En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
Animé par Caroline Ettori.
Sénateur des Français établis hors de France, Yan Chantrel est l’invité de ce numéro d’« En toute confidence ». Après la censure par le Conseil constitutionnel d’une grande partie de la loi sur l’immigration, le parlementaire, membre du Parti Socialiste, nous partage sa position sur cette situation.
Loi immigration : « le texte doit être retiré »
Les sages de la rue Montpensier ont rendu leur verdict. Plus d’un tiers du texte adopté n’est pas conforme à la Constitution. Pour l’élu de gauche, la copie du gouvernement « est plus que ratée ». La loi votée comporte aussi des dispositions qui n’ont pas de rapport avec son objectif initial. Le « cavalier législatif » est pointé du doigt. « C’est un désaveu, une claque pour le gouvernement » estime le représentant du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat. Il déclare également à notre micro : « Nous souhaitons que ce texte soit retiré ».
L’image de la France dégradée
Yan Chantrel
Pour l’ancien Conseiller des Français de l’étranger cette séquence migratoire « fragilise notre pays à l’international ». « Il faut arrêter les frais » poursuit-il. Il y a aussi un impact pour nos expatriés. Utilisant le principe de réciprocité, certains Etats pourraient prendre des mesures de rétorsions à l’égard des Français vivant sur leurs territoires.
Un référendum sur l’immigration ?
Le président de la République, Emmanuel Macron ne pourrait-il pas dès lors interroger directement les Français par la voie du référendum ? Dans ce podcast, celui qui a déposé une proposition de loi sur ce sujet nous indique pourquoi un tel scenario n’est pas (encore) possible. « Comment poser une question sur 82 articles ? ».
Pacte migratoire européen : « des mesures pour accueillir »
Au niveau européen, le pacte migratoire a été adopté fin 2023. De possibles nouvelles dispositions pourraient être transposées dans le droit national. Le sénateur socialiste rappelle qu’il ne veut pas de « mesures pour s’enfermer, mais pour accueillir ». Et cela de façon « équitablement répartie » entre les pays membres de l’Union européenne. « Faciliter l’intégration » est un objectif pour notre invité. Il nous indique que c’est aussi en ce sens qu’il mène actuellement ses travaux de Président du Groupe d’études sur la Francophonie au Sénat.
L’actuel locataire de la place Beauvau doit-il quitter ses fonctions de ministre de l’Intérieur ? Dans cette interview, Yan Chantrel répond à cette question. Quoi qu’il en soit, notre invité considère que ce texte sur l’immigration est « une faute politique, une faute morale ». En polarisant l’attention sur ce sujet, c’est également une façon de ne pas aborder « les préoccupations des Français ».
En conclusion, le parlementaire socialiste s’interroge : « quand le gouvernement va-t-il faire de vraies propositions sur la santé, le pouvoir d’achat et l’éducation ? »
En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes
Alors qu’au Japon, l’élection comme Miss japon de la mannequin de 26 ans Carolina Shiino, d’origine ukrainienne, naturalisée japonaise, provoque un débat sur l’immigration, aujourd’hui Lesfrancais.press partage avec une vous l’histoire d’une expatriation réussie. Boris Faure nous présente Michel Ros qui s’est installé à 19 ans au Japon. N’hésitant pas à quitter les chemins balisés d’une famille française d’origine asiatique qui l’aurait bien vu connaître le succès dans l’informatique à Paris plutôt qu’au pays du soleil levant. Fort de sa connaissance de la langue japonaise et armé de sa témérité, Michel a multiplié les contacts et les apprentissages auprès de mythiques Bartenders japonais à qui il a emprunté savoir-faire et culture raffinée de l’alcool. C’est désormais auprès d’une firme qui propose des boissons sans alcool ou faiblement alcoolisées que Michel s’épanouit. Ce touche-à-tout et grand bosseur nous fait voyager dans un monde nocturne qu’il connaît par cœur.
Boris Faure : “Michel, avant toute chose pouvez-vous me décrire votre parcours et votre arrivée au Japon ?”
Michel :“Je suis né en 93 à Paris, de parents asiatiques. J’ai commencé à apprendre le japonais au collège. J’ai obtenu un bac en STI Electrotechnique puis j’ai passé un an en école d’ingénieur pour apprendre l’informatique. Mais j’avais besoin de me préparer à un métier qui me mettrait en contact avec les gens. J’ai donc arrêté mon école pour partir au Japon et j’ai intégré là-bas une université grâce à mon niveau de japonais. J’avais 19 ans. Les choses se sont ensuite enchaînées : une amie m’a présenté alors un contact à GINZA, le quartier chic de Tokyo. Et j’ai commencé à travailler dans l’univers des bars japonais. Le monde du bar au Japon est en réalité très différent de celui d’Europe. En Europe, c’est plus festif, on boit debout, entassés au comptoir. Au Japon, la culture des bars est plus récente et vient en fait des bars d’hôtels. On reste assis à un grand comptoir et il y a peu de tables dans la salle.”
Michel Ros
« L’idée est de s’alcooliser très fort pour se détendre »
Boris Faure : “Le rapport à l’alcool est très particulier au Japon, je crois ?”
Michel :“A force d’évoluer, les Japonais ont perdu l’enzyme qui permet de bien tenir l’alcool, de bien le digérer. Il est prouvé qu’une personne sur 4 ne posséderait plus cet enzyme. Et pourtant, traditionnellement, l’idée est de s’alcooliser très fort pour se détendre. Il y a un grand auto-contrôle en journée, dans le monde professionnel et même dans l’univers privé, donc quand les Japonais boivent, il y a un côté transgressif assumé. Mais les choses ont changé très nettement après le Coronavirus. Il y a plus de gens qui ne boivent pas d’alcool. Au-dessous de trente ans, ils ne boivent pas d’alcool. Les jeunes sont sobres. Il y a, il est vrai, beaucoup de possibilités de s’amuser à Tokyo en dehors de l’alcool. Que l’on songe par exemple aux karaokés ou aux innombrables salles de jeux.”
« Il s’agit de créer une nouvelle culture par rapport à l’alcool. S’amuser sans les effets secondaires »
Boris Faure : “Où en êtes-vous, désormais sur le plan professionnel ?”
Michel :“Depuis le 29 septembre dernier, je travaille avec la compagnie SUMADORI, la filière de la compagnie ASAHI. C’est une entreprise spécialisée dans l’alcool, dans la partie à très bas dosage et sans alcool. C’est une aventure motivante car il s’agit de créer une nouvelle culture par rapport à l’alcool. De continuer à s’amuser dans les bars sans les effets secondaires. S’amuser sans les côtés néfastes. Partager du plaisir sans la gueule de bois (sourire).”
J’ai désormais ma propre société de consultation dans le domaine des boissons. Je travaille avec les bars d’hôtels, les restaurants, les discothèques. Sur une vaste gamme d’établissements qui distribuent les produits que je diffuse.”
Boris Faure : “Comment en êtes-vous arrivé à cette activité de consulting ?”
Michel : “Avant le Corona, j’avais mon propre bar que j’ai dû fermer et j’ai commencé à me concentrer sur le consulting à ce moment-là. Le monde de la restauration est en recul. Il manque de personnels compétents. Il y a beaucoup d’opportunités dans le monde de la nuit avec une approche raffinée de la boisson.
On aime bien avoir en Europe des cocktails où la saveur des ingrédients de base est restituée. La mixologie n’a pas la même signification ici et en Europe. Au Japon, on fait en sorte que l’ingrédient de base soit au maximum, alors qu’en France, on crée de nouvelles saveurs comme les sauces avec le côté moléculaire. Le côté moléculaire dans le bar au Japon est très récent par rapport à l’Europe.
Il y a un côté créatif qui est très net et affirmé. Pour être schématique, on buvait avant des alcools qu’on coupait. Aujourd’hui, les cocktails sont beaucoup plus travaillés désormais.”
Le bar de Michel
« Les produits à faible dosage d’alcool commencent à faire le buzz »
Boris Faure : “Quelle est votre clientèle ?”
“Ma clientèle a entre 20 et 40 ans principalement. Des jeunes professionnels, des étudiants. Mais on a même des personnes plus âgées qui viennent vers nous. Dans mon ancien bar, j’avais plus affaire à des habitués du monde des bars. Maintenant, on a des personnes qui ne connaissent pas nécessairement le monde de la nuit.
Le concept de produits à faible dosage d’alcool commence à faire le buzz. Y compris auprès des étrangers. Je réponds d’ailleurs à de nombreuses demandes d’interviews dans les médias. Ça marche bien.”
Boris Faure : “Quelles sont les habitudes culturelles dans les bars japonais? Les différences avec l’Europe ?”
Michel : “Une grande différence culturelle est par exemple la façon dont on aborde un ou une cliente pour engager la conversation. On ne parle pas directement à la personne. On passe par le barman pour offrir un verre à une personne qui va l’accepter ou pas. Le barman est donc ici un intermédiaire et c’est lui qui communique avec le client. C’est comme un psychologue au bar (sourire).
Il y a aussi le fait que les gens ici ne peuvent pas boire debout. Donc, ce sont des clients réguliers qui ont l’habitude de se retrouver et de former une petite communauté dans chaque bar.
Les bars ici sont plus petits. Entre 15 et 30 personnes maximum. Dans mon bar précédent, nous étions cinq employés pour 45 places.
Aujourd’hui, dans mon nouveau bar, on travaille à 2 pour une quarantaine de places. Ici, le travail est généraliste. Le barman est dans la salle, en cuisine, derrière le bar, en plus de cette fonction de psychologue.”
Au coeur de la nuit de Tokyo
« Au Japon, il y a un mur quand les personnes ne se connaissent pas »
Boris Faure : “Et les discothèques ?”
Michel :“Les boîtes de nuit, c’est un peu comme en France. On offre des verres directement et c’est comme ça qu’on drague.”
Boris Faure : “Pouvez-vous me dire un mot sur la drogue qu’on retrouve beaucoup en Europe dans cet univers nocturne ?”
Michel :“La drogue dans les bars japonais, honnêtement je n’en ai jamais entendu parler. Ça reste à mon sens très rare. La drogue est strictement interdite au Japon donc les gens consomment plus chez eux ou ne consomment pas.”
Boris Faure : “Qu’est-ce qui peut encore vous manquer ici par rapport à vos années européennes ?”
Michel :“Ce qui me manque c’est la communication dans les sorties. On est plus francs en Europe. On dit ce qu’on pense. Au Japon, il y a un mur quand les personnes ne se connaissent pas. Il y a un masque que la personne porte en société.”
Boris Faure : “Il y a beaucoup de couples mixtes ?”
Michel : “Ici, j’ai des amis qui se sont mariés avec des Japonaises. Mais c’est beaucoup plus fermé. La culture est assez fermée.”
Les créations de Michel
« Pour vivre correctement, il faut environ 1300 euros par mois »
Boris Faure : “Est ce que l’on gagne bien sa vie en travaillant dans un bar ?”
Michel :“A l’époque où je suis arrivé, c’était payé 8 euros de l’heure. Aujourd’hui, on est à 15 euros de l’heure en moyenne. Ici, la vie est chère. Le prix des loyers, c’est un peu comme à Paris.Pour vivre correctement, il faut environ 1300 euros par mois. C’est le salaire pour quelqu’un qui n’a pas d’expérience. A 2400 euros, ici, avec l’expérience, on vit plutôt bien. Mais les pourboires n’existent pas. On se contente du salaire fixe.”
Boris Faure : “Et vos propres sorties ?”
Michel Ros :“Quand je ne travaille pas, je vais aussi dans d’autres bars. En décembre et janvier, je suis allé dans les bars où j’ai été formé, voir les maitres de la profession. Ici, il y a une expression qui dit « regarde et vole ». Tu apprends de ton maître en l’observant. C’est très différent de ce qu’on voit dans les arts martiaux. Ici, on regarde et on imite. C’est moins directif.”
Takao Mori
« Mon professeur, Takao Mori, tous les barmans, ici, le connaissent et le vénèrent »
Boris Faure : “Une personne qui vous a influencé ?”
Michel :“Mon professeur, Takao MORI. C’est l’une des trois légendes des Barmen au Japon. On devient maître par rapport à sa technique. Un de ces maîtres est spécialiste dans le mélange. Le Stir. Il est connu dans le monde entier. Mon professeur, tous les barmans, ici, le connaissent et le vénèrent.”
Boris Faure : “Comment êtes-vous arrivé en apprentissage auprès de votre maître ?”
Michel :“Ça s’est fait par présentation. On ne peut pas arriver comme ça et lui demander de nous apprendre.”
Boris Faure : “Qu’est ce qui le distingue des autres ?”
Michel :“Ce qui le distingue, c’est sa technique. Même si on a appris la technique, il faut toujours continuer à l’aiguiser. L’utilisation de la cuillère à mélange est une technique de doigt et pas de poignée par exemple. Le mélange devient plus précis. Il faut commencer par habituer le cerveau a un mouvement de doigt qui n’est pas habituel et beaucoup s’entraîner. Lui, il a deux bars à Ginza, puis il est en consultation sur d’autres bars.”
Boris Faure : “Allez-vous devenir vous-même une légende ? Est-ce un rêve ?”
Michel :“Il y a toujours quelque chose à améliorer avec les nouveaux produits et le monde sans alcool. Takao MORI n’a pas voulu devenir une légende. Il est devenu une légende par rapport à ce qu’il a fait et grâce à l’amélioration de sa technique.”
Michel Ros nous emmène sur les traces des bartenders légendaires du Japon
« Je voudrais réimporter en France mon savoir-faire »
Michel :“Je veux élargir ma société, développer le marketing dans la restauration, former des néo-barmen avec ces nouvelles techniques, ces nouvelles approches, pour créer de nouvelles relations. J’ai envie de réouvrir mon bar aussi. Ou d’installer un bar japonais en France. Je voudrais réimporter en France mon savoir-faire.”
Boris Faure : “Quels sont vos contacts avec la France ?”
Michel :“Avant le Corona, je rentrais une fois par an. Je ne suis plus rentré depuis mais je rentrerai pour le mariage de mon petit frère en Juin. Je suis le seul de ma famille à ne pas être dans la grande voie de la réussite, médecin, ingénieur, informaticien. Je suis regardé comme un ovni mais avec ma société, je suis désormais pris au sérieux par ma famille. Je fais certes un travail physique dans un monde où ma famille a plutôt une activité qui sollicite le mental. Mais j’arrive à vivre par moi-même, de façon autonome. Et tant qu’on est heureux, ça va. La réussite c’est de vivre où l’on veut, avec qui l’on veut, être soi-même et faire ce qu’on aime.”
Israël doit prendre des mesures pour empêcher tout acte de génocide à Gaza, a statué la Cour internationale de justice (CIJ) vendredi (26 janvier), sans toutefois ordonner un cessez-le-feu comme le demandait pourtant l’Afrique du Sud.
Le gouvernement sud-africain avait saisi la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction des Nations unies, le 29 décembre dernier, alléguant que les actions menées par Israël à Gaza en représailles des attaques du Hamas palestinien du 7 octobre violaient la convention des Nations unies sur le génocide de 1948.
Israël et l’Afrique du Sud sont tous deux signataires de cette convention, qui définit le génocide comme « l’élimination concrète intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou encore religieux ».
Le panel de 17 juges de la Cour, située à La Haye, a noté qu’« au moins une partie des actes et omissions commis par Israël à Gaza semblent pouvoir relever des dispositions de la convention sur le génocide ».
Israël doit prendre des mesures pour empêcher les actes de génocide, prévenir et punir l’incitation au génocide, empêcher la destruction de preuves et améliorer les conditions de vie déplorables dans la bande de Gaza, notamment en autorisant l’acheminement de l’aide humanitaire.
Dans un mois, Israël devra présenter un rapport sur les mesures prises à la suite de cette ordonnance, auquel l’Afrique du Sud pourra répondre.
Pas de cessez-le-feu
La Cour internationale n’a pas ordonné à Israël de mettre fin à toutes les opérations militaires dans la bande de Gaza, l’une des principales demandes de l’Afrique du Sud.
Après l’annonce du verdict, Naledi Pandor, ministre sud-africaine des Relations internationales, a déclaré aux journalistes que ce verdict revenait à un appel à un cessez-le-feu.
« Je crois que pour exercer la décision, il devrait y avoir un cessez-le-feu », a-t-elle déclaré sur les marches du Palais de la Paix.
« Le fait de prendre des mesures qui réduisent le niveau des dommages contre des personnes qui n’ont rien à voir avec le combat d’Israël exige pour moi un cessez-le-feu, et je crois qu’Israël devrait revoir de la manière dont il mène la recherche de ses otages et des membres du Hamas qui ont perpétré l’attentat du 7 octobre », a-t-elle poursuivi.
Après cette annonce, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a diffusé une vidéo dans laquelle il déclare que « l’accusation de génocide portée contre Israël n’est pas seulement fausse, elle est scandaleuse, et les personnes honnêtes, où qu’elles se trouvent, devraient la rejeter ».
Riyadh Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères, a pour sa part déclaré que « l’ordonnance de la CIJ est un rappel important qu’aucun État n’est au-dessus de la loi ».
Cette décision « devrait servir de signal d’alarme pour Israël et les acteurs qui ont permis son impunité persistante. La Palestine réaffirme sa gratitude éternelle envers le peuple et le gouvernement sud-africains pour avoir pris cette mesure audacieuse de solidarité active et continuera à travailler en étroite collaboration avec l’Afrique du Sud et d’autres pays pour veiller à ce que justice soit faite », a affirmé le ministre.
Lors de la lecture de l’arrêt, la présidente de la Cour internationale de justice, la juge Joan Donoghue, a déclaré que « si les chiffres concernant la bande de Gaza ne peuvent être vérifiés de manière indépendante, des informations récentes indiquent que 25 700 Palestiniens ont été tués. Plus de 63 000 blessés ont été signalés. Plus de 360 logements ont été détruits ou partiellement endommagés et environ 1,7 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays ».
« Au stade actuel de la procédure, la Cour n’est pas tenue de déterminer s’il y a eu violation des obligations d’Israël en vertu de la convention sur le génocide », a ajouté Mme Donoghue.
Sally Abi-Khalil, directrice régionale d’Oxfam pour le Moyen-Orient, a indiqué qu’« Oxfam se félicite de l’ordonnance et des mesures provisoires de la CIJ, qui constituent une étape cruciale vers la reconnaissance des atrocités en cours à Gaza et l’arrêt de l’effusion de sang et des horreurs inimaginables que 2,3 millions de Palestiniens ont déjà endurées ».
Le panel de 17 juges de la Cour, située à La Haye, a noté qu’« au moins une partie des actes et omissions commis par Israël à Gaza semblent pouvoir relever des dispositions de la convention sur le génocide ».Dans un mois, Israël devra présenter un rapport sur toutes les mesures prises à la suite de cette ordonnance, auquel l’Afrique du Sud pourra répondre. [EPA-EFE/Remko de Waal]
La réponse de l’UE
Vendredi après-midi, la Commission européenne et le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont affirmé dans une déclaration commune le soutien de Bruxelles à la décision de la Cour.
« Les arrêts de la Cour internationale de justice sont contraignants pour les parties et celles-ci doivent s’y conformer. L’Union européenne s’attend à ce qu’ils soient mis en œuvre intégralement, immédiatement et efficacement », peut-on lire dans la déclaration.
« Le droit de chaque partie de présenter des arguments concernant la compétence, la recevabilité ou le fond n’est pas affecté par la décision prise aujourd’hui sur la demande de l’Afrique du Sud concernant l’indication de mesures conservatoires. »
À la suite de cette décision, le ministère espagnol des Affaires étrangères a déclaré : « L’Espagne appelle toutes les parties à respecter et à se conformer à ces mesures dans leur intégralité. Une fois de plus, l’Espagne réitère son appel à un cessez-le-feu immédiat, à la libération inconditionnelle des otages, à un accès immédiat et régulier à l’aide humanitaire », insistant également sur « la nécessité d’avancer vers la mise en place de la solution des deux États ».
Au début du mois de janvier, à l’issue de l’audience initiale de deux jours, l’Allemagne, l’Autriche, la République tchèque et la France avaient rejeté les allégations de l’Afrique du Sud.
« Accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques », a déclaré mercredi dernier (17 janvier) le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Sejourné.
Le 16 janvier, la Slovénie s’est prononcée en faveur d’une autre procédure judiciaire contre Israël concernant des violations des droits des Palestiniens.
L’Irlande et la Belgique ont déclaré qu’elles soutiendraient la décision rendue par la Cour internationale.
« Si la Cour internationale de justice demande à Israël de cesser sa campagne militaire à Gaza, notre pays la soutiendra pleinement », a déclaré vendredi Caroline Gennez, ministre belge de la Coopération au développement.
Dans une réaction officielle, le gouvernement belge a appelé Israël à « pleinement mettre en œuvre les mesures provisoires demandées par la Cour » et a réitéré sa demande d’un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza.
La Belgique a également insisté sur le respect du droit humanitaire international, mais aussi sur la libération immédiate de tous les otages, et ce « sans conditions ». Enfin, comme l’Espagne, le gouvernement fédéral belge a appelé toutes les parties à œuvrer à une solution à deux États.
La décision était attendue par tout le monde politique français, tant par la majorité présidentielle que par les oppositions. Saisi par Emmanuel Macron, par la présidente de l’Assemblée nationale et par les députés et les sénateurs de la gauche, ce qui est déjà exceptionnel en soi, le Conseil constitutionnel a censuré 40% de la loi immigration, dont le durcissement de l’accès aux prestations sociales, dans une décision rendue jeudi 25 janvier. Dans la foulée, Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de « tout mettre en œuvre » pour « appliquer dans les meilleurs délais » le texte, selon l’entourage du chef de l’Etat auprès de l’Agence France-Presse.
Trente-deux articles censurés
Le Conseil constitutionnel a censuré totalement ou partiellement trente-deux articles sur quatre-vingt-six, les considérant comme des cavaliers législatifs (c’est-à-dire sans lien avec le projet de loi).
Parmi les principales mesures censurées, les dispositions sur le regroupement familial, sur les titres étudiants (notamment l’instauration d’une caution), la délivrance du titre pour des motifs de santé et les dispositions sur les prestations sociales. Le texte voté par le Parlement imposait aux non-Européens une durée de résidence minimale pour bénéficier de prestations sociales, dont les allocations familiales, fixée à cinq ans pour ceux ne travaillant pas et à trente mois pour les autres. Pour les opposants au texte, cette disposition était assimilée à la « préférence nationale », mesure centrale du Rassemblement national.
La fin de l’automaticité du droit du sol pour les enfants d’étrangers nés en France a également été censurée par le Conseil constitutionnel. Le projet de loi obligeait les jeunes nés de parents étrangers à manifester leur volonté d’obtenir la nationalité française entre 16 et 18 ans.
La plupart de ces mesures censurées avaient été réclamées par la droite parlementaire, indispensable au camp présidentiel pour faire adopter son texte au Parlement. Une partie des députés de la coalition présidentielle, 20 de Renaissance, 5 du MoDem et 2 d’Horizons – avait voté contre le texte à l’Assemblée nationale en décembre pour marquer leur opposition à ces dispositions. Si ces mesures ont été censurées pour des motifs de procédure, la décision du Conseil constitutionnel ne préjuge toutefois pas de leur conformité à la Constitution. Rien n’empêche en effet qu’elles soient reprises dans un prochain texte.
Le Conseil constitutionnel a en revanche censuré trois articles pour des motifs de fond, dont l’article 1er, qui permettait la fixation de quotas migratoires par le Parlement. Pour les sages, ce n’est pas à la loi de fixer l’ordre du jour des Assemblées.
Entre retrait de la loi, référendum et réforme de la constitution, l’opposition se déchire
Alors que son parti a largement contribué à l’adoption de la loi, Marine Le Pen a estimé jeudi que « seule une réforme de la Constitution permettra de répondre aux enjeux migratoires« , après que le Conseil constitutionnel a censuré une large partie du projet de loi immigration.
« La rédaction en vigueur de la Constitution ainsi que la jurisprudence actuelle, ne permettent pas de protéger les Français de l’immigration incontrôlée« , a jugé la cheffe de file des députés RN, invoquant les mesures censurées sur le fond par le Conseil. Même ligne pour Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national a dénoncé «un coup de force des juges», à la suite de la décision du Conseil constitutionnel, de supprimer plusieurs mesures de la loi immigration. Autre réaction, le chef des députés LR, Olivier Marleix, demande au gouvernement de reprendre les dispositions censurées par le Conseil constitutionnel dans un nouveau texte sur l’immigration.
A gauche, Manuel Bompard, évoque sur X (anciennement Twitter) une loi « totalement amputée » et qui n’a donc plus « aucune légitimité ». Le coordinateur de LFI exige donc le retrait de la loi.
Mais que reste-t-il donc dans les 51 articles non censurés ?
Attribution d’un titre de séjour pour les victimes des marchands de sommeil
Les personnes sans-papiers victimes des marchands de sommeil qui portent plainte vont se voir attribuer un titre de séjour d’une durée d’un an renouvelable pendant toute la durée de la procédure judiciaire. Il s’agissait d’un amendement introduit par le groupe communiste au Sénat.
Instauration d’une condition de respect de « principes de la République » pour obtenir un titre de séjour
Tout demandeur d’un titre de séjour devra s’engager à respecter « les principes de la République » via un « contrat d’engagement ». Parmi ces principes, on trouve « la liberté personnelle, la liberté d’expression et de conscience, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de la personne humaine, la devise et les symboles de la République ». Un demandeur qui refuse de signer ce contrat « ou dont le comportement manifeste qu’il n’en respecte pas les obligations » ne pourra obtenir aucun document de séjour.
Un titre de séjour pour les travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension
Les préfets ont le pouvoir de régulariser « à titre exceptionnel » les travailleurs sans-papiers dans les métiers qui connaissent des difficultés de recrutement, aussi dits en tension (BTP, aide à la personne, restauration…).
Il s’agira d’un titre de séjour d’un an, délivré au cas par cas, à condition d’avoir résidé en France pendant au moins trois ans et exercé une activité salariée durant au moins 12 mois sur les 24 derniers. Cette mesure ne s’appliquera que jusqu’au 31 décembre 2026. Ils ne seront plus obligés, comme c’est le cas aujourd’hui, de passer par leur employeur pour solliciter cette carte. Les préfets disposeront d’un pouvoir discrétionnaire pour accorder ce titre. Des conditions largement durcies par rapport au projet de loi initial, qui prévoyait notamment que ces travailleurs se voient « délivrer de plein droit » cette carte de séjour temporaire. La droite y était fermement opposée.
Expulsion de certains étrangers condamnés pour des crimes et délits
La loi rend désormais possible l’expulsion d’étrangers en situation régulière sur le territoire qui ont été condamnés pour des crimes et délits punis d’au moins trois ou cinq ans d’emprisonnement, selon les cas, et qui constituent une « menace grave pour l’ordre public ». Ce n’était pas le cas jusqu’ici.
Les étrangers arrivés en France avant 13 ans, ou résidant en France depuis plus de 20 ans, ou mariés à une personne française, ou parents d’un enfant français ne pouvaient jusqu’ici quasiment pas être expulsés de France, sauf en cas « d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » ou pour des « activités à caractère terroriste ».
Légalisation des OQTF pour des étrangers qui ne pouvaient pas en être l’objet
De la même façon, les étrangers arrivés en France avant 13 ans, ou résidant en France depuis plus de 20 ans, ou mariés à une personne française, ou parents d’un enfant français ne pouvaient pas être sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Une OQTF est une mesure d’éloignement prise par l’administration. Elle peut désormais concerner les personnes mentionnées précédemment si elles constituent « une menace grave pour l’ordre public ».
Les personnes visées par une OQTF ou une mesure d’expulsion ne pourront être logées dans un hébergement d’urgence que dans l’attente de leur éloignement.
Interdiction de placer un mineur de moins de 18 ans dans un centre de rétention
Les mineurs ne pourront plus être placés en centre de rétention avant leurs 18 ans. Il s’agit de centres destinés aux étrangers qui font l’objet d’une décision d’éloignement, une OQTF. Les adultes accompagnés de mineurs pourront être assignés à résidence.
Réforme de la Cour nationale du droit d’asile
Le texte réforme aussi l’organisation de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), une juridiction administrative spécialisée dans l’examen des recours formés contre les décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en matière de demande d’asile. Des chambres territoriales de la CNDA vont être créées et l’audience à juge unique sera généralisée. La formation collégiale ne concernera que les affaires complexes.
Bienvenue à tous vous écoutez le flash quotidien des expatriés du 26 janvier 2024, dans nos titres : Le conseil constitutionnel sanctionne la loi immigration – Le PSE fait les yeux doux à la Chine ? Blocus de Paris par les agriculteurs ?
Les agriculteurs à Paris ce vendredi ?
Les sections d’Ile-de-France des syndicats agricoles majoritaires FNSEA et Jeunes agriculteurs appellent jeudi dans un communiqué au « lancement du blocus de Paris » ce vendredi, jour où le Premier ministre doit faire des annonces pour tenter d’apaiser la colère de la profession.
FDSEA Ile-de-France et JA Ile-de-France demandent à leurs adhérents de se rassembler « sur les grands axes autour de la capitale », alors que parallèlement, le président des Jeunes Agriculteurs, Arnaud Gaillot, considérait une telle escalade comme un « dernier recours ». Réponse aujourd’hui !
De façon étonnante, le manifeste, sur le programme électoral pour les élections européennes des partis socialistes de l’Union européenne, préconise une relation forte avec Pékin sans conditions. C’est un changement majeur d’avec les positions du PSE par le passé, dont les membres avaient soutenu avec force des résolutions suggérant que le respect des droits de l’homme devait être au centre des relations entre les deux puissances. Quelles conséquences pour la politique étrangère ? Pour Taiwan, alors que selon les sondages le PSE serait en position d’être au sein de la prochaine coalition.
Le projet de loi immigration avait été adopté dans la douleur à l’Assemblée nationale, en décembre dernier. Il avait été considérablement durci aux termes d’un compromis avec la droite et adopté avec les voix du Rassemblement national, offusquant une partie de la macronie et de la gauche Et ce jeudi 25 avril, le Conseil constitutionnel a censuré 32 articles sur 86 de la loi immigration dont les articles relatifs aux étudiants étrangers ainsi que ceux sur le durcissement de l’accès aux prestations sociales et au regroupement familial. Tout ce qui avait été concédé à l’extrême droite. À gauche, on appelle au retrait de la loi, à droite, on réclame référendum, mais Emmanuel Macron, selon différentes sources, promulguera la loi expurgée.
Un livre témoignage où l’on découvre un travail de veille impressionnant comprenant un recensement unique au monde, des faits et des analyses inédites.
Carole Gabay nous parle de la politique « zéro covid », imposée par la Chine, là où le monde entier relâchait les restrictions sanitaires. Elle nous parle également de la façon dont elle s’est organisée pour effectuer ce travail de veille épidémiologique, d’analyse et de recherche.
Ecoutez le podcast avec Carole Gabay
« Trois années d’isolement »
Trois années sur une autre planète, trois années d’isolement, trois années d’incompréhension et de malentendus avec le reste du monde, c’est ce que s’est imposé la Chine avec la stratégie Zéro Covid. Trois années qu’ont vécues les peuples de Chine, entre angoisse, résilience, fierté, émotion, exaspération, espérance, amertume et souffrance.
Parmi eux, les étrangers résidant en Chine, premières victimes de la fermeture des frontières, ont vécu en première ligne ces trois années hors du temps avec leur esprit critique et leur curiosité intellectuelle d’Occidentaux. Nous allons vous faire le récit de la pandémie telle qu’elle a été vécue de l’intérieur, phase par phase, scrutée, analysée au jour le jour à partir des sources officielles chinoises, nombreuses et particulièrement complexes à traiter.
Solidarité Covid – Français de Chine, à l’origine une démarche informative pour comprendre les faits et dépassionner les débats, rapidement devenu un projet de recherche unique au monde, et aussi une aventure humaine extraordinaire.
«L’évolution au fil des mois des règlementations sanitaires»
« Nous alternons dans cet ouvrage les récits d’épisodes de nos vies dans la pandémie et du travail richement illustré que nous avons mené, les articles publiés dans le média expatrié francophone de Shanghai à partir de janvier 2021 et les réflexions que leur relecture a posteriori soulève. »
La vie, l’évolution au fil des mois des réglementations sanitaires et leur logique ou pas, les observations, les analyses illustrées (en anglais du fait de leur valeur scientifique universelle) et les témoignages recueillis par Carole, une « taïtaï » (femme au foyer en chinois) pas comme les autres, experte en Data management d’études de marché quantitatives, chanteuse lyrique, maman d’un jeune homme autiste, en expatriation avec sa famille à Shanghai depuis 2013.
Carole a mené le projet de recherche avec d’autres bénévoles, dont Gaëlle, qui travaille à Shanghai, sinophone, romancière, installée depuis plus de quinze ans dans ce pays qu’elle aime tant, et qu’elle raconte avec son fils dans leur podcast. David Ammerschlaeger, Psychologue à Shanghai nous a offert une très émouvante préface ».
Livre autopublié disponible sur commande à la Librairie parenthèses et sur Amazon au prix de 65 euros. 353 pages couleur, 21.59 x 2.03 x 27.94 cm, 67,52€, livraison en France à 0.01€
La Saint Valentin fait partie de ces fêtes qui se déroulent chaque année à la même date. En France comme dans le reste du monde, elle a lieu le 14 février. Le jour de la Saint Valentin 2024 tombe donc mercredi 14 février 2024. Ce sera l’occasion de gâter l’élu(e) de votre cœur, de lui acheter un cadeau, des fleurs, de l’inviter au restaurant, en weekend romantique… Les possibilités sont infinies. Pour aider les Françaises et Français de l’étranger on fait un petit tour des us et coutumes de certains pays.
En Europe
Vous pouvez opter pour un échange de Baci Perugina, des chocolats typiques de la ville de Pérouse (Italie), de petits chocolats fourrés à la noisette accompagnés de petites notes d’amour écrites dans différentes langues. Ou choisir des cadeaux et décorations à l’effigie d’un cochon, symbole d’amour à l’allemande. En Europe, on trouve la cuillère d’amour au Pays de Galles. Dans cette tradition d’un autre temps, l’homme offre à sa bien-aimée une cuillère en bois sculptée, symbolisant son engagement à nourrir et à prendre soin d’elle. L’envoi de cartes de Saint-Valentin, souvent anonymes, est une tradition britannique. Les escapades dans des endroits pittoresques ou historiques sont également des moyens populaires de déclarer son amour.
Au Japon, pour la Saint-Valentin, les filles offrent des chocolats traditionnels à tous leurs amis et collègues masculins, et des chocolats spéciaux ainsi qu’un cadeau fait maison à leur amoureux. Un mois plus tard, le 14 mars, lors du « White Day », les garçons rendent triplement la pareille en offrant des chocolats et des cadeaux plus chers.
En Corée du Sud
En Corée, un rituel similaire se déroule, avec l’ajout du « Black Day » le 14 avril, où les célibataires se réunissent pour manger des nouilles noires. Il y a encore d’autres déclinaisons, comme le « Pepero Day » où des couples échangent des Pepero (biscuits en forme de bâtonnets).
Aux Philippines
Les couples célèbrent le « Lovapalooza » : un événement qui rassemble des milliers d’amoureux aux abords de la baie de Manille. À minuit, les couples s’embrassent et gardent leurs lèvres collées pendant quelques secondes. C’est également l’occasion, pour ceux qui le souhaitent, de se marier gratuitement lors des mariages «de masse», organisés le 14 février.
Les amoureux s’offrent, ici aussi, un bouquet de fleurs, mais pas n’importe lequel. Le nombre de roses dans ce dernier en dit long sur l’intention de celui qui l’offre : une seule rose rouge annonce un grand amour, 99 roses pour déclarer un amour éternel, ou encore 108 roses pour une demande en mariage.
Aux USA
Outre-Atlantique, les sérénades sont jugées très romantiques. En effet, aux Etats-Unis, on optera aisément pour des versions spectaculaires, avec des moyens importants. Le show fait partie de la déclaration d’amour.
Plus discrètement, une coutume sudafricaine veut que les femmes accrochent, avec une épingle, le nom de leur bien-aimé sur une de leurs manches. En Irak, le rouge, couleur de l’amour, domine les décorations des commerces et des habitations le 14 février.
Vous pouvez, aussi, vous inspirer d’une tradition de Nouvelle-Guinée, en vous frôlant délicatement dans une atmosphère de chants, avec une intensité croissante menant à l’enlacement.
Chez les Inuits, il existe un rituel où les amants s’enduisent le corps de graisse de phoque et, après l’acte, se lavent avec leur urine. Pas sûr que cette tradition voyage beaucoup. Enfin, si vous ne souhaitez rien faire ou reporter, vous pouvez prétexter de réaliser une Saint-Valentin à la brésilienne. En raison du célèbre Carnaval de Rio qui coïncide souvent avec cette période, la Saint-Valentin du 14 février est généralement peu remarquée au Brésil. Les Brésiliens compensent cela en célébrant l’amour le 12 juin, jour de la Saint-Antoine.
Épuisés par toujours plus de normes, des rémunérations faibles, des charges en hausse et un manque de reconnaissance, les agriculteurs français se mobilisent et veulent une nouvelle fois alerter sur leur mal-être.
Générer des revenus décents
Ce n’est pas un hasard si la grogne a pris sa source dans la 2ème région agricole de France (NDRL : en superficie). Les agriculteurs y touchent les revenus les plus bas du pays comme l’affirme Christophe Rieunau, vice-président de la chambre d’agriculture du Tarn, dans une vidéo sur son compte Tiktok :
La question des faibles marges réalisées sur la production est la goutte qui a fait déborder le vase, alors qu’en 30 ans, le revenu net de la branche agricole française a chuté de 40 %, rappelle Europe 1. « L’inflation ne profite pas aux agriculteurs », assure le premier vice-président de la FNSEA, Jérôme Despey, invité de France info dimanche dernier. « Nous avons toujours les prix les plus bas et ce n’est absolument pas supportable. Comment voulez-vous nourrir nos concitoyens alors que nous faisons les produits d’excellence de qualité et que nous avons fait un investissement énorme ? », interroge-t-il. Jérôme Despey appelle à « appliquer pleinement l’intégration des coûts de production » pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. « Aujourd’hui, nous avons des charges qui sont très importantes de plus de 20 % et le prix de nos produits (…) n’augmente pas, et même diminue », explique-t-il.
Arnaud Gaillot, président du syndicat Jeunes agriculteurs, a estimé sur Europe 1 qu’il fallait « faire appliquer » la loi Egalim votée en 2018, à l’issue des états généraux de l’alimentation, qui prévoit que les prix payés aux agriculteurs tiennent compte de leurs coûts de production, pour éviter qu’ils ne vendent à perte.
Enfin, parmi les nombreux griefs, figurent les importations agricoles en forte hausse, notamment celles en provenance de l’Ukraine. En effet, pour soutenir l’économie ukrainienne en temps de guerre, l’Europe a facilité l’importation de produits ukrainiens, notamment la volaille et le sucre. Cet afflux supplémentaire de marchandises fragilise l’agriculture française, selon les acteurs de la filière.
« On a signé un accord de libre-échange avec l’Ukraine en 2015 et là, on accélère son application, avec notamment un démantèlement total des droits de douane qui étaient appliqués sur des produits ukrainiens », détaille Thierry Pouch, économiste aux Chambres d’agriculture de France. « Donc, ce surcroît important d’importations pénalise économiquement les agriculteurs français. »
Parmi ces mesures, il en est deux qui figurent en haut de la liste : limiter la hausse du gazole non-routier, le GNR, qui ne fait plus l’objet d’une exonération fiscale depuis le 1er janvier 2024 et pèse lourd sur le quotidien des agriculteurs. « On ne peut pas prévoir des hausses de gasoil dans la situation économique catastrophique dans laquelle nous sommes », insiste Christophe Rieunau.
L’amélioration des revenus des agriculteurs passe aussi par une diminution de certaines charges. Déjà touchés par la grippe aviaire, cette fois les éleveurs bovins doivent faire face aux frais de vétérinaire liés à lamaladie hémorragique épizootique. Ils demandent à l’Etat une partie de leur prise en charge.
Le poids des normes
Les syndicats agricoles dénoncent la lenteur du gouvernement à mettre en œuvre la « simplification » administrative promise. Moins de normes, c’est aussi ce que réclament les agriculteurs tarnais, » pour pouvoir continuer à produire sur du long terme ». « Les agriculteurs qui nous appellent ne savent même plus ce qu’ils ont le droit de faire ou non » et ne se sentent » pas accompagnés comme il le faut face aux défis climatiques, géopolitiques et sanitaires », a déclaré à l’AFP Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination rurale, 2e syndicat agricole. Donnant l’exemple des haies, Arnaud Rousseau a expliqué à l’AFP: « Pourquoi les agriculteurs n’en font pas ? Parce qu’il y a 14 textes réglementaires« , alors même que chacun reconnaît les vertus de la haie contre l’érosion, pour la biodiversité, etc.
Ces contraintes, auxquelles s’ajoutent des indemnisations jugées « trop tardives » pour des filières en crise (viticulture, élevage), ruinent « l’attractivité » dont le secteur a besoin pour renouveler ses chefs d’exploitation vieillissants.
Un autre problème porte sur la surtransposition des normes européennes par le Parlement français. Un agriculteur polonais dispose de 450 molécules dans son catalogue [réglementation européenne], pour lutter contre les maladies ou les ravageurs. Un Français n’en dispose plus que de 300 du fait des normes supplémentaires exigées par les députés français, les rendant de fait moins concurrentiel que leurs voisins européens.
Les impasses techniques vont s’accentuer. En 2024, avec l’interdiction de la spirotétramate [insecticide] au niveau européen, les Polonais pourront continuer à utiliser des néonicotinoïdes contre le puceron cendré qui abîme les fruits. En France, les néonicotinoïdes sont interdits pour les pommes. Nos agriculteurs n’auront donc plus les moyens de lutter. Et les exemples sont nombreux.
Les quotas d’irrigation sont également dans le viseur. Depuis plusieurs années, le réchauffement climatique assèche les sols, entraînant des baisses de rendement. Les agriculteurs réclament donc un assouplissement des règles relatives à l’usage de l’eau. Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, a rappelé la nécessité d’une plus grande mobilisation sur la question « urgente » du stockage de l’eau. Il évoque également la question, « épidermique », de la préservation des zones humides, qui représentent selon la FNSEA 29 % de la surface agricole utile de la France, en raison d’une définition plus stricte en droit français qu’en droit européen.
Une loi attendue par les agriculteurs et promise par Emmanuel Macron
Pour sortir de la crise, le nouveau héros des agriculteurs, Christophe Rieunau évoque la loi d’orientation agricole promise depuis plus d’un an par Emmanuel Macron : « On a besoin d’une loi qui doit être extrêmement ambitieuse, pour pouvoir continuer à nourrir les Français. Et donner aux jeunes suffisamment de visibilité pour pouvoir s’engager sur 20-30 ans. »
En 2023, la France n’a enregistré que 678 000 naissances. Depuis 2010, ces dernières se sont contractées de 20 %. L’indice de fécondité n’est plus que de 1,67 enfant par femme et s’éloigne du taux de renouvellement des générations qui est de 2,1.
La tentation est grande d’imputer la responsabilité de ce déclin à la remise en cause supposée de la politique familiale. Les tenants de cette thèse mettent en avant les effets sur la natalité de la réduction du quotient familial et de la mise sous condition de ressources des allocations familiales. Pour autant, la France est le pays de l’OCDE dont les dépenses publiques en faveur des familles sont les plus élevées. Elles représentent 3,6 % du PIB contre une moyenne de 2,5 % du PIB. Depuis 1980, ces dépenses se sont accrues de 1,4 point de PIB, preuve qu’il n’y a pas eu de réel désengagement des pouvoirs publics sur la durée.
La fécondité en Europe semble avoir repris son mouvement de baisse
Hier comme aujourd’hui, le lien entre politique familiale et natalité est loin d’être avéré. Après la Seconde Guerre mondiale, le baby-boom a concerné un grand nombre de pays aux politiques familiales dissemblables. Après s’être stabilisée durant plusieurs années, la fécondité en Europe semble avoir repris son mouvement de baisse initié à la fin du baby-boom dans les années 1970. En 2022, le nombre des naissances en Italie n’a été que de 393 000, le chiffre le plus bas constaté depuis 1861, date de l’unification du pays. L’indice de fécondité est désormais de 1,24. En Allemagne, cet indice fécondité est inférieur à 1,5. Sans l’apport de la population immigrée, il serait même de 1,3.
Le pays qui a l’indice de fécondité le plus faible au monde est sans nul doute la Corée du Sud avec moins de 0,8 enfant par femme. En Occident, les États-Unis font figure d’exception grâce notamment à l’apport de l’immigration.
Le phénomène actuel de baisse de la fécondité dépasse les pays occidentaux et concerne l’ensemble de la planète. En Colombie, l’indice de fécondité en 2022 n’était que de 1,85 enfant par femme, contre 4 en 1980. En Thaïlande, le nombre de naissances est désormais inférieur à celui des décès après avoir enregistré un recul de 30 % en 10 ans. En Iran, l’indice de fécondité n’est que de 1,7. En Chine, l’abandon de la politique de l’enfant unique et la mise en place de prestations familiales n’ont occasionné qu’un rebond temporaire de la natalité. Les Chinois ont adopté le principe de l’enfant unique, l’indice de fécondité ces dernières années ne dépassant pas 1,1.
La baisse de la fécondité dépasse les pays occidentaux et concerne l’ensemble de la planète
La fécondité obéit à de multiples considérations économiques, sociologiques et psychologiques rendant toutes prévisions en la matière délicates, tout comme l’élaboration de politique d’incitation ou de « réarmement démographique ». Plusieurs facteurs doivent être pris en compte.
Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle type de la famille française comportait deux enfants ; aujourd’hui ce serait plutôt un. En cela, la France s’aligne sur la situation qui prévaut dans le reste de l’Europe depuis des décennies. Parmi les obstacles à l’arrivée de nouveaux enfants figure, en particulier, la question du logement. Les jeunes actifs éprouvent, en effet, des difficultés de plus en plus importantes pour se loger. L’augmentation des prix des logements au sein des grandes agglomérations et l’obligation pour un nombre croissant de ménages d’habiter loin de leur lieu de travail peuvent influer sur la natalité.
L’absence de confiance dans l’avenir, sentiment de plus en plus prégnant dans un grand nombre de pays dont la France, peut conduire des couples à abandonner l’idée d’avoir des enfants. Face à l’accumulation de crises, dans une société de surinformation, le pessimisme tend à se diffuser. La montée de l’individualisme, maintes fois soulignée, ne favorise pas les naissances. Enfin, la menace climatique amènerait des couples à s’interdire de procréer. Le courant « Grinks » pour « Green Inclination, No Kids » (engagement vert, pas d’enfant), né aux Etats-Unis ferait de plus en plus d’émules.
Croissance économique et démographie sont intimement liées
Le recul de la natalité a et aura des effets importants dans les prochaines années. Comme l’économiste et démographe Alfred Sauvy l’a démontré, croissance économique et démographie sont intimement liées. La croissance d’un pays sur le long terme dépend, en effet, de l’évolution de sa population active et de sa productivité. Une population jeune conduit à une augmentation de la consommation et de l’investissement. Elle est un gage de diffusion rapide de l’innovation. A contrario, des populations vieillissantes provoquent un transfert croissant de charges sur les actifs, un ralentissement des gains de productivité et donc de la croissance.
En Chine, le ralentissement de la croissance sur fond de crise immobilière est en grande partie provoqué par le vieillissement. Les Chinois s’endettent pour acheter des logements afin de se constituer un patrimoine en vue de la retraite. Or le déclin démographique aboutit à ce que ces logements demeurent inoccupés, provoquant la mise en défaut de plusieurs promoteurs et une perte de confiance en l’avenir au sein de la population.
Les besoins de personnel pour faire face au vieillissement sont incommensurables
D’ici le milieu du siècle, dans de nombreux pays occidentaux, les plus de 60 ans représenteront plus de 30 % de la population, contre moins d’un quart pour les jeunes de moins de 20 ans qui seront moins d’un quart. Au-delà des retraites, les pouvoirs publics devront financer un surcroît de dépenses de santé et de dépendance. Les besoins de personnel pour faire face au vieillissement sont incommensurables. Pour éviter une déflagration des déficits publics, les pays en fort déclin démographique pourront-ils se passer de l’immigration et comment arriveront-ils à maintenir en emploi des actifs de plus en plus âgés ? Les sociétés vieillissantes ont souvent des réflexes malthusiens qui ne font qu’aggraver la situation. Le retour du protectionnisme en est une des illustrations. Face au défi démographique des quarante prochaines années, les pays ne peuvent compter que sur une augmentation sensible de la productivité et un élargissement de la population active.