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  • Les Stones, une affaire qui roule depuis soixante ans

    Les Stones, une affaire qui roule depuis soixante ans

    Le 17 octobre 1961, à 25 kilomètres du centre de Londres, à Dartford, une ville de 80 000 habitants, dans le comté du Kent, sur le quai N°2 de la gare, deux jeunes hommes de 18 ans, Michael Philip Jagger et Keith Richards, se rencontrent, le premier ayant sous son bras un disque de Chuck Berry. Les deux protagonistes de cette scène se connaissaient, ils étant dans la même classe à l’école primaire. Keith Richards se rend compte que son ancien coreligionnaire a tous les disques de ses musiciens préférés, Jimmy Reed, Muddy Waters, Chuck Berry, Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Bo Diddley. De cette rencontre nait « le plus grand groupe du rock du monde », les Rolling Stones qui est tout à la fois une aventure musicale, sociétale et économique.

    La France occupe une place à part pour les Stones

    Le 12 juillet 1962, les Rolling Stones jouent leur premier concert au Marquee à Londres. Bill Wyman et Charlie Watts ne sont pas encore présents, le premier, bassiste de son état, arrivera en décembre 1962 quand le second, batteur prendra sa place derrière les fûts au mois de janvier 1963. Charlie Watts a assuré cette fonction jusqu’au 24 août 2021, date de son décès. Avec des membres âgés de près de 80 ans, les Stones célèbrent cette année leur soixantième année d’existence en passant notamment par Lyon et Paris.

    De longue date, la France occupe une place à part pour les Stones. Ils y ont enregistré de nombreux albums dont Exile on main street dans la villa Nellcote de Keith Richards en 1971, Some Girls (1978), Emotional Rescue (1980), Undercover (1982- 1983), Dirty work (1986), Bigger Bang (2005 au Château de la Fourchette, propriété de Mick Jagger en Touraine). En 1971, les Stones avaient choisi la France pour échapper aux contraintes fiscales du Royaume-Uni. Ils seront en France pour deux concerts le 19 juillet à Lyon et le 23 juillet à Paris.

    Mick Jagger a estimé dès les premières années des Stones, que la musique n’était qu’un des éléments du divertissement. Il considérait qu’il se devait être associé à l’image, à la photographie et surtout aux films. Les concerts sont conçus comme des films. Les Stones ont fait appel à de grands réalisateurs et à de grands photographes dès les années 1960. Ils ont accepté que leur musique soit utilisée pour des bandes son de film, ce qui leur garantissait une large diffusion. Martin Scorcese a, dès ses débuts, utilisé des chansons des Stones pour illustrer des scènes de ces films. En 1968, Jean-Luc Godard a, réalisé un film autour de la chanson « Sympathy for the devil » qui retranscrit le processus créatif du groupe. Mick Jagger et ses acolytes ont tôt compris l’intérêt de la mondialisation et la force des images.

    Rolling Stones
    Le château de la Fourchette en Touraine, la propriété de Mick Jagger où de nombreux albums du groupe ont été enregsitrés

    Le record du plus grand nombre de spectateurs à un concert : un million à Rio

    Les Stones constituent un modèle de référence dans l’industrie musicale. Au fil de leur carrière, ils n’ont eu de cesse de conquérir, de manière assez méthodique, de nouveaux territoires. Ils ont été parmi les premiers groupes de musiques internationaux à se produire en Europe de l’Est après la chute du Mur de Berlin. Mick Jagger est ainsi devenu un ami de Vaclav Havel. Les Stones ont lors de leur venue en 1995 à Prague décidé de contribuer au financement de l’éclairage du « Château », la résidence officielle du Président.

    Les Stones ont également conquis dans les années 1990 et 2000 le public des pays émergents où une classe moyenne se développe. Ils se sont ainsi rendus en Chine, au Moyen-Orient, en Amérique latine ou en Afrique du Sud. Ils détiennent toujours le record du plus grand nombre de spectateurs à un concert, plus d’un million au concert de Copacabana à Rio, le 8 février 2006. Dix ans plus tard, le 25 mars 2016, ils ont donné un concert à Cuba, celui marquant la réouverture relative du pays, avec la venue du Président Obama sur l’île.

    Si au sein des pays avancés, les membres du groupe jouent sur la fibre de la nostalgie et sur la volonté des baby-boomers de vouloir rester éternellement adolescents, pour les autres zones géographiques, leur musique symbolise toujours la liberté et l’accession au mode de vie occidental. Si en Chine, les chansons peuvent être censurées par les autorités, certaines d’entre elles le sont à nouveau en Occident en raison de paroles contraires à la morale actuelle. La chanson « Brown Sugar » n’est ainsi plus joué du fait de l’opposition de certaines association féministes et antiracistes. Les Stones autrefois étaient condamnés à choquer pour exister face au Beatles, ils sont aujourd’hui contraints de remiser certains textes qui désormais sont jugés inappropriés.

    Un empire qui repose sur un savoir-faire commercial indéniable

    Est-ce dû aux quelques mois passés par Mick Jagger à la London Economics School ou à sa capacité à s’entourer de conseillers financiers de renom, il n’en demeure pas moins qu’à partir des années 70, celui-ci a réussi à construire un empire qui repose évidemment sur leur succès musical mais aussi sur un savoir- faire commercial indéniable. Comme les Beatles, les Stones ont été floués par leurs premiers producteurs qui avaient tendance à ne pas redistribuer les recettes et surtout à ne pas payer les impôts, à l’époque élevés outre-manche. Face aux problèmes financiers qu’ils rencontraient à la fin des années soixante, les Stones ont réussi à imposer leurs règles aux producteurs et aux compagnies de disque. En 1971, contraints de fuir le Royaume-Uni pour raisons fiscales. Ils décident de mettre en place une organisation indépendante des compagnies. Ils fondent ainsi leur label, « Promotone ». Ils avaient prévu que cette structure puisse accueillir les Beatles. L’éclatement du groupe mis un terme à la négociation de réunion économique des deux plus importants groupes de tous les temps. À partir de 1971, les Stones deviennent maîtres de leur catalogue musical. Ils ne disposent pas en revanche de l’ensemble des droits pour les titres des années 1960 dont « Satisfaction » ou « Paint it black ».

    Les Stones ont été les premiers à fixer des contrats, pour une durée déterminée, avec les majors de la musique permettant à ces dernières de diffuser leurs disques. Les majors achètent un droit de diffusion, à elles ensuite de rentabiliser l’opération. Le dernier contrat a été signé par Universal en 2018. Il s’agit d’un contrat « 360 degrés » sur toutes les œuvres du groupe anglais et qui s’étend à l’ensemble du merchandising, des objets frappés du logo à la langue jusqu’au e-commerce. Ce contrat reprend celui de 2008 signé par la maison de disques avec les Rolling Stones.

    Aussi étrange que cela puisse paraître, les Stones ne sont pas des gros vendeurs de disques. Ils arrivent loin derrière Mickael Jackson, les Beatles, les Pink Floyd ou AC/DC mais leur longévité supplée aisément cette relative faiblesse. De même, grâce à leur histoire, le merchandising est extrêmement dynamique et rémunérateur. Les droits sur les musiques de films, sur les goodies, les vêtements et surtout les retombées des concerts sont des sources de recettes importantes. Le 9 septembre 2020 à Carnaby à Londres, les Stones ont ouvert une boutique qui leur est dédiée en optant pour une logique de haut de gamme. Les Stones sont avant tout un groupe de scène. Or, de leur premier concert en 1962 à Londres, au Marquee, à l’actuelle tournée « Sixty tour », l’organisation et le modèle économique ont profondément évolué.

    Les premiers à devenir un groupe de stades permettant de réunir des dizaines de milliers de personnes

    Durant plusieurs décennies, les concerts servaient à assurer la promotion des albums. Avec la digitalisation de la musique et l’écoute en ligne, la donne a changé. Les disques se vendent moins. En revanche, avec la progression du niveau de vie et le vieillissement de la population, le nombre de personnes susceptibles d’aller à un concert à travers le monde augmente.

    Sur le plan de l’organisation technique, du fait de leur position de leader et de la volonté de Mick Jagger de pouvoir s’adresser à un nombre de plus en plus élevé de fans, les Stones ont été à la pointe de la technique. Dès les années 70, ils utilisent des amplificateurs à forte puissance et des blocs d’enceintes multidirectionnels. Si auparavant, les groupes utilisaient les équipements disponibles sur place, les organisateurs de concert transportent leur propre matériel par avion et par camion. Par ailleurs, les shows s’éloignent du simple concert de musique pour intégrer une scénographie. Afin de capter l’attention du public, Mick Jagger recourt dès les années 70 au micro sans fil, ce qui lui permet de se mouvoir en toute liberté sur scène. L’utilisation de grands écrans permet de relayer auprès du public les images de la scène. Les Stones figurent parmi les premiers à devenir un groupe de stades permettant de réunir dans un même lieu des dizaines de milliers de personnes même si la qualité du son n’est pas toujours au rendez-vous.

    Stones, concert, Keith Richards, Mick Jagger
    Concert à La Haye aux Pays-Bas en mai 1976 © Bert Verhoeff / Anefo

    Les maîtres incontestés des concerts

    Les Stones, c’est avant tout les concerts. La posture des membres, le déhanchement de Mick Jagger fait dès 1962 le succès du groupe. Sur les conseils de leur producteur, les Stones prennent la posture des « bad boys » qu’ils ne sont pas en réalité. Les concerts obéissent à des rituels, la casse des chaises, les groupies qui hurlent et en veulent au corps des musiciens. Les Beatles ne prenaient aucun plaisir à ce rite sacrificiel quand Mick Jagger en a fait son fond de boutique.

    Jusqu’en 1964, les Stones ne composent pas et sont avant un groupe de reprise de blues comme Paul McCartney l’a souligné en 2021. Néanmoins grâce à la pression de leur premier manager Andrew Loog Oldham, Mick Jagger et Keith Richards vont à partir de 1964 être de prolifiques compositeurs. Il n’en demeure pas moins que la scène reste jusqu’à maintenant leur lieu d’expression privilégié.

    Mick Jagger avait été choqué par le meurtre de Meredith Hunter, un spectateur poignardé à quelques mètres de la scène lors du concert gratuit organisé le 6 décembre 1969 à Altamont. L’évènement a été filmé et incorporé dans le film documentaire Gimme Shelter sorti en 1970. La victime qui aurait eu l’intention de tuer Mick Jagger a été poignardée et rouée de coups par les Hells Angels, en charge de la sécurité du concert. L’arme à feu de Meredith Hunter visible sur les images ne fut jamais retrouvée. Le responsable des coups de couteau, Alan Passaro, fut de son côté innocenté en ayant plaidé la légitime défense. Ce concert marqué la fin d’une certaine forme d’innocence dans le mouvement rock et hippie de l’époque. Les Stones mettront trois ans pour revenir aux États-Unis. Mick Jagger décida alors de tout contrôler avec l’appui de Charlie Watts. Si la tournée de 1972, « Stones TouringParty », fut celle de tous les excès, elle marque également un tournant, l’image, la communication faisant l’objet d’un contrôle de la part du groupe. Le film de Robert Frank qui devait relater cette tournée fut ainsi interdit de sortie en raison de scènes pouvant nuire à la réputation du groupe.

    Les places de concert les plus chères de la scène rock

    Dans les années soixante-dix, les Stones tournent dans des salles de plus en plus grandes avec des moyens techniques importants. La tournée 1981/1982 constitue une rupture en termes de prix des places et de logistique même si de tout temps, le groupe a toujours été celui dont les places de concert sont les plus chères de la scène rock.

    À partir de 1989, les Stones décident de changer le modèle financier des concerts. Conseillés par le Prince Rupert Ludwig Ferdinand zu Loewenstein (qui était leur financier depuis 1966) et par Michael Cohl, un ancien promoteur de salle de concert, ils imposent leur tarif aux tenanciers de salles et à tous les intermédiaires. Jusqu’alors, les ventes de billets étaient réalisées par chaque salle qui rémunérait ensuite les artistes. Depuis la tournée « Steel Wheels » en 1989, les ventes de billets sont centralisées. L’organisateur s’engage à verser dès le départ un certain montant fixe aux Stones à charge pour lui de rentabiliser l’opération. Le recours au sponsoring se multiplie. Budweiser (bières), Volkswagen et bien d’autres participent au financement. Les Stones touchent par ailleurs des royalties sur toutes les ventes de produits dérivés. Ce système contribue à internationaliser l’organisation des concerts.

    Sur l’ensemble de leur carrière, les Stones ont rapporté en concert environ deux milliards de dollars de recettes. En 2021, malgré le Covid, les Stones a été le groupe ayant gagné le plus d’argent, 115,5 millions dollars en 12 concerts. Les membres du groupe dégageraient au minimum 8 millions net de revenus par concert.

    Un marketing de pointe

    Les Stones sont donc une multinationale avec un logo internationalement connu. Il a été dessiné, en 1970 par John Pasche, encore étudiant au Royal College of Art de Londres. À l’époque, ce logo inspiré des lèvres de Mick Jagger symbolisait l’anticonformisme et la révolte, voire le mauvais goût. Il est devenu au fil des décennies le logo le plus célèbre du rock. La force en termes de marketing des Stones est leur capacité à créer des évènements, à créer une histoire. Ils ont fait du storytelling avant même que ce terme n’existe.

    Mick Jagger, Keith Richards
    La bouche qui tire la langue, le logo inspiré des lèvres de Mick Jagger. Un logo connu mondialement qui symbolise l’anticonformisme et la révolte © Bjoemu

    Dès le départ, le positionnement marketing a été étudié. D’origine bourgeoise, les Stones, s’affichent, dès 1962, comme des mauvais garçons afin de se différencier des Beatles. La mise en scène de la compétition des deux groupes a été organisée afin évidemment de développer des communautés de fans qui sont autant d’acheteurs potentiels. Mais à la différence des autres groupes alors en vogue, les Stones fraient très rapidement avec l’intelligentsia politique et culturelle. Mick Jagger a toujours entretenu des relations avec les responsables politiques de droite comme de gauche. Il a même été tenté de poursuivre une carrière politique au début des années 70. De grands photographes comme Dominique Tarlé ou Annie Leibovitz, des artistes comme Andy Warhol ou des écrivains tel Truman Capote ainsi que des cinéastes comme Jean-Luc Godard et Martin Scorcese ont été amenés à travailler avec les Stones ou à les suivre.

    La scène devient un bain de jouvence

    Les déplacements des Stones sont toujours scénarisés. Dans les années 70, les extravagances des membres du groupe et des roadies sont plus ou moins mises en scène. La tournée de 1972, dénommée « Stones Touring Party » jugée la plus excessive, permit de replacer les Stones au cœur de l’actualité. Au sein du groupe, une répartition des rôles s’institue, Mick Jagger devient tout à la fois un mondain et un redoutable homme d’affaires quand le guitariste Keith Richards entend demeurer le représentant de l’esprit rock. Mick Jagger dandy, ouvert aux modes, a joué sur une certaine forme d’ambivalence sexuelle avant de se muer en « adulescent ». Aujourd’hui, il symbolise le sénior résistant au temps, pratiquant du sport et suivant les conseils d’un diététicien pour rester svelte et en pleine forme. Les querelles entre les deux hommes sont savamment distillées à la presse mais n’aboutissent pas à la scission définitive du groupe. Ce qui les unit, le goût du blues, du spectacle, l’ivresse de la foule, le goût pour la belle vie, est bien plus fort que leurs divergences plus ou moins réelles.

    Rolling Stones
    Mick Jagger lors d’un concert à Londres en 2018 © Raph_PH

    À près de 80 ans, la scène devient un bain de jouvence. À l’image de leurs pères spirituels que sont les bluesmen américains, ils semblent vouloir continuer de jouer jusqu’au bout de leurs forces. Jusqu’à maintenant, le public a toujours répondu à l’appel, acceptant de payer les places de plus en plus chères. La logistique des concerts des Stones demeure la référence du métier même si sur la dernière tournée une certaine sobriété semble être de mise.

    Depuis plusieurs années, les Stones exploitent la fibre nostalgique des fans en proposant notamment une exposition itinérante qui relate l’histoire du groupe de Londres aux dernières tournées géantes avec moults objets. La première s’est tenue à Londres en 2016. En France, elle s’est installée à Marseille en 2021 au Vélodrome dans lequel plusieurs concerts des Stones ont eu lieu.

    L’entreprise n’amasse pas que de la mousse

    En 2022, les Stones est une entreprise employant plus de 400 personnes. En permanence, des juristes chassent les utilisations frauduleuses des titres, des images, du logo. Avec l’appui d’Universal, la firme gère les produits dérivés et propose avant les fêtes de Noël son lot de nouveautés. Pour réduire les charges fiscales, les Stones avant même Amazon, Google et autres GAFA, ont créé une structure aux Pays-Bas. Leur comptable Johannes Favie a été récemment entendu par la chambre des députés néerlandaise afin de justifier le paiement d’un montant réduit d’impôt. Le recours au système de sociétés holding a été vendu par les Stones à d’autres groupes comme U2 ou AC/DC. Le montant des recettes totales du groupe demeure inconnu. Seuls les résultats des concerts sont communiqués. Ils peuvent rapporter plus de 300 millions de dollars, les Stones figurant parmi ceux qui obtiennent les montants les plus élevés.

    Les Stones, des racines à aujourd’hui

    Les fondateurs des Stones, de manière discrète, n’oublient pas de rendre hommage aux bluesmen qui sont à l’origine de leur musique. Ils aident financièrement les plus vieux d’entre eux. Ils ont enregistré en 2016 un album de reprises de morceaux de blues. En 2020, ils ont financé la publication d’une compilation Confessin’ the Blues où ces morceaux apparaissent dans leur version d’origine. Mick Jagger, par sa longévité, par sa présence sur scène, influence un grand nombre d’artistes d’âge et de styles différents. Il est capable de travailler avec des rappeurs, des chanteurs de soul ou des spécialistes de la musique électronique.

    La nonchalance stonienne cache un goût forcené pour le travail. Les membres du groupe passent des heures en studio tant pour la composition que pour la préparation des concerts. Les morceaux sont des compositions qui peuvent mettre des années à émerger. Mick Jagger a dès les débuts du groupe décidé de tout enregistrer. Avec l’aide du directeur musical, Chuck Leavel, il est capable de faire ressurgir une boucle de son, vieille de plusieurs décennies, pour en faire un morceau d’aujourd’hui. Si, pour entretenir le mythe, Keith Richards aurait inventé Satisfaction en dormant, la vérité serait plus prosaïque. Ils auraient durant plusieurs jours travaillé autour de ce riff qui est devenu légendaire. Les Stones, c’est une entreprise musicale qui ne se limite pas aux membres fondateurs. Il y a, à la différence des Beatles, des compagnons de route qui participent à l’aventure. Il y a le pianiste et organiste Nicky Hopkins, Billy Preston, Chuck Leavel, Lisa Fisher et bien d’autres.

    Les Stones ont dès la fin des années 1960 contribué à la l’essor de groupes ou de musiciens. Disposant en 1968 d’un studio d’enregistrement mobile, ils permettent à Led Zeppelin ou à Deep Purple d’enregistrer plusieurs albums. Ils contribueront également à populariser le Reggae de Bob Marley.

    Pour terminer cette petite histoire qui roule comme une belle pierre, retour à Datford. Mick Jagger y finance un centre culturel et musical installé dans son ancien lycée. Il permet chaque année à 450 enfants de pouvoir apprendre un instrument pour un coût raisonnable. La ville consciente de la renommée internationale du groupe a décidé de renommer treize de ses rues du nom de chansons des Rolling Stones. Il est ainsi possible de passer de Satisfaction Street à Angie Mews en passant par Ruby Tuesday Drive. Une plaque a été, par ailleurs, installée sur le quai N°2 de la gare. La nostalgie l’emporte désormais sur la révolution des mœurs qu’exprima dans les années 1960 les Stones.

    Certains soulignent que le groupe vit sur ses acquis et qu’il n’aurait rien proposé de révolutionnaire depuis « Start me up » en 1981. C’est oublier que les amateurs rock souhaitent vivre ou revivre une époque disparue. Les rares nouvelles compositions des Stones, aussi bonnes soient-elles, ne trouvent pas d’échos car elles ne portent pas toute la symbolique des anciennes.

  • Loueur en France de meublé ? La SACEM est à payer

    Loueur en France de meublé ? La SACEM est à payer

    Depuis le début de l’année, la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) multiplie l’envoi de courrier à destination des propriétaires de locations touristiques (gîtes, chambres d’hôtes, résidence secondaire louée…), rapporte Le Parisien. En tant qu’expatriés, vous êtes nombreux à détenir un bien de famille, un pied à terre ou un investissement locatif, on fait le point pour vous sur ces nouveaux frais.

    198,01 de prélèvement

    Le quotidien parisien précise que si, dans les logements que les bailleurs de meublés louent, ils mettent « à disposition un moyen de diffusion (télévision, lecteur CD, radio, NDLR) à destination de leurs clients […], ils doivent souscrire [au] forfait annuel spécial hébergement touristique pour être en conformité avec la réglementation, pour 198,01 € HT. »

    Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents des propriétaires concernés, certains estimant qu’il s’agit d’« une taxe déguisée », d’autres « une manière de compenser la suppression de la taxe audiovisuelle », rapportent nos confrères. D’autres encore pointent une forme d’injustice d’être concernés au même niveau que les grands groupes hôteliers.

    Pour certains bailleurs, cette taxe est « une manière de compenser la suppression de la taxe audiovisuelle »

    Une amende qui peut atteindre 300 000 euros

    « Notre démarche est légale, elle répond à une mission d’intérêt général inscrite dans le Code de la propriété intellectuelle », explique au Parisien Jean-Félix Choukroun, directeur du service Clients de la Sacem. « Dès lors que des œuvres protégées sont diffusées – de manière directe ou enregistrée – dans des locaux proposés au commerce comme l’est une location saisonnière, il y a un acte de communication au public soumis à droits d’auteur. »
    Les personnes décidant de ne pas s’acquitter de la somme risquent une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 euros, précisent nos confrères.

    Mais à quoi sert la SACEM ?

    La SACEM est une société privée à but non lucratif créée le 28 février 1851. Elle est la principale société de gestion collective de droit d’auteur musical en France. Cependant, la mécanique de la SACEM peut paraitre obscure pour les néophytes et même les érudits peuvent parfois s’y perdre tant le mode de fonctionnement et les services proposés par cette société peuvent paraître flous.

    La SACEM sert à rémunérer les créateurs d’un morceau de musique lorsqu’il est diffusé en public. C’est-à-dire que lorsqu’un morceau de musique est joué dans une discothèque (ou dans tout autre lieu public comme désormais un bien mis en location sous le statut de « meublé »), à la télévision (ou sur tout autre média), la SACEM se charge de collecter, auprès du diffuseur, un peu d’argent. Ainsi la SACEM apporte un complément de revenu vital à de très nombreux créateurs de musique.

  • 20 milliards d’euros pour soutenir le pouvoir d’achat des Français

    20 milliards d’euros pour soutenir le pouvoir d’achat des Français

    Pour faire face à l’inflation et contrer les risques sociaux qu’elle pourrait engendrer, l’Assemblée nationale a adopté vendredi (22 juillet), au petit matin, le projet de loi d’urgence pour le pouvoir d’achat, déposé par le gouvernement.

    Quatre jours de débats ont été nécessaires pour aboutir à un compromis sur le texte proposé par le gouvernement d’Elisabeth Borne en soutien au pouvoir d’achat.

    Malgré le fait que l’inflation en France soit la plus basse des pays de l’Union européenne, les difficultés éprouvées par les Français et la crainte d’un nouveau mouvement social justifient, selon le gouvernement, des mesures d’urgence de soutien au pouvoir d’achat.

    Leur coût total est estimé à environ 20 milliards d’euros.

    Bouclier tarifaire 

    Parmi les principales mesures, sur le volet énergétique, l’Assemblée nationale a approuvé le blocage des prix du gaz et la limitation des prix de l’électricité à +4 %, ainsi que la prolongation de la remise de 15 à 18 centimes par litre de carburant à la pompe.

    Contre l’avis du gouvernement, les députés ont également voté le rehaussement du prix fixe auquel EDF vend une partie de son électricité à ses concurrents dans le cadre du dispositif d’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH).

    Depuis 2012, le prix du mégawattheure (MWh) dans le cadre de l’ARENH était de 42€. Au 1er janvier 2023, il devra être d’ « au moins » 49,50€.

    Pour le reste, et contre l’avis des parlementaires de gauche et écologistes, l’Assemblée a voté une dérogation au droit de l’environnement dans le but d’installer, de façon temporaire, un terminal méthanier flottant près le port du Havre.

    Au regard de l’urgence énergétique, le gouvernement pourra aussi redémarrer la centrale à charbon de Saint-Avold, même si aucun parlementaire ne s’en réjouit, pas même ceux de la majorité.

    Revalorisations

    Des revalorisations des pensions (+4 %), du point d’indice des rémunérations des fonctionnaires (+3,5 %) et de certaines allocations sociales ont été votées, bien qu’inférieures au niveau de l’inflation.

    Rare moment d’unanimité dans une Assemblée gonflée à bloc : l’allocation adultes handicapés (AAH) a été déconjugalisée. Les ressources du conjoint ne seront plus prises en compte pour calculer le montant de cette prestation sociale. Ce mode de calcul était dénoncé par les associations pour qui la personne handicapée se retrouvait dépendante de son/sa partenaire. A compter d’octobre 2023, le calcul se fera désormais uniquement sur les revenus de la personne concernée. Les élus macronistes ont aussi voté le texte malgré leur opposition sous la précédente législature.

    Le logement étant un des principaux postes de dépenses, la hausse des loyers a été plafonnée à + 3,5 % maximum en métropole et à + 2,5 % dans les territoires d’outre-mer (sur la période juillet 2022 à juin 2023) et les allocations logement revalorisées (+3,5 %).

    Contre l’avis du gouvernement, les oppositions ont limité la progression des loyers à + 1,5 % dans les zones dites « de revitalisation rurale ».

    8 millions de foyers recevront une allocation exceptionnelle de 100 euros à la rentrée.

    Quant aux mesures en faveur des jeunes, le dispositif « repas à 1 euro » pour les étudiants boursiers est prolongé et leurs bourses revalorisées (+ 4 %). En France, plus d’un tiers des étudiants perçoivent une bourse sur critères sociaux.

    Des mesures diverses en protection des consommateurs ont aussi été adoptées, en particulier pour faciliter la résiliation des contrats souscrits en ligne et des contrats d’assurance.

    La gauche inquiète

    La gauche, qui n’a pas voté le texte dans son ensemble mais certaines mesures ponctuelles – comme la limitation de la progression des loyers par exemple – dénonce un texte qui ne protège pas le pouvoir d’achat et aggraverait le réchauffement climatique par le soutien à certaines sources d’énergie fossile.

    La NUPES reproche aussi au gouvernement de vouloir substituer les primes aux salaires, pour avoir refusé la hausse des salaires et notamment du SMIC à 1 500 euros – le Rassemblement national de Marine Le Pen a également voté contre.

    Les élus Renaissance arguent que le plafond des primes défiscalisées (dites « primes Macron ») a été triplé, passant de 1 000 à 3 000 euros par an (6 000 euros dans certains cas), et permettrait ainsi de doper le pouvoir d’achat des salariés. Dans les dernières années, 5 millions de salariés percevant moins de trois fois le SMIC ont reçu des primes de 500 euros annuels en moyenne. S’agissant d’une prime, le montant est « défiscalisé » et « désocialisé » : le salarié touche la somme entière, mais ne paie aucune cotisation retraite, maladie ou chômage, et n’ouvre donc aucun droit supplémentaire par rapport à son salaire.

    Le détail des votes

    Faute de majorité absolue, la coalition macroniste composée de Renaissance (ex-LREM), du MoDem et de Horizons a pu parvenir à l’adoption du texte grâce aux voix des Républicains (droite), du Rassemblement national (extrême droite) et du groupe LIOT (indépendants et régionalistes).

    Assemblée nationale – Banc du gouvernement le 22 juillet 2022 ©AFP

    La coalition de gauche (NUPES) n’a pas voté le projet de loi. Mais le groupe n’a pas tenu une attitude unitaire : une vingtaine de députés se sont abstenus, notamment chez les Socialistes et certains Communistes et ultra-marins, tandis que les autres votants ont voté contre, dont l’intégralité du groupe La France insoumise (gauche radicale) et des Verts.

    Le texte doit maintenant être adopté par le Sénat, qui entamera son examen la semaine prochaine. Si le Sénat apporte des modifications au projet de loi tel que voté par l’Assemblée, une commission mixte paritaire devra aboutir à un compromis entre les deux chambres.

    [Paul Messad a contribué à la rédaction de cet article]

    Un article de notre partenaire Euractiv.

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  • Comment la défense du pouvoir d’achat peut détruire le pouvoir d’achat

    Comment la défense du pouvoir d’achat peut détruire le pouvoir d’achat

    Le pouvoir a-t-il le pouvoir d’augmenter le pouvoir d’achat ? Un gouvernement qui n’améliorerait pas le sort de sa population perdrait « le mandat céleste », diraient les Chinois. Aussi le nouveau quinquennat s’inaugure-t-il avec une loi « pouvoir d’achat ». Une loi, c’est simple. Avec 20 milliards, même sans majorité, ça passe. 

    Délice du pouvoir et pouvoir d’achat

    On aimerait bien que le pouvoir décide de rendre riches les pauvres, mais ce n’est pas si simple. L’économie obéit bien à des lois, mais pas à celles du pouvoir. Ce qui ne veut pas dire qu’un gouvernement ne peut rien faire pour améliorer l’économie d’un pays, au contraire, il peut beaucoup, y compris beaucoup de mal. 

    La position financière de la France atteint « une ligne rouge », a averti Bruno Le Maire. En même temps, le gouvernement s’apprête à dépenser 20 milliards d’euros supplémentaires, pour combattre l’inflation. Délice du pouvoir de croire, qu’à rebours des lois économiques, de nouvelles dépenses publiques diminuent l’inflation. 

    Quelle est la vraie relation entre pouvoir politique et pouvoir d’achat ? Est déjà bien établie la relation entre déficit public et balance commerciale : L’un alimente l’autre. 

    Le déficit commercial de la France atteindra plus de 100 milliards en 2022. Record. Ce n’est pas forcément grave : la balance des paiements étant équilibrée par définition, la balance des capitaux enregistrera un autre record, excédentaire celui-là, de plus de 100 milliards.D’où viennent-ils ? De ces entreprises qui investissent en France (« Choose France !»), de la balance des services (+27 milliards), des dividendes perçus à l’étranger, enfin, surtout, des bons du trésor. La France achète des produits chinois, du pétrole saoudien, et vend du crédit « made in France ». 

    Les déficits jumeaux sont des quintuplés

    Si on regarde le processus à l’envers, quand des bons du Trésor sont achetés par des étrangers, mécaniquement, la balance commerciale des biens se creuse. Bien sûr, le déficit public peut être alimenté par l’épargne nationale privée, c’est le cas au Japon, c’est moins le cas de la dette française, pour moitié achetée à l’étranger : 48% en 2021. En grande partie par la banque centrale européenne, qui va bientôt cesser son programme de rachat. 

    Au fur et à mesure de l’achat de titres par des institutions étrangères, la position extérieure de la France, la différence entre ses avoirs et ses dettes à l’étranger, se détériore.

    Cette position extérieure est négative depuis 2011. Elle représente 30% du PIB.  A titre de comparaison, elle est positive en Allemagne, de l’ordre de 68% du PIB, en Italie, (+ 7%), Pays-Bas (+94%), Belgique (+57%), Suède (+17%). Elle est en revanche négative en Pologne (-40%) et en Espagne (-70%).

    Cette fragilité a une conséquence immédiate : les taux d’intérêt français montent. En quelques mois, l’Etat paie quelques dizaines milliards de plus. Pour l’instant, la situation de la France est masquée par celle de l’Italie : gouvernement démissionnaire, dette publique de +150% du PIB, croissance atone, extreme droite favorite des prochaines élections. Mais la position extérieure de l’Italie est meilleure, son commerce extérieur aussi.

    Toute hausse des dépenses publiques accroit automatiquement le déficit extérieur

    Que peut un gouvernement sur la position extérieure ? Toute hausse des dépenses publiques accroit automatiquement le déficit extérieur. Selon l’INSEE et la Direction générale du Trésor, une aggravation de 1% du déficit public dégrade le solde commercial de 0.7% du PIB dans les deux ans. Voilà ce que font les gouvernements.

    Un gouvernement peut diminuer le déficit public en augmentant les prélèvements obligatoires, mais cela dégrade la compétitivité des entreprises et le solde commercial se détériore.

    On sait exactement comment redresser la « position extérieure » de la France  

    Inversement, une diminution des prélèvements stimule les exportations. Une baisse de 1% de prélèvements permet une amélioration du solde de 0,3% au bout de deux ans. 

    On sait donc exactement, à Bercy, comment redresser la « position extérieure » de la France : diminuer les dépenses publiques et baisser les prélèvements. Ce qu’a fait l’Allemagne, et tant d’autres. 

    Vote de la loi sur le pouvoir d’achat le 22 juillet 2022 ©AFP

    La politique de déficits publics permanents affaiblit le pouvoir d’achat des Français 

    Ce que disent ces modèles, ces lois économiques, c’est que la politique de déficits publics permanents ne fait pas qu’accroitre la dette, elle affaiblit la France, et le pouvoir d’achat des Français. La dégradation de la compétitivité des entreprises enferme les salariés français dans des métiers de services mal payés. C’est une économie à faible valeur ajoutée, et donc à bas salaire. Il y a 50 ans, le revenu par habitant des Suisses était équivalent à celui des Français. Aujourd’hui, il est deux fois et demi supérieur. La richesse d’une nation se construit, sa pauvreté aussi. Tel est le vrai pouvoir des gouvernements sur le pouvoir d’achat.

    Il y eut la crise de 2008, celle de 2020 avec le Covid, aujourd’hui celle de l’Ukraine, s’impose la quatrième, volontaire, celle de la transition énergétique. Il en surviendra une autre dans les cinq ans à venir, parce que c’est la règle, dans une planète sans gendarme ni boussole, dans une économie en pleine révolution. Les précédentes crises ont abîmé notre économie. Il est illusoire de croire que la France a bien résisté. Les Français le savent : ils se sont appauvris, d’où leurs protestations.

    On dit fréquemment que les déficits publics et commerciaux sont jumeaux. Ce ne sont pas des jumeaux, mais des quintuplés.  Ils viennent avec la baisse du pouvoir d’achat, la pauvreté des services publics, la dépendance politique. Qui écoute un pays de plus en plus dépendant ?

    L’Etat peut tout. Il pourrait même contenir ses dépenses.

    Nouriel Roubini, célèbre pour avoir prédit la crise de 2008, annonce une crise mondiale des dettes, avec un effondrement des marchés boursiers de plus de 50%. Le Président de JPMorgan, la première banque américaine alerte. Les Cassandre n’ont pas toujours raison. Ce qui inquiète le plus, dans le cas de la France, c’est le sentiment que rien de grave ne peut arriver, que l’Etat peut tout. 

    Il pourrait même contenir ses dépenses, avec une croissance limitée à 0,6%, pour ramener le déficit à -3% en 2027 : C’est l’annonce -ou le vœu- de Bruno Le Maire. On veut le croire : Aucun gouvernement depuis 15 ans n’a tenu ses engagements. 

    L’inquiétude, ce n’est pas le pouvoir d’achat aujourd’hui ni même le chauffage de cet hiver. La menace, c’est une crise de la dette qui entraînerait le pays dans une spirale de conflits et de dépendances. Là s’effondrerait le pouvoir d’achat. Qui en parle ? Sans tirer la sonnette d’alarme, sans prise de conscience, comment le gouvernement, sans majorité, tiendrait ses objectifs ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Karim Ben Cheikh, nouveau rapporteur spécial de l’Action extérieure de l’Etat

    Karim Ben Cheikh, nouveau rapporteur spécial de l’Action extérieure de l’Etat

    Karim Ben Cheikh, le député des Français du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest (IX circonscription des Français de l’étranger), a été nommé rapporteur spécial de l’Action extérieure de l’Etat. Mais qu’est ce que l’Action extérieure de la l’Etat français ? Quel rôle pour un rapporteur spécial ? Quels enjeux pour les Français de l’étranger ?

    L’Action extérieure de l’Etat

    L’Action extérieure de l’Etat réunie tous les outils consacrés à l’influence de la France dans le monde. Sous cette appellation, de nombreuses missions sont réunies comme le maintien de la paix, la sécurité internationale, la présence française au sein des organisations internationales mais aussi la diplomatie culturelle et d’influence. On retrouve donc dans les différents programmes budgétaires de l’Action extérieure de l’Etat, l’AEFE, les Instituts français, les Alliances françaises, les Chambres et les conseillers au Commerce extérieur, mais aussi les services consulaires et bien d’autres actions comme les « Flam », etc.

    Le rapporteur spécial

    La mission d’un rapporteur spécial de la Commission des Finances est double. D’une part, lors de l’examen du budget, il examine les crédits regroupés au sein d’une mission et présente en commission puis en séance un rapport sur ces crédits. D’autre part, à titre permanent, il suit et contrôle leur emploi.

    Son rôle est donc central quant au financement des dispositions votées dans la Loi de Finances annuelle et quant à leur bonne exécution tout au long de l’exercice comptable concerné. A travers la commission de Finances, le rapporteur spécial est aussi muni de pouvoirs d’enquête et d’information conséquents.

    ©Ministère des Affaires étrangères et européennes

    Karim Ben Cheikh

    Karim Ben Cheikh est un diplomate français (ancien consul général à Beyrouth-Liban), désormais en réserve, qui a depuis quelques années une sympathie pour le socialiste Benoit Hamon, qu’il rejoint en 2021 dans Génération.S. Rapidement, il s’est déclaré, dès le mois de janvier 2022 et ce alors que la bataille faisait rage entre socialistes, écologistes et insoumis. Bénéficiant de l’accord NUPES, il fut investi pour Génération.S (la seule circonscription de l’étranger où ce mouvement a eu une investiture) sur la IX ème circonscription des Français de l’étranger soit le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

    Après sa prise de fonction, il décida de rejoindre la Commission des Finances, présidée par l’Insoumis Eric Coquerel. Il rejoint donc, comme député des Français de l’étranger, Alexandre Holroyd, élu Renaissance (ex LREM) pour les Iles Britanniques, la Scandinavie et les pays baltes, qui était déjà dans cette commission lors du mandat précédant.

    Et le mandat de Karim Ben Cheikh commence fort avec cette nomination comme rapporteur spécial de l’Action extérieure de l’Etat.

    La défense des intérêts des Français de l’étranger

    C’est la première fois qu’un député des Français de l’étranger occupe cette fonction qui est pourtant fondamentale pour les expatriés. En effet, Karim Ben Cheikh va ainsi disposer de larges prérogatives pour faire respecter les dispositions votées par la représentation nationale et veiller à leur application. De nombreuses situations vont nécessité son attention.

    On pense évidemment au budget du STAFE, des FLAM, mais aussi aux bourses scolaires, aux fonctionnaires dans les services consulaires, tout un ensemble de sujets qui touchent à la vie quotidienne des Français de l’étranger et dont l’urgence de traitement s’est révélée criante depuis la pandémie. Karim Ben Cheikh s’y est engagé dans un tweet.

  • Confusion autour du budget FLAM

    Confusion autour du budget FLAM

    Suite à l’évocation de la diminution du budget alloué aux associations Français LAngue Maternelle (FLAM), ses représentants ont tenu à avertir les élus. Mais entre mauvaise connaissance du système et incompréhension, il est difficile de comprendre ce qu’il se passe véritablement.

    Le 24 juin dernier s’est tenue la Commission d’attribution du budget accordé aux FLAM, afin de valider ou d’invalider les dossiers pour l’année à venir. Or, si la loi de finance votée à l’automne dernier leur accordait un budget d’1 million d’euro, les différents représentants des FLAM ont appris qu’il pourrait finalement s’élever à hauteur de 600 000 €. Entre stupeur et incompréhension, ils ont donc souhaité alerter les élus et les médias de ce couperet.

    Les FLAM, le pont entre la France et les enfants français de l’étranger…

    Les associations FLAM permettent aux enfants français non scolarisés dans un établissement français à l’étranger, de poursuivre des études dans leur langue maternelle. Aujourd’hui il en existe 177 implantées dans une quarantaine de pays. Un nombre en constante croissance au vu de leur utilité.

    FLAM
    La galette des rois de la FLAM de Madrid

    Effectivement, selon le ministère des Affaires étrangères, deux enfants français sur trois établis à l’étranger n’ont pas accès à une éducation française. Ils sont donc inscrits dans un établissement local, et bien que leurs parents puissent être des natifs de l’hexagone, ils perdent rapidement leur niveau de français. C’est pour palier ce problème que les FLAM sont nées il y a une dizaine d’années. Tenues par des parents soucieux que leur progéniture garde un lien fort avec leur nationalité première, elles sont également soutenues par l’ensemble des élus représentants les Français de l’étranger, et les administrations telles que les ministères et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

    A bien y regarder, la majorité des candidats aux élections législatives ont effectivement consacré une partie de leur programme aux FLAM. A leurs yeux, ces associations sont d’utilité publique (bien qu’elles n’en aient pas le statut) et participent au rayonnement de la France à l’international.

    … mais qui ne rentrent dans aucune case administrative précise

    Seulement, si les FLAM sont bénéfiques à l’ensemble de la communauté française à l’étranger, elles n’ont que peu de moyens à cause de leur statut mal défini. Considérées comme des associations à but non-lucratif, la majorité du personnel est bénévole. En effet, seuls les professeurs, qui sont des professionnels au service de la langue maternelle, sont rémunérés grâce aux frais d’inscription déboursés par les familles.

    FLAM
    Marine Havel, présidente de FLAM Monde

    Une année de cours dans une FLAM coûte entre 500€ et 600€ par enfant. Cependant, des forfaits familles existent, et les administrateurs en viennent souvent à réduire les coûts pour les foyers à faibles revenus. De cette manière, ils demandent depuis des années à voir leurs subventions être augmentées afin de non seulement répondre aux besoins et attentes des adhérents, mais également pour pouvoir se rémunérer. Comme le spécifie Marine Havel, présidente de PhilaFLAM, de FLAM USA et de FLAM Monde, « ce sont d’ailleurs souvent des femmes qui sont bénévoles. Cela créé donc en plus une inégalité contre laquelle nous voulons nous battre. »

    FLAM
    Une classe FLAM

    Par conséquent, c’est pour ces différentes raisons que les FLAM ont demandé de percevoir un budget de 1 million d’euros pour l’année. Un point soutenu par les élus tels que Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription, qui appuie qu’il « continuera à se battre pour les FLAM bénéficie de ce budget-là et pas moins ». Mais ce fut stupeur et tremblements lors de la dernière Commission budgétaire des FLAM : les membres y siégeant apprennent que les subventions octroyées pourraient finalement s’élever à hauteur de 600 000€, sans comprendre ni connaître la raison d’un tel revirement.

    FLAM
    Stéphanie Olivia Adélaïde, présidente FLAM Espagne

    Comme le spécifie Stéphanie Olivia Adélaïde, présidente FLAM Espagne, « nous ne savons même pas si cette enveloppe de 600 000€ comprend l’ensemble des FLAM, des fédérations et des regroupements régionaux, ou seulement une certaine catégorie. Nous ne savons pas non plus qui a pris cette décision, étant donné que nous avons le soutien de l’AEFE et des politiciens ».

    Avant d’ajouter que la décision a dû sûrement être prise du côté comptable, étant donné que les règles comptables ne sont pas adaptées aux FLAM. C’est pourquoi, les deux représentantes des associations demandent aujourd’hui à ce qu’un nouveau statut administratif soit créé pour l’organisation.

    Des solutions temporaires

    Néanmoins, la naissance d’un nouveau statut pourrait prendre du temps. Les présidentes FLAM proposent donc que des solutions rapides soient apportées en attendant. Elles pensent notamment à la mise en place du passe éducation imaginé et défendu par plusieurs représentants comme Olivier Cadic ou Samantha Cazebonne, sénateurs des Français de l’étranger. Ce premier, propose depuis 2014 l’instauration d’un « chèque éducation » qui permettrait aux enfants de l’étranger de s’inscrire gratuitement dans une FLAM, et donc de faire davantage rayonner le réseau.

    Finalement, si pour l’heure nous n’avons pas de visibilité sur l’enveloppe qui sera définitivement allouée aux FLAM, la décision devrait être prise dans les semaines à venir.

    FLAM
    La fête de la francophonie organisée par la FLAM à Madrid
  • Sri Lanka : témoignage d’une famille d’expatriés

    Sri Lanka : témoignage d’une famille d’expatriés

    Quelques heures après les évènements ayant mené à la chute du Président, Gauthier Seys, le fondateur de Stereochic, recevait Clémence, une Française mariée à un Suisse, installée au Sri Lanka depuis 2018. L’occasion de revenir sur les conséquences pour les Sri-lankais, les expatriés et les touristes.

    Une crise économique sans précédent

    Depuis plusieurs mois, le pays fait face à la plus importante crise économique depuis son indépendance en 1948. Une situation dont le président Gotabaya Rajapaksa est jugé en partie responsable. Après son élection en novembre 2019, il avait procédé à d’importantes réductions d’impôts, pour un coût annuel de 800 milliards de roupies (plus de 2 milliards d’euros). Quelques mois plus tard, il avait décidé l’arrêt des importations d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires dans le pays pour atteindre une production agricole 100 % biologique.

    Cette mesure, finalement abrogée en février 2022, a contribué au déclin économique du pays. De plus, les attentats djihadistes d’avril 2019 puis la crise de la Covid-19 ont frappé durablement le secteur touristique, pilier de l’économie sri-lankaise.

    La crise est à son paroxysme ce 14 juillet, Gotabaya Rajapaksa s’enfuit à Singapour et démissionne, alors qu’à Colombo les manifestants mettent fin à l’occupation de bâtiments publics, tout en promettant de continuer à mettre sous pression le pouvoir.

    Pas de tensions depuis la démission

    La première question qui vient à l’esprit de tous, lorsqu’on analyse la situation politique, c’est celle de la sécurité. Clémence nous rassure de suite en expliquant que le calme est revenu depuis et que les échauffourées se sont de toute façon limitées à la capitale, Colombo.

    Elle nous explique que la population a une colère, mais bien canalisée et qui se limite aux anciens dirigeants. La bienveillance et le sens de l’accueil sont toujours de mise à Ceylan.

    Le tourisme à l’arrêt

    La vraie conséquence de la révolution pour l’économie de l’île et des expatriés, c’est l’arrêt brutal des réservations. Clémence et son mari qui accueillent des touristes occidentaux, sous différentes formules, à découvrir sur leur blog « Un passeport en cavale« , ont immédiatement constaté que les demandes de renseignements ou les confirmations de réservation se sont taries.

    Photo du blog de Clémence ©Un passeport en vadrouille

    Une situation qui ne va pas s’améliorer tant que le pays n’aura pas réussi à résoudre ses problèmes financiers qui entraient coupures de courant et autres interruptions de services publics.

    Les expatriés satisfaits pour la population

    La communauté française ne fut pas surprise du déclenchement de cette révolution, saluant « que pour une fois la population s’est révoltée ». La situation était devenue impossible avec des problèmes qui s’étendaient désormais à l’alimentation.

    Si les expatriés ont le sourire pour les Sri-lankais, ils font grise mine quant à leurs business. Comme souvent dans ces pays, nos compatriotes excellent dans les métiers liés au tourisme et sont donc victimes du coup d’arrêt actuel qui frappe ce beau pays.

    Ecoutez le podcast avec Clémence au Sri Lanka

  • La Croatie prête à rejoindre la zone euro

    La Croatie prête à rejoindre la zone euro

    Le 1er janvier 2023, la Croatie entrera officiellement dans la zone euro de l’Union européenne. Le passage à la monnaie unique va apporter plusieurs changements dans la vie des Croates et des Français installés sur place. 

    Le 1er juin dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne ont acté que la Croatie était “prête à adopter l’euro”, selon leur rapport de “convergence”. Une approbation qui va entraîner la disparition de la Kuna, la monnaie nationale, au profit de la mise en circulation de la monnaie unique. Ainsi, à partir de l’automne, les prix seront affichés dans les deux devises. Sur les étiquettes, les habitants pourront y lire un taux de change de 7,5345 kuna pour 1€. 

    Croatie, zone euro
    Le ministre croate des Finances, Zdravko Maric, et la présidente de la BCE, Christine Lagarde ©AFP

    Un processus long

    Vingt ans après avoir déposé sa candidature pour rejoindre l’Union européenne, et dix ans après en être devenu membre, le pays des Balkans devient la vingtième nation de la zone euro. A l’instar de chaque pays de l’UE, au moment de son adhésion, la Croatie s’est engagée à adopter à terme la monnaie unique. Mais pour cela, elle doit remplir certains critères économiques tels qu’une économie résiliente.

    Finalement, Zbynek Stanjura, le ministre tchèque des Finances dont le gouvernement a pris la présidence de l’UE le 1er juillet dernier, a assuré que « la Croatie a rempli avec succès tous les critères économiques requis et payera en euros à partir du 1er janvier 2023″. Après avoir tenu « à féliciter [son] homologue, Zdravko Maric, et la Croatie toute entière ».

    Un évènement « historique »

    Dans une interview accordée à Euractiv, le ministre croate a assuré qu’intégrer la zone euro était « l’un des objectifs stratégiques » du gouvernement au début de son mandat en 2016. A ses yeux, il s’agit d’un moment « historique » pour la Croatie.

    Croatie
    Tea Pestotnik Prebeg, élue consulaire en Croatie

    Même son de cloche du côté des représentants français sur place. Effectivement, pour Tea Pestotnik Prebeg, élue consulaire des Français en Croatie, « c’est un moment stratégique pour la Croatie, pour toutes nos banques, pour les touristes et les habitants”.

    De son côte, Lucijana Leoni qui est consul honoraire de la France à Dubrovnik, assure qu’« il sera maintenant plus facile de voyager dans le pays pour les Européens. Et puis la vie des Français installés sur place va également être simplifié au niveau des échanges bancaires ».

    L’ambassade française en Croatie

    Un changement pour les Français de Croatie

    Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription

    « Être un Français vivant dans l’Union européenne mais dont le pays de résidence n’appartient pas à la zone euro peut parfois apporter son lot de complications », nous a déclaré Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription. Résidant lui-même en Pologne, dont la monnaie locale est le Złoty, il connait bien cette problématique. Effectivement, bien que ce ne soit pas obligatoire, les expatriés doivent généralement ouvrir un compte bancaire dans leur pays de résidence afin de ne pas être gênés, par exemple, par les frais de change onéreux.

    Or, à partir de janvier 2023, les quelques mille Français de Croatie, n’auront plus besoin de se poser la question. Ils pourront au choix ouvrir un compte sur place ou bien garder le leur en France. Un avantage pour les personnes désirant s’installer pour une courte durée notamment. De fait, si la communauté française du pays méditerranéen est de moitié composée de retraités installés sur la côte, les grandes villes accueillent de nombreux travailleurs et étudiants. Une population jeune et hétéroclite attirée par le pays, et les filiales des grandes entreprises françaises établies à Zagreb, la capitale.

  • La Hongrie envisage une résolution prochaine du différend avec Bruxelles sur l’État de droit

    La Hongrie envisage une résolution prochaine du différend avec Bruxelles sur l’État de droit

    Des fonctionnaires hongrois sont à Bruxelles cette semaine pour négocier avec la Commission européenne sur les problèmes de longue date liés à l’État de droit et à la démocratie. Budapest est « optimiste » quant à la possibilité de lever le principal obstacle à l’obtention de milliards d’euros avant la fin de l’été.

    « Mon objectif, qui est raisonnable et réalisable, est de régler toutes les questions en suspens dans la procédure de conditionnalité budgétaire d’ici la fin du mois d’août », a déclaré János Bóka, secrétaire d’État aux affaires européennes au ministère hongrois de la Justice, mardi (19 juillet).

    M. Bóka est chargé de trouver une solution suite à la décision de la Commission de mettre en place un mécanisme de conditionnalité destiné à limiter le flux de fonds européens vers les pays présentant des problèmes systémiques d’État de droit.

    L’exécutif européen a pris cette mesure réglementaire à l’encontre de la Hongrie quelques jours après les élections d’avril, qui ont vu le Premier ministre Viktor Orbán être réélu pour la quatrième fois.

    Dans sa lettre d’avril de lancement de la procédure, qu’EURACTIV a pu consulter, la Commission met en avant des problèmes systémiques de conflits d’intérêts, des problèmes de marchés publics, de confiance dans l’exercice des fonctions publiques et des efforts insuffisants en matière de lutte contre la corruption.

    Budapest a envoyé sa réponse à la lettre le 27 juin, laissant à l’exécutif européen un « délai indicatif d’un mois » pour décider s’il va demander aux autres membres du bloc de donner leur accord pour une action.

    La Hongrie aura son mot à dire pour savoir si elle considère que les sanctions proposées sont équitables, si la Commission poursuit son action.

    Hongrie

    Des mesures procédurales de la Commission européenne

    En raison de la rigidité des délais prévus par le règlement établissant le mécanisme de conditionnalité, « la Commission devra probablement, à un moment ou à un autre, prendre des mesures procédurales, quelle que soit l’avancée des négociations », a déclaré M. Bóka.

    Toutefois, il a ajouté qu’une fois que toutes les questions en suspens liées à la discussion sur la conditionnalité budgétaire auront été réglées, Budapest espère une « conclusion rapide » des négociations sur le plan pour la reprise post-Covid, ainsi qu’un accord sur les fonds réservés à la Hongrie dans le cadre de la politique de cohésion de l’UE.

    La Hongrie est le dernier État membre de l’UE à attendre le feu vert de la Commission sur son plan national pour la reprise et la résilience, une étape nécessaire pour débloquer des subventions d’un montant de 5,8 milliards d’euros, qui ont déjà été revues à la baisse (7,2 milliards d’euros) après que l’économie hongroise a enregistré des résultats supérieurs aux prévisions l’année dernière.

    Pour répondre aux préoccupations de la Commission, Budapest s’est récemment engagé à réduire à moins de 15 % la proportion de procédures de passation de marchés publics à soumissionnaire unique (cette proportion est actuellement de 17 % pour les appels d’offres financés par l’UE et de 34,6 % pour ceux qui proviennent uniquement du budget national), à allonger la durée des consultations publiques avant l’adoption d’un texte législatif, à limiter le nombre de fois où la législation est adoptée par procédure accélérée et à affecter les fonds européens à l’indépendance énergétique.

    Le gouvernement hongrois a également indiqué qu’il était prêt à modifier la législation pour permettre un contrôle judiciaire des décisions du ministère public de ne pas donner suite à certaines affaires.

    Toutefois, les critiques affirment que ces concessions ne résoudront probablement pas les problèmes structurels de l’État de droit en Hongrie.

  • Les peuples ont-ils encore une mémoire ?

    Les peuples ont-ils encore une mémoire ?

    La succession rapide des informations, la multiplication des polémiques stériles et des fausses nouvelles, l’analyse pseudo-psychanalytique en temps réel des faits et gestes des dirigeants, publics ou pas, affectent en profondeur la constitution de la mémoire collective. Depuis une trentaine d’années, les crises se succèdent les unes aux autres, des subprimes à la guerre en Ukraine en passant par l’épidémie de Covid-19. Tout est important dans l’immédiateté et rien ne l’est sur la durée.

    Jusqu’au début des années 2000, l’Europe a vécu sur la mémoire des horreurs de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que sur la crainte d’un conflit nucléaire avec l’URSS. La rémanence de la crise de 1929 était également forte. Il n’était pas rare que les plus anciens fassent également mention de la guerre de 1871 dont ils avaient entendu parler par leurs parents et leurs grands-parents. Le projet européen est né de la volonté de ses pères fondateurs d’éviter le retour de ces malheurs. La création d’un marché commun puis unique, avec le rejet de tout protectionnisme, a été pensée comme un moyen de pacification et de développement.

    La construction européenne a été une réussite au-delà de toutes les espérances

    Avec l’appui américain par le plan Marshall et l’instauration sur le terrain militaire de l’OTAN, la construction européenne a été une réussite au-delà de toutes les espérances et cela malgré de nombreuses crises entre les États membres. La chute du Mur de Berlin et celle de l’URSS ont été une apothéose inattendue pour l’Union européenne. En Allemagne, il était de bon ton de parler en permanence de réunification tout en étant convaincu qu’elle n’aurait jamais lieu. L’intégration des États d’Europe centrale et orientale à l’Union européenne est alors apparue comme une évidence. Elle soldait l’abandon coupable dont ils avaient fait l’objet après 1945 et visait à empêcher la résurgence de revendications nationalistes en leur sein. Cette extension à l’Est a permis le passage avec succès à l’économie sociale de marché de ces pays.

    L’Union européenne peine à trouver un deuxième souffle

    Malgré ses indéniables réussites parmi lesquelles figure l’euro, l’Union européenne peine à trouver un deuxième souffle. Elle surmonte les crises en faisant preuve parfois d’audace, que ce soit en 2012 lors du problème d’endettement de la Grèce ou lors de la crise sanitaire avec le lancement du plan de relance. Mais, en raison des antagonismes internes, elle n’a plus de grands projets structurants comme pouvaient l’être dans le passé le marché unique ou l’euro.

    Avec les crises, les États se recroquevillent sur leur pré carré. Pour autant, face aux multiples défis économiques, environnementaux ou géopolitiques, la dimension européenne s’impose comme une ardente nécessité. Les embargos de gaz et de pétrole ainsi que la transition énergétique justifient des initiatives à l’échelle européenne. En 1957, le Traité de Rome avait prévu la création de l’Euratom en vue de coordonner les programmes de recherche sur l’énergie nucléaire. L’objectif était l’émergence et la croissance rapide d’une industrie nucléaire indépendante au sein des pays signataires. Cette initiative qui prolongeait la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) visait, après la crise du canal de Suez en 1956, à résoudre les problèmes d’approvisionnement en pétrole.

    Union européenne
    Le traité de Maastricht signé le 7 février 1992, et actant la création de l’Union européenne

    Une institution européenne chargée des nouvelles énergies

    L’instauration d’une institution européenne chargée des nouvelles énergies permettrait des rendements d’échelle en matière de recherche et de pouvoir de négociation.

    Le renforcement de l’Europe passe également par un renforcement des coopérations industrielles au niveau de la défense. L’arrivée de la Suède et de la Finlande au sein de l’OTAN est à même de faciliter une forte coopération en la matière. La guerre en Ukraine a fait prendre conscience à de nombreux Européens de l’Ouest que l’Union allait de Dublin à Tallin, et que l’Ukraine ne se trouvait qu’à 2 000 kilomètres de leurs frontières.

    Même si l’élargissement à l’Est a été opéré il y a vingt ans, les anciens États membres du Pacte de Varsovie ont été longtemps peu ou mal considérés, générant des rancœurs. Les tensions actuelles avec la Russie devraient amener à un rééquilibrage à l’Est de l’Union avec sans nul doute des gestes à réaliser pour éviter une concentration des institutions européennes à l’Ouest.

    L’Europe est avant tout un continent d’histoire et de culture. A tort, la construction européenne a préféré ignorer cette réalité pour contourner les problèmes issus des longs conflits militaires. Près de 80 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il est certainement temps de tourner la page et de placer les valeurs communes au cœur du projet européen. La multiplication des échanges culturels, le renforcement des échanges scolaires et universitaires pour gagner en cohésion et confiance complèteraient fort utilement les avancées fédérales à réaliser au niveau économique.

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