le versement des pensions est maintenu, exactement comme en France. Il faudra impérativement informer vos caisses de retraite de votre changement d’adresse (hors allocation minimum vieillesse) et bien évidemment suivre les consignes liées au certificat de vie.

     

  • Les écoles à l’heure de la COVID-19 en Australie

    Les écoles à l’heure de la COVID-19 en Australie

    Étant sur un autre hémisphère, l’Australie suit un calendrier particulier concernant le système scolaire. Au-delà d’une rentrée décalée par rapport au système français, dans certaines écoles, les cours reprennent parfois en août. Mais cette année, la crise sanitaire vient modifier les règles préétablies. Petit tour d’horizon du cas australien.

    école bilingue avec mesures de distanciation physique
    école bilingue avec mesures de distanciation physique

    Les écoles bilingues en Australie

    Les plages, le climat, les paysages, les raisons sont variées pour ceux qui souhaitent s’installer en Australie. Pour les expatriés français qui ont une famille en Australie, il existe de nombreuses écoles qui proposent des programmes bilingues français-anglais. De la garderie jusqu’à la fin du lycée, il est possible de trouver aussi bien des établissements publics que privés dans la majorité des États et Territoires australiens. Ainsi, les enfants peuvent pratiquer les deux langues régulièrement. Une véritable opportunité pour les enfants d’expatriés.

    Vous pouvez retrouver l’ensemble des écoles australiennes qui ont un programme bilingue sur le site de l’ambassade.

    Les procédures mises en place dans les états

    Comme de nombreux pays, l’Australie est touchée par la crise du Covid-19. Pour limiter la propagation du virus, des mesures d’hygiène et de nouvelles pratiques ont été mises en place, notamment dans les écoles. Port du masque, lavage des mains, distanciation sociale, des restrictions plus ou moins importantes ont été prises.

    Ainsi, dans la plupart des états, les écoles restent ouvertes mais renforcent leurs procédures d’hygiène. Dans le WESTERN AUSTRALIA, l’école est obligatoire pour tous les étudiants, sauf ceux qui sont vulnérables ou qui ont des personnes à risque dans leur entourage. En revanche, la distanciation entre les écoliers de 4 mètres carrés, le port du masque au sein des établissements et la prise de température, ne sont pas recommandés. Dans le NEW SOUTH WALES, tous les enseignants et les étudiants qui présentent des symptômes, même bénins, sont exclus de l’établissement et un test doit être réalisé immédiatement. Il est ensuite interdit de revenir à l’école tant qu’un test négatif n’a pas été réalisé. Concernant les événements (en Australie, il y a une fois par semaine une cérémonie de « récompenses » au cours de laquelle les parents sont conviés), les règles ont également évolué. À présent, un seul parent est autorisé à se rendre à l’événement.

    La plupart des états ont plus ou moins les mêmes règles.

    En revanche, dans le VICTORIA, les règles sont beaucoup plus strictes ! En effet, la ville de Melbourne est de nouveau confinée après une récente hausse du nombre de cas. De ce fait, les cours se font désormais principalement à distance et l’accueil en classe ne se fait que dans certains cas particuliers. Une toute nouvelle organisation dont le corps enseignant doit se prévaloir.

    Le cas du lycée Condorcet de Sydney

    Entrée du lycée Condorcet
    Entrée du lycée Condorcet

    Si la plupart des lycées effectuent leur rentrée entre janvier et février (selon l’état), le lycée Condorcet présente la particularité d’avoir une rentrée décalée par rapport au reste de l’Australie. Le Lycée Condorcet suit en effet le calendrier scolaire de l’hémisphère nord et a donc fait sa rentrée le 19 août dernier.

    Malgré les récentes mesures du gouvernement, le lycée a pu faire sa rentrée et accueillir les élèves.  Virginie Muti, Directrice de la communication du lycée, nous explique : « Nous avons la chance de pouvoir entamer l’année scolaire en présentiel. La situation sanitaire locale et les recommandations des départements de santé, d’éducation et du poste diplomatique y étant favorables. La scolarité n’est donc pas impactée et les cours sont assurés. »

    Une chance pour ce lycée qui accueille chaque année plus de 1000 élèves en son sein. Malgré tout, des mesures ont été prises afin d’éviter les risques de propagation.

    « Seuls les élèves et les adultes essentiels au fonctionnement de l’établissement sont autorisés dans l’enceinte de l’établissement, prise de température à chaque entrée par caméra thermique, lavage des mains très fréquent, port du masque pour les adultes quand la distanciation n’est pas possible, mise en suspens de certaines activités comme le chant, l’utilisation d’instruments à vent, les événements ou réunions en présentiel, protocole strict en cas de symptômes, etc. »

    L’école demande également aux parents de venir seul pour déposer et récupérer son enfant, de respecter les distanciations sociales et de ne pas rester devant l’école une fois l’enfant repris ou déposé. Une rentrée qui aura définitivement eu un goût étrange pour les élèves !

    L’Australie apprend à vivre avec la Covid-19

    L’Australie prend ainsi les mesures nécessaires afin de protéger son pays. Avec un profond respect des règles mises en place, chaque établissement s’adapte pour accueillir au mieux les élèves.

    Pour en savoir plus sur les autres rentrée dans le monde, n’hésitez pas à consulter notre article sur la rentrée scolaire du réseau français à l’étranger.

  • Gérald Darmanin va démissionner samedi de son mandat de maire de Tourcoing

    Gérald Darmanin va démissionner samedi de son mandat de maire de Tourcoing

    Son successeur sera élu lors d’un conseil municipal en septembre, dont la date exacte n’est pas encore fixée. Le ministre de l’intérieur continuera à siéger au conseil.

    Fin d’une séquence trop longue pour les Tourquennois ? Après plusieurs semaines de flou, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a finalement annoncé lundi soir à l’Agence France-Presse (AFP) et à La Voix du Nord qu’il démissionnerait samedi 29 août de son mandat de maire de Tourcoing (Nord) pour ne plus cumuler les deux fonctions. Selon l’AFP, sa démission sera remise samedi après la célébration de son mariage en secondes noces en mairie. Son entourage a confié au Monde que le conseil d’installation de son successeur pourrait se tenir le 7 septembre.

    Nommé ministre le 6 juillet, M. Darmanin n’avait pas tout de suite quitté son fauteuil de maire de Tourcoing, ville où il avait été réélu avec 60,89 % des voix au premier tour des élections municipales le 15 mars.

    Ce qui provoquait les critiques de l’opposition municipale.

     

     « C’est assez inacceptable pour une ville de 100 000 habitants d’être politiquement en stand-by, soupirait ainsi Franck Talpaert, conseiller municipal d’opposition, à la tête du groupe Ambition commune. On a besoin d’un maire qui prépare la rentrée, mais c’est le calme plat. »

     

    Même lassitude chez les élus écologistes locaux qui lui reprochaient son absence : « Il laisse traîner car il a peur de se faire démissionner de Beauvau, mais c’est méprisant pour les Tourquennois qui ont besoin d’un maire investi et à plein temps », estimait Katy Vuylsteker. La conseillère municipale Europe Ecologie-Les Verts (EELV) était persuadée que l’élu, visé par des accusations de viol, attendait de voir si Jean Castex allait le maintenir au sein de son gouvernement. La cour d’appel de Paris a en effet ordonné, mardi 11 juin, la reprise des investigations au sujet d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance qu’il aurait commis en 2009.

     

    « Ministre à 100 % »

    Elu maire de Tourcoing par son conseil municipal le 23 mai, Gérald Darmanin avait jusqu’ici conservé les deux casquettes, contrairement à la pratique en vigueur pour tous les ministres. Le président de la République et le premier ministre l’avaient en effet autorisé à exercer ses deux fonctions « pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles » liées à l’épidémie de Covid-19, à condition de ne pas cumuler les rémunérations. Gérald Darmanin s’était pour cela engagé à ne pas toucher son indemnité de maire.

    Pourtant, le 9 juillet, il confiait au micro de RTL que « la sécurité des Français demande un ministre à 100 % ». Et, s’il avait bien démissionné du conseil régional des Hauts-de-France dès le 8 juillet, il semblait moins pressé de quitter son hôtel de ville. Au début de l’été, il avait tout d’abord annoncé la nomination d’un nouveau maire d’ici fin juillet. Finalement, le 31 juillet, il écrivait dans un Tweet que  :

     

    « le conseil municipal d’installation du nouveau maire de Tourcoing se tiendra après la période estivale, fin août », précisant qu’il continuera de siéger au sein du conseil municipal.

     

    A Tourcoing mais aussi à la métropole lilloise, le ministre avait surtout brillé par son absence, notamment lors de l’élection du nouveau président de la Métropole européenne de Lille le 9 juillet. Mi-août, l’opposition tourquennoise lance sur les réseaux sociaux un avis de recherche : « Ville de 100 000 habitants cherche son maire de toute urgence. » Franck Talpaert s’explique : « On dénonce ce que l’on a connu avec le précédent mandat : la gouvernance de quelqu’un qui n’est pas présent mais qui dirige tout depuis Paris. » De leur côté, les écologistes pointaient du doigt son absence au dernier conseil municipal mi-juillet, jour de vote du budget.

    Qui lui succédera à Tourcoing ? Gérald Darmanin devrait annoncer le nom de son favori début septembre : son premier adjoint, Jean-Marie Vuylsteker, son adjoint aux finances, Salim Achiba, ou la jeune adjointe multicasquette et vice-présidente au conseil départemental du Nord Doriane Becue ? Quel que soit le nom de son successeur, M. Darmanin n’a pas l’intention d’abandonner totalement sa ville.

     

     « Mon cœur reste à Tourcoing : je suis toujours élu de notre ville et je redeviendrai maire dès ma mission nationale terminée. #Tourcoing », a-t-il écrit sur Twitter lundi.

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  • La crise sanitaire provoque une chute spectaculaire des versements aux actionnaires

    La crise sanitaire provoque une chute spectaculaire des versements aux actionnaires

    Année noire en vue pour les dividendes: sous l’effet de la crise sanitaire et des pressions des régulateurs, les versements aux actionnaires ont connu une baisse sans précédent depuis 2009, une situation qui pourrait perdurer dans les secteurs les plus touchés.

    Au deuxième trimestre 2020, les dividendes ont baissé de plus de 100 milliards de dollars pour les plus grandes entreprises mondiales, soit un recul de 22% par rapport à la même période en 2019, selon le cabinet Janus Henderson.

    Cette chute est inédite depuis que le gestionnaire d’actifs mène ce rapport de référence, en 2009, après le plus fort de la crise des « subprimes ».

    « Il existe une forte dispersion entre les secteurs, qui ont été touchés différemment par la crise », nuance Pascal Quiry, professeur à HEC Paris, dans une interview à l’AFP.

    Les banques interdites de dividendes

    En Europe, les banques représentent la moitié de la baisse selon le rapport, qui pointe les effets des « interdictions réglementaires sur les dividendes » existant également au Royaume-Uni. En Australie aussi, le secteur financier a subi « des pressions réglementaires ».

    Par exemple, la banque française BNP Paribas, qui figurait parmi les dix principaux payeurs de dividendes au monde sur ce même trimestre depuis 2016, a suspendu son versement cette fois-ci.

    « L’objectif des régulateurs est d’éviter des fragilisations au moment où il y a une crise économique importante après la crise sanitaire », rappelle M. Quiry.

    Dans les autres secteurs les plus touchés par les effets de l’arrêt de l’activité économique, les pouvoirs politiques ont pu faire pression sur les grands groupes qui ont bénéficié des mesures d’aide, comme le chômage partiel.

    « En France, on voit l’effet des règles autour des prêts garantis d’Etat et des appels à la modération » lancés pendant le confinement et réitérés par Emmanuel Macron le 14 juillet, déclare à l’AFP Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France et auteur du rapport de l’ONG sur les profits des entreprises du CAC 40.

    Huit sociétés françaises sur dix ont ainsi réduit ou annulé leurs dividendes au deuxième trimestre.

    « Court-termiste »

    Au-delà des incitations politiques, pas forcément suivies d’effet puisque Oxfam a recensé sept entreprises françaises ayant versé des dividendes tout en ayant bénéficié des mesures de chômage partiel, les entreprises en difficulté ont économiquement plus de mal à verser des dividendes.

    D’un point de vue économique, « on ne peut pas dire à la fois +j’ai besoin de l’aide de l’État et de liquidités+ et en même temps verser des dividendes, ce qui signifie une perte de liquidité pour l’entreprise et qui est une dépense non-obligatoire », pointe de son côté M. Quiry.

    Baisser ces dividendes n’a rien d’anodin. « Il y a une convention comme quoi une entreprise, dans la mesure du possible, ne baisse pas ses dividendes », explique M. Quiry.

    Aux Etats-Unis, les sociétés ont préféré suspendre leurs programmes de rachat d’actions pour maintenir les dividendes, qui sont établis une fois par an mais versés en quatre fois, pointe l’étude de Janus Henderson. L’impact devrait donc être plus important au cours du quatrième trimestre, lorsque les distributions pour 2021 seront établies.

    Sur l’année, Janus Henderson mise sur un repli des dividendes compris entre 17 et 23%. Cette baisse pourrait perdurer quelques années, les dividendes étant normalement basés sur les résultats de l’entreprise lors de l’année précédente.

    « Tout l’enjeu, c’est de déterminer maintenant le comportement à adopter en période de croissance », estime M. Parrinello, pour que les entreprises se constituent plus de « bas de laine » pour faire face aux crises ou consacrent davantage à « l’investissement ».

    De 1992 à 2008, la part des dividendes versée dans le bénéfice des entreprises de l’Union européenne est passée de 1% à 4%, soulignait un rapport publié par la Commission européenne en juillet. Les auteurs voient dans cette évolution « court-termiste » un danger pour « les intérêts à long terme de l’entreprise. »

  • La France peut-elle faire une pause dans les réformes ?

    La France peut-elle faire une pause dans les réformes ?

    La pause dans les réformes est une vieille antienne en France.

    Le 24 février 1937, Léon Blum annonce « une pause dans les réformes sociales conduites par son gouvernement ». Le 9 juin 1982, le Président Mitterrand déclare dans une conférence de presse qu’il est nécessaire de faire une pause dans les réformes afin de les « digérer » et de stabiliser la situation budgétaire.Avec la crise boursière d’octobre 1987, Jacques Chirac décida de ralentir le rythme des réformes. En décembre 1995, après les grandes grèves occasionnées par le projet de réforme d’Alain Juppé concernant la Sécurité sociale, il en fut de même. La crise des subprimes de 2009 et celle de 2011 relative aux dettes souveraines eurent le même effet sur les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Au mois de mars 2017, avec la Covid-19, Emmanuel Macron fut également contraint de suspendre les réformes des retraites et de l’assurance chômage.

    Si en 1982, la volonté du pouvoir était d’éviter une accélération du dérapage du déficit public, depuis, il s’agit d’éviter une crispation de l’opinion publique. Sur ce sujet, après la réforme de 2003 sur les retraites, le Premier Ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin décida de reporter celle sur l’assurance maladie car il estimait qu’il fallait éviter de trop tendre les liens sociaux par crainte d’un blocage complet du pays.

    Depuis 1968, en France, les gouvernements vivent dans la hantise d’une convergence des luttes sociales. Emmanuel Macron a été un des premiers à tenter plusieurs réformes en parallèle mais force est de constater que, pour le moment, du fait des circonstances, il a dû renoncer à plusieurs d’entre-elles.

     

    Des finances publiques en indélicatesse

    Cette kyrielle de pauses dans les réformes qui sont désormais connotées négativement par la population entraîne une accumulation de retards dans la modernisation des finances publiques.

    La France est le pays de l’Union européenne qui se caractérise par le plus haut niveau de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires. Ces derniers ont supérieurs de 5,2 points de PIB en France à ceux du reste de la zone euro et de 8,1 points de PIB à ceux de l’Allemagne. Pour les impôts sur les entreprises, la France est 7 points de PIB au-dessus de la moyenne de la zone euro (hors France). Pour les seuls prélèvements qui pèsent sur la production, l’écart est de 4 points de PIB.

    Pour les dépenses, la France dépense 12 points de PIB de plus que les autres États de la zone euro. Même en soustrayant certaines dépenses qui sont considérées de nature privée chez nos partenaires (dépenses liées aux fonds de pension ou à l’éducation par exemple), l’écart reste significatif, environ 10 points de PIB.

    Depuis 1980, la France n’a jamais enregistré un solde public nul ou positif, entraînant l’augmentation continue de la dette publique qui est passée de 24 % du PIB en 1980 à 98 % du PIB en 2019.

     

    Une productivité moyenne dans les services publics

    Les emplois dans les administrations publiques représentent 22 % de l’emploi total en France contre 14 % au sein de la zone euro (hors France) et 13 % au sein de l’OCDE (hors France). Si la productivité du travail dans le secteur public était la même en France que dans les autres pays de la zone euro, la masse salariale des administrations publiques serait plus faible de 1,2 point de PIB en France ; si elle était la même en France qu’en Allemagne, la masse salariale des administrations publiques serait plus faible de 3,6 points de PIB en France. Le déficit de productivité du travail dans les administrations publiques en France s’élève à 10 % vis-à-vis du reste de la zone euro et 30 % vis-à-vis de l’Allemagne.

    La réforme de l’État et des collectivités locales est en chantier depuis une quarantaine d’années sans pour autant avoir débouché sur une réelle rationalisation. Le Premier Ministre, Jean Castex, s’est engagé à lancer un nouveau processus de décentralisation.

     

    Le dossier brûlant de la retraite

    Les dépenses de retraite sont 4 points de PIB plus élevées en France que dans le reste de la zone euro. Les dépenses de retraites sont à 97 % assurées par des systèmes obligatoires en France et rentrent dans le champ des dépenses publiques. Cette proportion est moindre au sein de la zone euro et au sein de l’OCDE du fait de la présence plus importante des fonds de pension.

    La moitié de l’écart entre la France et ses partenaires pour les dépenses de retraite est imputable à la plus forte socialisation des dépenses. L’autre moitié est due à un niveau de couverture plus important et à l’espérance de vie à la retraite la plus élevée de l’OCDE, en raison d’une liquidation précoce des droits. La France est pénalisée au niveau des dépenses de retraite par des départs précoces, plus de la moitié interviennent avant 62 ans conduisant à un faible taux d’emplois de 60/64 ans. Il est de 32% en France contre 48% dans la zone euro (hors France) et de 62% en Allemagne.

     

    La santé, des dépenses importantes pas toujours gages d’efficacité

    En matière de santé, le poids du public en France est supérieur d’un point de PIB, à la moyenne européenne. Les dépenses publiques de santé s’élèvent à 10% du PIB quand la part relevant du privé (complémentaires et reste à charge pour les ménages) est de 2% du PIB. La France se caractérise par le reste à charge le plus faible de l’Union européenne. L’écart est, en revanche, bien plus important en ce qui concerne le poids du personnel administratif au sein des hôpitaux. Il est de plus de 33 % en France contre 26 % en Allemagne ou 18 % au Portugal.

    Les pouvoirs publics ont eu tendance, en France, ces dernières années, à faire peser les efforts sur les hôpitaux en restreignant les dépenses d’investissement et en privilégiant l’ambulatoire. L’Allemagne dispose de 6,02 lits de soins aigus pour mille habitants, contre 3,09 pour mille habitants pour la France (source OCDE – 2017).

    La crise sanitaire devrait conduire à une nouvelle augmentation des dépenses de santé. La question de la réorganisation du système de santé est depuis une vingtaine d’années reportée par crainte d’une levée générale des boucliers.

    L’éducation, des résultats moyens

    Pour les dépenses d’éducation, les dépenses publiques en France représentent 5,5 % du PIB et les dépenses privées 0,8 % du PIB. Pour la zone euro et l’OCDE, ces valeurs sont respectivement de 4,5 et 0,8 %. Les enquêtes PISA de l’OCDE soulignent que le niveau de l’éducation est moyen et tend à reculer. La France se classe en 23e position loin derrière les États d’Europe du Nord et ceux d’Asie. La France consacre, en revanche, moins d’argent que ses voisins pour l’enseignement supérieur.

    Des prestations sociales généreuses

    Les dépenses de solidarité (minima sociaux, allocations logement, allocations familiales) sont, en moyenne, supérieures d’un point de PIB par rapport à la moyenne européenne. La France peut s’enorgueillir d’avoir un des plus faibles taux de pauvreté en Europe. Il est de 14%, contre 17% en moyenne au sein de l’Union européenne.

     

    Des dépenses économiques et en faveur des territoires élevées

    Les dépenses d’intervention publique (4,2% du PIB) sont supérieures de plus d’un point à la moyenne de l’Union européenne. Les pouvoirs publics soutiennent un grand nombre d’activités et de territoires.

    La recherche bénéficie d’un crédit d’impôt spécifique de 5 milliards d’euros. Les énergies renouvelables bénéficient également d’un soutien d’un montant comparable. Les territoires d’outre-mer, les transports, l’emploi à domicile, les collectivités territoriales, les bas salaires font l’objet d’aides spécifiques pour des montants conséquents.

    Les aides versées aux collectivités locales sont supérieures de 0,2 point de PIB à la moyenne européenne. Elles sont plus élevées de 0,5 point en France, exception faite des États fédéraux allemands, l’Autriche ou la Belgique.

    La France consacre une part plus importante de son PIB aux investissements publics. Le surcroît est de 2 points. Ces investissements publics sont en partie imputables à la socialisation de certaines activités comme les crèches, le ramassage des ordures ménagères, les équipements culturels ou sportifs, etc. Les comparaisons sont de ce fait délicates à réaliser.

     

    La défense n’explique pas tout

    Les gouvernements, en France, mettent souvent en avant les dépenses militaires pour expliquer le poids plus élevé des dépenses publiques et le maintien d’un fort déficit public. Or, au sein de l’Union européenne, les écarts sont faibles pour ce type de dépenses. Elles s’élèvent à 1,8% du PIB en France contre une moyenne de 1,5%.

    Au moment où le taux de marge des entreprises se dégrade, une diminution des prélèvements obligatoires semble être nécessaire. Pour le moment, un allègement de dix milliards d’euros est attendu. Il est insuffisant pour réduire l’écart avec les autres partenaires européens.

    Sans effort au niveau de l’organisation et des dépenses, il apparaît difficile de revenir dans la moyenne au niveau des prélèvements obligatoires. Le risque est alors une fuite en avant dans le déficit et la dette qui pourrait également concerner les entreprises. Le recours aux Prêts garantis par l’État est porteur de biens des problèmes en perspective quand les entreprises seront amenées à la rembourser. Les demandes d’étalement voire d’effacement pourraient alors bien être nombreuses.

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