Le député des Français d’Amérique du Nord, Roland Lescure, va quitter les bancs de l’Assemblée nationale pour prendre les fonctions de ministre délégué à l’Industrie. Christopher Weissberg, son suppléant, devient donc député à sa place.
Roland Lescure, un fidèle et un expert
Roland Lescure est le demi-frère du célèbre journaliste et ancien président du Festival de Cannes, Pierre Lescure. Au cours de sa jeunesse, il mena brillamment des études à Polytechnique, et est aussi diplômé de l’ENSAE et de la LSE. Par la suite, il commence sa carrière au Ministère des finances et passe ensuite une vingtaine d’années dans le secteur de la gestion d’actifs.
Brièvement encarté au PS au moment de la primaire socialiste de 2006, il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Il rendra, cependant, très rapidement sa carte. Il fut séduit par Emmanuel Macron, qu’il rencontra en 2012 alors que ce dernier était secrétaire général adjoint de l’Élysée.
Résidant à Montréal jusqu’au printemps 2017, Roland Lescure était en charge des investissements, premier vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il rejoint La République en marche et est élu député dans la première circonscription des Français de l’étranger (Amérique du Nord) lors des élections législatives de 2017. En 2022, il est réélu avec 55,6% des voix. Au cours de son premier mandat, il présenta lui même 20 amendements dont 18 furent acceptés (source Nosdéputés.fr).
Le périmètre du Ministère de l’Industrie
Le ministère de l’Industrie est le département ministériel du gouvernement français chargé de la politique industrielle de la France, généralement rattaché au ministère de l’économie et des finances. A ce titre, il participe à la défense et à la promotion de l’emploi dans le secteur industriel et les services.
Roland Lescure, comme ministre délégué, aura la tutelle des établissements des réseaux des chambres de métiers et de l’artisanat et des chambres de commerce et d’industrie dont celles hors de France. Il sera aussi en charge de la création des entreprises et de la simplification des formalités leur incombant.
Roland Lescure siègera, avec les autres ministères économiques et financiers, dans le quartier de Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris. Il y officiera sous l’autorité de Bruno Le Maire, confirmé comme Ministre de l’économie.
Christopher Weissberg, le nouveau député des Français d’Amérique du nord
Si Roland Lescure devient ministre, la représentation des Français d’Amérique du Nord à l’Assemblée nationale ne disparaitra pas. C’est le suppléant, désigné lors de l’élection de juin, Christopher Weissberg, qui prendra le relais comme parlementaire tant que Roland Lescure sera ministre.
Christopher Weissberg
Ce haut fonctionnaire, après un passage comme Conseiller politique du Président de la Commission des affaires économiques que dirigeait Roland Lescure, a rejoint le ministère des Affaires étrangères comme conseiller parlementaire en charge des élus des Francais de l’étranger. Il est donc expert des thématiques et des problématiques qui frappent actuellement les expatriés.
Cependant Christopher Weissberg a un petit plus ! A coté de son parcours professionnel français, le nouveau député est aussi un vrai Français d’Amérique du Nord et un entrepreneur. Il a créé le Left Bank Café à Saranac Lake dans l’Etat de New-York qu’il dirigea pendant 7 ans. Il connait donc bien aussi le parcours que rencontrent de nombreux Français de l’étranger, partis fonder leur entreprise aux 4 coins du monde.
Le dimanche 19 avril, Olivier Becht a été réélu député de Mulhouse-Habsheim pour la Majorité présidentielle, avec un score sans appel de 64,63 % des voix, face à Nadia El Hajjaji pour l’union de la gauche. Ce 04 juillet, il rejoint le gouvernement comme Ministre délégué en charge des Français auprès de l’étranger en plus du portefeuille du commerce extérieur et de l’attractivité de notre pays. Il dépend de la Ministre des affaires étrangères Catherine Colonna, confortée à son poste. Mais qui est Olivier Becht ?
Un social-démocrate
Ancien maire de Rixheim, président délégué de Mulhouse Alsace Agglomération et vice-président du conseil départemental du Haut-Rhin, il est député pour le parti allié à Emmanuel Macron, Agir, du Haut-Rhin depuis 2017 dont il fut d’ailleurs le chef de groupe. C’est le seul qui occupait cette fonction lors du précédent mandat et qui fut réélu en juin.
À l’issue de son cursus d’énarque, il intègre la magistrature administrative, avant de rapidement bifurquer en politique. Issu d’une famille centriste, Olivier Becht s’engage en 1992 aux côtés de Jacques Delors. Il devient alors président de la section alsacienne du club de réflexion politique « Témoin ». Puis Il rejoint la section du Parti socialiste de Rixheim en 1997, par opposition au maire d’alors, Bernard Hanser (RPR). En 1998, il fonde le groupe « Rixheim Vivre ensemble », qui se dit apolitique. Après le Congrès du Mans en 2005, il quitte le PS et devient sans étiquette. Il se définit comme « social-démocrate plutôt libéral », estimant que la liberté économique n’empêche pas de mettre en place des régulateurs sociaux et n’empêche pas le respect du droit des citoyens. En 2005, il conquière la mairie de Rixheim, devenant le plus jeune maire d’Alsace.
Des défis à relever
Sa nomination était attendue. Les sujets à traiter sont nombreux. Le déploiement de France Consulaire est particulièrement attendu par les expatriés, toujours confrontés à des problèmes d’accès à leur consulat.
L’Education sera aussi une mission prioritaire ! Les difficultés liées au recrutement, les établissements toujours soumis au régime Covid, le budget des bourses, sont autant de sujets pour lesquels des réponses sont attendues de toute urgence alors que la rentrée se profile déjà.
La pandémie pourrait aussi faire son retour et entrainer de nouvelles restrictions qui affecteraient les Français de l’étranger. Toujours dans le thème de la Santé, les problèmes liés à la Caisse des Français de l’étranger (CFE), qui semble avoir des difficultés à se renouveler, pourraient aussi rapidement s’imposer.
Enfin, l’Inspection générale du Quai d’Orsay vient de se lancer dans un large audit des ambassadeurs et des consuls, qui a déjà conduit à mettre fin à des missions, les résultats auront aussi des conséquences managériales qu’il faudra traiter rapidement avec la ministre de tutelle, Catherine Colonna.
Les dirigeants de la Cédéao se sont réunis lors d’un sommet très attendu dimanche 3 juillet à Accra, au Ghana. Ils ont statué sur les sanctions concernant le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, trois pays théâtre de coups d’État.
Les leaders ouest-africains se sont penchés sur les vigoureuses mesures de rétorsion commerciales et financières infligées au Mali depuis janvier, et sur celles, moins lourdes, du Burkina Faso et de la Guinée. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest entend peser pour un retour rapide des civils au pouvoir.
Le Mali, exsangue d’un conflit qui dure depuis plus d’une décennie, est confronté à un embargo sur les transactions commerciales et financières, hors produits de première nécessité.
Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente djihadiste, et la Guinée, ne sont pour l’heure que suspendus des organes de la Cédéao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.
Après la rencontre vendredi 1er juillet à Paris entre le président français Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese, rappel des temps forts de la crise internationale déclenchée par la rupture en 2021 par Canberra d’un gigantesque contrat de livraison de sous-marins français.
Un contrat à 56 milliards d’euros
La France et l’Australie signent le 20 décembre 2016 un gigantesque contrat de 56 milliards d’euros pour la fourniture de 12 sous-marins conventionnels, dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda, ce qui engage les deux États pour les cinquante prochaines années.
Objectif : démarrer la fabrication des sous-marins en 2022, pour une première mise à l’eau en 2030.
Les sous-marins doivent être construits à Adelaïde et l’industriel français Naval Group s’engage à ce que 60 % de la valeur du contrat soit dépensée en Australie, créant environ 2 800 emplois sur place, selon Canberra.
Naval Group sous les critiques australiennes
En février 2021, le PDG de Naval Group se rend à Adelaïde pour tenter d’apaiser des tensions naissantes autour du contrat. Le groupe public est sous le feu des critiques en Australie où l’on craint des surcoûts.
Début juin, le ministère australien de la Défense brandit la menace d’un « plan B » en cas d’échec des négociations sur la prochaine phase du contrat.
Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron réaffirme « l’engagement plein et entier » de la France à aller jusqu’au bout du contrat, en recevant le Premier ministre australien Scott Morrison à l’Elysée.
L’Australie rompt le contrat
Le 15 septembre 2021, M. Morrison annonce que son pays va se doter de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre d’un nouveau partenariat avec les États-Unis et le Royaume-Uni, ce qui annule le contrat français. Paris dénonce « un coup dans le dos ».
La Maison Blanche assure que la France et les États-Unis ont eu des contacts à haut niveau avant l’annonce du pacte de sécurité – dénommé AUKUS – entre Washington, Canberra et Londres. Une affirmation rejetée par Paris.
Le 17 septembre, la France rappelle ses ambassadeurs à Canberra et Washington, geste sans précédent. Le lendemain, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian évoque « une rupture majeure de confiance » et une « crise grave ».
Pour justifier sa décision, l’Australie dit avoir eu de « sérieuses réserves » concernant les sous-marins français. Le 20 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juge « inacceptable » la manière dont la France a été traitée.
MM. Biden et Macron s’expliquent
Les présidents Emmanuel Macron et Joe Biden conviennent au téléphone, le 22 septembre, que « des consultations ouvertes entre alliés » auraient « permis d’éviter » cette crise diplomatique. M. Macron annonce le retour à Washington de l’ambassadeur français.
Le Premier ministre australien promet d’être « patient » pour restaurer les relations avec la France.
Des négociations, prévues de longue date, sur un possible accord de libre-échange entre l’Australie et l’Union européenne sont reportées.
L’ambassadeur de France en Australie va rentrer à Canberra, annonce Paris le 6 octobre.
« Mensonge » et échec de M. Morrison aux élections
Le 28 octobre, M. Macron s’entretient avec Scott Morrison pour la première fois depuis le début de la crise. Le 1er novembre, il assure « savoir » que le Premier ministre australien lui a menti dans cette affaire.
L’Australie s’engage officiellement le 22 novembre dans l’alliance de défense AUKUS.
M. Macron et le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese veulent « rebâtir une relation » de « confiance », indique l’Élysée le 26 mai 2022, au lendemain de la défaite de Scott Morrison aux législatives.
Accord de compensation
Le 11 juin, l’Australie dévoile un accord de compensation de 555 millions d’euros avec Naval Group, qui confirme un « accord équitable ».
Au total, l’échec du contrat des sous-marins français aura coûté 2,4 milliards de dollars aux contribuables australiens, précise Anthony Albanese.
La France, par la voix du ministre des Armées Sébastien Lecornu, estime que cet accord permet « d’ouvrir une nouvelle page » dans la relation avec Canberra.
Du sommet de Madrid (OTAN) à celui de Lisbonne (sur la santé des océans), de celui de Versailles (pour l’Europe) à celui de Los Angeles (sur les migrations interaméricaines), de Rio (sur la biodiversité) à Brest (les océans), sans compter le « petit » sommet des BRICS, passé presque inaperçu (Chine, Inde, Russie, Afrique du sud) qui a répondu à l’ « arrogance » du G7, l’humanité vole de sommet en sommet, pour ne pas dire de cime en cime. Naviguerait-elle sur des volcans ?
La terre brûle, l’océan se dilate, les mers se plastifient, le pétrole manque, la Russie terrifie, la Chine menace, la biodiversité s’étiole, à chaque fois, les dirigeants du monde, surtout du monde occidental, cherchent la parade. Transition énergétique, renforcement des coopérations militaires, aides et dons, protection des aires marines, tout est sur la table.
sommet des BRICS
Tout cela est bel et bon. Et dans les bas-fonds ?
50 millions de personnes viendraient s’ajouter cette année aux 276 millions qui souffrent déjà d’insuffisances alimentaires, alertent conjointement l’ONU, le PAM et la FAO. La désorganisation des circuits de distribution et la guerre en Ukraine en sont la cause. Démondialisation malheureuse. Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) estime que pour la première fois dans l’Histoire, le nombre de réfugiés et déplacés pour cause de conflits internes et de guerres dépassera les cent millions. Avec 5 millions en Ukraine et 4,5 au Venezuela, la cause n’en est pas la pauvreté, mais l’appétit. De pouvoir. L’Office des Migrations internationales (OMI) recense lui 280 millions de migrants, soit 3,9% de la population mondiale. Eux fuient la pauvreté et sont attirés par les lumières lointaines des pays riches. Suffirait-il de donner pour que les pays pauvres deviennent riches ? L’Asie (Chine, Corée, Japon, Taïwan) s’est développée en s’ouvrant.
Aujourd’hui, le système multilatéral se meurt.
Le droit international, les règles sont menacées comme rarement depuis la seconde guerre mondiale. Même durant la guerre froide, le respect des engagements importait, les traités étaient respectés. Les enceintes internationales représentaient plus que des lieux de rencontre et des théâtres d’influence : des espérances de paix, de culture, de diffusion du savoir, de multiplication des échanges commerciaux et financiers. Aujourd’hui, le système multilatéral se meurt. D’autant qu’il est méprisé ouvertement ou insidieusement par les plus grandes puissances, Chine et États-Unis, qui ont intérêt à la constitution d’un condominium.
La crise de la Covid a révélé les faiblesses de la coopération internationale. L’ONU regardait l’OMS chanceler. Même l’Union Européenne voyait les pays se recroqueviller. Avant de se reprendre et de sauter le pas d’achats groupés, de financements conjoints et d’emprunts communs. Cela correspondait plutôt à un réflexe de solidarité et de regroupement. Chacun entend se protéger, se réassurer. Sans l’isolationnisme de Trump, sans l’expansion chinoise, sans les agressions russes, l’Europe serait-elle restée unie ? La planète se fragmente.
Les mots comptent. Xi Jinping appelle « démocratie » le régime de plus en plus policier qu’il a mis en place à Hong Kong.
G7 contre BRICS, OTAN contre OCS (Organisation de Coopération de Shanghai), l’Occident s’interroge sur son déclin face à une Chine dressée dans sa superbe, tandis que la Russie viole quatre conventions internationales et quelques autres traités, que l’Afrique, entre coups d’états et guerres civiles, fleurit de mercenaires et de d’emprunts chinois, et que le Moyen-Orient n’en finit pas d’imaginer de nouvelles guerres. La Chine mate les océans, produit des navires de guerre à la chaine, construit des îles dans cette mer que l’on appelle du sud (pour les Chinois), ou orientale (pour les Vietnamiens) ou encore « des Philippines », selon les revendications des uns et des autres (les Paracelse étaient pourtant françaises, pourrait-on les réclamer, en droit ?)
Les mots comptent. Il est interdit d’appeler « guerre » l’invasion russe en Ukraine (c’était pareil pour la guerre d’Algérie). Xi Jinping appelle « démocratie » le régime de plus en plus policier qu’il a mis en place à Hong Kong. Une façon de s’asseoir sur les mots et ce qu’ils pourraient dire, de se moquer aussi de l’accord de rétrocession de Hong Kong. En droit, la Couronne pourrait constater, comme le fait d’ailleurs le Quai d’Orsay, que le traité n’est pas respecté. De quoi faire regretter le bon temps de l’empire britannique. Et si l’on osait déclarer le traité nul et non avenu ? Et reconnaitre l’indépendance de Taïwan ! Face à un grand dragon, raison garder. Et regarder chez soi.
Aucune capacité d’anticipation et d’imagination du futur
En Europe, on ne sait qui de l’OSCE ou du Conseil de l’Europe disparaitra le premier, tandis que l’Unesco, qui a raté la révolution digitale, que l’Unicef, qui a raté la révolution de la connaissance, se congratulent réciproquement, sans aucune capacité d’anticipation et d’imagination du futur.
Alors que les systèmes de distribution mondiaux et les marchés se grippent, l’OMC reste en panne. La seule chose qui fonctionne, dans une injustice aussi impérialiste qu’efficace, c’est le système des banques centrales. Il a tenu en 2008, il a tenu pendant la Covid, il réagit -bien ou mal- à l’inflation. Ce n’est pas la compétence des grands argentiers ou des banquiers qui le sauve, mais la mainmise du dollar, la crédibilité de la monnaie américaine. Dans la guerre des monnaies, il s’impose. Comme dans toute guerre.
Pourvu qu’il tienne. Une crise, des crises, comme d’habitude, s’annoncent. Les hausses de prix affolent, les mesures prises pour les juguler pourraient être plus néfastes encore. L’augmentation des taux, notamment en Europe (qui n’est pas dans la situation américaine) pourrait étouffer encore un peu plus la croissance. Et accroitre le poids des dettes. Et fracturer les sociétés européennes, entre elles, au sein de chacune d’elles. L’Europe répond par un pari énergétique : s’affranchir du carbone et de la Russie. Pourvu que l’hiver soit doux ! Après avoir fermé quelques centrales nucléaires, on ouvre celles à charbon. La réalité s’impose ainsi, à coups de crises : pas de transition énergétique sans nucléaire, pas d’indépendance non plus.
Refondre le système international et des institutions qui tournent de plus en plus en circuit fermé. Ce pourrait être un projet porté par la France.
Pour l’instant, sur fond de défiance vis-à-vis de l’Occident, les rangs se resserrent. Par la peur, à cause des affrontements. Cela n’évitera pas de repenser, de refondre le système international et des instituions qui tournent de plus en plus en circuit fermé, des institutions que l’on écoute de moins en moins. Ce pourrait être un projet porté par la France.
C’est d’ailleurs pour cela que les sommets se multiplient. Ce qui inquiète, c’est le reflux, alors que l’on croyait avancer. Les régressions, sociales, économiques, scientifiques, démocratiques, réapparaissent, s’installent, s’affichent. Les outils manquent. Pour trouver la bonne architecture internationale, il ne faut pas se moquer des sommets. Il en faut plus, pas moins ! Sans attendre, à chaque fois des miracles, mais des petits pas. In fine, si l’avenir est inquiétant, il n’est peut-être pas aussi sanglant et meurtrier que le passé. Rien n’est sûr, pas même le pire.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Comme prévu depuis plusieurs semaines, la grogne sociale décolle chez les salariés des compagnies aériennes et des aéroports européens. Des vols annulés ou de très nombreux retards ont provoqué l’incompréhension des voyageurs dans plusieurs aéroports français. Cette situation est due à une grève pour réclamer de meilleurs salaires sur fond d’inflation et de reprise du secteur après deux années de pandémie de coronavirus.
Selon les salariés du secteur, la situation est insoutenable, comme nous l’explique Nicolas Pereira, syndicaliste CGT à Orly à l’AFP, le second aéroport de Paris en termes de trafic :
« L’activité aéroportuaire a atteint 95% de son niveau d’avant COVID sauf que maintenant nous avons 20 000 salariés de moins à l’aéroport de Roissy, donc les conditions de travail se sont fortement détériorées.«
Nicolas Pereira, syndicaliste CGT à Orly
Son collègue Fabrice Criquet, secrétaire du syndicat FO dans ce même aéroport francilien, va dans le même sens.
« Donc on se retrouve dans une situation où on ne peut pas gérer les passagers, où les collègues ne peuvent pas faire de pauses, ce qui paraît incroyable à l’aéroport de Paris… C’est la raison du chaos«
Fabrice Criquet, secrétaire du syndicat FO
Ces revendications vont de pair avec l’arrivée de l’été et la reprise du tourisme. Certains passagers ne cachent pas leur mécontentement.
« Avec la Covid qui gagne du terrain, non, ce n’est pas très sympa. Ce n’est pas très solidaire, on va dire, pour les gens qui ont un avion à prendre et qui ont pris leurs dispositions depuis plusieurs mois. On est en quelque sorte pris en otage«
Une voyageuse croisée dans les couloirs d’un des aéroports de Paris.
Les employés du low cost réclament une juste rémunération
La situation est également désastreuse pour les salariés des compagnies aériennes low cost Easy Jet et Ryanair. En Espagne, ils réclament une égalité de rémunération avec leurs collègues des autres pays européens.
« Nous exigeons que nos salaires soient égaux ou au moins proches de ceux de nos collègues en Europe, notamment en France, en Italie et en Allemagne«
Pier Luigi Copelo, secrétaire général du syndicat USO à Barcelone.
Mais leurs collègues européens ne sont pas non plus satisfaits de leur situation. Comme en France, les syndicats en Allemagne réclament des augmentations de salaires et plus de personnel pour faire face à l’immense vague de vols liés aux vacances d’été.
Image tiré d’un reportage de la RTBF sur la grève en Espagne ce 02 juillet 2022
Les retards sont fréquents et certains passagers arrivent même avec un jour d’avance à l’aéroport, pour s’assurer qu’ils ne rateront pas leur vol.
Week-end du 08 au 10 juillet
Si vous pensiez avoir évité le pire en n’étant pas dans les premiers à avoir pris le chemin de la France, ne vous réjouissez pas trop vite. Le week-end prochain, du 08 au 10 juillet, les syndicats aux 4 coins de l’Europe ont prévu de renouveler la grève. Pire, les leaders du mouvement sont prêts à la renouveler toutes les fins de de semaine si cela est nécessaire. Un retour en France qui s’annonce donc typique avec un risque de mouvements sociaux importants.
Cet été 2022 marque le retour à la normale pour le tourisme en Europe. Avec la levée des restrictions liées à la pandémie dans de nombreux pays, les Français établis hors de France ont repris le chemin du pays et en profitent parfois pour faire un petit tour du continent. Mais attention, si dans les pays les mesures contraignantes restent exceptionnelles, au passage des frontières, en particulier si vous arrivez d’un pays hors de l’Union européenne, des conditions d’accès aux différents territoires existent toujours ! On fait le point pour vous pays par pays.
Tourisme
Jardin des Tuileries
Vue Arc de Triomphe , Obélisque
Paris 1er
Le 21/04/2022
Photo : Delphine Goldsztejn
France
Et on commence évidemment par notre pays qui capte la majorité du flux des expatriés en vacances cet été.
– Si vous y allez en avion, il faut remplir un formulaire d’identification numérique.
– Pour voyager en France, vous avez besoin d’un certificat COVID. Pour les personnes âgées de plus de 18 ans, le certificat doit reprendre l’un des éléments suivants :
Certificat de vaccination en cours de validité : Soit un certificat de vaccination de base (1/1 dose ou 2/2 doses) dont la dernière dose a été administrée il y a 9 mois au maximum. Soit un certificat de vaccination de rappel. La vaccination de rappel est valable indéfiniment.
OU Un test PCR négatif de moins de 72 heures avant le départ
OU Un test antigénique négatif de moins de 48 heures avant le départ
OU Certificat de rétablissement basé sur un test PCR ou antigénique positif effectué il y a au moins 11 jours. Le certificat de rétablissement est valable pendant 6 mois à compter de la date du test positif.
Les enfants âgés de 12 à 18 ans doivent également présenter un certificat COVID (certificat de vaccination, de test ou de rétablissement). Pour eux, en revanche, la vaccination de base est valable indéfiniment. Ils n’ont donc pas besoin d’une injection de rappel pour avoir un certificat de vaccination valable.
Les enfants de moins de 12 ans sont exemptés des mesures COVID.
Le port du masque n’est par contre plus obligatoire, sauf dans les établissements de santé ou de soins tels que les hôpitaux, les maisons de retraite, les pharmacies et les laboratoires.
Les autres pays européens
Maintenant, on s’intéresse aux autres pays de l’Union européenne. Pour des raisons de commodité, on a présenté les mesures pays par pays et par ordre alphabétique.
Allemagne
Les mesures COVID pour voyager en Allemagne ont été levées. Les obligations d’attestation, d’enregistrement et de quarantaine ne sont plus nécessaires.
Mais attention, les mesures sont introduites au niveau des Länder et diffèrent donc d’un Land à l’autre. Des conditions et exceptions supplémentaires peuvent donc s’appliquer dans les Länder que vous visitez.
Dans l’aviation et le trafic ferroviaire interrégional, l’obligation du port du masque (chirurgical) s’applique.
Dans d’autres situations, le port d’un masque (chirurgical) est souvent obligatoire (p. ex. dans les hôpitaux), néanmoins cela dépend des règles imposées par le Land. La distanciation minimum de 1,5 m et les règles générales d’hygiène restent d’application pour tous, même les personnes vaccinées ou guéries.
Autriche
Le port du masque FFP2 n’est exigé que dans certains espaces publics fermés (transports en commun, commerces essentiels, administrations, hôpitaux et maisons de retraite). Il est recommandé dans tous les espaces clos. Les mesures en place peuvent varier entre les différentes régions et peuvent changer régulièrement.
Belgique
Plus aucune mesure n’est d’application hormis le masque en milieu médical
Bulgarie
Le port du masque n’est plus obligatoire en Bulgarie.
Chypre
Le port du masque n’est plus obligatoire en intérieur et espaces fermés, à part quelques exceptions :
Transports en commun (recommandé dans les taxis et les bus touristiques mais non obligatoire)
Hôpitaux, centres de soins et de rétablissement, maisons de retraite, etc.
Le port du masque reste fortement recommandé dans les situations où les règles de distanciation ne peuvent s’appliquer.
Croatie
Les masques doivent être portés à tout moment par les employés, patients et visiteurs des institutions sanitaires et sociales.
Pour tous les autres, il n’est pas obligatoire de porter les masques à l’intérieur, mais l’utilisation de masques est recommandée pour : – les chauffeurs, employés et passagers dans les transports publics
– les employés des commerces et leurs clients
– les employés de l’industrie hôtelière qui entrent en contact avec les clients ou participent au service et à la préparation d’aliments ou de boissons
– les clients des établissements de restauration en intérieur, sauf lorsqu’ils sont assis et consomment de la nourriture ou des boissons
– les employés dans les bureaux où une distance physique d’au moins 2 mètres ne peut être assurée
– les personnes lors de cérémonies religieuses en intérieur et les spectateurs lors de compétitions sportives en salle
– les visiteurs/spectateurs de tous les rassemblements publics en intérieur (concerts, pièces de théâtre, etc.).
La recommandation générale est que les masques doivent continuer à être portés dès qu’il y a un grand nombre de personnes en intérieur.
Danemark
Il n’y a plus aucune restriction de voyage liée à la pandémie de Covid-19 pour voyager vers le Danemark.
Espagne
Le port du masque n’est plus obligatoire en Espagne, sauf dans les situations suivantes : • Les collaborateurs et visiteurs des centres médicaux, des hôpitaux et des pharmacies ; • Les collaborateurs et visiteurs des centres de soins résidentiels et de jour ; • Dans les transports en commun.
Estonie
Le port du masque est recommandé mais n’est plus obligatoire dans les espaces fermés accessibles au public (hôtels, restaurants, magasins, etc.). Il n’est plus nécessaire de présenter un certificat de vaccination ou de test covid pour y entrer.
Finlande
Les voyageurs peuvent se rendre sans limitation en Finlande à partir du 1er juillet 2022, sans restrictions Covid-19. MAIS Les autorités sanitaires peuvent toujours demander à tous les voyageurs de présenter un certificat de vaccination, de rétablissement ou de test après leur entrée en Finlande.
Si un voyageur ne peut pas présenter un certificat valide à ce moment-là, deux tests PCR doivent être effectués sur place.
Grèce
Le port du masque n’est plus obligatoire dans les espaces fermés, à part quelques exceptions :
Les transports en commun type bus, métro, tram. Il l’est également dans les bateaux de tous types (de ligne, de croisière, de plaisance). A noter qu’il n’est plus obligatoire dans les moyens de transport où les passagers occupent des places attribuées numérotées (avions, bus interurbains KTEL…) mais il reste fortement recommandé.
Les hôpitaux, centres de soins, maisons de retraite…
La décision n’est pas encore prise pour les taxis (chauffeurs et passagers) mais il est fort probable que là aussi l’obligation du port du masque soit maintenue.
Le masque, là où il est obligatoire, doit être de type FFP2 ou double masque chirurgical. Pour les contrevenants, il y a toujours le risque de se voir infliger une amende de 300 euros.
Hongrie
L’obligation de porter un masque a également été supprimée à l’exception des locaux de services sociaux et de santé. Il n’y a plus de restrictions sanitaires (masques ou certificats de vaccination) pour accéder aux bâtiments culturels, de loisir et à l’horeca.
Irlande
Le port d’un masque facial n’est plus obligatoire, mais conseillé dans les transports en commun et les établissements de santé.
Islande
Aucune mesure spécifique.
Italie
Le masque n’est plus exigé dans les cinémas, théâtres, ou avion, mais reste exigé dans les trains et autres transports en commun, et ce jusqu’au 30 septembre.
Lettonie
Les masques chirurgicaux ou respirateurs FFP2 doivent être utilisés : – Dans les établissements médicaux, – Dans les établissements sociaux.
Lituanie
Les masques faciaux ne sont plus obligatoires dans tous les espaces publics, sauf dans les établissements médicaux.
Luxembourg
Toutes les mesures sont levées. Dans les hôpitaux et structures d’hébergement, le port du masque reste obligatoire.
Malte
Les voyageurs entrant à Malte depuis la Belgique doivent présenter l’un des documents suivants :
Un certificat de vaccination : le certificat COVID numérique de l’UE ou un autre certificat de vaccination reconnu. Un certificat 2 doses a une durée de validité de 270 jours pour les personnes majeures et une 3e dose est donc nécessaire après ce délai. Pour les – de 18 ans, le certificat 2 doses a une durée de validité illimitée.
Un certificat de rétablissement (datant de moins de 180 jours) ;
Un résultat négatif de test antigénique (effectué dans les dernières 24 heures) ou PCR (effectué dans les dernières 72 heures).
Chacune des preuves ci-dessus doit être présentée en anglais.
A défaut de présenter l’un des 3 documents repris ci-dessus, vous devrez impérativement vous placer en quarantaine dès votre arrivée sur le territoire maltais. Les enfants de moins de 12 ans sont exemptés des exigences en matière de tests avant le départ.
Norvège
Il n’y a plus de mesures sanitaires en vigueur en Norvège. Les obligations d’enregistrement, de test ou de quarantaine à l’arrivée ont été supprimées, quel que soit votre statut vaccinal.
Pays-Bas
Il n’est plus demandé de présenter un test négatif pour entrer dans des boîtes de nuit de grande envergure ou de grands évènements de plus de 500 personnes sans place assise fixe. L’obligation du port du masque dans les transports en commun a également été levée.
Pologne
A l’extérieur, l’obligation de porter des masques a été levée. À l’intérieur, l’obligation de porter un masque s’applique uniquement dans les établissements médicaux par exemple.
Portugal
À compter du 1er juillet 2022, les passagers entrant sur le territoire national ne sont plus tenus de présenter la preuve de la réalisation d’un test de dépistage de l’infection par le SRAS-CoV-2 avec un résultat négatif ni de présenter un certificat numérique COVID-EU ou un certificat de vaccination.
Masque obligatoire :
Dans les transports publics, taxis et transports similaires
Pour l’accès aux maisons de repos et de soins et aux établissements de santé.
Roumanie
Le port du masque n’est plus obligatoire, mais recommandé
Slovaquie
Les mesures limitant les activités sociales (réunions, messes, concerts…) ont été abrogées. Il est toutefois toujours obligatoire de porter le masque dans les espaces publics fermés.
Suède
Pas de mesure spécifique.
Tchéquie
Aucune mesure spécifique.
Pays hors de l’Union européenne
Enfin, on finit avec deux pays du continent mais qui ne sont pas membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Suisse.
Suisse
Depuis le 1er avril 2022, toutes les mesures nationales liées au Coronavirus ont été levées. Les 26 cantons peuvent néanmoins prendre des mesures supplémentaires. Renseignez-vous auprès des autorités cantonales de votre destination en Suisse.
La radio des expatriés vous offre une nouvelle programmation pour cet été 2022. Leader des radios dédiées aux Français de l’étranger, Stereochic s’est réinventée pour vous accompagner tout l’été. Avec sa grille estivale, Gauthier Seys, le fondateur, vous promet plus de chansons françaises et vous dévoile un flux 100 % podcast.
Gauthier Seys
Musique française
Loin de France, les expatriés sont gourmands des tubes du répertoire français. Ils seront servis en juillet et en août, mais aussi au delà. La nouvelle signature de votre web-radio c’est 40% de chansons françaises par heure et c’est garantie.
Dans le podcast, on explore avec lui la genèse de ce catalogue conçu spécialement pour vous !
L’information
En vacances en France ? Le flash national lui sera présent tout l’été pour ne rien louper de l’actualité française.
Tandis que jusqu’au 15 juillet, Lesfrancais.press livrera en exclusivité tous les matins votre flash dédié à l’actualité des Français de l’étranger. Après une petite pause, votre rendez-vous quotidien reprendra le lundi 22 août.
L’occasion de donner un coup d’oeil dans le rétroviseur. Cet été, Stereochic, riche de plus de 2000 podcasts produits en interne ou avec Lesfrançais.press, inaugure un flux radio dédié exclusivement aux podcasts. Expérience pratique, parcours de vie, analyse des faits de l’année, vous retrouverez sur ce canal exclusif tout ce dont vous avez besoin pour réussir votre expatriation et pourquoi pas la réinventer.
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Une radio qui garde son humanité
Dans le podcast ci-dessous, on vous invite donc à rencontrer Gauthier Seys qui en pleine pandémie eut l’idée de cette radio. Conçue comme un outil de proximité, la web-radio a vocation à renforcer les liens entre les Français à l’étranger mais aussi avec la France. Une interview en toute transparence et sous le signe de la bonne humeur comme Stereochic sait le faire.
Alors que la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) se clôturait jeudi (30 juin), les principaux acteurs et observateurs de la politique de défense européenne prennent acte des avancées majeures effectuées en la matière, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Lorsqu’il fut élu pour la première fois en 2017, Emmanuel Macron avait fait de son engagement européen le fer de lance de sa campagne électorale d’abord, et de son rôle de président ensuite.
Dans son discours de la Sorbonne sur « la refondation d’une Europe souveraine », quelques mois après sa première élection comme chef de l’État, en septembre 2017, Emmanuel Macron avait tracé les contours de ce que devait être, selon lui, l’ambition européenne : « notre objectif, doit être la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN ».
Le président français appelait alors de ses vœux à « une coopération structurée permanente, permettant de prendre des engagements accrus, d’avancer ensemble et de mieux nous coordonner » ainsi que la création d’un « Fonds européen de défense » visant à financer « les capacités et la recherche ».
La présidence française comme accélérateur
C’est donc dans l’optique d’un renforcement de la construction européenne qu’Emmanuel Macron a utilisé la présidence française du Conseil de l’Union européenne comme levier pour faire avancer ce projet, qui plus est dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Et ce, alors même que certaines capitales européennes étaient réticentes à cette idée — comme Berlin : « c’était tabou », résume Cécilia Vidotto-Labastie, spécialiste des questions de défense et chercheuse à l’Institut Montaigne.
Selon elle, l’UE a pu bénéficier du dynamisme de la présidence française de l’UE pour « définir elle-même la défense européenne », alors que, il y a encore quelques mois, en parler était encore impensable.
En revanche, aussi bien dans le cadre de la présidence française qu’auparavant, « la France a été force de proposition sur les questions de défense, pour lesquelles elle a une vision à long terme », estime Mme Vidotto-Labastie.
La mise en place d’une défense européenne apparaît comme étant un travail qui ne peut se faire que sur le temps long. Selon Mme Vidotto-Labastie, la PFUE « ne va pas révolutionner une politique du jour au lendemain », mais elle a plutôt été un « accélérateur ».
L’Ukraine a éveillé les consciences européennes
Mais sans la crise ukrainienne, les évolutions n’auraient certainement pas été aussi rapides.
La guerre a permis à l’UE, sous présidence française, de faire des avancées dans le domaine de la défense, selon l’analyse d’un diplomate européen proche de ces questions, contacté par EURACTIV. Selon lui, les livraisons d’armes à l’Ukraine ont été un « élément symbolique fort », qui a révélé une « prise de conscience » européenne.
Une prise de conscience « collective », qui s’est manifestée lors du « sommet de Versailles, […] dans une situation géopolitique sans précédent ayant amené l’UE à activer une véritable politique de défense » a-t-il expliqué. L’UE va désormais « dépenser mieux » au lieu de « dépenser plus », résume-t-il.
Certains pays ont pris la décision d’augmenter leur budget militaire pour atteindre l’impératif de 2 % du PIB demandé par l’OTAN comme la Belgique, la Suède ou l’Allemagne qui est passée à 200 milliards d’euros par an.
Pour « mieux dépenser », la Commission européenne a proposé la création d’un Fonds européen de la défense doté de 7,9 milliards d’euros pour la période 2021-2027, qui devrait permettre de répondre aux défis posés par la dispersion et la multiplication des efforts en matière de défense entre les États membres.
Selon le même diplomate européen, les livraisons d’armement à l’Ukraine par les pays de l’UE permettraient de mettre en actes la coopération industrielle européenne et de jeter les bases d’une industrie européenne concertée. Les stocks d’armements européens devront être reconstitués et ce « avec des achats réalisés à l’échelle européenne ».
L’Élysée, sollicité par EURACTIV, partage cette ligne : « l’enjeu est de renforcer l’industrie européenne de défense pour reconstituer les stocks et moderniser le matériel ».
Pas de concurrence à l’OTAN… et pas d’armée européenne
Chercheurs comme diplomates européens sont de l’avis que la construction d’une sécurité européenne ne peut se faire sans l’OTAN et qu’une telle entreprise ne peut avoir pour vocation de remplacer l’Alliance atlantique par une « armée européenne » indépendante.
Un autre diplomate européen tient à rassurer sur ce point : « il n’y a pas de volonté de créer une armée européenne qui ferait de l’ombre à l’OTAN ». Et c’est bien ce que précise la Boussole stratégique, le document adopté en 2022 du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) qui fixe les ambitions de défense et de sécurité de l’UE à l’horizon 2030.
« Une Union plus forte et plus capable dans le domaine de la sécurité et de la défense (…) est complémentaire à l’OTAN, qui reste le fondement de la défense collective pour ses membres », peut-on lire dans le document.
« L’Union européenne, aujourd’hui plus que jamais, est un acteur majeur pour les questions de défense », a conclu Mme Vidotto-Labastie. Selon elle, loin d’être en état de « mort cérébrale » — comme l’avait déclaré le président Macron en décembre 2021 —, l’Alliance est aujourd’hui « plus européenne que jamais », notamment avec les entrées prochaines de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN.
Ainsi, l’Europe de la défense est perçue, y compris par la présidence française de l’UE, comme un « complément à l’OTAN », selon la même source diplomatique, qui juge nécessaire de renforcer l’UE pour renforcer l’Alliance.
Ces propos font écho à l’intervention de la ministre des Affaires étrangères française, Catherine Colonna, qui, lors du sommet de l’OTAN de mercredi (29 juin), a mis l’accent, comme ses homologues de l’Union, sur « l’interopérabilité, la complémentarité et la non-répétition » entre les armées de l’alliance, dont la majorité sont européennes.
La cour d’assises spéciale de Paris a condamné mercredi soir Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie du commando qui a fait 130 morts à Paris le 13 novembre 2015, à la perpétuité incompressible. Il s’agit de la peine la plus lourde du code pénal français.
Des commandos islamistes, en provenance de Molenbeek en Belgique, avaient ouvert le feu sur des terrasses de café et de restaurants, attaqué la salle de spectacles du Bataclan pendant un concert et trois kamikazes s’étaient fait exploser aux abords du Stade de France pendant une rencontre de football opposant la France et l’Allemagne. Le groupe État islamique avait revendiqué ces attaques.
Patchwork des victimes des attentats de Paris en 2015
Sanction rarissime
Mercredi, les cinq magistrats professionnels ont suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé cette sanction rarissime à l’encontre du seul accusé du box jugé comme co-auteur des attaques de Paris et Saint-Denis, près de la capitale, qui ont « épouvanté et « sidéré » la France.
La perpétuité incompressible, également appelée « perpétuité réelle », rend infime la possibilité pour celui qui y est condamné d’obtenir une libération. Elle n’avait jusque-là été prononcée qu’à quatre reprises.
Les avocats de Salah Abdeslam, qui a affirmé à plusieurs reprises au cours des débats avoir « renoncé » à déclencher sa ceinture explosive le soir du 13 novembre 2015 par « humanité », avaient plaidé contre cette « peine de mort lente ».
La cour a considéré que son gilet explosif était « défectueux », remettant « sérieusement en cause » les déclarations de l’intéressé sur son « renoncement ». C’est donc l’épilogue d’un procès fleuve. L’avocate des parties civiles, Géraldine Berger-Stenger, y était.
Regardez l’entretien avec Géraldine Berger-Stenger sur TV5MONDE