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  • Taxe carbone aux frontières : des contours encore très incertains

    Taxe carbone aux frontières : des contours encore très incertains

    Alors que la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne devrait être instaurée d’ici à 2022, un rapport détaille les enjeux et les options de ce mécanisme qui comporte encore de nombreuses zones d’ombre.

    La taxe carbone aux frontières constitue l’une des priorités de l’agenda politique de la Commission européenne dans le cadre de son Green deal, alors que celle-ci souhaite porter à 55 % l’objectif de réduction des émissions pour 2030. Son projet devrait être présenté vers le mois de juin 2021, pour une mise en place d’ici à 2022.

    Beaucoup d’incertitudes planent toutefois sur les contours de ce mécanisme censé pallier les fuites de carbone et préserver la compétitivité des entreprises européennes. Un défi « étroitement lié » à l’augmentation de l’ambition climatique de l’UE, indique l’European Roundtable on Climate Change and Sustainable Transition (ERCST) dans un rapport publié le 30 septembre, soutenu notamment par les gouvernement français et allemand. Or les échéances se rapprochent, soulignent les auteurs.

    L’enjeu est de taille car outre les objectifs du Green deal, la Commission souhaiterait attribuer les revenus issus de cette future taxe en fonds propres au plan de relance européen Next Generation EU, doté de 750 milliards d’euros.

    Le Parlement européen avait entériné cette possibilité lors d’un vote en plénière le 16 septembre, maintenant sa position sur « la nécessité d’introduire de nouvelles sources de revenus dans le budget de l’UE ». Les députés avaient de plus demandé un calendrier juridiquement contraignant pour leur introduction, insistant sur le fait que «  le financement de la relance doit être durable grâce à l’introduction, par exemple, de taxes sur les pollueurs transnationaux (…) ».

    Une fourchette de revenus très large 

    Selon les estimations de la Commission, la taxe carbone aux frontières pourrait apporter entre 5 et 14 milliards d’euros, une fourchette très large qui se précisera selon le champ d’application et la conception du mécanisme mis en place.

    La taxe carbone aux frontières fait actuellement l’objet d’une consultation publique, ouverte jusqu’au 28 octobre. Pour l’heure, plusieurs options sont envisagées par Bruxelles. Parmi elles, une taxe appliquée sur les importations à la frontière de l’UE, pour les produits issus de secteurs à risque quant aux fuites de carbone, ou encore une extension du système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE aux importations. Cette dernière option obligerait les producteurs étrangers ou les importateurs à acheter des quotas dans ce cadre, ce qui impacterait la réserve de stabilité de marché.

    Cette mesure, effective depuis janvier 2019 et destinée à réduire l’excédent de quotas, avait permis de faire remonter le prix du carbone, trop bas pour être efficace pendant de nombreuses années, avant que la réduction massive et imprévue des émissions de gaz à effet de serre dues au mesures de confinement ne le fasse à nouveau drastiquement baisser. Après avoir plongé en dessous de 10 euros entre 2016 et 2018, le prix de la tonne de carbone avait atteint près de 30 euros en juillet 2019 avant de chuter à 15 euros mi-mars.

    « La taxe carbone aux frontières aura des caractéristiques qui ne peuvent pas être vérifiées actuellement, explique à Euractiv France Andrei Marcu, fondateur et directeur général de l’ERCST, coauteur du rapport. Certaines d’entre elles sont susceptibles d’interagir avec le SEQE de plusieurs manières. Si la conception exige que les importateurs détiennent des quotas de l’UE et que ces quotas doivent être achetés sous le plafond actuel du SEQE, cela va clairement contrôler la dynamique et aura un impact sur les prix et la liquidité. Cela nécessitera également une révision des paramètres de la réserve de stabilité de marché ». Pour M. Marcu, traiter séparément la conception et les paramètres du SEQE et de la taxe carbone aux frontières « posera certainement des problèmes qui devront être résolus à l’avenir ».

    Autre solutions envisagées par la Commission, une taxe sur le carbone (de type droit d’accise ou TVA) au niveau de la consommation sur les produits issus des secteurs où existe un risque de fuite – qui s’appliquerait à la production européenne, ainsi qu’aux importations, ou encore l’obligation d’acheter des quotas à partir d’un pool dédié aux importations en dehors du SEQE, qui reflèteraient le prix du marché du carbone européen.

    Les secteurs d’activité qui seront soumis à ce nouveau mécanisme posent aussi question. « Il est administrativement plus facile de ne couvrir que quelques secteurs, et l’UE pourrait mener un projet pilote sur une poignée seulement, explique Aaron Cosbey, économiste du développement et associé de l’ERCST, également coauteur du rapport. Mais un champ d’application restreint pose également des problèmes : il encourage la substitution de produits non couverts par des produits couverts. Il doit donc être suffisamment large pour ne pas exclure ces substituts ».

    Faisabilité politique et diplomatique

    La taxe carbone aux frontières devra encore surmonter de nombreux obstacles avant de voir le jour. Outre les difficultés d’ordre technique et administratif, la question risque fort d’être également compliquée au niveau diplomatique. « Nous œuvrerons pour une mondialisation juste (…), avait plaidé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre. Nous devons insister sur l’équité et l’égalité des conditions de concurrence. Et l’Europe ira de l’avant – seule, ou avec des partenaires qui veulent la rejoindre ».

    « Le carbone doit avoir son prix, car la nature ne peut plus en payer le prix, avait-elle ajouté. Ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières devrait motiver les producteurs étrangers et les importateurs de l’UE à réduire leurs émissions de carbone, tout en garantissant l’égalité des conditions de concurrence dans le respect des règles de l’OMC ».

    Ursula von der Leyen

    Plusieurs partenaires commerciaux ont déjà manifesté leur inquiétude, voire leur opposition, comme la Chine, les États-Unis ou encore la Russie. « La taxe carbone aux frontières suscitera sans aucun doute une controverse avec les partenaires commerciaux, mais notre engagement avec les parties prenantes étrangères a également révélé un contexte qui a considérablement évolué au cours de la dernière décennie, explique Mike Melhing, directeur adjoint du Center for Energy and Environmental Policy Research (CEEPR) du Massachusetts Institute of Technology (MIT), coauteur du rapport.  

    Presque tous les pays mènent désormais une forme de politique climatique nationale, les problèmes de fuite d’émissions et d’impact sur la compétitivité deviennent donc aussi une réalité pour ces États, ce qui rend le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE beaucoup plus facile à comprendre. »

    Mike Melhing

    Le 22 septembre, lors du sommet de l’ONU à New York, le président chinois Xi Jinping annonçait que la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, visait à atteindre son pic d’émissions avant 2030 et la neutralité carbone d’ici à 2060, une décision à laquelle la Commission européenne n’est pas étrangère. Un espoir que sa voix demeure convaincante à l’avenir.

  • Vers un nouveau Yalta

    Vers un nouveau Yalta

    A période exceptionnelle, moyens extraordinaires. Au nom de ce principe, l’abandon des critères de Maastricht est applaudi par toutes et tous. Pour les uns, la page de l’austérité serait tournée ; pour d’autres, il est mis fin à des règles sans fondement. 

    Le projet de loi de finances et le projet de loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2021 obéissent à la règle de la nécessité qui fait loi. A chaque crise, depuis 1973, le déficit est de plus en plus élevé. En 2009, il avait atteint le niveau jugé à l’époque historique de 7,2 % du PIB ; il devrait s’élever, en 2021, à 6,7 % après 10,2 % cette année. Tourner la page de l’austérité budgétaire est pour la France une vue de l’esprit. En effet, notre pays n’a pas connu d’excédent budgétaire depuis 1973.

    Mauvais élève 

    Lors de ces vingt dernières années, le déficit n’a été inférieur à la fameuse barre des 3 % du PIB qu’à quatre reprises, et encore de peu. En quarante ans, le poids de la dette au sein du PIB a été multiplié par cinq. Mauvais élève de l’Europe en matière de dépenses publiques, la France n’en a guère tiré profit. Sur cette période, son taux de chômage a été constamment supérieur à la moyenne européenne et son taux de croissance a été, très décevant. 

    Avec des taux d’intérêt négatifs, l’époque serait à l’endettement facile. A en croire certains, il serait même idiot de ne pas exploiter le filon. Et pourtant… Logiquement, tout emprunt est censé être remboursé. Si l’endettement ne crée pas de richesses supplémentaires, à un moment ou un autre, le système se bloquera. Dans le passé, tous les cycles d’endettement massif se sont mal terminés. La banqueroute française des deux tiers du 30 septembre 1797, faisant suite aux émissions massives d’assignats, en est une des brillantes illustrations.

    Vers un grand Yalta économique et financier

    Certes, aujourd’hui, toutes les grandes nations pratiquent de même, rendant impossible les possibilités d’arbitrage pour les investisseurs. Le risque de faillite serait conjuré dès lors que toutes les banques centrales et tous les États mènent les mêmes politiques. Cette chevauchée fantastique de l’endettement débouchera à un moment ou un autre, sur un grand Yalta économique et financier. 

    Il y aura sans nul doute des gagnants et des perdants. Il y aura ceux qui auront utilisé à bon escient le filon d’argent pour améliorer leur compétitivité, pour réaliser la transition énergétique à moindre coût, et ceux qui auront essayé de gagner du temps en retardant autant que possible les adaptations à réaliser.

    Basculement des pouvoirs au niveau mondial 

    Ce nouveau Yalta pourrait sonner le glas à terme de l’organisation de l’économie issue de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci est depuis plusieurs années de plus en plus contestée par la Chine, la Russie et d’autres pays émergents. L’ONU, le FMI, la Banque Mondiale mais aussi l’Union européenne, restent très marqués par les années d’après-guerre. Le Conseil de sécurité apparaît de plus en plus anachronique. En Europe, le pouvoir est concentré entre Bruxelles, Paris et Berlin. Les douze États membres en provenance de l’ex-bloc soviétique éprouvent les pires difficultés à se faire entendre près de vingt ans après leur adhésion. 

    Si les pays occidentaux n’arrivent pas à retrouver un élan après le choc sanitaire, le basculement des pouvoirs au niveau mondial pourrait s’accélérer avec un risque accru de tensions internationales en particulier entre les deux grandes puissances.

    Philippe Crevel

  • De la crise à la catastrophe

    De la crise à la catastrophe

    Rien ne sera plus comme avant. Une crise est un état passager qui suppose un retour à la normale. Pour un patient, c’est la guérison. Parfois, la crise est telle qu’elle ne permet pas de retour à la normale. Quand les séquelles sont irrémédiables; alors c’est la catastrophe. 

    Le monde est en train de passer de la crise aux catastrophes. Pas forcément du point médical : Au delà de ce que représente chaque drame personnel, 60 millions de personnes meurent chaque année. 1 million de décès sont attribués au coronavirus, ce qui ne bouleverse pas la démographie mondiale. 1,25 millions d’êtres humains  meurent sur la route, 850.000 personnes se suicident ; aucun pays n’a interdit les voitures, ni instauré un suivi obligatoire des dépressifs. La coronacrise, elle, bouleverse le monde.

    Politiquement, de façon stupéfiante, les démocraties se sont arrogées de pouvoirs exceptionnels aussi contraignants que les dictatures les plus avancées. La parole publique est déferlante, chaotique, contradictoire, et finalement moquée. L’Etat impose les règles les plus contraignantes au moment où plus personne ne respecte la parole de l’Etat.

    Crise de l’Etat et autoritarisme

    L’attitude des dirigeants n’a pas toujours favorisé leur fiabilité. Si la crise de confiance est majeure dans toutes les démocraties, seuls les naïfs peuvent croire qu’elle n’existe pas dans les régimes autoritaires : les purges et les arrestations témoignent que les autocrates réagissent avec violence parce qu’ils ont peur.

    Economiquement, dans la catastrophe en cours, le plus dur est à venir. Il fallait espérer qu’après la mise à l’arrêt volontaire de l’économie mondiale, la croissance redoublerait de vigueur. Il n’en est rien. Il y a des pays où la reprise est active, des pays embourbés, des pays qui s’effondrent, notamment dans l’ancien tiers monde. De même, les entreprises de nouvelles technologies flambent, celles du vieux monde licencient. L’industrie qui n’est pas robotisée se meurt. (Le débat sur la réindustrialisation française est un débat faussé : Le retard en robotique de la France en est la clé.) La reprise est donc une reprise en K: les uns montent, les autres chutent, les entreprises comme les pays. 

    L’âge des conflits à venir

    D’un coté, les travailleurs des vieilles entreprises, qui vont à nouveau connaitre licenciements, de l’autre, la new tech internationale. D’un coté les indépendants avec leur petite société lessivée, de l’autre les fonctionnaires, assurés de la fin du mois et de l’emploi, mais pressurisé parce que les marges financières des gouvernements, après l’euphorie, seront contraintes. D’un coté les jeunes, incapables de constituer un patrimoine avec un salaire, de l’autre des retraités plus ou moins en bonne santé, dont l’épargne sera aussi forte que mal rémunérée. 

    Ceux qui croyaient, qu’avec les Gilets jaunes, une France malade et conflictuelle apparaissait, n’ont pas encore vu ces 37% de la population qui ont déclaré avoir découvert la pauvreté ces derniers mois à cause de la coronacrise. Plus d’un tiers, déjà, de la population française se sent appauvrie. Et la crise économique commence à peine, et la France est un paradis de protection sociale.  

    Avec l’abondance des liquidités les banques ne savent plus où prêter, mais elles prêteront à ceux qui ont des garanties : apparaitra cet effet de ciseaux assez simple qui veut qui ceux qui ont un peu d’argent s’en verront prêter à taux zéro, ceux qui n’en ont pas n’auront rien, et moins encore. D’où un sentiment accru d’inégalités, de déphasage, d’injustice.

    Sauter d’une crise interne à un conflit extérieur

    Ce qui se passera en France se passera dans la plupart des pays développés. Encore dans les démocraties les amortisseurs, politiques et sociaux, peuvent éviter les conflits trop violents. Ailleurs, les amortissements sont remplacés par la force. 

    Une crise en appelant d’autres, comme la crise sanitaire a engendré la crise économique, celle-ci une crise sociale, avec les tensions politiques s’entendent déjà les bruits de guerre, mode facile pour les gouvernants de ressouder la « nation » autour d’une querelle. 

    La Turquie en est l’exemple. Après avoir désigné comme ennemi le Syrien, le Kurde, l’Israélien, l’Egyptien, le Libyen, le Français, la Turquie ranime le vieux conflit du Haut Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, beau sultanat confronté à l’effondrement du prix du pétrole. 

    Ce n’est pas le seul endroit où les conflits ressurgissent : La Chine  et l’Inde placent et déplacent leurs pions à coup de bottes. En Afrique les guerres irrégulières s’intensifient. Partout, les régimes renforcent la répression. Biélorussie, Russie, Chine, Iran, Turquie, Algérie, Venezuela, sans citer ceux qui ne passent pas la barre des medias occidentaux, purgent et emprisonnent.

    Contrepoisons

    Heureusement, des contrepoisons progressent au rythme des poisons. Beaucoup s’empressent de devancer les crises. En Algérie, par exemple,  le pouvoir, pris entre mille contradictions, ne repousse aucune aide. Malgré une rhétorique ombrageuse, il coopère (tout en expulsant des journalistes français) avec la France, la Russie, les Etats-Unis. Le Sahel brûle, la Libye flambe, la Turquie agace et la banqueroute menace. 

    Le Liban, à l’agonie, reconnait pour la première fois des discussions de normalisation  avec Israël. (J’avais annoncé ces contacts après l’explosion tragique de Beyrouth : ils s’inscrivent dans une des rares voies possibles du sauvetage du Liban). Chacun essaie de se protéger avant qu’un cataclysme ne se produise, cherchant à se prémunir : Régler les vieux conflits pour éviter qu’une étincelle en surgisse, chercher des alliés, accepter les aides, susciter de nouvelles solidarités.

    La peur étant parfois le début de la prudence, il est possible que le monde paniqué devienne sage. 

    Prendre des risques, la sagesse 

    C’est le cas en Europe, où une solidarité financière, et même diplomatique (face au Royaume-Uni, à la Turquie, à la Biélorussie, à la Chine) est en train de naitre. Dire que l’avenir de la planète se joue sur quelques spots publicitaires de Pennsylvanie et du Minnoseta, oblige à se mettre en position de résister à tout. La seule façon de faire face à une vague, c’est de monter dessus. Autrement dit, on ne sort d’une crise que par le haut. Puissent les gouvernements oser, prendre des initiatives, voire des risques, miser sur la jeunesse, sur l’avenir au moment où il parait le plus sombre et le plus incertain. Calfeutrer le monde ne le rend pas plus sûr, mais plus fragile. 

    Si l’on ne veut pas s’en remettre à la peur, il faut se réveiller et sortir du cauchemar que l’on s’est créé. Traverser les catastrophes suppose de réaffirmer la primauté de la vie, de la vie vivante, audacieuse, insolente. En politique cela s’appelle l’audace. Que l’on soit les premiers à épouser le monde d’après, plus il sera adverse, plus il est nécessaire de s’y adapter rapidement.

    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

  • La Nouvelle-calédonie restera française

    La Nouvelle-calédonie restera française

    Le « non » à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie arrive en tête avec 53% des votes exprimés.

    Bureau de vote nommé
    Urne au bureau de vote 51 de Nouméa © AFP

    Près de 180.598 électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d’importantes réserves de nickel, étaient invités à répondre à la question: « voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante? »

    Ce dimanche 4 octobre, selon des résultats encore partiels du référendum d’autodétermination portant sur environ deux tiers des voix, les calédoniens ont décidé de rester français.

    A ce stade, le vote loyaliste recueille environ 53% des voix, contre 47% pour le vote indépendantiste, selon les chiffres du ministère français des Outre-Mer. Le scrutin a été marqué par une mobilisation sans précédent, largement supérieure à celle du premier référendum il y a deux ans. A l’époque, le « non » l’avait emporté avec 56,7% des voix.

    Une participation record. 

    A la fermeture des bureaux, le taux de participation s’établissait à 79,63%, soit 6 points de plus que lors du premier référendum, selon le Haut-commissariat. A la vue des résultats, la mobilisation fût importante dans les deux camps avec une prime à celui des indépendantistes.

    Un processus entamé en 1988

    Ce référendum, comme le premier, s’inscrit dans un processus de décolonisation entamé en 1988 par les accords de Matignon, signés par l’indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et le loyaliste Jacques Lafleur, après plusieurs années de quasi guerre civile entre Kanaks, peuple premier, et Caldoches, d’origine européenne.

    Ces affrontements avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

    Ces accords, consolidés dix ans plus tard par l’accord de Nouméa, ont institué un rééquilibrage économique et géographique en faveur des Kanaks et un partage du pouvoir politique, même si les inégalités sociales restent importantes.

    Il reste la possibilité par l’Assemblée territoriale de convoquer un troisième et dernier référendum en 2022.

  • Le grand prix du Rayonnement Français

    Le grand prix du Rayonnement Français

    Créé en 2009 par Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France et présidente de l’Association pour le Rayonnement Français, les Prix distinguent chaque année les femmes et hommes qui font rayonner les valeurs de la France sur tous les continents.

    Les membres du Jury veulent distinguer et valoriser les initiatives individuelles et collectives, porteuses de l’image d’une France moderne, innovante et diverse. Les lauréats sont choisis pour leur implication personnelle et collective, de nature multiple, à l’image de la diplomatie française : économique, culturelle, gastronomique, humanitaire, touristique, francophone, environnementale.

    Des Lauréats haut de gamme

    L’année dernière à l’occasion des 10 ans du prix, c’est le chef Guillaume Gomez ( chef des cuisines du Palais de l’Élysée ) qui a remis le prix 2019 au chef triplement étoilés Alain Ducasse ( Le Plaza Athénée et Le Meurice à Paris ) en présence du Chef Guy Savoy ( L’Hôtel de la Monnaie à Paris ) lauréat lui-même en 2018.

     « Très heureux d’avoir remis ce soir au Quai d’Orsay, à Alain Ducasse le Prix du Rayonnement Gastronomique. J’ai tenu à la présence de Guy Savoy, lauréat de l’année dernière, car notre métier ne tient que par la transmission… et dans le “collectif” quand l’un brille, il éclaire les autres!  » 

    Le chef Gomez

    La même année, sous un tonnerre d’applaudissements, la capitaine Laëtitia d’Hailles, venue spécialement du Mali, avait reçu le prix au nom de l’ensemble des armées françaises. Dans un domaine où l’on ne pense pas toujours à elles. Le Prix du rayonnement humanitaire a en effet récompensé leurs actions généreuses, leurs sacrifices et leur dévouement à l’extérieur de nos frontières

    En 2017, c’est l’astronaute Thomas Pesquet qui fût distingué par le Grand Prix du Rayonnement Français au côté de la Baguette Parisienne.

    La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam et son jury veillent à ce que le palmarès réunit un plateau d’excellence pour les prix remis au Quai d’Orsay sous le haute patronage du Président de la République et en présence du Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

    Invitation virtuelle pour le débat sur Facebook

    2020, une cérémonie restreinte par la crise sanitaire

    Du fait de la Covid-19 et des mesures sanitaires, la présence physique sera strictement limitée ce mardi 06 octobre pour le Grand Prix. Pour y palier, une diffusion, de la cérémonie et du débat qui suivra, aura lieu sur Facebook. Il suffira de se connecter à partir de 18h30 sur la page de l’association pour y participer. Petit bonus, il sera possible de poser vos questions avant et pendant l’événement via le messenger Facebook.

    Sinon dès le lendemain, vous retrouverez tous les lauréats sur Lesfrancais.press

  • Macron met en place la lutte contre le séparatisme musulman!

    Macron met en place la lutte contre le séparatisme musulman!

    Dès le début de son discours aux Mureaux, le chef de l’État a visé l’idéologie « politico-religieuse » qui conduit certains à placer leur foi au-dessus des lois de la République.

    Emmanuel Macron a choisi d’être clair dans son choix des mots. Dans le propos introductif de son discours sur le séparatisme, prononcé aux Mureaux ce vendredi, le chef de l’État a affirmé que le problème auquel était confrontée la société française n’était pas celui de la laïcité.

    « Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste »

    Emmanuel Macron le 02 octobre 2020

    « C’est un projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, qui se traduit souvent par la constitution d’une contre-société, et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles, communautarisées qui sont le prétexte pour l’enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République »

    a développé Emmanuel Macron.

    Ne pas tomber dans le « piège de l’amalgame »

    Refusant de tomber dans l’écueil de « l’amalgame qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans », le président de la République estime qu’il s’agirait là d’un piège « que nous tendent les ennemis de la République ». Il a toutefois répété qu’il y a « un islamisme radical qui conduit à nier la République ».

    Il se manifeste par un « endoctrinement » qui mène « à la négation de nos principes », à savoir « l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité humaine ». « Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République », a déclaré Emmanuel Macron, tout en précisant qu’il ne demandait à personne – en l’occurrence les musulmans – de « croire ou de ne pas croire, de croire un peu ou modérément ».

    « Mais je demande à tous les citoyens (…) de respecter absolument toutes les lois de la République », a-t-il insisté.

    Emmanuel Macron le 02 octobre 2020

    Des mesures concrètes pour lutter contre le séparatisme

    Stratégie d’ensemble en cinq piliers

    Le Président précise qu’il va y avoir une stratégie d’ensemble aux cinq piliers principaux, autour d’un renforcement de la laïcité.

    1er axe : neutralité de service public

    Le premier axe c’est un ensemble de mesure de neutralité de service public.

    Les menus confessionnels à la cantine, les horaires différents pour les hommes et les femmes à la piscine… Avec cette nouvelle loi, le préfet pourront suspendre des mesures de ce type.

    Des dérives ont été constatées dans les services publics concédés. Les agents devront désormais avoir une obligation de neutralité.

    Tous les faits qui ne sont pas en accord avec nos principes, il faut s’y attaquer.

    2e axe : les associations

    Les associations sont des acteurs, des piliers… de la République. Le problème vient que certaines déploient des stratégie d’endoctrinement.

    Nous allons renforcer les contrôles, dissoudre les associations qui posent souci…Avant la dissolution, il y a le financement. Pour avoir des subventions devra signer une charte de laïcité, sinon elle devra rembourser.

    Au total sur nos associations, la loi permettra le contrôle, le respect de nos valeurs et la dissolution.

    3e axe : l’école

    Parmi les mesures annoncées, le président a expliqué que l’instruction scolaire à domicile sera, à partir de la rentrée 2021, « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé », et qu’elle deviendra donc obligatoire au sein de l’école dès l’âge de 3 ans.

    « Des cas d’enfants totalement hors système »

    « Aujourd’hui, plus de 50000 enfants suivent l’instruction à domicile, un chiffre qui augmente chaque année ». « Chaque semaine des recteurs et rectrices trouvent des cas d’enfants totalement hors système ».

    Emmanuel Macron

    Instruction à domicile très limitée

    J’ai pris la décision radicale : dès la rentrée 2021 l’instruction sera obligatoire pour tous dès 3 ans, l’instruction à domicile sera limitée.

    Le président a évoqué des parents d’élèves qui refusent de mettre leurs enfants au cours de musique ou à la piscine et ensuite « la déscolarisation ». « Ces enfants ne vont pas au Cned (NDLR : enseignement à distance) mais dans des structures nullement déclarées », a poursuivi M. Macron. « Des murs, presque pas de fenêtre, des femmes en niqab qui les accueillent, des prières, certains cours, voilà leur enseignement », a-t-il dit.

    Les écoles hors contrat plus contrôlées

    « Chaque mois, des préfets ferment des écoles, souvent administrées par des extrémistes religieux », a-t-il ajouté. « Dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire », « l’instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé », a-t-il annoncé, parlant d’un changement de « paradigme ».

    Emmanuel Macron a aussi confirmé que les dispositifs de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d’autres pays (Elco) allaient être supprimés, conformément à ce qu’il avait annoncé en février dernier.

    Ces Elco, qui faisaient l’objet de contrats avec l’Algérie, le Maroc et la Turquie, offrent des cours dispensés par des enseignants parfois non francophones et sans contrôle de l’Education nationale, a-t-il rappelé.

    Enfin, les écoles hors contrat qui sont « davantage contrôlées grâce à la loi Gatel feront l’objet d’un encadrement encore renforcé », a assuré Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité de « procéder à des fermetures administratives quand elles s’imposent ».

    La République s’est construite autour de l’école. La République résistera par l’école. Ce projet est extrêmement ambitieux et il est un pilier essentiel.

    4e axe : « un islam des Lumières »

    Il nous faut aider cette religion pour se structurer pour être un partenaire de la République. L’organisation ne correspond pas à notre méthode. 

    Un travail de structuration et de responsabilités partagées : il fallait identifier les interlocuteurs de l’islam ce qui a été fait pour désormais pouvoir construire un « islam des Lumières ».

    En libérant les influences étrangères de l’islam en France, notamment l’ambiguité sur le financement. Beaucoup de structures fondées sans transparence.

    Les mosquées seront invitées à sortir du système de la loi de 1901, des associations, sinon elles seront contrôlées.

    De plus sera installé un dispositif anti-push des islamistes via les financements.

    Enfin, former les imams en France : le Conseil français du culte musulman se chargera de labelliser une formation des imams, de les certifier et écrire une charte dont le non-respect entraînera une exclusion.

    Les études des civilisations musulmanes devront être renforcées. Il faut enseigner plus largement la langue arabe pour éviter que les jeunes aillent l’apprendre dans des associations hors de contrôle. 

    5e axe : faire aimer la République

    L’amour ça ne se décrète pas, ça ne se légifère pas. Refaire rentrer la République dans le quotidien. Beaucoup de travail a été fait mais ça ne se voit pas forcément.

    La République doit revenir partout.

    Nous aimons la République quand elle tient ses promesses d’émancipation.Il faut aller plus loin dans cette voie. Pour que chacun puisse trouver sa place peu impote sa couleur de peau.

    Il faut aller plus loin pour lutter contre le racisme.

    Un réveil républicain

    Et de conclure à travers ces cinq grands axes, c’est pour un travail pour un réveil républicain. À réapprendre les raisons que nous avons de vivre ensemble : nous sommes une nation de citoyens. Nous sommes un et pluriel.

    REVOIR LE DISCOURS EN CLIQUANT ICI

  • « La Méditerranée est une poubelle »

    « La Méditerranée est une poubelle »

    Un rapport du WWF France a révélé que la Méditerranée se transforme peu à peu en « mer de plastique », avec un nombre de déchets « en hausse considérable ». La navigatrice Isabelle Autissier, qui préside le WWF France, lance un cri d’alarme. 

    Le plastique représente aujourd’hui 95% des déchets sur les plages et en surface de la Grande Bleue !

    Nous ne découvrons pas la Méditerranée. Nous y sommes présents depuis plus de 19 ans. Elle est, pour le WWF, un choix stratégique, un lieu de travail et d’expérimentation permanent. Nous y avons déployé nos antennes afin d’y analyser l’évolution de ce que nous pouvons considérer comme une nouvelle mer de plastique, et son impact sur les sujets les plus prégnants en matière d’environnement. Notre étude a été lancée il y a de longs mois. Cette pollution d’un niveau mondial est en hausse considérable, son impact est énorme sur la biosphère. Quand vous scannez pour savoir où porter l’effort, l’évidence est là : le plastique domine. C’est la matière qui augmente le plus en masse ces dernières années. Elle nous vient du pétrole, et de fait, elle n’est pas près de disparaître. Et c’est là, le drame. 

    Cette Méditerranée si précieuse pour tous les peuples qui l’entourent, est-elle une poubelle ?

    Eh bien oui. C’est une terrible réalité, dont nous prenons brutalement conscience. Quand nous avons commencé notre étude, nous n’avions pas idée que c’en était à ce point-là ! Les niveaux de pollution tous azi- muts y sont particulièrement élevés, c’est très impressionnant. Avec son statut de mer fermée, il y a peu de chance d’évacuer ces masses toxiques. Nous allons nous trimballer ce fléau des siècles durant. Les micro- particules posent un problème majeur. Les sacs en plastique, quand ils se désagrègent, empoisonnent la chaîne alimentaire, se retrouvent jusque dans le plancton. Tous les poissons, les coquillages consomment du plastique. 

    Donc, nous-mêmes, dans nos assiettes, au bout de la chaîne. Cela va plus loin, dès nos plages, celles que nous fréquentons avec nos enfants ? 

    La poignée de sable, eh bien, ça fait peur ! Ces microplastiques présentent un danger majeur insoupçonné : ce sont des éponges à polluants, qui fixent un tas d’autres produits dissouts. Ces granulés bien visibles sont encore plus dangereux : leur couleur, leur odeur, les oiseaux en raffolent. Nous ne savons plus comment traiter cette urgence. 

    Nous vivons, sans en prendre réellement conscience, au bord de la mer la plus polluée au monde.

    Elle en a toutes les caractéristiques. C’est une évidence : les pays industrialisés se moquent totalement des mesures environnementales qu’ils devraient prendre pour enrayer le phénomène. 

    Et reste le problème posé par les grands navires de croisière qui font escale dans les ports corses ?

    « C’est un sujet inquiétant, qui concerne tout autant la pollution générée à quai qu’en mer. Pas mal de choses pourraient être vite réglées : l’obligation de recyclage des émissions de fumée, des eaux usées et des déchets organiques. Il faut développer et multiplier les mouillages pour permettre de recycler au mieux les eaux noires, à savoir les toilettes des bateaux. Je compare avec ce qui se passe en Antarctique, où les choses en la matière sont extrêmement règlementées. Ce n’est pas pour autant qu’il faille refreiner les activités maritimes. Chacun est en droit de se balader sur un bateau en mer. La Corse n’est pas un sanctuaire, elle se doit d’accueillir les touristes, tout en veillant à protéger la nature et les habitants de l’île, c’est important. Nous avons fait un gros boulot sur la spatialisation, en réunissant l’ensemble des projets de tous les acteurs méditerranéens d’ici à 2030 : si l’on écoutait chacun d’entre eux, la Méditerranée serait entièrement recouverte d’activités incompatibles entre elles ! Tout est exponentiel dans les prévisions. Le tout sans se préoccuper de la vie marine… Je dis : stop ! Il faut instaurer des hots spots, des lieux protégés de diversité marine. Les grands navires de croisière peuvent aller mouiller à Ajaccio comme à Marseille, en évitant un certain nombre d’endroits trop fragiles. » 

    Y a-t-il de quoi être alarmiste ? 

    Habituellement, je ne suis pas d’un naturel pessimiste. Mais là, j’avoue que je suis inquiète. Ça ne va pas assez vite dans le bon sens. Nous sommes en train de perdre cette bataille : la technologie, aussi poussée soit-elle, ne permet plus de revenir en arrière, à l’état initial de ce monde. Le message est certes inquiet, négatif, mais tout n’est pas perdu. Nous avons le pouvoir d’agir dans pas mal de domaines. Chaque problème a sa solution. Ne nous contentons pas de dénoncer telle ou telle catégorie d’individus au comportement néfaste. Notre rôle est, au contraire, d’apporter une expertise, de proposer un certain nombre de mesures. Je sais que le WWF est régulièrement critiqué pour son implication au côté des entreprises. Alors que notre volonté, au contraire, est de les accompagner dans leur évolution vers un modèle environnemental plus ver- tueux. Chaque citoyen est concerné, et pas seulement les responsables politiques. Chacun doit se retrousser les manches. 

  • Témoignage du Proviseur du lycée français d’Abidjan

    Témoignage du Proviseur du lycée français d’Abidjan

    Le Lycée international Jean-Mermoz est un établissement scolaire géré par la Mission laïque Côte d’Ivoire, homologué par le Ministère français de l’Éducation Nationale, et reconnu par le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la formation Professionnelle ivoirien.

    Cette année, un nouveau proviseur a remplacé Mme Sylvie DUPEYRON. M. Jean-Claude Meunier prend ses fonctions en pleine crise de la Covid-19. Après une interruption tout au long du 3ème trimestre 2019/2020, la rentrée, comme ailleurs, fût un défi complexe à relever.

    Jean-Claude Meunier, un nouveau proviseur pour une rentrée exceptionnelle

    Qu’est ce qui peut pousser un Proviseur d’un établissement à Dijon dans cette aventure? Comment créer le lien avec les parents ? Comment gérer la multiculturalité avec masques et gels ? Toutes ces questions, et plus, nous les avons posées à Jean-Claude Meunier, en distanciel !

    Retrouvez le Podcast vidéo du Proviseur du Lycée Jean Mernoz d’Abidjan (Mission Laïque française).

    Proviseur du Lycée Jean Mernoz d’Abidjan
    Retrouvez l’interview du directeur général de la MLF en cliquant ICI
  • Rencontre avec le DG adjoint de la Mission Laïque française

    Rencontre avec le DG adjoint de la Mission Laïque française

    La Mission laïque française, association à but non lucratif fondée en 1902, assure la gestion de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger (écoles, collèges et lycées) scolarisant plus de 60 000 élèves dans 39 pays.

    Pour l’année scolaire 2020/2021, la Mlf annonce un plan de recrutement de plus de 200 nouveaux personnels. Les postes proposés ne s’adressent plus seulement aux titulaires de l’Education Nationale, mais aussi aux non titulaires, privés ou à la retraite. Par ailleurs, cette année, des profils non titularisés de personnels administratifs, techniques, ouvriers, de service et de santé venus de France ou de l’étranger seront ouverts.

    Vous pouvez retrouver toutes les informations sur la plateforme dédiée mise en ligne par la Mission laïque française.

    Covid-19, financement, avenir du réseau

    A cette occasion, nous avons rencontré en « distanciel », Michel Bur le directeur général adjoint, en charge de la pédagogie, de l’association qui chapeaute les 109 établissement dans le monde. Basé à Paris, il est en contact permanent avec ses équipes et les parents.

    Avec lui, on fait le point sur la rentrée marquée par la Covid-19, la grogne des parents et l’avenir du réseau.

    Regardez le Podcast Video ci-dessous

    Rencontre avec Michel Bur le DG adjoint de la Mission Laïque française

    Retrouvez les autres interventions de Michel Bur sur notre média en cliquant ICI

  • COVID-19 : un test éducatif positif?

    COVID-19 : un test éducatif positif?

    Lorsque j’ai refermé les portes de l’école vide le 18 mars à midi pour commencer le confinement, personne ne se doutait que nous étions à la veille d’un saut technologique important.

    Il s’agissait d’une école internationale de plusieurs centaines d’élèves primaires et secondaires et, comme nos collègues du secteur public et privé, nous nous sommes retrouvés en face d’une inconnue : comment allions-nous continuer les cours ?

    L’armature numérique nous a sauvé

    J’avais fait doter l’école d’une plateforme numérique sécurisée qui permet de communiquer dans un intranet entre parents, professeurs et direction. Nous y avions aussi, entre autres, les bulletins, les devoirs, le calendrier de l’année, les commentaires. En outre, j’avais fait équiper, quelques mois auparavant, toutes les classes de tableaux interactifs afin d’utiliser des contenus numériques, mais surtout pour créer nos propres contenus, adaptés à nos élèves et nos cours.

    Je dois bien avouer que certains professeurs étaient assez réticents vis-à-vis du numérique. J’avais donc fait le choix d’enlever tous les tableaux à crayons ou Velléda ; les professeurs n’avaient pas d’autres choix que d’utiliser les tableaux interactifs et de réfléchir sur l’utilisation et la création de contenus. Une méthode certes un peu brutale, mais avec un vrai accompagnement et le soutien de formations intenses, nous avions commencé à voir les premiers fruits de ces efforts. 

    Cependant, soyons réalistes, le niveau moyen des professeurs en matière numérique était faible. Sans la crise du COVID-19, je suis certain que cela aurait pris beaucoup de temps pour mettre tous les professeurs à niveau et leur donner confiance en la technologie.

    L’improbable saut technologique a été fait

    Le confinement est tombé comme un couperet. En 48 heures, il a fallu passer d’une école en présentielle à une école en ligne. Tous ceux qui sont enseignants savent les défis que cela représente.

    Sur une trentaine d’enseignants, seuls 4 ou 5 étaient parfaitement à l’aise avec les outils numériques développés dans l’école. Le soir du confinement, il ne faut pas cacher que ce fut une panique chez certains professeurs. Nous n’avions plus le choix, il fallait maintenant avancer à marcher forcée et proposer des solutions : une école telle que la nôtre, internationale, totalement privée, se devait de fournir un service d’éducation de qualité quelque soit le contexte. Ce fut le réflexe de toutes les écoles similaires : continuer l’enseignement coute que coute. 

    Les deux premières semaines ont été difficiles, mais les vacances de Pâques ont eu un effet bénéfique : les professeurs se sont organisés entre eux pour s’autoformer. Les plus avancés numériquement formaient leurs collègues et des séances de visio-conférence entre eux ont été faites toutes les vacances. Ils ont même fait des répétitions de cours les uns avec les autres : créer une session de cours, inscrire les participants, télécharger les contenus, gérer les interventions des élèves, ils ont tout revu ensemble.

    La nouvelle journée scolaire en ligne

    Il a fallu adapter les paradigmes de l’enseignement en ligne : habituellement le « online » se déroule sur une heure, voire deux heures et n’implique généralement qu’un élève et un tuteur. Ici, c’était bien toute une journée de classe incluant tous les élèves et tous les professeurs qu’il fallait adapter.

    Pour le primaire, après les discussions que nous avons eues avec les professeurs nous avons assez rapidement cernés les principaux points qui constituerait notre journée de classe en ligne : d’abord l’envoi d’une vidéo préenregistrée présentant la matière et indiquant les exercices à faire ; ensuite l’envoi des exercices à faire effectuer par les élèves ; puis une ou plusieurs sessions de visio-conférence en direct avec les élèves répartis en groupe. Ces sessions duraient selon les âges entre 30 à 60 minutes et nous pouvions, selon les cas, en faire jusqu’à trois par jour.

    Je n’ai pas imposé un système rigide. Pour un tel système, j’avais instauré un cadre dans lequel les professeurs qui connaissaient parfaitement leurs élèves pouvaient adapter leur journée et leurs enseignements.

    Pour le secondaire, l’emploi du temps à tout simplement été repris et adapté en ligne. Néanmoins, là aussi, les professeurs prenaient soin d’envoyer à l’avance des vidéos d’explications et du matériel à étudier pour de meilleures interactions en classe virtuelle.

    La nouvelle journée de travail pour les professeurs

    Les professeurs ont eu des journées de travail très longues à tel point qu’ils travaillaient parfois de huit heures du matin à minuit. J’avais pourtant dit de ne pas travailler plus que l’horaire habituel, mais nous avons constaté l’effet pervers du travail à distance, chez soi : alors qu’au sein de l’école, les délimitations horaires sont physiquement visibles, que sortir du bâtiment montre une coupure psychologique importante, le fait de rester chez soi à étaler le traitement et la préparation des cours, recevoir les devoirs des élèves envoyés par des parents à 22 ou 23 heures, parfois minuit, la tentation de corriger tout de suite, ont mené beaucoup de professeurs à faire des journées incroyablement longues.

    En outre, tous ont découverts que l’on ne manage pas une classe de la même manière en présentiel qu’en ligne. En classe, le professeur fait sa leçon, répond aux questions, prend des temps de pauses pour laisser les élèves travailler, va des uns aux autres, réexplique s’il le faut et adapte tout simplement son enseignement aux réalités de la classe. En ligne, ce n’est plus possible : le management de la classe via un système de visio-conférence est différent ne serait-ce que sur la discipline et la prise de parole et il n’y avait pas d’interaction visuelle à 360 degrés telle que nous pouvions l’avoir en classe et qui est très importante dans l’enseignement. 

    Dire qu’il y a eu réinvention du métier de professeur serait un peu trop grandiloquent, mais il y a bien eu, durant ce confinement, l’émergence d’un modèle hybride tout-à-fait intéressant et qui pourrait fournir des perspectives nouvelles à l’avenir dans le développement des écoles internationales.

    Quand les parents redécouvrent leurs enfants

    Disons-le franchement : certains parents ont découvert qu’ils avaient des enfants. Et nous avons eu parfois des reproches qui nous ont laissé pantois. Certains parents ne comprenaient pas pourquoi leur enfant posait tout le temps des questions sur le cours et en ont conclu que les professeurs enseignaient mal. Or ces questions étaient ce que ne voient jamais les parents : c’est le cœur de l’enseignement, ce sont par ses questions que l’élève apprend et il les pose toujours tout au long de la journée au professeur. Mais lorsque le professeur n’est accessible qu’une heure ou deux virtuellement, l’enfant lui continue d’avoir le même réflexe : il veut comprendre, il a besoin d’aide, donc il pose des questions à l’adulte présent dans la pièce et durant le confinement il s’agissait du papa et/ou de la maman. Or ceux-ci, travaillant bien souvent à distance, se retrouvaient à gérer d’une part leurs collègues dans leur propre visio-conférence et d’autre part leur enfant. Et ils ont découvert que répondre à un enfant n’est pas répondre à un adulte : avec l’enfant il faut répéter, reprendre, expliquer, être patient… La patience justement : or nous savons que bien souvent les parents sont les moins patients avec leurs propres enfants. C’est normal, c’est la nature, nous sommes quasiment tous comme cela car nous voudrions que nos enfants comprennent tout de suite et le fait qu’ils pataugent parfois est vécu comme un échec personnel, alors que c’est une question de patience : le cerveau ne fonctionne pas aussi vite et il faut du temps. 

    Force est de constater que nous avons reçu des appels au secours : une mère célibataire, d’habitude douce et patiente, seule durant ce confinement avec son enfant dans un presque huis-clos, ne supportait plus de continuer l’enseignement en ligne car elle s’énervait contre son enfant. Cet exemple est le plus typique et vers la fin du confinement j’avais autorisé certaines d’entre elles à ne plus suivre les cours pendant quelques jours pour calmer les choses. Nous nous sommes adaptés aux détresses des parents.

    Libéré, délivré….

    Lorsque nous avons annoncé la reprise des cours début juin, nous avons eu la confirmation que le confinement avait été la solution la moins compatible avec la réalité sociale. A peine la reprise des cours autorisé par le Gouvernement belge, j’avais déjà reçu nombre de mails enthousiastes de parents, surtout des mères, et ma confirmation de la réouverture a été suivi d’une véritable effervescence. Tout d’abord les professeurs sont tous revenus le vendredi précédent la réouverture pour une réunion de préparation avec un enthousiasme rare : on sortait enfin d’une situation kafkaïenne. Puis le lundi, les élèves sont revenus presque en courant. Les parents, d’abord un peu effrayés sous la pression catastrophiste des médias et des politiques entretenant continuellement l’angoisse, se sont vite détendus devant la joie réelle de leur enfant d’avoir retrouvé une vie scolaire et sociale normale. 

    Que reste-t-il du confinement ?

    Il reste tout simplement une vraie progression dans les compétences numériques des professeurs qu’ils continuent d’utiliser et d’enrichir. Et certains qui étaient méfiants vis-à-vis de la technologie, sont maintenant devenus convaincu de l’usage et de l’utilité de ces outils. 

    Là où des formations classiques, dans un temps normal, n’auraient eu que peu d’impact réel, force est de contacter qu’au pied du mur, dans une situation d’urgence dont l’enjeu était de délivrer un service éducatif à des parents qui sont la seule source de financement d’une école internationale, les professeurs ont su réagir avec rapidité et professionnalisme. Et ce qui est vrai pour notre école, l’a aussi été pour les autres écoles internationales privées. 

    Il reste aussi ce modèle hybride qui vécut deux mois et demi : un enseignement présentiel transformé en virtuel. Ce modèle d’enseignement a été mis en place en catastrophe, a été vécu sous une forte pression, mais au final il a plutôt bien fonctionné. Cela mériterait que l’on s’y attarde plus et qu’on en tire maintenant des conclusions plus poussées.

    Sylvain Charat

    Sylvain Charat est Docteur de l’Université Paris IV Sorbonne et Directeur adjoint d’une école internationale à Bruxelles

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