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  • Elisabeth Borne : « Le désordre et l’instabilité ne sont pas une option »

    Elisabeth Borne : « Le désordre et l’instabilité ne sont pas une option »

    Le discours de politique générale d’Elisabeth Borne fut riche en promesses pour les Français, certaines pourraient aussi toucher les Français établis hors de France. Mais ces dispositions qui seront proposées à l’Assemblée au cours des prochains mois devront trouver une majorité.

    Travailler ensemble

    Élisabeth Borne a donc commencé son discours par un rappel aux députés qui ne sont donc pas majoritairement pour le président de la République, que « le désordre et l’instabilité ne sont pas une option ».

    Elle insista longuement sur la nécessité de « créer des compromis, ce qui n’est pas se compromettre », présentant plutôt cela comme une « vertu (…) trop longtemps oubliée dans notre vie politique ».

    Elle rappela aussi aux élus de l’opposition, leur obligation de résultats envers le peuple français.

    « Ensemble nous répondrons à la demande d’action, nous ne pouvons pas décevoir ensemble »

    Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale le 06 juillet 2022

    Après cette mise au point, elle s’engagea dans un long plaidoyer pour les mesures qu’elle compte mettre en place comme Première ministre. On revient pour les expatriés sur les mesures qui peuvent avoir un impact sur eux.

    L’engagement écologique

    Premier engagement et il a une véritable portée mondiale, c’est celui écologique. Car où qu’on soit dans le monde, nous sommes tous aujourd’hui victimes du réchauffement climatique et de ses conséquences, que ce soient des inondations ou des sécheresses, des feux de forêts ou des glaciers effondrés, etc.

    On ne peut donc, comme l’Assemblée l’a fait, que saluer l’ambition du gouvernement d’Élisabeth Borne de sortir la France des énergies fossiles le plus rapidement possible. Pour la planète mais aussi pour assurer l’indépendance énergétique du pays, une urgence que la guerre en Ukraine a remis au premier plan de l’actualité.

    « Nous serons le premier pays à sortir des énergies fossiles »

    Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale le 06 juillet 2022

    Elle a ainsi défendu pour y parvenir, ce mercredi devant l’Assemblée nationale, un « mix énergétique équilibré autour des énergies renouvelables et du nucléaire » pour sortir des énergies carbonées. Pour cela, une des « réponses radicales à l’urgence écologique » du gouvernement passera par une reprise en main à 100% du capital d’EDF.

    La réforme des retraites

    Parmi les Français établis hors de France, ils sont nombreux à continuer à cotiser pour leur retraite en France ou simplement à avoir acquis des droits pendant leur carrière en France. La réforme de la retraite, voulue par Emmanuel Macron, sera donc menée par Élisabeth Borne qui l’a annoncé aux députés pourtant dans leur majorité hostiles à ce projet.

    « Je le dis aujourd’hui, pour la prospérité de notre pays, et la pérennité de notre système par répartition (…) nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps »

    Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale le 06 juillet 2022

    La réforme proposée lors du précédent mandat avait un avantage, c’était la simplification des systèmes de retraite. Une petite révolution qui serait bienvenue quand on connait les difficultés que rencontrent les futurs retraités quand ils désirent constituer leur retraite depuis l’étranger.

    Emmanuel Macron évoquant lors d’un meeting la réforme des retraites au printemps 2022

    La suppression de la redevance télé

    Les Français de l’étranger qui détiennent une résidence secondaire en France (l’ancienne résidence principale, un bien hérité, etc.) le savent, avec la taxe d’habitation, ils étaient soumis à la redevance télévisuelle soit 138 euros.

    La Première ministre Élisabeth Borne a annoncé qu’elle tiendra la promesse d’Emmanuel Macron et donc dès cet été une loi mettra fin à la collecte de la redevance télévisuelle. Dans ce texte sera aussi présenté un nouveau système de financement du service public, lui garantissant son indépendance.

    L’extension du Pass Culture

    Actuellement, les jeunes Français de l’étranger n’ont pas accès au Pass Culture. Ce dispositif permet à chaque jeune Français de 16 ans de recevoir une somme à dépenser dans des établissements culturels (bibliothèques, musées, librairies, théâtres, cinémas, etc.) situés en France.

    Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a fait la promesse de l’étendre à tous les enfants français où que soit leur pays de résidence.

    Élisabeth Borne a annoncé vouloir étendre ce « Pass Culture » aux élèves dès la sixième, surtout que les députés avaient reprise cette promesse à leur compte pendant la campagne des législatives, on s’attend à ce que la loi étende aussi son application aux jeunes Français résidant hors de France.

    « La culture sauve, la culture grandit, fait l’âme et le rayonnement de notre pays, rendons la culture accessible à toutes et à tous dès la jeunesse »

    Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale le 06 juillet 2022
  • Les nouvelles mesures Covid envisagées pour l’été 2022 en France

    Les nouvelles mesures Covid envisagées pour l’été 2022 en France

    L’épidémie de Covid connaît actuellement une nouvelle vague depuis juin 2022, marquée par la diffusion du variant contagieux Omicron BA5. Il s’agit de la 7e vague. Le gouvernement appelle à la prudence et à un renforcement des gestes barrières et de la vaccination anti Covid, mais il n’impose pas de mesures coercitives.

    « Ce qui nous importe est de nous assurer qu’on est en mesure d’intervenir si nécessaire, avec la mise en place de mesures de freinage si la situation était amenée à évoluer, voire à dégénérer post-31 juillet » 

    Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement à la mi-juin. 

    Cependant les villes et les régions ont la possibilité de rétablir certaines mesures comme le port du masque dans les trains.

    Le port du masque

    Si dès le 27 juin 2022, l’ex ministre de la Santé Brigitte Bourguignon avait demandé aux Français de remettre le masque dans les transports, renforcé par un appel d’Élisabeth Borne, la Première ministre, le mardi 28 juin à toute la population afin de renforcer sa vigilance et à respecter les gestes barrières, la situation a continué d’empirer. Ainsi comme l’indiquait ce mardi 5 juillet le ministre de la Santé, François Braun, 200 000 cas positifs de Covid-19 ont été détectés en France en 24 heures.

    Le premier maire à réagir est Christian Estrosi. Le premier magistrat de Nice entend donc serrer la vis dès à présent pour faire face à une «rentrée scolaire à haut risque». Logiquement, faisant face à l’afflux de touristes, dès le lundi 11 juillet, les usagers des transports en commun de la Métropole de Nice Côte d’Azur devront obligatoirement remettre leur masque, par arrêté municipal. Une décision qui devrait faire des émules dans les différentes stations balnéaires de la Côte d’azur ou de la façade atlantique.

    Cependant il est à noter que le port du masque est obligatoire dans les lieux de santé ou de soins (notamment les hôpitaux, les pharmacies, chez les médecins, ou encore les laboratoires de biologie médicale). Il reste exigé pour les soignants, les patients et les visiteurs. 

    Le passe sanitaire, de retour aux frontières

    Ce lundi 4 juillet, la Première ministre Élisabeth Borne a présenté en Conseil des ministres un nouveau projet de loi d’urgence sanitaire, ouvrant la possibilité d’un passe sanitaire aux frontières à partir du 31 juillet prochain, rapporte Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.

    Actuellement, seul le certificat Covid UE est exigé, soit une double vaccination dont la dernière dose doit avoir été reçue il y a moins de 9 mois. En cas de mise en place du passe sanitaire aux frontières, il sera impératif d’avoir reçu 3 doses de vaccins, et la dernière dose devra avoir été inoculée moins de 6 mois avant l’entrée sur le territoire national.

    Le vote aura lieu le 11 juillet 2022.

    Une 4ème dose ?

    Les + de 60 ans et les plus fragiles sont fortement incités à recevoir leur deuxième dose de rappel. En effet, le gouvernement comme les scientifiques plaident pour un renfort de la vaccination des plus âgés :

    « La vaccination reste l’arme la plus utile et elle s’adresse notamment aux personnes les plus âgées, les personnes immunodéprimées. Je lance un appel à la vaccination qui doit être maintenue, soutenue. Il faut l’intensifier, c’est la meilleure arme dont nous disposons » 

    Brigitte Bourguignon, l’ancienne ministre de la Santé

    Si vous correspondez aux critères et que vous voyagez vers la France, vous pouvez, en tant que Français de l’étranger, recevoir la 4ème dose. C’est d’ailleurs valable pour l’ensemble du parcours vaccinal. Les expatriés sont éligibles à la vaccination gratuite comme tous les Français. Si vous avez votre numéro de sécurité sociale vous pouvez aller directement en pharmacie après avoir pris rendez-vous sur la plateforme Doctolib, si vous n’avez pas ou plus de numéro de sécurité il est conseillé de prendre rendez-vous chez un médecin ou un centre de soins, ils pourront récupérer votre numéro de sécurité sociale (toutes les infos pour obtenir le sésame dans notre article).

  • LGBT, renseignez-vous avant de vous expatrier

    LGBT, renseignez-vous avant de vous expatrier

    S’expatrier peut être plus difficile dans certains pays lorsque l’on s’identifie comme LGBT. En novembre 2016, le site américain NBC avait publié la liste des pays les plus gay-friendly du monde. On retrouve par exemple l’Espagne, la Belgique et ou encore le Canada en raison de leur législation permettant aux personnes de même sexe de se marier. L’Australie pourrait très bientôt rejoindre officiellement la liste des 22 pays autorisant le mariage pour tous suite à l’écrasante victoire du “oui” au vote postal du 15 novembre dernier sur la question.

    Le site Nestpick, établit la liste mise à jour des meilleures villes pour les LGBT en prenant plus de critères en compte, notamment l’ambiance sur place. Madrid arrive en tête du classement global, mais Berlin se distingue pour l’importance de la vie nocturne des communautés LGBT, San Francisco pour l’ouverture d’esprit de la population, et Munich pour la sécurité.

    La situation reste néanmoins dangereuse pour les LGBT dans certaines régions du monde, notamment dans certains pays d’Asie et du Moyen-Orient.

    Pas toujours possible de s’assumer publiquement

    Dans certains pays, l’homosexualité reste criminalisée. C’est le cas à Dubaï, où un journaliste australien a vécu pendant plusieurs mois. Il a raconté son expérience sur le site australien The News et confirmé que vivre son homosexualité ouvertement était particulièrement difficile sur place : « Peu après mon arrivée, et afin d’obtenir un visa de travail, j’ai dû passer un test VIH (tout expat séropositif est immédiatement renvoyé dans son pays, tout comme toute personne atteinte de tuberculose). 

    Dans le groupe de presse où je travaille, on me dit dans des termes très clairs que je ne dois pas faire référence à l’homosexualité dans mes articles ce qui – quand on écrit sur des célébrités, sur la culture pop et sur la mode – était particulièrement difficile.”

    C’est également le cas en Inde, comme le raconte notre blogueuse, où l’homosexualité est considérée comme un crime et où la Cour de Delhi, qui avait statué en 2009 pour la dépénalisation, a même fait marche arrière quatre ans plus tard. Les couples homosexuels y rencontrent d’importants problèmes administratifs. Ils ne peuvent pas obtenir, par exemple, de visa de conjoint pour leur partenaire.

    À Hong Kong, les relations entre personnes du même sexe ont été dépénalisées en 1991, mais les unions ne sont toujours pas reconnues légalement. Il y a toutefois quelques espoirs, annonce le South China Morning Post, puisque une expatriée britannique a récemment gagné une bataille juridique qui aura duré 6 ans, contre le Département de l’Immigration, pour faire reconnaitre son mariage et obtenir un visa pour son épouse.

    Il n’empêche qu’à Hong Kong l’homosexualité reste un tabou qui peut s’avérer pesant au travail. Le quotidien américain The Wall Street Journal a raconté l’histoire d’un Canadien qui a choisi de s’y installer :

    « Au bureau, il ressentait l’héritage des traditions coloniales ainsi que le poids patriarcal de la société chinoise, pas vraiment ouverte aux gays. Alors qu’en dehors de son travail les gens se montraient bien plus accueillants.”

    Rester solidaires et promouvoir la diversité

    Face à cette situation, la solidarité est souvent de mise au sein des groupes LGBT. The Wall Street Journal montre comment la solidarité entre minorités sexuelles permet de surmonter certains obstacles et notamment l’isolement : “Certains expatriés vont avoir du mal à faire des rencontres ou à se faire des amis, alors que les expatriés homosexuels, eux, sont accueillis à bras ouverts par la communauté gay déjà établie, constituée de locaux ou d’autres expatriés.”

    D’autres villes, comme Tel-Aviv, en Israël, mettent en avant leur tolérance envers la communauté homosexuelle pour améliorer leur image et favoriser la venue de touristes. 

    Cette stratégie de communication doit également permettre d’attirer de nouveaux talents et d’accroître le potentiel économique du pays. Une étude récente de l’université de Californie à Los Angeles, publiée par le mensuel The Walrus, a justement montré la relation entre bon développement économique et inclusion des minorités sexuelles.

    Au Moyen-Orient : prison ou brimades 

    Le Moyen-Orient est mondialement connu pour sa cruauté envers la communauté LGBTQ. Dans certains pays, comme l’Arabie saoudite qui est régie par la loi Sharia, l’homosexualité est passible d’une peine de mort. Par le passé, selon les médias internationaux, hommes et femmes ayant des comportements homosexuels ont été contraints à subir 100 coups de fouet. D’autres ont même été bannis du territoire saoudien pendant une année.

    Même son de cloche aux Émirats arabes unis qui se présentent, aujourd’hui, comme la destination idéale pour l’expatriation en offrant de nombreux avantages. Mais qu’en est-il des membres de la communauté LGBT ? Peuvent-ils également y faire carrière et profiter de ces mêmes avantages, y compris la qualité de la vie ? Il faut croire que non, comme en témoignent de récents sondages. D’ailleurs, l’annonce, en novembre 2020, d’autoriser les couples non mariés de cohabiter sous le même toit a été accueillie comme une mesure révolutionnaire. Cependant, aucune mention n’a été faite pour les couples du même sexe. Supposons qu’un homme s’aventure à porter des vêtements féminins en public, il risque non seulement une amende allant jusqu’à 10 000 dirhams mais aussi une peine d’emprisonnement d’une année maximum.

    Autre pays très hostile envers les couples du même sexe : le Yémen. Si les femmes risquent 100 coups de fouet et une peine d’emprisonnement, aux hommes mariés reconnus coupables d’actes homosexuels, on réserve un sort encore plus pénible : ils sont exécutés à coups de pierres ! Mais ce n’est pas vraiment étonnant dans un pays musulman et conservateur tel que le Yémen. En Oman également, les mouvements LGBT sont tout simplement bannis. Rien qu’en imitant une personne du sexe opposé, que vous soyez un homme ou une femme, vous risquez 3 ans de prison ! Alors ce n’est même pas la peine d’imaginer le sort que vous réserve ce pays pour des actes ou comportements homosexuels en public.

    En marge de la prochaine Coupe du monde de football au Qatar, des discussions avaient été entamées autour de la suspension temporaire des lois anti-LGBT afin de booster l’industrie du tourisme. Il n’empêche que cette proposition a été carrément rejetée par le gouvernement qatari. A savoir que le Qatar est un pays où la loi de la charia impose la flagellation, 3 ans de prison, ou encore, la peine de mort, pour les actes d’homosexualité.

  • Tunisie : le projet constitutionnel fait polémique

    Tunisie : le projet constitutionnel fait polémique

    L’ancien doyen de la faculté de droit de Tunis, Sadok Belaïd, qui a présidé la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution tunisienne, a désavoué, dimanche, le projet de Constitution publié par le président Kais Saïed dans le Journal officiel (JORT).

    C’est ce qui ressort d’une lettre de Belaïd publiée dans le journal Assabah (indépendant), dimanche, jointe à la version originale du projet de Constitution, préparée par la commission et remise au président de la République.

    Sadok Belaid, présentant au President Kais Saied la nouvelle constitution mise au vote le 25 juillet (Photo de la Présidence tunisienne ©AFP)

    Risque de régime dictatorial

    Belaid a estimé que « le projet de Constitution de Saïed comporte de graves risques qui pourraient frayer la voie à un régime dictatorial ».

    « Il est de notre devoir d’annoncer avec toute la force et la sincérité que le texte qui a été publié et soumis à un référendum n’est pas lié au texte que nous avons préparé et soumis au président. La commission se démarque totalement du projet proposé par le président », a-t-il expliqué.

    Et d’ajouter : « Le texte émis par la Présidence de la République porte atteinte à l’identité de la Tunisie et ouvre la voie à une dictature en attribuant tout le pouvoir au président de la République. D’autant plus qu’il comporte un retour suspect à article 80 de la Constitution de 2014, à propos du « péril imminent » à travers lequel le président se garantit des prérogatives élargies, dans des conditions qu’il définit seul, ce qui constitue un prélude à un régime dictatorial. »

    A noter qu’aucun commentaire officiel n’a été émis pour l’heure de la Présidence concernant la déclaration de Belaïd.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Vulnérabilité extérieure de la France 

    Vulnérabilité extérieure de la France 

    La France se caractérise par un déficit de sa balance courante. Celui-ci s’explique par un solde négatif important au niveau des échanges industriels, compensé en partie par un excédent au niveau des services et des capitaux. C’est à Roland Lescure désormais de relever ce défi, le député des Français d’Amérique du Nord vient d’être nommé Ministre délégué à l’industrie. Olivier Becht, en charge des Français de l’étranger, sera aussi mobilisé sur ce front en tant que Ministre délégué au commerce international et à l’attractivité de la France.

    L’énergie coûte cher

    L’autre poste important de déficit au sein de la balance courante est lié aux échanges de produits énergétiques. Avec la guerre en Ukraine, il s’est accru. La France dégage ses excédents essentiellement avec le tourisme (pour près d’une trentaine de milliards d’euros) et dans les services non informatiques (une cinquantaine de milliards d’euros) quand le solde industriel et celui dans le secteur de l’énergie sont, l’un et l’autre, déficitaires d’environ 100 milliards d’euros. 

    Au niveau des revenus des capitaux, la France continue à recevoir plus qu’elle ne verse, respectivement 5 et 4 % du PIB. 

    Bateau déchargeant des hydrocarbures à Marseille ©AFP

    La France paie au prix fort la petite taille de son industrie. En 2022, ce secteur n’emploie plus que 9 % des salariés français, contre 15 % en 1995 et 40 % en 1973. La valeur ajoutée manufacturière représente 9,5 % du PIB en 2021, contre 12 % dans les années 1990. La dépendance énergétique de la France reste forte malgré le rôle joué par le nucléaire. Les importations d’énergie s’élèvent au début de l’année 2022 à plus de quatre points de PIB, contre 2 % en 2002. La France doit faire face cette année à l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires et à la raréfaction du gaz qui alimente certaines centrales thermiques. Elle est contrainte durant certaines périodes d’importer de l’électricité. EDF a également décidé d’exploiter à nouveau une centrale au charbon pour faire face à la demande.

    Des emplois à faible valeur ajoutée 

    La France a opté pour des emplois à faible valeur ajoutée en se spécialisant dans des activités de services peu sophistiquées. Depuis le début du siècle, l’emploi a perdu un quart de ses effectifs dans le secteur manufacturier quand, dans le même temps, il a augmenté de 30 % dans les services à la personne, dans l’hébergement, la restauration et les transports. 

    Si les entrées de capitaux sont élevées en France, elles sont avant tout l’expression des délocalisations opérées depuis trente ans par les entreprises du CAC40. Elles rapatrient les profits réalisés à l’étranger. Ces profits compensent en partie les déficits industriels français. Le déficit de la balance courante de la France reste limité du fait des excédents au niveau des services et des capitaux. Il pèse néanmoins sur la croissance et constitue un point faible qui révèle la dégradation structurelle de l’économie française sur fond de baisse de la qualité des emplois, de désindustrialisation et de délocalisations.

  • Hommage au Français qui faisait chanter la Belgique

    Hommage au Français qui faisait chanter la Belgique

    Gilbert Lederman, franco-belge, directeur artistique d’Universal Music Belgique, est décédé le vendredi premier juillet 2022. Connu pour son investissement sans pareil et ses judicieux conseils qui ont accompagné nombre d’artistes belges et français, ce mélomane avait dédié son existence à la vie artistique en Belgique francophone.  Retour sur un parcours d’exception.

    Stromae, Calogero, Louane, et bien d’autres

    Responsable du département francophone d’Universal Music Belgique, il a lancé la carrière de certains des plus grands artistes de ces trente dernières années. Parmi eux, on retrouve Stromae, Puggy, Calogero ou encore Maurane.

    Il les a accompagnés en se chargeant de commercialiser leurs productions musicales, de les faire connaître, en s’occupant du marketing et de la communication.

    Hommages unanimes

    Lors du festival Rock Werchter qui s’est tenu vendredi 1er juillet, la chanteuse Charles a interprété au piano Didn’t Get To Say Goodbye, en hommage à Gilbert Lederman qui était son directeur artistique. 

    « Dans la loge, on s’est fait un gros câlin, on a pleuré un bon coup et on s’est dit que nous allions tout donner pour Gilbert. Il était avec nous sur la scène de The Barn. C’est sûr qu’il nous a attendu »

    La chanteuse Charles au magazine belge Moustique, quelques minutes avant de monter sur scène

    Sur Instagram, le chanteur Kendji Girac a posté une photo du patron Universal Belgique, accompagné d’un message : « Merci pour tout Gilbert… Tu vas nous manquer. »

    Clara Luciani a également posté une photo accompagnée de quelques mots : « Au revoir Gilbert. On pense tous fort à toi, à ta famille et à ta famille de coeur Universal Music Belgique. » Louane a elle aussi tenu à rendre hommage au directeur artistique en publiant dans sa story une photo accompagnée du nom « Gilbert », suivi de trois coeurs brisés.

    Un engagement pour tous

    Mais loin de se contenter de dénicher et de faire connaitre les stars de ces dernières années, Gilbert Lederman était un citoyen engagé. Ainsi, il a donné de nombreuses formations organisées par le Conseil de la Musique à Bruxelles tout en s’impliquant personnellement dans de nombreuses oeuvres caritatives.

    Ce mardi 05 juillet, ils étaient nombreux au cimetière communal d’Etterbeek à s’être déplacés en ce début d’été pour lui rendre un dernier hommage. Belges et Français se sont retrouvés en communion pour soutenir sa famille et ses proches.

  • Fin du vaccin obligatoire pour se rendre en Australie

    Fin du vaccin obligatoire pour se rendre en Australie

    Après une stratégie zéro covid, une fermeture drastique des frontières, des annonces pour faire revenir les PVTistes en Australie, de nouvelles mesures phares vont bientôt rentrer en vigueur ! À partir du 6 juillet 2022, la majorité des restrictions frontalières australiennes liées à la COVID-19 seront supprimées. Parmi elles, le gouvernement annonce la fin du vaccin obligatoire pour se rendre en Australie. Un grand pas pour faciliter l’arrivée sur l’île-continent. On vous explique tout.

    Ce que le gouvernement australien n’exige plus à partir du 6 juillet

    Jusqu’à présent, les restrictions pour se rendre en Australie étaient nombreuses. Remplir son DPD (Digital Passenger Declaration) et avoir son schéma vaccinal complet pouvaient être un vrai casse-tête. Cependant, à partir du 6 juillet, le gouvernement australien n’exigera plus que les voyageurs :

    • Déclarent ou prouvent leur statut vaccinal lorsqu’ils entrent en Australie.
    • Soumettent une déclaration numérique de voyageur (DPD) ou une déclaration de voyage maritime.
    • Demandent des exemptions de voyage pour entrer en Australie (pour les non-Australiens).
    • Fournissent la preuve de leur statut vaccinal lorsqu’ils quittent l’Australie.

    Ce qui signifie donc qu’à partir du 6 juillet, c’est la fin du vaccin obligatoire pour se rendre en Australie. Pour un pays qui prônait la stratégie zéro covid, cette annonce est donc importante et inattendue.

    Les obligations qui restent en place

    La fin du vaccin obligatoire en Australie ne remet pas en cause l’ensemble des obligations sanitaires. En effet, certaines recommandations restent en vigueur :

    • Les voyageurs entrant en Australie sur des vols internationaux continueront à devoir porter un masque.
    • Le gouvernement encourage tous les voyageurs à se faire vacciner pour leur propre protection.
    • Tous les voyageurs entrants devront se conformer aux exigences de test de l’État ou du territoire concerné, le cas échéant. Il incombe aux voyageurs entrants de vérifier les exigences en matière de tests pour l’État ou le territoire qu’ils visitent.
    • Les voyageurs sont toujours encouragés à porter un masque à l’intérieur, en particulier lorsque la distance physique n’est pas possible.
    • Les compagnies aériennes et les croisiéristes peuvent également avoir des exigences spécifiques en matière de vaccination, de test ou de port de masque. Tous les passagers sont vivement encouragés à se familiariser avec ces exigences en contactant directement leur compagnie aérienne ou leur croisiériste.

    Concrètement, que se passe-t-il à partir du 6 juillet ?

    La fin du vaccin obligatoire en Australie va ainsi avoir des impacts opérationnels :

    • À partir du 6 juillet 2022, les passagers entrant en Australie par voie aérienne ne devront plus déclarer leur statut vaccinal à l’aide de la Digital Passenger Declaration (DPD).
    • À partir du 6 juillet 2022, les personnes entrant en Australie par voie maritime ne devront plus remplir une déclaration de voyage maritime.
    • Le portail des exemptions de voyage ne sera plus disponible, car les exemptions ne seront plus nécessaires pour entrer en Australie.

    Ces mesures d’allègement vont faciliter la procédure d’entrée en Australie ! La fin du vaccin obligatoire en Australie devrait ainsi permettre d’attirer de nouveaux visiteurs, voire des backpackers, ce dont le pays manque terriblement.

  • Au temps du travail rare 

    Au temps du travail rare 

    Toute ressource est rare. Nous l’apprenons actuellement à nos dépens avec la hausse du cours des matières premières, de l’énergie et des produits agricoles. Même les biens collectifs comme l’air pur ou l’eau qui ont été longtemps considérés comme illimités n’échappent pas à la règle. Depuis quelques mois, en France, les employeurs prennent conscience qu’après des années de chômage de masse, la main d’œuvre se fait, elle aussi, désormais rare. 

    Près de la moitié des entreprises ayant des projets d’embauche rencontrerait des problèmes pour les concrétiser. Le secteur de l’hébergement et de la restauration serait particulièrement à la peine avec 200 000 postes non pourvus. Celui du bâtiment est également confronté à un réel problème de recrutement. Dans l’industrie, les ingénieurs et les techniciens sont âprement recherchés. Absence de candidats ou inadéquation entre offre et demande de travail, les entreprises sont amenées à évoluer avec un déficit de main d’œuvre croissant, au risque de réduire leurs activités.

    Le taux d’emploi français est un des plus faibles 

    Le taux de chômage français de 7,3 % à la fin du premier trimestre reste pour autant supérieur à la moyenne de la zone euro, faisant dire à certains que le chômage structurel serait particulièrement élevé dans notre pays. Par ailleurs, la France est un des pays de l’OCDE où le rapport entre le nombre de personnes en emploi et la population active, appelé taux d’emploi, figure parmi les plus faibles. Il est de 67 %, contre 76 % en Allemagne ou 78 % au Japon. 

    La proportion de jeunes de moins de 25 ans sans emploi et déscolarisés dépasse 15 % en France contre 8 % en Allemagne. Si la France avait un nombre d’emplois comparable à celui de son partenaire d’Outre-Rhin, la situation de ses comptes serait bien moins dégradée.

    Des emplois sous-qualifiés à faible rémunération 

    Aujourd’hui, la France paie au prix fort un déficit de formation et des choix économiques collectifs visant à favoriser les emplois sous-qualifiés à faible rémunération. Est-il logique que la France ait deux fois plus d’emplois de ce type que l’Allemagne ? Ce choix qui a été opéré au début des années 1990 favorise le sentiment de déclassement. Il contribue à déprécier la valeur « travail ». La multiplication des postes sous-payés, pénibles et offrant peu de perspectives conduit un certain nombre d’actifs à renoncer totalement ou partiellement au monde du travail. 

    Cela oblige les pouvoirs publics à accroître les dépenses sociales qui atteignent un tiers du PIB, un record en Europe. Pour les 20 % des ménages les plus modestes, les prestations sociales représentent jusqu’à 50 % de leurs revenus. 

    La rareté de la main d’œuvre ne peut que s’accentuer dans les prochaines années avec le vieillissement de la population qui conduit 800 000 personnes chaque année à liquider leurs droits à la retraite. Sans apport extérieur, la population d’âge actif se contractera et, par voie de conséquence, entravera la croissance. Ce schéma est également celui qui mine plusieurs pays d’Europe dont spécialement l’Italie en raison de son faible taux de fécondité. L’augmentation du taux d’emploi et la réduction du chômage structurel constituent donc des priorités. 

    Les entreprises devront également améliorer l’attractivité des emplois et fidéliser leur main d’œuvre. Elles devront séduire et fidéliser ainsi que former leurs salariés. Ces derniers sont de plus en plus attentifs aux questions de conditions de travail au sens large du terme, et notamment de pénibilité. La problématique du logement et des déplacements est un facteur mis en avant par un nombre croissant d’entre eux.

    La valeur cardinale de toute économie 

    La protection sociale devra sans nul doute évoluer avec une valorisation accrue du travail, l’objectif n’étant plus d’augmenter les dépenses publiques en la matière mais de les rendre plus efficientes. Enfin, avec un temps de travail comptant parmi les plus faibles de l’OCDE, l’économie française, surtout en période d’inflation, doit être en capacité de dégager des gains de productivité afin de monter en gamme, ce qui suppose un important effort d’innovation et de recherche. 

    La création de richesses dépend de la combinaison magique du capital, du travail et du progrès technique, mais sans travail les deux autres facteurs sont sans intérêt ou presque. Le travail est et sera de plus en plus la valeur cardinale de toute économie. 

  • Les désaccords entre nationalistes français et européens fragilisent l’unité de l’extrême droite européenne

    Les désaccords entre nationalistes français et européens fragilisent l’unité de l’extrême droite européenne

    Les divisions idéologiques entre le Rassemblement national (RN) et le parti de la Lega, en Italie, posent la question de la stabilité du groupe parlementaire Identité & Démocratie (ID), selon des sources rencontrées par EURACTIV France.

    Les sources soulignent comme principaux points de division l’évolution de la Ligue vers une ligne de centre-droit, loin de ses origines d’extrême droite nationaliste, alors qu’elle participe depuis février 2021 à la coalition gouvernementale italienne dirigée par le pro-européen et ex-président de la Banque centrale européenne Mario Draghi.

    Le groupe ID rassemble 10 partis européens d’extrême droite élus au Parlement européen — dont le RN en France, la Lega en Italie et le parti allemand Alternative für Deutschland (AfD).

    La Ligue italienne est le plus grand parti de l’ID, avec 24 membres au Parlement européen. Marco Zanni, eurodéputé de la Ligue, est président du groupe depuis 2019.

    « La Ligue est en train de passer par un processus de normalisation, et nous ne sommes plus vraiment d’accord sur quoi que ce soit », ont déclaré des sources de l’ID à EURACTIV.

    Dans les années 1990, le parti présentait des caractéristiques sécessionnistes, tandis qu’au milieu des années 2010, avec le leadership de Matteo Salvini, il devient un parti ouvertement anti-européen.

    Aujourd’hui, la politique de la Ligue à l’égard de l’Europe change radicalement, puisqu’elle ne fait plus campagne pour quitter l’UE, suivant le modèle britannique, mais s’engage plutôt en faveur d’États membres plus souverains au sein de l’Union.

    Ce changement a été mis en évidence lorsque le parti a rejoint la coalition gouvernementale de Mario Draghi en février 2021. Trois ministères lui ont alors été attribués.

    Des sources au sein du groupe estiment que la participation au gouvernement de Mario Draghi a forcé le parti de M. Salvini à adoucir ses positions sur sa politique nationaliste.

    Une absence de cohésion de groupe

    Selon les données de VoteWatch, un institut de recherche, la Ligue s’est éloignée de ses positions historiques sur des questions clés — notamment sur le sujet de l’invasion russe en Ukraine.

    Alors qu’historiquement la Ligue était « l’un des partis [d’extrême droite] les plus accommodants envers la Russie », elle a ouvertement condamné l’invasion, selon un rapport de VoteWatch.

    Sur la base de 280 votes, VoteWatch a constaté que la Lega était plus ferme à l’égard de la Russie que la plupart des membres de l’ID — en particulier le RN, qui reste, d’évidence, pro-russe.

    La cohésion de groupe est aussi au plus bas sur d’autres dossiers politiques. Les députés européens ne votent de manière unie que dans 52 % des cas sur les questions de politique étrangère et de sécurité.

    Cette unité passe à 56 % sur les questions économiques et monétaires, et à 64 % pour les politiques d’environnement et de santé publique. La cohésion moyenne des autres groupes sur ces mêmes questions est autour de 90 %.

    Seul l’enjeu migratoire met les membres du groupe d’accord. « Notre groupe est fortement opposé au pacte migratoire », a déclaré à EURACTIV France le président de la délégation française d’ID, Jean-Paul Garraud. « Les niveaux de cohésion sont proches de 100 % sur cette question politique », a ajouté l’eurodéputé AfD Gunnar Beck.

    « Les choses se passent bien »

    Malgré ces différences, la Lega et le RN insistent sur le fait qu’il n’y a pas de frictions.

    « Les choses se passent bien », a déclaré Gunnar Beck, vice-président du groupe ID et eurodéputé AfD, à EURACTIV France. « Malgré nos différences, nous sommes tous d’accord sur le principe de la souveraineté nationale. »

    Le chef de délégation du parti de la Ligue au Parlement européen, Marco Campomenosi, a aussi souligné les bonnes relations qui existent entre son parti et le RN.

    Interrogé par EURACTIV France, M. Zanni a par ailleurs expliqué « qu’au sein de notre groupe parlementaire, il n’y a ni tensions ni frictions, juste une dialectique politique normale ».

    Plenary Session week 38 2015 in Brussels: Resumption of session and order of business

    Mais en privé, certains expriment leur malaise. « Je ne suis même plus sûr de savoir ce que représente ID », soupire un député européen appartenant au groupe. « Enjeu migratoire mis à part, la cohérence idéologique n’existe plus. »

    Objectif 2024

    Un débat sur la coalition des droites a été lancé en Italie en vue des élections nationales de 2023.

    La tête de file des Frères d’Italie (Fratelli d’Italia), Giorgia Meloni, eurodéputée et présidente du groupe parlementaire des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) fait campagne pour la création d’une coalition de droite pour les élections nationales de 2023 avec M. Salvini et le parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia.

    Beaucoup peut encore changer d’ici 2024, lors des prochaines élections européennes. Mais certains se posent déjà la question : quid d’une alliance ID-ECR ? Rendez-vous dans deux ans.

  • Belgique – Iran : un marchandage sur la vie des victimes de terrorisme

    Belgique – Iran : un marchandage sur la vie des victimes de terrorisme

    Un projet de loi controversé vient d’être soumis d’urgence au parlement belge pour permettre un accord avec l’Iran concernant le « transfèrement de condamnés » entre les deux pays. Cet accord est une exigence du régime iranien qui cherche à obtenir la libération de son diplomate condamné à vingt ans de prison pour avoir planifié il y a quatre ans un attentat dévastateur contre un rassemblement du Conseil national de la Résistance iranienne (principale opposition à la dictature théocratique) en France.

    Assadollah Assadi

    Assadollah Assadi, troisième conseiller à l’ambassade iranienne de Vienne et coordinateur de l’action des agents iraniens en Europe, a été condamné avec trois de ses complices par un tribunal belge en juin 2021, à l’issue d’un procès historique. C’était en effet la première fois qu’un diplomate-terroriste du régime iranien était jugé et envoyé derrière les barreaux sur le sol européen.

    Assadollah Assadi

    Il avait utilisé son immunité diplomatique et les installations de l’ambassade pour transporter la puissante bombe de Téhéran à Vienne dans un avion de ligne, mettant en danger la vie des passagers. La bombe dotée de 500 grammes de TATP, camouflée dans une valise diplomatique, avait été remise à deux de ses complices pour la poser dans le grand rassemblement de l’opposition iranienne à Villepinte près de Paris. L’évènement avait réuni des dizaines de milliers de membres de la diaspora iranienne venus des quatre coins du monde pour revendiquer la fin du régime des mollahs en Iran. De nombreux députés et personnalités françaises, européennes, arabes et américaines avaient également fait le déplacement en solidarité avec la cause iranienne et pour soutenir le programme de Maryam Radjavi, dirigeante du CNRI, pour un Iran démocratique, laïque et non nucléaire. 

    Selon le projet de loi proposé par le gouvernement belge, les criminels condamnés dans les deux pays pourront purger leur peine dans leur propre pays. Pour les opposants iraniens cela relève d’une ironie amère, car elle signifie que le diplomate terroriste et ses complices seront libérés dès leur arrivée en Iran.

    Une tache de honte indélébile

    L’affaire qui compte 25 parties civiles, dont des personnalités politiques aux États-Unis et en Europe, est aujourd’hui au centre d’un marchandage honteux sur leur vie et celle de milliers d’autres qui étaient en danger lors du rassemblement. « Une tache de honte indélébile », que les opposants iraniens ont condamnée, estimant que la décision belge est une insulte à la justice de ce pays et un encouragement pour les dictateurs iraniens à continuer à user du terrorisme pour atteindre leurs funestes objectifs. 

    Dans une lettre adressée au premier ministre et au ministre de la justice belges, les avocats de la partie civile, Georges-Henri Beauthier et Rik Vanreusel, ont protesté contre ce qu’ils ont appelé un « projet funeste » qui permettrait à Assadi d’être gracié lors de son retour à Téhéran. « Il est certain que, par la suite, la prise en otages d’innocents sera facilitée, puisque les agents des services secrets et des terroristes iraniens seront, en fin de compte, remis à leur gouvernement », écrivent les deux avocats, qui déplorent encore que le gouvernement « se moque » des décisions de la justice et des quatre années que le parquet fédéral antiterroriste a consacré à cette enquête.

    « Si le projet de loi est adopté, le fascisme religieux au pouvoir en Iran sera bien plus agressif dans ses actes terroristes en Europe », a pour sa part déploré Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne, basée à Auvers-sur-Oise. Appelant les députés belges à rejeter ce projet de loi, elle a estimé que « si le plan d’attentat et de carnage avait réussi dans le rassemblement de la Résistance iranienne, cela aurait été le plus grand attentat terroriste jamais mené en Europe. Si ce projet de loi est adopté, personne en Europe ne connaitra de sécurité et d’immunité contre les assassins au pouvoir en Iran. »

    Depuis des décennies le régime iranien use de chantage et de terrorisme pour obtenir des concessions de ses interlocuteurs occidentaux. Le cas le plus récent est celui de Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori, deux Irano-Britanniques retenus dans une prison à Téhéran sous la fausse accusation d’espionnage, libérés contre le paiement par Londres d’une vieille dette liée à un contrat d’armement.

    L’enseignement que les dirigeants occidentaux devraient tirer de leur mauvaise politique complaisante vis-à-vis de Téhéran, c’est que seuls la fermeté et l’attachement à l’État de droit peuvent dissuader les dictateurs iraniens de mener leurs sinistres marchandages sur le dos de malheureux otages et victimes de terrorisme en Iran et en Europe. Car c’est un régime foncièrement affaiblie qui est installé à Téhéran, confronté à un mécontentement populaire profond qui se manifeste dans des révoltes incessantes d’Iraniens excédés par la gabegie des mollahs dans le pays, et un régime isolé sur la scène internationale, plus que jamais fragile face aux pressions.

    Si face aux prises d’otages, l’Occident avait été ferme et avait répondu par des sanctions dévastatrices contre le régime, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Céder au chantage des despotes est contre-productif et ne fera que les encourager dans leurs forfaitures.  

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