Bonjour, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, nous sommes le 30 janvier, dans nos titres ce mardi : Les agents de Bercy ont de nouveaux pouvoirs – Fin de l’urgence attentat en France – Les agriculteurs ne lâchent rien
Quels sont les nouveaux moyens de lutte contre la fraude du FISC ?
Depuis le premier janvier, la loi de Finances 2024 s’applique et avec elle de nouveaux pouvoirs ont été octroyés aux agents du Ministère des Finances. Le plus choquant c’est la pérennisation de la prime à la délation. Pire, elle est généralisée, ainsi celui qui vous dénoncerait obtiendrait 1,5% des sommes récupérées par les services de l’Etat. Autre nouveauté, désormais, les contrôleurs fiscaux pourront solliciter le juge des libertés et de la détention pour procéder à des fouilles de vos domiciles en France. Aussi, et cela peut viser de nombreux Français de l’étranger, il sera désormais possible qu’on vous demande de justifier la facturation de clients français depuis l’étranger même pour les travaux dits intellectuels (graphisme, marketing, brevet, etc.) Enfin, la chasse aux cabinets spécialisés est ouverte puisqu’un délit spécifique a été créé pour limiter le soutien à l’expatriation de structures professionnelles ou de ses ayants droit. Tous les détails dans l’article dédié sur Lesfrancais.press
Hors de France, on le sait, notre pays est souvent montré du doigt pour le développement d’une insécurité liée aux risques politiques sur son territoire. Les malheureux actes des derniers mois ont pu donner cette impression. Pourtant, le gouvernement réaffirme que la France n’est pas l’objet de menaces spécifiques et a décrété un retour au niveau 2 sur 4 du plan Vigipirate. En espérant, que c’est un signe pérenne d’un retour à la normale dans l’hexagone.. avant les JO.
Plus d’une semaine après avoir débuté leur mouvement et malgré les annonces de Gabriel Attal vendredi, les agriculteurs continuent de se mobiliser dans de nombreuses régions ce lundi 29 janvier. Hier soir, une cinquantaine de points de blocage et de manifestations ont été comptabilisés dans tout le pays. Une situation qui devrait se tendre, avec le bouclage de Paris dès hier soir, et d’autres actions prévues ce mardi à l’occasion du discours de politique générale du Premier ministre.
En parallèle, le gouvernement n’est toujours pas complet malgré les annonces de la semaine dernière. La rédaction reste mobilisée pour vous donner dès que possible le nom du ministre des Français de l’étranger. En attendant, toute l’équipe se joint à moi pour vous souhaiter une belle journée.
Depuis le 15 janvier, le niveau d’alerte sur la menace attentats sur le territoire français a été discrètement abaissé, passant du niveau le plus élevé « urgence attentat » au niveau 2 du plan Vigipirate.
Dominique Bernard à Arras
Le niveau « urgence attentat », le plus élevé dans le cadre du plan Vigipirate élaboré pour répondre à la menace terroriste sur le territoire, avait été déclenché le 13 octobre 2023 après l’attentat d’Arras lors duquel le professeur de français Dominique Bernard avait été assassiné par un ancien élève, un jeune homme radicalisé d’origine ingouche.
La menace s’était également matérialisée par l’attentat de Paris le 2 décembre dernier dans lequel un homme était mort pont de Bir-Hakeim, tué d’un coup de couteau.
Le réajustement au niveau 2 du plan Vigipirate est notamment justifié par un contexte qui n’est plus celui d’une situation immédiate post-attentat. Il est précisé par le gouvernement que ce réajustement ne modifie pas pour autant les forces engagées dans le cadre du plan Vigipirate, ni les mesures de protection et de sécurisation mises en place après l’attentat d’Arras.
La surveillance et la sécurisation visent en priorité les établissements d’enseignement ou les lieux de culte, qui peuvent représenter des cibles. Les rassemblements festifs, culturels ou religieux font aussi l’objet d’une grande vigilance.
Pas de menace caractérisée en France
« Le niveau urgence attentat est mis en place en principe pour une durée limitée, le temps de la gestion de crise. Il permet notamment d’assurer la mobilisation exceptionnelle de moyens, mais aussi de diffuser des informations susceptibles de protéger les citoyens », précise le site Internet du gouvernement.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait à l’époque indiqué qu’en France, « il n’y a pas de menace caractérisée, il y a une atmosphère extrêmement négative notamment du fait de l’appel à des passages à l’acte ». Ce niveau, « c’est pour dire à toutes les administrations de faire attention ».
Depuis le premier janvier, la loi de Finances pour l’année 2024 s’exécute de plein droit. En plus de la taille des enveloppes budgétaires et des dispositions pour lever impôts et taxes, celle-ci comporte aussi un volet dédié aux fonctionnaires censés veiller à la bonne exécution des prélèvements obligatoires. Parmi les agents de Bercy, il y a, les plus connus, les douaniers mais aussi les contrôleurs fiscaux. En outre, quatre nouvelles mesures peuvent frapper directement ou indirectement ceux qui résident hors de France mais qui y ont directement ou via des sociétés encore des activités.
« Un euro soustrait à la solidarité nationale, que ce soit un euro d’impôt qui n’est pas payé ou un euro d’allocation sociale reçue qui ne doit pas être reçue, c’est un euro qui est pris aux Français qui travaillent et qui paient des impôts pour avoir de meilleurs services publics ».
Gabriel Attal en 2023, l’actuel chef du gouvernement alors ministre des Comptes publics.
Normalement, il n’y a pas de quoi alarmer les contribuables non-résidents respectueux de leurs obligations. Mais en dotant les agents de Bercy de nouveaux pouvoirs et dispositifs de lutte contre la fraude, et en créant de nouveaux délits, le gouvernement montre sa détermination à scruter tous les détails. Il peut donc être judicieux de mettre à jour ses pratiques pour éviter de tomber sous le coup de la loi.
Depuis 2017, un dispositif « test », initialement instauré en vue de pister les auteurs de fraudes fiscales internationales, puis étendu en 2020 à toutes les fraudes fiscales d’un montant supérieur à 100.000 euros, permet aux agents du fisc de rémunérer la fourniture de renseignements ayant amené à la découverte de ces activités. Le montant de la rémunération des aviseurs fait rarement l’objet de communication ; il atteindrait 1,5% des sommes recouvrées et des pénalités très élevées. Quant à leur efficacité, les aviseurs fiscaux ont, selon un rapport parlementaire, permis au fisc de récupérer 110,3 millions d’euros entre janvier 2017 et septembre 2021. L’essentiel de cette somme serait lié à un seul dossier. Mais le fisc semble miser sur le dispositif qui est désormais pérennisé. Le rapport soulignait d’ailleurs que le nombre de signalements reçus était en augmentation, passant de 27 en 2017 à 71 en 2020.
Visite et saisie domiciliaire
Les contribuables qui ne paient pas, ou pas intégralement, leurs impôts, ou qui bénéficient à tort de crédit d’impôt, peuvent désormais s’attendre à recevoir de la visite. Le juge des libertés et de la détention, saisi par l’administration fiscale, peut en effet autoriser les agents de Bercy à effectuer une visite et une saisie domiciliaires en tous lieux, même privés, pour rechercher la preuve d’agissements frauduleux. La mesure est en fait la transposition légale de la jurisprudence récente, la justice ayant autorisé en 2023 ces actions.
Théoriquement, la mesure concerne tous les manquements et les abus réalisés par les particuliers comme par les entreprises.
Le texte renforce aussi le dispositif anti-abus qui existait déjà en l’élargissant à de nouvelles activités. Jusqu’à présent, lorsqu’une personne physique réalisait des prestations de services en France, mais faisait encaisser le paiement par une société à l’étranger, potentiellement dans un pays où la fiscalité est plus favorable, il y avait une présomption de fraude à l’impôt. Or, ce dispositif ne s’appliquait pas quand les revenus étaient issus de prestations de services liées au droit à l’image, à l’exploitation des droits d’auteur, des brevets. La loi de finances est venue étendre le périmètre.
Les conseils dans le viseur
La dernière mesure, que nous voulions souligner, concerne cette fois-ci les différents conseils et experts en défiscalisation qui pourraient avoir la mauvaise idée de donner des recommandations pour aider leurs clients à frauder. Jusqu’à présent, ils n’étaient inquiétés que lorsque les clients en question étaient condamnés et qu’ils étaient alors jugés complices. Désormais, ils seront directement visés.
Depuis quelques jours, les origines de la nouvelle Miss Japon suscitent des polémiques sur l’archipel. En effet, l’élection de Carolina Shiino, une mannequin de 26 ans née Ukrainienne et naturalisée Japonaise aurait relancé le débat sur « ce que signifie être Japonais », comme l’explique la BBC. On le sait, malgré les engagements du gouvernement du Japon de multiplier par 6 l’immigration pour relancer la démographie, avec seulement 2% de la population issue de l’immigration, le pays du Soleil Levant est l’un des Etats les plus fermés au monde. Pourtant, parallèlement, il existe des cas de double nationalité parfois heureuses, comme pour Maholo Terajima, premier acteur binational de l’histoire du kabuki, mais aussi malheureuses, comme avec les enfants de Vincent Fichot.
Pour comprendre cette controverse, et en apprendre plus sur la binationalité, nous avons interrogé Monsieur François Roussel, élu Conseiller des Français de l’étranger au Japon depuis octobre 2018. Au plus proche de nos plus de 10.000 compatriotes installés sur place (NDLR : il fut l’un des cofondateurs de l’OLES Japon dont il a été Vice-Président durant 5 ans), il dut traiter de nombreuses questions sur le sujet de la double nationalité, notamment de la part de familles Franco-japonaises. Lui-même, père d’enfants Franco-japonais, et aussi l’un des coauteurs du livre « Regard sur le mariage franco-japonais » (maintenant disponible sous format numérique) François Roussel partage avec nous des informations glanées au fil des ans, souvent issues de sources juridiques sûres quoique méconnues.
Ecoutez le podcast avec François Roussel
François Roussel, Conseiller des Français de l’étranger au Japon
« Le Japon fait partie des pays où il est possible de perdre sa nationalité »
Dans ce podcast, François Roussel nous rappelle que le problème de la binationalité génère « beaucoup d’angoisses et de stress quand on est Franco-japonais ». En effet, le Japon fait partie des pays où il est possible de perdre sa nationalité. Comme il nous le précise, toutefois, « au Japon, la loi sur la nationalité prévoit deux cas totalement différents ». Il évoque les différentes situations et leurs conséquences dans le podcast.
Car la législation se montre, comme il le dit au cours de l’interview, « extrêmement sévère ». Par exemple, «un Japonais qui acquiert volontairement une autre nationalité perd automatiquement sa nationalité japonaise à l’instant où il prend l’autre nationalité ». L’élu nous explique les situations qui peuvent justifier ce choix. Il évoque aussi les actions en justice qui ont été introduites pour essayer de modifier ces dispositions législatives.
« Le choix de nationalité », une simple déclaration sans perte de droits
Au fil du podcast, François Roussel s’exprime sur les perspectives d’évolution de cette situation. Celui-ci démontre aussi pourquoi les « relations commerciales entre le japon et l’étranger » pourraient être « boostées » par de tels changements. Le Conseiller des Français de l’étranger nous communique parallèlement les renseignements qu’il a pu obtenir auprès d’un juriste Japonais spécialisé en matière de binationalité. En effet, selon ses recherches, « la loi japonaise n’interdit pas la binationalité ». Elle « n’interdit pas aux gens de rester avec deux ou trois passeports toute leur vie ».
François Roussel indique aussi pourquoi une opération appelée « choix de nationalité » a induit beaucoup de jeunes en erreur, laissant penser à « tous les enfants qui sont binationaux » qu’ils sont « obligés de faire un choix à la majorité ». Il explique à ce propos les subtilités « des devoirs non sanctionnables » au Pays du Soleil Levant. Dans les faits, ce qui serait obligatoire ne serait pas de « choisir l’une des deux nationalités » mais de « faire une déclaration de choix de nationalité ». Le Conseiller des Français de l’étranger au Japon éclaircit ces nuances en exposant que si on déclare qu’on « fait le choix de la nationalité japonaise, on n’est pas du tout sanctionné si on garde l’autre nationalité ».
A contrario, une personne qui opterait pour la nationalité française, perdrait aussitôt la nationalité japonaise. Il rajoute que « la majorité des gens qui sont nés binationaux aujourd’hui, qui vivent au Japon et qui sont près d’un million ne font même pas cette procédure de choix de nationalité qui est censée être une obligation légale ». Il précise que « le fait qu’ils n’aient pas effectué cette procédure qui se fait à la mairie du choix de nationalité n’a aucune conséquence négative contre eux ».
En conclusion de ce podcast, si vous souhaitez obtenir plus de précisions sur ce thème, vous pouvez consulter ci-dessous la documentation partagée par Monsieur François Roussel, intitulée « Personnes « nées binationales » (et assimilées) : comment (bien) lire la loi japonaise sur la nationalité ».
Eric Zemmour, le président du parti d’extrême droite Reconquête vient de passer le week-end à Londres hier. Comme en 2021, lors de la campagne présidentielle, l’annonce de sa venue a provoqué une réaction vive chez certains élus Français comme Londoniens.
À l’occasion de son déplacement, Éric Zemmour a enregistré, samedi matin, un entretien pour la télévision britannique avec GB News (le CNEWS anglais).
Déjà, en novembre 2021, alors qu’Éric Zemmour était venu dans le cadre de sa campagne présidentielle auprès des Français de Londres, le groupe EELV UK était déjà mobilisé contre sa venue et son action fut alors un succès. Ainsi, sous la pression des élus du Green Party à la mairie de Londres, le premier magistrat de la capitale anglaise, Sadiq Khan, avait fait une déclaration réaffirmant le principe “que toute personne qui cherche à nous diviser en fonction de notre religion ou de la couleur de notre peau n’était pas la bienvenue dans notre ville.”
Chose faite dès samedi après-midi, par un communiqué, le maire de Londres, Sadiq Khan, a condamné la venue d’Éric Zemmour le week-end dernier à Londres : “La diversité est la plus grande force de Londres. Je suis clair, il n’y a pas de place pour la haine dans notre ville.”
Charlotte Minvielle
Pour cette nouvelle visite, nous sommes allés à la rencontre de Charlotte Minvielle, Co Secrétaire d’EELV UK qui était déjà mobilisée en 2021. Celle-ci a bien sûr collé aux baskets du président de Reconquête comme elle nous l’expliquait dès le vendredi 26 janvier.
“Déjà ce qu’on a commencé à faire avec les écologistes au Royaume-Uni, on a fait un communiqué de presse, on a bien sûr dénoncé sa venue, qu’il divise la diversité culturelle de la ville de Londres pour servir son idéologie xénophobe et en tant que Français de l’étranger on pense que la richesse de différentes cultures de notre ville est une force. On a interpellé Sadiq Khan pour qu’il réitère sa déclaration en disant qu”Éric Zemmour n’est pas le bienvenu. On a eu une membre de la London Assembly, Caroline Russell qui fait partie du Green Party qui a écrit pour soutenir notre demande.”
La Co Secrétaire d’EELV UK a ajouté qu’elle a aussi interpellé la députée britannique Rushanara Ali, de la circonscription de Tower Hamlets parce qu’ Éric Zemmour a déambulé à Whitechapel et le parlementaire Apsana Beguma pour dénoncer sa venue dans le borough de Tower Hamlets, “quartier symbole du grand remplacement”. Une députée qui n’avait pas été informée de la visite par les services britanniques. D’ailleurs, les militants du parti ont été mobilisés dimanche matin à Whitechapel pour apporter un contre-discours. Ils ont ainsi informé les passants londoniens des faits pour lesquels Eric Zemmour a été trois fois condamné pour des propos haineux. EELV a aussi décidé de faire la publicité des huit femmes qui ont également témoigné contre lui pour des faits de violences sexuelles.
Pour Charlotte Minvielle, Co Secrétaire d’EELV UK, “dans un contexte où l’extrême-droite et ses idées progressent partout en Europe, il est plus que jamais essentiel de lutter contre son discours et son idéologie et de travailler ensemble pour un avenir plus inclusif et respectueux de tous et toutes.”
Des Français soutiennent aussi Eric Zemmour
Pour autant, tous les Français ne sont pas opposés aux messages d’Eric Zemmour. Vivant dans un pays communautaire, certains veulent prémunir la France de ce phénomène comme Julie. Cette Française à Londres a assisté au discours d’Éric Zemmour ce samedi : “J’ai manqué le début et le son n’était pas très bon en visio mais j’ai trouvé Éric Zemmour intéressant et plaisant à écouter. Son analyse des évènements et des causes sont justes et ses propositions convaincantes.”
Shali, une binationale résidente à Londres est également allée écouter le discours d’Éric Zemmour : “Il a parlé sur de nombreux sujets…immigration, islamisation, économie, agriculture. Très intéressant mais finalement c’est ce que pensent de nombreux Britanniques. J’avoue ne pas avoir compris pourquoi il venait dans notre royaume car le Royaume-Uni n’est plus dans l’UE et donc venir dans le but des élections européennes prochaines si ce n’est pour les Français expatriés, pour nous britanniques, cela n’a aucun intérêt. Parler de l’immigration, oui mais il aurait fallu aborder aussi le fait que la France nous envoie beaucoup de migrants par la Manche et ce, malgré l’accord conclu entre les deux pays.”
Les agriculteurs comme de nombreux chefs d’entreprise s’en prennent à la surréglementation et accusent les pouvoirs publics d’un excès de zèle en matière de transcription des directives européennes. Or, sur ce dernier point, tel n’est pas l’avis de la Commission européenne et de la Cour des Comptes qui régulièrement rappellent à l’ordre la France.
30.000 fonctionnaires en tout à Bruxelles, 30.000 au seul ministère de l’Agriculture
L’Union européenne sert, depuis des années, de bouc émissaire tout désigné, la bureaucratie de Bruxelles étant accusée de tous les maux. Ses 30 000 fonctionnaires qui traitent tous les champs de compétences de l’Union, l’agriculture, les transports, la politique commerciale, etc. sont aussi nombreux que ceux qui travaillent, en France, au sein du seul Ministère de l’agriculture.
Au vu des réactions des uns et des autres concernant leur faculté supposée à créer des normes, leur productivité doit être impressionnante et digne d’être scientifiquement étudiée.
La Politique Agricole Commune fait l’objet de nombreuses critiques récurrentes. Or, la France en est la première bénéficiaire en recevant chaque année plus de 9,5 milliards d’euros d’aides. En plus de ces dernières, les agriculteurs bénéficient d’une protection douanière forte qui limite les importations dans l’espace européen et permet les exportations en son sein.
En 2019, les aides directes de la PAC représentaient 74 % du résultat courant avant impôt des exploitations agricoles françaises. À partir des années 1980, ces aides ont remplacé les mécanismes de soutien tarifaire qui avaient provoqué des surproductions en particulier pour le lait et le beurre. L’obtention des aides est souvent conditionnée au respect d’objectifs, en particulier en matière environnementale.
Les agriculteurs ont l’impression d’être rémunérés non pas au titre de leur métier mais pour des missions connexes, que leur travail n’est pas suffisamment considéré.
Loin de nier que l’agriculture et de nombreux autres secteurs économiques souffrent des effets de la surréglementation, il convient de s’interroger sur son origine. Pour certains, elle ne serait que le moyen pour les administrations de justifier de leur existence ; pour d’autres, une volonté manifeste de brimer les forces productives au nom d’impératifs imposés de l’extérieur ou par des minorités agissantes.
87 % des Français approuvent la mobilisation des agriculteurs. 80% demandent aussi des mesures pour la transition écologique, certaines au détriment des agriculteurs.
La complexité des normes trouve bien souvent ses origines dans le cœur même de nos sociétés. Elle reflète les contradictions qui les traversent. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, publié le 24 janvier 2024, 87 % des Français approuvent la mobilisation des agriculteurs. Le même jour, une enquête intitulée « Les Français et l’adaptation au changement climatique », réalisée par Toluna et Harris Interactive indique que plus de quatre Français sur cinq demandent au gouvernement de prendre des mesures visant à accélérer la transition écologique, mesures dont certaines peuvent aller à l’encontre des intérêts des agriculteurs.
La crise agricole du mois de janvier 2024 est à la fois une crise sociale et une crise d’identité. Après celle des bonnets rouges contre les portiques sur les routes et celle des gilets jaunes provoquée par la hausse des taxes sur le carburant, elle est une des manifestations des tensions que génère la transition écologique.
Les mesures coercitives et les changements de comportements plus ou moins imposés génèrent une montée des oppositions dans une société fragmentée et tentée par le repli sur soi. Les administrations sont contraintes de tenir compte des contradictions intrinsèques à toute société. Les fonctionnaires, contrairement à ce que certains peuvent imaginer, ne produisent pas des normes au sein d’une tour d’ivoire. Elles sont le produit de concertations, de conciliations avec les professionnels qui expliquent une partie des retards dans la publication des décrets d’application des lois.
Le pointillisme administratif est également la conséquence de l’importance des mécanismes de redistribution
Le pointillisme administratif est également la conséquence de l’importance des mécanismes de redistribution. La France est un des pays européens qui aide le plus ses entreprises. L’usage de l’argent des contribuables suppose des contrôles afin d’éviter, autant que possible, les fraudes et les gaspillages. Sur ce sujet, la Cour des Comptes ne manque pas de critiquer dans son rapport annuel la faiblesse des contrôles. La simplification administrative est un combat permanent et une ardente nécessitée. Les nouveaux outils numériques peuvent y contribuer comme en témoigne la réussite du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Cette simplification ne saurait suffire à résoudre les maux qui fragilisent la France comme bien d’autres États occidentaux.
Face aux crises qui se succèdent, la tentation démagogique se diffuse et, avec elle, des fausses solutions ou des idées dangereuses comme le protectionnisme ou le rejet de l’autre.
L’histoire le démontre, quand le travail ne fournit plus les satisfactions financières et morales attendues, les populations s’en prennent au pouvoir et aux institutions. Il en fut ainsi notamment dans l’entre-deux-guerres. Dans plusieurs pays, cette dérive prend forme sur fond de sentiment de déclassement.
En période de crise, de changements rapides, la démocratie est fragile car elle accepte, par nature, le pluralisme des opinions y compris celles qui la remettent en cause. Pour se maintenir et prospérer, la démocratie suppose un minimum de sagesse et de discipline de la part des citoyens et des responsables politiques. Elle suppose également un projet et des objectifs clairement exprimés et partagés a minima afin d’éviter la surenchère des intérêts particuliers. Les lois, expression de la volonté générale, se doivent d’être modestes en respectant les minorités, faute de quoi elles tendent à devenir tyranniques.
Bonjour à tous, nous sommes le 24 janvier 2024, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans nos titres ce lundi : Yan Chantel alerte sur le discrédit de la France avec la loi immigration – Guerre et Paix en 2024 – Paris assiégé ce lundi ?
Yan Chantrel s’inquiète des conséquences de la loi immigration pour les expatriés
Pour l’ancien Conseiller des Français de l’étranger, et désormais sénateur (PS), Yan Chantrel, cette séquence migratoire « fragilise notre pays à l’international ». « Il faut arrêter les frais » poursuit-il dans un podcast exclusif à découvrir sur lesfrancais.press. Pour lui, il y a aussi un impact pour nos expatriés. Utilisant le principe de réciprocité, certains Etats pourraient prendre des mesures de rétorsions à l’égard des Français vivant sur leurs territoires.
Doit-on dire au revoir aux dividendes de la paix ?
Le temps des « dividendes de la paix », celui d’une vague démocratique après la chute du mur de Berlin, semble loin. Pourtant paix et démocratie vont de pair. Aujourd’hui, la guerre est devenue, à nouveau, le mode d’expression des pouvoirs. Tout assoiffé de puissance se rêve en grand Khan. Maduro lorgne le Guyana, Poutine l’Ukraine, Xi Jin Ping Taïwan et tout îlot de la mer du sud. Faites le point sur la géopolitique mondiale avec Laurent Dominati, ancien ambassadeur de France, ancien député de Paris dans son édito disponible sur Lesfrancais.press.
Ce lundi 29 janvier, à partir de 14 heures, les agriculteurs de 19 départements, membres des syndicats de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs du Grand Bassin Parisien, annoncent une action « pour une durée indéterminée ». Les annonces vendredi du Premier ministre Gabriel Attal n’ont pas été suffisantes pour calmer définitivement la colère des agriculteurs. Pour l’instant, « sept points blocage vont avoir lieu autour de Paris, au niveau des routes qui mènent à la capitale », indique sur BFMTV Clément Torpier, président des Jeunes Agriculteurs Ile-de-France.
La guerre est devenue, à nouveau, le mode d’expression des pouvoirs. Tout assoiffé de puissance se rêve en grand Khan. Maduro lorgne le Guyana, Poutine l’Ukraine, Xi Jin Ping Taïwan et tout îlot de la mer du sud. En retour, chaque pays augmente ses dépenses militaires. La Grèce comme la Turquie, l’Algérie comme le Royaume-Uni, qui propose de porter le budget militaire des pays de l’OTAN à 2.5% du PIB. Triste temps celui où l’on investit dans les canons plus que dans les crèches.
Le temps des « dividendes de la paix », celui d’une vague démocratique après la chute du mur de Berlin, semble loin. Paix et démocratie vont de pair. On objectera que les Américains ont souvent guerroyé. Ni La Corée du Nord, ni l’Irak, ni le Vietnam n’étaient des régimes tendres avec leur population ou leurs voisins. Et la guerre, souvent, échoue.
Toute politique, même la guerre, a pour but la paix, fût-elle celle des cimetières.
Toute politique, même la guerre, a pour but la paix, fût-elle celle des cimetières. N’est-ce pas ce que l’on reproche à Israël, quand son gouvernement bombarde villes, camps, hôpitaux, parce que s’y cachent des terroristes ? Tire-t-on sur la foule parce que s’y cachent des assassins ? La Cour Pénale Internationale n’a pas dénoncé de « génocide », elle a rappelé que tout belligérant doit préserver la population civile et laisser accès à des secours.
La paix peut être l’absence de guerre : la guerre froide, parfois chaude à la périphérie. Les conflits gelés : Transnistrie, Géorgie, Arménie, en marge de la Russie. Les conflits permanents, ceux d’Israël, de Syrie, du Liban, du Yémen, du Kurdistan, de Libye, du Sahel, du Soudan, de Birmanie, de Centrafrique, où la vie se vend.
Et puis il y a la vraie paix. Comme entre l’Allemagne et la France, après mille ans de guerre pour l’ex-Lotharingie, des Pays-Bas à l’Italie du nord. Cette guerre devenue alliance depuis 1958 qu’on appelle Europe. Comment passer de la guerre perpétuelle à la paix ?
Comment passer de la guerre perpétuelle à la paix ?
Le cas le plus facile est la paix en Israël, que personne n’arrive à régler depuis 1948 ; malgré des avancées, puisqu’Israël conclut des accords avec la Jordanie, l’Égypte, d’autres pays arabes.
L’Union Européenne a proposé son plan en « deux Etats ». Vieux plan, puisqu’il est le plan initial de l’Onu, accepté par les accords d’Oslo. À l’évidence, c’est le seul possible. Sauf à concevoir un seul Etat, qui mêlerait Israéliens et Palestiniens. Impensable, même si les citoyens palestiniens d’Israël, sont des citoyens à part entière, vivent libres et prospères, contrairement à ceux de Cisjordanie ou de Gaza. Qui propose un seul Etat, idéalement le seul ? Personne. Comme l’Egypte et la Jordanie qui ont rejeté le retour de Gaza à l’Egypte et de la Cisjordanie à la Jordanie, que reste-t-il de possible ? Deux Etats, voire trois. Car les populations de Gaza et de Cisjordanie n’ont de lien qu’Israël.
Cette solution, la seule possible, suppose des conditions. La France accepterait-elle que le Luxembourg, la Belgique soit gouvernée par des nazis ? Ou le Hamas ? Ou un Kim Jung Un ? Que son voisin soit un état ultra-militarisé, allant jusqu’à nier son existence, prêt à chaque seconde à bombarder Reims et Paris ? Aucun pays n’accepte un Etat « terroriste » à ses côtés. La seule possibilité d’un État palestinien suppose qu’il ne puisse être contrôlé par le Hamas ou son équivalent. Pourquoi la France, et d’autres, maintient des soldats en Syrie et en Irak pour lutter contre Daech, le califat islamiste, si c’est pour prôner un état islamiste terroriste en Méditerranée ?
La solution à deux Etats suppose de construire un nouvel Etat. Une coalition contre le terrorisme le peut.
Pas d’Iranistan en Palestine, pas de Corée du Nord en Méditerranée. L’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie, Les États-Unis, les Européens peuvent en être d’accord, et ils en ont les moyens : de couper les vivres au Hamas, et reconstruire le pays. C’est ce qui fut fait en Allemagne et au Japon. Les institutions furent dictées, les armements interdits, l’économie reconstruite. Cela coûte moins cher que la guerre. La solution à deux Etats suppose de construire un nouvel Etat. Le Hamas ne le peut pas, ne le doit pas. Une coalition, celle-là même que l’on appelle « coalition contre le terrorisme », le peut. Ce sont, en gros, les initiatives françaises et européennes. Elles apparaissent vaines, ce sont les seuls possibles. La paix dépend du type de régime. Sans Etat démocratique palestinien, et l’assurance qu’il le restera, pas d’Etat palestinien, pas de paix.
Sans Etat démocratique palestinien, et l’assurance qu’il le restera, pas d’Etat palestinien, pas de paix.
Qui s’oppose, en fait, à la solution aux deux Etats ? Ceux qui n’y ont pas intérêt. L’extrême droite israélienne, (dont certains religieux ne voulaient pas d’un état sioniste), parce qu’ils vivent du conflit, et puis tous les autres ; l’Iran, ses affidés, Hezbollah et Hamas, d’autres encore, qui vivent de la guerre. Syrie et Russie, qui gardent là un précieux moyen de chantage. Et puis ceux qui ne souhaitent pas de « démocratie » dans le monde musulman. Mais ils peuvent l’accepter, tout le monde peut être d’accord, à condition d’en faire l’effort, et de payer. Mais ne paie-t-on pas déjà ?
En Irak comme en Syrie, comme en Afghanistan, les Américains se retirent.
Les États-Unis discutent avec le gouvernement irakien, proche de l’Iran, d’un retrait de leurs troupes en Irak. Depuis la mi-octobre, les milices pro-iraniennes ont mené plus de 150 attaques au drone et à la roquette, contre leurs bases en Irak et en Syrie. En Irak comme en Syrie, comme en Afghanistan, les Américains se retirent.America is back … home. Qui prend sa place au Moyen Orient ? La Chine, l’Iran, la Turquie, la Russie, comme en Afrique ? l’Europe le pourrait. Elle y prouverait son existence. Mais la France y est seule. D’autant que les Etats-Unis, peuvent aussi, demain, laisser l’Ukraine. Et l’Europe.
Il n’y aura pas de solution à deux Etats, sans qu’elle soit imposée par cette coalition contre le terrorisme. C’est aujourd’hui et maintenant. Avec une Europe impliquée dans la solution économique et … militaire. Pour l’instant, seule la France a des soldats, depuis vingt ans, au Liban, en Syrie, en Irak. Seule la France dialogue. Qui d’autre ?
Évincer la Russie d’Afrique favorisera la paix avec la Russie. Elle comprendra que la guerre est sa perte.
Pendant ce temps-là, Russes et Turcs se vendent Afrique. Tous les anticolonialistes devraient soutenir des opérations qui le mettraient dehors, ainsi que les juntes militaires sans armée.
Évincer la Russie d’Afrique favorisera la paix avec la Russie. Elle comprendra que la guerre est sa perte. Quel espoir fut celui d’un partenariat eurorusse ! Si la Russie avait accepté de se marier avec l’Europe, le monde serait plus heureux, plus paisible, plus riche. Poutine a refusé le mariage. Petit esprit. En Ukraine, il attend le repli américain, la lassitude des Européens, qui, quoiqu’opulents, grattent le nombril de leur décadence.
Beaucoup parlent de paix. Après tout, l’Ukraine n’est-elle pas, de fait, un conflit gelé ? N’est-il pas possible de lâcher la Crimée et le Donbass contre la paix, une idée suggérée au début de l’invasion par Zelenski pour sauver l’Ukraine ? Aujourd’hui, c’est impossible. Le régime, l’idéologie poutinienne, ne peut supporter un pays « européen », démocrate, à ses frontières. Il ne peut désormais y avoir de vraie paix entre l’Ukraine et la Russie, en fait entre l’Europe et la Russie, qu’après Poutine.
La loi des tyrans est l’effritement perpétuel.
La loi des tyrans est l’effritement perpétuel. Maduro vient de condamner une trentaine de généraux parce qu’ils auraient fomenté un coup d’État. Erdogan fit une purge de dix ans suite au faux coup d’État de 2016. Poutine a tué Prigogine et condamné à vingt ans de Goulag un ultranationaliste, aussi sévèrement qu’un étudiant qui osa écrire un poème pour la paix. L’ancien président iranien Rohani est interdit de candidature au « Conseil des experts », qui nomme le « Guide ». Kim a tué son frère et licencié des généraux. Comme Xi Jinping. Tout maître se méfie de ses courtisans, serviteurs et esclaves, et les éliminent. Le cercle du pouvoir se rétrécit, puis devient trou noir.
Les conditions de la paix, en « Palestine » ou en Russie, ce sont des régimes forcément démocrates.
Il faut donc tenir, le temps qu’il faudra, contrer la propagande russe, iranienne, chinoise ; débusquer les robots qui diffusent de fausses informations sur les réseaux sociaux. Mener, dans ces pays, des opérations ; soutenir les oppositions. Avant que la paix ne s’installe, hélas, faire la guerre.
Les conditions de la paix, dans la future « Palestine » ou en Russie, ce sont des régimes forcément pacifiques. Et démocrates. Ce le sera, un jour. Cela dépend de chaque peuple, et aussi de ce que l’on est capable de montrer, ici, comme volonté et comme espoir. L’un ne va pas sans l’autre.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press