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  • Le Ceta rejeté par le Sénat, incertitudes à Bruxelles

    Le Ceta rejeté par le Sénat, incertitudes à Bruxelles

    Le Sénat a rejeté à une large majorité l’accord commercial entre l’UE et le Canada en application provisoire depuis 2017, en raison des impacts potentiels sur l’élevage français. Ce résultat éloigne la possibilité d’une ratification à Bruxelles.

    Sans grande surprise, le projet de loi portant sur le volet économique et commercial du Ceta, le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE), a été rejeté par le Sénat ce jeudi 21 mars, par 211 voix contre sur 255 exprimés.

    Le groupe des sénateurs communistes (CRCE), à l’origine du vote, applaudit « une grande victoire » pour eux et « tous ceux qui refusent la logique des traités de libre-échange qui exacerbent la concurrence entre les peuples ».

    Chose rare pour un tel sujet, la droite (Les Républicains, PPE) a rallié l’ensemble de la gauche dans son opposition. Désavoué, le gouvernement a accusé l’opposition de profiter du contexte de mécontentement des agriculteurs et de la campagne des Européennes pour mettre en avant ce dossier hautement sensible.

    Depuis le début des manifestations d’agriculteurs au sein de l’Union, les accords commerciaux de libre-échange, négociés par la Commission, sont devenus le symbole de l’abandon de l’agriculture européenne, au profit de l’industrie et des services.

    L’accord avait pourtant été voté en 2019 par l’Assemblée nationale, alors qu’Emmanuel Macron disposait de la majorité absolue. Depuis, le gouvernement refusait de faire voter la chambre haute, condition nécessaire pour que la France puisse formellement valider l’accord.

    Si le volet purement commercial est déjà en application depuis 2017 – la plupart des droits de douane ont disparu -, la Commission doit encore recueillir l’aval des 27 États membres pour que le Ceta soit pleinement ratifié, en particulier le volet investissement.

    17 États membres de l’UE ont déjà donné leur feu vert, dont l’Allemagne, et 10 étaient jusqu’à présent en attente. Seule Chypre a rejeté la ratification.

    Échanges de « fake news »

    Lors des échanges – houleux – précédant le vote, le gouvernement représenté par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur Franck Riester a dénoncé les fausses informations colportées par les opposants depuis plusieurs jours, notamment sur les impacts du Ceta.

    L’accord est « bon pour notre économie, nos entreprises, notre agriculture et notre relation stratégique avec le Canada », a-t-il martelé. Preuve en est, l’augmentation de 33 % des exportations françaises vers le Canada en 6 ans, tous secteurs confondus, des produits chimiques aux cosmétiques en passant par la sidérurgie.

    Le secteur agroalimentaire, au cœur des débats, a multiplié par trois ses exportations. Celles concernant les fromages ont bondi de 60 %.

    Surtout, le ministre a balayé d’un revers de main les craintes portant sur les risques d’importation de bœufs aux hormones ou traités aux antibiotiques. Des « fausses informations », selon lui, qui rappelle que le Canada n’exporte toujours pas de bœuf vers la France.

    Fake-news ? Le sénateur et éleveur Laurent Duplomb (Les Républicains) lui renvoie la balle. « Le chiffre d’augmentation de 33 % des exportations est exprimé en valeur [pas en volume], et artificiellement gonflé pour plus de la moitié par l’inflation ».

    Selon l’institut Veblen, think tank critique du libre-échange, le commerce de biens n’a augmenté en volume que de 0,7 % entre 2017 et 2022.

    « En tout et pour tout, le Ceta rapportera en 2035, 4 dollars par an et par habitant européen, quand il rapportera 313 dollars par an et par Canadien », poursuit M. Duplomb.

    Il dénonce enfin le « silence de la Commission européenne », dont les audits réalisés au Canada en 2019 et 2022 révèlent des lacunes sur la traçabilité animale.

    Si les opposants reconnaissent la faiblesse des afflux de viandes en Europe, cela s’explique selon eux par le fait que le Canada approvisionne d’autres clients – la Chine notamment – pour l’instant prioritaires. Ils craignent toutefois que les filières canadiennes ne cherchent à pénétrer tôt ou tard le marché européen.

    « Les filières sont loin de pouvoir se structurer pour répondre aux exigences sanitaires européennes », a cherché à rassurer Franck Riester. « Les Canadiens ne peuvent pas et ne pourront pas exporter leur bœuf aux hormones », a-t-il insisté, avant le résultat du vote.

    Ceta
    Si le volet purement commercial est déjà en application depuis 2017 – la plupart des droits de douane ont disparu -, la Commission doit encore recueillir l’aval des 27 États membres pour que le Ceta soit pleinement ratifié, en particulier le volet investissement. [Marc Bruxelle /Shutterstock]

    Retentissement à Bruxelles

    C’est maintenant l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Si le gouvernement ne propose pas de nouveau vote – ce qui est très probable – un groupe politique pourrait le faire prochainement. Selon nos informations, les députés communistes pourraient le proposer lors de leur prochaine niche parlementaire le 30 mai prochain.

    Manon Aubry, tête de liste de La France Insoumise (LFI, La Gauche) aux élections européennes et fervente opposante à l’accord, s’est également réjouie. « Maintenant, il faut aller au bout et suspendre le traité ! » a-t-elle prévenu sur X, annonçant qu’elle allait demander un débat sur le Ceta à la prochaine plénière du Parlement européen.

    « C’est une mauvaise journée pour notre économie, nos agriculteurs, nos producteurs de lait et de fromage, nos viticulteurs, qui exportent davantage leurs produits grâce au Ceta », a déploré Franck Riester après les résultats.

    Ce vote est un revers significatif pour la majorité présidentielle à trois mois des élections européennes. Un revers également pour la Commission européenne, car cet événement pourrait bien retarder la ratification de l’accord avec le Canada.

    « Au moment de la signature du Ceta, il était précisé qu’en cas de notification de rejet par un État membre, l’application provisoire devra être dénoncée. La Commission pourrait ainsi redemander le vote au Parlement et au Conseil », explique à Euractiv Mathilde Dupré, co-directrice chez Institut Veblen.

    Reste à savoir si la France notifiera la Commission en cas de rejet à l’Assemblée nationale. Après un scénario similaire à Chypre, dont le Parlement a également rejeté le texte, le gouvernement n’a jamais notifié à la Commission, dans l’espoir de refaire un vote, rapporte l’économiste.

    Le statu quo pourrait donc se poursuivre. L’accord provisoire, appliqué depuis 7 ans, n’a pas de limite de durée.


    consulter la publication originale

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.03.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.03.24

    Bonjour à toutes et à tous où que vous soyez, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres ce 25 mars 2024 : Bilan de la 40ème plénière des Français de l’étranger – Grogne sur les salaires dans le réseau AEFE – Retour sur l’attentat à Moscou 

    De nombreuses résolutions à l’AFE 

    Une semaine intense de session plénière où les auditions, les rapports et les propositions se sont donc succédé sur la reconnaissance de nationalité liée à la GPA, la dématérialisation, le soutien aux entreprises de Français de l’étranger, la sécurité de ces derniers et bien d’autres thèmes. La grande question maintenant est celle du suivi des résolutions adoptées par les élus au cours de ces journées de travail à Paris, elles ne sont pas contraignantes ni pour l’administration ni pour le gouvernement. Tant de travail pour rien, s’interrogent des élus dans un article à retrouver sur Lesfrancais.press.

    40e-session-afe-bilan

    La question des salaires toujours pas réglée à l’AEFE 

    Depuis 2 ans, avec l’inflation, la question de la revalorisation salariale revient régulièrement sur le devant de la scène. Et pour la direction du réseau d’enseignement français à l’étranger, la problématique est double. Avec d’un côté les salariés détachés de France qui n’ont connu qu’une augmentation partiellement liée à l’inflation et se sont vus refuser l’alignement de leur rémunération sur les professeurs de l’hexagone qui ont bénéficié d’une augmentation significative en 2022. Et de l’autre, les salariés recrutés sous contrat local, qui eux sont frappés par les crises budgétaires et ce quel que soit le type d’établissement. Les EGD sont touchés par la réduction budgétaire, comme à Londres où une grève a été suivie vendredi dernier, tandis que les organismes privés sont en grande difficulté financière. 

    AEFE en grève
    AEFE Espagne @FSU 2023/ Image d’illustration

    Deuil national en Russie 

    Des individus ont fait irruption vendredi soir dans la salle Crocus City Hall de Moscou, avant d’ouvrir le feu à l’arme automatique sur la foule et d’allumer un incendie avec un liquide inflammable selon les enquêteurs, tuant au moins 137 personnes. Hier, dimanche 23 mars, la Russie observait une journée de deuil national après l’attaque la plus meurtrière sur le sol européen revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). 

    Les gens apportent des fleurs à un mémorial de fortune mis en place à l’extérieur du Crocus City Hall de Moscou, commémorant les victimes de l’attaque terroriste survenue le 22 mars 2024. Copyright : Vyacheslav Prokofyev/TASS/Sipa U

    C’est tout pour ce début de semaine, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. Belle journée à tous ! 

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Révolutions capitales

    Révolutions capitales

    Le capitalisme est mort, le capitalisme renaît, seul le capitalisme est révolutionnaire. Ceux qui se disaient révolutionnaires ne furent que de maladroits bouchers, même si les bouchers ne sont pas tous révolutionnaires, on le voit encore aujourd’hui, tragiquement. Les anciens marxistes et les classiques se sont trompés et se tromperont toujours, ils n’ont pas compris que le capital était, pour l’essentiel, immatériel : organisation, modes de production, crédits, valent plus que les trésors épargnés et accumulations. Leurs calculs sont faux, les conséquences meurtrières. Dès aujourd’hui, une révolution chaotique ruine des peuples et bâtit des fortunes en quelques heures. Le capital immatériel est nomade, volatil, fantasque et, heureusement, virtuellement infini.

    L’or est au plus haut. Le bitcoin aussi. Les bourses battent des records, les dettes plus encore. Inquiétudes ?

    L’or reste cette valeur refuge mondiale quand ceux qui détiennent des valeurs ont moins confiance dans les monnaies. Avec un déficit public de 7%, une campagne électorale, Trump favori, une guerre en Europe, plusieurs au Moyen Orient, la mer Rouge écartelée, Taïwan sur le gril, le monde est imprévisible. Chinois, Indiens, Russes achètent de l’or.

    La dette du vieux monde sera-t-elle payée par le nouveau ?

    Les jeunes générations achètent du bitcoin. Descendu à 17.000 $, le voilà à 80.000$. Les autorités américaines et britanniques ont autorisé la cotation de fonds indiciels en monnaie électronique. Le bitcoin est l’or nouveau, avec l’anonymat des sources. L’Inde, le Brésil, les États-Unis, la Suisse et la Corée du Sud sont les pays où le nombre de propriétaires de cryptomonnaies a explosé entre 2019 et 2023. En Inde la part d’internautes ayant investi dans les actifs numériques est passé de 7 % à 23 %. Au Brésil et aux États-Unis, les taux d’adoption atteignent 27 % et 17 %. Les pays pauvres croient plus au bitcoin qu’en leur monnaie. Le Salvador l’a adopté.

    Les bourses, portées par les valeurs des nouveaux monstres de l’économie digitale, flambent. Tout ce qui touche à l’IA grimpe. Tout ce que l’IA menace tombe.

    L’écart grandit entre les mondes. Avec un mur, celui de la dette. « Les crédits font les dépôts » disait il y a un siècle l’éditeur de The Economist, Hartley Withers. La dette du vieux monde sera-t-elle payée par le nouveau ?

    Pour certains seulement. Tant que la croissance est supérieure au taux d’intérêt, la dette reste supportable. Quand elle est inférieure, le mur s’approche. Aux États-Unis, la croissance est plus forte que la dette. Avec cette facilité de caisse d’une monnaie de réserve mondiale, les États-Unis se permettent un déficit de 7%. Financés par le reste du monde, ils investissent dans l’IA, les nouvelles énergies, la nouvelle économie, drainent les cerveaux de la planète. La plupart des patrons de la Silicon Valley sont d’origine étrangère. La productivité progresse.

    La dette publique US dépasse 34 000 milliards de dollars soit plus de 120 % du PIB. Le déficit budgétaire s’élève à 1 700 milliards de dollars. Mais l’indice Nasdaq a été multiplié par deux  entre 2020 et 2024.

    Trois handicaps chinois : la dette, la démographie, le parti.

    La Chine investit aussi massivement dans l’économie digitale, lestée par trois handicaps majeurs. La vieille économie, celle du bâtiment et de l’immobilier a un pied dans la faillite. Les dettes cachées s’alourdissent avec la baisse de la croissance. La démographie, dans un système où les retraites sont faibles, fait reposer chaque année l’économie sur une population active en baisse. La croissance devrait donc encore ralentir, l’épargne soutenir une population âgée plutôt que des investissements d’avenir. Enfin l’emprise du Parti communiste s’accroît, notamment sur les entreprises. Les investissements étrangers sont au plus bas. La Chine reste une puissance majeure, notamment en raison des fleurons de la nouvelle économie. Financièrement, c’est une autre question.

    L’Europe a une population vieillissante, une économie atone, elle a raté la première marche de la révolution économique et sociétale : aucune entreprise européenne dans les nouveaux monstres. Elle est le premier marché mondial, avec une monnaie fiable, un taux d’épargne élevé, des finances relativement saine (sauf en France). Elle a besoin d’investir dans trois secteurs clé : la transition énergétique, pour bénéficier d’une énergie plus autonome ; la défense, pour assurer sa sécurité sans dépendance face aux menaces, aujourd’hui de l’Est, demain de la Méditerranée ; enfin la révolution digitale, où elle peut et doit rattraper son retard.

    Les trois principales économies mondiales ont donc besoin d’investissements, de crédit. Que dire des autres ! L’Afrique a soif, elle =recommence à avoir  faim. La natalité est plus forte que la croissance. Les guerres se multiplient. Même la Chine n’y investit plus.

    Tout paraît lointain, l’impact sur la vie quotidienne est direct.

    La dette mondiale dépasse les 300.000 milliards de dollars, soit 238% du PIB mondial. Elle augmente de dix mille milliards de dollars tous les six mois. La part des Etats-Unis représente la moitié de celle des pays de l’OCDE, celle de la Chine un tiers des pays dits émergents.

    Tout paraît lointain, l’impact sur la vie quotidienne est direct. La Turquie, frappée par son Sultan, a monté ses taux d’intérêt de 5% à 50% pour combattre l’inflation. Les prix explosent. En Russie, malgré des réserves d’or et de change considérables, l’inflation dépasse 25%. Les Russes supportent mal la pression du tsar, obligé de doubler le nombre de bulletins de vote :  malgré la pression, moins de la moitié des Russes a voté pour lui. Le terrible attentat de l’Etat islamique montre que le FSB est faillible.

    À Genève, les comptes sont en excédent, les transports seront gratuits pour les jeunes, comme ils le sont déjà au Luxembourg. La banque centrale suisse baisse ses taux. En Chine, les invendus s’accumulent, les vêtements sont détruits sur place, Temu envahit le marché mondial avec des chaussures à dix euros, des robes à huit. Temu n’existait pas il y a dix ans.

    Pendant que la Cour des Comptes et Bercy appellent à des économies parce que le déficit budgétaire dérape encore et toujours, le Cac 40 a plus que doublé en quatre ans. Il n’est pas cher : les actions s’échangent 13,6 fois les bénéfices attendus au cours de l’année à venir, bien au-dessous des ratios  de Wall Street, où les actions s’échangent à 20 fois. Quand Le gouvernement cherche dix milliards sur l’année, (après avoir cumulé 1000 milliards de déficits en sept ans), en une journée, la capitalisation boursière d’Apple a décroché de 113 milliards. Malgré cela, elle éteindrait presque la dette française.

    Tous sont ballottés par un monde qui bouge sans eux, qui les effraie, qu’ils ne comprennent pas.

    Le décalage des mondes n’a rien de théorique. D’un côté les vieux Etats, avec les concepts de 14-18 et 1945, l’Etat Nation, qui fait si bien la guerre, et l’Etat Providence, qui accroît impôts, dettes et se heurte à un plafond de pauvreté. (Les dépenses sociales en France représentent 868 milliards, montant le plus élevé du monde : 12.900 euros par habitant, qu’ils le paient ou en bénéficient, plus la dette).

    De l’autre, des entreprises récentes bouleversent le monde et la vie quotidienne, d’Apple à Temu. Les guerres, résistances d’un vieux monde qui s’accroche aux mythes du territoire, de la force, de l’Etat policier, se nourrissent en vérité du chaos. Une révolution est une phase de transition pendant laquelle toutes les contradictions, débordements, absurdités  sont possibles : le Sénat français est-il plus aberrant que Trump quand il vote contre l’accord avec le Canada, en vigueur depuis sept ans, bénéfique pour la France ? Tous sont ballottés par un monde qui bouge sans eux, qui les effraie, qu’ils ne comprennent pas.

    La révolution a mille visages : Digitale, éducative, militaire, médicale, agricole, énergétique, financière, migratoire. Il y aura des gagnants et des perdants. Se raidir c’est mourir. Mieux vaut l’aborder avec de fortes capacités d’investissement, des alliés, et prévenir les conflits, les guerres, les violences, qu’elle va engendrer. Tout facteur multiplie l’autre. Richesses, inégalités, violences aussi. Il n’y a pas de marche arrière en histoire.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Résolutions de la plénière AFE : seront-elles reprises par le gouvernement Attal ?

    Résolutions de la plénière AFE : seront-elles reprises par le gouvernement Attal ?

    L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) s’est réunie cette semaine en session plénière. 90 élus ont ainsi planché sur la situation de nos compatriotes hors de France. Durant ces quelques jours à Paris, il y a eu de la politique, un peu de polémique, des débats et des avancées sur certains dossiers. Que retenir ? 

    L’AFE, qui fêtait ses 20 ans d’existence dans sa configuration actuelle, a pour commencer accueilli un nouveau partenaire : Franck Riester, nommé le 8 février dernier dans l’équipe gouvernementale de Gabriel Attal, pour s’occuper, entre autres, des Français de l’étranger. En 3 ans, c’est le 3eme Ministre représentant cette fonction à se présenter devant le parterre de l’AFE depuis son renouvellement électoral de 2021. 

    « Les ministres tournent vite »

    Une situation qui inquiète certains conseillers, comme Baptiste Heintz, président du Groupe de gauche Ecologie et Solidarité : « à chaque nouveau ministre, on a la sensation de reprendre le travail à la base »

    Ecouter Baptiste Heintz

    Laurent Rigaud, président du groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants, composé de nombreux élus LR, a aussi partagé cette crainte. Il se dit peu rassuré sur le fait que « les ministres tournent aussi vite ».

    Ecouter Laurent Rigaud

    Evitons d’avoir à tout recommencer

    D’autres voix se sont également prononcées pour « ne pas avoir à tout recommencer » à chaque nomination, tout en optant pour un accueil « chaleureux » du nouveau détenteur du portefeuille ministériel des Français de l’étranger. C’est ce que nous a déclaré Annie Rea, présidente du groupe Solidaires et indépendants.

    Ecouter Annie Rea

    Après ce passage (obligé !) de positionnement politique, l’examen des dossiers pouvait alors reprendre son cours au sein de cette assemblée, et notamment dans les commissions spécifiques. 

    Vers une dématérialisation généralisée du renouvellement des passeports ?

    Parmi les informations à retenir pour nos compatriotes, le service France consulaire, qui permet de répondre aux questions générales que se posent nos ressortissants à l’étranger sur le service public, va connaître une modification de ses horaires d’ouverture. Sa plage d’accueil va être étendue. Le numéro sera joignable de 7h à 23h (heure de Paris) comme l’a indiqué le ministre Franck Riester. Information que nous confirme Thierry Masson, président du groupe Indépendants, démocrates et progressistes, groupe portant les couleurs de la majorité présidentielle. A notre micro, ce dernier a aussi indiqué son souhait d’étendre « à d’autres pays » l’expérimentation actuelle sur « la dématérialisation du renouvellement des passeports » en test pour les Français au Portugal et au Canada »

    Ecouter Thierry Masson

    GPA et Nationalité Française

    Démarches administratives qui seraient donc simplifiées sur certains points, mais nos expatriés français à l’étranger doivent encore faire face à d’autres difficultés administratives importantes. Au cours de cette session plénière, plusieurs thèmes ont ainsi été mis sur la table de travail de la commission des lois de l’AFE. Sa présidente, Rosiane Houngbo-Monteverde (Groupe Les indépendants), nous informe que les conséquences de la non-retranscription des actes d’état civil d’une GPA ou PMA d’enfants nés à l’étranger ont fait l’objet d’un débat. Une résolution demandant notamment une harmonisation des pratiques dans les postes consulaires a été adoptée en se basant sur la loi bioéthique de 2023. Lesfrancais.press reviendra sur ce thème très prochainement. 

    plénière AFE
    Rosiane Houngbo-Monteverde

    Les démarches concernant l’acquisition de la nationalité française depuis l’étranger et la difficulté d’application du décret du 17 juin 2022 ont été pointées du doigt au cours des auditions organisées cette semaine par cette commission. Une modification de ce texte officiel, qui, semble-t-il, est difficilement applicable, serait souhaitée. 

    Une cartographie des outils de promotion du commerce extérieur

    Les aspects administratifs ne sont pas l’unique compétence des élus. Le commerce extérieur de la France et le développement durable ont ainsi été débattus au cours de cette session. Ils sont d’ailleurs liés dans une même commission au sein de l’AFE. Son nouveau président, Pascal Bourbon (Groupe Solidaires et Indépendants) a souhaité inscrire son mandat dans une perspective à moyen terme. Avec l’appui de ses collègues, trois axes ont pu émerger cette semaine pour fixer la nouvelle feuille de route. Parmi ceux-ci, une analyse des pratiques du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) sur le plan « ambassades Vertes » sera prochainement effectuée. 

    Plénière AFE
    Pascal Bourbon

    À travers la voix de leur président, les membres de cette commission s’engagent aussi à poursuivre le travail de formation des élus des Français de l’étranger sur la question du développement durable et de pérenniser le prix qui porte ce nom. Enfin, la réalisation d’une cartographie des outils et dispositifs de promotion du commerce extérieur sera prochainement engagée. Rappelons que le déficit commercial de la France avoisine les -100 Md€ en 2023. Le rôle des entrepreneurs français à l’étranger (EFE) et leurs besoins spécifiques hors de France devraient être au cœur de cette étude. Une proposition de loi sur ce sujet a d’ailleurs été adoptée au Sénat, comme nous le rappelle Annie Rea.

    Ecouter Annie Rea

    A la fin du mois de février, le gouvernement Attal annonçait des coupes budgétaires pour 2024. Le périmètre d’actions des Français de l’étranger n’est pas épargné par cette décision. Mais quels seront les services impactés par ces réductions de financement ? 

    Plénière AFE
    Renaud Le Berre

    « Des difficultés à évaluer l’impact réel des coupes » budgétaires de Bercy

    Dans son intervention inaugurale de la session plénière, le ministre délégué Franck Riester a indiqué que seuls les budgets dits de réserve seraient touchés par le diktat de BercyRenaud Le Berre (Groupe Ecologie et Solidarité), le président de la Commission des Finances de l’Assemblée des Français de l’étranger ne semble pas rassuré. A l’issue de cette semaine d’analyse, il nous confie que sa commission a encore « des difficultés à évaluer l’impact réel de ces coupes ». Cette baisse du budget n’a pas été le seul sujet traité au sein de cette commission. Ainsi, une demande d’aide en faveur de nos compatriotes du Sahel soumis à « l’arbitraire fiscal du Niger, du Mali et du Burkina Fasso » a également été poussée par les élus. Ces derniers ont aussi fait remonter l’inquiétude de nos retraités français vivant en Thaïlande qui connaissent « des difficultés d’interprétation de la convention fiscale Franco-Thaïlandaise ».

    Plénière AFE
    Le ministre délégué Franck Riester et la présidence de l’AFE

    L’organisation des assises de la protection sociale des Français de l’étranger

    La question des retraites sera peut-être intégrée au programme des futures assises de la protection sociale pour nos expatriés.  Son organisation future a été au cœur des discussions de la commission des Affaires sociales de l’AFE. Son président, Florian Bohême (Groupe Ecologie et Solidarité) et ses membres sont satisfaits de l’annonce faite par le ministre Franck Riester qui, publiquement, s’est déclaré en faveur de leur tenue. Reste maintenant à définir le cadre et le calendrier des travaux à venir. 

    La mission laïque française en danger ?

    Plusieurs sujets ont été portés à l’agenda de la commission de l’Enseignement, des affaires culturelles, de la francophonie et de l’audiovisuel extérieur présidée par Jean-Hervé Fraslin (Groupe Indépendants, démocrates et progressistes). Parmi les axes abordés, un a retenu particulièrement l’attention. Celui de la pérennité du réseau scolaire de la mission laïque française. En proie à des difficultés financières, la question de son futur a été posée. L’inquiétude grandit parmi les élus.   

    Ecouter Thierry Masson

    Comment aider nos ressortissants vivant dans des pays à risques ?

    Une nouvelle présidente de la commission de la Sécurité et des Risques Sanitaires a été élue au cours cette 40eme session de l’AFE. Catya Martin, appartenant au groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants en a pris les rênes. 

    Catya Martin
    Catya Martin

    La situation de nos compatriotes résidant ou ayant vécu dans des territoires en danger, comme en Israël, dans les territoires palestiniens, en Ukraine, dans certains pays d’Afrique… a fait l’objet d’une attention toute particulière au cours de cette semaine. Plan d’évacuation, aide médicale, soutien psychologique, retour en France, actions diplomatiques possibles, coordination des îlotiers dans les pays d’accueil… Nadia Chaaya, présidente du groupe Les indépendants, a d’ailleurs réitéré sa demande pour l’harmonisation de certains procédés en cas de crises, et la création d’une charte de la sécurité.

    Quel suivi pour les résolutions de l’AFE ?

    Une semaine intense de session plénière où les auditions, les rapports et les propositions se sont donc succédé entre les salles de réunion et la tribune. La grande question maintenant est celle du suivi des résolutions adoptées par les élus au cours de ces journées de travail à Paris. Que vont devenir ces textes ? Rejoindront-ils les étagères déjà bien remplies du ministère des Affaires étrangères? Tant de travail pour rien, à quoi bon ? Ou bien, l’engagement pris à haut niveau pour que chaque document adopté par les membres de l’Assemblée des Français de l’Etranger trouve une réponse concrète sera-t-il enfin tenu ? Cette analyse pourrait d’ailleurs faire l’objet d’une séquence spécifique dans l’ordre du jour de la prochaine session plénière de l’AFE programmée pour octobre 2024. Il en va de l’existence de la représentation non parlementaire de nos compatriotes résidant hors de France.

  • Tous les visages de la francophonie sur TV5MONDEplus

    Tous les visages de la francophonie sur TV5MONDEplus

    Le mois de mars s’achève, et comme chaque année, pour près de 300 millions de personnes, ce fut l’occasion de célébrer leur langue, qu’elle soit maternelle ou acquise plus tard sur les bancs de l’école ou par choix professionnel ou de cœur. Evidemment, le groupe TV5MONDE a déployé tout un dispositif pour vous faire découvrir tous les visages de la francophonie ! 

    Une langue, des hommes

    Une langue, c’est un outil inventé par les hommes pour l’Homme. Le français n’échappe à cette construction. C’est pour cela que l’équipe de TV5MONDEplus, la seule plateforme francophone, gratuite et disponible dans le monde entier, vous invite à parcourir ces chemins de vie façonnés par notre langue ou qui ont apposé leur empreinte sur notre vocabulaire. Six programmes pour découvrir la riche palette des locuteurs francophones.

    Les visages de la francophonie

    2021 – Série – Canada – 1 saison – 10 épisodes – 3 minutes
    Réalisation : Martin Poulin

    Synopsis

    Dix histoires, dix expériences rendues possibles grâce à la langue française. Voici «Les Visages de la francophonie», proposés par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec en partenariat avec « La Fabrique culturelle » de Télé-Québec.

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    Encre Noire & Page Blanche

    2021 – Série documentaire – France – 1 saison – 21 épisodes – 7 minutes
    Réalisation : Frantz Vaillant

    Synopsis

    L’histoire d’une vingtaine de personnalités dont la création francophone a servi des idéaux de liberté, d’émancipation et d’indépendance. Cette série raconte le destin et l’œuvre de ces femmes et de ces hommes, artistes d’exception, plumes de premier ordre parmi les poètes et romanciers francophones. L’encre, parfois, s’est estompée, presque effacée, et la page blanche s’est envolée au gré du vent de l’Histoire. « Encre noire et page blanche » répare cet oubli.

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    Destination francophonie

    2023 – Série documentaire – France – 2 saisons – 13 épisodes – 26 minutes
    Présentation Ivan Kabacoff

    Synopsis

    Voyage en francophonie aux quatre coins de la planète ! Dans chaque pays, rencontre avec des francophones qui nous présentent, en français, leur culture, leurs modes de vie, leurs engagements. L’émission valorise également des projets qui font vivre localement la langue française, une langue vivante, dynamique et en constante évolution.

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    D’une langue à l’autre

    2022 – Série documentaire- France – 2 saisons – 5 épisodes – 17 minutes

    Synopsis

    24 février 2022. Vlada et sa famille fuient la guerre et quittent précipitamment l’Ukraine pour se réfugier à Najac, petit village du Sud de la France. Leur installation, l’apprentissage du français, les nouveaux codes à intégrer… Au fil des mois, l’adolescente, ses parents et ses deux sœurs jumelles s’adaptent tant bien que mal à ce chamboulement.

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    Heureux qui communique

    2023 – France – WEBCREATION – 1 saison – 14 épisodes – 5 minutes
    Réalisation : Jimmy Conchou

    Synopsis

    Des endroits et des gens qui parlent. Ils parlent en voyageant ou parlent de voyager, ils parlent de tout, de rien, pour le plaisir, le plaisir de parler. Une série qui joue avec humour et bienveillance avec la langue française, ses exceptions et ses difficultés.

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    La librairie francophone

    2022 – Emission – France – 5 saisons – 10 épisodes – 54 minutes
    Présentation : Emmanuel Kherad

    Synopsis

    Des auteurs et des libraires de France, de Suisse, du Canada, de la Belgique, évoquent leurs coups de cœur et les livres qui font l’actualité dans leurs pays respectifs.

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    Une langue, des mots

    Si la langue façonne les Hommes, ce sont bien eux qui forgent les mots. C’est d’ailleurs le thème de ce deuxième volet de la série de programmes dediée à la Francophonie de la plateforme mondiale, libre d’accès, TV5MONDEplus. Trois programmes qui vous feront découvrir moultes expressions du monde entier et leurs origines.

    Motamoteurs

    2024 – Série – France – 1 saison- 15 épisodes – 3 minutes
    Réalisation : Camille Ghanassia

    Synopsis

    À travers leur quotidien d’épicier et d’étudiante, Franco et Phily nous emmènent à la découverte d’expressions francophones loufoques et poétiques. Du Cameroun au Sénégal, en passant par le Togo, les expressions « motamoter », « camembérer » et « dribbleur » n’auront plus de secret pour vous ! D’après « Casse-moi l’os ! », de Romain Eyheramendy, Salah Ben Meftah et Yves Hirschfeld. Une série écrite en partenariat avec les étudiants de l’école Kourtrajmé de Dakar.

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    I speak français

    2019 – Documentaire – Canada – 53 minutes
    Réalisatrice : Karina Marceau

    Synopsis

    Ils sont souvent bilingues, voire trilingues, apprennent l’anglais depuis qu’ils parlent, consomment majoritairement de la musique anglophone, des films et des séries en anglais, utilisent des anglicismes… Pour les jeunes Québécois de 18-24 ans, la langue de Shakespeare est une évidence. Mais quel rapport entretiennent-ils avec celle de Molière ?

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    Un mot adopté

    2019 – Série -1 saison – 16 épisodes – 3 minutes
    Réalisation : Studio Numeris

    Synopsis

    Le continent africain regorge de mots et d’expressions qui viennent s’immiscer quotidiennement dans le français parlé. Mêlant réalité, fiction et une bonne dose d’humour, « Un mot adopté » revient sur l’historique et la signification de chacun de ces « africanismes ».

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  • Feu vert pour les assises de la protection sociale des expatriés

    Feu vert pour les assises de la protection sociale des expatriés

    « Ces assises, j’y suis favorable » a déclaré Franck Riester, le ministre délégué aux Français de l’étranger, devant l’assemblée de l’AFE réunie à Paris cette semaine, en session plénière.

    Regarder la vidéo avec Franck Riester

    Florian Bohême, conseiller des Français du Cambodge et Président de la commission des Affaires sociales, du monde combattant, de l’emploi et de la formation à l’AFE a été l’un des premiers à souhaiter l’organisation de ce débat. Il a notamment été à la genèse d’une tribune signée par plus de 130 élus consulaires et relayée par 17 parlementaires des Français de l’étranger, de toutes tendances politiques.

    Assises de la protection sociale
    Franck Riester – Session AFE de Mars 2024

    Florian Bohême, un élu à l’origine des assises de la protection sociale

    Après l’annonce du Ministre qui ouvre le chemin à la création de ces assises de la protection sociale des Français de l’étranger, notre journal a pu interroger l’élu, membre du Parti Radical de gauche (PRG), à l’initiative de cette démarche.

    Dans cette interview, Florian Bohême déclare avoir accueilli avec « beaucoup de plaisir » cette déclaration ministérielle. Au cours de ce podcast, Il nous explique pourquoi, avec d’autres de ses collègues, il a milité pour mettre à l’agenda ces questions sociales.

    Assises de la protection sociale
    Florian Bohême, Président de la commission des Affaires sociales de l’AFE

    Une « réunion vive » mais « productive » avec le cabinet du ministre délégué, Franck Riester

    Un premier échange avec le cabinet de Franck Riester a déjà pu se dérouler cette semaine. Cette réunion, « vive » mais « productive » selon notre invité, a permis de mettre sur la table les différents thèmes qui pourraient s’inscrire dans l’agenda de ces assises.

    Quels sujets pour ces assises de la protection sociale des expatriés ?

    Le financement de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), dont l’exercice budgétaire est pour la seconde année en déficit, fait partie des sujets sur lequel les élus souhaitent débattre. Le vieillissement de notre communauté française expatriée et la question de la dépendance est également poussé par certains conseillers de l’AFE. La prise en charge du handicap est aussi proposée au ministre délégué Franck Riester qui, comme le lui confère l’article 12 de la loi de 2013 sur lequel est basée l’organisation de ces futures assises, aura le dernier mot sur l’agenda.

    Une nouvelle réunion avec le cabinet du ministre est programmée pour avril. Les élus remettront, à ce prochain rendez-vous, une note avec le souhait consolidé des thématiques proposés. A notre micro, Florian Bohême lance d’ailleurs un appel car rien n’est encore figé : « si vous avez des contributions à nous faire parvenir, n’hésitez pas. » nous dit-il.

    assises de la protection sociale
    Florian Bohême, à l’origine des assises de la protection sociale pour les expatriés

    Des conclusions en mars 2025 ?

    Un calendrier de travail est d’ores et déjà suggéré au membre du gouvernement. « On souhaite avancer assez rapidement » indique l’élu à l’initiative de cette action. Un lancement officiel en octobre 2024 lors de la prochaine plénière de l’AFE et des conclusions pour la session de mars 2025, afin d’avoir « 6 mois de temps forts qui sont consacrés à la protection sociale des Français de l’étranger » est ainsi suggéré par notre invité.

    Pour tout savoir sur ces futures assises de la protection sociale des Français de l’étranger, nous vous invitons à écouter le podcast Lesfrancais.press.

    Ecouter le podcast avec Florian Bohême

  • Grève au Lycée Français Charles de Gaulle 

    Grève au Lycée Français Charles de Gaulle 

    Les membres du syndicat anglais NEU (National Education Union) du prestigieux Lycée Français Charles de Gaulle à Londres ont déclenché une grève, hier, jeudi 21 mars. Cette action militante est la première d’une série de mouvements initiée par les  membres du NEU. Ces derniers sont en désaccord avec leur employeur, l’établissement scolaire, qui refuse d’accorder une augmentation de salaire de 6,5% aux employés recrutés sous contrat local.

    « Nous nous consacrons à nourrir l’esprit des générations futures, mais nous avons du mal à joindre les deux bouts », a déclaré un enseignant de longue date de l’école. « Une simple augmentation de 3% ne suffit pas à combler le fossé entre nos salaires et le coût de la vie à Londres. »

    Extrait du communiqué de presse du National Education Union

    La hausse de salaire insuffisante face à l’inflation

    Le mécontentement est né avec la proposition d’augmentation de salaire de 1% présentée aux employés en décembre 2023. Même après les négociations, l’offre révisée de 3% est inférieure à l’inflation et à la rémunération que les enseignants ont obtenue dans le secteur public au Royaume-Uni. De plus, cette augmentation de salaire, jugée insuffisante, s’ajoute à une évolution annuelle des rémunérations bien inférieure à celle de l’inflation. Une situation que subissent depuis plusieurs années, déjà, les salariés sous contrat local du Lycée Français Charles de Gaulle.

    « Au cours des cinq dernières années, nous avons constaté une perte de pouvoir d’achat de 18%”, a expliqué un porte-parole. “Cela a une incidence disproportionnée sur le personnel le moins bien payé de l’école, comme le personnel de cantine, d’entretien, et les assistants d’éducation, qui font déjà face à d’importantes difficultés financières. »

    Les enseignants « résidents », employés sous contrat public français, expriment également leur frustration face à la disparité entre leur indemnité de vie locale (ISVL) et celle de la direction (IRE). « L’indemnité de la direction demeure cinq fois plus élevée que la nôtre », a déclaré un représentant des enseignants. « Cet écart s’est encore agrandi lors de la récente augmentation de 9,92% de l’indemnité de résidence du personnel de direction en janvier 2024. »

    John Friend, NEU London Senior Regional Officer (le responsable de la section locale syndicale), nous déclarait :

    «Nous réclamons une augmentation qui soit une étape significative vers une revalorisation à long terme de la rémunération du personnel du Lycée Français Charles de Gaulle.  Nous exhortons l’employeur à s’engager dans un dialogue constructif avec le NEU pour parvenir à une solution équitable qui reconnaisse le dévouement et la contribution indispensable de tous les membres du personnel. Le mouvement de grève vise à corriger les disparités salariales et à garantir une rémunération équitable pour tout le personnel du Lycée français Charles de Gaulle.»

    Lycée Français Charles de Gaulle
    Le Lycée Français Charles de Gaulle

    Un effort significatif

    Evidemment, le son de cloche n’est pas le même du côté de la direction de l’établissement. Si celle-ci ne minore pas les difficultés rencontrées par son personnel recruté sous contrat local, elle explique que les augmentations consenties sont un “effort significatif”. En effet, l’établissement scolaire subit lui aussi la crise économique post-Brexit, l’inflation mondiale et le gel des budgets français voire leur diminution alors que Bercy cherche à faire des économies. 

    Catherine Bellus-Ferreira, la proviseure du Lycée Charles de Gaulle a communiqué aux parents dans un message reprenant ces arguments.

    Des mots qu’on avait déjà pu entendre lors de la visite de la directrice générale de l’AEFE au lycée Charles de Gaulle mercredi 6 mars. Elle y avait rencontré l’ensemble de la communauté scolaire dans le but de trouver une issue à la situation difficile qui affecte actuellement l’établissement (grèves, rétention des notes, annulation des examens blancs).  A l’occasion de son échange avec les représentants du personnel, puis d’un échange direct avec une centaine d’agents en ligne et une trentaine d’agents en présence, elle a rappelé l’importance des concessions accordées à la suite de ce mouvement.

    Outre l’augmentation de la prime de transport telle que proposée en janvier dernier, l’augmentation du point d’indice est désormais non plus de 1%, mais de 3%. Cette hausse s’appliquera de manière rétroactive au 1er janvier 2024 et elle n’inclut pas l’ancienneté (qui représente en moyenne 2% de hausse supplémentaire). Aussi, lors de son déplacement, la directrice générale a confirmé que l’AEFE a proposé à la direction du budget une hausse significative de l’ISVL pour Londres, au printemps, pour tous les professeurs détachés.

    Dans le courriel envoyé aux parents, la proviseure a rappelé à l’ensemble de la communauté scolaire que si les problèmes ne sont pas ignorés, la direction de l’établissement se prépare, elle, à organiser les épreuves blanches (bac et DNB) les 17, 18, 19 avril prochains. Il est vrai que l’heure du Bac approche.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.03.24

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.03.24

    Bonjour, nous sommes le vendredi 22 mars, vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans nos titres : Les consulats ont besoin de vous pour les élections européennes – Alerte sur l’utilisation du fonds de relance européen – Vent de panique à Bercy sur le déficit 

    Appel aux volontaires pour tenir les bureaux de vote 

    Vous l’avez peut-être remarqué si vous avez dû consulter le site ou les réseaux sociaux de votre consulat ou de votre section consulaire, les appels à volontaires se multiplient dans le réseau diplomatique pour les élections européennes. En effet, comme tous les Français, les expatriés sont appelés à se rendre aux urnes pour choisir leurs eurodéputés. Et comme dans l’hexagone, ce sont les citoyens qui tiennent le bureau de vote. Il faut au minimum 4 personnes pour pouvoir ouvrir un bureau de vote. 

    Où passe l’argent du fonds de relance ?

    La Cour des comptes européenne (CCE) a émis dans une déclaration écrite mardi (19 mars) de «sérieuses réserves » sur le déboursement des 723,8 milliards d’euros de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR). Le président de la CCE, Tony Murphy, a affirmé que l’exécutif de l’UE ne la contrôlait pas de la même manière que les dépenses du budget ordinaire. « Il y a moins de contrôle et d’autosurveillance [de la part des États membres], et donc un risque plus élevé d’irrégularité ou même de corruption », a déclaré M. Murphy. « Il y a beaucoup d’argent dans le système, nous sommes donc naturellement inquiets. » Une affaire dont on reparlera à ne pas en douter ! 

    divergence des économies

    Les comptes français dérapent encore 

    Le déficit public de la France en 2023 sera plus élevé que prévu et pourrait dépasser 5% du produit intérieur brut (PIB), annonce ce jeudi le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, attribuant cette détérioration à une « nouvelle donne » internationale défavorable. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire avait déjà déclaré dans une interview publiée le 6 mars par Le Monde que le déficit public pour l’année 2023 devrait s’établir « significativement au-delà » de l’objectif fixé par le gouvernement. Afin de se rapprocher de l’objectif des 3%, le gouvernement devrait annoncer des coupes franches. On sait déjà que les Français de l’étranger seront les premiers concernés.

    Finances publiques
    ©Reuters/Ludovic Marin

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine de bulletins des Français de l’étranger. Bon week-end à toutes et à tous où que vous soyez ! 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Les consulats ont besoin de vous le 09 juin ! 

    Les consulats ont besoin de vous le 09 juin ! 

    Vous l’avez peut-être remarqué si vous avez dû consulter le site ou les réseaux sociaux de votre consulat ou de votre section consulaire, les appels à volontaires se multiplient dans le réseau diplomatique pour les élections européennes. En effet, comme tous les Français, les expatriés sont appelés à se rendre aux urnes pour choisir leurs eurodéputés. Et comme dans l’hexagone, ce sont les citoyens qui tiennent le bureau de vote.

    Un bureau de vote, c’est quoi ?

    Le bureau de vote est le lieu d’exercice du droit de vote. Il désigne à la fois le local où s’effectuent les opérations électorales et l’autorité collégiale responsable du fonctionnement des opérations de vote, du dépouillement des bulletins et du décompte des voix. A l’étranger, un lieu comporte souvent plusieurs bureaux de vote. 

    Chaque bureau est composé :

    -D’un président, qui peut être le président du Conseil consulaire, l’un de ses membres ou un électeur de la commune proposé par le Consul. Le président assure la police à l’intérieur du bureau de vote. Dans ce cadre, il a la responsabilité du bon déroulé des opérations de vote et prend toute décision utile à cette fin. Ces décisions doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à la situation,

    -Au moins deux assesseurs, désignés par les candidats parmi les électeurs de la circonscription. Ils sont chargés notamment de faire signer les électeurs sur la liste d’émargement et d’estampiller la carte électorale,

    -D’un secrétaire, choisi parmi les électeurs de la commune. Il rédige le procès-verbal.

    Enfin, une fois le vote clos, il faut dépouiller pour établir les résultats. Pour cela, il faut donc adjoindre des scrutateurs à l’équipe qui a tenu le bureau de vote. Des tables sont prévues à cet effet, présentes dès le début du vote, elles seront utilisées à la clôture du scrutin. Leur nombre ne doit pas être supérieur à celui des isoloirs. Les électeurs doivent pouvoir circuler autour.

    Ainsi, pour mener un scrutin à terme, il faut donc au minimum 6 personnes pour tenir un bureau. Dans certaines circonscriptions, c’est donc des centaines de personnes qu’il faut recruter sur des territoires parfois de la taille d’un pays. 

    Consulat
    ©LFP

    Qui peut participer à la tenue des bureaux de vote ?

    Tout citoyen français peut contribuer à l’expression démocratique du peuple français. Il n’y a que deux conditions. La première est d’être inscrit sur la liste électorale de la circonscription et il faut surtout être disponible toute la journée donc dans notre cas, avoir le 09 juin de libre. 

    Évidemment, aucune rémunération n’est prévue, c’est une démarche citoyenne. Cependant, tout au long de la journée, des collations seront prévues. Et vous aurez l’occasion, pour une fois, de « regarder derrière le rideau » et ainsi mieux connaître le fonctionnement de notre démocratie. 

    Consulat
    ©Stockadobe

    Comment se signaler ?

    Chaque consulat ou section consulaire sont libres sur la méthodologie choisie pour recruter les bénévoles nécessaires à la bonne tenue des bureaux de vote. Nous vous invitons donc si vous êtes intéressé(e) de participer à la vie citoyenne de votre pays, même depuis l’autre bout du monde, à consulter le site du poste diplomatique dont vous dépendez. 

    La plupart ont mis en place des formulaires rapides à compléter afin d’indiquer sa disponibilité ! 

● Radio en direct
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