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  • Tout savoir sur le métier de mandataire immobilier

    Tout savoir sur le métier de mandataire immobilier

    Les raisons sont nombreuses de se lancer dans une carrière dans l’immobilier. La flexibilité, l’autonomie et surtout le fait de pouvoir exercer ce métier depuis où vous le souhaitez, que ce soit en ville ou à la campagne.

    Mais alors que fait un mandataire immobilier ? Comment se passe le recrutement ? Et quelles sont les études pour le devenir ? Nous répondons à toutes vos questions dans cet article.

    Quelles sont les missions d’un mandataire immobilier ?

    Un agent immobilier indépendant, également appelé mandataire immobilier, aide ses clients à acheter, louer ou vendre des biens immobiliers. Il conseille les clients sur les conditions du marché, effectue des visites et fournit des conseils et une assistance tout au long du processus d’achat, de vente ou de location de propriétés.

    Le mandataire immobilier est un commercial dans l’âme. Les qualités requises sont nombreuses : persuasion, communication, négociation, sang-froid, calme et réactivité font partie des fondamentaux. Mais ce n’est pas tout, le travail de veille est également primordial afin de se tenir au courant de la législation et des nouvelles réglementations en vigueur.

    Quelles sont les études à suivre pour devenir mandataire immobilier ?

    Pour devenir mandataire immobilier, l’obtention d’un baccalauréat est obligatoire. Mais ce n’est pas tout. Il vous faudra également poursuivre avec un BTS professions immobilières sur 2 ans, puis idéalement sur une licence professionnelle du secteur de l’immobilier sur 1 an. Enfin, si vous souhaitez vous spécialiser, vous pouvez continuer sur un Master.

    Ces études n’ont pas seulement pour objectif de vous apprendre la théorie et de vous familiariser avec le secteur de l’immobilier, mais également de vous former concrètement au métier au travers de travaux pratiques individuels et en groupe, de mises en situation, et d’expériences professionnelles tout au long de votre cursus dans des agences immobilières.

    Comment se passe le recrutement d’un mandataire immobilier ?

    Pour se faire recruter en tant que mandataire immobilier, il faudra que votre profil corresponde parfaitement aux attentes de l’agence en question. En effet, il est toujours intéressant pour des agences de travailler avec des indépendants. Ici, pas de discriminations à l’embauche, mais un cahier des charges clair et précis qu’il vous faudra remplir afin d’espérer décrocher les missions à la clef.

    Au niveau du processus de recrutement, tout dépend des agences. Ce qui revient le plus souvent est l’envoi de votre CV et de votre lettre de motivation. Si votre profil est retenu, deux choix possibles : des tests écrits afin d’évaluer vos connaissances théoriques, ou un premier entretien. Cette première entrevue a généralement pour but d’évaluer votre personnalité et vos savoir-être. Pour ce qui est de vos compétences commerciales et de vos savoir-faire, cela fait généralement partie d’un deuxième entretien dédié, durant lequel vous serez exposé à une multitude de cas pratiques.

    Une fois ceux-ci passés, félicitations, vous avez toutes vos chances d’être sélectionné par la ou les agences afin de devenir un de leur mandataire immobilier ! Qu’il s’agisse de votre première expérience professionnelle ou d’une énième, vous serez accompagné et formé aux attentes et exigences de l’agence afin de pouvoir réaliser dans les meilleures conditions votre première vente.

  • Le défilé et le discours du 14 juillet 2022

    Le défilé et le discours du 14 juillet 2022

    Emmanuel Macron a présidé le défilé militaire sur l’avenue des Champs Elysées dans un contexte politique intérieur compliqué par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée et un contexte international marqué par le retour de la guerre aux portes de l’Europe. On revient pour les Français de l’étranger sur les moments forts du défilé et le discours du 14 juillet 2022.

    « Partager la flamme »

    « Partager la flamme » fut le thème du défilé 2022. Une triple référence au lien armée-nation, à la flamme de la Résistance incarnée par Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération décédé l’an dernier, et à la flamme olympique dont la France est désormais dépositaire jusqu’aux Jeux olympiques de Paris 2024. Des militaires médaillés olympiques ont d’ailleurs participé au défilé cette année.

    Au total, quelque 6300 personnes ont défilé dont près de 5000 à pied. Le spectacle a mobilisé 64 avions, un drone, 25 hélicoptères, 200 chevaux et 181 véhicules motorisés. Selon le ministère de l’Intérieur, 125.000 policiers et gendarmes ont été par ailleurs mobilisés sur l’ensemble du territoire pour les festivités.

    Parmi les défilants on a pu identifier les 14 unités des troupes de marine, qui fêtent leurs 400 ans d’existence. Des opérateurs du Commandement des opérations spéciales (COS), qui souffle ses 30 bougies, étaient également présents.

    Un final tout en chansons

    Le gouverneur militaire de Paris, Christophe Abad, en confiant l’organisation du tableau final au sergent-chef de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, a permis à celui-ci de concrétiser le projet qu’il portait depuis deux ans avec Candice Parise. Ce final fut donc constitué d’un medley qui rendit hommage au Chant des partisans, à Joséphine Baker ainsi qu’à Jean-Paul Belmondo.

    Un message envoyé à Vladimir Poutine

    La France n’est pas en guerre avec la Russie. Emmanuel Macron l’a dit. Mais sur les Champs-Élysées, ce 14 juillet, notre pas n’en a pas moins envoyé un message clair à Vladimir Poutine puisque l’Ukraine et ses voisins immédiats y seront mis à l’honneur.

    Le défilé des troupes à pied fut en effet ouvert ce matin par neuf pays, tous frontaliers de la Russie : l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. Et derrière ont suivi les soldats français projetés dans le cadre des missions de réassurance sur ce flanc est de l’Europe, tandis que 250 Castrais du 8e RPIMa viennent d’assurer leur relève, à Constanta, en Roumanie…

    L’interview du 14 juillet du Président de la République

    Le président de la République a conclu cette matinée nationale en intervenant à 13h10, sur TF1 et France 2. Ce n’est que la deuxième fois en cinq ans de mandat qu’Emmanuel Macron se prête au jeu de cet exercice. Pourtant, il s’agit d’une tradition républicaine, instaurée en 1978 par Valéry Giscard d’Estaing et popularisée par Jacques Chirac.

    La problématique énergétique

    « Le dérèglement climatique est là. On doit faire face et se protéger », affirme Emmanuel Macron. « On doit accélérer la réponse », affirme-t-il promettant une loi d’urgence sur l’énergie renouvelable.

    Un effort d’autant plus important que « Nous devons nous préparer à un scénario où il faut nous passer en totalité du gaz russe. » comme l’indiquait Emmanuel Macron. « Face à ça, mobilisation générale », demande-t-il. Au delà de la gestion des stocks, « on doit rencontrer collectivement dans une logique de sobriété », ajoute-t-il, souhaitant un « plan pour être en situation de consommer moins ».

    Réformer le travail

    Le président a longuement parlé du travail. Il a réaffirmé sa promesse de campagne de conditionner le RSA à des heures de formations ou de travail. « Il n’y a pas de modèle social s’il n’y a pas du travail pour le financer », affirme-t-il. Il a aussi abordé la réforme du lycée professionnel, ainsi que l’objectif d’avoir 1 million d’apprentis.

    Sur les salaires, il évoque la hausse du SMIC prévue automatiquement suite à l’inflation. Le président veut aussi faire « un travail avec toutes les branches professionnelles où le salaire minimum est en dessous du SMIC ». Il demande aux entreprises de mieux accompagner leurs salariés.

    La réforme des retraites

    « Je me suis engagé pendant la présidentielle en disant qu’on va progressivement reculer l’âge de départ à la retraite jusqu’à 65 ans », rappelle-t-il. « Nous devons travailler plus et plus longtemps, il n’y a pas de doute », explique Emmanuel Macron.

    Il ne donne pas plus de détails sur les contours précis de la réforme qu’il souhaite. La discussion aura lieu « au sortir de l’été ».

    L’absence de majorité

    Emmanuel Macron craint-il un blocage à l’Assemblée nationale alors qu’il n’a pas de majorité ? « Non, car je crois à la responsabilité politique des formations politiques qui sont à l’Assemblée », répond le président. « Il n’y a de majorité contre le gouvernement, qu’avec cet attelage baroque [entre LR, RN et la Nupes] », ajoute-t-il.

    « Les Français m’ont accordé leur confiance », aux deux tours de la présidentielle. Selon lui, la majorité relative démontre la volonté de « compromis » des Français.

    Gouverner par référendums

    « J’irai devant les Français, il faut utiliser tous les moyens pour que notre démocratie soit plus vivante, par des conventions citoyennes et par des référendums », promet Emmanuel Macron.

    3 objectifs pour la France de 2027

    Emmanuel Macron donne ses trois objectifs : 

    – « rendre la France plus indépendante »

    -« gagner la bataille du climat »

    – « pour l’égalité des chances »

    Regardez le replay intégral du 14 juillet 2022

  • Les images du télescope Webb arrivent à point nommé pour Joe Biden

    Les images du télescope Webb arrivent à point nommé pour Joe Biden

    Le lundi 11 juillet, le monde entier avait les yeux rivés sur l’espace grâce aux premières photos du télescope James Webb et dévoilées par Joe Biden. Dans un contexte de forte crise, celles-ci sont arrivées à point nommé pour le président américain.

    Entre une inflation estimée à 9% et les divergences sociales extrêmement fortes en ce moment aux États-Unis, le président américain est en mauvaise posture. Mais le lundi 11 juillet, il s’est offert un moment de répit en montrant au monde entier les premières photos prises par le nouveau télescope ultra-performant James Webb. Sur ces images nous découvrons l’univers comme nous ne l’avons jamais vu : à travers le temps et de manière très nette. Car oui, cette nouvelle machine permet de prendre des clichés d’objets célestes dont la lumière a fait un trajet de 13 milliards d’années pour nous parvenir.

    NASA, CSA, ESA, espace, univers
    Photo de l’univers prise par le télescope James Webb

    Une aubaine pour le président américain

    Le télescope James Webb a été créé par la NASA et les agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (CSA). Alors qu’il y avait un embargo sur la publication de ces images historiques, le président américain Joe Biden l’a brisé afin de les présenter depuis la Maison blanche en avant-première. Comme cela avait été le cas avec son prédécesseur Donald Trump, la mise en scène a été méticuleusement préparée. De cette manière, il cherche à réaffirmer le leadership américain en terme de conquête spatiale et à rehausser sa popularité dans le coeur des Américains.

    Duplex de TV5MONDE

  • Fin des énergies fossiles : « l’impréparation de l’UE est tragique » selon Matthieu Auzanneau

    Fin des énergies fossiles : « l’impréparation de l’UE est tragique » selon Matthieu Auzanneau

    Lors de l’ « UniverShifté » organisée par The Shift Project, groupe de réflexion sur la transition énergétique, EURACTIV s’est entretenu avec son directeur, Matthieu Auzanneau, au sujet des risques sur les approvisionnements pétro-gaziers de l’Union européenne (UE) et de l’impératif sécuritaire de la sobriété énergétique.

    Matthieu Auzanneau est l’auteur d’essais, dont Or Noir. La grande histoire du pétrole, publié en 2015 aux éditions La Découverte et Pétrole : le déclin est proche, publié avec Hortense Chauvin en 2021 aux éditions du Seuil.

    POINTS FORTS DE L’INTERVIEW 

    • L’UE n’est pas préparée au déclin inexorable de la production pétro-gazière russe et va subir des contraintes sur les volumes d’approvisionnement ;
    • Vladimir Poutine profite de la « naïveté » de l’UE pour réimposer un rapport de force ;
    • La sobriété énergétique est un impératif sécuritaire ;
    • L’exemple syrien est un avertissement pour les sociétés européennes bordées par des régimes puissants dont la survie dépend de la manne pétrolière.

    Interview avec Matthieu Auzanneau

    Euractiv : Le Shift Project publiait en mai 2021 une étude sur les risques dapprovisionnements futurs en pétrole de lUE. Que dit-elle ? 

    Matthieu Auzanneau : En 2020, nous avions publié une première étude sous l’égide du ministère des Armées français, fondée sur les données fournies par la société d’intelligence économique spécialisée Rystad Energy. 

    Cette étude montrait que plus de la moitié des approvisionnements de l’UE provient de pays pétroliers dont la production devrait décliner d’ici 2030. 

    Il s’agit de pays qui, faute de réserves suffisantes, sont soit déjà en déclin (l’ensemble du continent africain), soit au bord du déclin, comme la Russie. 

    Confiée à deux anciens responsables de la production de Total et à l’ancien expert pétrolier n°1 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), notre deuxième étude publiée en 2021, donc avant l’invasion de l’Ukraine, aggravait le constat : l’UE risque fortement de subir des contraintes d’approvisionnement dès la décennie 2020, sauf si le boom du « pétrole de schiste » [tight oil ou shale oil en anglais] se poursuit aux États-Unis et si la Russie maintient ses capacités de production.

    E : Quen est-il aujourdhui avec la guerre en Ukraine et l’accélération de la baisse des approvisionnements russes comptant pour 30% des importations fossiles de lUE ? 

    M.A : En février 2021, Total prévenait déjà qu’il risque de manquer pas moins de 10% de la production mondiale de pétrole [environ 10 millions de barils/jour] pour répondre à la demande d’ici 2025. 

    Or, la situation apparaît encore plus grave aujourd’hui. 

    Côté Américains, la production de « pétrole de schiste » est ralentie par le poids de la dette des producteurs. 

    Côté Russes, dès avant la guerre les autorités faisaient savoir que les extractions ne pourraient sans doute jamais revenir à leur niveau pré-Covid en raison du vieillissement de la production. Et faute d’investissements, les sanctions occidentales devraient vraisemblablement précipiter ce déclin. 

    L’impréparation de l’UE est historique et tragique. Lorsque l’on fait la taille d’un continent, on ne change pas de fournisseur comme on change de crémerie.

    The Shift Project, transition énergétique, écologie, pétrole, gaz, Russie, UE
    Matthieu Auzanneau, le directeur du think tank The Shift Project

    E : Quel est le lien entre les sanctions et la production russe ?

    M.A : La quasi-totalité des opérateurs occidentaux s’apprêtent à plier bagage, entraînant une dégradation brutale des perspectives de production du pays à moyen terme. 

    Rystad penche désormais pour une production d’environ 7 millions de barils/jour en 2030, soit 30 % de moins qu’avant la guerre ! Dommage pour l’UE, puisque la Russie est son premier fournisseur… 

    Le risque de contraintes sur les approvisionnements de l’Union européenne est extrêmement élevé pour la décennie 2020 et certain à l’horizon de la décennie 2030. 

    Ici, le problème principal n’est ni géopolitique, ni industriel, car le tarissement de plus de la moitié des sources de pétrole actuelles de l’Europe est avant tout un phénomène écologique. 

    E : La guerre en Ukraine pourrait donc être une guerre de ressources ? 

    M.A : Sans doute que l’accès aux ressources agricoles et minières immenses de l’Ukraine pèse dans la logique de Vladimir Poutine. Mais avec le chantage exercé sur le gaz, Moscou nous rappelle avant tout ce qui a fait l’histoire de l’Europe jusqu’en 1945 : les logiques de puissance pures. 

    Cette logique est évidemment tributaire de ressources adéquates en énergie.

    Toute l’Europe occidentale s’est montrée naïve. L’Allemagne, en premier lieu, qui s’est crue « vaccinée » contre les logiques de puissance. 

    La sobriété énergétique est un impératif sécuritaire structurel de long terme. 

    L’UE a les plus grandes ambitions climatiques au monde, mais demeure le plus gros importateur mondial d’énergies fossiles… Or, j’insiste, une large part de ses sources d’approvisionnement s’épuisent, que l’on parle de pétrole… ou de gaz !

    E : Justement, quel est le narratif à mettre en place pour la sobriété énergétique ? 

    M.A : D’abord, il est nécessaire d’entendre de la part de nos responsables politiques, européens en particulier, un message d’alerte sur le caractère inexorable de la fin des énergies fossiles. 

    L’idée que le gaz est un intermédiaire indispensable sur le chemin de la transition  énergétique est frauduleuse. De plus, la production gazière en mer du Nord est un cas d’école d’épuisement géologique. 

    E : Le Royaume-Uni est dailleurs en train de se désengager des gisements pétroliers et gaziers en mer du Nord. 

    M.A : Le « désengagement » sert à amuser la galerie, ce n’est pas une affaire de choix. Il y a simplement des puits qui se vident, et cela va continuer. 

    Donc si nous n’amorçons pas sérieusement la sortie des énergies fossiles de notre plein gré, dans la cohérence et la paix, cela se fera de force, à la Mad Max. 

    Selon moi, le dernier Mad Max (2015) raconte l’expansion de Daesh en Syrie : en 2008, le régime de Bachar Al-Assad ne peut plus subventionner l’économie syrienne, car les puits de pétrole syriens s’épuisent. 

    En parallèle, le pays subit une sécheresse terrible, sans doute liée au changement climatique.

    Ce serait obscène de considérer que seules ces conditions ont déclenché la guerre civile. Mais je note que, comme au Vénézuela ou au Yémen, le déclin structurel de la production pétrolière précède d’une dizaine d’années le cauchemar. 

    Ce devrait être un avertissement éblouissant pour les sociétés européennes bordées par des régimes puissants dont la survie dépend d’une manne pétrolière appelée à se tarir : Russie, Algérie, Nigeria, etc.

    E : Cest finalement ce que dit Jared Diamond dans son essai EffondrementLe manque de ressources dune civilisation l’entraîne inexorablement vers le déclin et perdre une guerre nest finalement quun « coup de grâce ». 

    M.A : Nous sommes à un moment fatidique de l’Histoire, aux limites physiques de la croissance. La vocation de l’écologie politique est de confronter le jeu politique aux réalités physiques. 

    Il y a donc un aggiornamento puissant, urgent et lucide à mener par toutes les organisations politiques, quelle que soit leur idéologie.

    Si pour l’instant les banques centrales n’osent pas tirer la prise, j’ai peur que d’ici un an, nous nous réveillions dans un monde très différent, aussi instable économiquement que politiquement.

    E : Pour lhiver à venir, les mesures telles que le remplissage des stocks de gaz ne  seront donc pas suffisantes ? 

    M.A : Quand on presse trop fortement sur la carotide du système économique, son cerveau fait des bêtises.

    Nous allons être pris à la fois par des phénomènes de volatilité des prix et de limitation des quantités disponibles. C’est inexorable si nous tardons à nous sevrer des énergies fossiles.

    Je suis en colère contre l’incurie, l’inconséquence et l’aveuglement des autorités politiques  européennes et nationales. Lorsque nous leur présentons nos travaux, rien ne se passe.

    Pourtant, de Total à l’AIE, en passant par le Kremlin et les grandes banques d’affaires, beaucoup tirent la sonnette d’alarme depuis des années !

    E : Ny a-t-il pas un biais psychologique ? Lopinion publique sait que cest dangereux, mais elle préfère se voiler la face…

    M.A : « Les hommes croient volontiers ce quils désirent » écrivait Jules César. Autrement dit, nous prenons nos désirs pour des réalités. Cette puérilité risque de nous coûter cher.

    Avec la transition énergétique, notre société technique née il y a 150 ans est en pleine crise d’adolescence. Certaines se terminent très mal, mais cela n’a rien d’une fatalité !

  • Trouble et turbulences dans l’école française de Bujumbura

    Trouble et turbulences dans l’école française de Bujumbura

    Une semaine après les révélations inquiétantes de Mediapart concernant les accusations de harcèlement qui visent le proviseur de l’école française de Bujumbura au Burundi, une vague de soutien s’est positionnée en sa faveur.

    Le nuage d’incompréhension qui plane au-dessus de l’école française de Bujumbura s’épaissit. Le 3 juillet dernier, une enquête de Mediapart a chamboulé la tranquillité dite de l’établissement tapie au cœur de la capitale burundaise. Pour cause, le proviseur est accusé de harcèlement moral, sexuel, de racisme et d’encouragement à la prostitution, selon neuf témoignages consultés par nos confrères. Après avoir relayé l’information, notre rédaction a reçu une vague de messages en soutien au proviseur, Didier T. Interrogé par Lesfrancais.press, Gilbert Nibigirwe, le président du Conseil exécutif (CE) de l’établissement n’a pas caché sa stupeur et son incompréhension.

    Une affaire portée devant les mauvais gestionnaires

    L’école française de Bujumbura est un établissement partenaire de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). La gestion du personnel est donc uniquement chapeautée par le CE de l’école. L’AEFE, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, à qui ont été adressés les témoignages, n’ont par conséquent aucun pouvoir décisionnaire. Gilbert Nibigirwe a donc été surpris de prendre connaissance de l’affaire par voie de presse alors que son Conseil n’a pas été saisi par les accusateurs.

    « C’est une affaire qui devait d’abord être portée devant le CE, et être réglée en interne. »

    Gilbert Nibigirwe, président du Conseil exécutif de l’école française de Bujumbura au Burundi

    Selon ses dires, il a cherché à rencontrer les auteurs des témoignages afin de comprendre la situation. Or, il explique que sur neuf plaignants, il n’a réussi à obtenir que trois noms. Parmi eux, une personne a refusé de répondre à ses questions et les deux autres lui ont dit n’avoir rien à dénoncer… Le trouble persiste.

    Face à cette situation des plus anodines, le président déclare « ne soutenir personne dans cette histoire », mais être là « pour défendre les intérêts de l’école. Cependant, si ces propos peuvent venir en aide au Proviseur alors tant mieux ! ». Le discours est clair : le Comité exécutif soutient le directeur de l’établissement !

    École française de Bujumbura au Burundi © site internet de l’école

    Soutien avec le Proviseur

    Bujumbura, Burundi
    Gilbert Nibigirwe, le président du CE de l’école française de Bujumbura

    Didier T. est connu pour ses coups de colères et ses esclandres dans les couloirs de l’école française, « mais jamais [Gilbert Nibigirwe ne l’a] vu ou entendu avoir un comportement déplacé envers qui que ce soit. » A ses yeux, ces histoires de harcèlement sont « des raccourcis initiés par la rancœur de quelques personnes ». Avant d’ajouter qu’il est prêt à recevoir toutes accusations faites à l’encontre de la Direction, et de les traiter avec le plus grand sérieux. Seulement, comme il le rappelle, le CE n’a jamais été saisi cette année.

    De plus, lorsque l’affaire a été rendue publique, la majorité des parents d’élèves s’est levée pour défendre son proviseur « qui a révolutionné l’école depuis son arrivée, il y a deux ans ».

    Un dossier présenté à la Procureure de Paris

    Le 8 juin dernier, la sénatrice des Français de l’étranger Mélanie Vogel a saisi la Procureure de Paris après avoir eu vent de l’affaire. De cette manière, une enquête a été ouverte. Mais pour l’heure, le dossier n’a pas avancé.

    Dans le cas où Didier T. serait reconnu coupable de ces agissements dénoncés, Gilbert Nibigirwe a assuré qu’il prendrait les mesures nécessaires afin de le révoquer de ses fonctions. Mais pour l’instant, il ne souhaite pas prendre une décision « seulement basée sur des témoignages anonymes ». Il demande à ce que la justice fasse son travail et rende son verdict ; mais également que les accusateurs viennent à sa rencontre afin d’éclaircir la situation. Finalement, il semble manquer de nombreux éléments à la compréhension de cette inquiétante affaire.

  • Le passe sanitaire aux frontières rejeté

    Le passe sanitaire aux frontières rejeté

    Ce devait être une formalité ! Les étapes préliminaires au vote indiquaient un consensus pour la mise en place du passe sanitaire aux frontières ainsi qu’entre les DOM-TOM, la Corse et la France hexagonale. Le gouvernement avait même renoncé à réinscrire l’obligation du port du masque pour favoriser son vote. Et pourtant l’article 2 du projet de loi sanitaire examiné à l’Assemblée nationale cette nuit n’a pas été adopté. Au-delà de la loi, en elle-même, ce rejet semble être le symptôme d’une assemblée qui ne permettra pas à Élisabeth Borne de gouverner le pays. Mais attention, un passage au Sénat et une représentation à l’Assemblée nationale sont prévus.

    Alliance entre le RN et LFI

    Une conjonction de votes du RN, de la Nupes et de LR ont mis en échec le gouvernement sur un point précis de l’article 2 du projet de loi de « veille et de sécurité sanitaire ». Il visait à supprimer la possibilité d’exiger un passe vaccinal pour les mineurs à partir de 12 ans, si ce certificat était rétabli pour des déplacements vers, ou depuis l’étranger. 

    Pour ce faire, des élus de ces différentes formations ont déposé des amendements identiques. Le vote groupé a permis aux partisans d’un âge relevé à 18 ans de le remporter avec 13 voix d’écart. Le résultat de ce vote a alors été accueilli par un tonnerre d’applaudissements sur les bancs des différents groupes à l’origine des amendements. Le député de la majorité présidentielle Rémy Rebeyrotte a déploré une « ambiance de match de football » dans l’hémicycle.

    Le reste du texte voté

    Plus tard, dans la nuit, le vote sur l’ensemble du texte a été adopté en première lecture par 221 voix contre 187 et 24 abstentions. Tous les autres votes sur des éléments du texte ont été remportés par la majorité présidentielle. C’est le cas notamment de la collecte des données de santé sur les tests de dépistage alors que la France fait face à une 7e vague de l’épidémie. 

    Le nouveau ministre de la Santé, François Braun, présentant le texte à l’Assemblée nationale ©AFP

    Et maintenant ?

    Mais l’affaire n’est pas pliée pour le gouvernement, comme l’a déclaré Élisabeth Borne.

    « Passé l’incrédulité sur ce vote, je me battrai pour que l’esprit de responsabilité l’emporte au Sénat »

    Élisabeth Borne à la sortie du vote

    En effet, les sénateurs peuvent encore rétablir l’article 2 dans le projet de loi, ce qui entrainerait un nouveau vote à l’Assemblée nationale.

    Dans l’état, le texte entérine donc l’expiration au 1er août du cadre « exorbitant du droit commun » de l’état d’urgence sanitaire et du régime de gestion de la crise mis en place fin mai 2021. L’affaire rebondira sûrement dans les deux prochaines semaines.

    Cependant le Sénat sera à convaincre et les difficultés semblent immenses.

    « Si elle veut compter sur le Sénat, elle doit aussi recevoir les présidents de groupes du Sénat. Pour l’instant elle les a ignorés »

    Mercredi matin sur France 2, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

    Dans cet hémicycle, les LR sont majoritaires. Représentant les élus locaux, parmi lesquels de nombreux Républicains reconduits aux dernières élections municipales, départementales et régionales, il n’est pas du tout acquis qu’une majorité se trouvera sur l’article 2 alors qu’à l’Assemblée nationale les députés LR ont été divisés sur ce vote.

  • Le grand retour du Festival d’Avignon

    Le grand retour du Festival d’Avignon

    La 76ème édition du Festival d’Avignon a débuté le 7 juillet dernier, avec son rythme de croisière d’avant pandémie.

    Avec plus de 1900 pièces au total, les festivaliers vont pouvoir assister à des sélections officielles et en off particulièrement riches, jusqu’au 26 juillet.

    Pour le directeur du festival Olivier Py, « c’est la fête » tant intellectuelle que politique. Il met également en avant l’internationalité de l’évènement cette année, avec par exemple, la présence du dissident russe Kirill Serebrennikov. De plus, cet été de nombreuses femmes et poétesses arabes sont présentes afin de nous faire voyager dans les contrées du Moyen-Orient.

    Une deuxième édition entièrement paritaire

    Pour la deuxième année consécutive, le festival est paritaire. Le directeur se dit « heureux » de voir que le festival s’adapte aux changements de société et va dans le sens de l’Histoire.

    Avignon, russe, théâtre
    Le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov

    La pièce du dissident russe Kirill Serebrennikov

    Le 9 juillet au soir, la pièce du metteur en scène Kirill Serebrennikov a été présentée au public dans la cour d’honneur du Palais des Papes. Sa réadaptation du livre Le moine noir de Tchekhov a été largement ovationnée à la fin et qualifiée de révolutionnaire.

    Seulement, l’opposant à Poutine n’apprécie pas véritablement le terme de « révolutionnaire », car elle induit l’idée de destruction à ses yeux. Or, dans sa dernière création, il dit vouloir tenter de « réinventer » la littérature classique, et préférerait donc être désigné comme un « créateur ».

    Le off

    Le off c’est la programmation non-officielle du festival d’Avignon. Avec plus de 1500 pièces jouées, il y en a pour tous les goûts et tous les âges. Stand-up, récitations, dramaturgies, pièces classiques ou modernes, le choix est large. Dans les rues d’Avignon, les festivaliers voguent au grès du vent et des affiches qu’ils voient dans la rue, et se décident souvent au dernier moment. Un vent de douceur et de liberté souffle donc sur la ville du Sud de la France, et ce pour encore deux semaines.

    Un reportage de TV5MONDE

  • L’an 1 de la guerre énergétique

    L’an 1 de la guerre énergétique

    L’Europe est entrée dans la guerre énergétique. Ayant déjà interdit ou promis d’interdire les importations de pétrole de Russie, les dirigeants de cette dernière ont décidé de réduire les exportations de gaz. Les gouvernements du G7 ont déclaré le 28 juin dernier qu’ils exploreraient les moyens de plafonner le prix du pétrole et du gaz russe. La conséquence sera à la rentrée un volume moindre de gaz et de pétrole pour l’Europe.

    Si pour le pétrole, des solutions alternatives peuvent être assez rapidement trouvées, il en est autrement pour le gaz. Le développement de méthaniers, et la mise en place de terminaux pour le gaz liquéfié exigent de l’argent et du temps. Pour éviter une pénurie, les États-Unis ont augmenté leurs exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe. La part de gaz américain dans les importations totales de gaz du vieux continent est passée de 6 % en septembre 2021 à 15 % en mai 2022, alors même que celle de la Russie est passée de 40 à 24 %.

    Le gaz étranglé

    Si jusqu’au mois de mai, la constitution des réserves de gaz en Europe était comparable aux années précédentes, la survenue du moindre aléa peut remettre en cause les approvisionnements. Ainsi, le 8 juin dernier, un incendie a fermé l’installation de liquéfaction de gaz de Freeport au Texas. La panne qui devrait durer 90 jours, a privé l’Europe de 2,5 % de son approvisionnement en gaz. La Russie en a profité pour réduire davantage ses livraisons. Gazprom ne livre plus via le gazoduc Nord Stream 1 que 40 % du gaz prévu par contrat en prétextant le retard dans la livraison d’une turbine en cours d’entretien au Canada. Cet incident a réduit de 7,5 % l’approvisionnement de l’Europe. En Europe, les terminaux méthaniers sont saturés offrant peu de marges de manœuvre.

    Il y a certainement des moyens pour accroître les livraisons en provenance de l’Algérie, l’Azerbaïdjan ou la Norvège en ayant recours aux gazoducs existants. Les autorités néerlandaises étudient la possibilité de redémarrer le champ gazier néerlandais

    de Groningen, qui fournissait autrefois autant que le gazoduc Nord Stream, mais qui avait été progressivement arrêté après avoir provoqué des tremblements de terre. La population des Pays-Bas est divisée au sujet de cette réouverture. Selon Rystad Energy, un cabinet de conseil, l’Union européenne aura reconstitué près des deux tiers ses réserves de gaz en octobre, soit un niveau inférieur à l’objectif initialement fixé des quatre cinquièmes. La Russie pourrait, en outre, arrêter définitivement Nord Stream en juillet. Dans ce cas, les stocks de gaz ne seraient que de 60 % par rapport à leur niveau habituel.

    Charbon, France, énergie
    Centrale à Charbon, Cordemais, France

    L’arrêt de nombreuses centrales nucléaires déstabilise le marché électrique européen

    L’Europe est en situation de vulnérabilité énergétique pour plusieurs raisons. La production des énergies renouvelables est aléatoire. En 2021, cette production fut réduite par la sécheresse et par l’absence de vent. L’arrêt de nombreuses centrales nucléaires françaises pour maintenance déstabilise également le marché électrique européen.

    Les prix spot de l’électricité en France étaient en moyenne de 197 euros par mégawatt-heure en mai, contre 15 euros il y a un an. Le parc nucléaire vieillissant de la France ne constitue plus une réserve de production électrique pour l’Europe. La France, autrefois le plus grand exportateur d’électricité d’Europe, achète désormais de l’électricité à ses voisins.

    La France a dû prendre la décision de remettre en exploitation une centrale au charbon pour répondre à la demande. L’Autriche, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont déclaré qu’ils pourraient retarder la fermeture ou rouvrir les centrales au charbon. L’Allemagne a annulé son intention de mettre hors service plus d’un cinquième de ses centrales au charbon cette année.

    Avec le Brexit, le gouvernement britannique a annoncé qu’il pourrait ne plus acheminer le gaz qui arriverait sur ses terminaux vers l’Europe continentale, ce qui devrait contribuer à la hausse des cours.

    Hiver froid et rationnement

    La situation cet automne et cet hiver dépendra également de la météorologie. Un hiver froid pourrait mettre sous tension l’Europe avec des coupures d’électricité et des rationnements qui pourraient pénaliser les entreprises et notamment celles intervenant dans le secteur de l’industrie.

    Le compte à rebours est lancé pour empêcher un scénario catastrophe en Europe qui pourrait conduire à une récession.

  • La motion de censure contre le gouvernement oblige les députés à prendre position

    La motion de censure contre le gouvernement oblige les députés à prendre position

    La coalition de partis de gauche NUPES n’a pas obtenu la majorité requise, et de loin, pour permettre l’adoption de sa motion de censure contre le gouvernement lundi (11 juillet). Mais le but était ailleurs : se positionner comme seule force d’opposition face aux députés macronistes et forcer la droite et l’extrême droite à prendre position.

    La motion a été déposée mercredi (6 juillet), après que la Première ministre Elisabeth Borne a refusé d’organiser un vote de confiance à la suite de son discours de politique générale.

    L’opposition de gauche avait alors considéré ce geste comme un « déni de démocratie », selon le député La France Insoumise (LFI) Adrien Quatennens, puisque le gouvernement ne bénéficie que d’une majorité relative dans l’hémicycle.

    Personne ne pensait cependant sérieusement que la motion de censure serait adoptée, pas même Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire d’extrême gauche La France Insoumise et membre de la coalition NUPES, qui a déposé la motion.

    «  Voici venu le moment de vérité  », a déclaré Mme Panot dans un discours prononcé lundi avant le vote. «  Ceux qui ne voteront pas cette motion de défiance seront les partisans de [la politique du gouvernement]  ».

    Plus tôt dans la journée, le Rassemblement national avait clairement indiqué qu’il ne soutiendrait pas la motion. «  L’heure n’est pas aux basses mesures politiciennes  », a déclaré le député RN Alexandre Loubet. « Nous faisons passer l’intérêt du pays avant celui des partis, contrairement à [la NUPES] ».

    Le parti de droite Les Républicains, après de nombreux doutes sur la stratégie à suivre, avait également déclaré qu’il ne « paralyserait  » pas le pays et se tenait prêt à des «  dialogues constructifs  » avec le parti au pouvoir, au cas par cas.

    «  Voici venu le moment de vérité  », a déclaré Mathilde Panot dans un discours prononcé lundi avant le vote. «  Ceux qui ne voteront pas cette motion de défiance seront les partisans de [la politique du gouvernement]  ». [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA]

    « Majorité d’opportunité » entre gouvernement et RN

    L’objectif d’une telle motion de censure était donc avant tout de contraindre les députés de l’opposition à se positionner pour ou contre le gouvernement.

    Le fait que tous les groupes parlementaires, à l’exception de la NUPES, votent contre, a donné à la NUPES les arguments nécessaires pour pointer du doigt une connivence entre la majorité et l’extrême droite, premier groupe d’opposition parlementaire en nombre de sièges.

    « Il y a même le risque d’une majorité d’opportunité que vous formerez avec le Rassemblement National » a déclaré Olivier Faure, Secrétaire Général du parti socialiste à l’attention des députés macronistes.

    Dans son discours, Mme Panot a parlé de « lune de miel avec le Rassemblement National, consommée aux yeux de tous ».

    Elle a donné comme preuve les annonces faites par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, au cours du week-end, d’expulser tous les immigrés qui commettent un crime «  quel que soit leur statut légal  ».

    Cette initiative a été publiquement saluée par Marine Le Pen, présidente du groupe RN, lors des premières Questions au Gouvernement (QAG), qui « salue un pas » vers le RN, alimentant ainsi l’argument de la gauche selon lequel le gouvernement et le RN ne font qu’un.

    La coalition présidentielle Ensemble ! nie tout accord tacite et condamne le « cirque » de la motion de censure, selon un Tweet du député macroniste Benjamin Haddad.

    Un député RN contacté par EURACTIV a confirmé qu’il n’y avait pas de discussions avec Ensemble ! à ce stade.

    «  Vous êtes fâchés  » à déclaré la Première ministre à l’égard de la NUPES dans un discours avant le vote. «  Vous n’avez pas gagné. Ni à la présidentielle, ni aux législatives  », a ajouté Mme Borne.

    Opposition frontale jusqu’à quel point ?

    La coalition NUPES, avec LFI à sa tête, s’est toujours positionnée en opposition frontale au gouvernement Borne II, avec en tête un seul objectif : créer une sensation d’unité et d’intransigeance en anticipation d’une dissolution de l’Assemblée nationale potentielle cet automne.

    À l’occasion d’un entretien avec EURACTIV au début du mois, Éric Coquerel, député LFI et président de l’influente commission des Finances, avait à ce sujet déclaré que son parti serait «  un véritable contre-pouvoir à la politique néolibérale du gouvernement  ».

    Le risque existe cependant que cette stratégie d’opposition frontale se retourne contre la NUPES, alors que les tensions au sein de la coalition sont déjà palpables.

    Le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel, a exprimé dans une interview lundi (11 juillet) ses désaccords avec la stratégie de LFI — «  nous respectons les débats parlementaires  », a-t-il dit, arguant qu’il refusait de «  bloquer systématiquement  » le gouvernement.

    Force est de constater que cinq députés NUPES ont aussi manqué à l’appel lors du vote – en particulier Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste. Spécialiste des questions budgétaires et des finances publiques, elle avait été pressentie pour être candidate NUPES à la présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, avant d’être reléguée au profit de M. Coquerel.

    Enfin, le député socialiste Boris Vallaud, dans une déclaration faite à l’Assemblée nationale la semaine dernière, a également adouci sa position anti-gouvernementale, montrant sa volonté de dialoguer avec la majorité «  si des mesures utiles sont introduites  ».

    Les premiers débats sur le projet de loi d’urgence sur le pouvoir d’achat, qui ont débuté lundi, ont donné lieu à des face-à-face tendus entre les députés de la NUPES et leurs homologues macronistes.

    Mais le soutien des Français lors d’une hypothétique dissolution se trouve peut-être là, dans la capacité à travailler de concert pour répondre à la hausse des prix et la remontée des contaminations Covid-19.

  • 1 présidence et 2 vice-présidences pour les députés des Français de l’étranger

    1 présidence et 2 vice-présidences pour les députés des Français de l’étranger

    Sur les 11 députés des Français de l’étranger, 3 personnalités ont réussi à se propulser en haut de l’affiche parlementaire. Le premier, Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français du Benelux, ancien assistant au Parlement européen, a naturellement obtenu la présidence d’une commission ad hoc de l’Assemblée nationale, celle dédiée aux affaires européennes. Parmi nos élus, deux personnalités sont devenues les vice-présidents du groupe Renaissance (anciennement LREM/En Marche), Anne Genetet, élue sur la XIème circonscription (Europe orientale, Asie, Océanie) et Marc Ferracci, fraichement élu en Suisse.

    La Commission des affaires européennes

    La Commission des affaires européennes (CAEU) a une mission profondément originale. À la différence des commissions permanentes, dont la vocation principale est de préparer l’examen et le vote des lois en séance publique, la CAEU exerce un contrôle sur les activités européennes du Gouvernement.

    Ses missions et son travail se sont considérablement étendus depuis une dizaine d’années. Entretenant désormais un dialogue direct et régulier avec les institutions européennes, en particulier le Parlement européen, et avec les autres parlements de l’Union européenne.

    Grâce à une très étroite collaboration avec les commissions législatives de l’Assemblée, elle s’attache à sensibiliser et éclairer les députés sur les enjeux européens et à porter au niveau européen les priorités françaises.

    Elle est aussi compétente pour suivre la transposition des directives européennes en droit français. En moyenne, c’est plus de 20 lois par an qui sont votées.

    Transcrire les directives européennes

    A la différence des règlements européens, les directives négociées puis adoptées à l’échelon européen ne sont pas, en principe, directement applicables dans les États membres. Elles doivent donc faire l’objet de mesures nationales d’exécution dans chacun des pays de l’Union européenne avant de pouvoir être invoquées par les diverses administrations ou par les entreprises et les citoyens. Cette procédure de transposition des directives en droit interne nécessite évidemment un certain temps et chaque directive comporte généralement une disposition finale accordant aux États un délai (en moyenne dix-huit mois) pour mettre en vigueur les mesures législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer aux obligations du texte communautaire.

    La procédure d’adoption des résolutions est assez complexe et s’articule en 3 temps :

     –          La commission des affaires européennes procède à l’examen systématique des projets d’actes européens. Elle se trouve ainsi saisie chaque année d’environ 1 000 textes européens dont elle analyse, pour chacun d’entre eux les objectifs, le contenu, la portée et la position défendue par la France.

     –          Elle sélectionne alors les textes les plus importants ou qui soulèvent des difficultés particulières et peut confier à l’un de ses membres le soin de les analyser dans le cadre d’un rapport d’information ou d’une communication spécifique. A l’issue de cette analyse, la commission peut décider de déposer une proposition de résolution.

     –          Après adoption par la commission des affaires européennes, la proposition de résolution est examinée par l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Le texte adopté par la commission permanente est considéré comme définitif sauf s’il est décidé de faire examiner ce texte  en séance publique.

    Le rôle du président

    Le président de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale est le pivot du dialogue politique entre la commission et le Parlement national. La commission lui transmet tous les documents relatifs aux projets législatifs, les informations transmises se situent d’un niveau très en amont des propositions d’actes législatifs (livres verts, livres blancs, programmes législatifs annuels…) jusqu’aux propositions d’actes législatifs eux-mêmes.

    Pieyre-Alexandre Anglade

    En retour le président, donc désormais Pieyre-Alexandre Anglade, transmet, si nécessaire, un avis motivé de sa commission sur chacun des documents qui lui sont transmis. La connaissance des rouages des parlements, français et européen, du député des Français du Benelux, sera un atout pour fluidifier le travail parlementaire. En effet, la France est dans le bas du peloton dans la transcription des directives européennes, avec plus de 7% des textes toujours en attente de traitement.

    Le groupe Renaissance

    Reconnus par la Constitution seulement depuis la révision de juillet 2008, les groupes politiques constituent l’expression organisée des partis et formations politiques au sein de l’Assemblée et permettent aux députés de se regrouper en fonction de leurs affinités. Pour rappel, le Général de Gaulle avait créé la Vème République en limitant au maximum l’institutionnalisation des partis. En effet, il considérait que ces derniers étaient, par leur division et leur opposition, responsables de la défaite de mai 1940.

    Ainsi, les groupes parlementaires constituent, désormais, l’expression organisée des partis et formations politiques au sein de l’Assemblée. Ils sont toutefois distincts de ces derniers et le Règlement prévoit des règles de constitution et d’organisation totalement autonomes par rapport à l’existence et au régime juridique des partis politiques proprement dits.

    Organiser l’action des députés

    Les groupes sont constitués sous forme d’association, présidée par le président du groupe. Sous cette réserve, ils ont la liberté de déterminer leur organisation interne et leurs règles de fonctionnement (ils peuvent, à ce titre, élaborer des statuts ou un règlement intérieur). Leur fonctionnement est assuré par un secrétariat administratif recruté sous leur responsabilité et dont les conditions d’accès et d’installation dans les locaux de l’Assemblée sont fixées par le Bureau.

    Les groupes disposent, pour assurer leur fonctionnement, d’une dotation financière, qui leur est allouée par l’Assemblée nationale et dont le montant est fonction de leurs effectifs.

    En règle générale, les groupes politiques se réunissent au moins une fois par semaine pendant les sessions pour déterminer leur position sur les textes à l’ordre du jour, établir la liste de leurs orateurs, désigner leurs candidats dans certaines instances et débattre de sujets d’actualité.

    2 vice-présidents représentant les Français établis hors de France

    Élue par les membres du groupe, c’est Aurore Bergé qui assurera la présidence du groupe Renaissance, suite à la défaite de l’ancien président M. Castaner. Ainsi Mme Bergé retrouve les autres présidents de groupes au sein de la Conférence des présidents et participe, de ce fait, à l’établissement de l’ordre du jour et des mesures d’organisation qui lui sont liées. Chaque président peut soumettre à la Conférence des présidents des propositions relatives à l’ordre du jour.

    LREM
    Anne Genetet

    Pour accomplir ses tâches, Aurore Bergé est accompagnée par un bureau et des vice-présidents qui vont chacun s’occuper de missions ou de thématiques spécifiques. Deux députés des Français de l’étranger sont élus par leurs pairs comme vice-présidents, Anne Genetet et Marc Ferracci. La première entame son deuxième mandat avec la confiance de ses collègues et va donc mener un rôle accru tout au long du mandat. Le second est élu pour la première fois, mais dispose d’un double avantage, celui de connaitre très bien Emmanuel Macron (il était témoin de mariage du Président de la République) et maitrise le parcours législatif sur le bout des doigts après plusieurs années à avoir géré les relations entre Matignon et l’Assemblée sur les lois touchant aux volets sociaux.

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