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  • Bien voyager en tant que Français : ce qu’il faut savoir 

    Bien voyager en tant que Français : ce qu’il faut savoir 

    Après plusieurs années d’expatriation, nombre de nos compatriotes s’assimilent à leur co-résidents, oubliant qu’ils sont des citoyens européens détenteurs de la nationalité française. S’il faut l’admettre que cela est le plus souvent un avantage quand on parle de voyages internationaux, ce statut peut aussi entraîner des démarches complémentaires. On fait le point pour les expatriés pour bien voyager en tant que Français. 

    Le passeport français, un avantage !

    En 2024, être Français (ou posséder un passeport français) sera un véritable avantage en matière de voyage. Cette année, l’Hexagone dispose en effet de l’un des passeports les plus puissants du monde, selon le « Henley Passport Index ». Les critères pris en compte sont la possibilité de voyager dans un pays sans visa, avec un visa automatique à l’arrivée ou encore via un visa électronique, comme le formulaire Esta aux États-Unis.

    Mais faut-il l’avoir en sa possession ? Si en France, le passeport est valable 5 ans après sa date d’expiration comme pièce d’identité, ce n’est pas le cas, même dans les pays frontaliers comme la Belgique. Alors il est important pour votre tranquillité d’esprit d’avoir vos papiers à jour. 

    Pour obtenir leur passeport, la grande majorité des Français de l’étranger devront prendre rendez-vous au consulat ou à la section consulaire de laquelle ils dépendent. Il faut prévoir un délai minimum d’une semaine pour obtenir le rendez-vous, si ce n’est deux, et après un temps de production et d’acheminement de 3 à 6 semaines. Il vaut donc mieux anticiper sa demande de 2 mois afin d’être prêt le jour J. 

    Pour faire réaliser votre passeport, il faudra soit avoir sa Carte d’identité française et se présenter avec : 

    • Votre carte d’identité ;
    • Photo d’identité de moins de 6 mois et conforme aux normes ;
    • Justificatif du domicile.

    Si vous n’avez pas de carte d’identité, il faudra présenter plus de pièces : 

    • Photo d’identité de moins de 6 mois et conforme aux normes ;
    • Justificatif du domicile ;
    • Vérifiez si l’état civil du lieu de naissance est dématérialisé. Si ce n’est pas le cas, il faut fournir un acte de naissance (copie intégrale ou extrait avec filiation) de moins de 3 mois ;
    • Justificatif de nationalité française si vous vous trouvez dans une situation particulière (naissance à l’étranger de parents nés à l’étranger par exemple).

    Mais vous êtes peut-être un heureux résident d’un des pays qui font partie des Etats tests où la procédure de renouvellement dématérialisée est déployée. 

    voyager en tant que Français
    ©Adobe Stock

    Un passeport en ligne ?

    Selon les informations de l’arrêté du 26 février 2024, les ressortissants Français au Portugal et au Canada vont donc avoir la possibilité, jusqu’au 28 février 2025, d’effectuer le renouvellement de leur passeport via le site service-public.fr. Pour l’heure, la procédure ne s’adresse qu’aux citoyens habitant loin de leur consulat de rattachement, ou étant dans l’incapacité de s’y rendre. Elle ne concerne pas les demandes de passeport urgentes.

    Pour y accéder, il faut être majeur et inscrit au registre des Français établis hors de France. Le passeport à renouveler doit avoir été fait après la majorité et ne pas être expiré depuis plus de cinq ans. Ensuite, certains éléments sont à fournir, comme son numéro d’inscription au registre consulaire (Numic), son passeport, une photo d’identité conforme de moins de six mois, un justificatif de domicile de moins d’un mois, un acte de naissance et, si nécessaire, un acte de mariage. Un formulaire est alors à remplir sur le site du service public et un timbre fiscal électronique doit être acheté sur timbres.impots.gouv.fr.

    Les visas ?

    Si le passeport français est l’un des titres de voyages les plus « puissants » au monde, il y a tout de même des pays qui exigent des visas des nationaux français. Et parfois, on peut l’oublier. En effet, quand on a une carte de résident d’un pays frontalier d’un autre Etat qu’on veut visiter, certaines administrations locales autorisent le passage aux Français sans visa, mais dans le plus grand nombre des cas, la carte de résidence (qui n’est pas un titre de voyage, même au sein de l’Union européenne) ne permet pas de s’abstenir de suivre les règles de circulation applicables aux citoyens Français. 

    Ainsi, pour voyager en Europe, dans l’Espace économique européen (EEE), en Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et en Suisse, aucun visa n’est exigé (majeur ou mineur).

    Par contre, pour voyager dans la plupart des autres pays étrangers, vous avez besoin d’un visa de court séjour (majeur ou mineur) comme pour les USA. Et vous devez présenter un passeport en cours de validité. Attention, certains pays exigent que votre passeport soit encore valide plusieurs mois après la date prévue de retour en France. Pour savoir si votre pays de destination exige un visa, vous pouvez consulter la fiche du pays concerné à la rubrique Conseils aux voyageurs du site du ministère des affaires étrangères en cliquant sur le bouton ci-dessous.


    Consulter la fiche du pays concerné

    voyager en tant que Français
    ©Adobe Stock

    La pandémie l’a rappelé à tous, les principaux prédateurs de l’être humain, ce sont les virus et les bactéries. Et dans un monde post-covid, la sécurité sanitaire a été renforcée. Ainsi, dans les zones tropicales ou isolées, des preuves de vaccination seront demandées en plus du visa aux voyageurs. 

    Vous pouvez cliquer sur le bouton ci-dessous pour consulter la carte de l’institut Pasteur afin de savoir si le pays de destination est concerné par de telles mesures.


    consulter la carte de l’institut Pasteur

  • Embarquez sur la Côte ouest des USA pour Providence Canyon. Un premier roman réussi.

    Embarquez sur la Côte ouest des USA pour Providence Canyon. Un premier roman réussi.

    Providence Canyon existe désormais doublement. Comme décor de l’action du premier roman de Corinne Cotereau et comme lieu désertique et authentique de la Californie du Sud. Cette zone éloignée des mythiques cités de Los Angeles et San Francisco est un point du globe où la fiction peut se déployer à loisir autour du grand désert de Danza Borrego et d’un petit camping le « Dry River Café and Resort » à l’écart des grandes routes touristiques.

    L’expérience West Coast de Corinne Cotereau

    L’écrivain a su dérouler un récit équilibré en s’appuyant sur une géographie qui sent l’expérience vécue : elle a habité San Diego une ville voisine de quelques centaines de kilomètres et maîtrise parfaitement l’expérience tour à tour spirituelle ou oppressive du désert comme la beauté vertigineuse de la nature encore sauvage de l’ouest américain

    Le prétexte de la fiction est fourni par la rénovation d’un pont et d’une voie ferrée autour du canyon – titre et s’incarne dans la personne de Paul Carter un personnage de dur à cuire qui habite les première pages de sa présence agaçante et inquiétante. 

    Un thriller épuré

    Nous déambulons dans le récit entre le thriller épuré, garanti sans rajout excessif de giclées de sang, et le portrait d’une galerie de personnages « bigger than life » comme JB, ce français égaré et dont la présence californienne se révèle d’emblée énigmatique.

    Le style est direct et efficace avec des accents d’humour et de tendresse pour des personnages que l’écrivain a su incarner sans en rajouter trop sur les tempéraments et les stéréotypes (Huntington le promoteur rapace du projet ou Sharon la jeune bimbo…) ce qui aurait pu constituer une des limites d’un récit qui évite au final ce piège. 

    Roman
    ©Marie Flacassier

    Une double narration efficace

    Le procédé de la double narration entre le récit chronologique et la correspondance passée d’une jeune française embauchée pour faire le ménage d’un complexe touristique stimule également le récit comme le découpage en chapitres courts et rythmés. Cette Stephanie Bertillot dont on découvre le journal, va ainsi devenir « la fille du tunnel » objet d’une lutte entre Paul et JB et le personnage central d’une enquête bien menée. On n’en dira pas plus pour ne pas spoiler le récit.

    « Les gagnants n’abandonnent jamais. Ceux qui abandonnent ne gagnent jamais »

    Cette formule qui sent bon l’Amérique des vainqueurs et qui apparaît dans le texte pourrait servir de symbole à un roman qui ne laissera pas ses lecteurs sur le bord du chemin fort d’un format qui autorise une lecture agréable et rapide. 

    Une auteur à suivre qui a réussi son premier essai et devra offrir à son lectorat une deuxième traversée réussie du Canyon de la littérature.  

    L’écrivaine a accepté de répondre à nos questions et se confie sur les sources de son inspiration et sur son rapport à l’écriture.

    Boris Faure : “Voilà un premier roman qui puise dans votre expérience de vie et d’écriture californienne. Vous avez vécu à San Diego. Pouvez-vous nous livrer les clés de son inspiration ?”

    Corinne Cotereau : San Diego est ma ville de cœur. J’y ai habité trois ans en famille. Après un retour en France en 2009, je m’y réinstalle en février 2020. Rapidement, le COVID s’invite à la fête.  Quand les pays se referment, ce n’est pas pour moi que j’ai peur, mais pour mes enfants de 18 et 20 ans. L’un vit en France et l’autre au Canada, sans famille sur qui compter et je n’ai aucune idée de quand je vais pouvoir à nouveau les serrer dans mes bras. Impossible de sublimer en peinture mes émotions comme je le fais d’ordinaire. Cette incertitude me déchire, me coupe souffle et envie. En d’autres termes, je suis au fond du seau. 

    La découverte du pont de chemin de fer le plus long du monde

    Un matin ensoleillé d’avril, pour m’occuper l’esprit, je traîne sur google maps. (On s’évade comme on peut pendant un confinement).  Dans un coin de désert que je connais pour y être allée plusieurs fois camper, une voie de chemin de fer attire mon attention. Je la suis jusqu’à tomber sur un symbole indiquant un point de vue intéressant. Je clique sur le lien et découvre en photo un pont en bois. Mais pas n’importe quel pont. Le pont de chemin de fer le plus long du monde ! 

    C’est vraiment la providence qui le met sur mon chemin. Ce pont enflamme mon imagination. Je n’ai plus qu’une obsession, aller le découvrir, marcher au-dessus du vide et traverser ce pont superlatif. Perdu dans une chaîne de montagne aride et désertique, il ne mène désormais nulle part, car la ligne est désaffectée. L’ouvrage en lui-même est de toute beauté. Je trouve ça fascinant qu’il soit toujours debout et complètement ignoré.

    Roman
    ©Marie Flacassier

    C’est avec des « et si » que se construisent les romans

    Cette nuit-là, deux petits mots tournent en boucle dans ma tête : et si ? Et si la ligne était réouverte à des fins touristiques ? Le lendemain matin, comme des graines de haricots magiques, ces deux petits mots m’obsèdent toujours et ils ont même continué à germer pour former une trame. Une échelle avec des barreaux à grimper pour me sortir de ma réalité.  Et si, en réouvrant un tunnel muré, quelque chose ou quelqu’un était retrouvé à l’intérieur ?  En fait, c’est avec des « Et si » que se construisent les romans.”

    Boris Faure : “C’est un premier roman qui s’appuie sur une intrigue en forme de thriller doublée d’une immersion historique et géographique dans cette partie de la Californie faite de déserts et de tunnels. Comment s’est bâtie la structure de ce récit ?”

    Corinne Cotereau : La partie chemin de fer m’a demandé tout un travail de recherche, de lecture, de visionnage d’images. Pour moi, une bonne histoire repose sur un décor avec des personnages inoubliables mais aussi sur sa crédibilité. 

    Avant de passer à l’écriture, j’ai continué à tirer des fils dans ma tête en imaginant une trame, des personnages. Et si un Français tombait sur le carnet d’une jeune femme ? Et si cet homme, volontairement coupé du monde, était le seul à comprendre le contenu de ce carnet écrit en français ? Et si, Jean-Baptiste, mon héros cabossé se retrouvait au pied du mur. Et si, poussé par les écrits d’une certaine Stéphanie, il sortait de sa caravane et décidait d’affronter l’existence.

    Une formation en ligne pour maîtriser l’art de la narration plus tard, je me suis lancée avec un début et une fin. Je savais dès le départ que j’allais alterner deux histoires aux styles très différents.

    Pour mes personnages, je me suis inspirée de traits de caractère de personnes dans mon entourage, mais pas seulement. Le rire bien particulier de Paul Carter par exemple, je l’ai découvert en faisant la queue à une caisse de supermarché. Quand l’homme devant moi, plutôt charmeur, s’est mis en tête de se faire remarquer par la caissière. Lorsqu’on s’immerge dans un processus créatif, c’est comme si l’univers entier se mettait à comploter autour de vous pour vous permettre de trouver l’inspiration. Observer son environnement, tenter le mieux possible de retranscrire impressions, odeurs, couleurs, textures. Cela devient un jeu puis un réflexe. 

    Une ambiance à la Bagdad Café

    Derrière la structure se trouve beaucoup de réécriture. Et toute une sensibilité que j’ai souhaité faire passer à travers une ambiance à la Bagdad café. Dans cette nature aride, ce décor en technicolor, j’écorne le mythe du rêve américain et j’aborde également la question de la résilience. J’ai écrit le roman que je voulais lire, sans chercher à plaire à une maison d’édition. Il a correspondu à une nécessité et j’ai adoré me perdre dans mon désert en pensée.”

    Boris Faure : “Un deuxième roman est-il déjà en projet ?”

    Corinne Cotereau : Alors oui. Il s’est passé beaucoup de temps avant la sortie de ce premier roman. L’expérience m’a tellement séduite que j’ai repris la plume. Mon deuxième roman est en réécriture, mais je n’en dirai pas plus pour le moment.”



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  • La bataille des octets ou le nouvel art de la guerre

    La bataille des octets ou le nouvel art de la guerre

    Chaque seconde, 29 000 Giga-octets sont publiés en ligne dans le monde, soit l’équivalent de 20 000 films. Depuis 2010, la quantité de données disponibles a été multipliée par plus de 100. Les principaux réseaux sociaux reçoivent la visite de plus de 1,8 milliard de personnes par jour qui consultent, émettent ou republient des informations. 

    En sociologie, les données sont appelées des évidences, servant de fondement à des inférences, fruits du raisonnement humain. Par leur caractère intangible, certaines inférences sont susceptibles d’être considérées comme des évidences. Or, depuis quelques années, cet univers cartésien a explosé. Les fausses informations pullulent et ont bien souvent plus de forces que celles qui sont certifiées. Les inférences sont par nature toutes égales entre elles et ne sauraient s’imposer à qui que ce soit. Évidences et inférences sont ouvertes à toutes les ingérences au nom de multiples causes. L’expert est détrôné car la connaissance et l’expérience n’ont plus de signification comme l’a prouvé l’épidémie de covid.

    Les États autoritaires sont devenus experts dans la création de fausses données

    Les États autoritaires sont devenus experts dans la création de fausses données et de fausses analyses pour manipuler ou déstabiliser les opinions. Internet, en raison de l’importance qu’il a prise, s’est transformé en terrain d’affrontement entre les États. 

    À travers l’histoire, les moyens de la guerre épousent les évolutions économiques, sociales et scientifiques des sociétés. Les mutations sociologiques ne sont pas sans influence sur l’art de la guerre. Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes ont été marquées par la conscription de masse, rendue possible par l’augmentation de la population ainsi que par le mouvement des troupes sur longue distance avec le développement de la logistique. Si la guerre s’est longtemps résumée à des batailles, à compter du XVIIIe siècle, elle devient globale. La frontière entre militaires et civils s’estompe au point que les seconds sont les principales victimes des conflits. La guerre de 14-18 est la première à être profondément industrielle avec le recours à des armes produits à la chaîne comme les canons, les bombes, les chars. La chimie comme industrie est tristement mise à contribution. Sur les champs de bataille qui s’étalent sur des milliers de kilomètres, les militaires s’inspirent de l’organisation des usines avec la mobilisation en masse des ouvriers et des paysans. 

    La Seconde Guerre mondiale est celle de l’énergie (indispensable pour l’aviation, les chars, les transports sur longue distance des troupes et du matériel). Guerre totale, elle se conclut par le largage de deux bombes nucléaires à Hiroshima et Nagasaki. La maîtrise des ondes et de l’imagerie (radar, sonar), devient cruciale.

    bataille des octets
    ©Stockadobe – photo illustration

    Gérer à distance un nombre croissant d’armes

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les techniques de l’information et de la communication ont révolutionné la vie courante de milliards de personnes. Elles offrent la possibilité de gérer à distance un nombre croissant d’armes, missiles, drones, robots, etc. Durant des années, les guerres asymétriques ont masqué la puissance des modifications technologiques. Le conflit entre l’Ukraine et la Russie, deux États industriels, est tout à la fois traditionnel avec son lot de tranchées dignes de 14-18 et numérique avec notamment l’emploi des drones. 

    Le nouvel art de la guerre combine violences physiques et virtuelles ; violences visibles, avec malheureusement ses morts et ses destructions, invisibles à travers le vol de données, la pénétration des systèmes informatiques sensibles et la manipulation des opinions voire des élections

    Face aux évolutions de l’art militaire, les démocraties ont tendance à réagir avec retard car elles reposent sur une gestion pacifique des conflits. Elles récusent la montée aux extrêmes. Les atteintes aux libertés sont vécues, à juste titre, comme des régressions. 

    L’égal accès des opinions sur Internet, sur les réseaux sociaux – y compris à celles des ennemis de la démocratie et à celles fondamentalement erronées – est aujourd’hui considéré comme intangible. Si la notion de l’économie de guerre a été remise à l’honneur depuis le début de la crise sanitaire, elle ne saurait concerner l’information.

    La proposition de loi visant à supprimer l’anonymat a été rejetée

    Dans le passé, les gouvernements se montraient bien moins tolérants en contrôlant le contenu de la presse. Aujourd’hui, sous couvert d’anonymat, l’internaute a la possibilité de diffamer, de répandre des mensonges voire d’appeler au meurtre sans qu’aucune sanction ne lui soit infligée. 

    La proposition de loi visant à supprimer cet anonymat a été rejetée par l’Assemblée nationale au nom de la liberté, étrange liberté, celle qui aboutit à nuire à autrui. 

    Avec l’intelligence artificielle, les facultés de création de données, de textes, de photos, de vidéos et de leur diffusion sont multipliées tout comme le risque de manipulation et d’ingérence. Toute technique est potentiellement duale. Le nucléaire offre tout à la fois la possibilité de produire en grande quantité de l’énergie, de détruire toute forme de vie humaine et, du même coup, de dissuader le camp adverse d’en faire usage. La recherche sur les virus permet la mise au point de vaccins ou d’armes virales. Le numérique n’échappe pas à la règle. 

    Aujourd’hui, les tensions entre grandes puissances, en particulier entre la Chine et les États-Unis, rendent complexes l’élaboration d’un code multilatéral d’utilisation des nouvelles techniques de l’information et de la communication. Pour autant, à l’image de ce qui a été réalisé dans le passé en matière maritime ou de commerce, celui-ci apparaît indispensable pour éviter une guerre globale de l’information.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.03.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.03.24

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés du mois de mars. Dans les titres de vendredi 29 mars : Une lettre ouverte des élus d’Amérique du Sud remise à Emmanuel Macron – Un point sur l’évacuation des Français d’Haïti – JO 2024 : les armées étrangères complètent le dispositif de sécurité 

    Les élus consulaires d’Amérique du Sud alertent le Chef de l’Etat 

    Le Président de la République était en déplacement en Amérique du Sud. Mercredi soir, lors d’une rencontre avec la communauté française à São Paulo, les élus consulaires lui ont remis une lettre l’alertant sur la situation de nos compatriotes sur ce continent et au-delà. Une lettre que vous pouvez consulter sur lesfrancais.press, ils parlent des coupes budgétaires, du droit des femmes expatriées, de la Palestine et bien sûr de l’accord Mercosud. 

    lettre-macron

    170 Français évacués d’Haïti 

    Alors qu’on avait laissé entendre aux premières heures de l’annonce que l’évacuation des Français de Haïti serait effectuée par les autorités civiles et avec des moyens classiques, dimanche soir, face à la difficulté de l’opération, c’est finalement la Marine française qui fut mobilisée. Les 170 citoyens sont acheminés sur un porte-avions vers Fort de France en Martinique qu’ils doivent atteindre ce vendredi.

    Haiti
    Arrivée sur le Porte-avion français © SIPA MER

    Lecornu fait appel aux forces étrangères 

    « Plusieurs nations étrangères vont nous renforcer dans certains domaines critiques, comme les capacités cynophiles, où les besoins sont énormes » pendant les JO, selon le ministère de la défense. Cette pratique est courante, rappelle cette source. Ainsi, des gendarmes français avaient participé à la sécurisation des sites pendant la Coupe du monde de foot au Qatar. Ces Polonais, Allemands et bien d’autres viendront compléter les 18 000 militaires mobilisés. 

    Jeux Olympiques 2024
    Jeux Olympiques 2024

    C’est tout pour cette semaine, pas de flash lundi prochain, c’est férié en France. Je vous dis donc à mardi ! Bon week-end pascal à ceux qui peuvent en profiter. 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Haïti : Evacuation par la Marine française 

    Haïti : Evacuation par la Marine française 

    Alors qu’on avait laissé entendre aux premières heures de l’annonce que l’évacuation des Français de Haïti serait effectuée par les autorités civiles et avec des moyens classiques, dimanche soir, face à la difficulté de l’opération, c’est finalement la Marine française qui fut mobilisée. 

    170 Français évacués par hélicoptère

    Ainsi, les rotations, qui ont débuté dans la soirée de dimanche 24 mars, sont orchestrées par l’armée française. Les Français qui se sont signalés à l’ambassade (un peu moins de 200), sont ensuite déposés en mer, sur un porte-hélicoptères de la marine, pour rejoindre Fort-de-France en Martinique, qu’ils devraient atteindre, demain, vendredi 29 mars 2024.

    À bord, des personnes volontaires, en priorité vulnérables, âgées ou sous traitement médical, accompagnées de leurs familles. « Il y a eu comme une montée exponentielle de la violence, avec des attaques de gangs à différents endroits« , témoigne un homme à France Télévision. « Nous nous sentions vraiment sous une menace croissante« , confie de son côté une femme à l’AFP. 

    Cette évacuation fut nécessaire, car en l’absence de vols commerciaux, certaines personnes ne pouvaient rester dans un pays qui jour après jour, sombre un peu plus dans le chaos et dans l’extrême violence. Des attaques quotidiennes sont perpétrées par des gangs qui se livrent une guerre sans merci.

    Haiti
    Arrivée sur le Porte-avion français © SIPA MER

    Près de 1000 Français encore sur place

    Parallèlement à cette opération, l’ambassade de France reste ouverte. « L’ambassade de France à Port-au-Prince continue de fonctionner et demeure pleinement mobilisée en soutien à la communauté française sur place« , a-t-il été précisé dans un communiqué du Quai d’Orsay. 

    Environ 1000 ressortissants français restent donc à Haïti. Ils sont souvent binationaux et ont des attaches familiales comme professionnelles qui les contraignent à rester. Et même pour d’autres, comme on le voit sur les réseaux sociaux, il n’est pas question de quitter cette île qui fut la première à se libérer du joug colonial français au début du XIXème siècle. Ces Franco-haïtiens veulent rester dans leur pays en ces heures difficiles. Tant que l’ambassade reste ouverte, il restera des possibilités d’organiser d’autres évacuations, mais si les évènements se dégradent trop vite, nos compatriotes pourraient rester bloqués sur l’île des Caraïbes

  • 3 villes à visiter en France pour ces vacances de Pâques

    3 villes à visiter en France pour ces vacances de Pâques

    Les vacances ont commencé ou vont bientôt commencer, et cette année, vous avez décidé de faire une petite excursion en France. Bien sûr, pour aller voir la famille et les amis, mais peut-être aussi pour faire découvrir nos paysages et régions à l’être aimé ou au petit dernier qui ne connaît pas encore la France. 

    Afin de vous donner quelques idées, on a sorti nos cartes et on vous propose 3 destinations, auxquelles on ne pense pas forcément immédiatement, qui se visitent facilement et où la météo est clémente en ce début de printemps européen

    Strasbourg, l’Alsace, l’Europe

    Strasbourg est la capitale de l’Alsace : vous pouvez aisément passer un week-end ou une semaine entière sur place, et trouver toujours quelque chose à faire ! Vous pouvez monter au sommet de la Cathédrale Notre-Dame pour observer les environs avec une vue unique, flâner sur la place Gutenberg, admirer l’architecture médiévale de la Maison Kammerzell ou encore visiter le Palais Rohan. 

    France
    Printemps en Alsace Colmar 09 © French Moments

    Les ponts couverts de la Petite France sont également très pittoresques et pour vous reposer un peu, vous pouvez aussi faire une balade en bateau sur les canaux de la ville ! Vous ne devriez pas vous ennuyer. Et s’il vous reste un peu de temps, il est possible de visiter le Parlement européen.

    France
    Toulouse ©Adobe Stock

    Toulouse, un avant-goût de l’été

    La ville rose est très accueillante et en la visitant en avril, vous profitez du beau temps tout en évitant la foule estivale ! Passage obligé sur la place du Capitole, un lieu emblématique où se trouve la mairie, qui vaut aussi le détour. La basilique Saint-Sernin et son architecture romane sont à ne pas manquer. 

    Profitez des saveurs locales au marché Victor Hugo et si vous aimez avoir la tête tournée vers les étoiles, vous pouvez aussi visiter la Cité de l’espace tant que vous êtes dans le coin. Dépaysement assuré !

    France
    Brest ©Adobe Stock

    Brest, la Bretonne

    Parmi les nombreuses villes à visiter en Bretagne, Brest est l’une de celles qui s’imposent immédiatement ! Prenez le téléphérique pour profiter d’une vue incroyable sur ses rues et son port, puis rendez-vous à Océanopolis pour découvrir les merveilles de la mer. 

    Le musée national de la Marine, situé au cœur du château de Brest, compte parmi les incontournables à visiter. Pour vous ressourcer, vous pouvez aller flâner dans le jardin des explorateurs, particulièrement paisible et coloré en avril. De quoi profiter d’un moment agréable en famille, sur un week-end ou plus !

    France
    ©Adobe Stock

    Voyager en France

    Et pour atteindre ces destinations, plusieurs possibilités s’offrent à vous comme louer une voiture ou profiter de la densité du réseau ferroviaire. Les prix sont plus abordables qu’en été et vous ferez une bonne action pour la planète. En France, grâce au parc nucléaire, circuler en train, c’est émettre près de 10 fois moins de C02 qu’en automobile (14 contre 104g par KM).

    Toulouse, Brest et Strasbourg font partie des dizaines de destinations qui sont couvertes en France par les trains de la SNCF. Chaque jour, des dizaines de trains OUIGO ou INOUI circulent partout dans l’Hexagone, avec des tarifs qui débutent autour de 16 euros pour les adultes, et coûtent seulement 8 euros pour les enfants. Les animaux de compagnie sont également les bienvenus pour 10 euros par trajet ! 

  • Lettre ouverte au Président de la République Française, Emmanuel Macron à l’occasion de son déplacement au Brésil – mars 2024

    Lettre ouverte au Président de la République Française, Emmanuel Macron à l’occasion de son déplacement au Brésil – mars 2024

    Le Président de la République est en déplacement en Amérique du Sud depuis lundi 25 mars 2024. Lors d’une rencontre avec la communauté française à Sao Paulo, les élus consulaires lui ont remis une lettre l’alertant sur la situation de nos compatriotes sur ce continent et au delà. Nous la publions.

    A São Paulo/SP, le 27 mars 2024

    Monsieur le Président de la République Française,

    Avant toute chose, nous vous souhaitons la bienvenue au Brésil. Seja bem-vindo ! Au nom de la communauté française du Brésil, que nous représentons dans ses trois circonscriptions consulaires, nous tenions à vous remettre cette lettre qui réunit bon nombre des préoccupations de nos compatriotes. Vous comprendrez bien que l’annonce des coupes budgétaires annoncées pour 2024 et 2025 et les réponses aux enjeux politiques régionaux et internationaux nous concernent et nous tiennent à cœur.

    Coupes budgétaires : quand le service public meurt à grande vitesse pour les Français·es de
    l’étranger

    Après la coupe de 10 milliards d’euros au budget de 2024, votre gouvernement vient d’annoncer 20 milliards d’austérité supplémentaire pour 2025, soit une réduction de 30 milliards d’euros d’ici les deux prochaines années.

    En plénière à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) ce 18 mars dernier, votre ministre Franck Riester s’est voulu rassurant en ne parlant que de quelques 15 millions d’euros retenus sur les budgets de réserve, assurant qu’aucun poste d’agent ne sera supprimé. Cela est très inférieur à nos estimations d’un minimum de 174 millions d’euros d’annulation de crédits pour les programmes destinés aux communautés françaises, aux affaires consulaires, à la diplomatie culturelle, aux actions de la France en Europe et dans le monde. Nous attendons donc des réponses plus précises et une réelle attention à nos besoins.

    Alors que le nombre de Français·es inscrit·es sur les registres consulaires a augmenté en 2023 de 4,3% et que les difficultés budgétaires se font déjà cruellement ressentir dans nos postes consulaires, vous conviendrez que cette décision est intenable.

    Franck Riester a soutenu que « chacun doit faire des efforts » dans les moments de crise. Permettez-nous, monsieur le Président, de vous illustrer tous les « efforts » que nos compatriotes à l’étranger, ces rats de votre « laboratoire de dématérialisation des services publics » ont déjà réalisé depuis de nombreuses années. Savez-vous que :

    -Sans disposer du contact personnel direct d’un agent du consulat, il est presque impossible de réaliser une démarche administrative dans des délais raisonnables. 

    -Les coûts de la santé au Brésil explosent (entre +18 à +29%en 2023) et l’offre de la CFE n’a pas encore prouvé son efficacité et accessibilité.

    -Un·e Français·e résidant à l’étranger de plus de 75 ans n’a aucune autre alternative de couverture santé alors que les prestations de la CFE deviennent trop chères.

    -Alors que la moyenne des frais d’écolage est en hausse, le nombre de bénéficiaires à 100% des bourses scolaires est paradoxalement en baisse de 52% en raison des rabotages systématiques réalisés en Commission Nationale des Bourses (CNB) au sempiternel prétexte que « chacun doit faire des efforts »!

    -Dévaloriser l’indice de parité de pouvoir d’achat (IPPA) ou la contribution progressive de solidarité (CPS) provoque la fuite grinçante des familles françaises qui renoncent à inscrire leurs enfants dans un établissement français à l’étranger (EFE). Phénomène confirmé à l’échelle mondiale, puisqu’une baisse de 8% des demandeurs de bourse a été enregistrée lors de la dernière CNB (tenue fin janvier dernier). Franck Riester a cependant semblé se réjouir du soft power des lycées français pour les familles nationales (ie. des pays où se trouve l’EFE). Mais qu’en est-t-il pour les familles françaises ?

    -Les entrepreneur·euse·s français·es à l’étranger (EFE) n’ont toujours pas de statut spécifique malgré leurs sollicitations répétées.

    Sachez enfin que nous sommes toujours dans l’attente de la vente de la résidence de l’ambassadeur à Rio de Janeiro pour un montant d’au moins 2 millions d’euros. Des économies faciles pouvant assurer aux familles françaises du Brésil une bonne année de bourses scolaires, garantie sans coupe budgétaire !

    Dans notre façon de concevoir le service public, les piliers sont la continuité, l’égalité de tous·tes et l’adaptabilité aux besoins des usagers. 

    Constitutionnalisation du droit à l’avortement : quid des Françaises du Brésil ?

    Alors que vous avez pris l’initiative d´inscrire le droit à l’IVG dans notre Constitution, répondant à une demande pressante des collectifs féministes et du mouvement des femmes et mobilisant de façon extraordinaire l´ensemble de la société française, le débat sur la dépénalisation de l’avortement reste interdit au Brésil. Nombreuses organisations des droits des femmes viennent de saisir le Conseil des Droits Humains de l´ONU à Genève, pour dénoncer la violation du droit à l’IVG dans les cas prévus par la loi. La France doit non seulement envisager des moyens pour garantir l’accès à l’IVG pour les Françaises résidant au Brésil, en toute sécurité, mais également soutenir les mouvements des femmes brésiliennes qui militent quotidiennement pour faire obtenir la dépénalisation de l’avortement et sa pratique responsable et digne dans les cas prévus par la loi.

    Loi Immigration ou l’hypocrisie face à une crise de l’accueil des personnes

    Monsieur le Président, le pays qui vous accueille aujourd’hui fait vivre une tradition d’accueil migratoire des plus progressistes au monde. Après avoir accueilli à bras ouverts les migrants européens fuyant la guerre, la misère et la famine au cours du XXe siècle, il a traduit dans sa législation des principes forts d’accueil et de solidarité internationale.

    Nombre de Français·es résidant aujourd’hui au Brésil ont été naturalisé·es brésilien·nes avec des égards qui ne sont pas imaginables en France. Nous, Français·es résidant au Brésil, ne connaîtrons jamais le quotidien inhumain que vivent les milliers de sans-papier en France qui réclament la régularisation de la force de travail qu’ils bradent depuis trop longtemps aux employeurs français.

    Nous avons honte de constater que notre pays se refuse d’accueillir nos semblables en France aussi dignement que nous l’avons été ici.

    Il ne s’agit pas de crises migratoires mondiales mais d’une crise mondiale de l’accueil des personnes victimes des guerres, des famines et des catastrophes naturelles, des personnes dont le droit à la vie (et d’une vie digne !) est constamment bafoué. Les politiques migratoires françaises se sont transformées en politiques de sélection inhumaines. La loi immigration déshonore les valeurs universalistes de notre pays que vous aimez tant vanter lors de vos déplacements à l’étranger. Aucune panthéonisation, aussi louable soit-elle, ne nous le fera oublier.

    Palestine ou l’urgente reconnaissance d’un génocide

    Nous espérons que votre rencontre avec le Président de la République fédérative du Brésil, Luiz Lula da Silva, contribuera à faire évoluer votre position sur ce que la Cour internationale de Justice de La Haye définit comme un risque plausible de génocide de la population palestinienne à Gaza. Contrairement à vous, Lula a clairement affirmé « qu’Israël pratique une punition collective dans la bande de Gaza«  et qu’il était « urgent d’arrêter ce carnage au nom de la survie de l’Humanité ».

    Appeler à un cessez-le-feu et à une hypothétique solution à deux États (dont un qui sera devenu un champ de ruines et de cadavres) n’est pas à la hauteur de l’urgence. Continuer de mettre au même niveau de gravité les attentats criminels du Hamas et la destruction de la bande de Gaza par Israël n’est pas tolérable. Le droit d’Israël à se défendre contre les attaques du Hamas, que continue de reconnaître la France, justifie-t-il encore les 31 988 morts et 74 188 blessés dans une enclave palestinienne aux infrastructures durablement dévastées et déjà ravagées par la famine et les épidémies ? Soyez le Président de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et pas celui du soutien tacite à la guerre.

    Accord UE-Mercosur : ne changez pas votre position

    Comme vous le savez, monsieur le Président, en France et au Brésil, l’économie paysanne, formée par des familles engagées dans une production alimentaire durable et locale, indispensable à la sécurité alimentaire et à la préservation de l’environnement, est foncièrement menacée par l’accord UE-Mercosur. Cet accord de libre-échange condamne l’essor de l’agroécologie qui, seule, peut faire vivre les territoires en rémunérant dignement le travail paysan et les communautés traditionnelles dans les deux pays et ailleurs. Il faut dépasser la problématique de la réciprocité des normes de production dans les échanges commerciaux qui ne profitent qu’aux géants de l’agrobusiness. Ceux-ci sont les responsables majeurs du réchauffement climatique et de la financiarisation de la terre, qui se transforme en actif au détriment de la dignité de tous ceux et celles qui se battent pour garantir des systèmes alimentaires sains et divers, socle d’un avenir aujourd’hui menacé.

    Monsieur le Président de la République, nous vous remercions de l’attention que vous portez à nos positions et demandes, en espérant un retour de votre part et de réels engagements envers les Français·es de l’étranger.

    Mélanie Montinard, conseillère des Français·es de l’étranger, Présidente du conseil consulaire et membre du conseil d’administration de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE)

    Tulio Matencio, conseiller des Français·es de l’Étranger

    Frédéric Laplace, conseiller des Français·es de l’Étranger

    Représentant le mandat collectif consulaire Traits-d’Union (2e et 3° circonscriptions du Brésil) [email protected]www.traits-dunion.com.br

    Julie Cavignac, conseillère des Français·es de l’étranger (1° circonscription du Brésil)

    Jean François Deluchey, conseiller des Français·es de l’Étranger (1° circonscription du Brésil)


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  • La lutte contre l’obésité au-delà du luxe 

    La lutte contre l’obésité au-delà du luxe 

    Le 7 mars 2024, la capitalisation du groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk a dépassé 512 milliards d’euros et s’arroge ainsi la première place en Europe en dépassant LVMH grâce à ses médicaments contre l’obésité. Au cours des trois dernières années, la capitalisation boursière de ce groupe a plus que triplé. Au sein du groupe Novo Nordisk, le secteur « diabète et obésité » représente 90 % de l’activité de cette entreprise dont les ventes ont atteint sur le seul quatrième trimestre 2023 près de 5,5 milliards d’euros. 

    Au début du mois de mars 2024, son concurrent américain, Eli Lilly, également en pointe dans la lutte contre l’obésité, est évalué en bourse, à 740 milliards de dollars, soit plus du double de ce qu’elle était début 2023. Ces deux groupes sont désormais les deux plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux en termes de valeur marchande. L’action du laboratoire danois a augmenté après l’annonce de ses derniers résultats. 

    L’obésité, fléau mondial

    Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2022, 2,5 milliards d’adultes (18 ans et plus) étaient en surpoids. Sur ce total, 890 millions étaient obèses. En 2022, 43 % des adultes âgés de 18 ans et plus étaient ainsi en surpoids et 16 % étaient obèses. 37 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids. Face à ce problème, les laboratoires pharmaceutiques se sont engagés dans des recherches afin de trouver des traitements. 

    Près de la moitié de la valorisation de Novo Nordisk repose sur un portefeuille de nouveaux médicaments expérimentaux sur ce créneau. Ce laboratoire a déjà lancé deux médicaments, le Wegovy et l’Ozampic. Ils appartiennent à une classe de médicaments connue sous le nom de GLP-1 conçus à l’origine pour traiter le diabète de type 2. Ces médicaments réduisent l’envie de manger en stimulant la production d’insuline. Certains médecins prescrivent, par exemple, l’Ozampic à des patientes et des patients qui souhaitent perdre du poids. Cette vente n’est pas interdite par les autorités sanitaires, mais elle engendre des pénuries pénalisant les diabétiques. 

    obésité
    ©Stockadobe – photo illustration

    Les médicaments contre l’obésité, un marché en plein essor

    Le marché des médicaments contre l’obésité augmenterait dans les prochaines jusqu’à dépasser, selon Goldman Sachs, 90 milliards d’euros en 2030, Eli Lilly et Novo Nordisk accaparant plus de 90 % du marché. Les ventes de Wegovy par Novo Nordisk, sont passées de 876 millions de dollars en 2022 à 4,5 milliards de dollars en 2023. 

    Novo Nordisk est confrontée à une augmentation rapide de la demande ce qui l’a conduit à créer de nouvelles chaînes de production sur son site de production à Chartres. La société prévoit un doublement de ses ventes en 2024. Zepbound, introduit aux États-Unis par Eli Lilly, au mois de novembre dernier, est censé générer 2,9 milliards de dollars de recettes au cours de sa première année. Le principal problème pour Eli Lilly et Novo Nordisk est de fabriquer suffisamment de médicaments pour répondre à la demande et, à cette fin, de disposer des composants nécessaires. 

    Une pénurie de sémaglutide, composant clef du Wegovy, a contraint Novo Nordisk à repousser le lancement d’une version pilule de ce médicament. Cette version est moins désagréable à administrer que l’injection mais nécessite vingt fois plus de principe actif. Les deux laboratoires sont également confrontés à un manque de stylo-piqures. Les appareils proviennent d’usines qui n’arrivent pas à faire face à la demande. Eli Lilly et Novo Nordisk ont investi des milliards de dollars pour leur propre chaîne de production ou pour accroître l’offre de leurs fournisseurs. En novembre 2023, l’entreprise américaine a annoncé qu’elle dépenserait 2,5 milliards de dollars dans une nouvelle usine en Allemagne, Novo Nordisk annonçant de son côté avoir investirait 6 milliards de dollars pour accroître la capacité de son site danois. En février, Novo Nordisk a accepté de payer 16,5 milliards de dollars à Catalent, un fabricant américain de stylo-piqures. Malgré ces investissements, les analystes s’attendent à ce que la demande dépasse l’offre durant plusieurs années. 

    Un marché à solvabiliser

    Jusqu’à présent, seule la moitié des 110 millions d’Américains obèses ont accès aux médicaments via leur assurance maladie. Pour atteindre leurs objectifs de résultats, Eli Lilly et Novo Nordisk sont amenés à rendre leurs traitements accessibles à un plus grand nombre de patients. Pour le moment, aux États-Unis, la loi interdit à Medicare, le programme gouvernemental de soins de santé destiné aux personnes âgées ou modestes, de rembourser les médicaments amaigrissants. Les assureurs-maladie privés rechignent également à les rembourser en raison de leur coût. Le prix atteint 16 000 dollars par an par patient sachant que ce traitement est susceptible d’être pris à vie. 

    Pour inciter les assureurs à les rembourser, les deux laboratoires conduisent des essais pour prouver que les GLP-1 ont des effets importants sur la santé des patients. Un essai réalisé par Novo Nordisk a révélé que Wegovy réduisait de 20 % le risque de problèmes cardiaques. Eli Lilly a lancé une étude portant sur 15 000 patients sur les effets en matière d’espérance de vie du Tirzépatide, l’ingrédient actif de Zepbound et du Mounjaro, un médicament apparenté contre le diabète. Au vu des premiers résultats des études, les GLP-1 aideraient à lutter contre des affections telles que l’apnée du sommeil, les maladies rénales chroniques, la maladie d’Alzheimer et la stéatose hépatique. 

    Un marché de plus en plus concurrentiel ?

    Eli Lilly et Novo Nordisk disposent aujourd’hui d’une avance technologique amenée à se réduire dans les prochaines années. De nombreux laboratoires travaillent sur des médicaments similaires, une centaine serait en cours d’expérimentation avec comme objectifs des effets plus importants et une facilité accrue d’utilisation. Les médicaments actuels nécessitent des injections et génèrent des effets secondaires désagréables comme des nausées. Pfizer, et Carmot Therapeutics, une start-up de biotechnologie appartenant au groupe Roche, concentrent leurs efforts sur l’élimination des aiguilles. En plus d’être moins chers à fabriquer et plus faciles à administrer, les médicaments oraux n’ont pas besoin d’être réfrigérés. Cette avancée aurait comme avantage de faciliter la diffusion de ces médicaments au sein des pays en développement dont beaucoup sont également confrontés à une forte progression de l’obésité. 

    Eli Lilly et Novo Nordisk sont néanmoins assurés d’exploiter durant plusieurs années leurs médicaments anti-obésité sans réelle concurrence. Les brevets de Wegovy et Zepbound n’expirent respectivement qu’en 2032 et 2036. Le développement d’un nouveau médicament prend en moyenne neuf ans, et même ceux qui en sont actuellement aux premiers essais ne seront probablement pas disponibles avant 2027. En revanche, le médicament d’Eli Lilly apparaît de plus en plus compétitif permettant au cours de l’action du fabricant américain (par rapport à ses bénéfices prévus pour l’année à venir) d’être presque deux fois supérieur à celui de son rival danois. 

    Novo Nordisk est plus dépendant au GLP-1 qu’Eli Lilly, qui dispose de revenus dans les traitements contre le cancer et l’immunologie. Novo Nordisk compte sur les prochaines versions de son médicament phare pour reprendre de l’avance face à son concurrent américain et rester la première capitalisation européenne. 

    Le succès des médicaments anti-obésité n’est pas sans entraîner des répercussions dans d’autres secteurs d’activités. Depuis juin 2021, date à laquelle le Wegovy, le premier vaccin minceur a été lancé en Amérique, la capitalisation de WW (anciennement Weight Watchers) a diminué de 90 %. Nestlé envisage une baisse des achats de snacks sucrés dans les prochaines années.

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