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  • La Pétanque, sous toutes ses facettes

    La Pétanque, sous toutes ses facettes

    Vous croyez connaître la Pétanque car vous la pratiquez au camping, en amateurs avant l’apéro ? SI cette pratique divertissante est celle de millions de français, le jeu de boules étant «tout terrain » et pouvant se jouer à peu près n’importe où, la Pétanque possède son organisation et ses règles strictes avec sa Fédération française de Pétanque et de Jeu Provençal qui régule l’organisation de concours et de championnats. Si elle se joue volontiers en triplette, la Pétanque se décline aussi en doublette ou en tête à tête, et a ses championnes féminines même si la mixité n’est pas une parité et que le jeu reste majoritairement masculin. Ce sont les tournois vétérans, de plus de 60 ans, qui sont les plus fréquentés à l’image d’un sport qui peine parfois à attirer les jeunes.

    Un sport né en Provence

    Inventée à La Ciotat en 1907 par un joueur de Jeu provençal perclus de rhumatismes et qui « tanqua » ses pieds, et inventa ainsi une nouvelle manière plus statique de jouer, en comparaison du jeu provençal qui se joue sur une plus longue distance et oblige le tireur à faire trois pas de courses avant de tirer.

    La Pétanque est une belle centenaire qui a néanmoins souffert de la Covid et a vu ses terrains de jeu désertés, ses joueurs professionnels ronger leurs freins, et qui désormais cherche un nouveau souffle.

    Quatre mains passionnées

    Bernard Faure et Maryan Barthelemy, les deux auteurs de « La Pétanque, un centenaire à la croisée des chemins », s’évertuent à donner leurs lettres de noblesse à cette activité populaire qui est aussi un véritable sport de haut niveau, et dont les concours de La Marseillaise ou « des Masters » sont les deux tournois les plus emblématiques et médiatisés. 

    Bernard Faure ©Boris Faure

    Bernard Faure, pédagogue né et véritable intellectuel de la Pétanque, a débuté la pratique de ce sport dès son plus jeune âge en devenant champion Junior dans le Gard avant de poursuivre une pratique sportive qui l’a mené une quinzaine de fois au championnat de France. Ce principal de collège à la retraite a souhaité prendre la plume pour rappeler les origines de ce jeu de boules et retracer ses principales évolutions.  Un premier ouvrage « pieds tanqués le coeur léger » sorti en 2011 est désormais complété par ce nouvel opus qui se démarque par son caractère prospectif : Que va devenir le jeu de boules confronté au vieillissement de ses effectifs et à l’occasion ratée de devenir sport Olympique pour Paris 2024 ? 

    Avec son co-auteur, consultant sur FR3 et chef de projet des compétitions des des Masters de Pétanque durant 10 ans, il a commis ce nouvel opus qui revient sur la mondialisation d’un sport qui possède depuis 1958 sa Fédération Internationale et qui doit souvent à des Français de l’étranger son développement dans des pays à l’autre bout du monde. Et si l’avenir de la Pétanque passait justement par nos compatriotes hors de France ?

    Bernard Faure a accepté de répondre à quelques questions au coeur de l’été provençal, entre deux parties acharnées.

    Lesfrancais.press : Bernard Faure, quel est l’objectif de ce nouvel ouvrage consacré à votre passion, la pétanque ?

    Bernard Faure : C’est à la fois un retour sur l’histoire du jeu de Pétanque, l’évolution des compétitions et une interrogation sur la Pétanque en tant que sport de haut niveau. J’y ajoute une réflexion sur la constitution d’une élite, selon deux modalités. Une élite dite démocratique qui est repérée au niveau des Départements, des Régions et qui s’impose au cours des championnats de France fédéraux et l’émergence d’une élite oligarchique repérée dans un certain nombre de concours dits « nationaux ». C’est cette élite d’une quarantaine de joueurs qui bénéficie d’une exposition médiatique notamment grâce à la chaine l’Equipe 21.  

    Lesfrancais.press : Est ce que cette élite est capable de générer des vocations ? Autrement dit comment devient-on joueur de boules ?

    Bernard Faure : La médiatisation de la Pétanque a enrichi la popularité du jeu. Toutefois, seule une pratique régulière et encadrée, notamment dans les écoles de Pétanque, peut permettre d’envisager un jour de faire partie de cette élite. Et c’est d’ailleurs l’une des faiblesses de la Fédération de ne pouvoir s’appuyer que sur un vivier de jeunes trop restreint. Pour prendre l’exemple d’un sport admis aux jeux olympiques, en l’occurrence le Skate Board, c’est parce qu’il peut s’appuyer sur un grand nombre de jeunes pratiquants qu’il a été admis aux J.O. On pourrait de la même manière citer le Break Dance invité inattendu des JO 2024, toujours pour les mêmes raisons, la séduction et l’engouement d’un grand nombre de jeunes urbains.

    Lesfrancais.press : Est ce que l’image de la Pétanque manque de Fun ?

    Bernard Faure : C’est un sport populaire mais un peu daté c’est évident mais c’est un sport très facilement accessible y compris dans des conditions économiques modestes.

    Lesfrancais.press : Comment revitaliser l’image alors qu’à l’international ces 50 dernières années ont été marquées par une diversification géographique de la pratique ? Le salut vient-il d’hors de nos frontières ?

    Bernard Faure : On compte aujourd’hui une centaine de fédérations nationales dans le monde entier. Toutefois, leurs tailles, en nombre de licenciés, mais aussi la grande hétérogénéité des niveaux techniques nationaux, empêchent probablement d’accorder le label olympique à la pétanque mondialisée.

    Mais de nombreuses nations sont capables aujourd’hui de rivaliser avec la France et bien entendu de conquérir des titres mondiaux ou continentaux. 

    Pour évoquer l’Europe, l’Italie mais aussi la Belgique et l’Espagne sont riches de plusieurs titres mondiaux. L’Afrique reste le continent promis à un  formidable développement. Ce dernier a d’abord touché les nations du Nord du continent à l’image de la Tunisie et du Maroc. Mais désormais le Sénégal, Madagascar et le Bénin ont d’ores et déjà des joueurs du niveau international. En ce qui concerne l’Asie, la Thaïlande a intégré la pétanque comme pratique sportive pour deux grandes institutions du pays, l’armée et la police. Aujourd’hui près de deux millions de joueurs occasionnels pratiquent ce sport dont la fédération rassemble presque 100 000 licenciés ce qui vaut à la Thaïlande d’occuper le second rang mondial avec 13 médailles d’or. Elle a participé à plusieurs étapes finales des masters de Pétanque. Pour le continent américain, tout reste à faire à l’exception du Canada dont la Fédération nationale est parfaitement bien organisée.

    En s’inspirant sur chaque continent des nations pour laquelle la greffe de la Pétanque a réussi le niveau mondial aujourd’hui disparate deviendra de plus en plus homogène et de qualité et les titres mondiaux circuleront entre les cinq continents.

    Lesfrancais.press : Vous citez dans le livre ces pionniers français qui ont introduit la pétanque dans certains pays. Pouvez-vous nous parler de leur rôle ?

    Bernard Faure : Si la pétanque s’est développée aussi rapidement au niveau mondial et a essaimé sur les cinq continents c’est grâce au rôle exceptionnel des passionnés de la pétanque qui ont constitué autant d’Ambassadeurs dans le monde. Je veux rendre un hommage appuyé aux joueurs expatriés qui ont communiqué aux autochtones leur passion bouliste, à l’exemple de Maurice  Escoubet qui permit de faire découvrir la pétanque en Mandchourie où il séjourna lors du démarrage d’un complexe pétrochimique dans une ville de deux millions d’habitants.  

  • Les aéroports les moins ponctuels de France

    Les aéroports les moins ponctuels de France

    Français de l’étranger, après 2 ans de pandémie, vous allez en France cet été ? Attention à votre aéroport d’entrée sur le territoire national ! Le plus souvent, on vous propose d’entrer en France par Paris-Charles-de-Gaulle qui centralise la plupart des arrivées internationales, mais il est aussi possible de rejoindre l’hexagone en passant par les régions, d’autres aéroports européens ou tout simplement par Orly. Les avantages ? Une meilleure gestion des pistes du fait d’un planning de rotations moins chargé et de moindres difficultés à recruter du personnel. Pour vous aider le cabinet AirHelp a établi le classement des pires aéroports en étudiant le pourcentage de vols retardés dans les aéroports français entre le 1er janvier et le 30 avril 2022, on le détaille ensemble.

    Roissy-Charles-de-Gaulle le mouton noir

    En tête de liste, Roissy-Charles-de-Gaulle, le plus gros aéroport français, est l’un des moins fiables de tout le pays. Ce dernier comptabilise 40.899 vols entre le 1er janvier et le 30 avril 2022. Comme en 2019, il est en haut du classement sur le podium des mauvais élèves avec 22% de vols perturbés. L’aéroport de Nice, avec ses 11.881 vols, a progressé depuis 2019, passant de 20% de vols perturbés à 18% en 2022. Mais cette année du fait des lourdes grèves du printemps, les plus petits aéroports font aussi partie du top 10, comme Grenoble (38%) en première position, Tours (22%) en troisième position et Metz (20%) en quatrième position.

    A noter la nette amélioration de l’aéroport d’Orly, le 2e plus gros aéroport français, qui faisait partie en 2019 des plus mauvais élèves, avec 18% de vols perturbés. En 2022, ce chiffre est descendu à 13%.

    La météo et les grèves, premières responsables des retards

    Ces chiffres sont néanmoins à relativiser, puisque « ces aéroports ont un nombre de vols plus important que d’autres plus petits, ce qui permet une coordination plus facile. Il est donc normal que le pourcentage de vols perturbés soit plus élevé dans leur cas », souligne Rosa Garcia de AirHelp auprès du magazine Capital. Et surtout, « les aéroports sont rarement responsables des avions en retard. Nous pouvons citer parmi les raisons les plus courantes : la météo, les grèves, et les problèmes techniques », a-t-elle ajouté auprès de nos confrères.

    Top 10 des pires aéroports en termes de retard d’avions

    1- Grenoble (38,8% de vols perturbés)

    2- Roissy-Charles-de-Gaulle (22,27%)

    3- Tours (21,85%)

    4- Metz (20,54%)

    5- Carcassonne (20,34%)

    6- Castres (19,67%)

    7- Nice (18,28%)

    8- Beauvais (17,88%)

    9- Strasbourg (17,08%)

    10- Montpellier (16,85%)

  • Eurotunnel : le chaos post-Brexit

    Eurotunnel : le chaos post-Brexit

    Les vacanciers du Royaume-Uni espérant se rendre en France ont subi des journées de perturbations lors de leur déplacement. La circulation chaotique a transformé l’Eurotunnel en un “point chaud de l’enfer des vacances.”
    Les conducteurs ont été bloqués pendant plusieurs heures sur les routes autour de Folkestone après que l’autoroute M20 a été transformée en “parking de camions” en raison de l’opération Brock, le système conçu pour soulager la circulation aux heures de pointe.

    Les experts des transports ont déclaré que le système de gestion du trafic – introduit lors du Brexit – provoquait des « perturbations massives » et ont exhorté le gouvernement à trouver une solution à long terme.

    Le port a déclaré un « incident critique » vendredi 22 juillet 2022 après que la police française des frontières a fourni ce que Douvres a qualifié d’un nombre « terriblement insuffisant » d’agents de contrôle des passeports, et qui a conduit certaines familles à attendre cinq à six heures alors qu’elles tentaient de partir pour les vacances d’été.

    Douvres a averti les passagers se dirigeant vers le port de s’approvisionner en « eau, nourriture et fournitures » et de s’attendre à ce que la circulation dense continue alors que le port s’efforçait d’éliminer les files d’attente causées par « une capacité insuffisante à la frontière française ». Moins de la moitié des neuf cabines de passeports étaient occupées tôt vendredi matin, ce qui a eu des répercussions sur le reste de la journée. La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, qui fait campagne pour remplacer Boris Johnson au poste de Premier ministre, a qualifié la situation d ‘ »épouvantable » et a appelé la France à augmenter ses capacités. « Cette situation horrible aurait dû être entièrement évitée et est inacceptable », a-t-elle déclaré.

    Des expatriés sur la route des vacances nous ont décrit leur périple.

    Le Brexit complique les voyages

    Avec le début des vacances scolaires pour de nombreux Anglais, il s’agit d’une des périodes les plus chargées pour le port d’où partent les ferries vers la France. Avec le Brexit : les transports doivent être contrôlés deux fois et les passeports tamponnés.

    Ces files d’attente sont visibles en ce moment car les frontières sont ouvertes. Avec la Covid et Omicron il y avait des restrictions de voyage. Maintenant les personnes peuvent voyager librement.

    Delphine habite à Canterbury depuis mars 2020 mais a dû déménager en France en raison du travail, elle nous a expliqué sa longue expérience du tunnel.

    “Je précise déjà que mon mari et moi sommes coutumiers de la traversée pour nos métiers respectifs et que les prix depuis quelques mois s’envolent vers des sommets délirants pour un service qui se dégrade un peu plus à chaque fois. Le ratio prix/service serait clairement en faveur de l’avion s’il n’y avait pas tant d’annulations… Bref, samedi 23 juillet je déménageais pour revenir vivre en France à Lyon. Les billets réservés pour moi en standard pour la modique somme de £228 en aller-simple avec mes deux filles et mes 2 chats. Je pars à 20h, clairement en retard (vive les déménagements !) en me disant qu’au vu de la situation, plus je partais tard plus ça avait de chance d’être réglé, car ils annonçaient dès le matin 1h30 de retard et j’avais entendu parler d’une personne qui avait mis 11h à faire son trajet habituel.

    Au bout d’un quart d’heure je me retrouve coincée sur une route de campagne, à l’arrêt car la M20 était fermée… Je fais demi-tour et essaye un autre chemin où je me retrouve tout autant à l’arrêt. Puis au bout d’un moment on avance un peu, et puis encore un peu et encore un peu. Ce petit jeu a duré jusqu’à plus de minuit ! Heureusement que les Anglais sont sympas, ça papote, ça propose de l’eau, etc, j’ai même vu un riverain laisser à manger pour les pauvres hères dans les files d’attente.
    Arrivées au tunnel (je vous laisse imaginer la joie et le bonheur avec deux fillettes, l’une de 5 ans et l’autre de 7 mois, après déjà plus de 4h de voiture sans pause…) c’est hyper long pour passer au Check-in, puis je me dirige vers le pet réception et là au moins 2 ou 3 h de queue je dirais, pour faire valider le health check des chats. Heureusement entre deux j’avais upgradé mon billet en flexi (soit £511 l’aller simple) de peur de me faire refouler et dans ce cas précis je suis passée devant tout le monde. Je n’ose même pas imaginer le temps en plus… Nous remontons tous en voiture et là, de nouveau à l’arrêt car plus de train !!! Au lieu de prévoir davantage de trains, Eurotunnel n’a rien prévu pour ce premier jour des vacances… Donc finalement on repart, passage des douanes assez fluide mais nous avons dû attendre les trains juste après la douane, gros bouchons et complètement à l’arrêt. Nous avons finalement pris le 5h15… Arrivée à Lille à 8h30… Bref, un vrai calvaire. Naturellement, à part Starbucks rien d’ouvert, et le bâtiment des flexi avait été pris d’assaut et pas réapprovisionné. Au prix du billet ça aurait été bien d’avoir des boissons et à manger… Mais non !”

    Communauté des Français du Royaume-uni inquiète

    Sur les pages Facebook des Français à Londres, beaucoup d’expatriés cherchent du covoiturage et à s’informer de la situation.

    Pourtant dès 2020, le Financial Times a rapporté que le Cabinet Office britannique avait rejeté une proposition de 33 millions de livres sterling visant à doubler la capacité de contrôle des passeports du gouvernement français à Douvres, « soulevant la perspective de longs retards pour les passagers après la fin de la période de transition du Brexit ».

    Et les perturbations à Douvres « pourraient s’aggraver lorsque de nouveaux contrôles biométriques seront introduits dans le cadre du nouveau système d’entrée/sortie (EES) de l’Union européenne pour les exigences des tiers », ajoute le journal. Ces contrôles, introduits l’année prochaine, pourraient obliger les personnes à quitter leur véhicule pour des contrôles biométriques similaires à ceux des aéroports.

    Les chemins de fer britanniques seront également confrontés à davantage de perturbations pendant le mois d’août. Il y a quelques jours le syndicat RMT a déclaré que 40 000 employés avaient fait la grève après l’échec des pourparlers avec Network Rail et 14 compagnies ferroviaires. Ils souhaitent une meilleure valorisation de leur paie.

    Des milliers de voyageurs étaient entassés lundi dernier dans des salles d’embarquement débordantes des deux côtés de la Manche après l’annulation de deux services Eurostar tôt le matin entre Londres et Paris. Cela faisait suite à la suppression des trains dimanche dernier en raison de la fermeture temporaire de la ligne à grande vitesse en France, en raison d’un accident survenu à la frontière belge.

    Les expats qui souhaitent voyager cet été devraient sans doute prendre leurs vacances en septembre…

  • Taïwan : Nancy Pelosi venue « en paix »

    Taïwan : Nancy Pelosi venue « en paix »

    Nancy Pelosi s’est rendue à Taïwan au défi des injonctions de la Chine. La présidente de la Chambre des représentants a quitté Taïpei mercredi, après une visite entamée mardi soir avec une délégation de cinq membres du Congrès américain, malgré les menaces de conséquences graves proférées par Pékin. Troisième personnage dans l’ordre protocolaire des États-Unis, elle est le plus haut responsable américain depuis vingt-cinq ans à s’être rendu sur l’île, territoire autonome depuis 1949, mais revendiqué par la Chine communiste.

    In this photo released by the Taiwan Ministry of Foreign Affairs, U.S. House Speaker Nancy Pelosi, center pose for photos after she arrives in Taipei, Taiwan, Tuesday, Aug. 2, 2022. Pelosi arrived in Taiwan on Tuesday night despite threats from Beijing of serious consequences, becoming the highest-ranking American official to visit the self-ruled island claimed by China in 25 years. ( Taiwan Ministry of Foreign Affairs via AP)/XHG402/22214582896229/AP PROVIDES ACCESS TO THIS PUBLICLY DISTRIBUTED HANDOUT PHOTO PROVIDED BY TAIWAN MINISTRY OF FOREIGN AFFAIRS; MANDATORY CREDIT./2208021820

    La colère chinoise

    La Chine a réagi en «condamnant sévèrement cette action» et en «protestant vigoureusement auprès des États-Unis». «Cette visite porte gravement atteinte à la paix et à la stabilité à travers le détroit de Taïwan, et envoie un très mauvais signal aux forces séparatistes de Taïwan», a commenté peu après son atterrissage le ministère chinois des Affaires étrangères. Elle aura «un impact grave sur le fondement politique des relations entre la Chine et les États-Unis et porte gravement atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine».

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La réforme du corps diplomatique rejetée par le Sénat

    La réforme du corps diplomatique rejetée par le Sénat

    La réforme du corps diplomatique, à l’origine d’une grève rarissime au Quai d’Orsay début juin, risque en l’état d’affaiblir le rayonnement de la France à l’international et doit être suspendue le temps de lui adjoindre, a minima, des garde-fous, préconise un rapport du Sénat présenté mardi.

    «Cette réforme n’apporte aucune amélioration, bien au contraire, au statut et à l’efficacité de nos diplomates»

    Christian Cambon, président (LR) de la commission des Affaires étrangères du Sénat lors d’une conférence de presse à Paris.

    Le rejet d’une réforme voulue par Macron

    Voulue par Emmanuel Macron, la réforme de la haute fonction publique crée un nouveau corps d’administrateurs de l’Etat et prévoit que les hauts fonctionnaires ne soient plus rattachés à une administration spécifique mais soient, au contraire, invités à en changer régulièrement tout au long de leur carrière.

    Grévistes en juin 2022 à Paris en train de manifester à Paris ©AFP

    Pour les quelque 700 diplomates directement concernés par la réforme, cela se traduit par une fusion puis une «mise en extinction» progressive d’ici à 2023 des deux corps historiques de la diplomatie française, ministres plénipotentiaires (ambassadeurs) et conseillers des Affaires étrangères.

    Des diplomates qui ne seront plus des experts

    En clair, ces deux corps pourront désormais être pourvus par des administrateurs de l’État – et non plus pour une grosse partie d’entre eux par des diplomates de formation – une évolution qui fait notamment craindre à ses détracteurs une perte d’expertise sur le terrain et en négociation et à terme une crise des vocations.

    « L’application de la réforme fragilise l’appareil diplomatique français et affaiblira le rayonnement de la France qui tient son rang de puissance du Conseil de sécurité des Nations unies de l’excellence de ses personnels diplomatiques plus que de ses performances économiques ou militaires»

    Les sénateurs Jean-Pierre Grand (Les Indépendants – République et Territoires) et André Vallini (Socialiste, Écologiste et Républicain) dans leur rapport

    Mettre en place des garde-fous

    Face à ce constat, la commission du Sénat appelle à «suspendre» l’application de la réforme, à «prendre le temps d’ouvrir un dialogue approfondi avec les personnels» et à mettre en oeuvre huit de ses préconisations conçues comme des garde-fous.

    Le rapport recommande notamment de poser comme condition pour devenir chef de mission diplomatique «d’avoir exercé pendant au moins trois ans des fonctions de numéro deux de mission diplomatique» – une exception pour 20% des postes d’ambassadeurs pourrait toutefois être prévue.

  • Première audition au Sénat pour Olivier Becht

    Première audition au Sénat pour Olivier Becht

    Jeudi 28 juillet, le groupe d’études au Sénat « Statut, rôle et place des Français établis hors de France » a auditionné le nouveau ministre en charge des Français de l’étranger, Olivier Becht, à la demande de son président, le sénateur Les Républicains Ronan Le Gleut.

    Menés par Ronan Le Gleut, les débats se sont axés sur les préoccupations immédiates des Français établis hors de France soit la fiscalité, l’enseignement, les questions sociales et les services consulaires.

    Les Français de l’étranger au coeur du ministère de Becht

    Le ministre Olivier Becht a voulu immédiatement rassurer le groupe en précisant que les expatriés sont au coeur de son dispositif au ministère du commerce extérieur, de l’attractivité de la France et des Français de l’étranger. En effet, pour lui, les Français établis hors de France sont avant tout les premiers ambassadeurs du pays et en particulier sur le plan économique.

    Comme il l’avait annoncé lors de son message du 26 juillet à nos compatriotes hors de France, Olivier Beth a précisé avoir commencé sa tournée des Français de l’étranger en visitant le Cameroun et le Bénin où il dit avoir rencontré les communautés locales.

    Il conclut ce long prologue par un rappel de la situation mondiale entre pandémie, invasion et crise inflationniste. Il en profite pour remercier l’administration consulaire, de la direction aux agents en poste, pour leur gestion quotidienne qui a permis la réussite de campagnes de vaccination dans 70 pays. Puis enfin, le ministre a déroulé sa feuille de route.

    Les aides SOS Covid

    Logiquement c’est pour les aides sociales que le ministre des Français de l’étranger a réservé sa première annonce. Comme on le sait, le dispositif SOS-Covid prend fin en septembre, sur le budget prévu pour la seule année 2020, finalement étalé sur 2 exercices (septembre 2020 à septembre 2022), un reliquat de 3 millions d’euros se dégage. Olivier Becht a décidé que la totalité de la somme serait reversée au budget des associations dédiées à l’aide sociale pour les expatriés (OLES) ou à celui des aides directement distribuées par les consulats (CCPAS).

    Deuxième point abordé dans le cadre du soutien aux Français de l’étranger, le STAFE. Olivier Becht a annoncé que l’enveloppe annuelle de 2 millions d’€ sera maintenue dans les prochains budgets. Alors que pour l’année 2022 seulement 1,37 million d’euros ont été distribués, le solde devrait aussi abonder le budget dédié aux OLES et aux CCPAS.

    Le rayonnement économique

    Faisant le lien avec son autre portefeuille, le commerce extérieur, Olivier Becht a prêché pour le renforcement du tissu économique. Dans un long plaidoyer pour le continent africain, le ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger les a invités à saisir les nombreuses opportunités de ce continent en particulier au sud du Sahel.

    Il en profite pour rappeler son attachement à la marque France, et comme il l’avait fait dans le message aux Français de l’étranger, il a annoncé sa volonté de voir rapidement la création d’un nouveau label « Made by France« . De façon un peu confuse, Olivier Becht a tenté d’expliquer les ressorts de cette nouvelle marque. Elle devrait être accordée aux entreprises qui utilisent un savoir-faire français (des salariés français ou formés en France) ou qui sont portés par des investisseurs français (actionnaires, banques, etc.)

    Les rapports avec l’administration

    Olivier Becht, au coeur de son discours, a décidé de faire un mea culpa au nom des gouvernements qui se sont succédés depuis plusieurs décennies. Le ministre de tutelle de l’administration consulaire a reconnu que les consulats et autres services spécifiques avaient subi une réduction drastique de leur budget et du nombre de fonctionnaires qui y étaient affectés.

    Logiquement, il concède une dégradation du service rendu aux Français de l’étranger. La pandémie en fut révélatrice. La solution ? Il la répète depuis son message aux expatriés, c’est de renforcer le nombre de fonctionnaires tout en déployant des solutions à distance avec France Consulaire. Il revient aussi sur la mise en place de la signature électronique pour les actes notariés ou les certificats de vie, sésame indispensable pour obtenir le versement de sa retraite. Il ne cache pas que la réussite de ce volet de son programme dépendra des crédits concédés par Bercy et la Commission des Finances de l’Assemblée nationale.

    L’engagement citoyen

    Après un printemps marqué par deux élections majeures, Olivier Becht ne pouvait pas faire l’impasse sur les modalités de vote qui conditionnent le taux de participation. Pour l’améliorer, il promet un effort majeur pour faciliter le vote en ligne et de tirer les enseignements des bugs rencontrés lors des consulaires et des législatives.

    Mais il faudra attendre car pour des raisons de règle d’attribution de marché, il ne sera pas possible de déployer le vote en ligne pour la consulaire partielle de Montréal. Sur ce sujet, la directrice de l’administration consulaire, Mme Haguenauer, a repris la main lors de l’audition, Olivier Becht ne maîtrisant pas la technicité du sujet. Pourtant Les critiques sont en effet nombreuses contre la gestion de Mme Haguenauer, pour certains élus consulaires et observateurs de la communauté elle fut souvent à l’origine des problèmes rencontrés, que ce soit pour le vote électronique ou pour les attributions du STAFE.

    Mélanie Vogel, sénatrice EELV, ne manque pas, d’ailleurs, de souligner auprès de son ministre de tutelle, le manque d’anticipation de l’administration pour l’organisation des scrutins, oubliant de prévoir les éventuels recours.

    L’Education

    C’est donc bien la même feuille de route que celle présentée aux expatriés le 26 juillet qu’Olivier Becht a défendue devant le groupe de sénateurs ce 28 juillet. En effet, il termine son audition par le volet éducatif. Il rappelle, là aussi, comme dans la vidéo pour les Français établis hors de France, l’objectif de doubler le nombre d’élèves entre 2017 et 2030, soit 700 000. Prenant acte du retard pris, il promet de nouveaux moyens pour l’AEFE, là encore sans les détailler. Par contre, il prend le temps de revenir sur le problème lié au recrutement des professeurs, ce dernier risquant de souffrir d’un retard suite à un ajustement juridique du décret qui encadre ces procédures. Il avertit que « des écoles pourront en souffrir à la rentrée.« 

    Seule véritable annonce, et elle était attendue, le ministre des Français de l’étranger a confirmé que l’ensemble des subventions (soit 1 million d’euros) pour l’apprentissage du français en activité périscolaire seront bien versées d’ici la fin de l’année. Il rassure ainsi la fédération en promettant le versement de la soulte budgétaire, soit 250 000 euros.

    Une audition sans surprise

    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    Jeudi dernier, le ministre des Français de l’étranger a confirmé les engagements pris directement auprès des expatriés lors de son allocution du 27 juillet. Si la plupart des promesses des deux dernières campagnes sont inscrites sur sa feuille de route, certaines ont disparu et d’autres ne sont pas financées.

    Ronan Le Gleut, le président du groupe d’études au Sénat « Statut, rôle et place des Français établis hors de France », s’est réjoui des annonces concrètes faites tout en soulignant qu’il était temps de « faire une vraie montée en puissance car tout ne peut se faire par la dématérialisation ».

    Regardez le replay de l’audition d’Olivier Becht

  • Un site pour prendre rendez-vous au Consulat !

    Un site pour prendre rendez-vous au Consulat !

    On en rêvait, il l’a fait ! Julien Descamps, un simple militant de Renaissance, basé à Boston, sous l’impulsion de l’élu consulaire, Loïc Le Gland, a créé un site qui permet d’être informé en temps réel des disponibilités pour prendre un rendez-vous au Consulat. On vous explique le fonctionnement de cette initiative bienvenue après deux ans de désorganisation liée à la pandémie !

    Un site qui scanne pour vous les plages horaires des consulats

    Ce site répond aux demandes répétées des élus comme des populations d’une simplification de la prise de rendez-vous dans les consulats.

    Comme vous le savez, actuellement, l’administration consulaire, forte de ses millions d’euros de budget, n’a pu proposer qu’une consultation manuelle des plages horaires. C ‘est à dire que lorsqu’un citoyen hors de France désire faire une démarche dans le consulat de son pays de résidence, il ou elle doit se connecter au site de son administration et balayer les semaines jusqu’à trouver un créneau libre s’il y en a. En cas de recherche infructueuse, le Français ou la Française de l’étranger doit se reconnecter chaque jour en espérant que de nouveaux créneaux soient ouverts ou des rendez-vous annulés. Une opération compliquée et fastidieuse que ce site, né d’une initiative privée, va réaliser pour vous.

    Un système simple comme bonjour

    L’application qu’à créé Julien Descamps, rdv-consulat.fr, va donc réaliser pour vous la veille du site de votre consulat pour identifier les créneaux disponibles.

    Pour cela, il suffit de remplir deux cases, une pour indiquer votre adresse email et une pour sélectionner le consulat qui vous intéresse.

    Une fois cette opération réalisée, vous recevrez un courriel qui vous confirme l’opération et vous indiquera les modalités de réception des créneaux.

    Une fois la notification reçue avec le ou les rendez-vous disponibles, il vous suffira de réserver le créneau horaire sur le site du consulat concerné. Le site n’étant pas lié au gouvernement, la prise de rendez-vous automatisée n’est pas possible. Espérons qu’avec la notoriété fulgurante de ce site, la direction de l’administration consulaire tendra la main au créateur du site pour apporter un service complet aux Français et Françaises de l’étranger.

    Si vous ne recevez pas de notification avec des rendez-vous disponibles, pas de panique ! C’est tout simplement qu’il n’y a pas de rendez-vous disponible. Le robot du site rdv-consulat.fr continuera de scanner chaque jour le planning de l’administration concernée pendant un an et vous serez averti dès qu’une disponibilité sera détectée.

    Qui sont les créateurs de rdv-consulat.fr ?

    Loïc Le Gland

    Ce dispositif, gratuit et ouvert à tous les Français de l’étranger, est né d’une idée de l’élu consulaire de San Francisco aux USA Loïc Le Gland (Renaissance/LREM). Il en fait d’ailleurs la promotion auprès des élus consulaires déplorant que ce soit un jeune étudiant qui réalise le travail de l’administration.

    « L’administration consulaire n’a jamais voulu rendre ce service aux Français de l’Etranger, un jeune Français de Boston l’a fait, avec un outil qui peut s’étendre dans le monde entier »

    Loïc Le Gland sur le groupe Whatsapp des élus consulaires de la majorité présidentielle le vendredi 29 juillet 2022
    Julien Descamps

    Et le jeune prodige qui a réalisé ce que l’Etat français n’a pu faire, c’est donc Julien Descamps. Comme il l’indique sur le fameux site, Julien Descamps est un Angevin d’origine qui a rejoint Boston dans le cadre de ses études en août 2021 afin de poursuivre un master d’administration publique. Il est ingénieur de formation, et aime développer des projets pour l’intérêt général (il a par exemple travaillé sur deposetaplainte.fr, qui permet de déposer plainte en France en ligne).

    « Je suis convaincu que l’administration doit construire de nouvelles alliances avec la société civile afin de mettre l’innovation au service du public.« 

    Julien Descamps sur le site rdv-consulat.fr

  • « Américains accidentels », jus soli, extraterritorialité et discriminations bancaires : la réciprocité n’est pas la solution !

    « Américains accidentels », jus soli, extraterritorialité et discriminations bancaires : la réciprocité n’est pas la solution !

    La sénatrice « Les Républicains » des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, nous a communiqué sa tribune suite au vote à l’assemblée nationale d’un amendement qui peut avoir un impact sur les relations franco-américaines et entrainer des répercussions sur les Français « Américains accidentels ». Ce 02 aout, la proposition doit être étudiée au Sénat.


    Le 27 juillet dernier, l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2022, adoptait par 237 voix contre 182 un amendement relatif aux « Américains accidentels »  visant à exiger des Etats-Unis une réciprocité en matière d’échanges d’informations fiscales, réciprocité non évoquée dans le Foreign Account Tax Compliance Act (« FACTA »).  

    La loi FATCA promulguée par le Congrès américain et signée par le Président Obama le 18 mars 2010, qui impose aux institutions financières présentes aux Etats-Unis de fournir les données relatives aux comptes bancaires détenus hors des Etats-Unis par des résidents ou nationaux américains, fut étendue à la France par la signature d’un protocole entre nos deux pays  le 14 novembre 2013, puis introduite en droit français par  la loi du 18 septembre 2014. 

    Cet amendement pourrait avoir, s’il était confirmé par le Parlement, de lourdes conséquences potentiellement néfastes, notamment pour les citoyens français établis aux Etats-Unis, ainsi que pour les doubles nationaux américains résidant en France. Je voterai donc pour sa suppression. 

    Pour rappel, les « Américains accidentels » sont des personnes possédant au moins deux nationalités, dont la nationalité américaine, sans avoir de véritables liens, familiaux ou autres, avec les Etats-Unis. Certains ignorent même qu’ils sont citoyens américains, cette nationalité ayant été généralement acquise par le simple fait de leur naissance sur le territoire américain (jus soli) ou par transmission par un parent américain. 

    Un droit du sol parfois préjudiciable

    Avoir une nationalité américaine en plus de la sienne a historiquement été considéré comme un privilège et un avantage, jusqu’à ce que ces double-nationaux établis hors des Etats-Unis se trouvent confrontés à l’impact de la loi FATCA.  Rappelons que  tout citoyen américain, même s’il réside hors des Etats-Unis et même s’il n’a aucun revenu de source américaine doit déclarer ses revenus et comptes bancaires chaque année auprès de l’Internal Revenue Service (IRS) et éventuellement s’acquitter d’un impôt aux Etats-Unis sur l’ensemble de ses ressources au niveau mondial. 

    En effet, depuis le 19ème siècle, la législation fiscale américaine est basée sur la nationalité. Ainsi dès 1861, le Congrès étendait l’impôt sur le revenu à l’ensemble des revenus mondiaux des résidents aux Etats-Unis, qu’ils soient citoyens américains ou non, ainsi qu’aux citoyens américains résidant dans d’autres pays.

    Or la législation américaine implique que toute personne née sur son sol, y compris de parents étrangers, obtienne automatiquement la nationalité américaine, ce droit du sol étant mâtiné d’un droit du sang puisque tout enfant d’un parent américain devient automatiquement américain lui aussi. 

    Extraterritorialité et réciprocité

    L’extraterritorialité de certaines lois américaines, dont la loi FATCA est une question majeure notamment pour les pays européens, avec de très lourdes conséquences potentielles sur nos entreprises, dans le cadre par exemple de sanctions civiles ou pénales.  Personne n’a oublié l’amende de près de 9 milliards d’euros infligée à BNP-Paribas en 2014 pour non-respect des embargos américains sur le Soudan, l’Iran et Cuba.  S’il est normal que le Parlement français s’inquiète de l’impact de ces lois extraterritoriales américaines sur l’environnement économique et juridique français et de son empiètement sur la souveraineté nationale, il ne nous appartient pas, à nous parlementaires Français, de reprocher aux Etats-Unis leur législation fondant la taxation sur la nationalité, alors même qu’il est le seul pays au monde à le faire avec l’Erythrée. 

    Publicité pour la BNP à New-York en 2014 ©AFP

    Demander aujourd’hui la réciprocité des transferts de données, comme cela avait déjà été fait en 2018 par une résolution du Sénat, et alors qu’elle n’avait pas été introduite lors de l’approbation de la loi du 18 septembre 2014, ne serait pas plus approprié. Cette obligation se heurterait probablement au principe américain d’égalité de traitement de ses concitoyens, dans la mesure ou  ce dernier ne pourrait tolérer des mesures spécifiques pour les franco-américains, distincts des citoyens américains non binationaux. 

    D’ailleurs, comme l’a souligné l’avocat français au barreau de New-York Pierre Ciric dans une audition devant l’Assemblée nationale en juin 2018, personne, hormis le député Pierre Lellouche, ne semble avoir exprimé la moindre réserve lors de la signature de l’accord entre la France et les Etats-Unis entérinant la loi FATCA le 14 novembre 2013 ou lors de l’examen de la loi du 18 septembre 2014 le confirmant. 

    Des banques françaises un peu trop empressées… 

    Du côté français, le problème semble résider essentiellement dans les excès de zèle des banques françaises à vouloir appliquer à la lettre les obligations induites par la loi FATCA. 

    Si la préoccupation américaine de lutter contre l’évasion fiscale était légitime, le montant des amendes pouvant être exigées a conduit les banques françaises à fermer de très nombreux comptes de ressortissants franco-américains, résidant en France ET aux Etats-Unis, y compris des personnes très modestes… Le Parlement avait alors demandé au gouvernement (article 172 de la loi de finances 2022 du 30 décembre 2021) de remettre un rapport avant le 28 février 2022 sur le bilan de l’exécution de ses engagements relatifs aux échanges de renseignement en matière fiscale au regard du règlement général sur la protection des données (RGDP), rapport non encore reçu à ce jour. 

    Français de l’étranger et droit au compte

    Sénatrice des Français de l’étranger, il y a longtemps que je me préoccupe de la problématique d’accès à un compte bancaire pour nos compatriotes expatriés. Ayant ainsi remarqué la diligence des banques françaises à vouloir supprimer les comptes bancaires de certains de nos ressortissants français à l’étranger parmi les plus modestes, j’avais fait adopter en 2011 l’amendement qui a introduit dans le droit français le principe du « droit au compte ». 

    Mais mon amendement visant à obtenir le droit au compte bancaire pour tout Français, même lorsqu’il résidait à l’étranger, eut hélas des effets pervers puisque les banques se sont alors déchargées de leur responsabilité sur la Banque de France pour l’hébergement des comptes supprimés. 

    Nous ne pouvons aujourd’hui accepter le traitement discriminatoire totalement injustifié que subissent nos compatriotes franco-américains, et plus largement un très grand nombre de Français de l’étranger, qui voient brutalement leur compte bancaire fermé. Nos banques françaises préfèrent en effet leur imposer une brutale « débancarisation » plutôt que de courir elles-mêmes le risque de représailles américaines et d’amendes lourdes en cas de refus de communiquer des informations bancaires. Beaucoup de Français établis à l’étranger, et bien sûr surtout aux Etats-Unis, voient ainsi leur compte en France fermé alors qu’il leur est indispensable, par exemple pour recevoir leur retraite française ou pour faire face à diverses obligations de paiement en France. 

    Il est donc indispensable de protéger nos compatriotes en interdisant aux banques toute fermeture hâtive sans au minimum une justification détaillée de cette décision.

    Cette lutte contre la débancarisation de nos compatriotes expatriés doit également s’accompagner d’un travail d’influence auprès du gouvernement américain afin de trouver des solutions qui puissent à la fois rassurer nos banques françaises, protéger nos compatriotes et permettre aux plus modestes d’entre eux d’échapper au coût prohibitif d’un renoncement à leur nationalité américaine.

    Ce dossier doit être sans aucun doute une des priorités de ce que nous appelons la « diplomatie parlementaire, » parallèlement aux actions lancées dans ce domaine par le gouvernement.

    Nous le devons tout autant à ces Américains accidentels établis sur notre territoire qu’à l’ensemble de nos compatriotes établis à l’étranger, qu’ils soient franco-américains ou pas, car ils subissent au quotidien les conséquences de cette situation discriminatoire et très pénalisante. 

    Joëlle Garriaud-Maylam

    Joëlle Garriaud-Maylam

    Sénatrice des Français établis hors de France

  • Division d’EDF : un choix politique, pas une obligation juridique

    Division d’EDF : un choix politique, pas une obligation juridique

    Depuis que le gouvernement a annoncé son intention de détenir 100% du capital d’EDF, politiques, syndicalistes et autres, craignent le retour en grâce du « Projet Hercule ». Pourtant, rien dans le droit européen n’impose une telle opération assure à EURACTIV France, Maître Renaud Christol, avocat associé en droit de la concurrence au cabinet August Debouzy.

    La tension est palpable depuis quelques semaines. L’annonce du gouvernement de recapitalisation d’EDF est sur toutes les lèvres, tout comme le « projet Hercule » de division des activités de l’entreprise.

    D’ailleurs, comment être certain qu’au nom des règles de concurrence européenne, la mise en œuvre de ce projet ne serait pas inévitable suite à la recapitalisation d’EDF par l’État ?

    Faudrait-il pour cela que l’Union européenne (UE) constate, dans l’opération des autorités françaises, une pratique anti-concurrentielle, et qu’elle impose ensuite, comme sanction, un changement de statut.

    Au nom du contrôle des concentrations ?

    Il existe trois types de procédures qui pourraient contrôler cette opération de recapitalisation au nom du droit de la concurrence.

    En premier lieu, le contrôle des concentrations. L’Union européenne s’assure, en amont de toute opération de fusion, d’acquisition ou de création d’une co-entreprise, qu’elle ne conférera pas à l’entreprise une position trop forte sur le marché, voire monopolistique.

    EDF est devenu en 2004 une société anonyme, avec obligation pour l’État de détenir au moins 70% de son capital. Aujourd’hui, l’État en possède 84%, ce qui n’a pas posé de problème au nom du contrôle des concentrations.

    Ainsi, que l’État passe de 84% à 100% du capital ne conduira à aucun changement, assure Maître Christol.

    Par conséquent, l’État ne pourrait justifier une cession d’actifs, voire une scission d’EDF, au nom d’une atteinte au contrôle des concentrations.

    Au nom des aides d’État ?

    En deuxième lieu, pourrait-on considérer que l’État, qui souhaite investir dans un nouveau programme nucléaire, cherche à subventionner EDF. 

    Il existerait alors un risque que ces subventions ruissellent vers les autres activités du groupe et qu’elles soient ainsi constitutives d’une aide d’État, interdite par l’Union Européenne – sauf exceptions. 

    Or, le contrôle des aides d’État s’effectue, lui aussi, a priori. Dès lors, l’État doit apporter des garanties avant que la Commission européenne n’autorise une aide.

    En outre, la sanction d’une aide d’État illicite est le remboursement de cette aide. Et comme pour les règles de concentration, le gouvernement ne pourrait justifier, suite à une atteinte au régime des aides d’État, la nécessité de diviser ses activités.

    Au nom de l’abus de position dominante ?

    En troisième lieu, le droit européen contrôle les abus de position dominante. Mais cette fois-ci, le contrôle s’effectue a posteriori. Cela signifie que les autorités constatent, après infraction, qu’une entreprise a adopté un comportement visant à éliminer, contraindre ou dissuader la mise en place d’une concurrence sur un marché, dans le seul but de conserver ou imposer sa position dominante.

    En ce sens, l’augmentation de la participation de l’État au capital d’EDF ne constitue pas, en tant que telle, un abus de position dominante, dans la mesure où cette situation ne conduira pas automatiquement à une modification des positions de marché détenues par EDF.

    Elle n’aura donc pas davantage pour conséquence de créer des abus qui n’existaient pas avant cette augmentation.

    De plus, il est particulièrement rare que les abus de position dominante soient sanctionnés par des mesures structurelles de modification des entreprises.

    Pour toutes ces raisons, il serait donc « tiré par les cheveux » assume Maître Christol, que l’État français cherche à détenir 100% du capital d’EDF, pour contrevenir aux règles de concurrence, dans le seul but de justifier la mise en œuvre du « projet Hercule ».

    Maître Christol part du constat qu’aujourd’hui, « ce n’est pas comme il y a une trentaine d’années, le droit de la concurrence est bien connu des entreprises qui mettent dorénavant tout en œuvre pour le respecter ».

    La concurrence ne contrôle que les comportements, pas les statuts

    Ainsi, « en droit de la concurrence, on ne regarde pas le statut d’une entreprise, mais son comportement sur le marché », explique l’avocat.

    En somme, rien en droit européen n’obligerait l’État à diviser les activités d’EDF s’il accédait à 100% de son capital. Dès lors, le projet de démantèlement ne relèverait que d’un choix politique. Car si le droit n’oblige pas, il n’interdit pas non plus.

    Par conséquent, si « la Commission européenne ne peut pas demander spécifiquement à l’État français la division d’EDF » commente l’avocat, rien n’empêche la France d’agir dans un sens que la Commission européenne approuverait politiquement.

    Les autorités françaises pourraient ainsi tout à fait justifier la privatisation d’une partie des activités d’EDF pour des raisons d’ordre politique et économique : stimuler la recherche, liquider les dettes, favoriser l’emploi et les prix bas.

    L’opération telle qu’elle est montée pourrait donc bien être une « duperie » comme le disait à EURACTIV France le député communiste Sébastien Jumel. Mais dire que le droit européen en serait à l’origine « serait une nouvelle instrumentalisation malheureuse des procédures et concepts du droit de la concurrence », conclut Maitre Christol.

    Un article de notre partenaire Euractiv

    euractiv
  • Allemagne unter alles

    Allemagne unter alles

    (L’Allemagne par en dessous)

    « Deutschland über alles » entonnaient fièrement les Allemands jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Désormais, ils ne chantent que le troisième couplet, celui sur la liberté. L’Allemagne devait être la grande puissance du XXème siècle, ses démons l’en empêchèrent. Depuis 1945, elle cultive, dans une repentance justifiée, la non puissance : alignement sur les Etats-Unis, construction européenne sur la base d’un partenariat franco-allemand.

    L’Allemagne a fait profil bas. Par en dessous, a poussé.

    Aucun dirigeant allemand n’a cherché à briller. Aucun ne se distingue par son charisme. Aussi modeste qu’efficace. Aucun parti n’a dominé les autres. L’Allemagne est devenu une puissance économique mondiale, et un modèle démocratique discret.

    Elle a fait profil bas : « Unter alles », en dessous des autres. Par Et par en dessous, elle a poussé. Désormais, l’Allemagne est la plus forte. Le Royaume-Uni s’est replié. Les Etats-Unis ont montré leur inconstance. La guerre d’Ukraine a balayé le partenariat avec les Russes. La France devient incapable de faire contrepoids.

    Olaf Scholz, chancelier novice, a annoncé, d’un coup d’un seul, 100 milliards d’euros de budget pour la défense. Qui pourrait en faire autant ? La France annonce 3 milliards, déjà un bel effort. Demain, l’armée allemande sera la première armée européenne. Elle n’aurait même plus besoin des Etats-Unis.

    « Rien ne sera plus comme avant. »  

    Le Chancelier a publié dans le Frankfürter une tribune à destination du public allemand, qui concerne tous les Européens. Ce qu’il dit est simple, évident, révolutionnaire : l’Allemagne « ne peut plus ignorer ses responsabilités ». « Après le tournant historique qu’a constitué l’attaque de Poutine, rien ne sera plus comme avant. ». 

    Et d’affirmer que l’Allemagne est prête à se battre pour défendre un pays de l’OTAN, ou de l’UE. L’adhésion de l’Ukraine est revendiquée comme un acte géopolitique. Ce n’est pas seulement l’Europe qui change, c’est surtout le rôle de l’Allemagne. 

    Et de fixer les lignes directrices qui n’entraient pas dans ses schémas il y a peu : « la politique migratoire, par exemple, la création d’une défense européenne, la souveraineté technologique et la résilience démocratique. »

    « La réponse la plus importante de l’Europe face à ce tournant historique est l’unité…Nous ne pouvons plus nous permettre de vetos nationaux, par exemple en matière de politique étrangère »

    Application immédiate : la proposition de la Commission européenne de réduire la consommation de gaz de -15% a été adoptée. Une dizaine d’Etats avaient affirmé leurs réticences. A la fin, seule la Hongrie a voté contre. Orban n’a pas compris. Mauvais jeu, mauvais joueur, plus seul que jamais.

    L’alliance franco-allemande a joué.

    La décision concerne d’abord l’Allemagne. Mettre l’économie allemande en panne ne servirait en rien les autres. L’alliance franco-allemande a joué. Auparavant, le Parlement européen avait validé le nucléaire dans la transition énergétique. Le ministre de l’écologie allemand s’est dit prêt à prolonger l’activité des trois centrales encore en activité. Si cela vaut mieux que le charbon, cela valide aussi définitivement la position française.

    Un mois auparavant, le Conseil de Gouverneurs de la Banque centrale européenne décidait « d’accélérer la finalisation d’un nouvel instrument anti-fragmentation ». Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, manifestait son désaccord. En échange d’un relèvement de taux, d’une surveillance accrue des pays qui y auraient recours, il a accepté. A nouveau un accord franco-allemand. La BCE interviendra pour empêcher les écarts de taux dangereux entre l’Allemagne et les autres. En 2011, la crise de l’euro était née de ces écarts.

    L’Allemagne prête à assumer son rôle de leader. Pour la monnaie d’abord. Pour la défense ensuite.

    L’Allemagne ne peut laisser tomber la France, pour peu que celle-ci se montre un tant soit peu responsable, ce que ne cesse d’expliquer Bruno le Maire. Récemment, il a appuyé le ministre des finances allemands, Christian Lindner, dans une politique de retour aux « équilibres budgétaires ». Ecouté en Allemagne, le sera-t-il aussi en France ?

    L’Allemagne fait un pas, mais l’Allemagne prend la main. Elle assume son rôle de leader. Pour la monnaie d’abord. Pour la défense ensuite. Pour la géopolitique mondiale enfin.

    Avec ses cent milliards, l’Allemagne va devenir un énorme marché de la défense. Elle continuera de payer tribut aux Etats-Unis (elle a profité des années de leur protection). Elle a annoncé l’achat de 35 F35 pour sa mission de défense nucléaire. Les Américains n’acceptent que leurs avions pour transporter des missiles nucléaires… En attendant, le SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), comme le char franco-allemand, sur fond de dissensions, prennent du retard.

    Les débats industriels entre Nexter et Rheinmetal deviennent métaphysiques.   

    L’Allemagne ne choisira pas entre Américains et Français, elle préservera les uns et les autres. Elle choisira l’Allemagne. Elle développera, seule ou en partenariat, son industrie de la défense. Elle pourrait même développer une politique mondiale qui engloberait gentiment le message universel de la France, révérence due au passé. Raison de plus pour ne jamais la laisser seule. En Europe, seuls les Français ont l’expérience des interventions extérieures. Seuls ils ont l’expérience d’une diplomatie mondiale. Seuls ils cultivent une « Weltanschauung ». Encore ne faut-il pas se laisser distancer. Les débats industriels entre Nexter et Rheinmetal deviennent métaphysiques. 

    L’Allemagne a choisi de devenir le pilier européen de l’OTAN. Affirmera-t-elle une défense européenne, ou restera-t-elle dans la dépendance américaine ? Pas à pas, par en dessous, elle fera les deux. Son ambition est plus vaste. Elle veut devenir le pilier des démocraties à travers le monde. L’Allemagne impérialiste, totalitaire, a mené le monde à la destruction. L’Allemagne démocratique peut se racheter en le réparant.

    « Une nouvelle coopération mondiale des démocraties », autour de l’Allemagne.

    A quoi songe le Chancelier terne? « L’Union européenne est l’antithèse vivante de l’impérialisme et des régimes autocratiques, elle constitue une épine dans le pied de dirigeants comme Poutine …Les autocrates du monde suivent de très près cette entreprise en attendant de voir si elle va aboutir. La loi du plus fort s’applique-t-elle au XXIe siècle, ou bien est-ce la force du droit ? Le désordre vient-il remplacer l’ordre international multilatéral dans notre monde multipolaire ? » 

    Contre l’autocratie et l’autoritarisme, « une nouvelle coopération mondiale des démocraties, une coopération qui aille au-delà de l’Occident classique… En rassemblant l’est et l’ouest, le nord et le sud de l’Europe. ». Autour de l’Allemagne. Le Rêve allemand vaut mieux que le Rêve chinois.

    Revanche de l’Histoire ?

    L’Allemagne reprend à son compte le concept américain d’Alliance des démocraties. La politique, ce n’est pas que des intérêts, c’est de l’idéologie. Les Etats-Unis sont-ils encore crédibles en tant que leaders du monde libre ? L’Allemagne, par l’Europe, peut l’être. C’est un projet à vingt, trente ans. 

    Dans tous les classements mondiaux, les pays européens apparaissent comme les plus démocratiques, les plus respectueux de l’état de droit, les plus sûrs, les plus riches, les plus respectueux de l’environnement, etc. Parmi eux, l’Allemagne fait bonne figure. Puisse la France s’inspirer de cette humilité. L’Allemagne ne peut réussir seule. Son projet, porter un nouveau modèle démocratique, n’est-il pas le nôtre, alors même que le nôtre est abîmé ? Revanche de l’Histoire ? Beau défi !

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

    Notes

     1 – « Einigkeit und Recht und Freiheit / für das deutsche Vaterland! » (Unité, droit et liberté pour la patrie allemande !)

    2 – Le 26 juillet.

    3 – Le 6 juillet.

    4 – Réunion de gouverneurs du 15 juin. Le 21 juillet la BCE annoncera la création d’un nouvel Instrument d’achat de dettes publiques.

    5 – « La posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN repose sur les armes nucléaires des États-Unis déployées en Europe, ainsi que sur les moyens mis à disposition par les Alliés concernés. Les contributions nationales à la mission de dissuasion nucléaire de l’OTAN, sous la forme d’avions à double capacité, demeurent un élément central du dispositif. »  OTAN, Sommet de Madrid, 30 juin 2022. 

     6 – « Vision du monde ».

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