Alors que les jeunes Français de l’étranger peuvent exprimer leur volonté d’étudier en France à travers l’outil Parcoursup, une étude du cabinet Emerging dévoile que les entreprises internationales sont friandes des diplômes français. Une tendance qui se confirme depuis plusieurs années. Alors étudier en France, est-ce vraiment un sésame pour une carrière internationale ?
La France, deuxième au classement
D’après les retours de 11 000 managers basés dans 22 pays, le cabinet Emerging a établi un classement de l’employabilité des diplômés. Ainsi sans surprise parmi les dix premières universités les plus employables, six sont aux Etats-Unis, plaçant les jeunes diplômés américains comme les plus attractifs aux yeux des entreprises du monde. Cependant la France arrive en deuxième position, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne.
L’Hexagone compte au total 16 établissements sur un total de 250 classés dans l’enquête, parmi eux Centrale Supélec-Paris Saclay, HEC Paris, Polytechnique, l’Emlyon Business School, l’université de la Sorbonne, etc.
Alors qu’en 2020 les entreprises considéraient encore l’excellence académique comme première qualité chez les jeunes diplômés, la donne a changé en 2021, les compétences réelles et l’expertise prenant le dessus. Le leadership, l’adaptabilité, l’autonomie, le volontarisme et les compétences techniques digitales sont désormais dans les qualités recherchées par les employeurs.
Ainsi selon les recruteurs de grandes entreprises mondiales, l’établissement d’enseignement supérieur français qui prépare le mieux ses étudiants au monde du travail est Centrale Supélec.
Dans le détail, ce sont les écoles d’ingénieurs françaises qui sont le mieux représentées. «Les écoles d’ingénieurs forment des diplômés opérationnels sur le terrain et c’est ce que recherchent les entreprises. Il y a une pénurie d’ingénieurs partout dans le monde. Enfin, on se rend compte qu’il y a besoin d’ingénieurs partout», analyse, auprès du Figaro Etudiants, Laurent Champaney, président de la Conférence des grandes écoles (CGE) et directeur général de l’École nationale supérieure des arts et métiers.
Depuis une dizaine d’années, l’inflation s’était faite rare, permettant le financement par l’endettement des dépenses publiques selon la Théorie Moderne de la Monnaie (TMM). Sa résurgence après un long épisode d’augmentation de la masse monétaire sur fond de plans de relance et de guerre en Ukraine a modifié la donne de manière rapide.
La montée des prix a provoqué le plus fort durcissement de la politique monétaire depuis les années 1980. Celui-ci a été opéré par la quasi-totalité des banques centrales. Il a mis un terme à l’idée que les taux d’intérêt resteraient indéfiniment bas. Depuis plusieurs mois, la question est de savoir quand le processus d’augmentation de ces taux prendra fin. La réponse varie d’une semaine à une autre, en fonction de la publication des indicateurs économiques et des déclarations des banquiers centraux.
Une baisse plus rapide que prévu
Depuis la fin de l’année 2022, des signes encourageants laissent entrevoir une décrue de l’inflation. Dans 25 des 38 États membres de l’OCDE, les indices des prix sont en baisse. Au sein de l’Union européenne, le taux d’inflation après avoir atteint en 2022 10 % s’est contracté à 8,6 % en janvier. Cette diminution est plus rapide que prévu.
Au cours des trois mois précédant janvier, les prix à la consommation américains ont augmenté à un taux annualisé de 3,8 %, le plus bas niveau en deux ans. Les investisseurs estiment que l’inflation américaine repassera en-dessous des 3 % dans moins d’un an et que l’objectif des 2 % pourra être atteint au cours de l’année 2024.
Sur le moteur de recherche de Google, les requêtes concernant le mot « inflation » seraient en forte baisse, témoignant d’une moindre acuité du problème. Cette interprétation peut néanmoins être contestée ; la diminution du nombre de requêtes pouvant également signifier que les populations s’habituent à vivre avec l’inflation. Malgré tout, Alberto Cavallo de l’Université de Harvard, en étudiant les indices de prix en temps réel établis à partir des sites de e-commerce, souligne que dans de nombreux pays riches, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Espagne, le point de retournement aurait été franchi. La France serait en revanche en retard par rapport aux autres pays, son inflation ayant été masquée par les mesures prises par le Gouvernement pour en atténuer les effets auprès de la population.
Le repli de l’inflation, réalité ou trompe-l’œil ?
Les investisseurs financiers anticipent la décrue de l’inflation, ce qui explique l’orientation positive des marchés depuis le début de l’année. Une inflation plus faible signifie que les banques centrales auront moins besoin d’augmenter leurs taux directeurs et que les gouvernements pourront donner la priorité à la croissance économique. Le CAC40 a gagné plus de 13 % depuis le 1er janvier et le S&P500 plus de 8 %. En contrepartie, le dollar a perdu plus de 6 % de sa valeur depuis son sommet d’octobre, signe du regain d’appétence pour le risque des investisseurs et la moindre nécessité de protéger ses actifs en optant pour des obligations.
Ce scénario idéal d’un repli rapide de l’inflation n’est pas partagé par tous les acteurs, à commencer par un certain nombre de banquiers centraux. Le 7 février dernier, Jerome Powell, le Président de la Fed, a déclaré qu’il y avait encore « un long chemin à parcourir » pour mettre un terme à l’inflation. Le même jour, Isabel Schnabel de la Banque centrale européenne, a averti que la pression à la hausse de l’inflation sous-jacente demeurait « extraordinairement élevée ».
Les banquiers centraux estiment que les tensions sur les marchés du travail sont élevées et qu’elles sont susceptibles d’alimenter l’inflation. Ils ne souhaitent en aucun cas rééditer les erreurs des années 1970 où l’indexation des salaires sur les prix avait dégénéré en une spirale inflationniste. Les banques centrales avaient à l’époque eu tendance à abaisser leurs taux dès les premiers mouvements de repli des indices des prix. Dans ce contexte, ces dernières devraient poursuivre leur relèvement au risque de provoquer une correction sur les marchés « actions ».
L’inflation, une affaire monétaire sur fond de déséquilibre
L’inflation de part et d’autre de l’Atlantique est de nature différente même si les mécanismes sont les mêmes. Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, la hausse des prix se nourrit des quantités astronomiques de liquidités qui circulent dans les économies depuis la crise financière. Ce terreau a permis son déclenchement après la crise sanitaire. Celle-ci a désorganisé l’offre et a donné lieu à une série de plans de relance qui ont dopé artificiellement la demande.
Les plans de relance budgétaire liés à la pandémie ont atteint en cumulé 26 % du PIB, le président Joe Biden ayant ajouté 1 900 milliards de dollars dans le cadre de l’American Recovery Act en 2021. Les ménages ayant épargné durant les confinements et ayant reçu des prestations diverses et variées ont épargné des sommes conséquentes qui leur ont permis, à compter de 2021, surtout aux États-Unis, d’augmenter leurs dépenses de consommation et d’équipements.
Le secteur du bâtiment a bénéficié du surcroît de liquidités dont ont bénéficié les ménages avec la multiplication des chantiers de construction ou d’amélioration des logements. Les chaînes d’approvisionnement désorganisées par un an de pandémie ont été dans l’incapacité de répondre rapidement à la demande. Les retards de production et les pénuries d’intrants cruciaux tels que les microprocesseurs ont entraîné une propagation de l’inflation.
Au fil des mois, aux États-Unis, l’inflation s’est élargie aux loyers, aux salaires et aux prix des biens et des services. L’inflation est également liée aux nombreux départs à la retraite constatés dans les pays occidentaux favorisant la survenue de pénuries de main-d’œuvre. Aux États-Unis, grâce à l’épargne constituée, des centaines de milliers d’actifs auraient anticipé de deux à trois ans leur départ. En Europe, dans un contexte de baisse de la population active, de plus en plus de salariés refusent les emplois pénibles ou à horaires décalés. Ces phénomènes induisent des augmentations de salaires.
Une inflation importée
À ces phénomènes post covid s’est greffée, en Europe, une inflation importée en lien avec la hausse des cours des prix du pétrole et surtout du gaz naturel provoquée par la guerre en Ukraine. Celle-ci a généré des pénuries pour certains produits pour lesquels l’Ukraine était un producteur important (huile, moutarde, engrais, bouteilles en verre, etc.).
La baisse actuelle de l’inflation reflète la normalisation de situation au niveau de l’offre. Les chaînes d’approvisionnement se sont adaptées à la nouvelle donne. Au niveau des conteneurs et des microprocesseurs, l’abondance a remplacé la pénurie. La demande est en baisse en raison du ralentissement de l’économie chinoise. Les prix des matières premières, de l’énergie et des produits agricoles, sans avoir retrouvé leur niveau d’avant crise sanitaire, sont en net repli. Le baril de pétrole s’échange entre 80 et 85 dollars depuis le début de l’année, contre 140 dollars le baril en mars 2022. Même avec des approvisionnements en provenance de Russie pratiquement interrompus, les prix du gaz en Europe ont baissé grâce notamment à des températures clémentes.
Aux États-Unis, la Grande Démission s’achève avec le retour de certains actifs sur le marché du travail, diminuant ainsi les tensions sur les salaires.
Le recul de l’indice des prix serait purement conjoncturel. L’inflation n’aurait néanmoins pas disparu ; elle continuerait à bas bruit à se diffuser. Le resserrement des politiques monétaires n’aurait pas encore commencé à modifier en profondeur les comportements. Les économistes estiment qu’un relèvement des taux directeurs des banques centrales ne produit ses effets qu’un à deux ans après. Milton Friedman avait qualifié ce processus de « décalages longs et variables » de la politique monétaire. De ce point de vue, la baisse de l’inflation constatée depuis quelques mois a peu de lien avec l’augmentation des taux d’intérêt d’autant plus que les banques centrales ont opéré avec prudence dans les relèvements. Le ralentissement de la croissance mondiale ne serait pas la conséquence de la hausse des taux mais de la fin de la période de relance post-covid et de la guerre en Ukraine qui a provoqué un transfert financier des pays consommateurs vers les pays producteurs d’énergie.
En la matière, les États-Unis, en tant qu’exportateur net d’énergie, ont été beaucoup moins touchés par la crise que l’Europe.
La thèse de Milton Friedman est contestée par des études économiques récentes. L’économiste Dario Perkins du cabinet d’études TS Lombard estime que les modifications des taux d’intérêt pourraient avoir des effets après un délai de seulement 6 à 9 mois.
Les taux de chômage au plus bas
Les agents économiques anticiperaient plus vite les changements de taux que dans le passé en raison du poids pris par les informations économiques. Les banquiers centraux communiquent leurs intentions avec plus de précision que dans le passé. En revanche, de part et d’autre de l’Atlantique, les marchés du travail ne sont pas affectés contrairement aux précédentes périodes de hausses des taux. Le plein emploi est de mise aux États-Unis comme en Allemagne. Les taux de chômage sont au plus bas depuis le début du siècle dans la quasi-totalité des pays. Au mois de janvier 2023, les créations d’emplois se sont élevées à 517 000, soit plus de cinq fois plus que la plupart des estimations d’un rythme durable à long terme, compte tenu de la croissance démographique. Les postes vacants ont atteint 11 millions en décembre, soit près du double du nombre de demandeurs d’emploi.
Dans la zone euro, la croissance des salaires semble s’accélérer pour atteindre plus de 4 %. Par crainte de manquer de personnel, les entreprises anticipent les créations d’emplois. Si les GAFAM licencient, les entreprises du luxe et celles œuvrant sur les secteurs des services à la personne et aux entreprises ou du bâtiment continuent à recruter. Le pouvoir de négociation au sein des entreprises pourrait être donc plus favorable que dans le passé aux salariés, ce qui favoriserait le maintien d’une inflation plus élevée d’autant plus que la productivité est en berne.
Des facteurs structurels d’inflation
L’inflation pourrait être également alimentée par la transition énergétique, source de déficits et de surcoûts. Les États sont amenés à participer au financement de la décarbonation. Par ailleurs, les énergies renouvelables, par leur caractère aléatoire, sont plus coûteuses que les énergies carbonées. Elles supposent la réalisation d’équipements supplémentaires (centrales thermiques, production d’hydrogène vert, batteries, etc.) pouvant suppléer les éoliennes ou les panneaux solaires en cas d’absence de vent et de soleil. Les énergies renouvelables en l’état actuel des technologies sont plus chères et moins faciles à utiliser.
Le vieillissement démographique est un autre facteur d’inflation. La diminution du nombre d’actifs qui génèrent de la valeur ajoutée au profit de retraités consommateurs est par nature inflationniste. Certes, au Japon, pays en avance dans le vieillissement, l’inflation demeure aux abonnés absents.
Une majorité des banquiers centraux croit à un retour à la normale pour 2024
Les signaux sont contradictoires, l’inflation est-elle amenée à rester vive ou à disparaître et à retrouver l’atonie qu’elle connaissait dans les années 2010 ? En 2020, les banquiers centraux étaient rares à s’inquiéter d’une poussée d’inflation. Aujourd’hui, ils sont partagés sur son évolution même si une majorité croit à un retour à la normale pour 2024. À leurs yeux, l’économie mondiale a souffert, en 2021 et 2022, d’un « surplomb monétaire », provoqué par une augmentation momentanée de l’offre de monnaie en lien avec les plans de relance. Cet excédent dissipé et sans hausse des prix importée, l’inflation s’estomperait plus ou moins naturellement. Pour se rassurer, ils soulignent que les surendettements monétaires, observés au sein des pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale, n’ont généralement pas conduit à une inflation persistante.
Les économistes pourraient néanmoins négliger le facteur monétaire. Le suivi de la masse monétaire n’est plus l’alpha et l’oméga des politiques mises en œuvre par les Banques centrales. Celles-ci surveillent avant tout l’inflation sous-jacente et l’emploi. Elles privilégient l’arme des taux à la quantité de monnaie en circulation.
Certes, la FED a décidé de réduire son bilan mais de manière homéopathique par rapport à sa progression de ces vingt dernières années. La masse monétaire demeure pourtant un indicateur assez fin pour mesurer un risque inflationniste. Ce risque aurait augmenté de plus de 12 % après la crise sanitaire selon The Economist. Une étude récente d’économistes de la Banque des règlements internationaux souligne que les pays à plus forte croissance monétaire ont connu une inflation nettement plus élevée.
L’indicateur de l’emploi devrait attirer l’attention des directeurs des banques centrales. Pour retrouver un taux de chômage aussi bas aux États-Unis, il faut remonter à 1969, quand l’économie s’est engagée dans une stagflation qui a duré dix ans. Les facteurs de baisse actuellement à l’œuvre pourraient rapidement se retourner. Le manque d’investissement dans le secteur des énergies carbonées pourrait provoquer une hausse des cours surtout quand la Chine sortira de sa léthargie. Une hausse de 15 à 20 dollars du baril est imaginable en 2023 ou en 2024. L’approvisionnement en gaz risque d’être problématique en Europe à compter de l’été avec l’absence de l’apport russe.
La probabilité d’une inflation plus élevée que dans les années 2010 est forte comme l’a mesuré la Fed de Minneapolis. Une inflation de plus de 3 % est plus probable qu’une inflation de moins de 1 % au cours des cinq prochaines années.
Plusieurs centaines de parachutistes ont été largués samedi sur la région de Castres (Tarn), dans le cadre d’un exercice interarmées d’ampleur inédite simulant un engagement majeur et mobilisant 7.000 militaires. Cet exercice de grande ampleur est désigné comme « l’opération Orion».
Pour ceux qui ont connu un temps où nos armées comptaient des centaines de milliers d’hommes dont un énorme paquet d’appelés du contingent, c’est un peu le retour à la guerre froide, les moyens humains en moins.
Avec quelques milliers d’hommes seulement déployables et quelques jours au mieux de munitions pour tenir une guerre de haute intensité, les choses en cas de guerre conventionnelle contre des forces russo-chinoises pourraient relativement mal tourner et bien plus vite que l’on ne le pense.
L’armée française avec l’opération Orion et les 7 000 hommes mobilisés pour des exercices militaires de grande ampleur a pour objectif de se préparer à une guerre de haute intensité…
Alors que les États-Unis ont mis en œuvre un plan ambitieux de 400 milliards de dollars pour décarboner leur économie, l’Inflation Reduction Act (IRA), la question de la réindustrialisation européenne est sur toutes les lèvres. Pour EURACTIV France, le ministre de l’Industrie Roland Lescure expose les priorités françaises et européennes pour préparer au mieux cette « nouvelle révolution industrielle ».
Roland Lescure est ministre délégué chargé de l’Industrie. Il est élu député (Renaissance) de la circonscription Amérique du Nord des Français de l’étranger en 2017, puis en 2022. Entre 2009 et 2017, il occupe le poste de premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, deuxième fonds de pension le plus important du Canada.
Le ministre délégué chargé de l’industrie Roland Lescure [Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique]
EURACTIV France. En tant que ministre chargé de l’Industrie, considérez-vous que la réindustrialisation française soit enfin lancée ?
Roland Lescure. Après un déclin de l’industrie française ces trente dernières années, le premier mandat [2017-2022] du président Emmanuel Macron a permis de recréer des sites industriels, donc de l’emploi.
Depuis, l’image de la France a changé, ce qui intéresse beaucoup les investisseurs internationaux.
Mais nous devons accélérer, car nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle, qui consiste en deux chantiers : décarboner l’industrie traditionnelle et développer l’industrie de la décarbonation.
Cette révolution ne peut se concevoir que dans un cadre européen intégré et ambitieux.
Pourriez-vous parler d’un « protectionnisme vert européen » ?
Non : comme au football, je préfère l’attaque à la défense, la conquête à la protection.
Cela nécessite des bases arrière solides. Nous voulons ancrer dans les territoires les nouveaux champions de cette révolution industrielle – hydrogène, voitures électriques, etc. Les américains ont eu la même approche avec les GAFAM [Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft] lors de la révolution numérique.
N’est-ce pas naïf de refuser de parler de protectionnisme, alors que les États-Unis et la Chine n’hésitent pas à le faire ?
Au contraire, le temps de la naïveté industrielle et écologique est terminé. Nous croyons toujours au libre-échange, mais cette fois-ci les « yeux ouverts », sans être dupes.
Nous savons que la décarbonation n’est pas rentable dans l’immédiat et qu’elle nécessite un financement par la puissance publique. L’IRA a été un déclencheur. L’UE réalise enfin l’urgence et l’ampleur du défi.
À bon entendeur, rappelons que l’IRA est une bonne nouvelle pour la décarbonation mondiale.
En réponse à l’IRA, le Plan industriel vert présenté par la Commission européenne ne risque-t-il pas de mettre à mal le marché unique européen en augmentant les distorsions de concurrence, comme le craignent certains États membres ?
Dans le cadre du Plan de la Commission, nous soutenons la mise en place d’un fonds de souveraineté européen, qui permettra la mise en commun de ressources financières, justement pour éviter de mettre à mal le marché unique européen.
Cette négociation est en cours. Il y a des avancées et des blocages, mais je suis certain que nous finirons par converger.
Mais déjà, nous réorientons 250 milliards d’euros de fonds européens existants pour accélérer la révolution verte, avant même de nous pencher sur des nouveaux financements.
Enfin, la simplification administrative nous permettra d’être plus efficaces. Elle peut être largement améliorée, et nous nous y attelons.
Comment concilier les positions de ceux qui, comme la France, soutiendraient un nouvel endettement commun et de ceux qui le refusent, comme l’Allemagne et l’Autriche ?
Nous ne devons pas nous braquer sur un seul et unique instrument. Le gouvernement français a eu tendance à trop le faire par le passé, le rendant populaire à Paris, mais inefficace à Bruxelles.
Le plus important est de reconnaître que l’économie de la décarbonation a besoin de financements publics et d’une stratégie industrielle proactive. Sans cela, l’industrie de la décarbonation se développera ailleurs qu’en Europe, et nous serons contraints de l’importer.
Le plan « NextGenerationEU » [un programme de dette commune européenne à hauteur de 800 milliards d’euros] a montré qu’à 27 nous étions capables d’adopter une stratégie commune et de s’endetter ensemble lorsque c’était nécessaire.
Pour décarboner l’économie, les prix de l’énergie doivent être maîtrisés. Or, les avis divergent aussi sur la réforme du marché européen de l’énergie, que la France souhaite au plus vite, contre l’Allemagne qui temporise. Un compromis est-il possible ?
Si actuellement les prix de l’énergie baissent et donnent l’impression que certaines industries s’en sortent, ma seule certitude est que 2023 sera une année incertaine.
Tant que la guerre en Ukraine se poursuit et que les approvisionnements énergétiques ne sont pas stabilisés, le marché restera en effet sous pression.
En réalité, il n’y a rien de tel pour conduire les politiques à agir et faire un pas l’un vers l’autre.
Puisque la France souhaite améliorer au plus vite la visibilité des acteurs du marché, montrons l’exemple et signons quelques contrats énergétiques de long terme entre EDF et des industriels, enjeu au cœur d’une réforme structurelle du marché.
L’Europe avance lorsque la France est pourvoyeuse de solutions plutôt que donneuse de leçons.
Dans cette course à la réindustrialisation européenne, quel est l’avantage comparatif de la France ?
Son électricité bas carbone et peu chère grâce au nucléaire.
Certains de nos partenaires européens vous reprochent ce soutien au nucléaire. La décarbonation sans nucléaire est-elle possible ?
Pour nous, c’est impossible. Sans vouloir agiter le chiffon rouge, je pense que nous sommes du bon côté de l’Histoire.
La réalité physique est sans appel : le nucléaire est une énergie bas carbone et puissante, à tel point que le Japon relance actuellement des programmes nucléaires, malgré la catastrophe de Fukushima en 2011.
Cette vision est-elle partagée par les institutions européennes ?
Le principe de neutralité technologique est inscrit dans les Traités et nous travaillons sans relâche avec l’ensemble de nos partenaires pour qu’il soit traduit dans la réalité, car c’est cela qui nous permettra de bâtir un marché européen de l’énergie robuste et souverain.
Néanmoins, il faut aussi développer les renouvelables. Or, je reconnais qu’en raison de la puissance nucléaire, la France a pris du retard sur ce point.
Nous devons maintenant marcher sur nos deux jambes, les renouvelables et le nucléaire, plutôt qu’à cloche-pied.
Le gouvernement français s’est engagé à produire plus de 2 millions de voitures électriques par an d’ici 2030. Comment accommoder cet objectif avec la nécessaire sobriété énergétique, qui voudrait que nous consommions moins ?
Je suis en désaccord total avec ceux qui pensent que sobriété et production sont inconciliables.
En revanche, sur le moyen et long terme, la sobriété, qu’elle soit subie ou choisie, est compatible avec une croissance de bonne facture, tandis que la décroissance est anti-sociale.
Elle suppose, évidemment, un soutien économique et politique de taille.
Au cœur de la transition écologique se trouve la question de la sécurisation des métaux critiques et stratégiques. La Commission européenne prépare un Critical raw Material Act pour mi-mars, dans lequel elle devrait pousser pour le redéveloppement de mines en Europe. Dans ce contexte, la France est-elle prête à relancer sa filière minière ?
Oui, nous devons aller chercher les ressources minières partout où elles se trouvent, dans le cadre d’une stratégie cohérente et coordonnée, de l’exploitation des ressources jusqu’au recyclage.
D’un côté, cela implique d’exploiter nos ressources domestiques, comme le lithium qui se cache sous notre sol métropolitain ou le nickel en Nouvelle Calédonie, tout en s’assurant que cela soit soutenable, avec un impact minimal sur l’environnement.
De l’autre, nous investissons dans les technologies de démontage, de recyclage et de réutilisation des matériaux.
Tout cela nécessite des financements publics et privés. Le gouvernement français s’apprête à lancer un fonds qui pourra allier capitaux privés et publics pour assurer le financement des filières minières.
Et ce, malgré les possibles blocages des riverains ?
L’acceptabilité sociale de la transition écologique est le défi majeur des années à venir.
Nous devons assumer la complexité de la décarbonation, qui nous contraint à remplacer une partie de nos dépendances par des matières premières que nous produisons nous-mêmes.
Bonjour à tous, on se retrouve pour un nouveau flash quotidien, dans les titres ce mardi 28 février : un focus sur les motivations des expatriés pour quitter la France, une nouvelle approche avec le nomadisme numérique et l’incarcération de Pierre Palmade en France.
4ème rapport de l’Observatoire de l’expatriation
Pour la quatrième année la Banque Transatlantique et Opinion Way ont livré leur étude sur les Français de l’étranger. On y apprend que 64% des expatriés sont des actifs avec une moyenne d’âge de 49 ans. Le solde représente les retraités et porte la moyenne d’âge de tous les Français établis hors de France à 59 ans. Mais aussi que 48% des expatriés ayant participé à l’étude estiment être encore plus attachés à la France depuis qu’ils en sont partis. Tous les détails dans l’article sur le site lesfrancais.press.
Travailler en nomadisme numérique
Un phénomène se développe actuellement dans les entreprises avec le télétravail. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir travailler depuis un autre pays. Mais comment faire ? Quelles règles fiscales, sociales ? Quelle durée possible ? Des questions pour lesquelles Holiworking peut vous aider. Ce cabinet propose des formules tout inclus aux travailleurs et aux entreprises pour un nomadisme apaisé et productif. Les détails sur le site Lesfrancais.press et sur celui de votre radio.
Pierre Palmade bientôt incarcéré
Ce lundi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a choisi de placer l’humoriste en détention provisoire et de décerner un mandat de dépôt. Une décision qui était d’autant plus scrutée que le quinquagénaire a subi un accident vasculaire cérébral samedi. Depuis l’accident sous l’emprise de la cocaïne il y a 15 jours, les déboires judiciaires se multiplient pour Pierre Palmade avec des accusations supplémentaires de visionnage de vidéos pédophiles.
C’est tout pour ce mardi ! On se retrouve demain ! Bonne journée à tous.
L’Observatoire de l’expatriation est une consultation réalisée auprès des Français vivant à l’étranger par la Banque Transatlantique. Pour réaliser l’étude, l’établissement bancaire a invité les 300 000 membres ou anciens membres de l’Union des Français de l’Etranger (UFE). L’Observatoire de l’expatriation s’est appuyé sur le savoir-faire d’Opinion Way pour mener la consultation.
Où et pourquoi s’expatrient les Français ?
Les Français de l’Etranger continuent leur mutation avec un rajeunissement important, ainsi 64% des expatriés sont des actifs avec une moyenne d’âge de 49 ans. Le solde représente les retraités et porte la moyenne d’âge de tous les Français établis hors de France à 59 ans.
Les actifs sont majoritairement des cadres et travaillent dans 79% des cas pour une entreprise locale. On est donc loin de l’expatriation de papa où le cadre était envoyé en mission pour une société française.
Logiquement, c’est donc l’opportunité de développer sa carrière qui est la première motivation pour un Français de quitter la France. Naturellement, c’est en Europe et en particulier dans les pays frontaliers qu’on trouve la plus grande concentration de Français de l’étranger (53% dont 11% en Allemagne, 8% au Royaume-Uni et 8% en Suisse). L’Amérique du Nord arrive en deuxième position (19% dont 11% aux Etats-Unis et 8% au Canada), suivie par l’Asie (10%) et l’Afrique (10%).
Mais l’amour et la famille sont aussi souvent des facteurs qui poussent à poser ses valises hors de France. Ainsi selon le rapport de l’Observatoire de l’expatriation, « les relations amoureuses – et plus largement la famille – sont la deuxième raison qui explique l’expatriation. Plus d’un quart des expatriés a choisi de vivre à l’étranger pour suivre ou rejoindre leur conjoint (29%). 11% des répondants évoquent des attaches familiales dans le pays d’accueil. Parmi leurs autres motivations, les expatriés citent l’envie de découvrir une nouvelle culture (18%), ou dans une moindre mesure le climat (9%) ou encore les études (9%).«
La France, je t’aime moi non plus
L’étude d’Opinion Way commandée par l’Observatoire de l’expatriation sur la base du fichier des adhérents à l’UFE s’est aussi intéressé au regard des Français de l’étranger sur la France.
Un attachement culturel
Plus des deux tiers des expatriés parviennent, ainsi, plus clairement à identifier les atouts de la France depuis qu’ils vivent à l’étranger (69% dont 23% tout à fait d’accord). Ils sont même plus nombreux à attribuer des points forts à la France par rapport aux Français qui habitent sur le territoire métropolitain. 13% des Français de métropole ne sont pas en mesure d’attribuer un point fort à la France contre 3% des expatriés. Le patrimoine culturel (66% contre 47% des Français de métropole) et la gastronomie française (59% contre 52%) sont en tête des atouts cités par les expatriés.
Le souvenir des crises sociales
Si notre pays est reconnu comme un pays stable pour 78% des expatriés, de nombreux problèmes grèvent la qualité de vie et la productivité de la France. Parmi les sujets qui les préoccupent le plus aujourd’hui pour la France, sont cités la sécurité (28% contre 20% des Français de métropole), les inégalités sociales (26% contre 19%) et aussi les mouvements sociaux (21% contre 6%, écart le plus significatif). A contrario, les Français de métropole sont davantage préoccupés par le pouvoir d’achat (50% contre 21% des expatriés).
Mais le bilan de cette partie de l’étude est étonnant car finalement48% des expatriés ayant participé à l’étude estiment être encore plus attachés à la France depuis qu’ils en sont partis.
Les freins au lien avec la France
Commandé par une banque, le rapport s’intéresse évidemment au patrimoine et aux revenus des Français de l’étranger.
Ainsi on apprend, que « plus des trois quarts des expatriés sont propriétaires d’au moins un bien (77%). Parmi eux, 64% possèdent un bien dans le pays où ils vivent, et pour 60%, il s’agit de leur résidence principale. 30% ont un bien en France et 6% dans d’autres pays.«
Pourtant ils sont plus d’un quart des expatriés à avoir l’intention d’acheter au moins un bien immobilier en France (29%) dont 26% d’ici un an ou à plus long terme. Mais peu arrivent à réaliser leur projet, l’Observatoire de l’expatriation s’est donc penché sur les freins à l’achat en France.
Le premier frein à l’achat d’un bien immobilier, en France ou dans le pays d’accueil, est sans surprise le prix de l’immobilier. Un expatrié sur deux l’évoque, 45% en ce qui concerne un bien en France, 46% pour un bien dans le pays d’accueil. 37% des expatriés considèrent qu’acheter un bien immobilier en France est plus coûteux à cause du prix de l’immobilier que dans leur pays d’accueil (37% contre 43% qui jugent le contraire).
Mais d’autres freins émergent. La fiscalité pèse fortement dans la balance (36% la voient comme un obstacle). Seuls 20% des expatriés considèrent qu’acheter un bien immobilier en France est plus intéressant fiscalement que dans leur pays d’accueil. Par ailleurs, de même 24% des expatriés évoquent la difficulté à obtenir un crédit ou ont des revenus insuffisants. Cette problématique rejoint la problématique de débancarisation à laquelle sont confrontés de plus en plus de Français de l’étranger.
Regardez le débriefing de l’Observatoire de l’expatriation
Téléchargez le rapport 2023 de l’Observatoire de l’expatriation
Samedi 22 février, triste anniversaire de l’invasion russe en Ukraine, des dizaines de manifestations pour l’Ukraine ont eu lieu dans toutes les villes de France, la Tour Eiffel était en jaune et bleu. Quelques jours auparavant, Joe Biden, à Kiev, embrassait Zelensky. Un voyage surprise qui rappelle celui de Kennedy lors du blocus de Berlin, avec un message simple : l’Ukraine peut disposer à volonté de « l’arsenal des démocraties ».
Quels soutiens ? En premier lieu, celui des États-Unis. Le Congrès a voté 112 milliards de dollars d’aides, dont 67 d’aide militaire. 73 milliards ont déjà été donnés. Ensuite, les Européens : l’UE a promis 35 milliards. En plus de ce que chaque pays donne directement, aide humanitaire ou militaire. L’Allemagne s’est engagée pour 6.15 milliards, la Pologne 3.55 Mds, la France 1.7 Mds. Si l’on ajoute, pour chaque pays, les sommes de l’Union européenne, en fonction de la population et du PIB de chaque Etat, payées par eux, la France est le quatrième soutien de l’Ukraine, après les Etats-Unis, l’Allemagne, et le Royaume-Uni ; raison pour laquelle les critiques sont malvenues.
Le fait, pour la France, de vouloir maintenir un dialogue, même impossible, n’est pas absurde : comme les États-Unis, les Turcs, les Indiens, les Chinois, et de nombreux autres pays. A condition de montrer une détermination sans faille : faire comprendre que Poutine n’a aucune chance de l’emporter, que tout sera fait pour renforcer l’armée ukrainienne et finir la guerre. Frapper et parler est le principe de toute action dans un conflit qui ne peut être résolu par la capitulation.
Conférence de Munich
Deux tiers des pays du monde exigent le retrait des troupes russes
A l’ONU, 141 des 193 Etats ont voté une résolution exigeant à la Russie de quitter tous les territoires qu’elle occupe en Ukraine. 141, comme il y a un an, ce n’est pas « l’Occident », mais plus des deux tiers des pays du monde.
Sept ont voté contre : Russie, Bélarus, Syrie, Corée du Nord, Mali, Nicaragua, Érythrée, sept dictatures illégitimes plus ou moins sanglantes.
32 pays se sont abstenus, dont l’Inde (le commerce avec la Russie a augmenté de 400%) et la Chine, qui a proposé des « principes de paix » et veut se poser en médiatrice. Les « 12 points » chinois reconnaissent l’intangibilité des frontières, mais demandent un retrait des sanctions, ce qui parait logique puisque les sanctions ne furent prises qu’à la suite des invasions. La Chine est sans doute le seul pays qui peut exercer une influence sur la Russie.
Plusieurs dizaines de pays réclament un tribunal pour juger les « crimes de guerre » commis en Ukraine par l’armée russe ou ses supplétifs. 65.000 cas ont été répertoriés.
Visite surprise à Kiev
« Il faut que des politicards, des salauds, des ordures, apposent leur signature ».
Pendant ce temps, à Moscou, Poutine se pose en défenseur de la civilisation et « des textes sacrés » de la Russie. Signe de sa popularité, pour l’écouter avant un concert, les étudiants étaient recrutés 7 euros. C’est plus cher que les manifestants recrutés par « Wagner » au Mali ou au Burkina Faso pour conspuer la France. Plus loin, son ancien serviteur devenu milliardaire, Prigogine, accusait l’armée russe de saboter sa troupe mercenaire : « Des obus, il y en a. Mais il faut que des politicards, des salauds, des ordures, apposent leur signature ». Prigogine s’y connait en salauds. Il a aussi montré les cadavres à la télévision, en accusant les généraux. Ils ont signé. Les failles s’affichent.
180.000 militaires morts ou blessés côté russe ; 100.000 côté ukrainien, auxquels il faut ajouter 40.000 civils tués. 8 millions de réfugiés en Europe. Selon les Russes, 5 millions d’Ukrainiens auraient quitté leur pays pour la Russie, dont 200 000 enfants qui doivent être « russifiés », ce qui donne lieu à une plainte pour génocide devant la Cour Pénale Internationale : http://abientotlesenfants.com.
Beaucoup prédisent une guerre longue. D’autres qu’une triple pression militaire, diplomatique, intérieure, conduira le régime à négocier pour éviter un effondrement. Personne ne sait.
Le contrôle de l’Europe et de l’Afrique, dont les sorts sont mêlés
Chacun a compris que l’enjeu est le contrôle de l’Europe et de l’Afrique, dont les sorts sont mêlés : la majorité des pays africains ont condamné la Russie mais la moitié des pays qui se sont abstenus à l’ONU sont africains.
De nombreux pays restent dans l’entre-deux, à commencer par la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Arabie saoudite, l’Algérie, soit par ressentiment anti-occidental, soit par intérêt, l’un servant l’autre. Les opinions publiques mondiales sont partagées, en Inde, en Turquie, dans les pays arabes, en Afrique. La Russie, anti-américaine, serait anti-impérialiste. C’est le pari chinois : que la violence russe déstabilise l’ordre international, en fasse apparaître un autre, plus favorable à ses vues. C’est aussi le non-dit d’autres pays émergents ou qui se rêvent tels, comme le Brésil, l’Afrique du sud, l’Arabie, la Turquie.
Pourtant, toute crise renforce les plus forts : la dette des 30 pays émergents explose, en dollars de l’Oncle Sam : 98.000 milliards, +30% en trois ans. Egypte et Pakistan sont au bord de la faillite. Turquie, Argentine, en crise inflationniste. Sri Lanka, Zambie, Ghana ont fait défaut. La Chine, au ralenti, ne veut pas rééchelonner les dettes des pays pauvres.
L’Europe souffre de la guerre, elle bénéficiera de la nouvelle Ukraine, voire de la nouvelle Russie.
Alors que l’Europe retourne sous le patronage des États-Unis, c’est elle qui a la meilleure perspective, le plus grand défi. D’une part parce qu’elle n’est en rien une puissance néo-impériale. D’autre part, parce qu’elle sera le pivot de la reconstruction de l’Ukraine, du nouveau système de sécurité avec la Russie, quel qu’il soit. Elle souffre de la guerre, elle bénéficiera de la paix, de la nouvelle Ukraine, voire de la nouvelle Russie. Elle aura renforcé son unité et son autonomie énergétique. A quelques conditions :
1 Qu’elle renforce sa direction politique ; ce qui passe par l’axe franco-allemand, quoi qu’on dise, plutôt que par la Commission.
2 Qu’elle élabore une politique extérieure, à commencer par son entourage proche : la Méditerranée, l’Afrique.
4. Qu’elle suive une attitude cohérente vis-à-vis de tiers, Serbie, Turquie, Algérie, Chine, Libye, Iran et bien d’autres qui profitent de la disharmonie européenne.
5. Que la candidature de l’Ukraine ne déstabilise pas l’UE, son intégration pourrait être sa fin.
« Vaincre », ce n’est pas vaincre la Russie. C’est vaincre la guerre comme mode de résolution des conflits.
6. Qu’elle renoue avec la Russie dès la paix venue. Il ne faut pas abandonner les Russes ni à ceux qui les exploitent, ni au ressentiment.
7. Qu’elle renforce les liens avec l’Asie : Vietnam, Corée, Inde, Indonésie, Japon veulent une position équilibrée vis à vis de la Chine, comme l’Europe. La France est le seul pays européen présent en Asie et aux Amériques, le seul qui a une marine.
La guerre d’Ukraine est un des premiers éléments du nouvel ordre international. « Vaincre », ce n’est pas vaincre la Russie. C’est vaincre le recours à la guerre comme mode de résolution des conflits. Qui le pourrait mieux que l’Europe ?
Quels que soient les thèmes et les indices, -paix, justice, inégalités- les démocraties européennes sont toujours dans le haut du classement. Les peuples ne veulent pas renverser « l’ordre occidental », ils veulent prospérité et liberté, comme les Ukrainiens, selon la voie européenne. Ce sont les dirigeants qui s’y refusent, parce que les autocrates n’y ont pas intérêt : cet « ordre » des démocraties libérales recommande qu’ils ne restent pas installés au pouvoir à perpétuité.
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du 27 février 2023. Dans les titres, un nouveau plan contre les fraudes fiscales se prépare en France, Pierre Palmade a fait un AVC et on finit par l’esprit carnavalesque avec Laurence.
Attal s’attaque aux fraudeurs
Le ministère des Comptes publics a indiqué, jeudi 23 février, que 14,6 milliards d’euros ont été mis en recouvrement par les services fiscaux au titre de l’année 2022.
Le ministre chargé du Budget Gabriel Attal s’est en effet félicité de la mise en recouvrement de 1,2 milliard de plus que le précédent record, établi en 2021. Il compte, d’ailleurs, monter en puissance le dispositif de lutte contre les fraudes, et a annoncé qu’un plan serait présenté « à la fin du premier trimestre » 2023.
A Nice, Venise, Rio ou Sao Paulo, on rangera les costumes dès ce premier mars. Mais avant nous avons rencontré Laurence, la présidente de l’Accueil des Français de Sao Paulo, qui cette année a rejoint une école et sa troupe pour défiler en costume, sur un char dans les rues brésiliennes. Une aventure qu’elle nous raconte dans un podcast à retrouver sur le site Lesfrancais.press et celui de votre radio !
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition ! Bon lundi à tous !
A quelques jours de la fin de la période des carnavals que ce soit en Europe ou aux Amériques, les deux continents où rayonne l’esprit carnavalesque, nous recevons Laurence Casbas, la présidente de l’association française « Sao Paulo Accueil ». Avec elle, on plonge dans les coulisses du Carnaval de Sao Paulo où elle défila comme une vraie Brésilienne en intégrant une des 9 écoles de la ville.
Ecoutez le podcast avec Laurence Casbas
L’histoire du Carnaval
Avant de plonger dans l’univers brésilien, on s’attarde sur l’histoire du carnaval. Les origines de cette fête sont multiples et remonteraient à l’antiquité. Dès le IIème siècle avant J.-C., Babylone consacrait 5 jours de festivités (les Sacrées) en l’honneur de la déesse Anaïtis afin de célébrer le début du printemps et le renouveau de la nature. Pendant cette période, l’ordre établi était renversé. Les rôles étaient inversés et les esclaves prenaient la place de leur maître (même celle du souverain).
De leur côté, les Grecs vouaient cette célébration au Dieu de la fécondité, du vin et de la végétation, Dionysos. Déjà à l’époque, les défilés étaient de mise ainsi que des représentations théâtrales festives. À l’image des Sacrées orientales, Rome organisait les Saturnales, de grandes festivités marquées par l’inversion des rôles en l’honneur du dieu de l’agriculture et du temps, Saturne. C’était également l’occasion de profiter de mascarades dans toute la ville pendant plusieurs jours.
Au Moyen Âge, l’Église catholique, d’abord opposée à ces festivités héritées de traditions païennes, finit par se les approprier. Dès le VIIIème siècle, le temps du carême (jeûne de 40 jours) et la fête de Pâques sont instaurés dans les mœurs. Le carnaval précède alors Carême. Un temps de relâchement nécessaire à l’époque afin d’éviter les mouvements de révolte (tout comme la Saint-Nicolas et la Saint-Étienne en décembre). Et la tradition s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.
Le Carnaval brésilien n’est pas entièrement originaire d’Europe. Lorsque le Brésil devint une colonie portugaise, un certain nombre d’Africains furent amenés au pays par les pratiques du commerce des esclaves. Une grande partie des traditions du carnaval proviennent des traditions tribales africaines. Par exemple, certaines anciennes coutumes africaines consistaient à parader en encerclant le village pour éloigner les mauvais esprits et purifier l’air. Il était également fréquent en Afrique de créer des masques et des costumes de plumes, de pierres, d’os, avec des fibres de graminées, ou d’autres éléments naturels. L’utilisation des plumes était populaire car elles symbolisaient l’élévation et la renaissance des esprits. Tous ces éléments sont devenus essentiels dans le Carnaval du Brésil d’aujourd’hui.
La danse et la musique samba, qui sont des éléments essentiels du Carnaval brésilien, ne sont pas originaires du Brésil. La samba possède ses racines dans l’Afrique occidentale et en particulier en Angola, et a été importée au Brésil pendant la traite des esclaves dans les années 1600. Alors que les esclaves se mêlaient aux habitants, les conditions étaient réunies pour que la musique samba naisse. Avec la fin de l’esclavage, un certain nombre de Noirs migrèrent vers la partie sud de Rio en amenant avec eux leur musique. Les affranchis se réunissant dans des endroits comme la Nouvelle-Cidade et Praça Onze, ces lieux devinrent rapidement des centres pour la musique et la danse samba.
Participer au Carnaval, une histoire de coeur
Maintenant qu’on connaît mieux les racines du Carnaval comme il est vécu au Brésil, avec Laurence, on s’intéresse aux longues semaines de préparation.
Costume, chorégraphie, comment tout ceci s’organise ?
Laurence nous dévoile les coulisses de ce show, et nous réserve des anecdotes étonnantes. Fidèles à leur réputation d’hospitalité, les Brésiliens ont accueilli avec enthousiasme Laurence et sa copine. Ensemble elles ont relevé ce défi qu’elle ont réussi. Laurence partage avec nous la joie et le bonheur qu’elle a ressentis en vivant cette expérience. Une brique de plus pour s’intégrer au pays de la samba et qui est accessible, finalement, à tous les Français qui osent pousser la porte d’une des écoles présentes dans sa ville ou sa région.
Et preuve de la bienveillance des Brésiliens, Laurence et toute la troupe de son école ont remporté le Grand Prix du Carnaval de Sao Paulo, une première pour ces derniers depuis 2014.
TomArt vient de clôturer une exposition réussie à l’Atelier des Capucins de Mons, ce qui nous offre l’occasion d’aller à la rencontre de ce Lillois venu s’installer près de Charleroi il y a une dizaine d’années et qui s’est fait connaître par des œuvres géométriques et abstraites dont l’inspiration le rattache à l’Op art (art optique). Comme ses illustres prédécesseurs, Victor Vasarely ou Jesus-Rafael Soto, Thomas joue sur les formes et les couleurs pour façonner le regard des spectateurs.
Sur le plan technique il utilise des clairs obscurs pour donner l’illusion d’une troisième dimension. « Le foncé éloigne, le clair rapproche le regard » nous dit-il. À partir d’une ou deux couleurs principales il va être capable de créer d’autres couleurs et d’autres formes.
Son art n’est pas politique à proprement parler et ne cherche pas à orienter le spectateur qui, au contraire, est placé librement face à des œuvres dotées d’un grand pouvoir d’évocation.
L’évasion permise par l’art abstrait
« Il y a plus d’évasion possible avec l’art abstrait. Il possède un plus grand pouvoir d’évasion, car chacun peut imaginer quelque chose. Stimuler l’imagination des gens, ne pas donner une direction, permettre une appropriation, l’idée est de ne pas manipuler ».
TomArt
Voilà le credo général d’un artiste qui a fait ses classes par lui-même et se revendique autodidacte.
Une vision démocratique de l’art accessible à tous est sous-jacente à son travail
« L’art doit être accessible, pas élitiste, laisser les gens se l’approprier et aller contre l’élitisme ».
TomArt
En s’installant en Belgique et en multipliant les expositions, il a trouvé un pays dans lequel l’art fait partie intégrante de la culture et la relative étroitesse du pays par rapport à la France voisine ne l’effraie pas. Il y trouve les lieux d’art très accessibles en général. TomArt invite d’ailleurs tout un chacun à pousser les portes des galeries d’art pour découvrir le travail des artistes.
« Un néophyte ne doit pas avoir peur de ne pas être à sa place ou ne doit pas avoir peur de ne pas comprendre. Certains artistes ne cherchent pas forcément d’ailleurs a être compris et n’ont pas d’objectifs très nets. Dans une galerie il ne faut pas hésiter à poser des questions »
TomArt
S’il y a peu d’éléments politiques dans son œuvre qui est indemne des peurs de l’époque (guerre en ukraine, péril sur la planète, post confinement…), il revendique néanmoins de permettre au spectateur de s’évader.
Une inspiration qui se nourrit d’expériences humaines
Ce grand amateur d’astronomie trouve ainsi dans l’étude des astres et des galaxies une échappatoire vis-à-vis des réalités terrestres mais aussi une gamme de lumières étendue en même temps que le spectacle de l’infini.
Dans les mille et une choses qui l’inspirent, il y a toutes les rencontres qui forment autant de traits d’union. Une exposition à Bruxelles et une rencontre a ainsi généré l’exposition de Mons et TomArt n’a donc rien d’un solitaire, loin de ce stéréotype, largement fallacieux, du créateur solitaire et coupé du monde. Lui revendique d’ailleurs des inspirations multiples dont la plupart « ne sont pas toujours conscientes ». « On va puiser dans la rue, au cinéma une influence qui ne se matérialisera pas tout de suite. L’inspiration c’est une multitude de choses imbriquées les unes dans les autres et qui vont se mélanger, s’assembler avec le temps ».
Parmi les artistes majeurs qu’il aime citer, Carlos Cruz-Diez occupe une place spécifique. Il joue avec l’interaction des couleurs et leur entrelacement pour créer de la beauté ou de l’étrangeté parfois. Une référence pour TomArt.
L’artiste est aussi contraint de vivre avec son temps. Le champ artistique est fait de forte concurrence et TomArt doit, comme beaucoup d’autres, assurer aussi la promotion de ses œuvres sur les réseaux sociaux.
Thomas possède son site internet, sa page Instagram ou Facebook. Les réseaux sociaux étant « le passage obligé pour les artistes pour fédérer, créer de l’attention, montrer de nouvelles créations« .
Il aime particulièrement exposer en duo et croiser les disciplines. Ce qu’il a fait à Mons avec Hélène Soete, une créatrice qui utilise le verre et crée des bouteilles de toutes formes et couleurs.
Il exposera bientôt en avril à Pont-à-Celles, sa commune de résidence, et nous vous recommandons son exposition où il aura carte blanche pour présenter de nouvelles œuvres et de nouveaux prototypes. Un artiste à suivre, créatif et indépendant.