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  • Lancement officiel des 120 ans de l’Entente cordiale

    Lancement officiel des 120 ans de l’Entente cordiale

    Mardi soir, 23 janvier 2024, l’ambassade de France au Royaume-Uni et l’ambassade britannique en France ont marqué le lancement officiel des célébrations des 120 ans de l’Entente cordiale avec un cocktail se tenant au même moment, à la Résidence de France à Londres comme à la Résidence britannique à Paris.

    Madame Hélène Duchêne, Ambassadrice de France au Royaume-Uni, a présenté le programme des célébrations mises au point par les différents services de l’Ambassade et qui se tiendront au cours de l’année 2024. Comme l’a indiqué l’Ambassadrice Duchêne dans son discours : « Au fond, que voulons-nous faire de ces 120 ans d’Entente cordiale ? Il faut y voir une occasion – comme pour toute commémoration historique – de nous retourner vers le passé pour mesurer l’ampleur du chemin accompli mais aussi de nous projeter vers l’avenir pour inscrire cet héritage dans le monde de demain. C’est le sens de la programmation que nous avons retenu ».

    Étaient présents le ministre de l’Intérieur britannique, James Cleverly, l’acteur Hugh Grant et beaucoup de ministres et membres de la communauté française. Une conférence de presse suivie d’un cocktail s’est aussi tenue.

    Beaucoup d’évènements

    L’Institut Français au Royaume-Uni organise une exposition gratuite, bilingue et tous publics retraçant l’histoire de l’Entente cordiale. Grâce au partenariat des Archives nationales britanniques et des Archives diplomatiques françaises, le visiteur pourra découvrir des pièces remarquables (archives, articles et caricatures de presse, objets-souvenirs…), qui le plongeront dans la Belle Époque et dans les négociations diplomatiques qui visèrent à construire la paix entre les deux pays. Le jour de l’inauguration de l’exposition, le 27 mars 2024, un évènement exceptionnel se tiendra à l’Institut français du Royaume-Uni : les Archives nationales britanniques y présenteront des pièces remarquables issues de leurs fonds, en particulier les exemplaires britanniques des accords bilatéraux signés en 1904 et un instrument de ratification français. 

    Dans le domaine académique, une rencontre aura lieu le 25 mai 2024 entre étudiants britanniques et français, à l’initiative de l’Ambassade de France et en partenariat avec la London School of Economics. A la suite de l’appel lancé par le Roi Charles III lors de sa visite en France en faveur d’une « Entente cordiale pour la durabilité », des jeunes auront à réfléchir sur des solutions innovantes répondant aux défis environnementaux. Le projet « Francophonie on the road » verra la réalisation, en mars 2024, d’une tournée de 40 ateliers de promotion de l’apprentissage du français entre Newcastle, Birmingham, Cheltenham et Lincoln. Ce sont environ 500 élèves d’écoles anglaises de ces villes qui participeront à des ateliers de réalité virtuelle sur Notre-Dame de Paris, le sport et l’olympisme, en lien avec l’étude de la langue française.

    Les 120 ans de l'Entente cordiale
    L’acteur Hugh Grant-120 ans de l’Entente cordiale

    Quant au cinéma, une programmation de films mettant à l’honneur les liens – nombreux – entre la France et le Royaume-Uni dans le 7ème art sera projetée au Cinéma Lumière de l’Institut français du Royaume-Uni.Dans le champ de la recherche, une commission jointe pour la Science et la Technologie se tiendra à Londres le 29 février 2024 et réunira des chercheurs et experts de haut niveau. Ils identifieront les projets de recherche à traiter en priorité, qui seront soutenus par les ministères de la Recherche et des Affaires Etrangères des deux pays.

    Dans le domaine du débat intellectuel et des idées, si propice aux échanges de perspectives franco-britanniques, la prochaine édition de la « Nuit des Idées » se tiendra le 8 février 2024 à l’initiative de l’Institut français du Royaume-Uni.

    Lancement des 120 ans de l’Entente cordiale

    Concours de l’Entente Littéraire

    Dans le domaine de la littérature, l’Ambassadrice Duchêne a annoncé hier l’ouverture du Concours de l’Entente Littéraire, annoncé par la Reine Camilla et Madame Brigitte Macron lors de la visite d’Etat du Roi Charles en France en septembre dernier. Ce nouveau prix franco-britannique a été décidé lors du sommet bilatéral de mars 2023 puis a été annoncé par la Reine Camilla et Madame Brigitte Macron lors de la visite en France du couple royal. Ce prix récompensera des ouvrages destinés à un public d’adolescents et de jeunes adultes. Il représente une initiative conjointe de nos deux pays pour encourager la création littéraire et la lecture des jeunes des deux côtés de la Manche. Ce jury franco-britannique sera présidé par la très talentueuse autrice Joanne Harris.

    Le Prix de l’Entente Littéraire est organisé par la Royal Society of Literature et l’Institut français du Royaume-Uni à Londres, en collaboration avec le ministère de la Culture en France et le Department for Culture, Media and Sport au Royaume-Uni, l’Ambassade de France au Royaume-Uni et l’Ambassade du Royaume-Uni en France. Le prix vise à encourager et célébrer les plaisirs de la lecture et le partage d’expériences littéraires entre la France et le Royaume-Uni.

    Les 120 ans de l'Entente cordiale
    Lancement des 120 ans de l’Entente cordiale

    Le jury sera aussi composé de quatre autres personnes : les Français Marie-Aude Muail et Timothée de Fombelle et les Britanniques Patrice Lawrence et Joseph Coelho. La date limite du dépôt des candidatures est fixée au lundi 8 avril 2024, soit 120 ans jour pour jour après la signature de cette Entente Cordiale. Une pré-sélection sera annoncée à l’automne 2024 et les noms des gagnants seront dévoilés peu après à l’occasion d’une cérémonie à Paris.

    Dans le monde du sport, il se tiendra le 1er juin 2024 un tournoi de football au club Crystal Palace FC, organisé par l’association Sport dans la Ville qui œuvre pour l’insertion sociale via les activités sportives.

    Le Ministre Britannique du Commerce a commenté sa venue au cocktail de mardi sur X.

    À la question de savoir si le président Emmanuel Macron fera le déplacement au Royaume-Uni en avril prochain, rien n’est sûr, “mais on l’espère bien”, a commenté l’ambassadrice de France, Hélène Duchêne.

  • Pétrole, la guerre des prix 

    Pétrole, la guerre des prix 

    Depuis 2016, les pays de l’OPEP ainsi que la Russie mettent en œuvre une politique de régulation de l’offre de pétrole afin de maintenir un prix élevé. Cette politique se fonde sur une élasticité prix faible et sur la volonté des pays producteurs de préparer l’après pétrole. Cette politique a comme limite la capacité des pays non-membres de l’OPEP dont les États-Unis à augmenter leur production. 

    Les pays signataires de l’accord OPEP+ (pays membres de l’OPEP ainsi que la Russie, le Mexique, le Kazakhstan, Oman, l’Azerbaïdjan, la Malaisie, le Bahreïn, le Brunéi, le Soudan, et le Soudan du Sud) ont décidé de réduire leur production de 6 millions de barils jour afin de soutenir les prix du baril. Cette politique a été mise en œuvre en 2016 en raison de l’effondrement des cours avec l’arrivée du pétrole de schiste d’Amérique du Nord. Si en 2017, la production de pétrole des seuls pays de l’OPEP avoisinait 40 millions de barils/jour, elle n’est plus que de 36 millions de barils jour en janvier 2024. 

    L’effort de régulation pèse essentiellement sur l’Arabie Saoudite qui a limité sa production de deux millions de barils/jour sur la période. Le prix du baril (Brent) qui était tombé à 27 dollars en 2016 tourne autour de 80 dollars depuis un an. La consommation de pétrole est, à court terme, faiblement influencée par le prix de ce dernier.

    La hausse des cours du pétrole a comme effet de rentabiliser de nombreux gisements américains

    La réduction de la production accroît ainsi les revenus des pays producteurs. La consommation de pétrole s’est élevée à 125 millions de barils/jour en 2023. Hors période covid, elle est relativement stable depuis 2019. Elle s’élevait à 87 millions de barils/jour en 2010. La hausse des cours du pétrole a comme effet de rentabiliser de nombreux gisements américains, amenant une forte hausse de la production américaine. Fin 2023, elle dépassait 13 millions de barils/jour contre 9 millions de barils/jour en 2017. 

    Cette augmentation de la production pétrolière américaine pèse en permanence sur les cours et permet l’ajustement entre l’offre et la demande. Elle a permis aux États-Unis de redevenir les premiers producteurs mondiaux de pétrole et les premiers exportateurs.

    pétrole
    ©Photo d’archives Sipa/AP/Amr Nabil

    Les recettes de l’OPEP ont atteint 1 600 milliards de dollars de pétrole en 2022 grâce à la guerre en Ukraine. En 2023, elles ont baissé à 1 200 milliards de dollars

    La politique de l’OPEP est de plus en plus contestée en interne car elle est de moins en moins efficace. Elle n’arrive pas à maîtriser les prix du fait que les États membres ne contrôlent désormais que 35 % de la production mondiale de pétrole et les États Unis 19 %. En 1970, les pays de l’OPEP assuraient à eux seuls 55 % de la production mondiale de pétrole. 

    Les pays de l’OPEP souhaitent un prix du baril proche de 90 dollars, or celui-ci peine à dépasser 80 dollars malgré une nouvelle réduction de production décidée en décembre. 

    Les recettes de l’OPEP issues du pétrole ont atteint 1 600 milliards de dollars en 2022 grâce à l’augmentation des cours provoquée par le déclenchement de la guerre en Ukraine. En 2023, elles ont baissé à 1 200 milliards de dollars. Les pays africains producteurs de pétrole comme le Nigeria et l’Angola estiment que la régulation de l’offre leur nuit. Les divisions croissantes au sein de l’OPEP aboutissent à un non-respect des quotas. 

    Face à cette situation, l’Arabie Saoudite qui jusqu’à maintenant consent l’effort le plus important, menace de mettre du pétrole en grande quantité sur le marché. Une chute brutale des prix menacerait les pays le plus pauvres qui sont souvent ceux qui contestent la politique de l’Arabie saoudite. 

    Dans les prochaines années, les pays de l’OPEP pourraient reprendre la main sur le marché. Ils ont l’avantage de détenir plus de 70 % des réserves de pétrole brut. À terme, ils devraient contrôler 50 % des parts de marché. 

    Le sous-investissement dans le pétrole des entreprises occidentales, au nom des impératifs environnementaux, devrait peser sur la production hors OPEP. De nombreux gisements devraient se tarir dans les prochaines années, en particulier en Russie et aux États-Unis. 

    Sans une nouvelle révolution technique comme celle du début des années 2010 avec le pétrole de schiste, des tensions pourraient apparaître sur le marché surtout en cas d’accélération de la croissance de l’économie mondiale.

  • Jordan Bardella attend du gouvernement qu’il « renonce au Green Deal »

    Jordan Bardella attend du gouvernement qu’il « renonce au Green Deal »

    Lors d’une interview lundi (29 janvier) sur RMC, la tête de liste du Rassemblement national pour les européennes, Jordan Bardella, a déclaré attendre du gouvernement de Gabriel Attal qu’il « renonce au Green Deal ». Pour l’opposition, c’est la preuve que le parti est climatosceptique.

    Depuis quelques jours, l’Europe s’embrase sous les fumées des tracteurs d’agriculteurs en colère. L’occasion pour Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) et tête de liste aux élections européennes du parti, de rappeler l’opposition du RN au Pacte vert pour l’Europe (Green Deal).

    Interviewé lundi matin (29 janvier) au micro de RMC, M. Bardella a ainsi déclaré, à propos du Premier ministre Gabriel Attal« j’attends qu’il renonce au Green Deal ».

    Jamais la demande du chef du parti d’extrême droite n’avait été aussi forte. Le RN a soutenu la « pause réglementaire » réclamée par Emmanuel Macron, puis le moratoire demandé par le Parti populaire européen (PPE) — au sein duquel siègent, au Parlement européen, les élus de Les Républicains (LR) — et Les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), mais jamais de « renoncer » au Green Deal.

    En pratique, cela signifie a minima de « dénoncer » les textes déjà adoptés du Green Deal et que le gouvernement « reconnaisse publiquement les erreurs faites », a déclaré lundi Jean-Paul Garraud, président de la délégation RN au Parlement européen, à Euractiv France.

    D’évidence également, de ne pas voter les textes à venir, a-t-il précisé. Car selon M. Bardella, sur la question agricole comme d’autres, « 90 % du problème se trouve à Bruxelles », feignant dès lors que le gouvernement ne peut pas faire grand-chose pour améliorer la situation des agriculteurs depuis Paris.

    De nouveau, le Green Deal s’annonce au cœur d’élections européennes cruciales.

    « Je pense, et ce seront mes deux grands sujets aux élections européennes, qu’il y a deux grandes menaces qui pèsent aujourd’hui contre la France et qui sont décidées à Bruxelles : le pacte pour les migrations […] et le pacte Vert, qui entraîne les conditions d’une décroissance en Europe », a précisé M. Bardella sur RMC.

    Jordan Bardella
    Session plénière du Parlement européen, le 18 octobre 2023, à Strasbourg, en France. [Union européenne 2023]

    En face, les critiques affluent

    « C’est souvent dans les moments de crise que l’extrême droite révèle son vrai visage », a déclaré Marie Toussaint, tête de liste Europe Écologie — Les Verts (EELV) pour les élections européennes, à Euractiv France.

    « La réalité, c’est que ce sont les ennemis des agriculteurs, les ennemis de l’Europe, et les ennemis de la nature. Leurs mensonges et leur double discours sont patents », a insisté l’eurodéputée française.

    Même son de cloche chez Renew.

    « Jordan Bardella a expliqué pendant des semaines qu’il dirigeait le parti le plus écologiste de France. Aujourd’hui, il appelle à abandonner le plus grand projet politique de notre Histoire en faveur du climat », tance Valérie Hayer, nouvelle cheffe du groupe Renew au Parlement européen, auprès d’Euractiv France.

    « Une fois de plus, l’extrême droite démontre qu’elle n’est rien d’autre qu’une dangereuse girouette populiste », précise-t-elle.

    Pour Pascal Canfin, eurodéputé français (Renew) et président de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen, « Jordan Bardella montre tout simplement la vraie nature du RN : un parti climato-sceptique ».

    Climatosceptique ? M. Garraud s’en défend : « cela n’existe plus au RN ». Néanmoins, le pacte vert reste une « série de mesures qui rate sa cible et accélère la sortie de l’Europe de l’Histoire », si l’on s’en tient aux propos d’Alexandre Loubet, directeur de campagne du RN pour les élections européennes, tenus lors d’un évènement organisé par Euractiv France fin novembre.

    La colère des agriculteurs qui s’exprime en ce moment donne des arguments contre le Green Deal, à des partis d’extrême droite qui caracolent en tête des sondages. Selon les dernières estimations, le RN est dorénavant crédité de 31 % des intentions de vote.

    Au niveau européen, le groupe qui rassemble les alliés du RN, Identité et démocratie (ID), pourrait bien devenir le troisième groupe au Parlement européen et occuper plus de 90 sièges, soit 20 de plus qu’en 2019.

    Le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR), dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, pourrait en grappiller autant et devenir la quatrième force du Parlement. Le parti montre aussi de sérieux signes de réticence à l’égard du Green Deal.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.01.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.01.24

    Bonjour à tous, nous sommes le mercredi 31 janvier 2024, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Norvège, Turquie, Koweit, 3 pays à fuir selon les expatriés – Macron en Suède – Attal a donné son cap aux députés 

    La Turquie, la Norvège et le Koweït sont les pays à fuir selon le baromètre d’Expat Insider d’InterNation.

    Si le Koweit hérite du bonnet d’âne depuis des années, avec de mauvais résultats dans tous les domaines, à quelques exceptions près, comme la langue, la Norvège (52e) fait partie des pays qui ont subi les plus fortes rétrogradations en 2023, perdant 18 rangs par rapport à 2022. Face à une inflation galopante dans toute l’Europe, les « expat’ » en Norvège sont aujourd’hui particulièrement mécontents du coût élevé de la vie. La Turquie (51e) figurait déjà dans les 10 derniers rangs en 2022, mais ses résultats se sont encore dégradés. L’état de l’économie, la situation politique et la liberté d’expression en danger sont des préoccupations majeures pour les expatriés.

    expatriés

    Macron parle défense en Suède 

    Alors que la Suède, pays « allié » de la France, est en plein processus d’adhésion à l’OTAN, la défense européenne est au cœur des échanges de la visite du président qui doit se conclure aujourd’hui. Alors que les deux pays entretiennent des liens étroits en matière de défense en raison de leur participation à la force opérationnelle de lutte antiterroriste française Takuba au Sahel et qu’ils aient toujours trouvé des compromis, Paris et Stockholm ont démontré à plusieurs reprises ces derniers mois qu’ils ne partageaient pas la même vision de ce que devrait être la politique de défense de l’UE.

    OTAN
    Alors que la Suède, pays « allié » de la France, est en plein processus d’adhésion à l’OTAN, la défense européenne sera au cœur des échanges de la visite du président. [EPA-EFE/INDIAN MINISTRY EXTERNAL AFFAIRS / HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES]

    Attal : « Une fierté française à maintenir, une fierté européenne à construire »

    Vingt jours après sa nomination à Matignon, Gabriel Attal a précisé mardi les priorités du deuxième gouvernement du deuxième mandat d’Emmanuel Macron, au cours d’un discours jalonné de nombreuses annonces qui a duré une heure vingt. Dans une atmosphère houleuse marquée par les huées de l’opposition, le Premier ministre le plus jeune de la Ve République a souvent haussé le ton et insisté sur la nécessité de « désmicardiser », « débureaucratiser, « réformer » la France. Il a aussi beaucoup appuyé sur la nécessité de « déverrouiller » et « libéraliser » l’économie et sur le retour de l’autorité. Tous les détails dans notre article sur Lesfrancais.press.

    Attal
    ©AFP – Gabriel Attal lors de son discours de politique générale le 30 janvier 2024

    C’est tout pour ce mercredi, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger ! Belle journée à tous où que vous soyez.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Discours de Gabriel Attal : « Nous sommes la France et rien ne résiste au peuple français! »

    Discours de Gabriel Attal : « Nous sommes la France et rien ne résiste au peuple français! »

    Des mesures pour « éviter la gabegie » et « libérer les Français » marqueront la prise de fonction de Gabriel Attal. Le jeune Premier Ministre a annoncé un ensemble de décisions pour « débureaucratiser la France », lors de sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, mardi 30 janvier. Pour les Français de l’étranger, nous avons compilé les plus importantes. 

    Grand ménage dans l’administration

    Un ensemble de mesures pour « débureaucratiser la France » « Chacun pourra enfin porter plainte en ligne, partout sur le territoire », a annoncé Gabriel Attal. « Tous les organes, comités et autres, qui ne se sont pas réunis ces 12 derniers mois, seront supprimés », a également annoncé le Premier Ministre.

    Revenus et travail

    Le conditionnement du RSA à 15 heures d’activité sera généralisé à tous les départements avant le 1er janvier 2025. Cette expérimentation a déjà été lancée dans 18 départements. Le Premier ministre Gabriel Attal a également affirmé sa volonté de réformer le système du Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) pour « désmicardiser la France ». « Ma priorité est que le travail paye mieux, et toujours plus que l’inactivité, partout et pour tous », a promis Gabriel Attal. 

    Le Premier ministre a aussi, pointé un « paradoxe » en France, avec un salaire minimum « nettement supérieur à celui de nos voisins« , mais « une part de nos travailleurs proches du smic beaucoup plus importante que nos voisins »« Dès le prochain projet de loi de finances (…) nous commencerons à réformer ce système »,  a annoncé le Premier ministre. Des projets de réformes qui s’appuieront notamment « sur les propositions des parlementaires, des partenaires sociaux et sur un certain nombre de travaux d’experts qui sont actuellement conduits ».

    Mais plus surprenant, il a aussi fait la promotion de la semaine de 4 jours. « Comme Premier ministre, je demande à tous les ministres d’expérimenter la semaine en 4 jours, sans réduction du temps de travail dans leur administration », affirme Gabriel Attal. « Les conditions de travail doivent évoluer et l’État doit donner l’exemple »

    Il a évidemment répondu aussi aux agriculteurs. « Nous protégerons toujours davantage nos éleveurs », promet Gabriel Attal, qui annonce trois priorités immédiates : « les jachères, le Mercosur et les importations ukrainiennes, notamment de volailles ». Avant de promettre que toutes les aides de la Politique agricole commune seront versées sur les comptes bancaires des exploitants d’ici au 15 mars

    Attal
    ©AFP – Gabriel Attal lors de son discours de politique générale le 30 janvier 2024

    Sécurité

    Concernant le sentiment d’insécurité de nos compatriotes, Gabriel Attal a déclaré que « dès cette année, chacun pourra enfin porter plainte en ligne, partout sur le territoire ».

    Autre annonce du Premier ministre sur ce thème : « Nous allons doubler les forces de police dans nos rues. Nous nous sommes fixé deux priorités : la lutte contre les stupéfiants et contre la violence au quotidien », a déclaré le Premier Ministre. 

    Santé

    Le Premier ministre est allé aussi dans les détails du quotidien : « Quand on a un rendez-vous chez le médecin et qu’on ne vient pas sans prévenir, on paye. » C’est le souhait émis par Gabriel Attal. Le Premier ministre a également annoncé plusieurs mesures en faveur du secteur médical, comme la nomination prochaine d’« un émissaire chargé d’aller chercher à l’étranger des médecins qui voudraient venir exercer en France ». 

    L’Europe

    Au cœur de la crise avec les agriculteurs, l’Union européenne et la place de la France ont bien sûr été évoquées. Le soutien au projet européen fut franc : « C’est grâce à l’Europe que nous soutenons l’Ukraine face à la Russie, grâce à l’Europe que nous contrôlerons mieux nos frontières avec la loi immigration. Je le dis, ceux qui prônent la fin de l’application des traités sont ceux qui prônent un Frexit déguisé » .

    Vie citoyenne

    « Etre Français en 2024, c’est pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité », a salué Gabriel Attal à la tribune de l’Assemblée nationale.

    « Je n’oublie pas qu’il y a 10 ans, notre pays se déchirait sur le mariage pour tous », a encore avancé le Premier Ministre.

    Il a aussi évoqué l’euthanasie, sujet qu’Emmanuel Macron a mis sur la table en 2023. « Nous répondrons aux demandes de nos concitoyens sur la fin de vie » a déclaré Gabriel Attal.

    Enfin, il a annoncé le renforcement du Service civique et la création de sa version écologique qui devrait rassembler « 50.000 jeunes prêts à s’engager pour le climat ».

    Les oppositions circonspectes

    « On se prépare à un programme de souffrance générale », a par exemple ironisé Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise (LFI), après avoir rencontré Gabriel Attal. « La seule chose qu’il nous ait dite, c’est qu’il était là pour faire du Borne en plus rapide, en plus puissant », a également déploré Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. Tandis que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « le discours le plus réactionnaire depuis un siècle »  en réaction à la déclaration de politique générale de Gabriel Attal devant le Parlement ce mardi.

    Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national, a déclaré sur France Info qu’il était « envisageable » que le parti d’extrême droite dépose sa « propre motion de censure ».

  • La Turquie, la Norvège et le Koweït boudés par les expatriés 

    La Turquie, la Norvège et le Koweït boudés par les expatriés 

    La Turquie, la Norvège et le Koweït sont les pays à fuir selon le baromètre d’Expat Insider d’InterNation. Si le Koweit hérite du bonnet d’âne depuis des années, avec de mauvais résultats dans tous les domaines, à quelques exceptions près, comme la langue, la Norvège (52e) fait partie des pays qui ont subi les plus fortes rétrogradations en 2023, perdant 18 rangs par rapport à 2022.

    Face à une inflation galopante dans toute l’Europe, les « expat’ » en Norvège sont aujourd’hui particulièrement mécontents du coût élevé de la vie. La Turquie (51e) figurait déjà dans les 10 derniers rangs en 2022, mais ses résultats se sont encore dégradés. L’état de l’économie, la situation politique et la liberté d’expression en danger sont des préoccupations majeures pour les expatriés.

    Koweit : le pire accueil

    Avec 90% de ses ressources issues du pétrole, une désertification massive du pays, à peine cachée par ses immenses buildings ultra-modernes et des températures qui ont dépassé les 50 degrés en mai dernier, rien d’étonnant à voir Koweït, capitale du pays éponyme située au cœur du golfe Persique, arriver première des pires villes où s’expatrier.

    Plus précisément, c’est la pire ville pour ce qui est de la facilité d’installation (indice comprenant l’accueil des résidents, la faculté à se faire des amis, la langue et la vie sociale en général), puisque près de 60% des personnes interrogées se disent malheureuses de leur vie sociale (contre 27% en moyenne), et autant sentent une hostilité des locaux à leur égard (contre 19% en moyenne). Koweït arrive aussi avant dernière dans la qualité de la vie urbaine (climat, qualité des transports, des loisirs, stabilité politique et santé), avec une dernière place pour le climat et la qualité des loisirs.

    expatriés
    Vue de Koweit City en 2022 – ©Reuters

    Norvège : trop cher

    La Norvège n’est pas une destination des plus abordables, et c’est en partie pour cette raison qu’elle a perdu tant de place cette année 2023, marquée par l’inflation. Ainsi, le pays scandinave décroche la 52eme place dans l’indice des finances personnelles et plus de trois expatriés sur cinq (62%) jugent négativement le coût de la vie locale. Ainsi, 37% d’entre eux déclarent que le revenu disponible de leur ménage n’est pas suffisant pour mener une vie confortable. En sus, près d’un tiers des résidents étrangers en Norvège disent se heurter à des locaux peu amicaux et plus de la moitié (51%) éprouvent des difficultés à se faire des amis. La qualité de vie ne semble pas non plus être au rendez-vous, en témoigne la 31e place du pays dans cet indice. 

    Turquie : Terrorisme et répression

    Ces dernières années, il y a eu des problèmes avec le terrorisme. Des attaques très médiatisées, comme celle de l’aéroport en 2016. La menace constante de violence rend la situation un peu préoccupante. Sans parler des tentatives d’escroquerie envers les touristes et les expatriés fraîchement arrivés. 

    Côté sécurité, le fait de partager une frontière avec la Syrie n’arrange pas les choses. Bien qu’Istanbul soit à 1400km de toute cette agitation, il y a la menace constante d’attaques terroristes.

    En sus, la censure de la presse et d’Internet, l’absence de liberté d’expression, ainsi que les poursuites et l’emprisonnement de journalistes sont des réalités en Turquie. Wikipedia a été bloqué en 2017 et Blogspot en 2018. Bizarrement, Booking.com est également bloqué. C’est quelque chose à garder à l’esprit si on désire s’y installer.

    Entre tensions internes et externes, la Turquie ne donne pas confiances aux expatriés, ils sont près de 60% à ne pas vouloir prolonger leur expérience dans le pays. 

  • Reconnaissance des diplômes : la galère pour tous ?

    Reconnaissance des diplômes : la galère pour tous ?

    Pour briguer un poste dans un pays étranger, mieux vaut connaître les équivalences de vos diplômes français afin de les rendre intelligibles pour votre interlocuteur. Mais alors quelles sont les équivalences de vos diplômes français à l’étranger ? Quelle sera la reconnaissance professionnelle de vos diplômes d’études secondaires à l’étranger ? Il faut avant tout distinguer deux cas, soit une reconnaissance dans un pays membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (EEE) soit dans un pays tiers. Vous l’aurez compris, la tâche sera facilitée sur le continent européen. 

    En Europe

    Tout d’abord, il faut savoir que la reconnaissance des diplômes n’est pas automatique dans l’Union européenne. Si certaines universités reconnaissent aisément les titres délivrés ailleurs en Europe, elles n’en ont pas l’obligation. Cependant dans le cadre d’une mobilité organisée (Erasmus +, …), la reconnaissance du diplôme obtenu à l’étranger est normalement automatisée. 

    Sinon la reconnaissance s’obtient grâce à une attestation de compatibilité, lorsque la comparaison est possible avec un diplôme délivré dans l’État d’accueil, ou une attestation de reconnaissance d’études / formation à l’étranger.

    La délivrance de ces attestations n’est pas automatique et se fonde, en France, sur une grille d’analyse comprenant notamment le statut de l’établissement d’obtention et la reconnaissance du diplôme dans l’État d’accueil.

    D’autres critères subsidiaires interviennent, tels que l’existence d’un accord entre les deux États, la durée officielle des études, la place du diplôme à l’international, les prérequis pour entrer en formation, les composantes de la certification, les débouchés académiques et professionnels ainsi que les crédits ECTS obtenus. Pour rappel, l’ECTS, ou système européen de transfert et d’accumulation de crédits, offre une meilleure lisibilité européenne des programmes d’études nationaux, et facilite la mobilité des étudiants d’un pays à l’autre et d’un établissement à l’autre.

    Depuis peu, l’ECTS évolue vers un système d’accumulation de crédits mis en œuvre sur les plans institutionnel, régional, national et européen, poursuivant ainsi l’un des objectifs du processus de Bologne. Son fonctionnement est assez simple. Un an d’études est représenté par 60 crédits, soit entre 1 500 et 1 800 heures de travail. Un crédit correspond donc à un volume de travail d’environ 25 à 30 heures, c’est-à-dire le volume de travail que l’étudiant doit normalement fournir. Les crédits ne sont accordés qu’aux étudiants réussissant leurs examens.

    L’échelle de notation ECTS classe les performances des étudiants sur une base statistique. Les grades sont attribués aux étudiants ayant réussi, selon l’échelle suivante :

    -A les 10 % meilleurs ;

    -B les 25 % suivants ;

    -C les 30 % suivants ;

    -D les 25 % suivants ;

    -E les 10 % restants.

    Reconnaissance des diplômes
    ©Stockadobe

    Une difficile reconnaissance

    En théorie, tout professionnel qui détient le diplôme requis pour exercer son métier dans son pays d’origine est considéré, dans les autres pays, comme qualifié pour exercer ce métier. En pratique cependant, il convient de distinguer entre professions réglementées et non réglementées. En effet, Il n’existe pas de liste de diplômes susceptibles d’être reconnus automatiquement au niveau européen, puisque la reconnaissance opère par rapport à la profession à laquelle le diplôme donne accès dans l’Etat membre d’accueil. Les démarches sont donc individuelles et le résultat peut changer d’un pays à l’autre et reste à l’appréciation du fonctionnaire en charge du dossier.

    Il existe cependant 7 exceptions. Ces 7 professions réglementées sont couvertes par des directives sectorielles et bénéficient d’une reconnaissance automatique : médecin (généraliste ou spécialiste), infirmier en soins généraux, sage-femmevétérinairedentistepharmacien et architecte. Cela permet à ces derniers de travailler dans tout pays de l’Union européenne et ce, immédiatement quelles que soient les normes qui s’appliquent aux nationaux.

    Notons que le projet « AR25 » a été lancé à La Haye par 12 organismes nationaux chargés de l’Éducation, comme France Éducation International pour notre pays, le 10 octobre 2023, avec comme objectif d’inventer un dispositif de reconnaissance mutuelle et automatique des diplômes entre pays européens. 

    Reconnaissance des diplômes
    ©France Education

    Hors d’Europe

    On l’a vu au sein d’un espace commun réglementé, la reconnaissance reste très incertaine sauf exception. Qu’en est-il sur le reste de la planète ? 

    En dehors des pays de l’UE et de certains autres pays d’Europe, il n’y a pas de dispositif de reconnaissances de vos diplômes à l’étranger. 

    Pour autant, il existe des organismes internationaux spécialisés dans l’évaluation et la reconnaissance des diplômes étrangers. Par exemple, l’ENIC-NARIC est un réseau européen qui fournit des informations sur la reconnaissance des diplômes dans les pays membres. Vous pouvez contacter l’ENIC-NARIC France pour obtenir des renseignements sur la reconnaissance de votre diplôme français à l’international. De plus, l’UNESCO propose également une base de données en ligne appelée « Répertoire mondial des qualifications de l’éducation » qui peut être consultée en ligne pour vérifier la reconnaissance internationale des diplômes.

    Chaque pays a ses propres procédures et exigences en matière de reconnaissance des diplômes étrangers. Lorsque vous envisagez d’étudier ou de travailler dans un pays en particulier, renseignez-vous sur les organismes compétents et les démarches spécifiques que vous devez entreprendre pour faire reconnaître votre diplôme français. Les ambassades, les consulats et les services éducatifs des pays concernés peuvent fournir des informations précieuses à cet égard.

    Conclusion, n’hésitez pas à contacter les autorités compétentes et les professionnels de l’éducation pour obtenir des conseils personnalisés et des informations précises en fonction de votre situation.

  • La Chine, un modèle fissuré ! 

    La Chine, un modèle fissuré ! 

    Pour compenser les effets dévastateurs de la crise immobilière, les autorités chinoises entendent favoriser le développement des batteries lithium-ion, des voitures électriques et des panneaux solaires. Ces technologies deviendront, selon le Président chinois, Xi Jinping, les « piliers de l’économie ». Grâce à l’électrique, la Chine est devenue le premier producteur et le premier exportateur mondial de voitures. 

    La crise sans fin de l’immobilier

    L’immobilier a porté une partie de la croissance chinoise ces vingt dernières années. Un grand nombre de ménages ont acquis des logements afin de se constituer un patrimoine en vue de la retraite. L’immobilier représente plus de 70 % de leur patrimoine. Le poids du secteur de l’immobilier représenterait en Chine jusqu’à 30 % du PIB, contre 13 % en France. 20 % des Chinois en âge de travailler sont employés dans le secteur de l’immobilier. Le nombre de constructions de logements est de plus de 15 millions par an en Chine. Avec une population en baisse, la demande de logements est faible. 

    Fin 2023, selon Reuters, 648 millions de mètres carrés seraient invendus, représentant plus de 7 millions de logements. Dans ce contexte, les ménages hésitent à acheter des logements par crainte de ne pas pouvoir trouver de locataires. Les ventes de logements des cent plus grands promoteurs immobiliers chinois ont, par voie de conséquence, baissé de 17 % en 2023, et l’investissement global dans les immeubles résidentiels s’est contracté de 8 %. Les promoteurs Country Garden et Evergrande ont connu des défauts de paiement sur leur dette. 

    Chine
    ©Ng Han Guan Associated Press

    Le tout industrie inquiète de plus en plus

    La crise persistante dans l’immobilier conduit à une réallocation des capitaux qui s’orientent de plus en plus vers l’industrie, aidée en cela par l’existence d’allégements fiscaux. Au cours des 11 premiers mois de 2023, les dépenses d’investissement dans la métallurgie, la fabrication de véhicules et la production d’équipements électriques ont augmenté respectivement de 10 %, 18 % et 34 % par rapport à la même période de 2022. Ces investissements contribuent à asseoir la domination du pays dans les secteurs de l’automobile et des énergies renouvelables. Cette dernière suscite une hostilité croissante de la part des pays occidentaux. 

    Depuis 2001, année de l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce, ses exportations ont augmenté de plus de 460 %. En conquérant des parts de marché dans l’intelligence artificielle, l’énergie et dans les véhicules, la Chine touche directement des secteurs clefs des pays de l’OCDE. 

    De longue date, le pays est accusé de pratiquer le dumping, à travers la vente de marchandises à l’étranger au-dessous des prix pratiqués sur le marché intérieur. Ce dumping était plus ou moins toléré, offrant aux consommateurs occidentaux des gains de pouvoir d’achat. Avec le débat sur la destruction des emplois industriels et depuis la crise sanitaire, les Occidentaux ont durci leurs positions. L’élection de Donald Trump en 2016 a modifié les rapports avec la Chine. Son successeur, Joe Biden, a un discours plus policé mais a conservé, en grande partie, la même politique commerciale à l’égard de la Chine. 

    Les investissements opérés par la Chine dans le secteur industriel inquiètent car ils devraient aboutir à une forte progression de la production. Le secteur manufacturier qui pèse 28 % du PIB pourrait atteindre, d’ici 2030, 31 à 36 % du PIB. Ces investissements sont en pourcentage de PIB deux fois plus élevés que ceux des États-Unis. Ils sont financés par l’abondante épargne des ménages chinois qui délaissent l’immobilier. Le taux d’épargne de ces derniers avoisine 40 % du revenu disponible brut, contre 18 % en France ou 8 % aux États-Unis.

    La Chine est menacée d’une surproduction

    Compte tenu de la demande intérieure, la Chine a un cruel besoin de maintenir un haut niveau d’exportation. La Chine est menacée d’une surproduction. Avec des taux d’intérêt maintenus faibles par les pouvoirs publics pour sauver les promoteurs immobiliers et les collectivités locales fortement investis dans la pierre, les entreprises investissent. Les entreprises métallurgiques augmentent ainsi leur production d’acier au moment où la demande fléchit en raison de la baisse de la construction. Cette surproduction aboutit à des baisses de prix et à des pertes importantes. Les prix industriels ont diminué de 2 % au cours des 11 premiers mois de 2023 et les bénéfices de 4 %. 

    Chine
    ©Stockadobe

    Un modèle de plus en plus fragilisé

    Avec la baisse des échanges avec les États-Unis et le ralentissement de la croissance, la monnaie chinoise se déprécie. Le yuan a perdu, de 2022 à 2023, 9 % de sa valeur sur une base pondérée par les échanges commerciaux. Les contentieux commerciaux tendent à se multiplier. 

    En novembre dernier, Le Royaume-Uni a engagé une enquête sur les excavatrices chinoises, après que la société britannique, JCB, a, a affirmé que ses concurrents chinois recouraient au dumping. 

    L’Union européenne a lancé une enquête antisubventions sur les véhicules électriques chinois et une enquête antidumping sur le biodiesel chinois. L’administration de Joe Biden a demandé à l’Union européenne de taxer les produits chinois. En contrepartie, elle était prête à réduire les droits de douane américains sur l’acier européen. En rétorsion, la Chine a annoncé, le 5 janvier, des enquêtes antidumping sur des produits agroalimentaires. 

    Les sanctions commerciales à l’encontre de la Chine ne sont pas une exclusivité occidentale. En septembre 2023, l’Inde a institué de nouveaux droits antidumping sur l’acier en provenance de Chine. En décembre, elle a introduit de nouveaux droits sur les machines laser industrielles. Le Mexique est confronté de son côté à un problème cornélien, accepter des usines chinoises sur son territoire qui contribueront à la croissance du pays mais au risque d’indisposer les Etats-Unis. Ces derniers estiment que ces usines visent à contourner les sanctions qu’ils prennent contre les produits chinois. Pour éviter toute suspicion d’entente avec la Chine, le Mexique a récemment décidé de relever de 80 % ses droits de douane sur les importations d’acier en provenance de ce pays. 

    La Chine à la croisée des chemins

    La Chine est confrontée à une série de défis. Elle doit surmonter les effets du vieillissement et des sanctions commerciales. Aujourd’hui, devenue premier exportateur mondial, elle ne peut plus compter sur la mansuétude des pays développés. Le statut de la nation la plus favorisée au sein de l’OMC est difficilement tenable. En vertu de ce statut qui est accordé aux pays en développement, la Chine pouvait exporter librement tout en maintenant des dispositifs de protection sur son marché intérieur. Les pratiques de dumping et les aides aux entreprises feront l’objet d’une attention croissante de la part des autres pays. 

    La Chine est amenée à renouveler son modèle en privilégiant les productions rentables. Le gouvernement chinois ne peut pas accepter un ralentissement rapide de la croissance et une montée du chômage. La pérennité du régime communiste repose, depuis l’ouverture de la Chine au monde en 1978, sur l’amélioration des conditions de vie et donc du pouvoir d’achat. Un moindre enrichissement pourrait déboucher sur des revendications sociales ou politiques, ce que ne veut en aucun cas le pouvoir en place.

  • Emmanuel Macron se rendra en Suède pour parler défense, alors que la Hongrie bloque l’adhésion du pays à l’OTAN

    Emmanuel Macron se rendra en Suède pour parler défense, alors que la Hongrie bloque l’adhésion du pays à l’OTAN

    Le président de la République Emmanuel Macron se rendra en Suède les 30 et 31 janvier, sur invitation du roi de Suède Charles XVI Gustave. Les deux pays évoqueront la défense européenne, le futur partenariat économique franco-suédois et des mesures de soutien à l’innovation.

    Alors que la Suède, pays « allié » de la France, est en plein processus d’adhésion à l’OTAN, la défense européenne sera au cœur des échanges de la visite du président.

    Le renforcement du partenariat franco-suédois en matière de défense européenne et la réaffirmation du soutien à l’Ukraine constitueront les priorités de la réunion, a déclaré l’Élysée avant la visite.

    La visite de M. Macron intervient également à quelques jours d’une réunion délicate du Conseil européen, qui se tiendra le 1er février et au cours de laquelle les dirigeants de l’UE discuteront de la proposition d’aide financière de 50 milliards d’euros à l’Ukraine, que Budapest a bloquée, ainsi qu’un soutien militaire, alors que la guerre en Ukraine atteindra bientôt le cap des deux années de combat.

    La Commission devrait également présenter sa stratégie globale pour l’industrie européenne de la défense (EDIS) à la fin du mois de février, dans le but de stimuler la production d’armes au sein de l’Union.

    Bien que les deux pays entretiennent des liens étroits en matière de défense en raison de leur participation à la force opérationnelle de lutte antiterroriste française Takuba au Sahel et qu’ils aient toujours trouvé des compromis, Paris et Stockholm ont démontré à plusieurs reprises ces derniers mois qu’ils ne partageaient pas la même vision de ce que devrait être la politique de défense de l’UE.

    Alors que Paris a insisté à plusieurs reprises pour que l’industrie de défense de l’Union soit prioritaire dans les programmes et les fonds de défense de l’Union, Stockholm — ainsi que les pays baltes et les États membres de l’UE les plus réticents à l’Est — a fait valoir que cela n’était pas compatible avec les besoins urgents de la guerre et la reconstitution des stocks.

    Cela dit, « la Suède est un pays qui pense comme la France », autant dans les instances européennes qu’à l’OTAN, insiste l’Élysée, avant d’ajouter que les deux pays veulent aller plus loin en matière de sécurité européenne, sans toutefois donner plus de détails.

    Le nouveau débat sur une stratégie à long terme pour l’industrie de la défense a quelque peu rapproché les deux pays, Politico rapportant qu’ils ont récemment signé un document appelant à une approche « ascendante ».

    En ce qui concerne le renforcement des relations bilatérales entre les puissances nucléaires que sont la France et la Suède, il existe un « respect mutuel » et une « volonté commune », a déclaré l’Élysée, car Stockholm attend toujours de rejoindre l’alliance militaire occidentale, l’OTAN.

    La relation franco-suédoise est « excellente » d’un point de vue opérationnel et industriel, a également déclaré l’Élysée

    Emmanuel Macron veut « confirmer la place de la France comme partenaire de confiance de la Suède sur la défense et la sécurité », résume l’Élysée.

    Emmanuel Macron prononcera un discours sur les enjeux de la défense européenne devant de jeunes officiers suédois et des représentants des forces armées.

    La visite d’Emmanuel Macron est la première visite d’un chef d’État français depuis 2000.

    OTAN
    Alors que la Suède, pays « allié » de la France, est en plein processus d’adhésion à l’OTAN, la défense européenne sera au cœur des échanges de la visite du président. [EPA-EFE/INDIAN MINISTRY EXTERNAL AFFAIRS / HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES]

    Frustration en Hongrie

    Le parlement turc a ratifié mardi (23 janvier) l’adhésion de la Suède à l’OTAN afin qu’elle devienne le 32e membre de l’alliance militaire, la Hongrie demeurant le dernier obstacle à l’adhésion du pays nordique à l’organisation.

    En Hongrie, le parti social-démocrate MSZP (Parti socialiste hongrois) a appelé à un vote immédiat sur la candidature de la Suède à l’OTAN, et le Premier ministre Viktor Orbán a déclaré que la ratification devrait avoir lieu « dès que possible ».

    Toutefois, dans une interview accordée à index.hu, le président de l’Assemblée nationale hongroise, László Kövér, a déclaré qu’il n’y aurait probablement pas de vote extraordinaire sur l’adhésion de la Suède à l’OTAN.

    « Je n’ai pas l’impression que quelque chose soit urgent pour nous », a déclaré M. Kövér.

    Selon lui, la Suède a calomnié la Hongrie et aurait dû faire plus pour améliorer les relations diplomatiques entre les deux pays, alors que le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billström, a clairement exprimé sa position à ce sujet.

    « Non, je ne partage pas le jugement selon lequel nous avons agi de la sorte. En tant que ministre des Affaires étrangères, je n’ai pas calomnié la Hongrie », a déclaré M. Billström au journal suédois Aftonbladet.

    La déclaration du président hongrois László Kövér ne reflétait que « son opinion », a déclaré M. Billström.

    « Il représente le Parlement, mais je suppose que les Hongrois sont conscients des promesses qu’ils ont faites au monde extérieur. Ils ne seront pas les derniers à ratifier la Suède », a ajouté M. Billström.

    La Hongrie a déjà déclaré qu’elle ne serait pas la dernière à ratifier l’adhésion de la Suède à l’alliance de défense. Une promesse qui n’est pas gravée dans le marbre, selon le président du parlement hongrois.

    « Quelqu’un doit être le dernier », a-t-il simplement conclu.


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