Voyages et frontières : le casse-tête chinois !

Voyages et frontières : le casse-tête chinois !

Alors que les compagnies aériennes s'efforcent d'ouvrir un nombre accru de lignes aériennes, la gestion des frontières s'avère être un casse-tête chinois.. sur fond d'enjeux diplomatiques et surtout économiques.

Un premier constat s'impose : l'heure n'est pas encore au tourisme en France. Les trois vols hebdomadaires chinois "arrivent presque sans passager, avec du fret dans les soutes, pour ensuite repartir avec quelques ressortissants chinois", explique un salarié de Paris Aéroport (ADP) à franceinfo. Les voyageurs en provenance de l'espace européen peuvent assez librement voyager en France depuis près d'un mois. Au même titre que ceux de 12 autres pays listés par le ministère des Affaires étrangères (Australie, Canada, Corée du sud, Géorgie, Japon, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Thaïlande, Tunisie, Uruguay et le Maroc en cas d'intérêt économique ou familial ainsi que certains aéroports chinois), où l'épidémie est, pour l'instant, considérée comme maîtrisée par Bruxelles (cette liste évolue au moins tous les quinze jours).

 

Zone rouge : Test obligatoire mais peu de contrôle

Les USA sont actuellement placés en zone rouge. Il faut donc présenter une attestation justifiant d'un motif impérieux pour être autorisé à rentrer sur le territoire national. Des procédures sont, cependant, prises pour permettre le retour des expatriés et des touristes bloqués.  Mesure phare : la présentation d'un test Covid-19 réalisé dans les 72 heures précédents le vol. Analysé très complexe à obtenir, en respectant les délais, dans un pays encore en plein pic de l'épidémie. Un recours a été déposé devant le Conseil d'Etat par un juriste français de New-York représentant un collectif de résidents. L'instruction a été close jeudi 13 aout, une réponse est attendue pour le début de la semaine suivante.

Les voyageurs atterrissant en France (ou en transit) doivent, donc, fournir une "attestation d'absence de symptômes" (fièvre, toux...). Ces documents sont en principe vérifiés à l'enregistrement ou à l'embarquement par les compagnies aériennes, qui peuvent parfois prendre la température des clients. Elles sont théoriquement tenues de vérifier que le passager dispose des documents sanitaires nécessaires pour monter dans l'avion.

Cependant les témoignages affluent sur les réseaux sociaux, les Français de l'Etranger sont les premiers à alerter sur la  légèreté des contrôles dans les aéroports. Alors que le réseau consulaire, administration et élus, communique sur le caractère obligatoire des démarches à effectuer lorsqu'on désire se rendre en France en provenance de pays non européens ou non inscrits sur la liste des pays sûrs de la Commission européenne.

 

Une procédure à la charge de l'expatrié en cas de suspicion

Au-delà de ces opérations déclaratives, et peu contraignantes, les aéroports parisiens, principales portes d'entrée pour la France,  font également appel à la technologie, grâce notamment à des caméras thermiques.

A leur arrivée, les voyageurs défilent devant une discrète caméra installée en hauteur, tandis que deux agents observent un écran de contrôle. Quand le système détecte une température supérieure à 38 degrés, le visage du voyageur – toujours flouté – est alors encadré de rouge.

Le ou les passagers doivent désormais se rendre dans un des deux centres dédiés à Roissy et situés dans les terminaux 2A et 2E (Orly dispose d'un seul centre). Après une phase de rodage, la structure est pleinement opérationnelle grâce au renfort des volontaires de l'Agence régionale de santé (ARS) et de l'AP-HP.

L'objectif est simple : adresser le résultat des analyses par mail sous 48 heures aux personnes dépistées. Ces centres sont aussi ouverts à ceux qui n'auraient pas pu réaliser, comme aux USA, le test dans les délais impartis.

 

Post de Xavier Dubourg de la Tour
Post de Xavier Dubourg de la Tour

Cependant alors que le coût est pris en charge par la Sécurité Sociale pour les citoyens français résidant en France, les Français expatriés sont exclus du dispositif.  Les adhérents CFE, bénéficiant de l'option assurant une couverture sociale en France, ne bénéficieront pas non plus de la gratuité. Seuls les retraités qui ont leur carte vitale active en France peuvent y prétendre. Les frais d'analyse et ceux liés à la consultation s'élèvent à 100€ par patient. Pour une famille, la charge est énorme.

Certains élus consulaire, comme Xavier Dubourg de la Tour, élu pour l'île Maurice, montent donc au créneau. Saisine de la CFE, des députés et sénateurs, les élus locaux se mobilisent alors que les discriminations envers les citoyens français résidents hors de France s'accumulent en ces temps de crise sanitaire.

 

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