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  • Beaucoup de « fantasmes », les Européens gagnants : le CETA vu du Canada

    Beaucoup de « fantasmes », les Européens gagnants : le CETA vu du Canada

    Dans les fermes canadiennes, on regarde d’un air circonspect la non-ratification par le Sénat français de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada la semaine passée, car du côté occidental de l’Atlantique les experts expliquent que l’entente profite surtout aux Européens.

    Suite à son approbation par le Parlement européen début 2017, cet accord — le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE), CETA — est déjà appliqué de manière provisoire depuis septembre de la même année.

    Depuis le début des manifestations d’agriculteurs au sein de l’Union,  cependant, les accords commerciaux de libre-échange, négociés par la Commission, sont devenus le symbole de l’abandon de l’agriculture européenne, au profit de l’industrie et des services.

    L’accord avait été voté en 2019 par l’Assemblée nationale, alors qu’Emmanuel Macron disposait de la majorité absolue. Depuis, le gouvernement refusait de faire voter la chambre haute, condition nécessaire pour que la France puisse formellement valider l’accord.

    Sans grande surprise, le projet de loi portant sur le volet économique et commercial du CETA a été rejeté par le Sénat français ce jeudi 21 mars, par 211 voix contre sur 255 exprimés.

    Un accord objet de beaucoup de « fantasmes » en Europe

    Pour Geneviève Dufour, experte en droit du commerce international à l’Université d’Ottawa, il continue à y avoir beaucoup de « fantasmes » dans la vision européenne de l’agriculture canadienne.

    « On entend souvent parler du bœuf aux hormones, des organismes génétiquement modifiés… » Mais « dans les faits, ce n’est pas exactement ce qui se passe ». « Les Français peuvent décider de ne pas importer certains produits, c’est d’ailleurs ce qu’ils font », explique-t-elle.

    Car en pratique, aucune marchandise interdite dans l’UE ne passe la barrière des douanes, en raison des règles fixées par l’accord.

    Et « pour une très grande majorité des produits, on a des normes équivalentes en matière de sécurité alimentaire », glisse l’experte.

    CETA
    Suite à son approbation par le Parlement européen début 2017, cet accord — le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE), CETA — est déjà appliqué de manière provisoire depuis septembre de la même année. [Marc Bruxelle /Shutterstock]

    Un accord déjà très encadré

    Ces restrictions sont d’ailleurs vues d’un mauvais œil par les agriculteurs et la filière agroalimentaire, qui ne comprennent pas le rejet par l’UE de leurs pratiques.

    « Ça n’a pas été une bonne entente pour le Canada dès le début parce que l’Europe a décidé de mettre des restrictions techniques », explique Kirk Jackson, agriculteur et représentant des éleveurs bovins canadiens, qui défend l’utilisation d’hormones dans ce secteur.

    Pour ce dernier, ces pratiques sont contrôlées et s’« appuient sur la science ».

    « Nos aliments passent par un système de vérification de haut niveau et scientifiquement il n’y a pas de risque. Donc tout cela n’est que mensonges et informations non confirmées pour enfreindre le commerce », estime Michael Harvey, directeur général de l’Alliance canadienne pour l’agroalimentaire.

    Dans ce contexte, le marché européen est loin de se retrouver inondé de viandes canadiennes car très peu d’éleveurs ont décidé de se lancer vers l’export au-delà de l’Atlantique.

    En 2023, l’UE a importé 1,360 tonne soit à peine 2 % du volume permis par l’entente, et la France moins de 30 tonnes.

    Un accord qui profite davantage aux Européens

    « Quand on regarde les chiffres, on se rend compte que ce sont les Européens qui y gagnent le plus dans cet accord et que les Français ne sont vraiment pas en reste ». « Le Canada est un excellent marché d’exportations pour la France », estime Geneviève Dufour.

    Dans les chiffres, les éleveurs bovins européens ont en effet considérablement augmenté leurs exportations qui sont passées à 14 000 tonnes de bœuf contre 1 700 tonnes en 2016.

    Parmi les autres produits gagnants de l’entente : les vins et spiritueux, les fromages.

    Et puis « on ne peut pas réduire l’accord de libre-échange à seulement l’agriculture », rappelle Geneviève Dufour.

    « La France a beaucoup gagné en matière de protection pharmaceutique et les entreprises peuvent répondre aux appels d’offres publics, une possibilité que le Canada n’avait jamais octroyée à aucun partenaire », ajoute l’avocate.

    Un accord qui pourrait être déterminant à l’avenir

    Le Canada a surtout exporté depuis sept ans vers l’UE et la France des matériaux de transports, du pétrole, ainsi que des minerais tels que l’uranium et le lithium, essentiels pour la transition climatique.

    Et ces échanges entre l’UE et le Canada ont pris une nouvelle tournure depuis le début de la guerre en Ukraine et les sanctions européennes contre le régime de Vladimir Poutine.

    Grâce au CETA, l’UE a pu substituer des produits canadiens aux produits russes qu’elle n’importe plus — ainsi les exportations canadiennes de pétrole, nickel, engrais, blé ont fortement progressé.

    Et à l’avenir, cela « pourrait être encore plus utile », explique une source diplomatique. « Le Canada est une terre de minéraux critiques et les Européens vont en avoir besoin pour continuer leurs efforts de transition énergétique ».


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.03.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.03.24

    Bonjour à tous et à toutes nous sommes le jeudi 28 mars et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans nos titres : Mélanie Vogel, celle qui a fait plier le Sénat – Toujours plus de touristes en France – Un proviseur démissionne à cause du Voile

    Une sénatrice des Français de l’étranger active 

    Elle a été l’une des forces motrices de l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution en signant la toute première proposition de loi examinée par le Sénat sur le sujet en octobre 2022. Une proposition rejetée de peu. Il aura fallu batailler un an et demi pour que cette avancée fondamentale pour les femmes aboutisse. Résultat : mercredi 28 février 2024, le Sénat se prononce très largement en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution par 267 voix pour, 50 voix contre. Retrouvez Mélanie Vogel dans un podcast exclusif sur lesfrancais.press 

    100 millions de touristes en France

    Si on aime moins les Français, le pays de cœur de la planète reste la France. Ainsi 2023 signe, la première année complète depuis la pandémie, pour le secteur du tourisme, qui a pu reprendre de belles couleurs. Notamment grâce à l’hôtellerie, avec un revenu par chambre en hausse de 15% par rapport à 2022 et de 25% par rapport à 2019, grâce à l’attractivité de trois régions en particulier : la Provence Alpes Côte d’Azur (+31,9%), l’Île-de-France (+28,5%) et l’Auvergne Rhône Alpes (+23,9%). Sans oublier les destinations de montagne, dont le taux d’occupation a largement dépassé les 90% pour les hôtels et résidences dans les Alpes du Nord. 2024 devrait être un millésime encore supérieur avec les JO et les 80 ans du débarquement. 

    France
    ©Adobe Stock

    À Paris, la République défaite ? 

    Le proviseur avait été menacé de mort sur les réseaux sociaux pour avoir demandé à une lycéenne de retirer son voile. Ce mardi 26 mars, le rectorat a confirmé son « départ anticipé ». Il a été reçu ce mercredi par Gabriel Attal à Matignon. Un départ à la retraite anticipé qui fait beaucoup de vagues tant pour les acteurs politiques que pour ceux liés à l Éducation.

    C est tout pour aujourd’hui on se retrouve demain pour la dernière édition du bulletin des Français de l étranger de la semaine ! Je vous souhaite une belle journée ou que vous soyez 

    Écoutez le bulletin des Français de l étranger

  • Mélanie Vogel : « l’IVG, une condition de la République française »

    Mélanie Vogel : « l’IVG, une condition de la République française »

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    De l’inscription de l’IVG dans la Constitution au statut des conseillers des Français de l’étranger, en passant par les élections européennes, la sénatrice écologiste des Français établis hors de France, Mélanie Vogel, revient sur les temps forts de la vie politique du pays et ses conséquences qui vont au-delà des frontières de l’Hexagone. 

    Elle a été l’une des forces motrices de l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution en signant la toute première proposition de loi examinée par le Sénat sur le sujet en octobre 2022. Une proposition rejetée de peu. Il aura fallu batailler un an et demi pour que cette avancée fondamentale pour les femmes aboutisse. Résultat : mercredi 28 février 2024, le Sénat se prononce très largement en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution par 267 voix pour, 50 voix contre. « Une victoire écrasante » selon la sénatrice qui explique ce revirement par « une collaboration constructive et solidaire entre parlementaires (…) Il fallait qu’on avance ensemble, de manière transpartisane ». Un autre facteur déterminant selon Mélanie Vogel est l’étroite collaboration entre les élus et les associations féministes engagées dans ce combat qui ont été associées à toutes les décisions stratégiques. Enfin, grâce à la mobilisation de tous, le débat a fini par exister partout « y compris dans les foyers des sénateurs de droite qui étaient contre et qui à un moment ont ressenti une pression importante de la société. »

    IVG : l’exemple français

    Désormais, la France garantit la liberté de recourir à l’avortement, un signal fort envoyé également aux autres pays. Certains d’ailleurs souhaitent suivre l’exemple français. « Le lendemain du vote au Congrès, une partie du gouvernement espagnol a annoncé vouloir promouvoir une initiative similaire. J’ai des collègues au Portugal, en Belgique, en Autriche qui souhaitent s’engager dans la même direction (…) la simplicité et la puissance de ce message font que, dans d’autres pays, beaucoup ont commencé à se poser la question. L’IVG est-elle une option ou un droit fondamental ? Je pense que ça va faire tache d’huile. » 

    Mélanie Vogel
    Mélanie Vogel

    Conseillers des Français de l’étranger, des élus de seconde zone ?

    Par ailleurs, alors que le 7 mars dernier le Sénat adoptait une proposition de loi sur la création d’un statut de l’élu local, la sénatrice, à travers 12 amendements déposés, tentait d’améliorer celui des conseillères et conseillers consulaires. Accès à la formation, validation des acquis de l’expérience, prise en charge des frais pour assurer les activités liées au mandat… en vain.  Les amendements n’ont même pas été discutés. « Ces élus n’ont pas toujours droit à la même considération de la part de l’Etat. Ce qui est problématique dans la mesure où ils sont élus au suffrage universel direct. De là, découle la légitimité démocratique (…) Ce texte souffre d’un angle mort majeur s’agissant des représentants des Français établis hors de France. » 

    Les élections européennes de juin : le scrutin de la décennie

    Enfin, dernier sujet et non des moindres, les élections européennes qui auront lieu entre le 6 et le 9 juin prochains. Un scrutin pour lequel la mobilisation n’est pas chose facile, d’autant plus quand une partie de l’électorat ne réside ni en France ni même au sein de l’Union Européenne. « L’enjeu de ces élections est existentiel. Le nouveau Parlement européen aura-t-il une majorité disposée à prendre des mesures suffisantes pour lutter contre la crise climatique, contre l’injustice sociale, pour garantir nos libertés (…) ou aura-t-on cette poussée de mouvements nationalistes ? » questionne l’élue. Par ailleurs, Mélanie Vogel rappelle que de nombreuses politiques européennes ont un impact direct sur la vie des citoyens français qui vivent à l’étranger. 

    Le vote par internet pour faciliter la participation

    Elle lance un appel aux électeurs pour qu’ils exercent leur droit de vote. Un geste qui pourrait être simplifié par le vote en ligne, la sénatrice n’y est pas opposée. « La responsabilité de l’Etat est de faire tout ce qui est possible pour faciliter l’accès au scrutin. Quand vous êtes toute seule à Belém au Brésil, c’est beaucoup plus compliqué que lorsque vous habitez à 400 mètres de l’école dans laquelle vous votez. » Et Mélanie Vogel de conclure : « Aucune difficulté technique ne devrait être un obstacle à l’exercice du droit de vote. » 

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • La France, ce pays que tout le monde nous envie ! 

    La France, ce pays que tout le monde nous envie ! 

    Cocorico ! La France est toujours le pays le plus visité au monde. Avec 100 millions de touristes étrangers (hors donc expatriés), l’année 2023 confirme l’attrait de notre pays ! 

    La Covid est bien loin

    Avec 100 millions de visiteurs internationaux en 2023, l’Hexagone fait figure de «seule destination au monde à avoir retrouvé ses chiffres d’avant Covid-19», se réjouit l’Elysée. Un enthousiasme que partage Dominique Marcel, président d’Alliance France Tourisme, rappelait, le mercredi 10 janvier à l’AFP, que la «résilience dont a fait preuve le secteur en dépit des événements de ces dernières années : gilets jaunes, pandémie, grèves, attentats, émeutes…». 

    2023 signe, ainsi, la première année complète depuis la pandémie, pour le secteur du tourisme, qui a pu reprendre de belles couleurs. Notamment grâce à l’hôtellerie, avec un revenu par chambre en hausse de 15% par rapport à 2022 et de 25% par rapport à 2019, grâce à l’attractivité de trois régions en particulier : la Provence Alpes Côte d’Azur (+31,9%), l’Île-de-France (+28,5%) et l’Auvergne Rhône Alpes (+23,9%). Sans oublier les destinations de montagne, dont le taux d’occupation a largement dépassé les 90% pour les hôtels et résidences dans les Alpes du Nord.

    En 2021, le plan Destination France, lancé par le gouvernement de Jean Castex, avait octroyé 1,9 milliard d’euros pour l’innovation et l’attractivité du tourisme, une somme dont «le déploiement est en cours», d’après l’Elysée. La deuxième édition du sommet Destination France, qui s’est déroulée en janvier, au château de Chantilly, a réuni des investisseurs français et étrangers, des représentants privés et publics du secteur et des citoyens, avec pour dessein de «promouvoir l’attractivité du secteur du tourisme français, qui représente 7,5% du PIB et 2 millions d’emplois directs», selon l’Elysée.

    France

    Ne pas se reposer sur ses lauriers

    En cette année olympique, le nombre de touristes devrait encore progresser. Cependant, si la diversité des paysages, la richesse de l’architecture, la pluralité de son histoire, fascinent toujours autant les touristes, notre « sens de l’accueil » est de moins en moins accepté. 

    Il suffit de se balader sur les réseaux sociaux pour constater que certains touristes ne gardent pas forcément une bonne expérience de leur venue dans le pays des Lumières. « Je me sens très isolée, les gens ici sont indifférents », constatait une touriste américaine dans une vidéo sur Tik-Tok reprise dans un reportage de Cnews à regarder ci-dessous.

    Regarder le reportage de Cnews

    A quelques semaines des Jeux Olympiques 2024, 60% des hébergements hôteliers et des résidences parisiennes sont déjà réservés, «du jamais vu dans l’histoire de cette compétition sportive», s’exclame Vanguélis Panayotis, de MKG Consulting, bureau d’études à l’origine du bilan 2023 et des perspectives 2024 publiées ce mercredi par Alliance France Tourisme. Mais depuis le début du mois de mars, les réservations sont à l’arrêt et des annulations commencent à arriver sur les bureaux des gestionnaires d’hôtels. Verdict dans un peu plus de 3 mois. 

  • Le Brésil, la grande puissance économique de demain ?

    Le Brésil, la grande puissance économique de demain ?

    Régulièrement, le Brésil est annoncé comme une future grande puissance devant prendre place aux côtés des États-Unis et de la Chine. Or, à chaque fois, l’espoir retombe brutalement. Malgré des richesses importantes, une population en croissance, le pays retombe dans ses travers, parmi lesquels figurent la corruption, le protectionnisme et les inégalités. 

    Membres des BRICS, le Brésil semble de plus en plus attiré par les régimes autoritaires comme la Russie ou la Chine. Or, ce pays aurait tout avantage, en matière de complémentarité, à renforcer ses relations avec les États de l’OCDE. Le Brésil est, après les États-Unis, la deuxième puissance démographique et économique des Amériques. Il comptait, en 2022, 215 millions d’habitants dont plus des quatre cinquièmes habitent en milieu urbain. Il est le cinquième pays du monde par sa superficie (8,5 millions de km²). Son PIB s’élevait à 2 127 milliards de dollars en 2023 selon les dernières projections du FMI, ce qui place le pays au 9ème rang mondial devant le Canada et juste derrière l’Italie.

    Troisième exportateur agricole mondial

    Le Brésil peut compter sur une économie diversifiée même si l’agriculture constitue un vecteur important de sa croissance. Le Brésil est le 3e exportateur agricole mondial avec 7 % des parts de marché, tout en ne représentant, de manière globale, que 1,4 % du commerce mondial. L’agroalimentaire et le négoce agricole pèsent 20 % du PIB. 

    Le pays est, en effet, le premier producteur mondial de café, de jus d’orange et de sucre ; le 2e producteur de soja et de viandes bovines et le 3e en ce qui concerne les volailles et le maïs. 

    Le Brésil est également un important producteur d’énergie et de matières premières. Il dispose de réserves importantes pour le fer, l’aluminium et pour de nombreux métaux précieux. 

    Le Brésil est le 10e producteur de pétrole mondial avec une production de plus de 3,7 millions de barils/jour en 2023. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, le pays pourrait devenir le 6e producteur mondial de pétrole d’ici 2035. 

    Le Brésil dispose également d’un puissant secteur industriel (machines outil, énergie, matériels de transport, automobile, aéronautique, électronique). 

    Le pays peut également compter sur un secteur tertiaire dynamique en particulier dans les domaines de la banque, l’assurance et de la distribution. 

    Brésil
    Drapeau brésilien et drapeau du Mercosur devant le siège de l’organisation au Brésil ©Stockadobe

    Les hauts et bas du Brésil

    Les cycles économiques, au Brésil, sont violents, les phases de forte croissance et de forte récession se succèdent à un rythme forcené. Les tensions inflationnistes sont permanentes dans un pays soumis à un interventionnisme public important et se traduisent par une dette publique élevée. Elle dépassait, en 2023, 88 % du PIB. Cette dernière s’élevait à 57 % en 2014. 

    Hormis la période covid, la dernière grande crise date de 2015/2016. Le PIB du pays avait reculé en deux ans de plus de 6 %. La récession s’était nourrie des scandales politiques à répétition et a été accentuée par la chute des cours des produits agricoles et des matières premières. Durant la première partie des années 2010, l’inflation a provoqué une baisse du pouvoir d’achat des Brésiliens et une fuite des capitaux. La croissance au Brésil en 2023 a été d’un niveau élevé (+3,1 %), proche de celle de 2022 (+2,9 %). En 2021, dans le cadre du rebond postpandémie, le taux de croissance avait atteint 5 % faisant plus que compenser le recul de 2020 (-3,3 %). 

    Le PIB brésilien est désormais supérieur à son niveau prépandémie (+7,7 % en 2023 par rapport à 2019 en termes réels). 

    Le Brésil semble être entré dans un nouveau cycle d’expansion même si plusieurs facteurs pourraient entraver cette dernière : la faiblesse de l’épargne et de l’investissement, l’inflation, la qualité des infrastructures publics, l’insécurité, les inégalités et le positionnement géopolitique. 

    Le problème de l’investissement et de l’épargne

    Un pays émergent se caractérise, en règle générale, par un taux d’investissement et un taux d’épargne élevés. En 2023, le taux d’investissement était, au Brésil de 18 % du PIB, contre 25 % au Mexique, 32 % en Inde et 42 % en Chine. Toujours en 2023, le taux d’épargne s’élevait à 18 % du PIB au Brésil, contre 22 % au Mexique, 30 % en Inde et 45 % en Chine. Un faible taux d’investissement est synonyme, sur moyenne période, d’une croissance faible. 

    Les gains de productivité sont depuis une vingtaine d’années faibles et plus proches de ceux des pays occidentaux que de ceux des pays émergents. Ces faibles gains constituent un handicap majeur pour l’enclenchement d’un cycle vertueux de croissance. L’inflation sur moyenne période tourne autour de 6 % tout comme l’augmentation des salaires. Cette dernière en étant nettement supérieure aux gains de productivité (entre 1 et 2 %), les entreprises sont contraintes d’accepter des baisses de taux de marge et d’augmenter leurs prix. Cela induit une dégradation de la compétitivité des entreprises brésiliennes.

    Les gouvernements successifs ne favorisent pas une recherche accrue de compétitivité et la maîtrise des salaires en privilégiant des politiques protectionnistes. Pour lutter contre l’inflation, la banque centrale est contrainte de maintenir des taux directeurs élevés. Au début de 2024, le taux SELIC (taux directeur brésilien) était de 12 % soit près de trois plus élevé que les taux de la BCE. Hormis pendant la période covid, les taux directeurs au Brésil évoluent entre 10 et 12 % ce qui pénalise l’investissement des entreprises. 

    La population active continue à augmenter au Brésil (+0,4 % par an) quand elle décline au sein de l’OCDE et en Chine. La proportion des 15/39 ans dans la population totale est de 39 % contre 33 % en Chine et 38 % dans les pays de l’Asie du Sud Est. En Inde, ce ratio est de 42 % et au Mexique de 40 %. La proportion des 15/30 par rapport à la population âgée de 15 à 64 ans est de 56 % au Brésil. 

    Une dépendance croissante vis-à-vis de la Chine et de la Russie

    Depuis 2015, le Brésil a joué la carte des Brics en se détournant des États-Unis et de l’Union européenne. Les exportations vers la Chine et la Russie sont passées de 20 à 120 milliards de dollars entre 2010 et 2023. Celles vers les États-Unis sont, sur la même période, passées de 20 à 40 milliards de dollars et celles vers l’Union européenne de 20 à 50 milliards de dollars. Les importations en provenance des États-Unis et de l’Union européenne sont relativement stables quand celles de Chine et de Russie progressent rapidement. Ces dernières se sont élevées en 2023 à plus de 70 milliards de dollars, contre 40 milliards de dollars tant pour celles des États-Unis ou de l’Union européenne. 

    Les importations de Chine et de Russie ont été multipliées par quatre en quinze ans. La Chine comme la Russie ne sont plus ou pas des marchés porteurs compte tenu de l’évolution de leur population. L’Europe et les États-Unis demeurent les zones commerciales les plus dynamiques. 

    Les difficultés commerciales entre l’Union européenne et le Mercosur – dont le Brésil est membre – ne facilitent pas une réorientation des échanges. Vus du Brésil, l’Europe comme les États-Unis mettent en œuvre des politiques protectionnistes visant à exclure de leurs marchés les pays émergents. 

    Malgré ou plutôt à cause des mesures protectionnistes, l’industrie brésilienne recule au sein de la valeur ajoutée depuis une dizaine d’années. Le pays se spécialise de plus en plus dans l’agroalimentaire et dans les services. Le secteur tertiaire représente 60 % du PIB quand les autres secteurs pèsent moins de 10 points de PIB. 

    La production d’électricité par habitant est de 3 000 kilowatts en 2022, contre 6 200 en Chine, 2 900 au Mexique et 1 200 en Inde. Cette production est stable depuis une quinzaine d’années quand elle augmente en Chine et en Inde. Le Brésil dispose d’un réseau correct pour le ferroviaire mais, au vu de la superficie du pays, il demeure insuffisant.

    Des inégalités persistantes

    Le Brésil est un pays émergent principalement en raison de la persistance d’importantes inégalités sociales. En retenant l’indice de Gini, les inégalités sont deux fois plus importantes au Brésil qu’au sein de la zone euro. Elles sont 40 % plus importantes qu’aux États-Unis. L’indice de développement humain des Nations unies du Brésil est inférieur à celui de la Chine et est plus proche de celui de l’Inde que de celui des États-Unis. Le niveau de formation reste faible au Brésil même s’il est supérieur à celui de la Chine. Un cinquième des actifs sont diplômés de l’enseignement supérieur au Brésil contre la moitié aux États-Unis. 

    Un endettement public et extérieur élevé

    Le Brésil accumule des déficits publics élevés depuis de nombreuses années. En 2023, ce déficit a dépassé 8 % du PIB. Cette accumulation conduit à une dette de 88 % du PIB et a comme conséquence des taux d’intérêt élevés. Malgré les exportations de produits agroalimentaires et d’énergie, la balance courante du Brésil est déficitaire. Le pays importe une part croissante des biens industriels consommés. La dette extérieure a atteint, en 2023, 45 % du PIB. 

    Le Brésil a d’indéniables atouts dont la jeunesse de sa population active et la force de son agriculture. En revanche, il est pénalisé par la déficience de ses infrastructures et l’insuffisance de l’investissement. L’insécurité juridique constitue également un handicap.

  • Premier char de combat franco-allemand : le projet se concrétise

    Premier char de combat franco-allemand : le projet se concrétise

    Les ministres français et allemand de la Défense, Sébastien Lecornu et Boris Pistorius, ont annoncé vendredi (22 mars) des avancées majeures en matière de collaboration bilatérale : les deux pays commenceront officiellement à développer un nouveau char et à produire des équipements militaires en Ukraine.

    En 2017, Emmanuel Macron et la chancelière de l’époque, Angela Merkel, s’étaient mis d’accord pour étudier la possibilité de produire ensemble le premier char de combat franco-allemand, le Système Principal de Combat Terrestre (Main Ground Combat System, MGCS).

    Cependant, il n’était pas certain que le MGCS soit un jour réalisé, car il est resté longtemps bloqué dans une phase initiale de définition du champ d’application en raison de désaccords complexes entre les fabricants et les gouvernements des deux parties.

    Les négociations sur la répartition des tâches entre les fabricants français et allemands et sur la modularité du char semblent désormais réglées.

    « Nous avons fait un pas en avant aujourd’hui. Il n’est pas exagéré de dire que c’est historique pour un projet comme celui-ci », a annoncé M. Pistorius à la presse vendredi à Berlin, à l’issue des entretiens avec son homologue français.

    « Nous nous sommes mis d’accord sur la répartition de toutes les tâches pour ce projet majeur », a-t-il ajouté, refusant de fournir des détails concernant les composants qui seront produits par les deux parties, ce qui avait fait l’objet de controverses dès le départ.

    La répartition exacte des tâches sera rendue publique dans le cadre d’un protocole d’accord commun, qui devrait être signé le 26 avril à Paris, selon le ministre. Il a indiqué que ce protocole refléterait la répartition du Système de combat aérien du futur (SCAF), dont la France a pris la direction.

    Les deux ministres souhaitent que leurs armées produisent un document conceptuel sur les exigences technologiques à temps pour la prochaine réunion bilatérale, qui aura lieu en septembre, en France.

    Dans une déclaration précédente, M. Lecornu avait attribué cet accord aux excellentes relations qu’il entretient avec M. Pistorius depuis sa prise de fonction en 2022.

    Pour M. Pistorius, cet accord est le résultat d’une collaboration régulière entre Paris et Berlin et d’une « question de volonté ».

    Le MGCS est conçu comme un système modulaire destiné à remplacer et développer les technologies de combat terrestre françaises et allemandes déjà existantes, notamment les chars Leopard et Leclerc.

    Outre un char de combat de nouvelle génération, l’accord comprendra entre autres un système de défense contre les drones et des armes téléguidées.

    M. Pistorius a déclaré vendredi que le produit final serait visible au plus tôt en 2035. Mais des retards dans le lancement du projet pourraient repousser la date de production.

    char de combat franco-allemand
    Dans une déclaration antérieure, M. Lecornu a attribué cet accord aux excellentes relations qu’il entretient avec M. Pistorius depuis sa prise de fonction en 2022. [EPA-EFE/JULIEN DE ROSA / POOL MAXPPP OUT]

    KNDS s’implante en Ukraine

    S’appuyant sur les accords informels conclus entre Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz lors de la réunion du Triangle de Weimar la semaine dernière, les deux ministres ont également présenté un plan concret visant à lancer la production d’équipements militaires sur le sol ukrainien.

    « Ce matin, Boris et moi voulons annoncer que KNDS [KMW+Nexter Defense Systems, un conglomérat franco-allemand de l’industrie de la défense] […] ouvrira une filiale en Ukraine », a déclaré M. Lecornu.

    Il a ajouté que la nouvelle usine sera consacrée au renforcement de l’expertise ukrainienne et à la production de pièces de rechange pour les équipements et les munitions franco-allemands sur le terrain.

    L’Ukraine a du mal à reconstituer ses stocks de munitions, ce qui a considérablement limité sa capacité à repousser l’invasion russe.

    La présence de KNDS, qui fabrique également des munitions, en Ukraine «améliorera la logistique et la fiabilité du réapprovisionnement à long terme», selon M. Lecornu.

    Au début de cette année, le fabricant allemand de matériel de défense Rheinmetall avait déjà annoncé son intention d’implanter une première entreprise commune en Ukraine pour la production de munitions.


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  • Sénégal : Le choix de la rupture 

    Sénégal : Le choix de la rupture 

    Une apparition publique très attendue. Bassirou Diomaye Faye, en passe de devenir le plus jeune président du Sénégal, a assuré lors de sa première conférence publique, lundi 25 mars, que son pays resterait « l’allié sûr et fiable » de tous les partenaires étrangers « respectueux ».

    Encore en prison il y a 15 jours

    Bassirou Diomaye Faye, qui a eu 44 ans lundi, et qui a été libéré de prison il y a dix jours seulement, s’est présenté comme le « choix de la rupture ».

    Il va devenir le cinquième président de ce pays ouest-africain de 18 millions d’habitants après la reconnaissance par son principal adversaire de sa victoire dès le premier tour de la présidentielle, qui s’apparente à un séisme politique.

    Sur le plan intérieur, Bassirou Diomaye Faye a indiqué que ses « chantiers prioritaires » seraient « la réconciliation nationale », la « refondation des institutions » et « l’allègement sensible du coût de la vie »

    « Je m’engage à gouverner avec humilité, dans la transparence, à combattre la corruption à toutes les échelles », a-t-il déclaré.

    En douze présidentielles au suffrage universel, c’est la première fois qu’un candidat de l’opposition l’emporte dès le premier tour. Bassirou Diomaye Faye était donné largement vainqueur de l’élection sur la base de résultats provisoires publiés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Amadou Ba a admis sa défaite lundi et appelé son adversaire pour le féliciter. Le président sortant Macky Sall a également félicité le vainqueur.   

    Sénégal
    ©AP Photo/Sylvain Cherkaou

    Démocratie et alliance internationale

    Après trois années d’agitation et de crise, le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. En dépit des tensions des dernières années et d’un report de dernière minute de l’élection, c’est la troisième fois que le Sénégal pratique l’alternance dans les urnes depuis son indépendance de la France en 1960, alors qu’une succession de coups d’État a installé chez ses voisins des régimes militaires renvoyant les élections à une date indéterminée. La confusion qui a précédé l’élection a donné lieu à de multiples expressions d’attachement à la pratique démocratique.

    Le scrutin a été suivi avec attention à l’étranger, le Sénégal étant considéré comme l’un des pays les plus stables d’Afrique de l’Ouest, secouée par les putschs. Dakar maintient des relations fortes avec l’Occident, tandis que la Russie renforce ses positions alentour.

    « Je voudrais dire à la communauté internationale, à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux que le Sénégal tiendra toujours son rang, il restera le pays ami et l’allié sûr et fiable de tout partenaire qui s’engagera avec nous dans une coopération vertueuse, respectueuse et mutuellement productive »

    Bassirou Diomaye Faye – le 25 mars 2024 à Dakar 

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.03.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 27.03.24

    Nous sommes le mercredi 27 mars 2024, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, bonjour ! Dans nos titres : Les Français d’Israël déboussolés par Emmanuel Macron – France Media et l’AEFE s’unissent pour décrypter l’info – Un déficit abyssal pour la France

    Daphna Poznanski-Benhamou demande un cap au Président de la République 

    Lesfrancais.press ont interviewé l’élue consulaire d’Israël, Daphna Poznanski-Benhamou. Ils font le point sur la situation de nos compatriotes dans le pays avant de se demander comment l’action du chef de l’Etat est-elle perçue sur le terrain ? En réponse, l’élu évoque « un président girouette ». La grande difficulté, poursuit-elle est de savoir « dans quel quart d’heure (présidentiel) nous nous trouvons ». En écoutant le podcast, vous saurez pourquoi l’élue consulaire prend cette position. 

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Daphna Poznanski-Benhamou

    Lutter contre les infox chez les jeunes 

    Alors que se tenait la 35e édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école et la Semaine de la langue française et de la francophonie, Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde (FMM), et Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), ont signé une nouvelle convention de partenariat, l’objectif former les jeunes à décrypter les médias alternatifs et les autres. 

    AEFE
    Les directrices générales des institutions ©AEFE

    5,5% de déficit 

    L’Insee a dévoilé ce mardi 26 mars le déficit de la France, qui s’élève à 5,5% du PIB en 2023, soit bien plus qu’en 2022 (4,8%) et que le résultat prévu par le gouvernement (4,9%), les élus de gauche comme de droite ont immédiatement dénoncé la politique fiscale du gouvernement. Les uns profitant de la séquence pour remettre sur la table une taxation des superprofits quand les autres ont appelé à d’autres coupes dans la dépense publique.  Ce qui est sur c’est que les expatriés seront mis à contribution, on en reparlera en fin de semaine. 

    Gabriel Attal, début mars 2024 Copyright SIG

    C’est sur ce constat qu’on se quitte. Merci pour votre fidélité et on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Daphna Poznanski-Benhamou : « Emmanuel Macron : un président girouette » sur Israël  

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Emmanuel Macron : un président girouette » sur Israël  

    L’invitée Lesfrancais.press est Daphna Poznanski-Benhamou, conseillère des Français d’Israël et des Territoires Palestiniens. L’élue consulaire est aussi membre du bureau de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). 

    Ecouter le podcast avec Daphna Poznanski-Benhamou

    Women Wage Peace : une émotion forte

    « J’ai le cœur brisé » ! C’est ce que nous partage l’ancienne parlementaire quand on lui parle de la situation actuelle en Israël. En écoutant son interview, vous en saurez davantage sur les raisons exactes entraînant ce sentiment. Son lien avec « Women Wage Peace » et avec une des cofondatrices de ce mouvement, Vivian Silver, sont notamment évoqués.

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Daphna Poznanski-Benhamou

    Les Français d’Israël souhaitent-ils revenir en France ?

    « J’ai vécu à l’ombre de la Shoah. Je sais qu’aujourd’hui je vivrai sous l’ombre du 7 octobre ». Ces mots forts, notre invitée les prononce au cours de l’entretien qu’elle nous a accordé. Les difficultés sont nombreuses dans les territoires palestiniens et en Israël pour nos compatriotes qui y résident actuellement. Émettent-ils le souhait de rentrer en France ? C’est la question que nous avons posée à leur représentante auprès des autorités de notre pays.

    Emmanuel Macron et sa position sur Israël : « La difficulté est de comprendre dans quel quart d’heure nous nous trouvons »

    Cette interrogation sur le retour en France de nos ressortissants se fait aussi l’écho de l’annonce du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou sur le transfert de population. Répondant à cette initiative, Le président Emmanuel Macron a fait part de sa « ferme opposition » à cette initiative. 

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Daphna Poznanski-Benhamou

    Pour autant, comment l’action du chef de l’Etat est-elle perçue sur le terrain ? Daphna Poznanski-Benhamou nous parle d’« un président girouette ». La grande difficulté poursuit-elle est de savoir « dans quel quart d’heure (présidentiel) nous nous trouvons ». En écoutant le podcast, vous saurez pourquoi l’élue consulaire prend cette position.  

    Certificat de nationalité française : « un décret satanique »

    La situation de nos compatriotes à Tel Aviv, Jérusalem et Gaza n’est pas le seul point abordé par notre invitée. En début d’interview, la conseillère des Français d’Israël et des territoires palestiniens interpelle les autorités françaises sur le certificat de nationalité française (CNF). Le 17 juin 2022 un décret a été publié au journal officiel sur cette question censée fluidifier les demandes. Or, c’est « un décret satanique » pour l’élue consulaire, qui nous explique ses démarches pour faire modifier ce texte. Elle révèle aussi un point important sur les traductions de documents demandés et les agréments à respecter pour celles et ceux qui déposent des dossiers de CNF. Ce procédé a créé une « justice censitaire » ! constate-t-elle

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Franck Riester devant les élus de l’AFE

    Budget : Bercy décide sans l’approbation du Parlement français ?

    Au cours de cet échange, Daphna Poznanski-Benhamou nous informe sur la façon dont elle a accueilli Franck Riester, nommé en février dernier ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité, de la Francophonie et des Français de l’étranger. C’est en effet le 3eme membre du gouvernement en 3 ans qui s’occupe de nos compatriotes hors de France. 

    La spécialiste en droit public et relations internationales s’interroge également sur la façon dont est réellement adopté le budget de la nation. Alors que le Parlement avait adopté le texte final des dépenses et recettes, des coupes ont été annoncées par le ministre l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire. Bercy prépare-t-il deux budgets ? Un pour les parlementaires et un autre qui serait le « vrai budget » conçu sans « aucune approbation démocratique » s’interroge notre invitée à notre micro. Cette interview, sans langue de bois, est à écouter sur Lesfrancais.press ! 

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